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Archive pour septembre 2009

Deep Blue

Lorsque j’ai été interpellée-taggée par Poufpouf et Lili concernant un petit défi photo que je voyais tourner depuis quelques temps sur la blogosphère, et qui nous demandait de révéler ”7 objets bleus autour de nous”, je me suis dit “voilà la galère”.
En gros, ça signifiait déjà techniquement récupérer l’appareil, faire des photos potables, les charger, un petit montage, et puis surtout, avoir un minimum d’inspiration. Une épopée en ce qui me concernait.

Et puis il faut aussi le savoir, le Bleu et moi, c’est un peu une histoire “je t’aime - je t’aime plus”. J’ai été une “blue addict” très jeune. En opposition à toutes les couleurs féminines, j’ai préféré de très loin cette couleur subtile qui me rappelait la mer trop lointaine, la couleur de mon lac, le ciel que je pouvais observer à l’envi…Je n’avais aucune espèce d’originalité, mais c’était l’attraction folle, et ma mère a dû l’endurer. Tout objet, toute demande était bleue: la couleur de ma chambre, mes habits, mes objets.
J’ai insisté très longtemps. Et fini par me lasser.
Sans adopter une autre couleur de référence pour autant. Mais le bleu devenait trop banal, trop classique, même si je n’osais pas me lancer dans une vraie campagne de “couleurs chatoyantes”.

Lorsque j’ai emménagé seule, j’ai essayé d’être originale. La nuance m’a bien rattrapée à deux ou trois coins de l’appartement, mais par petites touches, j’acceptais. Ca m’allait.

On s’est installés en commun avec mon cher et tendre, et en plus de nos vies, on a regroupé nos meubles. Ce n’est pas l’envie qui nous manque de nous acheter de ravissantes choses pour en faire un ensemble cohérent, mais plutôt le budget. Lui n’est clairement pas très bleu. Je ne le suis toujours plus.
Alors hier, au moment où j’ai reçu le défi, je me suis demandé comment j’allais m’en sortir. Par contre je suis forcée d’admettre que Poufpouf a eu raison: “tu verras, on se prend au jeu”. Tellement bien à vrai dire, que j’ai fini par rentrer le soir avec une petite liste très claire des objets que je voulais photographier. Sisi. De l’Himalaya, 7 ne devenait presque pas assez.

Le résultat, le voilà, avec mes excuses pour une mise en page franchement pas très recherchée:

trucs-bleus.jpg

Une barrette et un collier bleu. La barrette parce que je cherche toujours le St Graal pour attacher mes cheveux, et qu’à chaque fois, c’est la déception. Celle-ci n’est toujours pas LA bonne, mais je la trouve jolie, même si je ne la mets pas assez.
Un collier qui m’a été ramené par ma marraine de l’un de ses nombreux voyages: Cambodge, Birmanie, je ne me souviens plus. Mais il fait toujours réagir (et la plupart du temps positivement, heureusement) quand je le porte.

Les carreaux de la salle de bain. Eh oui, nous ne sommes pas propriétaires, et l’originalité n’est pas de mise dans notre appartement. La salle de bain est bleue, globalement. Si ça ne tenait qu’à nous, elle serait de bois et style oriental. Pour notre chez nous futur!

Parce que mon quotidien c’est aussi le boulot, j’ai réalisé que les notes de bleues me suivaient jusque là: l’agrapheuse, le rouleau de scotch. Je me dédouane en claironnant que ce n’est pas moi qui ai choisi cette couleur! Et à côté, le petit classeur, que j’avais acheté il y a fort longtemps, et dans lequel je mets tout ce que je ne sais où ranger dans mon sac: ordonnances, cartes de visite, tickets resto. Agrémenté par mes soins et dans un souci dingue de décoration d’une vignette de pingouin qui a fait craquer Miss Blondinette (mais j’ai perdu les autres, pfff).

J’ai piqué son idée à Lili, et lui en offre donc le copyright: le seul tableau bleu de notre intérieur. Peint par mon père, en cadeau de Noël 2007, sur commande de ma part. C’est la vue depuis la maison de mon oncle en Tunisie. Une vision de rêve qui berce encore mes souvenirs d’enfance.

