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28.6.2010 par Flo.
*Il y a d’abord l’arrivée dans les pins. Pas une forêt entière, moins qu’un peu plus haut sur la côte, mais ils sont là. Je soulève la visière de mon casque, je lève la tête, les narines grandes ouvertes, je hume, je m’emplis les poumons, et mon regard cherche. Elle ne doit pas être loin, quand je passe la langue sur les lèvres il y a comme un goût salé, non, ou alors c’est mon imagination, mas trop grande envie de déjà voir le ressac, entendre le bruit?
*Ensuite, c’est la découverte d’une ville. D’un tout petit hôtel où les plantes ont élu domicile, un jardin flamboyant, une décoration dont je ne voudrais sûrement pas dans mon salon, mais qui donne un charme si désuet à l’endroit. On se pose, on enlève les cuirs. Elle est où la mer?
Tout droit, au bout de l’avenue.
*Le vent qui nous prend d’un coup, alors qu’on débouche juste au début de la plage. On aurait calculé qu’on aurait moins bien réussi. C’est le coup dans le plexus, dans les yeux, dans les narines, dans les oreilles! Les 5 sens sollicités aussi brusquement, la poitrine qui s’élargit, ça y est, l’océan est devant nous, on se jette à sa rencontre, il vient à la nôtre.
*On n’est pas les seuls à y avoir pensé. Toute la côte est réunie sur quelques centimètre carrés d’une plage qui se fait manger progressivement par la marée montante. Moi qui ne supporte pas les foules, moi qui fuis tout regroupement de plus de 3 personnes, qu’à cela ne tienne. C’est trop tentant, ça fait si longtemps, et puis je m’étais jamais baignée dans l’océan. Je suis une fille de la Méditerranée, mes origines, mon histoire familiale m’ont toujours ramenées vers la mer intérieure. Aujourd’hui, je suis moi, et je ne suis plus entièrement la fille de mes parents, la fille de ma famille. Mes goûts changent, et j’ai comme la sensation que, sans renier mes origines, mon coeur va appartenir à une autre étendue d’eau, plus fougueuse, plus sauvage, plus indomptable, plus authentique…Qui me ressemble un peu plus, sans doute….
*L’eau est à 20°. J’y rentre sans m’en rendre compte, mais on ne rentre pas dans l’Atlantique, on s’y fait prendre. Les rouleaux nous promènent, je reste attentive, je ne le connais pas, on s’apprivoise. Et surtout, surtout, il y a tant de monde. Les vagues ne me font pas vraiment peur. Les autres, si. Je finis par sortir, trop angoissée de me retrouver à tournebouler sur quelqu’un, ou d’être heurtée. J’assisterai au spectacle, collée serrée au milieu des serviettes. Une femme bienveillante, qui a bien deviné qu’on n’était pas tout à fait habitués au ressac, nous a gentiment remonté nos paires de baskets et sacs qu’on avait laissé traîner un peu trop près des assauts furieux des vagues.
*Le soir, c’est la fête dans la ville d’à côté, homonyme du Saint fêté toute la semaine. On y débarque, innocents, sans s’y attendre, se bénissant une fois de plus d’être en 2 roues, pouvoir caser la moto sur un coin de place, et partir se balader sans s’inquiéter de se garer, ni des bouchons pour repartir. Un petit resto, une glace sur la plage, il fait frais et que c’est bon après la chaleur de l’après-midi, on est heureux d’avoir les cuirs sur le dos, et puis le coucher de soleil a une autre saveur, celle du caramel beurre salé de ma boule de glace, celle du sel de cet océan temporairement apaisé, qui se retire, loin plus loin encore, je ne suis pas habituée aux marées, aux changements de paysage, tout bouge, tout est en mouvement, tout est tellement plus naturel ici au bord de cette grande étendue….
*Le lendemain, on constate sur place l’ampleur des marées. Pieds nus, pas de baignade mais l’eau est toujours si douce. Comme la mousse des rochers sous la plante des pieds, chasse aux crabes, découverte des microcosmes dans les flaques d’eau, restées coincées dans les rochers. C’est un arc en ciel de quelques centimètres cube, le rose violacé des algues, le gris du rocher, le noir des oursins, et le ballet de tout petits poissons au milieu. Je regarde avec envie les surfeurs s’emparer des rouleaux plus loin dans l’eau, si j’avais le temps, si je pouvais, goûter à ces sensations-là….
