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Archive pour 8.12.2009

T’en veux du blogable?

J’ai décidé, moi aussi, de prendre un abonnement hebdomadaire chez le toubib. Sauf que je n’ai pas d’enfants (déjà, ce qui devrait réduire les statistiques), et que non, je n’ai pas la grippe, A, B, C ou D, et que je ne me ferai pas vacciner, mais passons, c’est un autre débat.

Mais comme je suis une fille compliquée (le premier qui dit que c’est un euphémisme sort d’ici sur le champs), et que j’aime surtout me compliquer la vie, j’alourdis un peu la procédure.
En substance, ça se passe comme ça:

-Journée couçi couça, mais c’est lundi, je reste fatiguée malgré le week-end reposant, je ne vois pas de vacances arriver, et les fêtes de fin d’année sont surtout en train de me mettre la pression. Rien de vraiment inhabituel, donc.
-Au moment de partir du travail, je sens la douleur monter, et là plus de doute possible, ça me prend en traître, comme ça, au détour. Je sais ce qui m’attend, c’était la même chose il y a 2 mois, vu la nuit que j’avais passée, pas question d’y replonger, cette fois je ne vais pas m’obstiner. La mort dans l’âme, j’envisage de devoir annuler ma formation pour un rendez-vous chez le toubib.
-C’est sans compter qu’un généraliste par les temps qui courent, c’est un chouilla débordé. Mais la mienne est irréprochable, et accepte de me prendre….tard! La bonne nouvelle, c’est que je peux assiter à une partie de mon cours. La mauvaise, c’est que je sais très bien que je vais devoir aller chercher un médicament juste après mon rendez-vous, et que ça va être la galère. Et pas moyen d’anticiper, ce sera un antibiotique, et donc obligatoirement sur ordonnance.
-J’arrive au rendez-vous pliée en 2. Je patiente une vingtaine de minutes, en observant un petit bonhomme de 3 ans adorable, le nez qui coule, qui réclame une histoire, qui demande quand ce sera son tour, mais qui est sage comme une image. Vu que je sors d’une heure et demi de théorie sur les points d’acupuncture, j’essaye de soulager ma douleur en partie par auto-médication. Ca vaut ce que ça vaut, mais je crois que ça aide. Et puis le point est tellement douloureux qu’il n’y a aucun doute.
-Je ressors de mon rendez-vous ravie: antibiotique, et confirmation que mon otite est toujours bien, bien présente. Oui parce que voyez-vous, je snobe magistralement la grippe, la gastro et toutes ces maladies franchement dépassées, trop communes et banales à mon goût. Moi je fais dans le petit mais furieusement gênant, je fais dans tout ce qui se termine par “-ite” et m’empêche de prendre simplement une aspirine ou du paracétamol pour que ça aille mieux.
-1 seule pharmacie de nuit ouverte pour la 4ème ville de France. Dans toute mon innocence, je me vois y entrer, récupérer mon médicament, ressortir, filer me mettre au chaud, me blottir dans les bras de mon homme, serrer les dents, attendre que ça passe. Evidemment, il n’y a pas de place de parc correcte. J’abdique, finis par me mettre en vrac dans un créneau trop petit pour moi, et enclenche les feux d’alarme. Ce n’est pas pour le temps que ça prendra…
-Eh bien si. Je tourne et vire avant d’appeler la pharmacie pour leur demander de m’indiquer le chemin. Je débarque et me retrouve derrière 20 personnes. Je mets quelques minutes à comprendre la situation, et commence une longue, très très longue heure d’attente, où je me demande toutes les 5 minutes si je pars ou non. Mais non. Je suis arrivée jusqu’ici, ce n’est pas pour m’arrêter maintenant…
-Au fur et à mesure que le temps passe, non seulement je serre les dents parce que la douleur, elle, est toujours là, doublée de l’énervement et de l’épuisement, ce qui fait un joyeux mélange. Je repense à ma voiture, en vrac, et me dis que dans un scénario pas si catastrophe parce que bien réel, je pourrais me retrouver avec une aile avant en vrac, un pv ou une fourrière, et une batterie complètement à plat. Voire les 3 en même temps, puisque ça ne semble pas être ma soirée. Mais je n’ose pas partir pour aller vérifier, je n’ose pas perdre ma place.
-Je constate, même au milieu de ce marasme, qu’il subsiste un minimum de civilité chez ceux qui sont tous embarqués dans la même galère, tous malades, tous là pour la même raison: le pharmacien a beau être débordé, il reste attentif, il prodigue des conseils, il plaisante, il rassure (et je l’admire, oui vraiment, je l’admire, parce que ça ressemble franchement à un concentré de tous les inconvénients d’une profession sans beaucoup de ses avantages). La solidarité joue quand on voit un jeune papa avec un petit bonhomme de 2 ans qui sort de chez SOS médecin juste en face, et vient chercher des médicaments pour l’otite de son fils. Plus d’1 heure de file, c’est ce qui l’attend, et au final il passe devant nous, sur proposition de chacun, parce que le petit est tellement adorable, parce que nous ok, on peut serrer les dents, mais lui, il en bave et il aurait surtout besoin d’aller se coucher.
-Le sésame enfin en main, je sors, je me précipite vers ma voiture. A priori pas d’aile défoncée. Elle démarre au quart de tour, j’en suis tellement surprise que je reste quelques secondes à me demander si c’est bien le moteur que j’entends. Je rentre comme un zombie. Bonne à juste me doucher, me faire réconforter, avaler mon médicament, me coucher. Tant pis pour le délicieux plat préparé avec amour par mon cher et tendre, ce sera pour demain, je n’en profiterais pas suffisamment après tout ça.

J’ai bien dormi, parce que le cauchemar, je l’avais vécu éveillée. Et je sais que la prochaine fois, si l’idée saugrenue me reprenait de retomber malade en soirée, je serais prête à vivre une nuit infernale plutôt que ça. Et puis je n’ai plus besoin de vaccin non plus: avec la concentration de virus qui devaient tournicoter dans la salle d’attente de la pharmacie, si là je ne suis pas immunisée, c’est une cause perdue à tout jamais….

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