Et puis bien sûr, c’était impossible de ne pas la placer au centre: la moto de mon cher et tendre. Partenaire de toutes nos balades, nos découvertes, nos virées. Compagne de nos envies, complice de nos projets. Elle n’aurait pas dû rester de cette couleur, mais ce n’est pas grave. Juste pour la mettre au centre de ce petit tableau de mon quotidien, elle méritait de l’être.

Voilà, j’ai fait du zèle. Il y a 8 objets et non pas 7, mais aucun que j’avais envie d’enlever, ce sont des bouts de moi, un peu de mon histoire, et finalement oui, c’était plutôt rigolo.

Je crois que beaucoup ont déjà répondu à ce petit défi. N’empêche, pour ne pas briser la boucle, à moi de le passer à 3 personnes choisies: Chiboum, parce que ce sera peut-être l’occasion pour elle de sortir des photos de vacances, ou alors de contrer le rose de Cro-Mignonne. Zelda, parce que je sais qu’elle me lit, en silence, et que j’aimerais bien la revoir dans ses lieux à elle. Et enfin Leeloolène, qui a sûrement bien des choses en bleu à nous montrer, notamment depuis qu’elle a acheté son macro!
Si l’envie vous en dit, bien sûr!

Essoufflée

Je cours derrière une fatigue que je suis incapable de dissiper.
Fatigue physiologique, certes, que je peine à résoudre. Mais il n’y a pas que ça, parce qu’une fois encore, le corps et l’esprit sont interdépendants.

Ce week-end, en soufflant mon épuisement à mon homme, j’ai exprimé ce que je ressentais. Non pas que j’attendais des solutions de sa part, il n’y a que moi pour en trouver. Mais formuler, partager ou écrire aident à poser les choses. A s’en débarasser l’esprit, et à avancer.

En semaine, je mène une vie de quasi célibataire. J’aime ces moments de liberté, même si je n’imaginais pas que cela pourrait me peser à ce point.
Mais je m’inflige également mille et une contraintes. Pour me libérer le week-end, parce que je ne veux pas entendre parler d’obligations en fin de semaine; j’essaye donc de tout caser en 4 petits jours et demi, et probablement plus que ce que je ne peux assumer, même si déjà beaucoup de tâches sont partagées.
Le sport. Miss Blondinette. Le ménage, le repassage. Les quelques sorties, les rendez-vous par ici ou là. La détente (?), la lecture, l’écriture. Le boulot. Les imprévus. Tout le reste et plus encore.

Le week-end, j’essaye de savourer chaque seconde au maximum. A tel point sans doute que, tendue vers mon envie de profiter, j’oublie de me détendre. Ces 2 jours passent à une vitesse hallucinante, me laissant le dimanche soir l’impression d’irréalité, de frustration, d’envies encore plus grandes.

Je ne m’accorde aucun repos psychologique. Aucune plage de respiration, si ce n’est de brefs instants, fugaces, qui sont aussi vite oubliés et m’empêchent de recharger les batteries. 2 mois à peine après la reprise, je me demande déjà où sont passées mes vacances, je m’interroge sur les suivantes.

Autant l’admettre de suite, ça fait plus d’un an que je cherche ce rythme. Je me disais au début que c’était normal, j’avais des choses à mettre en place, à poser dans mon quotidien. Puis de fil en aiguille, d’autres excuses.
Maintenant qu’un cycle est bouclé, il serait bon que je comprenne. Et que j’agisse.

On ne sait jamais, je peux peut-être faire confiance au pouvoir des écrits, et me dire qu’une fois ceci posé, j’aurai de la place pour trouver des solutions, et retrouver mon souffle. D’autant que de nouvelles choses vont surgir en octobre, me demandant de l’énergie et de la disponibilité.
Ca promet.

Mercredi galère

-Ca commence tôt le matin, la tête dans le sable. Quand je descends avec sac, pull, gamelle, m’installe dans la voiture prêtée par le garage pendant que la mienne reçoit (enfin!) les soins nécessaires pour qu’elle roule à nouveau sans hoquets. Et que je tourne la clé dans le démarreur, que rien ne se passe, si ce n’est un petit clic clic assez peu équivoque et rempli de promesses d’ennuis. Phares restés allumés pendant la nuit, batterie à plat.

