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14.10.2009 par Flo.
Comme beaucoup de personnes sans doute, je déteste ce moment charnière où on débarque dans un nouveau groupe sans y connaître personne. Ces premières secondes, minutes de découvertes mutuelles, où il faut surveiller la première impression que l’on offre, et s’efforcer de ne pas juger autrui sur une première impression trop soudaine.
La finalité peut être la plus fabuleuse, la plus alléchante possible, j’ai toujours un fort sentiment de lâcheté à la perspective de cette épreuve, et mon esprit particulièrement retors est capable de trouver les meilleures alternatives pour éviter de se confronter à cette peur profonde.
Aujourd’hui, ça a été la parfaite journée type du style:
-Je savais depuis pratiquement 6 mois que j’avais cette date en attente, ce rendez-vous. J’ai repoussé jusqu’au bout l’étude approfondie de ce qui m’attendait, sous le plus ou moins fallacieux prétexte que j’avais pris ma décision et que je m’y tenais, m’y tiendrais.
-Sans que je puisse l’anticiper, le lieu de rendez-vous a déménagé: bouleversement dans mes projets de trajet, abandonner l’idée du métro, s’efforcer de prendre la voiture, surmonter l’angoisse de se perdre dans une ville que je ne maîtrise encore pas du tout au volant, surtout au centre.
-Malgré une certaine projection, je me retrouve à récupérer un gps en haute voltige à peine la veille, calant ça dans un emploi du temps qui était quand même déjà passablement verrouillé.
-Je ne pense pas à l’allumer pour le tester hier. Et commence à stresser comme une grande ce matin à 8h, me souvenant brusquement qu’il était verrouillé par un code. Dont j’étais forcément incapable de me souvenir, bien entendu. Et je n’apprends qu’à passé 17h (à peine 1 heure avant mon rendez-vous) qu’il me suffit de l’allumer, le code ayant été enlevé. Grand moment de solitude. Et une journée à stresser alors que j’aurais pu régler ce problème bien plus tôt, rien qu’en testant l’appareil, ou en appelant ce matin, plutôt que cet après-midi.
-Je vérifie sur m@ppy. Rentre l’adresse. Pars à l’heure. Jusque là, je suis fière de moi. Sauf qu’après 45 minutes de bouchons cotons en plein centre ville, où je me répète tous les 100 mètres “ce n’est pas possible, c’est pas ça que j’ai vu surle plan”, “ce n’est pas possible, je ne pourrai jamais faire ça deux fois par semaine, non non il n’y a pas d’alternative possible, non non il faut que je renonce, tant pis j’abandonne la formation” (observez là la démarche particulièrement vicieuse de mon subconscient qui cherche à me faire céder à l’angoisse bien plus profonde), je me retrouve devant le but indiqué sur le gps. Qui est faux.
-Téléphone donc en catastrophe à mon amie. Qui décroche, ouf. Qui me donne une autre adresse: celle que j’avais bien consultée initialement sur le plan. Sauf qu’au moment de la rentrer dans le gps, j’ai confondu bernard et bertrand, c’est quand même fou hein. Et j’ai pourtant vérifié 6 fois.
-Re-panique: “non non, tant pis, je n’y vais pas. C’est à 10 minutes mais avec le monde, j’arriverai en retard. Et je ne peux pas arriver en retard la première fois, je me ferai remarquer. Tant pis, je lâche l’affaire, c’est un signe”. Je m’obstine. A ce stade, je le sais bien, ce n’est pas pour moi. Mais parce que j’ai tellement parlé de tout cela autour de moi (pas folle la guêpe, elle prévoit ses arrières, elle se connaît aussi) que je ne peux pas dire “ah ben non, j’ai renoncé, une fois de plus”. Là non, ma fierté ne me l’autorise pas.
Et comme par hasard, je suis arrivée comme une fleur. Et j’ai trouvé une place juste devant, alors que je me suis engagée dans la rue avec ma petite voix railleuse qui braillait “non mais t’as vu le coin glauque??? Et tu vas galérer pour te garer, tu vas y passer 15 minutes, envolées tes 5 miraculeuses minutes d’avance”. Je n’étais de loin pas la dernière, voire même la seconde.
Les impressions? Comme toujours, j’ai repéré mes têtes. Bonnes ou mauvaises. J’ai été enthousiasmée par le programme. Je ne regrette rien, j’ai même hâte de commencer. J’espère que cela me mènera sur la route que j’ai choisie, envie de vivre, d’expérimenter. Je n’en sais rien, je sais juste que c’est un défi. Que le prof me va, j’aime ce qu’il dégage, j’aime sa philosophie, j’aime sa façon de nous mettre à l’aise.
Mais comme je suis une peste, je suis quand même repartie en me disant “purée, mais comment j’ai pu me planter dans le prix??? Sérieux, c’est beaucoup trop cher, je n’y arriverai jamais. L’effort est trop gros. Il faut que j ‘arrête, je ne peux pas me le permettre”.
J’ai fait, tout au long du trajet du retour, des calculs. Oui, ce sera serré. Mais j’espère y arriver. Il y aura les cadeaux de Noël et d’anniversaire inclus, ça le vaudra bien. Et puis je ne peux pas m’arrêter là, de toute façon, c’est impossible.
Je les connais, ces mécanismes d’angoisse profonde. Ca fait une trentaine d’années que je vis avec. Que j’y ai succombé un nombre indécents de fois. La différence aujourd’hui, c’est que je les reconnais. Que j’arrive à les anticiper, à baliser le terrain. Mais n’empêche, c’est épuisant. Et j’aimerais quand même bien trouver le baillon définitif pour la faire taire, cette petite voix….
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