Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog Feenix pour le jour suivant : 6.5.2010.

mai 2010
L Ma Me J V S D
« avr   juin »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Archive pour 6.5.2010

Le bonheur salarial

Hier, j’ai reçu la première newsletter de Luc, qui s’interrogeait (et nous interrogeait en même temps) notamment sur le moral ambiant dans les entreprises, autres que petites pme familiales et solidaires.

Est-ce que la morosité ambiante est vraiment aussi répandue qu’il y paraît, est-ce qu’on n’a pas tendance à se laisser envahir par des images négatives et les filtres qu’on nous offre, au risque de noircir tout le tableau sans laisser de place à un minimum d’optimisme?

Je vais lui répondre, et puis j’en profite ici, non pas pour pleurnicher une énième fois sur mon sort, qui n’est pas plus déplorable que bien d’autres salariés à l’heure actuelle. Simplement parce que j’ai reçu ce matin, en écho à ces interrogations, une petite image qui m’a beaucoup faire rire et que je voulais vous offrir. Et comme un hasard n’en est jamais vraiment un, je me suis dit que c’était à point nommé, et que j’allais partager.
Je pense que tous ceux qui travaillent dans des sociétés de service sauront s’y retrouver. En l’occurrence, j’ai l’impression que le dessinateur (dont j’ignore tout, ce qui m’empêche d’indiquer les crédits) est venu faire une immersion de 24 heures dans nos locaux (il n’en faut pas plus pour saisir la panique et la désorganisation générales) avant de réaliser un compte rendu qui vaut mieux qu’un document de 100 pages.

inwi.jpg

Le jeu actuel, dans notre entreprise (et, je le crains, un peu partout), c’est celui de la patate chaude. On récolte inévitablement des ennuis, dûs à notre désorganisation, manque de motivation, manque de main d’oeuvre, et ensuite, la chaîne s’enclenche: le technicien refile le bébé au chargé de projet, qui le refile au commercial, qui évite que ça tombe dans les mains du directeur, mais quand ça lui arrive inévitablement dessus, ça redescend chaînon après chaînon, passe par le sous-traitant, revient sur les administratifs et fournisseurs, et recommence en cercles infinis. Ca se solde soit par une solution bancale qui tiendra le temps qu’on range le dossier, mais pas qu’il prenne la poussière, ou par la perte du client.

Voilà dans quoi je me débats (moi, et toute l’équipe, et tous les autres qui ont ma compassion la plus totale) depuis de nombreux mois. Autant en rire.
Alors oui, Luc, je pense que malheureusement tu as raison: le gouffre entre les valeurs humaines, les obligations financières, de rentabilité et de rendement, la perte de satisfaction de son propre rôle, est devenu tel que la morosité ne peut que se transformer en dépression profonde. Et si j’avais la solution pour sortir de ce genre de schéma, je serais probablement déjà ailleurs, et je n’aurais probablement pas le temps de bloguer.

Pour moi, ma propre réponse est trouvée, et clairement: je passe ici le temps qu’il faut pour renflouer les caisses, me former en parallèle, m’assurer au maximum de la solidité de mes idées, et dans un avenir que je souhaite pas trop lointain mais que je suis encore incapable d’évaluer (raison pour laquelle je ne parviens pas toujours à cultiver le détachement et l’humour que je souhaiterais avoir face aux multiples rebonds et problèmes professionnels), je partirai, le moins mal possible, pour enfin m’investir dans une tâche qui répond à mes valeurs, où je serai quasi seule juge ou presque. Je prendrai d’autres risques, j’aurai d’autres stress à surmonter, mais après un certain nombre d’années passées dans le salariat, je constate que ce n’est résolument pas fait pour moi.

Mais les autres? Je souhaite à chacun de trouver son chemin. Sa soupape de sécurité. Sa petite BD qui le fera sourire, son projet, qu’il soit professionnel ou personnel, afin de tenir. Sans se laisser dévorer. Ou alors, d’avoir suffisamment de force, d’énergie et de persuasion pour faire changer les choses.
J’ai envie d’y croire, parce que je suis optimiste. Si, je vous l’assure, par 4° et une pluie continue depuis maintenant 3 jours un 6 Mai, je suis optimiste. Folle et acharnée, mais tant pis!

|