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Archive pour août 2009

Les facéties du pingouin

J’ai assisté ce week-end, assez goguenarde, a un petit cinéma dont mon cher et tendre fut le principal acteur.

Il faut savoir, au cas où ça n’est pas encore assez clair ici, que je vis avec un professionnel ès informatique. Il ne bosse pas dans la branche (du tout du tout), mais se rattrape tout ce qu’il faut pendant ses loisirs.
En substance, parce que ça cerne assez bien le personnage, avant de signer notre bail, Monsieur s’était attentivement et avant toutes autres questions, renseigné sur les potentielles connections possibles, sur le débit sur place, sur les délais de transfert, j’en passe et des meilleures.
Autre chose dont je suis un peu moins fière mais qui me fait rire (oui, j’avoue, honte sur moi pendant 3 générations au moins), il a déjà établi un plan de bataille en bonne et due forme pour lutter contre le vilain H. ayant décrété la guerre aux téléchargeurs fous. En crackant le password de la voisine, qui forcément a malencontreusement oublié de protéger sa borne wifi. Pas de bol pour elle, tant mieux pour nous (fight for download, yes!)

Donc je ne suis qu’une pauvre petite chose à côté de lui. A chaque fois que mon portable m’affiche une icône un tant soit peu particulière ou me pose une question qui sort du “voulez-vous éteindre votre ordinateur en toute sécurité”, je déclenche le plan orsec. Autrement dit, j’attrape l’homme, le tire par la manche, le plante devant l’écran en lui assurant de toutes mes forces que je suis au bord de l’extinction absolue de mon PC, qu’il est déjà dans la tombe, qu’il va s’enflammer dans une auto-combustion soudaine et que lui, le pro, doit remplir son rôle de héros et sauver la situation!
Ce qu’il fait magistralement: un raccourci clavier, 2 clics, “c’était juste une mise à jour, pourquoi tu paniques, tu vois, il suffit de mettre ok, puis exécuter, et voilà, rholala, t’inquiète pas!!”
….
Oui, enfin bon, moi si je le fais, c’est un joli virus que je vais exécuter et cliquer, m’enfin bon.

Donc, je ne suis qu’une pauvre ignorante face à un maître Jedi. C’est pratique, ça me convient, pas de prise de tête, SAV gratuit, c’est le pied.
Mais ce coquin de système d’exploitation en W semble moins respecter la suprêmatie qui règne. Il s’est mis à jouer des tours depuis quelques temps sur le PC principal (entendez par là: celui qui trône dans le salon, prend une place de fou, pourrit ma jolie décoration, mais que j’aime de tout mon coeur parce que grâce à lui on peut regarder plein de films, séries et autres dessins animés, merci gentille voisine inconsciente!), plantant régulièrement, refusant les nouvelles installations, j’en passe et des meilleures.
C’est là que j’interviens, de ma petite voix fluette et innocente.
“Mais si ça te prend comme ça la tête, pourquoi t’installes pas le pingouin d’abord?”
Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’avoue, j’ai honte.
Ceux qui me connaissent ici savent que les pingouins et moi, c’est une histoire d’amour qui remonte à loin déjà. Ce sont eux qui m’ont choisie, ce qui rend les choses encore plus romantiques et merveilleuses.
Donc oui, le pingouin me poursuit. Au point que j’en vienne à le suggérer à mon Yoda de l’informatique, alors que j’y connais rien, pas le plus petit intérêt, que j’ai juste entendu qu’il était plus “stable”, ça veut dire ce que ça veut dire, comme ça on arrêtera de planter en plein épisode ou au milieu d’une chanson, non?

