Un peu spéciale

Depuis un peu moins d’une vingtaine d’années (quand même), je bataille contre quelques contrariétés physiologiques qui n’ont rien d’exceptionnel mais qui pourrissent quand même facilement le moral.
Je ne suis pas en grave danger, je n’ai aucun diagnostic alarmant, je ne suis “qu’une parmi d’autres”, mais qui, pas de chance, présente quand même, avec le temps, un petit casse-tête pour le corps médical.

Je sors ce jour-même d’une consultation de routine, d’un rendez-vous de contrôle. Après un énième choix arrêté, assumé, et une nouvelle tentative lancée, je me rends au cabinet, plutôt sereine (de façade cependant), et à la classique question du “comment allez-vous”, je ne réponds pas dans un élan enthousiaste, mais je ne m’effondre pas non plus dans mon fauteuil. Ca va, mais c’est pas top. Comme depuis 20 ans. En gros, quand on arrive à faire tenir les murs, le toit se fissure, quand le toit est réparé, on découvre des fuites dans la plomberie, et une fois que ces fuites sont colmatées, nous voilà avec des problèmes de fondation.

Mon toubib ne se départit ni de son calme, ni de son assurance. Procède à l’examen de contrôle, dans lequel je plaçais le très vague espoir de découvrir un petit problème, qui aurait pu être solutionné et qui aurait donné l’explication des inconvénients.
Que nenni. Patiente répondant parfaitement au protocole.

Soit, n’empêche. J’ai quand même des soucis, j’ai beau chercher, je ne trouve pas de solution. Je ne suis pas trop du genre à attendre qu’on me tende le repas sur un plateau, mais en matière de médecine, même avec la meilleure volonté et beaucoup d’auto-information, je peine quand même à tout solutionner par moi-même.
Le doc me tend une ordonnance. Me donne une ou deux suggestion. Me recommande la patience. N’y croit guère, mais ne peut pas mieux faire.
Pendant qu’il rédige, je prends mon courage:
“Mais quand même, rassurez-moi, je ne suis pas si exceptionnelle que ça, je ne dois quand même pas être un cas isolé”.
Petit silence.
“Non, il y a d’autres patients dans votre cas. Mais je dois reconnaître que vu que vous ne supportez quasi rien, vous êtes quand même un peu spéciale….”
Rire gêné. Echange de plaisanteries. Je ne perds pas la façade, mais derrière, une petite partie de moi s’effondre. Je ne lui en veux pas à lui, mais je sens bien que je mets le doigt sur une énigme, que je touche à la sacro-sainte partie de la médecine étiquetée “sans solution” et que tout médecin évite soigneusement.

Deux minutes chrono plus tard, je suis dehors après une franche poignée de mains “Essayez ce qu’on a décidé, patientez, et sauf si ça va vraiment mal, on se revoit dans 6 mois pour faire le point”.
Je me retrouve sous le soleil, désemparée. Alors, c’est ça la médecine moderne? Quand il n’y a rien de grave, quand rien de vital n’est engagé, c’est ainsi qu’on répond aux patientes perdues, parce qu’elles ont l’impression d’avoir à systématiquement choisir entre la peste et le choléra: “vous êtes un peu spéciale”?

Ca fait des années que je cherche une solution. Que je fais des infidélités à tous mes médecins, pour désespérément tenter de trouver la bonne explication. Je cherche la cause, le terrain, et j’essaye de traiter les symptômes. Mais jamais, depuis bien longtemps, je n’ai eu à ce point l’impression d’être totalement incomprise, et surtout, laissée à moi-même…Rien de grave, donc pas de quoi se creuser la tête et discuter plus longtemps…

6 réponses pour “Un peu spéciale”

  1. Anne indique :

    Je te souhaite avant tout de trouver un médecin qui “te” comprenne, quitte à ce qu’il ne comprenne pas, ou pas tout de suite, l’énigme.

    Et j’espère que ça va, quand même ?

    Je t’embrasse

  2. Flo indique :

    *Oui oui Anne, ça va. Un peu éberluée, mais ça fait un moment que je suis sur la touche, et ce n’est pas pire que d’autres fois ;) Je n’en veux pas à mon toubib non plus, je sais que voilà, je n’ai rien d’alarmant et il a sûrement d’autres urgences à traiter, avant ma petite personne.
    Pour l’énigme, il va me falloir de la patience, et puis de la recherche par moi-même, et puis recouper différentes techniques, je pense…Plus qu’à retrousser les manches ;)
    Bises aussi :)

  3. Lili indique :

    Je peux chercher de mon coté si tu veux…….mais j’ai besoin d’en savoir plus.

  4. Valérie de haute Savoie indique :

    Et as-tu chercher sur le net si d’autres personnes avaient les mêmes problèmes et quelles solutions ils préconisaient ?

  5. karmara indique :

    La prochaine fois, tu chanteras “I’m Special” des Pretenders à cette sale bête de médecin. Tu connais ? Chrissie Hynde, l’héroïne de mes jeunes années.
    http://www.youtube.com/watch?v=2djcNjNkoJI

  6. Flo indique :

    *Lili: mail dans la journée, mais je finis par culpabiliser de te solliciter systématiquement sur tout ce qui touche à la santé…Néanmoins, merci de la proposition :)

    *Valérie: oui j’ai cherché un peu, en vain. Je trouve plein de gens “comme moi”, mais de façon fractionnée: ils ne tolérent pas les différents traitements essayés. Mais personne encore qui ait un rejet “global”, comme moi. Après, il faut que j’affine la recherche, je n’ai pas été très loin. Et surtout des solutions “simples”, il y en a, mais ne me conviennent pas. Désolée d’être elliptique, à vrai dire ça parle de problèmes féminins, et par respect pour les quelques rares hommes qui lisent ce blog (et par pudeur), j’évite quand même d’être trop détaillée ;)

    *Karmara: faut que j’écoute ce lien, et que je prépare donc ma prestation pour dans 6 mois :) Là comme ça juste le titre, ça ne me dit rien, mais peut-être que la mélodie, si :)

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