*Ces 2 journées passées si vite, se sont envolées dans le vent, vers le large. Juste le temps de tomber amoureuse d’une atmosphère, et puis il est l’heure de repartir, reprendre la moto, se concocter un petit voyage retour avec une ou deux étapes alléchantes, se promettre de revenir, plus longtemps, pour s’arrêter visiter toutes les beautés que nous traversons.
L’arrivée à la maison, c’est un orage pris à 15 kilomètres de chez nous, qui nous rince en 2 minutes, une bécane amphibie dans un rond point, une coulée de boue et un fou rire, on ne pouvait pas terminer de manière plus magistrale, le ciel s’est vengé du sel que nous avions encore sur la peau et sur les habits, lorsqu’on s’est déshabillés, tout le sable récolté sur la plage est tombé des vêtements, dernières traces concrètes de notre escapade, avant que l’on puisse se rabattre sur les photos, et les souvenirs, et l’envie d’y retourner, déjà….
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23.6.2010 par Flo.
Vous n’êtes pas sans savoir la débâcle, le “psychodrame”, pour employer l’actuel mot préféré des médias, celui qui est à la mode et dans toutes les bouches, qui se joue s’est joué en Afrique du Sud pour 23 pauvres guignols en maillot bleu. Il faut aller sur Mars pour ne pas en avoir entendu parler, et encore, je pense qu’ils ont dû avoir les ondes brouillées là haut par tant de retransmissions sur les moindres faits et gestes de ces petits enfants gâtés et capricieux au très modeste salaire mensuel.
Non. Je m’étais jurée de ne pas rentrer dans la polémique. Ca blogue de partout sur le sujet, on ne peut pas allumer la radio ou lancer une page internet sans tomber sur le dernier rebondissement de la saga de l’été du printemps de l’hiver de l’automne…..????
Je déteste le foot. J’exècre, je méprise, je ne supporte pas ce sport. Les superlatifs ne sont pas suffisants. Ca me fait pousser de l’urticaire, je n’y vois aucun intérêt, je ne soutiens aucune équipe, aucun joueur ne trouve grâce à mes yeux. Autant je me suis prise au plaisir du rugby, que j’ai (bien trop) délaissé ces derniers temps (il me reste un an pour me remettre à jour avant la coupe du monde), autant je m’exilerais sur la lune si je le pouvais pour éviter toute information sur cette comédie qui a lieu entre 22 clowns et 2 cages à but.
Inutile donc de vous dire que ces dernières semaines, arrosée et gavée de ballon rond malgré moi, j’étais de fort méchante humeur, et je répétais à l’envi que j’avais allumé des cierges pour que les Bleus se ramassent lamentablement au premier tour, et qu’on n’en entende surtout plus parler, fini, terminé. Pour ma défense (même si je n’ai pas honte), j’aurais vécu en Italie, j’aurais dit la même chose des Italiens, idem en Suisse, idem au Zimbabwe ou quel que soit le pays où je me trouvais.
J’avoue, je ne pensais pas être exaucée à ce point. Et comme je perds tout contrôle et toute intelligence (je reconnais volontiers que je peux devenir aussi ridicule que de fervents supporters sur le sujet), je n’ai pas caché une forme de triomphe en entendant les premiers rebondissements de l’histoire, puis les suivants, et comme je soupçonne que ce n’est pas terminé, je ne parlerai pas des derniers.
Ces derniers jours, il devenait difficile à l’agence d’aborder un sujet plus ou moins consensuel, qui évite les tensions et ne fâche pas. Hier matin, nous nous sommes pourtant retrouvés très détendus pour cause d’absence du Yaka autour du café matinal, et nous avons commencé à parler du match de la journée. Le fameux raout d’honneur, celui qui devait avoir supposément arraché les larmes aux yeux des joueurs, selon Roselyne qui a l’air aussi douée en psychologie et coaching sportif qu’en gestion de la grippe A, c’est dire!
