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27.11.2009 par Flo.
Ca bouge beaucoup autour de moi. En bien, d’ailleurs, et j’en suis ravie. Mais il y a comme ça des périodes, plus ou moins longues, où l’on sent beaucoup de forces en action. Des changements majeurs, ou mineurs, mais qui s’annoncent tous en même temps. Un peu comme si quelque chose de figé ne pouvait pas le rester si longtemps, et que forcément, des positions devaient être modifiées. Et selon l’adage du battement d’ailes de papillon, un mouvement en entraîne d’autres.
Ce sont de beaux projets qui m’entourent (peut-être aussi parce que je n’ai pas envie de laisser ici place aux plus négatifs). Ce sont des mariages, des enfants. Des envies, des idées, des élans qui naissent, qui se forment, qui avancent. J’en suis soit témoin, soit actrice, soit spectatrice, et quelle que soit ma position, elle me rend heureuse.
Ma vie n’avait pas non plus été aussi stable depuis fort longtemps. J’ai trouvé un ancrage. Certes, il y a des ajustements à faire. Des petits tracas, des interrogations, mais que serait la vie sans ses questions? Je les aime, ces questionnements, parce que ce sont eux qui me font avancer. Il faut juste que j’apprenne parfois à lâcher les pédales, et laisser rouler le vélo en roues libres. Histoire de savourer le vent sur ma figure, le paysage autour, et cesser de regarder le bitume.
D’où me vient, alors, cette envie de tout envoyer valser? De garder mon essentiel, celui dont je tiens la main depuis un an et demi, et oublier tout le reste? Réinventer, détruire pour reconstruire? D’où viennent ces insatisfactions qui s’exacerbent à chaque tournant? D’où viennent ces envies de tout perdre, lorsque j’ouvre les yeux le matin?
Rebellion adolescente tardive, ou peut-être enfin, un mal-être constructif (sisi, ça doit exister) que je laisse s’exprimer, puisque j’ai trouvé mon ancre quotidienne? Oui, c’est beaucoup en lien avec ma voie professionnelle. Ce n’est pas un scoop, je ne me suis pas réveillée il y a peu, étonnée, en me disant “mon boulot n’est pas fait pour moi, il faut que je bouge”. J’ai commencé à changer il y a presque 2 mois, et c’était déjà le résultat d’une longue évolution intérieure, et d’une bonne dose de courage qu’il m’a fallu réunir.
C’est plus profond, cependant. C’est ce regard hébété que je porte au quotidien sur mes semblables, sur mes lieux, sur mes habitudes. Ces interrogations de ce que je veux accepter, ce que je peux rejeter. Ce que je veux reconstruire. C’est cette idée que j’arrive à un virage (mais qui m’indique que le virage est maintenant, ne sommes-nous pas, après tout, constamment sur une route sinueuse?), que je vais avoir à prendre des décisions qui seront bien plus importantes pour la suite. Qu’il y a des envies chevillées au corps que je ne veux pas perdre. Et d’autres pressions sociales que je voudrais briser.
Hier, mon cher et tendre m’a dit, avec une simplicité effarante “aujourd’hui, j’ai décidé de positiver. J’en ai eu marre de cette pression, de cette mauvaise ambiance au boulot, et j’ai décidé que ce n’était pas mon essentiel, que ça n’avait aucune importance. J’ai préféré me concentrer sur mes petits et grands bonheurs, et prendre du recul”. C’est lui qui a raison. Je sais que nos petits et grands bonheurs (communs ou séparés) sont les preuves quotidiennes que nous sommes sur le bon chemin. Il y a juste certains jours où ces questions et réflexions qui m’assaillent sont plus douloureuses et plus présentes que d’autres. Où je peine plus à lâcher les pédales.
Et puis, quelle est cette voix que je refuse, semble-t-il, d’écouter, pour avoir ainsi mal à l’oreille?
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