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Archive pour septembre 2009

Pour continuer dans le médical

-Réveil brutal à 3h cette nuit. Chatouillements désagréables dans le ventre. Après un lever zombie, pause technique, l’auto-diagnostic (sisi, malgré mon billet précédent, il m’arrive d’en faire) semble se confirmer. Ca s’annonce mal, surtout en milieu de nuit.

-Tourner et retourner dans le lit. Impossible de fermer l’oeil, la douleur s’installe progressivement. Je me relève, me recouche. Réveille une première fois mon cher et tendre, qui est dans les brumes. Prie pour ne pas réveiller Miss Blondinette, parce que bien entendu, sa chambre est juste à côté des toilettes, et il faut que ça arrive la nuit où elle est chez nous. Boudiou.

-A passé 4h30, je me fais une raison, autant abdiquer plutôt que d’enquiquiner tout le monde jusqu’au réveil officiel. C’est dans ces moments de profonde solitude, dans le noir et le silence absolus d’un immeuble entier endormi, qu’on réalise que toutes les portes grincent. C’est là qu’on se dit “il faut que j’huile ces gonds”. Pour l’oublier une fois que ce ne sera plus aussi frapant. Jusqu’à la prochaine fois.

-J’essaye de me convaincre “mais non, c’est rien, bénin, juste une nouvelle douleur de l’estomac”. Finalement j’arrête, à chaque fois que je me dis “ça ne vaut pas le coup d’aller enquiquiner la toubib pour ça”, la douleur revient, plus vive, et s’empresse de me faire mentir. Ok, je prendrai rendez-vous.

-A ce stade, je me demande de façon assez sérieuse (vu l’heure, tout est possible), si je termine ma nuit directement sur les toilettes. Avec une couverture, un coussin dans le dos, peu importe hein, mais je joue très sérieusement avec l’idée quelques instants, en me disant que parti comme c’est, j’aurais plus vite fait. Je crois que je n’ai simplement pas osé.

-J’essaye finalement de migrer sur le canapé; à devoir faire des aller-retours aux toilettes, autant que ce soit en évitant de m’envoyer le coin du lit dans le tibia, en réveillant mon homme, en manquant de rameuter le chat qui, lui, semble adorer mon va et vient et semble parfaitement en forme.

-Après une dizaine de minutes couchée, plutôt recroquevillée sous la couverture, je cède une seconde fois. Pour la sans doute troisième fois de ma vie, j’allume l’ordinateur à une heure totalement indécente. Me mets à jour dans mon courrier. Tente de comprendre quelque chose à une installation de plug in sur wordpress. Réalise, dans les brumes de mon semi coma, que je ne dois pas avoir tous les accès. Accès à mes neurones, c’est sûr, accès à mon administration blog, sans doute non plus. Mais que je peux aussi bien me planter, et puis quelle idée aussi de faire ça à 5 heures du matin, non mais vraiment??

-Les minutes s’égrennent difficilement. Je crois que je n’ai jamais attendu avec autant d’impatience l’heure de m’habiller, d’aller au boulot, pour savoir que le cabinet médical est ouvert. Et prendre un rendez-vous. Très vite. Là tout de suite même, ce serait génial.

-Ce sera pour le milieu de matinée. Quand je vois ma toubib, j’ai l’impression que “sauveuse” clignote sur son front. Elle, elle est plutôt contente: je suis l’un des rares cas qui ne se pointe pas pour une grippe, une fièvre, un nez qui coule. Qui ne semble pas trop parano non plus. Moi, je ne demande qu’une chose: un médoc là tout de suite, faire fuir la douleur. Et puis je rentabilise mon rendez-vous. Je lui explique que j’hésitais depuis quelques jours à prendre rendez-vous, que je me doutais qu’elle avait un peu autre chose à faire que de recevoir une nana pour un peu de fatigue, quelques douleurs. Du coup, ben je lui en parle. Et ressors avec une prescription pour check up complet. Youpi.

