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Archive pour 28.6.2010

Une grande bouffée d’iode

*Il y a d’abord l’arrivée dans les pins. Pas une forêt entière, moins qu’un peu plus haut sur la côte, mais ils sont là. Je soulève la visière de mon casque, je lève la tête, les narines grandes ouvertes, je hume, je m’emplis les poumons, et mon regard cherche. Elle ne doit pas être loin, quand je passe la langue sur les lèvres il y a comme un goût salé, non, ou alors c’est mon imagination, mas trop grande envie de déjà voir le ressac, entendre le bruit?

*Ensuite, c’est la découverte d’une ville. D’un tout petit hôtel où les plantes ont élu domicile, un jardin flamboyant, une décoration dont je ne voudrais sûrement pas dans mon salon, mais qui donne un charme si désuet à l’endroit. On se pose, on enlève les cuirs. Elle est où la mer?
Tout droit, au bout de l’avenue.

*Le vent qui nous prend d’un coup, alors qu’on débouche juste au début de la plage. On aurait calculé qu’on aurait moins bien réussi. C’est le coup dans le plexus, dans les yeux, dans les narines, dans les oreilles! Les 5 sens sollicités aussi brusquement, la poitrine qui s’élargit, ça y est, l’océan est devant nous, on se jette à sa rencontre, il vient à la nôtre.

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*On n’est pas les seuls à y avoir pensé. Toute la côte est réunie sur quelques centimètre carrés d’une plage qui se fait manger progressivement par la marée montante. Moi qui ne supporte pas les foules, moi qui fuis tout regroupement de plus de 3 personnes, qu’à cela ne tienne. C’est trop tentant, ça fait si longtemps, et puis je m’étais jamais baignée dans l’océan. Je suis une fille de la Méditerranée, mes origines, mon histoire familiale m’ont toujours ramenées vers la mer intérieure. Aujourd’hui, je suis moi, et je ne suis plus entièrement la fille de mes parents, la fille de ma famille. Mes goûts changent, et j’ai comme la sensation que, sans renier mes origines, mon coeur va appartenir à une autre étendue d’eau, plus fougueuse, plus sauvage, plus indomptable, plus authentique…Qui me ressemble un peu plus, sans doute….

*L’eau est à 20°. J’y rentre sans m’en rendre compte, mais on ne rentre pas dans l’Atlantique, on s’y fait prendre. Les rouleaux nous promènent, je reste attentive, je ne le connais pas, on s’apprivoise. Et surtout, surtout, il y a tant de monde. Les vagues ne me font pas vraiment peur. Les autres, si. Je finis par sortir, trop angoissée de me retrouver à tournebouler sur quelqu’un, ou d’être heurtée. J’assisterai au spectacle, collée serrée au milieu des serviettes. Une femme bienveillante, qui a bien deviné qu’on n’était pas tout à fait habitués au ressac, nous a gentiment remonté nos paires de baskets et sacs qu’on avait laissé traîner un peu trop près des assauts furieux des vagues.

*Le soir, c’est la fête dans la ville d’à côté, homonyme du Saint fêté toute la semaine. On y débarque, innocents, sans s’y attendre, se bénissant une fois de plus d’être en 2 roues, pouvoir caser la moto sur un coin de place, et partir se balader sans s’inquiéter de se garer, ni des bouchons pour repartir. Un petit resto, une glace sur la plage, il fait frais et que c’est bon après la chaleur de l’après-midi, on est heureux d’avoir les cuirs sur le dos, et puis le coucher de soleil a une autre saveur, celle du caramel beurre salé de ma boule de glace, celle du sel de cet océan temporairement apaisé, qui se retire, loin plus loin encore, je ne suis pas habituée aux marées, aux changements de paysage, tout bouge, tout est en mouvement, tout est tellement plus naturel ici au bord de cette grande étendue….

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*Le lendemain, on constate sur place l’ampleur des marées. Pieds nus, pas de baignade mais l’eau est toujours si douce. Comme la mousse des rochers sous la plante des pieds, chasse aux crabes, découverte des microcosmes dans les flaques d’eau, restées coincées dans les rochers. C’est un arc en ciel de quelques centimètres cube, le rose violacé des algues, le gris du rocher, le noir des oursins, et le ballet de tout petits poissons au milieu. Je regarde avec envie les surfeurs s’emparer des rouleaux plus loin dans l’eau, si j’avais le temps, si je pouvais, goûter à ces sensations-là….

*Ces 2 journées passées si vite, se sont envolées dans le vent, vers le large. Juste le temps de tomber amoureuse d’une atmosphère, et puis il est l’heure de repartir, reprendre la moto, se concocter un petit voyage retour avec une ou deux étapes alléchantes, se promettre de revenir, plus longtemps, pour s’arrêter visiter toutes les beautés que nous traversons.

L’arrivée à la maison, c’est un orage pris à 15 kilomètres de chez nous, qui nous rince en 2 minutes, une bécane amphibie dans un rond point, une coulée de boue et un fou rire, on ne pouvait pas terminer de manière plus magistrale, le ciel s’est vengé du sel que nous avions encore sur la peau et sur les habits, lorsqu’on s’est déshabillés, tout le sable récolté sur la plage est tombé des vêtements, dernières traces concrètes de notre escapade, avant que l’on puisse se rabattre sur les photos, et les souvenirs, et l’envie d’y retourner, déjà….

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