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30.3.2010 par Flo.
Je dois bien me faire une raison, et laisser à Leeloolène l’art délicat de la narration des petits et grands événéments, et à Karmara le soin de se délecter des jolis jeux de mots pour décrire ces instants magiques tous ensemble (non on ne te met pas la pression, on attend juste avec impatience!)
C’est ça, le partage des tâches, on a eu beau réfléchir à des blogs et billets croisés, nous avons nos spécialités respectives, et moi la mienne, bien humblement, ce sont mes petits cailloux.
Alors oui, de façon à peine plus structurée, ce week-end c’était:
*Une rencontre de blogueuses, qui pour certaines ne se connaissaient pas autrement que virtuellement. Mais à nouveau le même émerveillement de la spontanéité, la reconnaissance immédiate, l’impression de se connaître depuis bien longtemps, la satisfaction de pouvoir enfin vivre ce que l’on se promettait: un thé partagé, une balade en commun, des récits et des soirées qui s’étirent et qu’on ne voudrait jamais arrêter, des histoires à n’en plus finir, des précisions sur tant de sujets soulevés par écrit.
*La découverte d’une région, faille spatio-temporelle dans laquelle le temps semble suspendu et pourtant passe trop vite. L’envie d’arpenter les sentiers, connaître les moindres recoins à chaque saison, s’imprégner de la paix, de la tranquillité du village et des environs, admirer les sommets, écouter les souvenirs de ceux qui y vivent, ou de celles qui y ont passé des moments inoubliables
*Des rires à n’en plus finir pour beaucoup de maladresses et énormément de blagues. Une complicité qui se tisse entre petits et grands, l’aventure qui revient au grand galop dès qu’il s’agit de traverser un tout petit ruisseau transformé en rivière impétueuse (”mais je vous promets, en été il n’y a rien qui coule, c’est un filet d’eau”….). Ahem, on reviendra vérifier…
*Une guide de ballade qui nous jure à chaque virage que c’est le dernier de la pente, et au 4ème passé, on commence à flairer l’arnaque. Dès le premier quart d’heure de marche, l’arrivée était prévue pour les quasi 20 minutes suivantes. C’est ainsi que nous avons gambadé pour notre plus grand bonheur de 11 heures du matin à passé 17 heures. Avec des pauses (et non des moindres, des pauses de luxe messieurs-dames) certes, mais on en a conclu que le quart d’heure ariégeois était potentiellement bien plus long que dans le reste de la France.
*Des petites filles qui se transforment en baroudeuses aventurières, tout en restant princesses s’inventant des histoires. A cet âge-là, elles savent tout faire en même temps: parler, marcher, mettre les pieds dans l’eau, rire et pleurer. Et ce ne sont pas elles qui sont fatiguées à l’arrivée!
Et au final, ce sont des départs trop rapides, et des échanges mails dans lesquels nous faisons déjà la liste des choses à ne pas oublier pour la prochaine occasion:
-Les incontournables oeufs qui seront sans doute Le private joke de ces 2 jours (merci mon cher et tendre)
-De la crème solaire
-Des bonbons à la menthe et du jambon blanc (pas forcément ensemble)
-Encore plus de foie gras, plus de pain, mais tout autant de rouge
-Un sac un peu mieux fait
-Un gâteau au chocolat autrement que virtuel (forcément, sans oeufs…)
Mais surtout, surtout du temps, encore plus de temps, et pas d’horaire d’été, je vous en prie!
Et pour lui faire honneur, merci à Leeloolène à qui j’ai pris toutes ces jolies photos…(et merci pour tout le reste aussi, bien entendu!)
Posté dans Manie des listes, Petits plaisirs & petits bonheurs, renaissance | 6 commentaires »
29.3.2010 par Flo.
(Preum’s les filles!!)
Il y a eu des oeufs oubliés, mais des crêpes quand même, une fondue pas ratée et des coups de soleil, du foie gras et une bouteille de vin rouge au milieu de l’herbe.
Il y a eu des petites montées et des promesses d’arrivée toutes les 20 minutes , des litres de thé et des lamas, des torrents bien plus impétueux que prévus, des chaussures mouillées et des chaussettes laissées derrière.
