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16.2.2010 par Flo.
En plus des araignées, je suis une phobique des étiquettes.
Déjà, je m’interroge sur l’intérêt des fabricants et commerçants de mettre des kilos d’étiquettes sur un seul vêtement. Peu importe sa taille, hein, sur un string de 5cm2, il y a autant de petits papiers qui dépassent que sur un manteau d’hiver, la taille de ces machins étant généralement inversement proportionnelle à celle de l’article acheté.
Depuis que je suis toute petite, je suis très sensible à tout ce qui peut gratter et chatouiller dans des vêtements. J’ai besoin de les oublier quand je les porte, dès que ça me sert un peu, ou glisse, ça me gêne, ça m’énerve. Et je vous assure, pourtant, j’ai fait des progrès.
C’est ainsi que j’ai banni très tôt de ma garde robe tous les collants (au grand dam de ma mère qui n’a jamais réussi à me faire porter de jupes ou de robes), tout ce qui était en laine, et jusqu’à tard tout ce qui était à col roulé, tout ce qui était souliers pas très confortables. Même si je mettais un nouveau pull qui ne touchait pas la peau, je devais virer toute étiquette potentiellement froufroutante, gênante, grattante, j’en passe et des meilleures. Oui, je sais, je suis une gaie luronne dans la vie.
Au-delà de la pub et la composition, certains des petits bouts de papier sont quand même utiles, et expliquent par exemple qu’il ne faut surtout pas repasser cet article (ce que je constate, donc, juste après avoir posé le fer à repasser dessus), ou alors qu’il vaut mieux laver à 30, conclusion que je tire par moi-même après que mon pull ait perdu la moitié de sa taille, et la totalité de sa couleur. Mais j’ai fini par piger ou avoir un peu de pif, et anticiper ce genre de souci.
L’autre jour, donc, sur un coup de tête, j’ai acheté une paire de jeans. Dans un grand magasin, à un prix défiant toute concurrence, et d’une qualité qui défie tout le reste aussi, mais passons, on ne peut pas tout avoir.
Rentrée chez moi, la première chose que j’ai faite, c’est de prendre ma paire de ciseaux et de rageusement débarasser ma trouvaille de toutes les guirlandes qui s’y accrochaient. En priant, comme chaque fois que j’opère de cette manière, pour ne pas trouer le tissu (c’est officiel, je ne serai jamais chirurgienne). Par le passé, j’ai d’ailleurs également sacrifié sur l’autel de ma phobie quelques petites pièces fort mignonnes et trop délicates, qui ont succombé à un dérapage incontrôlé de ma main maladroite. Et comme je ne suis pas conturière, il m’a fallu me résigner. Bref.
Toute heureuse donc, je vire mes étiquettes. Et le lendemain, je teste mon nouveau pantalon. Et me rends, accompagnée de mon cher et tendre, dans la fameuse grande surface, lieu de mon achat.
A peine passé le portillon d’entrée, ça bippe. Je me fige, regarde le vigile de l’air que j’ai forcément lorsque je suis prise en faute: paniquée mais “c’est pas moi m’sieur, je ne suis pas une voleuse”. Reviens à pas prudents vers lui.
-Vous avez des achats sur vous madame?
-Euh non…J’ai les mains vides, rien dans les poches.
-Rien de nouveau sur vous?
-Ben…si, les pantalons, qui viennent précisément de votre magasin
-Ah, vous avez dû oublier l’étiquette!
-Moi, oublier une étiquette? Alors là, vous ne me connaissez pas! (et derrière, mon amoureux qui approuve vigoureusement, l’air goguenard)
-Vous êtes sûre que vous avez tout enlevé?
-M’enfiiiiinnnn, je déteste tellement ça!!
-Même la grosse étiquette épaisse, ou alors qui représente une paire de ciseaux, où est inscrit en gros et gras “enlever avant de porter”?
-….m’enfinnnnnn….Vous en mettez tellement sur vos vêtements!
-Vous vous souvenez l’avoir coupée?
-……
C’est ainsi que je me suis retrouvée dans un couloir sombre, une paire de ciseaux à la main, à couper la seule étiquette qui m’avait échappée et qu’il ne fallait justement pas oublier.
Je vais devenir encore plus phobique et maniaque de ces choses, je vous le jure!
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