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23.2.2010 par Flo.
Je n’aime pas trop aller dans le sens des idées générales, de ces grandes remarques qu’on lance avec emphase devant la machine à café ou à la caisse du supermarché: “non mais vous vous rendez compte? A force d’en parler, voilà tout ce qu’ils gagnent, des gens qui font des réserves de guerre, c’est une honte ma bonne dame”, mais de temps en temps, enfoncer une porte ouverte, c’est quasi inévitable, n’en déplaise à M. de la Palisse.
Donc oui, un peu trop souvent à mon goût, nos chers médias supposément informatifs décident de faire la pluie et le beau temps, et parviennent à créer des psychoses qui dépassent le bon sens. On a eu droit à un joli entraînement avant les fêtes, avec un bon tour de chauffe des politiciens qui avaient passé des contrats juteux avec de grands groupes pharmaceutiques. Aujourd’hui, ce sont les groupes pétroliers qui sonnent à nos portes.
Je n’entrerai pas dans la polémique de base, du pourquoi, du comment, de la validation ou non des comportements des salariés de la rafinerie de Dunkerque. Je n’ai pas les tenants et les aboutissants de l’affaire, je constate simplement que comme tout pékin moyen habitant l’hexagone, je subis de plein fouet le battement d’aile du papillon.
Donc, vendredi dernier, quand ma radio du matin a commencé à expliquer que ça chauffait là-bas dans le Nord, que ça concernait la pompe à essence et que ça risquait de tourner au vinaigre, j’ai tendu l’oreille. Pas franchement parce que je me sentais très en phase avec les revendications (ni que je les rejetais, encore une fois, je ne connais pas assez bien l’affaire), mais parce que j’ai réagi comme toute bipède égocentrée: je voyais ma jauge à essence descendre, on arrivait en fin de mois, j’avais à peu près épuisé ma réserve de kilomètres, à quelques tours de roues près, et il allait falloir de toute façon que je passe bientôt à la pompe.
Sauf que pour des raisons de budget personnel et de fierté parfois mal placée, il me paraît totalement hallucinant de me précipiter dans une station quand j’entends que potentiellement-éventuellement-peut-être on serait supposément-susceptibles d’arriver à un tout petit manque de carburant d’ici un bon nombre de jours.
Donc, j’ai laissé passer le week-end, pendant lequel j’ai totalement déconnecté des infos. Pas trop de radio, pas du tout de télé, un petit tour de temps en temps sur la toile, rien de plus.
Hier, reprise de la semaine, radio allumée de bon matin, chaîne d’info. Rebelotte, avec un discours un peu plus catastrophiste. Plus que tendre l’oreille, là je fronce les sourcils. Parce que j’ai une relative confiance en ma radio, et je me dis que si eux commencent à insister sur le sujet, je n’ose imaginer les images et les discours de la télévision à heure de grande écoute: “bientôt la ville et le pays seront paralysés, bientôt on sera tous obligés de prendre le vélo, c’est la catastrophe, l’économie qui (re)vacille. ”
(Je vous en prie, dites-moi que j’ai tort, parce que je n’ai pas du tout envie d’allumer le poste pour vérifier moi-même.)
Bon, là, ça commençait à chauffer. Mon voyant de jauge est depuis longtemps décédé de sa belle mort, mais je sais combien de kilomètres je peux me permettre de faire sans trop chatouiller la panne d’essence. Et je m’en rapprochais. Sauf que pas moyen dans la journée d’aller faire le plein. Qu’à cela ne tienne, j’avais de quoi tenir jusqu’au soir. Ce que j’ai fait, en conduisant cool, en passant les vitesses en douceur (qui dans la salle ose dire que ce n’est pas toujours le cas?).
Hier soir, donc, 21H30, heure de retour au foyer. Je passe devant une station sur le chemin. Je vérifie toujours les prix au passage, et ceux-là me convenaient, tant mieux. Hâte d’être rentrée, mais je prends le temps de m’arrêter. Armée de ma carte bleue, je sors de la voiture, constate que l’appareil est désespérément éteint, capte le regard d’un pauvre automobiliste un peu perdu devant sa propre pompe, et je n’ai pas besoin qu’on me fasse un dessin: il n’y a pas eu de livraison, c’est à sec.
Là, ça commence à me chauffer. Je rentre de fort mauvaise humeur, parce que j’ai la vague sensation de commencer à jouer le dindon de la farce, et qu’en plus le lendemain, je suis bonne pour partir plus tôt, faire un beau détour et prier pour ne pas partir à la chasse à l’essence, vu que j’ai un peu autre chose à faire de ma matinée.
Ce matin, donc, je passe sans illusion devant la station en bas de chez moi: toujours en rade et à sec, sauf que je vois du coin de l’oeil qu’en plus, les prix ont augmenté, et pas qu’un peu (qui d’ailleurs peut m’expliquer l’intérêt d’afficher des prix sur un article qui n’est pas en rayon? M’enfin bon). Quelques kilomètres plus loin, devant un grand centre commercial, c’est un peu la cohue: sur les 10 pompes, 5 sont fermées. Et tout le monde semble avoir décidé qu’il fallait faire la queue…Moi aussi, d’ailleurs, parce que là je n’ai plus le choix. Même pas sûre d’arriver au travail sans être en rade!
C’est ainsi qu’il m’a fallu une bonne demi-heure pour faire le plein de ma pépette! D’un carburant que j’ai payé les yeux de la tête (encore plus cher que les prix affichés dans l’autre station)! Ironie de la chose, c’était au moment où à la radio passaient quelques témoignages sur le même sujet “ooooh non, moi je ne suis à la pompe que parce que je pars en vacances et qu’il faut que je fasse le plein ” “sisi, ben oui j’ai bien entendu ce qu’on disait aux infos, alors je suis venue, par précaution, parce que j’ai encore de l’essence hein, mais j’ai peur”.
Oui madame, bravo. C’est comme ça qu’on fait flamber les prix. Comme ça que les personnes qui ont vraiment besoin d’essence (vous avez le droit de dire “qui sont assez stupides pour attendre d’être au bout de leur réserve pour se décider à faire le plein”, j’assume à 100%), se retrouvent à arriver au boulot avec une demi-heure de retard, parce que ce matin à la station, sans doute la moitié des automobilistes se servaient pour de mauvaises raisons (quand on voit un Espace faire un plein pour 20 €, on se doute que sa jauge n’était pas vide), et que d’autres étaient un peu pris en otage par la psychose engendrée par des médias qui ont parfaitement réussi leur coup!
Franchement: a-t-on vraiment besoin à ce point-là de toujours se torturer l’esprit et de s’inventer des catastrophes à venir? Que faut-il pour faire appel au minimum de sens commun de tout un chacun??
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