Mon cher et tendre m’a pris au pied de la lettre, inconscient qu’il est. Comme si je lui lançais un défi, qu’en chevalier d’honneur, il se devait de relever (je jure que ce n’était rien de tel!!)
Et j’en arrive enfin au point de départ de ce billet: j’ai donc observé la prise en main du pingouin par le pro de mon coeur: celui que je vois zapper à chaque question, tant il pourrait réciter le mode d’installation de mémoire, les yeux fermés.
Et là, je me suis sentie vengée, moi et tous ceux qui paniquent au moindre défaut d’informatique. Il y a donc une justice dans le monde des geeks!
Parce que je l’ignorais, mais oui, il avait déjà regardé tourner le système, savait de quoi on parlait bien sûr, mais n’y avait que très peu touché. Que c’était pour lui comme poser la souris dans un univers totalement inconnu, et se retrouver face à un vilan chat au lieu d’un innocent manchot (comment peut-on avoir peur de ces ravissantes petites bêtes, mmh??)! Paniqué à la moindre question posée, hésitant entre les 3 onglets de réponse (”et si je clique là, tu crois que ça va tout effacer? Et pourquoi, mais pourquoi met-il tant de temps à rebooter, hein, hein?”), redoutant la boulette à chaque nouvel écran d’installation, je le regardais faire, partagée entre l’incrédulité et la basse satisfaction.
Quoi, mon héros avait donc des failles? Quoi, dans la lutte de l’homme contre la machine, il pouvait ne pas dominer de toute sa stature?
Ah, mais enfin il comprend ce que je ressens, moi? Enfin il se dit que ce n’est pas possible, la langue qu’on lui parle est encore plus incompréhensible que le chinois? Lui aussi peut avoir des doutes, un manque de confiance?

Bon, le chaos n’a pas vaincu. L’ordre de l’univers a été respecté, malgré tout: il lui aura fallu quelques heures de lutte, beaucoup de cogitation, mais il a vaincu le pinguouin. A l’heure où je vous parle, ils s’apprivoisent de façon plutôt cordiale. L’entente semble s’être faite sur une découverte mutuelle et pacifiste. Le grand W a été réinstallé sur un autre disque dur (faites comme moi, comme si ça vous paraissait évident), de manière à ce que chacun ait son mot à dire.
Parce qu’il faut le savoir, la grande faille du palmipède, c’est d’avoir un peu de mal à proposer des émulateurs de jeux. Mais ça, c’est une autre histoire, et il faut que je rassemble encore quelques neurones pour pouvoir vous la raconter…

linux.jpg (Chéri, si tu me lis, je suis fière de toi, et je te remercie de m’avoir inspirée pour ce billet!)

Ces petits objets qui nous compliquent le quotidien - 2

Je sens un certain enthousiasme dans le public à la lecture de cette chronique (c’est beau les illusions), la preuve, j’ai même trouvé une nouvelle lectrice!
Et comme chaque jour qui passe m’inspire nouvellement, j’ai encore quelques petites perles à vous offrir!

4/Les poubelles
Ou plus exactement: ces petits lacets supposés fermer les poubelles. Je ne sais pas vous, mais chez moi, plusieurs scénarios se répètent en boucle, avec pour seule surprise leur alternance totalement aléatoire:
Petita) Disparition des petits lacets: sournoisement arrachés par le chat alors que vous laissez traîner le sac encore vide, ou après avoir marché dessus, puis l’avoir inopinément aspiré, ou alors restés accrochés à l’autre sac encore sur le rouleau. Au moment de tout fermer, grand moment de solitude, et tentative de système D forcément foireuse.
Petitb) Arrachage du lacet bel et bien présent, et avec ça, du cul du sac poubelle. Perçage dudit sac, qui se répand bien entendu sur vos sandales toutes neuves. Précisément le jour où vous aviez jeté une boîte de maquereaux encore pleine de sauce (en sachant bien que ça allait vous revenir à la figure tel le boomerang, mais dans un accès de flemme aiguë…). Une fois de plus, seul le chat semble se satisfaire de la situation
Petitc) Vous êtes ravi(e), vous avez les ficelles, le sac bien solide, ne reste plus qu’à emberlificoter le tout, faire le noeud et le tour est joué. Vous faites 36 tours dans un sens, 40 dans l’autre, 4 double noeuds et des noeuds marins par-dessus, et inévitablement, le sac se rouvre, béant, comme si vous n’aviez rien fait, malgré vos tirbouchonnages appliqués. Le pétage de plombs n’est pas loin.
Et bien entendu, quelle que soit l’option choisie, ou les 3 en même temps, le sac s’ouvre / craque / glisse dans les escaliers, pendant les 3 ou 4 longs étages que vous avez à descendre en le portant à bout de bras, le jour où vous avez changé la caisse du chat et que tout le sable pèse comme un animal mort. Comme ça, vous faites partager à vos voisins les bonnes odeurs de votre animal de compagnie, les restes de vos 5 précédents repas, ainsi que des choses plus intimes qu’il ne me paraît pas convenable de livrer ici.
–>Remède?
Les nouveaux immeubles manquent cruellement de vide ordures, qui de toute façon vous recrachaient le tout à la figure. Les sacs poubelles de bonne qualité avec des poignées tirables et intégrées ne sont pas plus convaincants (les poignées pètent, mais par contre vous frustrez le chat qui ne peut pas jouer avec la ficelle, et ils ne sont pas plus solides du bas, encore une arnaque au porte monnaie).
Vous pouvez laisser la corvée poubelles à votre homme, au moins c’est sur ses baskets à lui que ça se déverse, et lui qui se paye la honte avec les voisins. Je ne garantis pas la paix des ménages dans ce cas de figure.