Il y a encore des centaines de photos, des yeux brillants et des étoiles dans la tête, des envies d’y retourner et des pas envie de partir, un train attrapé avec de l’avance, des sandwiches et des magrets de canards oubliés, mais les promesses de remanger tout cela ensemble, à d’autres occasions.
Il y a des petites filles qui ont gambadé comme des cabris, des grandes filles qui ont parlé comme des blogueuses, un homme qui a supporté toutes ces figures féminines avec honneur et courage.
Et tant de choses à raconter que nous sommes 3 à savoir écrire plein de choses, sauf le bonheur en barre que nous avons ressenti, tous ensemble ce week-end.
N’empêche, dès qu’on aura trouvé un angle, et du temps (je crois pouvoir parler au nom du groupe), il n’est pas impossible que vous trouviez un peu de tout cela chez Leeloolène, Karmara et ici même.
Et comme je ne suis vraiment, vraiment pas sympa, je ne peux même pas vous mettre une petite photo pour vous faire envie, mais vous en aurez des tonnes très vite pour être jaloux!
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25.3.2010 par Flo.
Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de la procrastination.
Non mais vraiment!!
Je ne l’aurais pas entendu ce matin sur une radio nationale sérieuse (et qui fait des vagues très amusante depuis lundi avec notre bon ministre de l’immigration), je ne l’aurais pas cru.
N’empêche, ça semble être vrai, on n’est pas un 1er Avril.
Du coup, je m’y engouffre: le billet prévu, vous l’aurez demain!! (ou pas, parce qu’au vu du programme de fous demain, si en plus je dois bosser au bureau- ce qui serait un comble je vous l’assure- il est peu probable que j’aie le temps d’écrire).
Parce que je suis gentille, je vous mets un autre lien vers la définition de ce mot barbare. Il commence à être connu, ceux qui iront lire, c’est ceux qui ne pratiquent pas, et là, mes respects!
Posté dans Petits riens | 3 commentaires »
24.3.2010 par Flo.
*Je suis à peu près passée sous un rouleau compresseur hier, j’ai eu l’impression d’être un jouet dans les mains d’un immense géant, ça a craqué de partout, et me voilà complètement retournée
*Il a dû me débloquer le dos entier, mais maintenant ce sont les sinus et les oreilles qui prennent leur tour. Vous pensez que ça peut avoir un rapport???
*J’aimerais qu’on m’explique comment fonctionne la médecine de nos jours: les seuls résultats que j’obtiens viennent de thérapeutes non remboursés par la Sécu! Les médicaments qu’on me prescrit et qui doivent coûter une petite fortune ne servent à rien, si ce n’est à me rendre à moitié groggy, et en 2 ordonnances et 2 rendez-vous, sans compter le prix des consultations, j’en ai pour plus de 100€ de médicaments qui eux, vont être efficaces et doivent être pris, mais que je peux quand même difficilement m’offrir. J’aurais bien la tentation de renvoyer à la Sécu mes boîtes de pilules inefficaces et non utilisées, ainsi que de les prévenir que je ne creuserai pas plus le trou avec une radio des cervicales désormais inutile, en échange de quoi ils prendraient en charge ce dont j’ai besoin, mais je doute qu’ils acceptent. Ca m’éneeeeeeeeerve!
*Naissance aujourd’hui d’un petit bout d’une amie proche. Beaucoup de bonheur à eux….Je suis fan de son grand frère (et je crois que c’est respectif), j’espère que le courant passera tout aussi bien avec ce nouveau petit bonhomme!
*C’est le printemps, son cortège d’annonces de mariages, grossesses, naissances, franchement il y a des incontournables qu’on retrouve chaque année. Ca m’étonne cependant chaque fois autant!
*Un splendide week-end en perspective, 3 bloggeuses, un homme solitaire et courageux, 3 petites pépettes dont Miss Blondinette! Ca va être formidable, ça va être trop rapide, ça va être fantastique! Et comme on est des gens organisés, on en est à peu près à 35 mails rien que pour la liste des courses. Vi je vous dis, ce n’est plus de l’organisation, c’est de la rage!
*Hier, journée somptueuse de soleil, de chaleur, de goût printanier, une journée volée comme ça, avec mon cher et tendre, mon Amie qui est venue pour un déjeuner improvisé, le goût du bonheur tient à si peu de choses
*Super Frérot devient un homme, j’ai appris aujourd’hui qu’il a enfin trouvé un appartement et emménage avec sa chérie. Ouhhh, je prends un coup de vieux, et je n’ose imaginer mes parents!