-A l’heure où je vous écris, j’ai gobé mes cachets depuis 3 heures et demi. Je suis encore pliée de douleur. 10 de tension, ça se lit sur mon visage, je me fais peur dans le miroir et je compte les heures avant de rejoindre mon lit, mais si possible sans plus avoir mal, parce que sinon, j’aurai un peu eu l’impression d’endurer ça pour rien. Rha!

-Je voulais terminer ce billet sur ma victoire triomphale sur l’administration judiciaire et la mauvaise volonté des avocats qui s’annonçait au vu du courrier reçu hier . Je raccroche d’un coup de fil de confirmation un peu plus modérée: tout espoir n’est pas perdu, on va m’épauler, mais je n’ai pas de garantie sur le succès final de la démarche, qui est quand même le but nécessaire et recherché.

Pour le champagne et l’auto-satisfaction, on attendra donc encore un petit peu. Et surtout, surtout, que je sois plus en forme!

Infantilisation

Ca fait maintenant 2 ou 3 fois qu’au détour d’une télévision mise en bruit de fond, je lève la tête au moment d’un spot, entre le journal télévisé et une cinquantième pub, qui nous explique comment nous soigner pour un rhume, une tendinite à l’épaule, ou que sais-je encore.
La première fois, je me suis demandée ce que ça pouvait bien faire là: pas vraiment une pub mais pas un reportage médical non plus, les conseils tombent généralement sous le sens et se terminent tous de la même manière: n’hésitez pas à aller consulter votre médecin généraliste.
Je ne comprends pas.

Entre ces nouveautés, les spots ciblés sur la méchante-grippe, et les conseils incessants aux enfants, version Bisounours ou dessins animés (ne pas manger trop salé, trop sucré, trop gras, trop, pas assez, trop liquide et entre les repas), on se retrouve devant le parfait exemple du trop d’information tue l’information.
On trie comment?

Que l’on profite de certaines occasions, un virus un peu insistant notamment, pour rappeler des bases d’hygiènes à tout un chacun, soit.
Qu’on essaye d’expliquer à nos enfants que tous les repas ne se composent pas de clown au nez rouge et de fraises roses, passe encore. Soit dit en passant, pour l’application sur le terrain, Miss Blondinette sait très très bien réciter la phrase qui passe à la télé, mais continue à expliquer que son repas préféré, c’est des frites et un steak haché, et qu’elle aimerait bien manger des bonbons à tous les goûters. Entre la théorie et l’application, il doit manquer une case dans leur communication, m’enfin, c’est déjà tout à leur honneur d’essayer.

Mais pourquoi en rajouter?? En quoi est-ce pertinent de nous expliquer tout soudain le lundi entre la poire et le dessert ce qu’il faut faire lors d’une douleur à l’épaule, le mardi à propos d’une fracture, le mercredi pour une angine.
Quelle est la pertinence, là, maintenant? Pas assez de parano ambiante? Pas assez d’hypocondriaques?
Et puis leurs schémas sont très mignons, mais j’ai vraiment l’impression d’être prise pour une gamine. Oui, je me doute qu’il faut que j’appelle mon médecin. Que je ne me fasse pas d’auto prescription. Que je ne joue pas avec le feu. Ils veulent me le faire en version dessin animé aussi?

Et pour terminer en beauté cette note un peu décousue, il n’y a pas que la télé pour nous prendre pour des gamins:
Aujourd’hui, roulement de tambours, nous avons reçu au boulot les petites fioles de gel hydro-alcoolique supposées éloigner les grands méchants microbes et qui vont nous permettre de garder toute entreprise rentable (surtout rentable!)
Et pour être sûr qu’on va bien les distribuer, et ne pas les oublier dans un coin du stock, ce que nous serions tous ici fortement tentés de faire, on nous fait à chacun signer une attestation en bonne et due forme de remise en main propre (sale au demeurant, vu que nous signons avant même d’avoir reçu les fioles).
Y’a des jours, je me dis que non seulement on a du temps à perdre au boulot, mais que résolument, il faut que je débranche la télé….