Les avis ont fusé, renvoyez le sélectionneur, virez les joueurs, reversez leurs primes (et si possible dans notre porte monnaie pourquoi pas, après tout on mérite bien plus qu’eux de les recevoir, à devoir subir quotidiennement leurs âneries, non?), c’est allé de bon train, et on en riait sans honte.
C’est ainsi qu’un commercial (sournois, mais c’est son boulot aussi, et il le fait bien) s’est posé devant le tableau blanc, stylo en main, en disant: “aller, on prend les paris, 1€ de mise sur le score de ce soir, qui joue?”
Je le jure, à ce moment-là je n’étais plus moi-même. Je ne sais quel diablotin malin s’est emparé de mon esprit (mon neurone de bulot puisqu’on parlait foot), mais je me suis levée, et j’ai inscrit fièrement un grand “2-0″ pour l’Afrique du Sud au tableau, ouvert mon porte-monnaie, posé ma pièce.
Moi, j’avais joué! Pire: je m’étais intéressée à ce sport, j’avais investi de l’argent dans un match dont je me contrefichais, ou alors peut-être que je voulais tellement la défaite que j’étais prête à miser pour l’obtenir!
A 16H, ambiance toujours aussi détendue, Yaka toujours absent, le même commercial débarque dans la salle de réunion avec son portable, le branche, envoie la retransmission du match. Et devinez quoi? Eh bien j’ai regardé!! A ce moment, j’ai regardé dehors, et j’ai vu qu’il faisait beau. Au vu de la météo de ces derniers jours, c’était peut-être le fait exceptionnel. Dans des temps plus normaux, il aurait grêlé, ou neigé!
A la mi-temps, ils étaient tous verts! De tous les pronostiqueurs, je gagnais, moi! Emballée, j’avais déjà promis ma tournée de bières. Et nous avons continué à suivre en direct sur internet, puis les collègues sont partis un à un, la retransmission a dû s’interrompre.
Comble de la honte, autant tout confesser d’un coup, je suis rentrée chez moi en écoutant la fin du match.
Si, j’avoue. Je suis tombée plus bas que terre.
C’est là que j’ai appris que j’avais perdu, un autre collègue ayant misé sur un score 2 à 1 m’a coiffée au poteau.
N’empêche.
Hier, j’ai regardé (puis écouté!!!) du foot. Je n’ai même pas fait semblant de m’intéresser, je voulais savoir si ce serait à moi de payer ma tournée. J’ai perdu 1€, mais gagné la satisfaction de les voir se ridiculiser jusqu’au bout. Et vous savez le pire?
J’ai même failli comprendre ce qu’était un hors jeu.
Failli, je dis bien failli…..
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22.6.2010 par Flo.
Hier, c’était mon dernier cours de papouilles de l’année. Ca faisait tout drôle, mine de rien, même si je n’ai pas forcément eu de coup de coeur pour ce groupe, il y avait quelque chose qui nous liait, et puis en 10 mois, à force d’apprendre des techniques ensemble, les tester, avoir tour à tour le rôle du cobaye ou de l’apprenti sorcier, ça crée des liens. Alors oui, hier soir au moment de se dire au revoir, il y avait un mélange de gêne et d’émotion, la promesse de se revoir et en même temps, la conscience que nous avions tous des chemins à suivre, qui auraient peut-être du mal à se croiser.
Hier soir, c’était aussi la fête de la musique. Et ça coïncidait pile avec le retour d’un temps plus paisible (je n’ose pas employer de terme qui pourrait porter malheur: soleil, chaleur…), et l’atmosphère s’en ressentait, au point qu’on se demandait, en arpentant les rues, ce qui était fêté.
Et puis après tout, qu’importe?