Et la vie coule, douce, comme un fleuve…impétueux!
Oui on a un excellent zoom, mais il n’était pas très farouche non plus!
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22.3.2010 par Flo.
Je n’ai pas déserté, je ne suis même pas en vacances, ce qui serait une parfaite bonne excuse pour ne pas écrire.
Je suis juste toute cassée, Quasimodo sans la bosse, une méchante attaque des cervicales qui redescend douloureusement dans tout le bras.
Ca ne m’empêche pas de travailler (dommaaaaage), ça m’empêche néanmoins d’être à l’aise avec un clavier, en position assise, et d’avoir des mouvements fluides.
Du coup, la motivation fond avec l’énergie, je suis bien plus attirée par le sushi canapé que la rédaction.
Demain, je vais me faire tordre, manipuler, tout ça pour la bonne cause (toujours meilleure que la cortisone promise par ma toubib au cas où les anti-inflammatoires ne feraient pas effet -ce qui est le cas). Je n’ai franchement pas du tout envie de jouer au pantin pendant 1 heure, mais c’est dans mon intérêt, si je veux être en forme pour le week-end alléchant qui se profile, et surtout si je veux récupérer un rythme décent, cesser de comater quotidiennement et récupérer une mobilité envolée depuis bien trop longtemps.
En attendant, je réfléchis à 1 ou 2 billets, je vous laisse avec une jolie photo retouchée, et je reviens au plus vite!
Non, il n’a pas reneigé. C’est juste que je cherchais un joli paysage, et que je n’ai pas pu m’empêcher…Jusqu’à ce que je me décide à photographier les bourgeons et les premiers arbres en fleurs qui donnent un délicieux goût printanier à la région…
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17.3.2010 par Flo.
Cette idée de billet, renouvelable et répétable à souhait, m’est venue parce qu’en quelques jours d’intervalle, j’ai eu de petits flashs qui m’ont rappelé des souvenirs d’enfance. Et j’ai essayé de renouveler l’exercice pour les 5 sens.
Ceux-ci ne sont que de petits détails, parmi les premiers qui me viennent à l’esprit, mais si je m’interrogeais demain, dans 1 mois ou dans 1 an, d’autres ressurgiraient encore…Et pourquoi pas en refaire une note.
Ou alors, à votre tour?
Le goût
Il y a cette tourte cuisinée ce week-end, de la pâte en trop, et le brusque souvenir, si présent, des gestes de ma mère: aplatir les quelques centimètres carrés restant, au plus fin, sortir le pot de confiture, en déposer une petite cuillère au milieu, replier en chausson, passer au four, laisser dorer. Caraméliser, car la confiture débordait très légèrement.
Nous nous battions, mon frère et moi, pour en manger le plus possible, de ce tout petit chausson fait à la va vite. Les jours de chance, lorsqu’il restait bien assez de pâte, nous en avions un chacun, mais c’était rare.
Je me souviens de ce tout petit dessert, bien plus délicieux que toutes les grandes compositions servies. Et ce week-end, j’ai retrouvé les gestes de ma mère, j’ai confectionné ce petit chausson, je l’ai laissé griller au four, je l’ai servi à mon homme et à Miss Blondinette. Fière d’avoir retrouvé, et perpétué la tradition. Je n’ai pas voulu le goûter, non, car en les regardant le savourer, j’avais encore dans la bouche, le goût de la confiture brûlante que nous ne voulions pas laisser refroidir, tant nous avions hâte de la manger.
L’odorat
Le dimanche midi, après le repas, mes parents faisaient le café, dans la vieille cafetière italienne qu’ils ont toujours. “Tu vois, tu mets de l’eau jusqu’à la vis, ensuite le filtre et le café, tu ne tasses pas trop. La plaque doit être chaude, tu surveilles bien, au moment où ça siffle, tu enlèves, vite, sinon ça crame le café, tout est bon à jeter”.
Peu à peu, l’appartement embaumait de cette odeur incroyable. Et s’élevait le chant de la cafetière.