5/La housse de couette
Mon héros, celui que je sanctifierai pour le reste de ma vie, sera le type qui inventera la méthode infaillible pour, d’un coup d’épaule et de bassin aussi délicats que féminins, arriver à enfiler une housse de couette sur ladite couette sans y passer 45 minutes, 2 litres de sueur et avoir des courbatures pour les 3 jours à venir. Et je ne suis certainement pas la seule à lui proposer gloire, richesse et respect pour l’éternité.
Pour moi, et pour vous, j’ai tout essayé:
Partir avec la housse à l’envers, tenter le retournement intempestif sur la couette avec prise par surprise. Raté.
Partir avec la housse à l’endroit, l’enfiler tant bien que mal avec force conviction, mots doux et encouragements divers et variés. Raté.
Etaler la couette par terre, tirer les 4 coins, progresser centimètre par centimètre en tirant la langue, attentive et précautionneusement avec toute la patience du monde. Raté encore.
L’action s’achève inévitablement la tête dans le sac la housse, la moitié du corps également avalée, à ne plus trouver la sortie. Les 4 coins semblent se dédoubler, se replient et fuient dans un malin plaisir les 4 angles de la housse, comme si d’un coup ils étaient affublés de pôles opposés. Les formes qui en sortent deviennent intéressantes: hexagone avec bosse au milieu (votre dos), pentagone avec bosseS au milieu (vos pieds).
Au bout du 4ème essai et de multiples hurlements rageurs, c’est en secouant la couette que vous parvenez tant bien que mal à achever votre oeuvre, non sans avoir forcément lâché encore une ou deux fois les coins (en secouant, forcément, ils se barrent vers l’avant, d’où replongée à l’intérieur).
Sachant que cette housse est 1/galère à laver parce qu’elle prend la machine 2/galère à plier parce qu’il faut forcément 4 mains pour que ça ressemble à quelque chose, sinon l’exercice ressemble de façon assez proche à celui décrit plus haut 3/galère à ranger parce que ça prend une place de fou, que ça récupère chaque grain de poussière, que ça pèse 2 éléphants et demi, vous vous interrogez, à chaque changement de literie, sur l’intérêt de gardre une couette, et une housse de couette.
Sauf que c’est quand même vachement bon de se pelotonner dans un duvet quand il fait frais dehors.
Sauf que c’est tout aussi délicieux quand c’est partagé à 2.
Sauf que l’exercice pourrait être répété s’il s’agissait d’un drap et d’une couverture, à plier au carré, et que c’est quand même nettement moins douillet tout ça.
–>Remède?
….
Sanctification, je vous jure, je demande sa sanctification!

