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Archive pour 18.12.2009

Ceci est une sandale!

Y’a des matins comme ça (qui a la chanson dans la tête maintenant?) où la magie de Noël, à force de l’appeler, finit par pointer son nez.
Ca ne commençait pas très bien, à vrai dire. Difficile de se tirer du lit, la tête enfarinée, il fait froid, la fatigue, le pas envie.
Et puis d’un coup, en regardant dehors, de gros flocons qui se mettent à tomber.

Mélange d’excitation et d’appréhension. La neige, c’est toujours aussi beau, ça donne cette ambiance si particulière. Mais la voiture, les routes, le trajet, les souvenirs angoissés de l’année dernière et des glissades le long de la route verglacée. Je me bénis d’avoir 4 pneus tout neufs (le porte monnaie délesté en conséquence, et ce n’est pas fini, au passage ils ne se sont pas privés pour me glisser un beau devis pour des plaquettes et des disques de freins fichus).

Vite vite, s’habiller, s’emmitoufler. Essayer d’avancer sur l’horaire, je sais déjà que je serai en retard. Inquiétude pour mon cher et tendre, qui va devoir passer par de toutes petites routes, moi je prends l’option à rallonge, mais plus sécurisée, des voies passantes, en me disant que j’aurai plus de chances de les voir dégagées. “On s’appelle pour se dire qu’on est bien arrivés?” “On s’appelle”….

Dehors, tout est silencieux. Ce silence particulier et spécifique à la neige, ce silence de magie. Ouaté, tout doux. Les bruits mécaniques sont étouffés, je manque de glisser 3 fois sur 100 mètres (à pied!), mais je ne peux pas m’empêcher de fermer les yeux. Un instant, j’étais dans cette station de mon enfance, les skis au pied, le nez gelé, prête à une fantastique journée. Un instant, et puis retour à la réalité….
Chauffage à fond, prête à tous les dangers, la radio qui marche, je m’engage. Pas de glissade, béni sois le dieu des pneus. Sauf que, ça coince. Pas ma voiture, mais les autres. Bouchon, avancée au ralenti. Très ralenti, je ne passe pas la seconde.

Une heure et quart plus tard, alors que mon heure d’embauche est déjà largement dépassée, j’ai fait 1,5 km! Téléphone, mon homme, je décroche tremblante (”pourquoi il m’appelle? Y’a forcément un problème”) : “je fais demi tour, pas possible d’avancer, ça glisse trop. Je laisse la voiture sur le côté, je rentre à pied”. Damned!
Je peste, je ne vois pas la fin pour moi. Je ne suis même pas engagée sur le périph, la radio annonce un traffic sur- saturé, des accidents de toutes parts! Je déteste céder à la facilité, mais comment faire? Il me reste plus de 16 km à parcourir, dans des conditions qui s’annoncent impossibles. Téléphone aux collègues: “tu fais quoi? - Je suis coincé, je rentre”. Seul mon vaillant binôme, dans sa Land 4×4 des années 80 me répond, fidèle à lui même “Mais j’aimerais avancer!! Pas de risques de glissades pour moi, mais tout est bouché”. Oui, ben justement, c’est mon petit problème aussi…

Là, le petit démon, vous savez, le rouge, à droite au-dessus de la tête, se met en route: “mais tu as une journée de RTT à prendre encore, et puis ton homme est en congé, ce serait pas génial ça?”…”Oui mais le boulot, et puis j’aurais pu en faire autre chose de ce jour de congé, et puis je n’aime pas lâcher l’affaire”, répond le petit gars blanc avec des ailes, à gauche. “Eeeeh oui, mais tu penses arriver à quelle heure? Et ce soir, tu imagines, ça va verglacer, tu vas mettre combien de temps pour rentrer? Ce serait quand même trop bête que tu cartonnes avec des pneus tout neufs!!”

Il a eu raison de moi. J’ai mis une bonne heure pour rentrer. En récupérant mon cher et tendre au passage, qui revenait vaillamment à pied. Ce n’est pas prêt de s’arranger, mais là, maintenant que j’ai pris ma décision, eu l’absolution de mon chef, et que je contemple ma terrasse et le paysage, je suis excitée comme une enfant: tout est blanc, tout est doux! Un week-end prolongé imprévu, une journée de vacances, une journée volée! Jamais je n’imaginais, en m’installant au Sud, avoir tant de neige! Mais je compte bien en profiter, aller me geler le bout du nez, et vous ramener, peut-être, quelques photos, même si ça manque passablement de soleil.
Pour bien commencer quand même, en voici une, instantané de notre retour, et faite à l’instant par mon homme (oui vous êtes en direct!):

sandale.jpg

Que c’est bon de vous écrire, bien au chaud, un café au lait dans une main, le chat ronronnant à côté, et de se dire qu’on a toute la journée pour en profiter à 2, à cocooner…Bon courage à tous les vaillants qui travaillent, vous penserez à moi lundi!

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