Nous avons fait un grand tour en ville, et j’ai aimé cette ambiance, moi qui crains pourtant la foule, le monde, qui me sens vite oppressée, j’ai aimé les sourires que j’ai croisés, les yeux qui brillaient, les chansons que j’ai entendues, le passage d’un univers musical à un autre en faisant juste quelques pas. Nous avons pris notre temps, crawlé dans la cohue, écouté, regardé, j’aurais voulu danser, comme ce couple qui m’a tant émue en accompagnant un rock sur un bout de trottoir, et qui semblait si harmonieux. Avec les casques et blouson en cuir ce n’était pas forcément idéal, et surtout il va nous falloir quelques cours pour arriver à une si jolie chorégraphie.
Hier, c’était une odeur, un goût de vacances, ça a permis de faire passer la pillule du lundi soir, accompagnée de celle des difficultés au boulot, hier j’ai laissé derrière moi une ambiance plombée pour de la légèreté, j’étais bien au chaud dans mon gros blouson, mais je rêvais de petites robes et de sandales. Hier, je me suis souvenue que dans 3 semaines je serai en vacances, et que l’été arrivait, sisi, n’en déplaise à monsieur Météo.
Fête de la musique, fête de l’été, fête tout court et coeurs légers…
Et sinon, restez en ligne, demain si tout va bien, je vous raconte comment j’ai fait revenir le soleil! Non je ne suis pas prétentieuse, je vous assure, il fallait au moins ça!!
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21.6.2010 par Flo.
Normalement, sur une année où les 4 saisons s’enchaînent sans être d’abord passées par la centrifugeuse, le printemps est pour nous synonyme de longues balades à 2 roues. On sort la moto vers le mois d’Avril, on assume le froid qui pique un peu dans le fond de l’air et dans les grandes accélérations, et on se lance à l’assaut de la campagne alentours, on (re)découvre la région, proche ou lointaine, on rêve sur la courbe des collines, la douceur du vert de l’herbe, le ciel éclatant et le soleil qui chauffe le cuir.
Ca, c’est dans le film où le printemps existe.
Cette année, il faut bien l’avouer, nous sommes passés à côté de tout ça. Pour des raisons mécaniques, la moto a été immobilisée plus longtemps que prévu, ce qui nous a fait baver sur tous les motards d’Avril qui, eux, s’étaient préparés à temps (et on se vengeait de façon mesquine en se disant qu’avec la canicule précoce, eux suaient dans leur cuir alors que nous, on était à l’aise dans nos tongs et petits hauts….on se réconforte comme on peut, oui c’est petit). Et au moment où enfin, la pépette était prête à rouler et quasi rutilante, il a commencé à nous tomber sur le coin de la tête la colère céleste dont on ne comprend toujours pas l’origine (on va s’épargner les théories fumeuses et variées, ok?)
Comme nous ne sommes pas du genre à garder égoïstement nos découvertes et petits bonheurs motards (entre autres), nous avons souvent parlé à Miss Blondinette de nos découvertes, de notre plaisir à partir en virées, et nous l’avons de temps en temps ramenée dans les petits coins que nous avions trouvés. Elle a vu plusieurs fois son papa en tenue de motard, et bien entendu, elle a exprimé l’envie de découvrir cet univers aussi.
Ca faisait un petit moment que ça devait se concrétiser. La condition sine qua non pour la faire monter à l’arrière était bien entendu sa taille, il fallait qu’elle touche les cale-pieds, et qu’elle puisse s’accrocher à son père. Suite à la poussée de croissance qu’elle nous a offert cet hiver, comme plein de petites filles de son âge, les conditions se remplissaient peu à peu.
Restait l’équipement à lui trouver: pas question de partir sans une protection minimale, un blouson digne de ce nom, un casque en bonne et due forme, et des gants. Ca n’aurait tenu qu’à moi et mon porte monnaie, j’aurais rajouté le bas, mais ça commençait à faire beaucoup.
Son père, pris de frénésie acheteuse, est passé à l’acte la semaine dernière, en lui trouvant un adorable casque coccinelle, un chouette blouson et de bons gants. Le tout une bonne taille au-dessus (sauf le casque) histoire de, peut-être, prolonger la durée d’activité de l’équipement, on peut toujours rêver.
