Je suis un caractère impulsif. Je suis une exhaltée, j’aime m’enthousiasmer, m’emballer, mais l’inverse est vrai aussi: je suis capable de grosses colères, de gros coups de sang, de grandes insurrections. Si j’ai toujours su exprimer le positif (je crois), j’ai longtemps réfréné le négatif, parce que je ne m’en laissais pas le droit, et que j’étais très canalisée aussi. Par mes parents d’abord, par un compagnon encore plus sanguin que moi ensuite, qui m’a obligée à adopter un profil bas, sachant que si je faisais empirer la situation, plus personne ne pourrait se contrôler, et que l’issue n’était pas acquise.
Et pourtant, parce que je suis pleine de paradoxes, et j’aime la modération. La mesure en toute chose, et curieusement, dans un groupe, je suis d’office celle qui tempère. J’ai bien souvent été considérée (et propulsée) comme médiatrice, sans même que je cherche consciemment ce rôle.
Longtemps, je me suis dit que ce n’était pas possible et qu’il fallait que je fasse un choix. Comment pouvais-je être à la fois cette fille sanguine et d’un autre côté le bâton sur lequel on pouvait s’appuyer?
Je n’ai jamais eu de réponse à cela. J’ai vieilli mûri, découvert que la vie était remplie de contradictions et non des moindres. Je me laisse aller parfois dans mes révoltes, encore, mais je les canalise d’office, parce que j’ai appris aussi que même si cela soulage, des mots utilisés trop vite, des conclusions trop hâtives pouvaient blesser, et surtout qu’un message ne passait jamais dans la colère (même si de temps en temps, j’aimerais bien que les chauffards qui me coupent la route, comme les 2 de l’autre matin, entendent dans quelle rage ils me mettent, plutôt que de passer tout droit, sans un regard et un petit sourire aux lèvres, rhaaaa).
Ca ne marche donc pas à tous les coups. Il suffit que je sois un peu trop fatiguée, ou que réellement le sujet me tienne à coeur, et je laisse parler mes tripes, avec une virulence qui surprend souvent. D’autant que je monte dans l’intensité, mais également vocalement, et je me contrôle très mal. On ne renie pas comme ça ses origines italiennes, même avec la meilleure volonté du monde.
La période actuelle et son cortège de polémiques met mon souhait de modération à rude épreuve. Bien des événements, et de grands débats me font vivement réagir actuellement. Je ne regarde plus la télé, mais j’écoute la radio, je lis des articles. Il se passe rarement un trajet matinal dans ma voiture sans que je ne m’auto-commente les derniers rebondissements.
Et pourtant, je m’efforce de comprendre. Je ne veux pas juger, même si la tentation est grande. Mais j’aimerais savoir. Ce qui pousse les gens à céder à la peur (il s’agit tellement souvent de cela, après tout). Aux mouvements de foule. Aux rejets divers et variés.
Et comme en écho à mes souhaits, je suis tombée sur plusieurs articles parfois longs et fastidieux, mais qui expliquent, exposent, éclaircissent. Je voulais citer 2 références ici, en hommage à la volonté d’aller plus loin, de dépasser la simplification extrême des médias de masse, parce qu’ils permettent aussi de garder confiance, de se dire qu’il y a moyen de ne pas s’arrêter à la facilité.
Celui-ci commence à beaucoup circuler sur le net, à mon grand plaisir parce que oui, je me suis forcée à aller jusqu’au bout, et je le pense bien fait, bien construit. Il ne décidera pas pour nous, il nous donnera tous les arguments, et des éclaircissements. Il est également régulièrement remis à jour, preuve de son sérieux.
Cet homme, interviewé l’autre jour sur France Inter, m’a interpellée par son analyse de l’opinion actuelle sur l’écologie et les dangers climatologiques. J’ai aimé son intervention, parce que j’ai eu l’impression qu’il me faisait passer de l’autre côté du miroir. Il ne reniait rien, il nuançait, du point de vue de sa spécialité assez méconnue, et ça faisait une sacrée différence. J’aurais bien des choses à lire et entendre encore de sa part et de ses collaborateurs, pour me faire une idée plus précise.
Je n’ai encore rien trouvé sur le débat sur l’identité nationale qui se présente comme un splendide exemple de dérapage incontrôlé. Je suis preneuse, si vous avez. Peut-être également que ce sujet m’est encore trop sensible pour que je parvienne à prendre de la distance, mais je reste ouverte.
Je suis en recherche, à l’affût. A l’heure où j’ai tendance à remettre bien des choses en question, j’ai besoin de repartir sur des bases saines. Je réalise à quel point c’est difficile, mais passionnant. Etre libre de faire notre propre opinion, notre propre tri, c’est peut-être ça, être adulte….
17.12.2009 à 21:33
J’ai l’impression que nous avons des choses en commun au point de vue caractère !
C’est drôle, je venais d’ouvrir le courrier de la CPAM avec le bon de vaccination lorsque j’ai lu ton post, et l’article du médecin ! Très complet. Quoiqu’un peu orienté, selon moi.
Je pense me faire vacciner demain. En ce qui me concerne, c’est pour des raisons pratiques : peux pas me permettre d’être h.s. une semaine… Et aussi pour ne pas servir de vecteur à la maladie.
18.12.2009 à 6:11
Les chauffards qui tout en crachant sur le code de la route, t’ignorent superbement, me mettent en rage aussi. J’aurais presqu’envie de leur rentrer dedans

L’article traitant de faut-il ou non se faire vacciner me fait malgré tout encore douter entre oui et non
18.12.2009 à 10:15
Karmara: oui nous avons beaucoup de choses en commun, j’en suis persuadée
Pour l’article, c’est le plus objectif que j’aie trouvé, c’est dire! Je comprends tes raisons. Je m’oppose vivement à ce vaccin, mais peut-être ai-je plus de possibilités que toi de pouvoir tomber malade, même si je n’en ai pas l’intention
Valérie: oui, hein, pour les chauffards! Et pour l’article, le but n’était pas de te donner un avis, justement, mais de te faire le tien en connaissance de cause. Je comprends tes hésitations
18.12.2009 à 21:20
Ça y est : je me suis fait piquer aujourd’hui. Légère douleur au bras, mais pour le reste, tout baigne. Il n’y avait quasiment personne au centre de vaccination. J’y suis restée un quart d’heure en tout. J’ai été piquée par une interne. Elle avait l’air tellement jeune que je lui ai demandé si elle était élève infirmière.
Il y avait un autre médecin, qui m’a posé les questions d’usage, et qui avait l’air total à la ramasse ! Mais vraiment ! On aurait dit qu’il était sous sédatifs. Qd il a proposé à sa collègue de l’aider pour faire les vaccins, j’ai été soulagée qu’elle décline son offre…
19.12.2009 à 12:08
Karmara: je crois malheureusement que beaucoup de “désignés volontaires” pour la vaccination nagent, surtout dans les explications à donner…Tu n’es pas le premier récit de ce type que j’entends.
Heureuse que ce se soit bien passé pour toi, en espérant qu’il n’y aura pas plus d’effets secondaires! Bises