Bonnes nouvelles

-C’est vendredi, rien que de commencer par ça, ça me donne le sourire

-Météo superbe annoncée pour le week-end, vive l’été indien, les dernières balades à moto dans des couleurs chatoyantes, des projets tous les 2 en amoureux, du temps pour nous, rien que pour nous

-Hier, coup de fil à 20H30, au moment où je remâchais notre dernière discussion d’une heure plus tôt en me disant que j’avais été vive dans mes réactions (faut dire que j’avais quand même eu droit à une nouvelle petite douche tièdasse), mon homme m’annonce qu’une énorme panne de courant les empêche de travailler: ils sont libérés plus tôt, à nous la soirée totalement impromptue et imprévue en amoureux!

-Rebelotte aujourd’hui: panne toujours pas réparée, il a un jour de congé tombé de nulle part. C’est qui qui va rentrer tout à l’heure avec quelqu’un à la maison qui l’attend sagement? Moiiiiiiiiiiiii!!

-Après 3 semaines, 5 coups de téléphone (et seulement un haussement de ton), j’ai reçu mon colis, fini par me faire rembourser, acheté ce qu’il me manquait, je vais pouvoir jouer à la fiiiiillleeee! (la décence m’interdit d’en dire plus ici même)

-Un collègue démissionne, ça, c’est une mauvaise nouvelle. MAIS il m’appelle pour me le dire, ce qui me touche, synonyme de sa confiance, alors que pourtant on ne se connaît que peu. MAIS il n’a pas fait pareil pour le Grand Yaka (ça craint), et ce dernier a appris par ma bouche maladroite que moi j’avais été contactée. Ahem, la boulette, mais bon, on récolte ce qu’on sème, n’est-ce pas…

-Un autre collègue galère depuis 10 jours et surtout ce matin pour finir un appel d’offres à pas piquer des hanetons. Je retrousse mes manches, lui prête une main aidante et hésitante, file essayer de trouver de quoi emballer son paquet cadeau pour la préfecture, tourne 15 minutes dans le parking du centre commercial parce que je suis tellement prise dans mes pensées et fatiguée que j’en oublie où je suis garée, mais on finit par y arriver. Il vient de m’appeler “juste pour te prévenir que c’est bon, je l’ai rendu à l’heure (10 minutes avant le temps T)” et qu’il me remercie infiniment. Ouf, maintenant il faudrait qu’il le décroche, cet appel d’offres, pour que j’aie vraiment la banane!

-Mine de rien, tous ces petits gestes prévenants de mon équipe, leur manière de me parler, me demander les choses, c’est ce qui me motive pour me lever le matin. Sûrement pas le reste dans mon boulot!

-J’ai enfin réussi à faire une note légère et optimiste!

Hommage

Sérieusement, vous les mamans, ou même tous les parents, vous faites comment???

Vous faites comment lorsque vous sortez d’une journée bien épuisante, où votre Grand Yaka n’a rien trouvé de mieux que de vous refiler un dossier en dernière minute à mettre en page, à finaliser, mais en 1 heure chrono alors qu’il en aurait fallu bien plus, le temps de comprendre et de bien faire, et pas de délai possible, il doit attraper son avion en fin de matinée et forcément, tout doit être bouclé avant.

Vous faites comment, après une journée entière où vous tenez péniblement vos yeux ouverts, pour retrouver vos enfants qui, eux, débordent d’énergie, et recommencer une seconde journée, puisque c’est bien de ça qu’il s’agit?

Je viens de rentrer avec Miss Blondinette qui, elle, a du peps à revendre!
Elle passe d’un sujet à l’autre, mais ne se contente pas de raconter, il faut mon approbation, et puis les questions qui arrivent, et qui m’obligent à mobiliser plus d’un demi neurone pour lui faire une réponse un tant soit peu constructive et intelligente (toujours penser à l’éducation, profiter de chaque instant pour enrichir ses connaissances), alors que je peine ne serait-ce qu’à comprendre le début de ce qu’elle me raconte.
Et qui plus est, je n’ai pas à me plaindre: elle est déjà douchée, je n’ai qu’à assurer l’intendance repas, médicaments, coucher….Un minimum, même si je sais que chaque étape sera chaudement discutée et argumentée.

