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Archive pour 12.2.2010

Celle que je serai peut-être pas

 Nous buvions tranquillement un capuccino dans cette grande brasserie connue, sur la place principale.

C’est son fils que j’ai remarqué en premier. Ce petit, 4 ans peut-être, à peine plus, qui est arrivé d’une démarche si assurée, qui a choisi la table, enlevé sa veste; il l’a précautionneusement posée sur le dossier, retiré son écharpe et mise à côté de lui, il s’est emparé de la carte, hissé sur la chaise, tranquillement, sagement.
Sa maman était derrière, elle poussait le landeau tout en parlant à un homme plus âgé, son père sans doute, le grand père du petit, je ne voyais pas vraiment qui d’autre, et puis j’étais sûre que c’était une sortie familiale.

Ils se sont installés en face du petit bonhomme, j’ai regardé leur manège, fascinée, la commande de 3 chocolats chauds, le garçonnet qui regardait les images de la carte, en laissant sa mère parler.
Elle, tout en continuant sa discussion, ne le perdait pas de vue, le couvait de ce regard de mère, je la trouvais charmante et lumineuse. Plusieurs fois elle s’est penchée vers son fils pour lui prodiguer des conseils que j’entendais de loin “remets ta veste sur ton dossier, ou donne-la moi plutôt, elle est en train de tomber”. “Tu devrais remonter tes manches, si tu as chaud, et pour éviter de te salir”. Je les devinais tout autant, et je sentais le ton de sa voix posé, sûr, assuré.
A un moment, je ne sais pourquoi ce geste m’a tant marqué, elle a lu la carte avec son enfant, elle lui a désigné quelques images, lui a expliqué ce que c’était, ils ont rigolé ensemble.

Les chocolats sont arrivés, ils ont demandé une paille pour le petit, j’ai admiré sa patience, et sa façon tranquille de faire: il a soufflé sur le liquide d’abord, ensuite avec la cuillère, il a essayé avec la paille, mais forcément il prenait au fond, là où c’est encore tellement chaud. A son âge, il me fallait 2 tasses, l’attention totale de ma mère qui me transférait la moité  de la mixture dans l’autre récipient, pour que cela refroidisse plus vite. Oui définitivement, j’étais une enfant bien exigeante.

Je les ai contemplés de longues minutes encore, et en me levant, en partant, j’ai jeté un oeil dans le landeau, ce tout petit aussi sage que son grand frère, petite fille ou garçon, je n’ai pas déterminé, tout comme je n’ai pas réussi à entendre les prénoms. Dommage, j’aime mettre des noms sur les visages qui sortent ainsi du quotidien.

Aujourd’hui, bien des jours après, je repense à eux. Je pense à cette mère, aimante et patiente, elle avait l’air d’avoir un bon caractère, décidée, volontaire, et pourtant si attentive et investie. Je me répète que je ne sais pas si un jour, je saurais être comme elle….

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En pleine contemplation, elle aussi….

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