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Archive pour 28.5.2010

Témoin privilégié

Il faut quand même que je vous raconte… 

Mes vacances s’ouvraient avec le long week-end de l’Ascension et un événement tout particulièrement important: le mariage de Zelda, ma maraine de blog (et Amie, et complice de tant d’autres choses…), connue sous d’autres noms également, et de son Homme Qui…,  si chers tous les 2 à mon coeur.

Et parce que nos histoires, et nos chemins à tous les 3 se sont entremêlés de fort jolie façon depuis que ce couple de Mariés Radieux s’est rencontré, ils m’avaient tout d’abord demandé d’être leur témoin, ce que j’avais bien entendu accepté avec beaucoup de fierté et d’émotion.
Et puis très vite, en parlant mariage donc, déroulement de la journée, ils m’ont expliqué qu’ils souhaitaient marquer leur union autrement que sous le sceau de l’administratif, et à leur manière. Ils ont donc choisi de composer, d’eux-mêmes et grâce à leur merveilleuse complicité, une cérémonie laïque à leur image.
Je connaissais le principe, j’en avais entendu parler, j’avais failli assister à 2 de ces événements (pour l’un, trop éloigné pour que je puisse être présente, pour l’autre, pas -encore?- réalisé), je voyais de quoi il s’agissait, tout en sachant que sous une même appellation, bien des choses pouvaient se retrouver.

Et puis c’est arrivé rapidement, les Amoureux Radieux m’ont demandé de présider à cette cérémonie. En d’autres termes, d’en être la maîtresse, le fil rouge.
Aujourd’hui, maintenant que c’est passé, que j’en ai les souvenirs, du début jusqu’à la pas encore fin (ça ne se termine pas comme ça, un tel événement), je réalise encore plus l’immense honneur, la confiance incroyable qu’ils ont placés en moi en me proposant ce rôle. Même si le mariage représente pour chaque couple un événement différent, en terme de densité, de symbolique, de point de référence, il n’empêche….J’ai accepté (qui peut dire non à une telle proposition?) d’être non seulement le témoin, mais aussi l’actrice d’heures particulièrement fortes, et intenses pour leur couple. En soi, c’était déjà beaucoup. Et comme la pression n’était pas tout à fait suffisante, cela devait se faire devant un public quand même conséquent.

Autant vous dire que plus la date s’approchait, plus je me réjouissais pour eux, mais plus le stress montait.
De leur côté, ils ont été bien sûr formidables et m’ont merveilleusement aidée, d’abord en me répétant à quel point ils me faisaient confiance, mais surtout en m’expliquant précisément ce qu’ils souhaitaient, ou ne souhaitaient pas. Ils ont fait un travail formidable, incroyable en préparant leurs textes, en définissant leur lien, leur couple, leurs souhaits, leurs voeux. Je percevais un peu de cela, mais je crois qu’avant cette cérémonie, je ne devais vraiment voir que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, après avoir entendu leurs voeux, les avoir vus les prononcer, avoir été à leurs côtés pendant cette journée…je n’en vois qu’à peine plus, tant c’est gros. Et beau.
Nous avons beaucoup discuté, échangé. J’ai été pendant très longtemps paralysée par l’angoisse de la feuille blanche, incapable d’écrire le premier mot de cette cérémonie que j’allais devoir conduire. Et puis c’est venu peu à peu, finalement assez facilement, avec assez peu de retouches. Ils ont accepté très vite mes propositions, là où je m’attendais à ce qu’ils demandent légitimement plus de reprises, de reformulations. On était sur la même longueur d’onde, et ça m’a beaucoup rassurée aussi.

Ces 2 derniers mois, je suivais les préparatifs, et je m’immergeais peu à peu dans ce mariage, de mon petit point de vue. Un joli paradoxe, un pied de nez à la vie, quand je repense à mon parcours, à ce que j’ai moi-même traversé. Peut-être ce passé amplifait-il le sentiment d’importance que je ressentais dans tout cela, et surtout ma volonté absolue de ne pas les décevoir, de leur offrir ce que je pouvais faire de mieux: rendre réel ce qu’ils ont rêvé, construit et imaginé pendant quelques mois, depuis que la décision du mariage avait été arrêtée.

Cette heure (pas tout à fait) du 15 mai, je m’en souviens comme dans une brume. C’était magique, sur tous les plans. J’ai fait partie d’un grand tout, quelque chose s’est passé, là dans cette grange illuminée de bougies, malgré le froid, malgré les petits bugs inévitables et finalement charmants (à commencer par les miens, que je trouve moins charmants m’enfin…), la magie a opéré, grâce à ces 2 êtres qui irradiaient le bonheur et l’amour, qui donneraient la foi dans le mariage aux plus sceptiques, et qui persuaderaient les plus désabusés qu’il y a bien quelqu’un, quelque part, avec lequel on est destiné à s’unir.

Aujourd’hui, je crois que je n’ai pas encore tout à fait assimilé ce qui s’est joué pendant cet événement. Au point que je peine à rouvrir mon texte, et l’envoyer aux Jeunes Mariés Radieux, alors qu’ils me le réclament depuis un petit moment pour pouvoir réunir toutes leurs petites billes (promis, promis, je vous envoie tout ça).
Aujourd’hui, je repense à cette journée, et les mots me manquent pour exprimer à quel point je me suis sentie honorée, heureuse, touchée, émue d’avoir eu ce rôle, d’avoir reçu cette marque de confiance et d’Amitié.
Aujourd’hui encore, je ne sais pas comment les remercier de tout cela alors que (c’est fou ça!) ce sont eux qui m’ont si longuement remerciée…

Aujourd’hui, lorsque je vois l’émotion qu’un tel événement a provoqué pour moi, je me dis qu’ils doivent encore avoir bien du mal à réaliser….
(Et moi aussi je vous aime, moi aussi je fais dans la guimauve délicieuse…)

mariage.jpg

Et comme par hasard, mais le hasard n’est pas ce que l’on croit, c’est aujourd’hui, alors que j’avais prévu d’écrire ce billet, que je découvre celui-ci, bien mieux écrit et surtout si joliment illustré (je n’ai pas osé mettre ici une photo plus personnalisée, j’aurais bien voulu mais je leur laisse cette liberté-là).
En parcourant les pages, vous aurez des récits bien mieux écrits, et une bien meilleure idée de ce jour inoubliable, parce que mon incapacité à faire passer ici de façon satisfaisante les sentiments que je ressens prouve à quel point je suis encore remuée, je crois.

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