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14.8.2009 par Flo.
Ca doit sans doute faire partie des gènes féminins, cette remise en question à un certain âge. C’est hormonal, sans aucun doute, cette mise au point, comme un zoom gigantesque sur l’ici et maintenant, sur l’instant précis, et le petit bilan qui va avec.
Depuis quelques temps, je fais cette introspection avec un peu d’inquiétude.
Ma vie n’a jamais été aussi belle, ça, c’est le postulat de départ, et non des moindres. Mais j’ai dans la tête, qui trotte, cette liste qui revient en boucle. Tout ce que j’aimerais encore vivre. Faire. Apprendre. Découvrir. Partager.
Je sais avec qui. Je sais où. Je sais quoi. C’est déjà énorme.
Sauf que voilà, j’ignore comment. Comment je vais pouvoir réaliser tous ces voeux, tous ces rêves, toutes ces envies. De voyages, d’activités, de découvertes, d’achats, de formation, de réalisation. Je ne sais pas comment, matériellement parlant.
L’argent, nerf de la guerre. Je ne parlerai pas de gagner au loto, faudrait-il encore que je joue, et puis attendre sa vie en disant “je ferai ça quand j’aurai gagné au loto”, c’est un peu comme admettre qu’on ne le fera jamais. Il faut toujours compter sur sa chance, mais ce n’est pas à cette chance-là que je m’attache.
Pas de famille lointaine qui puisse m’offrir un héritage aussi inattendu que conséquent.
Une mega augmentation dans mon boulot me laisse tout aussi dubitative. Une reconversion totale est bien plus envisageable et fait partie de mes projets les plus proches et les plus concrets, mais quant à savoir ce que ça va me rapporter, c’est bien plus incertain.
Il n’y a pas que l’argent, il y a le temps aussi. Je ne vais pas franchement pouvoir me mettre à la retraite anticipée. J’ai des vacances comme tout un chacun, ni plus ni moins. Une disponibilité d’un an ou deux? Oui, pourquoi pas, mais financièrement il faut avoir les épaules solides, et ne pas espérer partager ce temps libre, ce qui est assez inenvisageable pour moi. Ma moitié a des contraintes non négligeables.
Alors quoi?
Je m’estime chanceuse. Chanceuse d’avoir tant de rêves, si variés, si divers. Un prophète chinois a dit qu’on ne pouvait rêver que de ce qu’on était capable de réaliser. Ce qui signifie que potentiellement, je suis capable de tout réaliser.
Mais j’ai peur, peur de me retourner sur ma vie, lorsque j’en serai arrivée au bout, et me dire qu’il y avait tant de choses que j’aurais voulu vivre, et que je n’ai pas su m’en donner les moyens. Peur d’avoir laissé le temps passer, trop vite, alors que je l’ai déjà laissé filer sans même m’en rendre compte. Peur de ne pas être capable d’oser, de foncer, et de prendre des risques. Peur de regretter, tout simplement.
J’ai cette sensation d’être arrivée à un point de ma vie où chaque décision compte pour double. Comme un passage qui se resserre de plus en plus, au fur et à mesure qu’on avance. Ca étouffe, beaucoup.
La solution, c’est de vivre l’instant présent avec énergie, et enthousiasme. Remercier d’avoir ces rêves, les cultiver, les faire croître, encore. Je m’y applique, du mieux que je le peux. Mais parfois, trop souvent ces temps, je me fais rattraper. Au moment de m’endormir le soir…Ou dans ces brusques accès de fatigue qui m’attrapent en plein milieu de la journée…
Respirer un grand coup et …rester confiante.
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