C’est ainsi que dimanche, le temps nous octroyant quelques rayons de soleil miraculeux (pour le mercure on repassera), Miss Blondinette a eu droit à son baptême en moto. Pas impressionnée pour un sou et toute folle, elle s’est soumise de bonne grâce à l’exercice d’enfilage de casque et blouson. On a étudié les différentes façons de grimper sur la moto, étape toujours un peu délicate, et je les ai laissés s’élancer, en suivant péniblement avec la voiture (ça se faufile moins facilement avec 4 roues, c’est sûr).
Elle a assuré comme une chef. Je crois que ça l’a bien plus épuisée que ce qu’elle n’a voulu admettre, elle était lessivée le soir même. Mais n’empêche, qu’elle était fière derrière son père. Et tous les deux arboraient un sourire radieux.
Quant à moi, comment dire….J’étais partagée, et je l’avoue avec un honte. Je n’ai pas une âme de femme de marin, et cette petite nouveauté a pointé du doigt le fait qu’il me manquait cruellement ma propre bécane pour partir en virée avec eux. Et que je devais céder sur un petit privilège qui m’était exclusivement réservé pour l’instant, celui de cette place arrière, toujours mieux que pas de moto du tout. Oui, je ne suis pas très fière de cette pointe de jalousie.
N’empêche, je reste ravie de savoir Miss Blondinette si contente de cette expérience, et si heureuse d’avoir été ainsi initiée, et si à l’aise du tout premier coup. Et c’est dit sans hypocrisie, ses étoiles dans les yeux faisaient plaisir à voir! Je ne m’en délecterai que plus le jour où je pourrai moi aussi rouler avec eux!
Par contre, j’ai exigé la disparition du top case pour la prochaine fois où je poserai mes fesses sur la selle. Eh oui je suis comme ça, je me permets en plus d’exiger!!
..Ils ont de la tenue, non?
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18.6.2010 par Flo.
Chez nous au bureau, les objets translatent facilement. Et comme mon collègue et moi sommes les seuls à être en open space, soit pile au centre de l’agence, il va sans dire que la géographie de notre plan de travail est encore plus aléatoire qu’ailleurs.
C’est ainsi que je pars le soir en ayant 5 stylos, une gomme, une agrapheuse et une perforatrice, et que le lendemain je me retrouve avec 2 stylos, 3 crayons et plus rien d’autre.
On le prend avec une certaine philosophie. On sait qui a une préférence pour les stylos rouges, qui aime les feutres noires, épais ou plus fins. On va chercher, on récupère, on fait la cueillette, on crie un peu ou non, on jure de mettre sous clé, mais ça apporte encore plus de vie au bureau.
Et puis un jour, alors que je ne suis pas franchement tout près du stock et surtout pas celle qui s’en occupe, je me suis retrouvée avec ceci sur le bureau:
(Pour être plus exacte, je n’avais que le gros bouton très rouge. Pas le socle jaune)
Méfiante, je n’ai pas osé le toucher tout de suite, et j’ai demandé à la cantonnade à qui ça appartenait et surtout à quel client ça allait pouvoir manquer.
Devant le silence consciencieux de chacun, je me le suis finalement approprié, on a fait connaissance et je l’ai adopté. C’est qu’il est plutôt amusant ce bouton, on le presse, et pour le débloquer, il faut lui faire faire un quart de tour. Quand on a besoin de s’occuper les mains, c’est l’idéal.
Mon collègue, attentif et prévenant, est arrivé peu de temps après avec le socle jaune. “Puisque tu le gardes, je vais te le compléter”.
Soit. Assumons jusqu’au bout. Et c’est comme ça que je me retrouve avec cet énorme buzzer sur mon bureau. Ca met de la couleur dans le paysage, j’en suis toute fière.
Mon Yaka, il y a peu, a tenté une approche: “Mais que faites-vous avec ça? Donnez-le moi, je vais le remettre au stock”.