6/Les ouvertures de paquets
Vous les connaissez tous, impossible d’être passé à côté: c’est soit une petite fente “prédécoupée” (laissez-moi rire) ou alors un petit coin légèrement soulevé avec la jolie marque “tirez ici pour ouvrir”. C’est donc soit un échantillon de crème/shampoing/après-shampoing/fond de teint, que vous allez donc devoir manipuler les mains grasses et/ou mouillées, qui est aussi prédécoupé que je suis nonne, qui vous glisse des doigts telle une savonnette trempée, que vous ouvrez à l’envers, qui se déverse dans votre lavabo/baignoire mais en tout cas pas dans votre paume, et dont vous gaspillez fatalement la moitié parce que vous avez beau le tourner, le plier, le rouler, il en reste forcément encore à l’intérieur.
A ce stade de l’opération, vous en avez tellement marre d’avoir dû attraper les ciseaux, dégoulinante de savon en sortant de la douche (QUI a des ciseaux à portée de main de la baignoire), ou d’avoir sué et donc viré tout votre pré-maquillage, que vous jetez le bidule d’un geste rageur dans la poubelle en vous jurant de ne plus jamais vous y faire prendre…jusqu’à la prochaine!
Concernant le pack de jambon (ou autre aliment comestible empaqueté de la sorte), il en va de votre survie et de celle de votre famille. Là aussi, c’est toujours au moment où vos mains sont dégoulinantes d’huile que vous venez d’utiliser pour la vinaigrette, de légumes que vous avez découpés, ou d’autre élément gras utilisé (beurrer un moule, etc, je laisse place à votre imagination débordante), que vous vous rendez compte que le paquet n’est pas ouvert. Un coup d’oeil circulaire pour vous assurer que le maître des lieux (pas le chat, qui lui, a bien repéré le paquet de jambon, même fermé! Je parle du bipède) est absent, et vous entamez la guerre des nerfs.
Qui n’a pas eu plusieurs fois l’idée d’écrire au fabricant, en lui demandant si c’est un gag d’indiquer le coin d’ouverture à l’extrême opposé de celui qui est déjà légèrement soulevé?? Ceci arrivant forcément le jour où vous vous êtes coupé les ongles (pire même, fait une manucure, la vraie angoisse du vernis encore frais à ne pas bouffer sur un vulgaire bout de plastique!), et dans le meilleur des cas, vous voilà tirant la langue, appliquée, à essayer de soulever chacun des 4 petits coins en glissant ce qu’il vous reste d’ongle, ou un couteau pour les plus aventurières (en général chez moi, ça se termine avec un sparadra si je m’y risque), et en grommelant “bon dieu mais c’est pas vrai, ils le font exprès”….
Au pire des cas, il n’y a PAS de petit coin pré-soulevé, c’est une conspiration mondiale, et vous terminez d’un bon coup de couteau rageur au milieu du paquet, vous empêchant par là même de re-conditionner proprement votre jambon, qui va rester béant au milieu du frigo et prendre une délicieuse teinte grisâtre…Ou alors, vous l’empaquetez dans du papier film, mais dois-je vous renvoyer au billet numéro1 à ce sujet?

–>Remède?
Devenir végétarien (mais je ne suis pas certaine que les articles au tofu ou autres soja ne soient pas conditionnés de la même manière), tout balancer au chat qui saura ouvrir (mais ne comptez pas manger après) et vous vénérera pour les 2 minutes à venir.
Pour les articles de beauté: attacher une paire de ciseaux à chaque endroit stratégique de la salle de bain (ne m’appelez pas pour justifier ça à votre douce moitié), même passer au bio ne doit pas solutionner les problèmes, je crois qu’ils ont aussi ces furieux petits sachets soit-disant pré-découpés.
Croire au complot mondial contre la ménagère.

