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15.3.2010 par Flo.
Devant les demandes répétées de mes lecteurs - commentateurs du dernier billet, non, je n’ai pas pu aller directement prendre un bain / lire un bouquin / me coucher (cocher la bonne case - ou pas).
C’est que ce week-end, nous avions Miss Blondinette. Et que vendredi soir, eh bien c’était sa soirée d’école (oui oui, vous lisez bien, je ne sais par quelle bizarrerie étrange, son école à elle fait ça en plein mois de mars, je ne me l’explique pas).
Nous étions donc conviés à ce grand rassemblement de bambins surexcités pour assister aux spectacles divers et variés, répétés depuis la rentrée de Noël, ainsi qu’à l’immense loto qui avait pour but de renflouer les caisses du CLAE.
Il faut dire que sur le renflouement des caisses, ils sont très forts: 8€ les 3 cartons de loto, des lots qui ne sortent pas de l’ordinaire (mais il y a pire). Chaque parent d’élève était invité à amener un plat, salé ou sucré, pour le buffet de la soirée. Sauf qu’il ne suffisait pas d’arriver avec son gâteau, le poser et se servir, non non. Il fallait ensuite passer à la caisse, acheter un carnet de tickets, et aller payer sa consommation. Ce qui revient à dire que si on n’y prend pas garde, on finit par payer le gateau au chocolat (taboulé / salade de riz / cake au citron - vous comprenez le principe) qu’on a passé l’après-midi à cuisiner.
Oui, vraiment très forts.
Qu’importe. Miss Blondinette comptait sur nous (et nous sur elle), sa maman ne pouvait pas être présente, nous étions les dignes représentants familiaux, un peu perdus au milieu de tous ces parents d’élèves qui se reconnaissaient, se tapaient sur l’épaule et prenaient des nouvelles de la famille, grands parents et oncles éloignés. C’est là qu’on constate qu’on peut très vite se sentir socialement isolés, quand on ne suit pas quotidiennement les péripéties scolaires de son bambin, et qu’on ne sait pas très bien qui est qui, papa d’Arthur ou maman de Sophia.
Bref.
Miss Blondinette étant encore en maternelle, ils avaient heureusement prévu de la faire passer (elle et la vingtaine d’autres petits du même âge) plutôt en début de soirée. Il valait mieux, ils étaient sur le point de mettre le feu aux rideaux.
En début de soirée, ça signifiait quand même: une fois la salle archi-bondée, les déguisements partis en vrille parce que la première chose que font les enfants quand ils se retrouvent, c’est se sauter dessus comme s’ils ne s’étaient pas quittés 2 heures plus tôt, et jouer à trape-trape en cercles concentrés tout autour de la salle (très très grande la salle, très très grande), le tout en hurlant. Ce qui signifie: refaire la coiffure quatre fois en urgence avant la montée sur scène (j’ai zappé les cours de coiffage de poupées petite, je suis nulle même pour une queue de cheval, j’avais donc délégué la chose à la maman, qui avait compris le problème et lui avait fort heureusement composé une mini tresse serrée et résistante, louée soit-elle), remettre le maquillage qui a coulé, redressé le pull, enlever-remettre-enlever la veste, éviter la grosse tache de chocolat sur le t-shirt blanc, gronder pour la forme parce qu’avant de passer sur scène, il serait bon de ne pas s’essuyer la bouche pleine de rouge à lèvres sur ledit t-shirt (là c’était déjà fichu).
Ensuite, il y a eu une première partie de loto, histoire de chauffer tout le monde. Pendant ce temps, les professeurs et assistants maternels regroupaient les stars surexcitées à l’arrière de la salle. Pas de bol, cette partie a duré longtemps, coquin de sort, le quine s’est fait attendre, le double quine aussi, et le carton a dû être départagé, forcément, entre 3 gagnants qui ont hurlé en même temps. Donc nouveau tirage au sort…et immense compassion pour les encadrants qui ne devaient pas avoir assez de bras pour retenir les petites furies.
Enfin est venu l’instant tant attendu par tous les parents: montée sur scène, foule d’adultes à l’avant, au point que si le public ne se lève pas, plus personne ne voit rien, flashs qui crépitent, bambins qui font coucou de la main, ne savent pas où se placer, vont, viennent, il y a ceux qui sont impressionnés, ceux qui se sentent comme des poissons dans l’eau, ceux qui remettent un chapeau qui tombe, d’autres qui n’osent pas s’avancer (devinez où est Miss Blondinette), chacun se cherche du regard, où est papa, où est maman, où est mon fils, voilà ma fille. Musique saturée, ébranlement hésitant, éclats de rire, gestes dans le vide, 5 minutes avec une sono qui grésille, et arrêt aussi brusque que le début.
Point.
Fini.
La star redescend surexcitée de la scène, nous concède un baiser de félicitations, reprend ses cerlces de trape trape, et nous, on reste en se disant que quand même, il faut bien rentabiliser un minimum le prix des cartons de loto, essayer d’être sociables, payer et goûter 3 des 15 quiches amenées sur le buffet, laisser la possibilité à la demoiselle de passer du temps avec ses camarades.
3 heures. Oui, Messieurs-Dames, je suis fière de vous annoncer que nous avons tenu 3 heures. Malgré une journée épuisante, malgré une douleur au bras qui m’empêchait de trouver une position confortable. 3 heures de cris, applaudissements, hurlements, Miss Blondinette a participé au loto des maternelles, elle a remporté un quine, une petite voiture télécommandée (siiiiiiiii, devinez qui était la plus ravie? Mais elle a adoré aussi), nous n’avons rien gagné, pas même les cours de piano. On a à peine mangé, on a souri, on s’est émus, on distinguait déjà, chez les petits et grands qui montaient sur scène, les futures stars, les pas du tout à l’aise.
3 heures, au point qu’en revenant dans la voiture, j’ai coupé la radio, tant je voulais le silence.
3 heures parce que mine de rien et malgré un récit vitriolé, on était fiers de partager ces moments avec elle, d’être ses principaux fans, et de l’applaudir, l’encourager. 3 heures pendant lesquelles on a brièvement touché du doigt ce qu’est la vie scolaire du point de vue adultes.
Nos souvenirs à nous remontaient à l’époque où nous étions sur scène, où c’étaient nos parents qui nous faisaient coucou, où nous étions fiers comme des paons, et nous réalisons aujourd’hui ce qu’ils ont enduré pour nous applaudir et nous faire plaisir…
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