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21.6.2010 par Flo.
Normalement, sur une année où les 4 saisons s’enchaînent sans être d’abord passées par la centrifugeuse, le printemps est pour nous synonyme de longues balades à 2 roues. On sort la moto vers le mois d’Avril, on assume le froid qui pique un peu dans le fond de l’air et dans les grandes accélérations, et on se lance à l’assaut de la campagne alentours, on (re)découvre la région, proche ou lointaine, on rêve sur la courbe des collines, la douceur du vert de l’herbe, le ciel éclatant et le soleil qui chauffe le cuir.
Ca, c’est dans le film où le printemps existe.
Cette année, il faut bien l’avouer, nous sommes passés à côté de tout ça. Pour des raisons mécaniques, la moto a été immobilisée plus longtemps que prévu, ce qui nous a fait baver sur tous les motards d’Avril qui, eux, s’étaient préparés à temps (et on se vengeait de façon mesquine en se disant qu’avec la canicule précoce, eux suaient dans leur cuir alors que nous, on était à l’aise dans nos tongs et petits hauts….on se réconforte comme on peut, oui c’est petit). Et au moment où enfin, la pépette était prête à rouler et quasi rutilante, il a commencé à nous tomber sur le coin de la tête la colère céleste dont on ne comprend toujours pas l’origine (on va s’épargner les théories fumeuses et variées, ok?)
Comme nous ne sommes pas du genre à garder égoïstement nos découvertes et petits bonheurs motards (entre autres), nous avons souvent parlé à Miss Blondinette de nos découvertes, de notre plaisir à partir en virées, et nous l’avons de temps en temps ramenée dans les petits coins que nous avions trouvés. Elle a vu plusieurs fois son papa en tenue de motard, et bien entendu, elle a exprimé l’envie de découvrir cet univers aussi.
Ca faisait un petit moment que ça devait se concrétiser. La condition sine qua non pour la faire monter à l’arrière était bien entendu sa taille, il fallait qu’elle touche les cale-pieds, et qu’elle puisse s’accrocher à son père. Suite à la poussée de croissance qu’elle nous a offert cet hiver, comme plein de petites filles de son âge, les conditions se remplissaient peu à peu.
Restait l’équipement à lui trouver: pas question de partir sans une protection minimale, un blouson digne de ce nom, un casque en bonne et due forme, et des gants. Ca n’aurait tenu qu’à moi et mon porte monnaie, j’aurais rajouté le bas, mais ça commençait à faire beaucoup.
Son père, pris de frénésie acheteuse, est passé à l’acte la semaine dernière, en lui trouvant un adorable casque coccinelle, un chouette blouson et de bons gants. Le tout une bonne taille au-dessus (sauf le casque) histoire de, peut-être, prolonger la durée d’activité de l’équipement, on peut toujours rêver.
C’est ainsi que dimanche, le temps nous octroyant quelques rayons de soleil miraculeux (pour le mercure on repassera), Miss Blondinette a eu droit à son baptême en moto. Pas impressionnée pour un sou et toute folle, elle s’est soumise de bonne grâce à l’exercice d’enfilage de casque et blouson. On a étudié les différentes façons de grimper sur la moto, étape toujours un peu délicate, et je les ai laissés s’élancer, en suivant péniblement avec la voiture (ça se faufile moins facilement avec 4 roues, c’est sûr).
Elle a assuré comme une chef. Je crois que ça l’a bien plus épuisée que ce qu’elle n’a voulu admettre, elle était lessivée le soir même. Mais n’empêche, qu’elle était fière derrière son père. Et tous les deux arboraient un sourire radieux.
Quant à moi, comment dire….J’étais partagée, et je l’avoue avec un honte. Je n’ai pas une âme de femme de marin, et cette petite nouveauté a pointé du doigt le fait qu’il me manquait cruellement ma propre bécane pour partir en virée avec eux. Et que je devais céder sur un petit privilège qui m’était exclusivement réservé pour l’instant, celui de cette place arrière, toujours mieux que pas de moto du tout. Oui, je ne suis pas très fière de cette pointe de jalousie.
N’empêche, je reste ravie de savoir Miss Blondinette si contente de cette expérience, et si heureuse d’avoir été ainsi initiée, et si à l’aise du tout premier coup. Et c’est dit sans hypocrisie, ses étoiles dans les yeux faisaient plaisir à voir! Je ne m’en délecterai que plus le jour où je pourrai moi aussi rouler avec eux!
Par contre, j’ai exigé la disparition du top case pour la prochaine fois où je poserai mes fesses sur la selle. Eh oui je suis comme ça, je me permets en plus d’exiger!!
..Ils ont de la tenue, non?
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