Vous parcourez actuellement les archives du blog Feenix pour le jour suivant : 13.8.2009.
13.8.2009 par Flo.
La panique est proche. Je reçois maintenant au boulot un ou deux courriers par semaine (et encore, plein d’entreprises sont fermées ou en vacances) expliquant que bientôt, nous devrons tous nous balader avec des masques, arrêter de nous faire la bise pour nous saluer, ne plus se pencher vers quelqu’un pour lui susurrer des secrets à l’oreille, et tant d’autres choses tellement évidentes et utiles.
Mais surtout, en bonne société capitaliste que nous sommes, ces clients nous demandent ce que nous comptons planifier afin d’assurer la “bonne continuité de nos services”. En gros et en résumé “Monsieur, si j’ai mon alarme qui me vrille les oreilles, je n’ai pas très envie de m’entendre répondre que vous ne pouvez pas venir parce que vous avez 40 de fièvre et que vous êtes au fond du lit”.
Compréhensible.
On m’abreuve donc de mails de “plan de prévention”, notes internes et autres “mesures sanitaires conformes”….
Je regarde tout cela d’un oeil un peu ébahi, on m’a appris à me laver les mains régulièrement dans la journée depuis que je suis toute petite, à ne pas laisser traîner un mouchoir et à ne pas cracher sur mes collègues, pourquoi faut-il le rappeler maintenant? Et bon dieu, c’est une grippe, certes virulente, mais n’est-il pas utile de rappeler qu’elle continue à faire moins de morts qu’une “simple grippe de saison”?
Mais soit, ok, ça fait partie du bon fonctionnement de l’entreprise en cas de crise annoncée (une autre, hein), et au cas où ça deviendrait plus virulent.
D’un autre côté, je lis un peu les infos, les écoute, les regarde bien moins (je ne m’en porte pas plus mal), et j’apprends une nouvelle édifiante.
“On” (entendons par là les énarques bac+21 qui ont supposément assez de matière grise et le salaire qui va avec pour nous gouverner) a décidé que si trop d’enfants d’une même école tombaient malades, l’école serait fermée.
J’ai entendu un chiffre pour la durée de la fermeture, mais tellement énorme, tellement inconcevable, que je ne le reproduirai pas ici, ne serait-ce que parce que dans mes toutes petites recherches, je ne l’ai pas retrouvé.
Disons, donc, que le préfet de la région concernée ”sera chargé d’évaluer au cas par cas la pertinence et la durée de fermeture des établissements”.
Alors, donc, j’aimerais qu’on m’explique.
Comment on va pouvoir faire tourner nos entreprises de façon correcte si nos gamins sont ailleurs qu’à l’école.
Parce que je suppose quand même que nos chers énarques ne sont pas suffisamment stupides pour imaginer que tout couple de parents a la chance d’avoir sa famille dans un rayon proche, qui sautera sur la première occasion de faire du baby sitting gratuit et immédiat.
En ce qui me concerne, moi, du moins ma petite cellule familiale (recomposée), les choses se passeront ainsi, si Miss Blondinette en vient à ne plus pouvoir aller à l’école: sa mère devra prendre des vacances. Son beau père prendra peut-être la suite. Son père aura de la chance, il travaille de soirée, donc il pourra mieux s’en sortir, mais je doute que son boss lui offre une bénédiction éternelle pour arriver tous les jours avec au moins 2 heures de retard. Moi, je devrai prendre des vacances.
Aucune famille proche alentours. Certes, des grands parents qui peuvent à la rigueur prendre le relais temporairement. Signifiant soit que Miss Blondinette sera longuement absente de son foyer, ou qu’eux-mêmes ne seront pas chez eux. Ca va pour des vacances, du temporaire. Pas du temporaire qui dure.
Et encore, je pense que nous sommes, nous, dans un schéma “facile”. Nous aurons moyen, par jeu de relais et de soutiens extérieurs, de pouvoir surmonter ce genre de contrariété, pour autant qu’elle ne se répète pas (imaginez, une école ferme, puis réouvre en pensant qu’elle est à l’abri, forcément elle ne l’est pas, rebelotte).
Je n’ai pas plus entendu que nos patrons envisagent également de nous offrir des vacances supplémentaires “pour cause de risque de pandémie chez nos enfants”.
Je ne suis pas énarque, je n’ai pas le salaire qui va avec. Je suis juste consternée de tant de bêtise. Je doute que les enfants qui se retrouveront coincés à la maison, échapperont à une éventuelle contamination, ils ont tant d’autres lieux où l’attraper! Je veux bien croire que la situation soit très compliquée à anticiper, à gérer, et qu’il faille rassurer.
Mais un peu de bon sens, non?
J’ai devant moi l’un de ces fameux courriers de client. Et je vous jure, j’ai les doigts qui me chatouillent:
“Cher monsieur le client,
Sachez que nous nous promenons depuis quelques semaines déjà avec l’arsenal de masques et de produits anti-bactériens dignes d’un hôpital de première catégorie. Nous saurons faire face à la contamination qui s’annonce et rester en bonne forme.
Cependant, nous ne pouvons vous garantir par la présente la continuité de nos services. Nous ne risquerons pas de vous répondre que nous sommes coincés sous la couette avec 40° de fièvre, mais il n’est pas impossible que nous soyions bloqués chez nous, pour cause de garde intempestive d’enfant(s) en parfaitement bonne santé, mais n’ayant pas eux-mêmes moyen d’être gardés autrement que par nos soins.
Nous nous empresserons néanmoins de venir vous dépanner dès que l’école de nos chères têtes blondes (ou brunes, hein) aura décidé de bien vouloir réouvrir ses portes.
Pour toute réclamation, merci de bien vouloir vous adresser à Paris, lieu-dit l’Elysée…A bon entendeur…”
J’ose?
Posté dans Oui je crie fort | 7 commentaires »