Vous avez toute mon admiration, vous, parents du quotidien. Vous m’impressionnez, parce que je ne suis pas sûre que je parviendrais à assumer cela autrement qu’en interim, comme ça, un soir par semaine, un week-end tous les 15 jours….Déjà, ça me paraît du quasi insurmontable, à l’heure où je ne rêve que d’une chose: une douche ou un bain chauds, m’affaler dans le canapé, buller, bouquiner….

A l’heure où j’écris cette note, elle est en train de s’exciter sur la console blanche et sur le jeu de la gamine qui se promène avec sa carte, son sac à dos et parle anglais. Mais elle est en même temps capable de me poser des questions sur “pourquoi le chat part en courant, et regarde mon résultat au jeu, et qu’est-ce qu’on mange, et on est quel jour de la semaine?”

Moi, je suis penchée sur mon écran, les yeux brumeux, et c’est la 4ème fois que je relis ce billet en me disant que c’est de l’instantané, mais qu’il est fichtrement mal écrit et que je n’arriverai pas à faire mieux, vu la matière grise qu’il me reste….

Bien commencer la semaine

Ce matin, lever du lundi. S’extraire des bras de mon cher et tendre, de la douceur du cocon construit le week-end. Temps maussade, nuit obscure en accompagnement du petit déjeûner silencieux.
Voiture, trafic. Des difficultés et du stress à entrer sur la rocade, une sale impression: “demain je prends un autre chemin, tant pis si c’est plus long, tant pis si j’arrive en retard. Je ne prends plus le risque”.

Circulation en accordéon, accélération, freinage. A ce stade, les distances de sécurité ne sont plus que de la belle théorie. La radio et son déroulé d’émissions m’indiquent que je suis tendue sur le timing, je le vois au nombre de véhicules qui me suivent et me précédent. Plusieurs coups d’oeil dans le rétroviseur, je le vois bien le gamin, pensif, il a failli m’empêcher de passer tout à l’heure lorsque je m’insérais péniblement.

Le monospace devant moi plante les freins, je réagis, ça va, je n’étais pas trop près.
Et le choc.
Crissements, hurlements des freins, impact, bris de carrosserie et de vitres. Je suis hébétée, mon corps encaisse vers l’avant. Les réflexes arrivent, clignotants, se garer sur la bande d’arrêt d’urgence, et les pensées tournent “oh non pas encore - c’est pas vrai je n’en peux plus des garages - ouf je ne suis pas responsable - je vais être vraiment en retard”….
Je sors, le jeune est déjà devant son capot enfoncé. Il hurle, il frappe, il est comme un dément, il s’en prend aux autres voitures.
Moments d’inquiétude, d’abord pour moi (vite rassurée cependant, c’est de la poudre aux yeux, il n’y aura pas d’autre choses que des injures qui ne m’étaient même pas adressées), puis pour la potentielle difficulté à lui faire remplir un constat.
Je le laisse s’égosiller le temps de constater que je m’en tire très, très bien, de regrouper mes papiers. La bruine s’invite sur un défilé de véhicules, un boucan de moteurs, les cris de mon compagnon d’infortune.

Ma brave pépette a les reins solides, à peine des égratignures et quelques bosses au pare choc, un passage de roue arrière un peu esquinté, une ampoule de plaque qui a explosé. Mon interlocuteur, qui a fini par se calmer lorsque je lui ai indiqué d’un ton assez dur que moi aussi j’avais les boules, un patron qui m’attendait et que je me serais abstenue de commencer la semaine de cette manière, a tout encaissé: capot, radiateur, pare choc avant enfoncés, clignotants et phares en vrac. Il s’apaise en voyant que je collabore, je lui prête mon portable pour appeler parents et cousin dépanneur puisqu’il n’a plus de crédit sur sa carte, il n’a jamais rempli de constat de sa vie, j’ai de la peine pour lui, jeune conducteur assuré par ses parents.
Un instant, je songe à proposer le règlement à l’amiable, mais il semble qu’il a de la famille dans la carrosserie. Il n’en parle pas, aucun des nombreux interlocuteurs qu’il a appelés ne le lui suggère.
Je laisse passer la journée sans rien déclarer ni envoyer, au cas où il se raviserait. Ce n’est pas le cas.