Mon père se mettait au salon, devant la fenêtre qu’il ouvrait (même en hiver, les dimanches où le soleil perçait et qu’il faisait doux). La tasse fumante à côté de lui, il allumait sa pipe, et je savais que c’était le moment de repos, de tranquilité. Il lisait le journal, le visage exposé aux rayons du soleil, ce tableau est encore présent à mes yeux, dans une immense douceur, et je humais l’odeur du tabac, mélange boisé et caramélisé.
Cette odeur, je la retrouvais lorsque j’avais la chance d’aller le voir au travail, dans son bureau. A peine sortie de l’ascenseur, je sentais le plastique et la moquette des bureaux, et en avançant dans le couloir, l’odeur de la pipe prenait peu à peu le dessus; je savais que mon père était là, avant même de le voir. Il avait terminé son repas en fumant, et laissé derrière lui sa marque, sa trace.
Aujourd’hui, il a arrêté de fumer, mais en croisant cet homme dans sa voiture, la pipe à la bouche, j’ai eu une bouffée de nostalgie. Le vrai parfum de mon père, c’était son tabac…
La vue
Montagnes enneigées ou vertes et brunes se reflétant sur le lac. Aujourd’hui, en fermant les yeux, en cherchant un lieu ressource, un lieu de paix et d’harmonie, lorsque je dois faire redescendre les battements de mon coeur, lorsque je dois me détendre, lorsque je dois m’apaiser, c’est ce tableau qui se dessine à moi, celui que j’avais chaque matin en me levant, en ouvrant mes stores: le lac miroitant, argenté ou bleu turquoise, les Alpes au fond, dans la brume ou se découpant comme de la dentelle sur l’horizon. Le soir, au crépuscule, les petites lumières des villes d’en face s’allumaient une à une, et nous voyions les guirlandes des bateaux qui se promenaient sur l’étendue aquatique.
J’ai cessé de lutter: mes fonds d’écran sont des sommets montagneux, qu’ils soient de chez moi ou d’ailleurs. Mon apaisement se trouve en altitude. Et comme depuis ma tendre enfance, ces 2 lieux sont indissociables, je trouve dans l’eau autant de quiétude et de bonheur…
L’ouïe
Du printemps à l’automne en extérieur, l’hiver en intérieur, et le bruit des balles dans la raquette, contre les murs, dans les filets. Ces “ploc” que nous entendions avant d’arriver au club, les points égrénés sur les différents cours, quelques applaudissements ou commentaires évoqués à haute voix sur un coup gagnant, un cri de frustration lorsque la balle ne se pose pas là où elle veut.
A peine ai-je su marcher que j’ai eu dans mes mains une raquette de tennis, en plastique. Au grand désespoir de mon père, et malgré ses tentatives répétées, je n’ai pas eu le sens de la compétition, ni l’envie de m’acharner dans ce sport. Mais retourner au club, c’était signifier l’arrivée du printemps, de la chaleur. On ressortait les shorts, les petites jupes, la chaleur du soleil sur notre peau, la sueur après une partie. Tous les week-ends, nous y faisions au moins un passage, je regardais mon père jouer, j’étais fière de le sentir respecté, admiré par tous les autres joueurs, j’étais “fille de…”. Je fermais les yeux, derrière les grillages, au bruit que faisait la balle, je pouvais savoir si c’était lui qui frappait (léger soin métallique d’une balle frottée en douceur et dans la finesse) ou son adversaire (son plus mat, plus brut, plus en force).
Tintements des verres au bar, discussions discrètes et chuchotées, baskets frottées ou tapées pour retirer la terre ocre qui collait, autant de sons qui ont bercé les week-end de mon enfance, mon adolescence, et que je me plais à retrouver de temps en temps, lorsque j’y retourne.
Le toucher
Sable sur ma peau, brûlure sous mes pieds. Sable trop fin qui s’insère partout, dans les habits, dans les draps du lit pour la sieste, et puis vite, courir très vite jusqu’au sol en pierre, il est midi, le soleil surchauffe, impossible de poser les pieds à plat.
Tempête de sable, vent de terre, qui fouette, hurle aux oreilles et laisse des traces rouges sur la peau, se recroqueviller, ne pas tenir à plat ventre, renoncer, abandonner, fermer les yeux fort.
