Chronophagie

Je ne sais pas, c’est un terme à la mode, et puis je trouve qu’il me correspond bien ces temps-ci.

Je me débats dans mon planing. Je ne suis ni la première, ni la dernière me direz-vous, mais comme ici c’est chez moi, eh bien je décide de ce dont je vais me plaindre, et vous en subissez les conséquences. Mes sincères et plates excuses.

Donc oui, je me laisse bouffer. Et pourtant je ne suis pas maman. Ni ministre. Ni présidente, ni rien. Qu’est-ce que ça serait sinon.
Il s’avère simplement que je suis dans une période bilan. Bilans même, au pluriel.
Sur ma vie professionnelle et le tournant que je veux lui donner (ça, ça fait un moment que ça dure)
Sur les projets et les priorités que je veux mettre en place (conséquence de la phrase précédente)
Sur mes manques personnels également (professionnels forcément, puisque j’essaye de changer les choses)

Comme souvent dans la vie, les opportunités arrivent par grappes. Par trains ou wagons entiers comme ça, paf. On traverse de longs longs déserts, dans lesquels on désespère de pouvoir faire bouger un seul petit cactus. Et quand arrive l’oasis, d’un coup, c’est le tremblement de terre. Des choses inimaginables peu de temps avant nous tombent dessus, et le pire, c’est que ça nous paraît tout à fait cohérent, logique, faisable. Donc on saisit l’opportunité, parce qu’on le sait tous, quand ça se présente, il ne faut pas laisser passer. On ne sait jamais si (et quand) ça pourrait revenir.

Fin 2009, début 2010, j’ai donc saisi des opportunités. Une, essentiellement: celle de me former dans ce qui m’intéressait, d’enfin concrètement me décider, oser, me lancer. Moyennant une coquette et substantielle somme (soit, bon, le jeu en valait la chandelle et je pouvais plus ou moins le tenter), mais aussi le sacrifice de 2 soirées par semaine. Ce qui, au moment de l’inscription, ne me posait guère de souci: cher et tendre travaillait de soirée toute la semaine, j’avais donc largement de quoi remplir mon planing pas trop chargé (à l’époque).

Entre temps, eh bien beaucoup de choses ont changé: cher et tendre est passé de journée (et même plus encore mais c’est un autre débat), nous offrant enfin des soirées ensemble, une « vraie » vie de couple (je mets cela entre guillemets, cette définition étant aussi variable que le nombre de couples sur cette planète, je le sais bien), et les finances deviennent un tout petit peu plus aléatoires. Rien de grave, mais de quoi faire attention en tout cas pendant un petit moment.
En attendant, je ne regrette pas un seul instant mon choix, ma décision. Mes envies n’ont pas changé, j’ai même mis en plein dans le mille sur cette formation, et je suis ravie.
J’ai quand même hâte d’être au mois de Juin, date de fin, et de retrouver une certaine liberté de toutes mes soirées, afin de pouvoir mieux les répartir. Mais je ne me fais pas plus d’illusions non plus: après cette formation, d’autres obligations surviendront, ce n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Je reste donc sur ma faim. Sur le temps que j’offre à mon couple (et à la vie familiale, je n’oublie pas Miss Blondinette), parce que mon boulot m’épuise, et ne me laisse pas suffisamment d’opportunités de rtt et de vacances partagées, mais aussi beaucoup sur le fait que mes amis, là au milieu, peinent à se retrouver au centre de mon quotidien. Enfin, au centre avec tout le reste.

Voilà donc le problème posé: comment offrir une attention, et du temps égal à: une reconversion professionnelle, un couple heureux et harmonieux, une petite fille de 6 ans, et des amis qui n’ont jamais fait défaut?
Sachant qu’une journée fait 24 heures, une semaine 7 jours, un mois entre 28 et 31, une année 365, et moi là au milieu, ça me fait trop de mathématiques et je suis perdue!

Je le prends sur le ton de la plaisanterie, mais la question reste grave. Luc parle merveilleusement bien des notions de priorités, du temps, de la motivation. Je vous invite à lire ses articles, qui font particulièrement écho en moi actuellement.
Les recettes, je les ai: trouver et définir mes impératifs, comment aussi mieux équilibrer mon planing (souvent, de bien petites choses -je vous interdis de dire bloguer!!- nous font perdre un temps dont on a peu conscience) et consacrer plus de temps à mes essentiels.
J’ai la recette, donc, et les ustensils. Mais j’ai beau goûter, pour l’instant, ma soupe a franchement un goût amer et il y manque un sacré nombre d’ingrédients!!

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5 réponses à Chronophagie

  1. Anne dit :

    En gros, t’es en train de nous dire que tu vis une vie d’humaine, quoi ? 😀

    Oui hein ?

    Bon ben vivement juin, pour souffler un peu. Et puis profite des bons moments, et du plaisir de faire ce que tu voulais, de voir ton homme le soir, etc !

  2. Flo dit :

    *Anne: oui oui, et comme tout humaine, j’aaaaaime râler, et je le fais publiquement en plus!
    Vivement Juin, peut-être mais je ne me leurre pas, à ce moment il y aura d’autres choses, c’est justement une réflexion de fond qu’il faudrait que j’arrive à mettre un peu mieux en place 🙂

  3. Leeloolène dit :

    Ah lalalalalalala !! Jamais contentes ces nanas !!!
    Enfin, c’est bien ça qui nous fait avancer et nous empêche de nous enfermer dans un quotidien morne et monotone !

    Profite de l’instant surtout 😉 et pas de celui qui pourrait arriver si… ou si… mais si…

    (mais bon… j’ai encore l’impression que là-dessus on se rejoint… donc je ne vais pas te faire de leçons de morale)

  4. Luc dit :

    Tu sais il n’y a pas de miracles, et comme tu le dis les journées ne font que 24 h, et 1h + 1h ça fait deux heures, quoiqu’on y fasse.

    Si j’étais coach 😉 je te demanderais de définir le plus concrètement possible ce que tu veux. En clair, définir ton objectif. En encore plus clair c’est dire « je veux consacrer N heures par semaine/mois à faire ceci ou cela ».

    En faisant ça, tu poses le problème concrètement, et une fois dans le concret tu peux commencer à voir où ça coince et comment tu peux faire pour décoincer.

    Je ne sais pas si ça va t’aider, mais c’est un bon début de bilan.

    Bon courage… et merci pour le compliment 😉

  5. Flo dit :

    *Leeloolène: oui tu as raison. Mais toi, tu as de très très bonnes raisons d’être dépassée par le temps, de courir derrière la moindre minute. Moi, avec mon boulot plan plan du lundi au vendredi de 8H à 17H30, c’est un peu moins logique 😉

    *Luc: je suis nulle en maths, c’est donc compliqué à la base pour moi 😉 Et oui, tu as raison, il faut mettre ça sur papier, le regarder et comprendre. Il n’y a sans doute que comme ça que les choses peuvent changer. Merci à toi 🙂

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