-C’est remonter, secouer l’homme en se disant déjà qu’il va falloir trouver une solution et surtout éviter d’arriver trop en retard. La marmotte grommelle que je n’ai qu’à prendre sa voiture, comme tous les autres jours, et qu’il se débrouillera. Même si Miss Blondinette est là et qu’elle aura besoin d’un taxi, il trouvera une solution (il l’a trouvée, je le bénis, il a fallu pousser un peu la voiture, la lancer, mais elle a bien voulu coopérer, plus ou moins. Ouf).

-C’est donc arriver à la bourre. Ne pas avoir envie de travailler. Récupérer tant bien que mal 2 ou 3 situations galères et se dire que la journée va être très longue.

-Ca continue par une commande internet. Qui bugge, et je me retrouve sans savoir si je vais être débitée ou non. Heureusement, le service clientèle est ouvert entre midi et 2 heures. On trouve la solution, je repasse ma carte, cette fois c’est bon. Sauf qu’internet plante avant que je ne puisse imprimer la confirmation de paiement. Et que je n’ai pas reçu de mail de confirmation. Pourquoi j’ai la vague sensation qu’il va être compliqué de récupérer soit mon colis, soit mes 60€? Aller, on va dire que je suis mauvaise langue…

-C’est recevoir un mail de mon avocate, qui joue la langue de bois, le je-m’en-foutisme et l’incompétence. La colère et l’énervement qui montent à nouveau, quand je vois que tout ce qu’on est capable de me réclamer, c’est de mettre la main au porte-monnaie. Une nouvelle démarche qui se profile, une nouvelle bataille, je ne sais combien de coups de fils pour m’assurer que je n’ai pas d’autre alternative. Et je suis certaine d’en avoir une autre!

-C’est finir la journée en rentrant péniblement avec à bout de bras 10 litres de lait et 6 litres d’eau, et les mêmes éléments que le matin. Fouiller le sac devant la porte pour trouver les clés. Sentir monter les picotements assez annonciateurs d’un pressentiment qui ne trompe généralement pas, et avoir raison: le trousseau de clés est bien au chaud à l’intérieur de l’appartement, il y a été déposé ce matin dans l’affolement alors que j’échangeais les clés de voiture. J’ai bien pris la bonne clé de contact, mais oublié de reprendre les clés de maison. Merci à mes amis qui ont la bonne idée d’habiter tout près, d’avoir le trousseau de secours (je me bénis de cette idée), et qui peuvent me sauver d’un aller-retour jusqu’au boulot de mon cher et tendre.

-Rentrer bien plus tard que prévu, épuisement général. Sentir la migraine monter. Se dire qu’on sera bien, très bien au lit….

Chronique d’une noyade administrative

J’ai reçu ce week-end un courrier des plus charmants, de ceux qui donnent le sourire pour un bon nombre de jours et surtout promettent tout un tas de perspectives alléchantes et désopilantes.

Déjà, écrit en Italien, et uniquement dans cette langue. Emanant certes du consulat de ce pays, mais ledit consulat étant situé en France, il me paraîtrait logique, à première vue, qu’on s’adresse aux ressortissants dans les 2 idiomes. Au cas (fort improbable je vous le concède) où le destinataire ne pourrait pas entièrement maîtriser les subtilités du langage de Dante, et vouloir se rassurer et se dire que toutes les démarches demandées sont bien comprises.
Que non. Juste histoire de bien me faire culpabiliser d’avoir refusé de l’apprendre, et sans doute me faire comprendre que je ne dois pas être une bonne citoyenne italienne, ce sera en Italien uniquement. Débrouille-toi cocotte, si tu as besoin d’infos complémentaires, on n’est pas là pour t’aider.