Plage de sable blanc en Tunisie, plus gris dans le sud de la France, petite je voulais construire des chateaux, mais sans mettre les mains dans le sable, et jamais mes parents n’ont pu me remettre des vêtements à même la peau alors que j’avais encore du sable, et du sel marin. Ca grattait trop, ça chatouillait.
Laisser couler des rivières entre les doigts, s’enterrer vivant et tousser d’avaler trop de poussière, se rouler sur la plage pour se sécher.
Sable fin ou granuleux qui a bercé les vacances d’enfance d’une petite fille si chanceuse…
Posté dans Petits plaisirs & petits bonheurs, Il était une fois... | 7 commentaires »
15.3.2010 par Flo.
Devant les demandes répétées de mes lecteurs - commentateurs du dernier billet, non, je n’ai pas pu aller directement prendre un bain / lire un bouquin / me coucher (cocher la bonne case - ou pas).
C’est que ce week-end, nous avions Miss Blondinette. Et que vendredi soir, eh bien c’était sa soirée d’école (oui oui, vous lisez bien, je ne sais par quelle bizarrerie étrange, son école à elle fait ça en plein mois de mars, je ne me l’explique pas).
Nous étions donc conviés à ce grand rassemblement de bambins surexcités pour assister aux spectacles divers et variés, répétés depuis la rentrée de Noël, ainsi qu’à l’immense loto qui avait pour but de renflouer les caisses du CLAE.
Il faut dire que sur le renflouement des caisses, ils sont très forts: 8€ les 3 cartons de loto, des lots qui ne sortent pas de l’ordinaire (mais il y a pire). Chaque parent d’élève était invité à amener un plat, salé ou sucré, pour le buffet de la soirée. Sauf qu’il ne suffisait pas d’arriver avec son gâteau, le poser et se servir, non non. Il fallait ensuite passer à la caisse, acheter un carnet de tickets, et aller payer sa consommation. Ce qui revient à dire que si on n’y prend pas garde, on finit par payer le gateau au chocolat (taboulé / salade de riz / cake au citron - vous comprenez le principe) qu’on a passé l’après-midi à cuisiner.
Oui, vraiment très forts.
Qu’importe. Miss Blondinette comptait sur nous (et nous sur elle), sa maman ne pouvait pas être présente, nous étions les dignes représentants familiaux, un peu perdus au milieu de tous ces parents d’élèves qui se reconnaissaient, se tapaient sur l’épaule et prenaient des nouvelles de la famille, grands parents et oncles éloignés. C’est là qu’on constate qu’on peut très vite se sentir socialement isolés, quand on ne suit pas quotidiennement les péripéties scolaires de son bambin, et qu’on ne sait pas très bien qui est qui, papa d’Arthur ou maman de Sophia.
Bref.
Miss Blondinette étant encore en maternelle, ils avaient heureusement prévu de la faire passer (elle et la vingtaine d’autres petits du même âge) plutôt en début de soirée. Il valait mieux, ils étaient sur le point de mettre le feu aux rideaux.
En début de soirée, ça signifiait quand même: une fois la salle archi-bondée, les déguisements partis en vrille parce que la première chose que font les enfants quand ils se retrouvent, c’est se sauter dessus comme s’ils ne s’étaient pas quittés 2 heures plus tôt, et jouer à trape-trape en cercles concentrés tout autour de la salle (très très grande la salle, très très grande), le tout en hurlant. Ce qui signifie: refaire la coiffure quatre fois en urgence avant la montée sur scène (j’ai zappé les cours de coiffage de poupées petite, je suis nulle même pour une queue de cheval, j’avais donc délégué la chose à la maman, qui avait compris le problème et lui avait fort heureusement composé une mini tresse serrée et résistante, louée soit-elle), remettre le maquillage qui a coulé, redressé le pull, enlever-remettre-enlever la veste, éviter la grosse tache de chocolat sur le t-shirt blanc, gronder pour la forme parce qu’avant de passer sur scène, il serait bon de ne pas s’essuyer la bouche pleine de rouge à lèvres sur ledit t-shirt (là c’était déjà fichu).