7/Les Tupperwares!
Siiiiiiiiiiiiiii! Et je suis certaine que nous sommes nombreuses dans le même cas!!!
Ne me dites pas, quelle que soit la marque de vos boîtes dont vous ne pouvez vous passer, qu’elles sont toutes parfaitement rangées, classées, par ordre de grandeur et en bonne place dans vos placards!
Plusieurs réflexions à ce sujet:
1/On n’a JAMAIS des boîtes de la même forme: entre les carrées, rectangulaires, rondes, ovales, pour glace, pour smoothie et j’en passe, on se retrouve forcément avec un éventail à faire pâlir d’envie n’importe lequel des gamins qui rêvent sur les jouets Playschool! La couleur à peine en moins, le problème reste entier!
2/A moins d’habiter un duplex (le même que pour le sèche-linge) et d’avoir un placard entier à consacrer à ces maudits engins, nous revoilà une fois encore la langue tirée, à réfléchir 2 heures à leur aménagement le plus logique possible dans un espace inversément proportionnel au nombre de tupperwares. Et votre cher et tendre, toujours prompt à jouer au Tetris sur son ordinateur, disparaît de façon tout aussi rapide et comme par enchantement lorsque vous daignez admettre que votre cerveau féminin a probablement des limites qu’il faut bien constater, et que non, vous n’y arriverez pas seule. Ceci arrivant à votre énième tentative où tout tient dans un équilibre précaire, et par je ne sais quelle idée fumeuse, vous fermez et rouvrez la porte du placard “pour tester” et vous retrouvez avec vos boîtes étalées à vos pieds, vous narguant avec leurs couleurs.
3/Trouver la bonne façon de ranger les tupperwares est une chose, vous pouvez vous plonger dans les mêmes abymes de perplexité pour les couvercles. Bonne chance.
4/Vous avez beau vous jurer, à chaque rachat, de ne prendre “que la même marque”, “que la même forme”, ça foire toujours, soit qu’on vous en ramène en vous disant “j’ai pensé à toi, celui se ferme suuuuuuuuuuper bien”, ou alors “mais celui-là résiste au micro-ondes”. Vos bonnes résolutions qui vous ont fait jeter tous les usés et non dignes d’intérêt pour recommencer votre collection avec intelligence s’envolent en deux temps trois mouvements. Sous le regard goguenard de votre homme, bien sûr.

–>Remède?
Ne plus conserver. Jeter la nourriture. Refuser catégoriquement de vous préparer des gamelles pour les déjeûners au boulot. Acheter des plats préparés. Prendre du poids. Acheter un duplex. Acheter un immense placard. Ligoter votre homme et exiger de sa part que, puisqu’il sait bien les utiliser (les gamelles, c’est aussi pour lui), le rangement sera son boulot.
Je n’ai pas tout testé, mais pour ce que j’en ai fait, rien de concluant. Et mes tupperwares continuent à se jeter férocement sur mes jambes à chaque ouverture de placard (certes, je les ai mis au ras du sol mais n’empêche!). Et en plus, j’ai des couvercles inutiles car plus les boîtes, et des boîtes sans couvercle. Le sort me poursuit.

8 et bonus track/ La porte des toilettes
Ca, c’est du perso. Mais tout le monde a bien une porte de toilettes comme celle de mon boulot: celle qui a dû faire des ravages sur des centaines de mains et de doigts. Au point sans doute qu’un esprit épuisé, à bout de nerfs et les mains remplies de bandages, a dû demander son scalp: j’ai nommé le frein de porte.
Super pratique pour éviter de se ramasser la chose sur la tronche ou les doigts.
Nettement moins pratique en cas d’envie pressante (assez régulière quand on est au travail, où il semble qu’on fasse tous des concours de résistances de vessies). C’est donc en dernière limite, à bout de souffle et blême que vous finissez par piquer un sprint, en traversant l’agence, puis le couloir, pour arriver sur la corde dans le cabinet. A ce stade, tous les gestes sont mesurés, comptés, chronométrés pour que le soulagement arrive le plus vite possible. Sauf que voilà. Cette porte-là, chez moi, elle met au bas mot 10 secondes pour se fermer. 10 looooongues, très très loooooongues secondes, pendant lesquelles vous manquez de défaillir, tomber dans les pommes. Mais impossible d’anticiper, impossible de la faire accélérer, le frein est tenace, ce n’est pas faute d’avoir tiré dessus. Traquenard.
Je lance un appel poignant au nom de tous les testeurs de résistances de vessies: merci de penser à nos doigts. Mais merci, aussi, de penser à notre système interne, sur le point d’imploser pour quelques malheureux doigts pincés.
Au secours!

Je m’arrête là, momentanément. Il n’est pas exclu que j’y revienne, je trouverai bien encore un ou deux bidules fous furieux et fabriqués en dépit du bon sens à vous narrer. Mieux vaut en rire. Et mieux vaut partager, de suite, on se sent vraiment moins seul(e)s….