Soit, je suis donc quitte à impliquer mon père que j’aurais volontiers laissé de côté, pour avoir confirmation de la teneur du message.
Qui, en substance, m’explique qu’il ne faut pas envisager une seule seconde et demi qu’une démarche administrative telle que la déclaration d’un nouveau statut social puisse être reconnue d’un coup de baguette. Trop simple, pas du tout rigolo, pas moyen d’enquiquiner suffisamment le prinicpal intéressé, on va quand même vous mettre un ou deux écueils, et pourquoi pas vous couler la tête sous l’eau histoire de voir si vous avez de l’oxygène en réserve.
Me voilà à devoir remplir 2 questionnaires supplémentaires. Ce qui doit faire, depuis 3 ou 4 mois, le 10ème, ou 11ème questionnaire que je remplis pour le consulat italien (souvent à double hein, ils adorent perdre les papiers ou ne pas utiliser le photocopieur ou scan pour se les refiler d’un bureau à l’autre qui doivent être côte à côte).
Et comme je suis une petite maline, mais qu’on ne me laissera pas m’en tirer comme ça, on me fait bien remarquer que j’ai eu la très très mauvaise idée de déménager. Changer de département. Et donc de circonscription diplomatique. C’est mal, très mal, mais qu’à cela ne tienne, charge à moi de me dépatouiller avec le consulat de mon ancienne circonscription, pour obtenir des documents qui s’annoncent d’une simplicité effarante (quand leur titre fait déjà 2 lignes, ça augure des meilleures surprises). Et ledit consulat n’était pas dans mon ancienne ville, nooooon, bieeeeen plus loin, mais ça ils s’en fichent.
J’ai déjà eu des démêlés avec ces gens là-bas: ça s’est soldé par un raccrochage de ma part au nez du responsable de l’un des bureaux; et s’il y a bien un geste que je ne regrette pas et que je suis prête à refaire demain s’il le faut, c’est celui-ci. La teneur de nos échanges avait été assez simple: déjà, il parlait Français comme moi je parle Italien, c’est dire la bonne volonté qu’il y mettait, et il me soutenait fermement et définitivement que si je ne voulais pas me déplacer précisément chez lui, à donc 300 kilomètres de là où j’habitais, pendant les horaires si aisés du lundi au vendredi de 10h à midi et de 14H à 16h (j’exagère à peine), au moment où il paraît inconcevable que d’autres que lui puissent travailler, il fallait que je me rende en Italie même, dans ma commune d’origine (euh, environ 1000 kilomètres de là où j’habitais, donc), pour récupérer ledit papier.
On partait donc sur de très mauvaises bases.

Aujourd’hui, je recommence. Avec quelques petits cadeaux bonus en prime, qui dit qu’il n’y a jamais d’intérêts à payer? Donc dans une moindre mesure, ce qui aurait tendance à me faire rire si mon sens de l’humour envers ces gens-là, leur manière de gérer l’administration, leur pays et leur soi-disant chef de gouvernement n’en avait déjà pas pris un bon coup dans l’aile, on me suggère de façon assez évidente (entre les lignes mais à peine) que je suis menacée de bigamie. Que je n’ai surtout, surtout pas intérêt à vouloir me remarier (ça tombe bieeeeeeeeen, c’était pas dans mes projets de demain, ni d’après-demain, tiens!) parce que sinon ça va chauffer pour mon matricule. Je vous jure, j’ai cherché la ligne suivante me menaçant d’excommunication immédiate envers Sa Sainteté notre Pape. Je crois qu’au stade d’exaspération et d’épuisement que j’ai atteint, si cette ligne avait figuré, j’aurais pris derechef mon billet pour Rome, le Vatican, et serais allée moi-même déchirer mon acte de baptême aux pieds du Saint Père. Ca ne lui aurait rien fait à lui sans doute, mais qu’est-ce que ça m’aurait soulagée!
Passons.

Donc, j’ai des démêlés avec l’administration italienne. A 6 mois du début de mes démarches pour faire renouveler ma carte de séjour française, ça me fait assez moyennement rire. Disons qu’il va falloir que je trouve une issue, sinon ça pourrait devenir délicat (on ne sait jamais, hein, ce n’est pas comme si nous étions également en France dans une période de grande tolérance envers les étrangers, et qu’on leur ouvrait les bras, en leur demandant de gentiment rester sur le territoire pour contribuer à l’économie fleurissante de ce beau pays, et continuer à payer des impôts dont ils s’acquittent déjà généreusement).
Ce que les Italiens ignorent (en rage comme je suis, je le leur mettrais bien sur le dos ça aussi, mais pas moyen, restons juste), c’est que de l’autre côté, les papiers qu’on me demande ne vont pas s’obtenir aussi simplement que si je claquais des doigts.
En résumé, ça donne ça:
A ma droite, les Italiens, leur consulat, leur administration et l’étendue de leur imbécilité
A ma gauche, une avocate, un ex mari, des démarches qui traînent depuis 2 ans, un blocage absolu et l’étendue de leur imbécilité.

Au milieu, je me noie….