J’ai rugi: pas question! Pourquoi est-ce qu’on réprime la moindre touche d’originalité par ici? On ne reçoit que très peu de clients, il n’y a aucune raison de se priver. Tout comme notre liste de courses affichées sur le calendrier entre mon collègue et moi: “chamallows, bières, chocolat x 2″….Elle a été effacée 3 fois, mais devant notre obstination à la réécrire, celui qu’on sait coupable a cédé, une fois de plus. (pour autant, on ne se fait pas franchement réapprovisionner, dommage)
Avant-hier, un charmant livreur que l’on commence à connaître bloque sur mon joujou et me demande évidemment à quoi ça sert. Un peu grognon ce jour-là, je lui réponds du tac au tac: “je me jette dessus quand mes collègues commencent à me gonfler, et ça déclenche un mécanisme de bombe à retardement qui pourrait leur exploser à la figure s’ils abusent, mais ils n’ont jamais osé aller jusqu’au bout”.
N’empêche, c’est vrai (noooooon, pas la bombe, quand même!!). Quand vraiment je suis à bout, il m’arrive de l’empoigner pour rageusement appuyer dessus. Ca ne vaut pas un punching ball, mais ça calme momentanément les nerfs.
Et voilà pour la petite note bien décalée de fin de semaine…Bon week-end de novembre à tous!!
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14.6.2010 par Flo.
Le Vendredi soir, globalement, c’est retour à peine plus tôt que d’habitude, quand je n’ai pas de rendez-vous médical ou d’autre obligation qui retarde d’autant mon arrivée. Je finis 30 minutes plus tôt, illusion de commencer le week-end plus vite, mais comme la plupart de mes concitoyens ont décidé, eux aussi, d’abréger leur semaine aux 35 heures lissées, je me retrouve dans des bouchons tout pareil, voire pires.
Le Vendredi soir, c’est un retour à la maison au ralenti. Un grand poids en moins sur la poitrine, le bonheur savouré à l’idée de cette soirée pas comme les autres, celle où je n’aurai pas besoin de programmer de réveil, de regarder la météo pour préparer les habits du lendemain, celle où j’imagine prendre plus de temps pour aller me coucher, celle où chaque seconde passée dans les bras de mon homme, ou à ses côtés, a une saveur encore plus douce et délicate.
Et pourtant, malgré ma volonté, mes envies, mes idées, c’est le soir où d’un coup la fatigue s’abat sur mes épaules. Où je vais me coucher quasi à la même heure que les 4 autres soirs de la semaine, parce que malgré moi, je décompresse, je suis dans ce sas entre la semaine et le week-end, je sens mes paupières s’alourdir, dans un phénomène inversement proportionnel à toutes les préoccupations professionnelles qui s’en vont. Je réussis parfaitement à laisser loin derrière moi le stress et les événéments qui ont jalonné les jours passés, mais mon esprit et mon corps en paient les conséquences, et même si je lutte, je finis toujours par abdiquer. Avec délectation et plaisir, mais cette soirée passe toujours trop vite, ce palier juste avant le week-end, celui où l’on a déjà un pied dedans mais pas tout à fait, ce seul moment où je peux me dire “j’ai 2 jours, 2 jours complets rien que pour moi, pour nous”, je n’en profite pas suffisamment…
Le Dimanche soir, c’est un autre goût, doux amer. Comme chaque instant passé ensemble, nous essayons de le rendre exceptionnel, mais ce moment-là, celui qui arrive trop vite (déjà dimanche matin, déjà dimanche midi, plus que l’après-midi, déjà la soirée…), celui qui est rythmé, une semaine sur 2, par le retour de Miss Blondinette chez sa mère, ou alors notre retour tardif (ou non) chez nous, passe à un autre rythme. C’est le soir où je dois à nouveau penser au lendemain matin (que vais-je mettre, ai-je de quoi me préparer ma gamelle, mon réveil est-il à l’heure?), où nous discutons brièvement, parfois, des choses à “penser” à “faire”, de la semaine à venir. Où nous rêvons peut-être aussi, déjà, du week-end suivant.
Dernier repas où je ne cesse de lui dire “fais-moi oublier que demain je vais travailler”, on se garde les meilleurs épisodes des séries pour ce soir-là, on débouche une bouteille de vin, on finit les restes de festin du week-end, ou alors, plus faim du tout d’avoir trop mangé, on déguste sur le pouce une feuille de salade et on essaye de réinventer les veilles de reprise. Je regarde ces 2 journées trop vite passées, je me demande ce que nous en avons fait et pourquoi je ne les ai pas plus encore savourées que cela n’a été fait, je regrette les matinées trop courtes d’avoir enfin pu dormir, mais je sais que nous en avions besoin, moi particulièrement.
