Vous parcourez actuellement les archives du blog Feenix pour le jour suivant : 16.9.2009.
16.9.2009 par Flo.
J’étais partie pour me plaindre de petits soucis de greluche, quand mon Grand Yaka m’a coupé la chique, là comme ça.
Et l’ambiance ici au boulot est franchement descendue d’un ou deux crans, sans qu’on l’ait senti venir.
On va dire que ça faisait un moment que ça commençait à puer. Là en haut à Paris, entre leurs tableaux Excel et leurs moquettes grand luxe, il semblerait qu’ils nous font une petite crise d’autorité. Les chiffres sont mauvais. Les prévisions encore plus. Quel scoop! On peut toujours crier que c’est la crise, ils nous répondent qu’elle commence à en avoir plein le dos, la crise.
On rétorque qu’à force d’avoir des problèmes de rentrées d’argent, on ne paye plus les fournisseurs, on se fait une mauvaise pub, et que les affaires deviennent encore plus dures à rentrer.
On s’entend dire que non, il faut faire du volume, il y a toujours moyen, des gens qui habiteraient sur la planète Mars peut-être, encore que celle-ci devienne un peu trop proche. Qu’à cela ne tienne, partez donc à la conquête de l’univers, c’est assez grand quand même!
N’empêche. On les laissait parler. On se disait que voilà, il fallait bien qu’ils jouent aux chefs. On faisait un peu semblant d’avoir peur de temps en temps, on criait fort aussi. Ca bougeait là haut, quelques séismes, pas forcément négatifs, d’autres plus énervants. On s’étonnait de ne pas trop sentir les répliques en province, mais sans se faire d’illusion, ça allait bien arriver.
C’est arrivé. Sous forme de lettre d’avertissement. Ah, je n’en suis pas passée loin, c’est sûr. Elle est tombée à 20 cm sur ma droite, sur mon collègue. Que j’apprécie, qui est quelqu’un d’ultra consciencieux, attentif, impliqué.
Parce qu’il n’a pas rempli les cases comme il faut. Lui dit-on. A croire qu’à lui seul, il bloque les rentrées d’argent de la société. Lui explique-t-on. Une belle missive d’une page A4, illisible, incompréhensible, charabia. Que j’ai eu la chance de lire, parce que j’ai été mise dans la confidence.
J’ai crié, fort (ils commencent à avoir l’habitude ici). Avant d’envoyer des menaces de cet ordre, on se renseigne sur le qui fait quoi en région. Si les moquetteux de tout en haut avaient fait leur job et regardé les bonnes lignes du tableau Excel adéquat, moi aussi j’aurais eu droit à cette jolie lettre. Alors quoi? Ils ont tiré à la courte paille, pile ou face? Elle ou lui, lui ou elle? Ne pas me faire ce sale coup pour mon premier anniversaire dans la boîte (la bougie est un peu saumâtre à souffler pour le coup).
Le Grand Yaka essaye de s’impliquer, maladroitement “ils veulent faire passer des messages, faire comprendre que lorsqu’ils donnent des ordres, ils attendent que ce soit suivi à la lettre (en l’occurrence au chiffre, mébon)”.
Moi j’ai des doutes, j’ai la sensation qu’on constitue des dossiers. En cas d’écrèmage, ce sera plus facile, on ouvrira les tiroirs, on regardera qui a été dans le colimateur, on tirera à vue.
Je suis sortie du bureau furax. Mon collègue a la colère rentrée, la mienne est expressive, ça compense. Ils attendent des résultats, mais à ce compte-là, ils n’auront sûrement pas ce qu’ils veulent.
Je sais, c’est David et Goliath. Et dans le monde cruel de l’entreprise, ce n’est généralement pas David qui gagne. Mais au moins, qu’il s’exprime et ne se laisse pas faire.
Sensation d’être des enfants qu’on frappe avant de leur parler, parce qu’on est persuadé qu’ils ne peuvent pas comprendre autrement…
Hauts le coeur. Au pluriel.
Posté dans Oui je crie fort, Bugs | 5 commentaires »