Je termine cette journée comme je l’ai commencée: dans une forme de brume cotonneuse, ouateuse, un peu hors du temps, de moi-même. Soulagée, je n’ai rien, ma voiture n’a rien, mais ma confiance en moi en a pris un coup, une nouvelle fois.

Bilan

Depuis quelques semaines, ma balance, mon miroir et moi-même sommes très en froid.
A tel point même qu’après avoir vu les photos prises de ma petite personne le week-end dernier, j’ai interdit à mon cher et tendre de me photographier en dessous de la poitrine tant que je ne me serai pas délestée des satanés kilos en trop qui me pourrissent à la fois le moral et la santé.

J’ai beau essayer de le prendre à l’humour, j’en perds quand même assez vite le sourire.
Certes, je n’ai jamais franchement fait attention à ma silhouette, mais aussi parce que j’avais la chance de ne pas avoir à m’en préoccuper. Comme je l’ai déjà expliqué dans ces pages, j’ai longtemps consommé tous les aliments de façon innocente sans que ça n’ait aucune conséquence à court terme pour moi.

Sauf que depuis quelques temps, les années et certains écarts m’ont rattrapés. Sans me faire de cadeaux.

Ok, j’ai analysé, je sais pourquoi j’ai pris 2 tailles de vêtements. Je suis prête à faire des efforts, au point même de faire attention à ce que je mange, et essayer de me restreindre sur certains produits bien connus pour être hautement caloriques. Cette simple démarche relève pour moi du défi quasi inatteignable, voire même de la haute voltige. Mais je sais que je ne peux plus exiger le beurre et l’argent du beurre,  sans mauvais jeu de mots, et j’assume.
Sauf que.
Malgré des efforts, beaucoup de bonne volonté, il n’y a rien. Pas un résultat. Pire même, lorsque j’arrive à perdre 1 ou 2 petits kilos, rarement plus, j’en reprends autant peu de temps après.
Là, je grogne. Certes, le sport m’échappe toujours, et je sais pourtant que c’est une clé. Comme souvent à cette période, je fais le point sur mon été et les beaux jours, pour réaliser que je ne me suis bougée qu’à 10% de ma volonté et mes capacités, et je culpabilise. Mais je sais aussi qu’il me faudrait prendre un abonnement à l’année chez un ostéopathe pour arriver à ne serait-ce qu’envisager une activité physique poussée telle que la course comme un bien-être, et non pas une torture où j’aurais la sensation de traîner derrière moi un boulet d’une centaine de kilos. C’est le cercle vicieux, parce qu’il faudrait que je me déleste pour retrouver un minimum de légèreté et ne pas torturer mon dos et mes articulations. Mais pour me délester, il faut que je bouge.

Ma nouvelle amie la fameuse console blanche, avec la balance (qui parle et ne se prive pas de faire des remarques très désagréables), m’aide au minimum, mais ne m’offre pas tout ce qu’il me faudrait, j’en suis bien consciente. Mes efforts alimentaires n’ont aucune conséquence. Pour toute femme normalement constituée, c’est une véritable cause de début de profonde déprime.
J’aborde l’hiver remplie de questions sur le fonctionnement de mon corps. J’ai beaucoup de travail, je le sais, pour trouver l’harmonie et me sentir en paix. Je compte sur cette année et ce qu’elle va m’apporter de nouveautés pour faire quelques pas dans le bon sens.

Mais que faire lorsque la théorie acquise à force de lectures, discussions, échanges ne suffit pas sur le terrain, et que les résultats pratiques provoquent encore plus de déceptions et d’interrogations?

Ecoeurement

J’étais partie pour me plaindre de petits soucis de greluche, quand mon Grand Yaka m’a coupé la chique, là comme ça.
Et l’ambiance ici au boulot est franchement descendue d’un ou deux crans, sans qu’on l’ait senti venir.