Je vois l’heure tourner, je prolonge, ce n’est pas raisonnable de commencer la semaine en étant déjà fatiguée, mais qu’importe après tout, je le serai de toute façon, et puis c’est si bon, si bon…
Ces 2 soirées-là, c’est un peu comme un arc en ciel: beaucoup de beauté au milieu de quelques gouttes de pluie….
Et puisqu’il faut bien trouver quelques avantages au temps hivernal que nous traversons ces jours-ci, nous avons droit à un festival d’arc en ciel devant chez nous…Pourtant cette photo date déjà d’il y a quelques semaines!
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10.6.2010 par Flo.
Hier, une nouvelle fois, alors que le moral de l’équipe est au plus bas, que j’ai l’impression de devoir prendre un treuil chaque matin pour les hisser, leur arracher un sourire (tout ne dépend pas de ma petite personne bien sûr, mais j’ai une très nette préférence à voir sourire les collègues que j’apprécie, et mon moral dépend un peu du leur, il faut bien l’avouer), notre bien-aimé Yaka (ne cherchez pas c’est ironique) a encore sorti une belle pépite.
Une pépite en or, une pépite même en diamant, une phrase tellement énorme, tellement sortie du fin fond de sa conscience vraiment de plus en plus sale qu’on a d’abord tous regretté de ne pas avoir, quelque part caché, un dictaphone qui tournait, et surtout lorsqu’il a tourné les talons, on s’est regardés pour s’assurer qu’on avait tous bien compris la même chose. Et pire même, qu’il ne plaisantait pas, le doute ne laissait pas de place.
Il a peut-être des circonstances atténuantes, moi qui suis assez prompte à chercher des explications je pourrais en trouver, mais il n’en a clairement pas plus que nous. Loin de là. L’agence ressemble à une cocotte minute sous pression et vraiment prête à exploser, je suppose que nous ne sommes pas une petite exception loin retranchée au Sud-Ouest, et si le siège est à notre image, il y a de quoi se faire un réel souci. A tous les étages.
Alors la moindre des choses que l’on peut attendre d’un dirigeant, d’un responsable qui a une vingtaine d’années de boîte, c’est de sortir un discours diplomatique, compréhensif et de soutien. Les 3 essentiels qu’il n’a pas, ne me demandez donc pas pourquoi il est à ce poste, j’ai classé ça depuis quelques temps dans les grands mystères de l’univers de l’entreprise à résoudre. Faites-moi signe si vous avez l’illumination.
Hier, donc, après s’être retiré avec le plus de panache possible (il a bien senti la tension monter de quelques crans avant cela) et semé la consternation la plus absolue sur les quelques membres de l’équipe qui avaient eu la chance d’assister à la naissance de ce diamant (les autres l’ont appris dans la foulée, imaginez une traînée de poudre, la phrase s’est répétée aussi vite), j’ai senti une chape de plomb s’abattre, et je me suis dit qu’en matière de sourires, il allait falloir sortir la très grosse artillerie pour les récupérer.
C’est dans ces moments que je bénis ma mémoire photographique. Ou ma capacité à visualiser les choses (qui peut desservir dans d’autres situations, je l’admets volontiers). J’ai dû réussir à prendre malgré moi suffisamment de distance, et d’un coup cette image s’est imposée à moi:
(copyright à Goscinny et Uderzo bien sûr)
A vrai dire, ce n’était pas exactement celle-là, mais ça donne une idée: vous savez, ces pirates qui nous font hurler de rire dans les albums, parce qu’ils en viennent à attraper la hache, et saborder leur propre bateau pour éviter les Gaulois qu’ils sont sur le point de croiser?
Nous, c’est ça. Mon grand Yaka était le pirate avec sa hache. Et avec sa petite phrase sortie du coeur, il a donné quelques sacrés coups de hache dans le ponton. On a d’un coup basculé et pris quelques voies d’eau bien salées.