Promesses de l’aube

Il y a, chaque matin, comme une grande respiration.
Celle que je prends en sortant de chez moi, alors que tout est calme, d’une quiétude dominicale.
Celle qui plane dans la fraîcheur de l’heure matinale. Ces instants magiques, suspendus, où le soleil s’est déjà levé, mais où l’on ne devine que les promesses de la canicule quotidienne. Ces minutes, petites heures où l’on respire à pleins poumons, où chacun s’ébroue à son rythme, avec une tranquilité et une sérénité que seuls peuvent porter les mois où la majorité sont en vacances.
Ces secondes où je me sens seule et en paix. Où je me dis toujours “j’aimerais pouvoir m’asseoir sur une terrasse, boire un café, là, maintenant. Regarder la lumière dorée se lever sur la campagne. M’emplir de la force qu’il y a dans l’air pour affronter tout le reste de la journée. Profiter de cette magie, me souvenir que je suis là, goûter à la fugacité du temps qui passe, pour supporter encore mieux la chaleur, les difficultés au boulot, les grands moments de solitude”.
J’aimerais, je ne le fais pas.
C’est dommage, j’en suis seule responsable. Alors j’observe autour de moi pendant le trajet, mais ce n’est pas pareil.
Et au moment où j’arrive devant l’agence, déjà le brouhaha a envahi la ville. Déjà mes pensées sont orientées vers ce qui m’attend. Déjà, je suis en mode mécanique blindée, armure sortie.
Déjà, j’ai oublié la fragilité de tout ce que je ressens au petit matin.
Sauf aujourd’hui, j’ignore pourquoi, cette grande bouffée d’air frais m’a poursuivie.
Et au vu de la journée pourrie que je viens de passer, elle n’était pas de trop!

Lamentable

Heureusement qu’il n’y a pas de clients (et pas de collègues non plus) à l’agence.
4ème jour de migraine quasi consécutif.
Et pas des moindres, une bien carabinée comme il faut.
Au point que j’en suis arrivée à porter mes lunettes de soleil comme ça, à l’intérieur, parce que la luminosité de l’écran et le soleil sur les baies vitrées dehors et malgré les stores me devenait insupportable.
Et pire même.
Je n’ai pas peur du ridicule, il vaut mieux, vu ma tête: blanche comme un linge et des lunettes noires, y’a pas plus glamour. Je ne peux pas rentrer chez moi, je dois assurer l’interim.
Je veux mon lit. Je veux de la fraîcheur, je veux de l’obscurité.
Je veux que les petits nains sous mon crâne arrêtent leur sarabande.
Que celui qui a inventé les hormones féminines aille se faire pendre!

Ces petits objets qui nous compliquent le quotidien - 1

En version saga de l’été, je lance ici le début d’une liste interactive!
Je vous mets donc à contribution, vous, lecteur(s?) estival(aux?) égaré(s?) et esseulé(s?), pour la compléter à votre bon vouloir, parce que je suis certaine que c’est un thème qui inspirera beaucoup de monde (pour autant que le beaucoup de monde traîne par ici). Et qui a déjà dû être exploité, je n’ai sûrement pas de copyright à ce sujet, et je n’ai pas dû remonter assez loin dans les archives, ou alors avoir oublié.

Je veux donc parler de ces petits objets qui, sous le fallacieux prétexte d’être utiles, nous pourrissent plus la vie qu’ils ne nous rendent service. Ces petites choses qui claquent ou nous sautent dans les mains, nos tentatives désespérées pour trouver une solution (acheter plus cher, traiter avec douceur, feinter). Mais ils semblent animés de leur volonté propre, et rien n’y fait. Et la scène finale reste éternellement la même: vous, au milieu du champs de bataille, râlant, pestant, mais vaincu par KO.

Je mûris ce billet depuis plusieurs jours, et j’ai déjà quelques jolis exemples. A tel point que je vais me la jouer grande star, et le faire en plusieurs parties. Si le coeur vous en dit, et si l’inspiration vous saute dessus, n’hésitez pas à en rajouter, dans vos propres pages ou dans les commentaires. Parce que je suis sûre que la solidarité jouera, et que d’un coup, on se sentira bien moins seuls dans notre détresse commune…