On va dire que ça faisait un moment que ça commençait à puer. Là en haut à Paris, entre leurs tableaux Excel et leurs moquettes grand luxe, il semblerait qu’ils nous font une petite crise d’autorité. Les chiffres sont mauvais. Les prévisions encore plus. Quel scoop! On peut toujours crier que c’est la crise, ils nous répondent qu’elle commence à en avoir plein le dos, la crise.
On rétorque qu’à force d’avoir des problèmes de rentrées d’argent, on ne paye plus les fournisseurs, on se fait une mauvaise pub, et que les affaires deviennent encore plus dures à rentrer.
On s’entend dire que non, il faut faire du volume, il y a toujours moyen, des gens qui habiteraient sur la planète Mars peut-être, encore que celle-ci devienne un peu trop proche. Qu’à cela ne tienne, partez donc à la conquête de l’univers, c’est assez grand quand même!

N’empêche. On les laissait parler. On se disait que voilà, il fallait bien qu’ils jouent aux chefs. On faisait un peu semblant d’avoir peur de temps en temps, on criait fort aussi. Ca bougeait là haut, quelques séismes, pas forcément négatifs, d’autres plus énervants. On s’étonnait de ne pas trop sentir les répliques en province, mais sans se faire d’illusion, ça allait bien arriver.

C’est arrivé. Sous forme de lettre d’avertissement. Ah, je n’en suis pas passée loin, c’est sûr. Elle est tombée à 20 cm sur ma droite, sur mon collègue. Que j’apprécie, qui est quelqu’un d’ultra consciencieux, attentif, impliqué.
Parce qu’il n’a pas rempli les cases comme il faut. Lui dit-on. A croire qu’à lui seul, il bloque les rentrées d’argent de la société. Lui explique-t-on. Une belle missive d’une page A4, illisible, incompréhensible, charabia. Que j’ai eu la chance de lire, parce que j’ai été mise dans la confidence.
J’ai crié, fort (ils commencent à avoir l’habitude ici). Avant d’envoyer des menaces de cet ordre, on se renseigne sur le qui fait quoi en région. Si les moquetteux de tout en haut avaient fait leur job et regardé les bonnes lignes du tableau Excel adéquat, moi aussi j’aurais eu droit à cette jolie lettre. Alors quoi? Ils ont tiré à la courte paille, pile ou face? Elle ou lui, lui ou elle? Ne pas me faire ce sale coup pour mon premier anniversaire dans la boîte (la bougie est un peu saumâtre à souffler pour le coup).
Le Grand Yaka essaye de s’impliquer, maladroitement “ils veulent faire passer des messages, faire comprendre que lorsqu’ils donnent des ordres, ils attendent que ce soit suivi à la lettre (en l’occurrence au chiffre, mébon)”.
Moi j’ai des doutes, j’ai la sensation qu’on constitue des dossiers. En cas d’écrèmage, ce sera plus facile, on ouvrira les tiroirs, on regardera qui a été dans le colimateur, on tirera à vue.

Je suis sortie du bureau furax. Mon collègue a la colère rentrée, la mienne est expressive, ça compense. Ils attendent des résultats, mais à ce compte-là, ils n’auront sûrement pas ce qu’ils veulent.

Je sais, c’est David et Goliath. Et dans le monde cruel de l’entreprise, ce n’est généralement pas David qui gagne. Mais au moins, qu’il s’exprime et ne se laisse pas faire.
Sensation d’être des enfants qu’on frappe avant de leur parler, parce qu’on est persuadé qu’ils ne peuvent pas comprendre autrement…
Hauts le coeur. Au pluriel.

Comme promis

C’était prévu pour être une grande rando en groupe.
Ca s’est transformé en petite balade en amoureux.
On devait partir la journée entière.
Finalement, d’autres merveilleux projets se sont rajoutés à un fantastique week-end, raccourcissant le temps imparti.
C’était un départ à l’aventure.
C’est resté de l’aventure, mais dans un lieu un peu plus connu.
L’hésitation demeurait sur le moyen de transport
C’est devenu un biathlon moto et marche.
On voulait tout préparer.
On a complètement improvisé.
Et puis franchement, avec ce qu’on a trouvé en plein chemin,* on s’est dit qu’on avait choisi le meilleur endroit!

balade-ax.jpg

*Spéciale dédicace à Leeloolène évidemment!