J’ai partagé ma trouvaille avec mes collègues. Ca les a fait sourire, quelques secondes.
Je ne suis pas trop exigeante, ces temps, ça m’a suffi à alléger un tout petit peu ma journée. Un tout petit peu…
Et non, je vous confirme, ces lieux ne seront pas le bureau des pleurs, mais de temps en temps ça soulage, et puis quand l’inspiration vient, on ne va pas s’en priver quand même…
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9.6.2010 par Flo.
Faut-il y voir un signe, dans cette difficulté de reprendre le clavier, de venir reposer la patte ici?
Comme par hasard, alors qu’elle a eu tant de mal à apparaître, ceci est la 500ème note! Je ne suis pas trop du genre à célébrer, j’oublie annuellement la date anniversaire de ce blog (en gros, je m’en souviens 10 jours plus tard, et je n’ai pas la pirouette nécessaire pour l’intégrer l’air de rien dans un billet), j’ai marqué le coup, quelques chiffres clé, 1 000 commentaires, déjà plusieurs centaines de billets, mais pas franchement comme je le voudrais, je l’admets.
Quand je fais le calcul, 500 sur quasi 3 ans d’existence, ce n’est pas si grandiose. Je ne me lasse pas d’admirer (et de savourer, je suis parmi les lectrices assidues) les blogueurs qui trouvent, chaque jour, un petit détail, une histoire, et qui prennent le temps de la rédiger. Ce n’est pas le temps que ça prend, je ne me réfugierai pas derrière cette excuse-là, mais c’est une question d’état d’esprit.
Ces temps, je suis très happée par le boulot. Ou alors, comme je l’expliquais à mon cher et tendre hier soir, par des choses complètement futiles. Qui me prennent du temps, de l’énergie, et me laissent plutôt un goût de déception, et de frustration dans la bouche. Passer du temps à cela, c’est laisser de côté tout le reste, tout ce qui me tient à coeur. Comment m’en sortir? Et je n’ai pas envie de transformer ces pages en accueil de récriminations perpétuelles. Pourtant je suis du genre ronchonneuse, c’est mon sang italien qui fait ça, je râle, je peste, j’extériorise,… et j’oublie vite.
En commençant à écrire, je ne me suis pas fixée de déontologie particulière. Je me pose mes propres limites au fur et à mesure que les billets s’égrènent, et les sujets se présentent (ou pas, comme vous pouvez le constater). C’est peut-être aussi pour cela que je ne me pose pas de question sur l’existence de ces pages, leur utilité, leur raison d’être. C’est mon coin à moi, que j’incrémente ou pas, selon mon envie ou mon inspiration. Mais comme la culpabilité est ma jumelle, être capable de ne pas écrire pendant près de 15 jours me donne également mauvaise conscience. Pas forcément pour moi, moi je sentirais plutôt un manque mais qui ne tient qu’à moi, mais pour ces lecteurs silencieux ou non, qui, je l’espère, ont le même plaisir à découvrir un nouveau billet que j’en ai à le découvrir chez eux.
Je ne peux pas promettre de recommencer sur un rythme plus soutenu. Ca ne ferait que me mettre la pression, il en résulterait probablement des chroniques vides de sens, de plaisir et d’intérêt, et l’élan retomberait comme un soufflé et aussi vite, parce que je sais très bien qu’en étant contrainte, je suis très mauvaise.
On va dire que c’est l’été (ne pas regarder la tronche du ciel pour y croire très fort), que même si les journées sont parsemées de petites anecdotes blogables, j’ai tendance à passer un peu plus à côté, happée par d’autres sujets, et que ce n’est qu’un moment de vide comme j’en ai traversé pendant 3 ans.
Je vais revenir très vite, c’est sûr, peut-être même demain si la muse de l’inspiration se repenche sur mon clavier. En attendant, happy 500ème! (il fallait bien un angle à ce billet totalement décousu, non?)
Mais oui je vous le dis, c’est l’été, pourquoi ne voulez-vous pas me croire?
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