1/ Le papier film
On le connaît tous, qui n’en a pas dans sa cuisine? Si, comme moi, vous cultivez une formidable méfiance et de cruels doutes sur le papier aluminium, c’est également un élément clé pour l’emballage de toute denrée potentiellement transportable ou même stockable.
Il y a ceux qui sont très bien organisés et outillés: papier soigneusement rangé sur un distributeur, le tout collé au mur, mais la technique du découpage reste toujours la même: ces superbes dents acérées, qui généralement ne loupent pas le pouce ou n’importe lequel des doigts présentés à leur mâchoire, mais qui, par je ne sais quelle reconnaissance tacite et profondément injuste, refusent de couper la seule chose pour laquelle elles ont été conçues, à savoir ledit papier film. Ce qui donne en règle général, après de multiples tentatives de plus en plus fébriles: des boulettes éparpillées par terre (dont votre chat se régalera, au moins un qui y trouve son compte), des doigts en sang, un tensiomètre sur le point d’exploser, un carton (si vous n’avez donc pas le fameux distributeur décrit supra) à moitié déchiré, des dents brillantes mais qui ne tiennent plus audit carton, et surtout un rouleau de papier film pourri, parce qu’il aura été déroulé petits bouts par petits bouts, souvent dans le sens de la longueur donc mal découpé, et qu’il n’y a plus de largeur correcte, et surtout plus la taille qu’il faut pour la maigre part de tarte que vous essayez désespérément de protéger (à ce stade, on a depuis fort longtemps abandonné l’intiale “protection du saladier”, qui a un diamètre bien trop large, et qui s’est retrouvé certes saucissonné, mais avec des trous précisément au-dessus du contenant que vous tentiez de recouvrir).
–>Remède?
J’ai vu, une fois, un distributeur ultra perfectionné avec une lame qui passait et repassait, en version guillotine. Ca devait coûter un bras, au moins le prix des nombreux paquets de sparadras que j’ai dû utiliser jusqu’ici, pas question de me rabaisser à ça.
Des petits malins se sont amusés à me dire que si le papier film était de “qualité” (entendez par là de marque, avec un carton d’emballage plus solide), c’était plus facile. Vous pouvez toujours essayer, mais je vous aurai prévenus, c’est un traquenard: pour vos doigts, et pour votre porte monnaie!

2/Le rouleau de scotch
Petit frère / cousin / complice du premier. Qui n’est pas passé par le stade “rouleau qui n’est pas dans son distributeur” et qu’à force de gratter, on a mis en charpie? On a beau replier un petit bout après chaque utilisation, soit ça se déplie, soit une personne moins bien intentionnée que nous “oublie malencontreusement”, soit on arrive au bout du rouleau avant de pouvoir le placer dans le dérouleur.
–>Remède?
Ledit dérouleur n’est parfois guère plus efficace, mais au moins, on peut mettre la faute sur autrui.

3/Les pinces à linge
Mes propres ennemies. En bois, en plastique, spéciales “anticasses” ou parfaitement bon marché mais en (très) gros stock, je me retrouve assez régulièrement avec des pinces sauteuses: dans mon visage, dans mes mains, sur mes pieds, mais qui semblent toutes avoir, pour point commun, d’oublier leur fonction première: tenir le linge pour qu’il sèche!
Je n’ai jamais vu un objet aussi fragile, là où il est supposé résistant. Fragile parce que trop de soleil (desséché ou plastique craquelé), parce que l’humidité (rouillé), parce que l’usure (utilisé 3 fois pour pendre un drap qui fait 2 mm d’épaisseur), elles ont de constantes bonnes raisons pour déplorablement se diviser en 2, partir dans un petit bruit de ressort puissamment agaçant et s’écraser lamentablement à vos pieds pendant que vous êtes en exercice de haute voltige, au-dessus d’une motte de terre (quelle idée d’avoir déplacé votre fil précisément à l’extérieur soi-disant pour faire sécher votre linge dans les bonnes odeurs estivales), une culotte et 2 chaussettes dans une main, l’autre main bloquée par le drap que vous retenez dans la bouche, et en train d’essayer de faire tenir 3 malheureuses pinces à linge sans rien faire tomber, sinon vous pouvez tout re-nettoyer.
Et pour un jeans, mettre 4 bidules pour espérer le faire tenir (et l’entendre inévitablement se casser la figure pendant la nuit dans un froufrou délicat), j’appelle ça de la rentabilité.
–>Remède?
Etre très riche, avoir un duplex, acheter un sèche-linge, engraisser E”d”F. Je n’ai rien de tout ça, je continuerai donc avec mes meilleures ennemies.

A vous, tous en coeur!
(…to be continued…)