En vrac et en apparté

-La nuit dernière, je me suis baladée du boulot à un cabinet de médecin, du fin fond de la mer au sommet des montagnes. Le tout en courant derrière une forme d’horloge digne du lapin pressé d’Alice au Pays des Merveilles.

-J’ai rêvé qu’on m’auscultait le dos qui s’émiettait, et je me suis réveillée….le dos en miettes!

-Est-il encore envisageable de se poser des questions sur mon épuisement quand on fait autant de rêves, et surtout de cette qualité?

-Mes collègues ne semblent pas bien comprendre que lorsque je débarque le matin la tête rentrée dans les épaules, un sillage de camphre derrière moi et le visage aussi verrouillé qu’une porte de prison, j’ai de fortes chances d’avoir laissé mon humour au même endroit que mon sommeil: très loin de moi! Tant pis, c’est à leur détriment! (mais bon, quand même, je me déride un peu au fur et à mesure de la matinée, je suis juste un diesel, quoi).

-Comme à chaque fin de semaine, je sature des magouilles du boulot, des messes basses, des guerres internes, des critiques  et plans de batailles contre le grand Yaka (qui certes les mérite bien). Il y a un moment où j’ai une furieuse envie de lever la main, demander à tout le monde de se taire, et retrouver ma belle neutralité suisse (que je n’admire pas toujours hein).

-Bref espoir tout à l’heure en ouvrant la boîte aux lettres et en voyant le cachet de la cour d’Appel: “ouah quelle réactivité, j’ai été mauvaise langue”. En fait non: on me renvoie à un 501ème service pour faire toujours la même demande.

-Sauf que j’ai une furieuse rage de clouer le bec à mon avocate et me sortir de cette situation ubuesque. Autant dire qu’avec cette rage-là, je dors peut-être mal mais je pourrais soulever l’Himalaya.

-En parlant d’Himalaya, ce week-end, c’est montagne! Pas tout à fait comme je l’imaginais au départ, et pas forcément le jour initialement prévu, mais les sommets m’appellent!

Un bon bol d’air pur, recharger les batteries et souffler un grand coup en se disant que la fatigue physique amènera un sommeil digne de ce nom!
Et, j’espère, une ou deux jolies photos pour agrémenter ces pages la semaine prochaine….

Plaisir de lire

Entendu ce soir à la radio, en rentrant chez moi, une phrase qui m’a particulièrement marquée au cours d’une interview:
“Un enfant qui aime lire, c’est un enfant qui se sent bien avec lui-même”.

J’ai un peu buggé. J’aime cette idée, je la trouve plutôt séduisante. Mais en opposition, me sont revenues à l’esprit mes très nombreuses heures, enfermée dans la chambre, à dévorer des pages entières.

Je ne garde pas de mauvais souvenirs des ces moments d’intimité. Je sais par contre qu’il était bien plus mal perçu par mes parents, qui s’inquiétaient de me voir me renfermer sur moi-même, plutôt que d’aller jouer à l’extérieur avec mes petits camarades. Ma mère devait insister pour que je sorte, que je me mêle aux autres. Quand je ne lisais pas, j’écrivais, j’étais dans mon univers.

Irais-je jusqu’à dire que j’étais “bien avec moi-même”? Je ne sais pas trop. J’aimais ce rythme de vie, mais c’était peut-être aussi un moyen de me réfugier, de ne pas affronter l’extérieur.

C’était une phrase lâchée au détour d’une discussion qui n’avait pas grand chose à voir avec l’ensemble de l’interview. Elle mériterait d’être creusée, comme en toute chose, et la modération est de mise, et chaque enfant se développe à sa manière.
Mais je dois avouer que si Miss Blondinette se mettait à se renfermer sur des livres comme je le faisais, la première pensée qu’il me viendrait ne serait peut-être pas qu’elle est “bien avec elle-même”, malgré mon ravissement de la voir s’intéresser à la lecture…