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19.8.2009 par Flo.
Aujourd’hui est (et restera sans doute un petit moment quand même) un jour un peu spécial pour moi. Une date qui a compté dans mon ancienne vie, suffisamment pour qu’on s’en souvienne très clairement.
Je surmonte sans difficulté. Au point que ce n’est que ce matin, en regardant mon calendrier, que j’ai réalisé que j’avais peut-être des raisons d’avoir eu cette petite baisse de moral inexpliquée hier soir; je n’avais pas fait le rapprochement.
Le hasard, qui en est rarement un dans ce genre de situation et dans ma vie pour ce que j’en constate, veut que je sois confrontée de très près à un collègue en pleine crise du type de celle traversée il y a de ça maintenant plus de 2 ans. Avec des circonstances différentes, mais de grandes similarités aussi.
C’est le drame, il est au 36ème en dessous, et surtout, très seul. De tout ce qu’il traverse, c’est peut-être ce qui me peine le plus. Parce que je me souviens, et me souviendrai très longtemps aussi, combien il a été important pour moi d’être entourée à ces moments. De pouvoir parler, saoûler mon entourage (que je ne remercierai jamais, jamais assez, et je sais qu’ils me lisent), d’avoir tendu une oreille compatissante; m’avoir écoutée, soutenue, avoir pris patience parce que je tournais en boucle et revenais toujours au point zéro, au point que c’en était usant, à vouloir tout envoyer balader. Je l’ai souvent dit dans ces pages, je le répéterai encore: je leur dois énormément, on ne traverse pas ce genre d’épreuve de la vie de la même manière si on est seul(e).
Il l’est, lui. Parce qu’il n’y a quasi plus de famille, ou alors qu’il s’est fâché avec, idem pour les amis. Il a sa part de responsabitilités, bien entendu, mais le but n’est pas de lui faire un procès, encore moins maintenant.
Alors le matin, ces temps, je rends un petit peu ce qu’on m’a offert. Je suis l’oreille compatissante. La voix qui hausse le ton aussi, pour le faire réagir, pour le tirer de sa torpeur. Je fais taire mon agacement de le voir à ce point partir en vrille, tourner en boucle, en me remémorant que j’ai fait pareil, j’ai été un peu à sa place, j’ai plus qu’agacé. J’essaye d’aider avec de petites attentions, de petits gestes. Je ne suis pas sa mère, je ne peux pas le couver, ce ne serait pas une aide et je n’en ai d’ailleurs pas du tout envie. Mais je peux au moins l’orienter, lui répéter des évidences, en me disant qu’à force, il finira bien par imprimer; le féliciter de toutes petites initiatives, l’encourager à continuer, pas à pas. Et attendre qu’il refasse surface.
C’est étrange, je n’ai aucun point commun avec ce collègue, si ce n’est celui-là. Il est l’anti-thèse de la personne pour laquelle je pourrais marquer un intérêt amical. Je n’apprécie pas sa façon d’être, je n’aime pas ses réactions, nous sommes très loin d’avoir les mêmes goûts. Mais c’est lui, pas un autre, et j’arrive à faire fi de ces divergences.
Comme tout le monde, il passera à autre chose. Il finira par relativiser, et se reprendre en main. Si j’ai pu y participer ne serait-ce qu’un petit peu, alors j’aurai rendu un millième de tout ce qu’on m’a offert, et j’en serai heureuse. Pour qu’au moins, ce que j’ai vécu serve à autrui.
En attendant, il reste un collègue buté borné. Et je continuerai aussi à bien lui faire comprendre qu’aussi perturbé soit-il, il y a des attitudes et des comportements que je ne peux pas tolérer…
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