Ensuite, il y a eu une première partie de loto, histoire de chauffer tout le monde. Pendant ce temps, les professeurs et assistants maternels regroupaient les stars surexcitées à l’arrière de la salle. Pas de bol, cette partie a duré longtemps, coquin de sort, le quine s’est fait attendre, le double quine aussi, et le carton a dû être départagé, forcément, entre 3 gagnants qui ont hurlé en même temps. Donc nouveau tirage au sort…et immense compassion pour les encadrants qui ne devaient pas avoir assez de bras pour retenir les petites furies.
Enfin est venu l’instant tant attendu par tous les parents: montée sur scène, foule d’adultes à l’avant, au point que si le public ne se lève pas, plus personne ne voit rien, flashs qui crépitent, bambins qui font coucou de la main, ne savent pas où se placer, vont, viennent, il y a ceux qui sont impressionnés, ceux qui se sentent comme des poissons dans l’eau, ceux qui remettent un chapeau qui tombe, d’autres qui n’osent pas s’avancer (devinez où est Miss Blondinette), chacun se cherche du regard, où est papa, où est maman, où est mon fils, voilà ma fille. Musique saturée, ébranlement hésitant, éclats de rire, gestes dans le vide, 5 minutes avec une sono qui grésille, et arrêt aussi brusque que le début.
Point.
Fini.
La star redescend surexcitée de la scène, nous concède un baiser de félicitations, reprend ses cerlces de trape trape, et nous, on reste en se disant que quand même, il faut bien rentabiliser un minimum le prix des cartons de loto, essayer d’être sociables, payer et goûter 3 des 15 quiches amenées sur le buffet, laisser la possibilité à la demoiselle de passer du temps avec ses camarades.
3 heures. Oui, Messieurs-Dames, je suis fière de vous annoncer que nous avons tenu 3 heures. Malgré une journée épuisante, malgré une douleur au bras qui m’empêchait de trouver une position confortable. 3 heures de cris, applaudissements, hurlements, Miss Blondinette a participé au loto des maternelles, elle a remporté un quine, une petite voiture télécommandée (siiiiiiiii, devinez qui était la plus ravie? Mais elle a adoré aussi), nous n’avons rien gagné, pas même les cours de piano. On a à peine mangé, on a souri, on s’est émus, on distinguait déjà, chez les petits et grands qui montaient sur scène, les futures stars, les pas du tout à l’aise.
3 heures, au point qu’en revenant dans la voiture, j’ai coupé la radio, tant je voulais le silence.
3 heures parce que mine de rien et malgré un récit vitriolé, on était fiers de partager ces moments avec elle, d’être ses principaux fans, et de l’applaudir, l’encourager. 3 heures pendant lesquelles on a brièvement touché du doigt ce qu’est la vie scolaire du point de vue adultes.
Nos souvenirs à nous remontaient à l’époque où nous étions sur scène, où c’étaient nos parents qui nous faisaient coucou, où nous étions fiers comme des paons, et nous réalisons aujourd’hui ce qu’ils ont enduré pour nous applaudir et nous faire plaisir…
Posté dans Mots d'enfant, Petits plaisirs & petits bonheurs, Il était une fois... | 7 commentaires »
12.3.2010 par Flo.
Voilà.
La “bonne” nouvelle, c’est que c’est le week-end, et que ça ne pourra donc qu’être mieux!
…
Quand j’aurai dormi!
Posté dans Oui je crie fort | 5 commentaires »
10.3.2010 par Flo.
En 2003, je suis arrivée dans le Sud, celui qu’on attendait, qu’on espérait, qu’on appelait de nos voeux; j’y suis arrivée en quittant un boulot franchement pas génial à Paris, mais qui avait au moins l’avantage de m’occuper et tout à fait accessoirement (c’est un euphémisme) de me ramener un salaire. Pas mirobolant, loin de là, j’ai connu les joies du Smic, mais c’était quelque chose de fixe, régulier, mensuel.
Dans le Sud, à Montpellier pour ne pas la nommer, je suivais mon mari, qui avait enfin obtenu une mutation dans sa région d’origine. Le déménagement a été aussi soudain que l’administration sait le faire: au mois de Juin, téléphone pour nous annoncer que Août nous verrait arriver à Montpellier. On a négocié un tout petit mois de battement, mais après, c’était “tu prends ou tu te tais, et surtout tu n’auras plus rien”.
On a pris.
On avait un peu de famille là-bas, lui en fait, et pas en très bon terme. Il a fallu à l’arrache essayer de trouver un appart, un garde meubles, ça a été épique, on en rirait si on était encore ensemble, si tout le reste s’était mieux passé: arrivés sur place sans rien, hôtel 1ère classe pour les 2 premières nuits, visiter des taudis et des horreurs à des prix indescriptibles, puis enfin tomber sur une opportunité, un petit 25m2, ça nous a fait tout drôle après le HLM de cité parisienne de 75m2. On s’est adaptés.
J’avais droit aux Assedics, j’étais mariée, je suivais mon conjoint en mutation professionnelle, l’un des rares cas de démission qui ouvrent droit aux indemnités. Une fois posés avec une adresse, quelques meubles et un peu de courage, j’ai donc entrepris mes démarches d’inscription, mais surtout de recherche d’emploi.
Je me retrouvais dans une région totalement inconnue, pas de réseau social, un plan de carrière franchement aléatoire. Un CV pas évident à défendre (des études à l’étranger, une équivalence difficile à expliquer, un manque d’expérience que je compensais par de très bonnes études, mais en France, si on ne sort pas d’une grande école, ça vaut des cacahuètes et demi).
J’ai profité un peu de ces vacances forcées. Pour me (re)poser, faire le point, bilan de compétence, travail d’un projet, le parcours évident d’une recherche d’emploi classique.
Puis le temps a commencé à devenir long. Pas d’amis, des difficultés à se faire des relations. Et surtout, mon caractère qui faisait que je voulais travailler, occuper mes journées, j’avais besoin de mon salaire, j’avais besoin de me sentir utile, j’avais besoin de travailler.
Ne trouvant rien dans l’immédiat, j’ai accepté l’offre d’un poste à temps partiel en restauration, dans le petit village au bord de la Méditerranée où nous habitions (celui de toutes les chansons, celui qui désigne le bord de mer dans la région). C’était à 5 minutes à pied de chez nous, et surtout ça m’occupait. Et puis c’était une bonne expérience. Pas un travail de restauration trop touristique, une petite table d’hôtes plutôt intimiste, un patron haut en couleurs (et en largeur), une clientèle raffinée, j’y ai appris le goût du poisson, sa découpe, j’ai découvert les huîtres, le plaisir de la bonne chair, et des aliments frais et simples.
Je n’ai jamais aussi bien gagné ma vie: je touchais mon indemnisation, et oui j’ose le dire, j’étais payée à 80% au black pour le travail que je faisais. Ca faisait du bien, du beurre dans les épinards, on en avait bien besoin, et j’estimais que je pouvais en profiter un peu, ce n’était serait pas éternel, je n’en avais pas l’intention.
Mais ça a duré, beaucoup trop à mon goût. En parallèle, je continuais plus ou moins intensivement mes recherches d’emploi. Epluchage de petites annonces, candidatures spontanées. Mon CV intéressait, j’étais régulièrement convoquée à des entretiens - j’ai dû en passer une trentaine en 2 ans environ. Assez exceptionnel, j’en étais consciente.
Et pourtant à chaque fois, la réponse était la même: “oh vous avez un parcours peu banal, vous êtes bien intéressante, et vos prétentions salariales modestes (moi j’aurais dit bradées mais bon), on a vraiment hésité, mais non désolés, on a retenu un autre candidat”.
Je ne comprenais pas. Je me remettais en question, j’ai refait des dizaines de fois mon CV, mes lettres, travaillé, bûché mes entretiens, répété, lu, interrogé, en vain.
Un jour, lors d’un énième entretien avec un directeur d’une petite boutique qui offrait un poste plutôt intéressant, la question a été posée de façon plus directe: “et vous envisagez d’avoir des enfants”?
Je n’ai pas été surprise en réalité, parce que je savais que ça faisait partie des points d’achopement. Une question aussi directe était rare, mais la finalité toujours évidente.
Je n’en avais pas, et je n’avais pas l’intention d’en avoir. C’était clair, pas sans avoir un travail, et même, je ne suis pas du genre à signer un contrat et me mettre en arrêt maternité. Ce n’était pas en projet dans un avenir proche, ni même plus lointain.
Il a dû voir que je tiquais un peu à la question si directe, parce qu’il s’est excusé. Je lui ai répondu honnêtement, à savoir “non et ce n’est pas prévu”. On a terminé l’entretien, il est revenu dessus en m’expliquant qu’il ne me retiendrait pas, à cause de ça. Nous étions dans une relation de franchise, je l’ai bien senti, et je lui ai dit ma déception, lui expliquant que pourtant, je n’essayais pas de me vendre, et que ma réponse avait été parfaitement sincère.
“Je vous crois Madame. Mais vous comprenez, sur votre CV, on voit que vous êtes mariée, vous êtes à un âge où il est plus que normal de vouloir des enfants. Moi, je dois former quelqu’un, j’ai besoin de pouvoir m’appuyer dessus, et je ne peux pas me permettre de devoir chercher une remplaçante même dans 2 ans, pour un congé maternité. D’ailleurs je suis peut-être trop direct et ça pourrait m’être préjudiciable, mais je pense que vous devez avoir des difficultés à trouver un emploi, et je pense que c’est à cause de ça”.
Nous y étions. J’avais ma réponse à ces nombreux entretiens passés, et ces multiples réponses négatives. Dire que j’ai songé à falsifier mon CV, je peux l’avouer aujourd’hui. Moi qui ai toujours détesté le mensonge, je n’ai pas pu m’y résoudre (j’aurais peut-être dû, je l’ignore encore). Je ne pouvais pas non plus prétendre avoir déjà des enfants. Il n’y avait pas d’issue, si ce n’est bétonner mon argumentaire, mais je savais bien que mon statut faisait peur, et en toute objectivité, je comprenais les raisons de refus, elles me révoltaient, mais je me mettais à la place de ces chefs d’entreprise et du risque qu’ils prenaient, et je concevais qu’avec la concurrence qu’il y avait sur le marché de l’emploi, ils puissent privilégier sur ce simple critère une femme soit déjà maman, soit de loin pas encore maman….
J’ai fini par trouver du boulot, 2 longues années plus tard. Dans un grand groupe international, chez Petites Voitures, qui ne m’a pas demandé si j’allais être maman ou pas, et qui s’en contre-fichait. J’ai été d’une gratitude envers eux qu’ils n’ont certainement pas dû mesurer…
Cette note est une forme de contribution à la journée de la femme, mais comme je ne fais jamais les choses de façon conventionnelle, je la publie avec 2 jours de retard. Honnêtement, je ne suis pas certaine d’être attachée à cette fête si souvent détournée, raillée, moquée. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me souvenir qu’à mon tout petit niveau, j’avais également été victime d’une des nombreuses discriminations que des centaines de femmes doivent affronter chaque jour, notamment dans le monde professionnel. Ce billet n’a pas pour vocation de polémiquer. Juste de témoigner. Et de dire à toutes celles qui sont dans la situation que j’ai vécue, que je les comprends, et les soutiens. A défaut de trouver une solution, car je n’en ai toujours pas, malheureusement….
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9.3.2010 par Flo.
J’avais bien l’idée d’une note, ou alors quelques ronchonneries dans un coin à sortir, mais la fatigue et la flemme l’emportent.
Il y a eu ici, comme le dit si bien la météo, un nouvel “épisode neigeux”. Pas aussi sévère qu’à Perpignan où les pauvres ont eu droit à une redéfinition des giboulée de mars, mais pas mal quand même.
Au risque de me faire bannir de tous les blogs, moi j’aime. Je me régale encore de la neige, du froid, j’accueillerai le printemps avec plaisir, mais en attendant, j’apprécie cette saison jusqu’au bout, et ça fait bien longtemps que je n’ai pas eu à ce point l’impression d’en profiter, même en restant beaucoup trop loin des pistes de ski.
Je sais que vous préfèreriez voir des petites fleurs, mais je ne peux m’empêcher de vous faire partager les belles photos que mon amoureux m’a faites, sur commande, me sachant désespérée d’être coincée derrière un bureau alors que je n’avais qu’une envie, aller courir les champs.
Il y avait le ciel bleu, la neige brillante, le froid vif et coupant.
En direct donc, et rien que pour vous, la tronche de “l’épisode neigeux”, et après cette coupure pub, promis, je reviens avec de l’un peu plus consistant…
Je concède à tous les râleurs que ok, un 9 mars dans le Sud Ouest, on est en droit d’attendre autre chose que ça….
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