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29.7.2010 par Flo.
Pour la première fois, peut-être parce que je grandis, et prends réellement pleinement mon indépendance (y a-t-il un âge pour se libérer de sa famille?), ou alors parce que ces vacances ont été particulièrement denses en trajets, lieux différents et organisations diverses, je comprends les choix qu’ont fait mes parents pour les vacances qu’ils ont passées avec nous.
Ces vacances qu’ils nous ont offertes, tout au long de notre enfance à mon frère et moi, et pendant lesquelles, comme bien des enfants, nous avons construit de si beaux souvenirs.
Ils n’avaient que peu de vacances. 1 semaine de moins légalement là d’où je viens qu’en France; déjà, ce n’est pas beaucoup. De par son enfance et ses besoins, mon père tenait également à être au bord de la Méditerranée.
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés plusieurs années d’affilée en Italie ou Tunisie essentiellement, et dans ces fameux clubs à la marque au trident si bien connus pour leur formule ”tout compris”. 15 jours de pure détente, quelques visites dans la région (soit que nous la connaissions déjà, soit en nous y baladant après, ou pendant le séjour), mais surtout 15 jours où mes parents arrivaient avec leurs enfants sous le bras, déposaient et défaisaient les bagages le 1er jour, nous donnaient les instructions, et ne s’occupaient que du strict minimum jusqu’au moment de refaire les valises. Nous étions libres de nos mouvements, de nos décisions: activités avec ou sans eux, leur donner quelques indications de nos intentions, mais c’était tout.
De tout ce qu’ils nous ont offert à cette époque, je les remercie infiniment. Ces années m’ont permis d’expérimenter et découvrir des activités que je n’aurais jamais pu faire en d’autres lieux ou d’autres circonstances, ou que je n’aurais pas eu le courage d’entreprendre, ou pas eu les moyens de m’offrir: catamaran, planche à voile, plongée bouteille, trapèze volant, rollers sur obstacles pour les plus marquants, mais tant d’autres encore.
Aujourd’hui, ce n’est clairement plus ma conception des vacances. Je peine infiniment avec l’instinct grégaire humain, je n’arriverais pas à me cloîtrer au même endroit pendant 15 jours et surtout, je crois que je ne supporterais plus l’ambiance joyeux drilles version Bronzés des lieux. Et puis de façon plus concrète aussi, je n’aurais pas les moyens de m’offrir de telles vacances.
Par contre, je comprends très bien les préoccupations de mes parents. Ou plutôt: leur souhait d’absence de préoccupations. Toute l’année, travaillant tous les 2 et avec 2 enfants à gérer, comme bien des familles, c’était un peu l’enchaînement boulot-dodo, repas, intendance générale, courses, respecter les horaires, les devoirs à superviser, les activités du mercredi après-midi, le partage détente-obligations les week-ends.
Alors l’été, en Juillet, ils disaient stop. Pas envie de se prendre la tête sur le menu, ni savoir si les enfants mangent bien ou non, ni s’ils avaient leur quota de légumes ou fruits. On voulait des pâtes et des frites à tous les repas? Bien, avec une ou deux remarques parce qu’on mangeait quand même tous ensemble, il n’y avait pas d’autres représailles, on jouait à ça les 3 premiers jours puis on se lassait de nous-mêmes. Pas de sieste? Qu’à cela ne tienne, la consigne à respecter était “pas de plage aux heures les plus chaudes, restez à l’ombre, si vous voulez vous épuiser en pleine heure caniculaire, c’est votre affaire”. Et ainsi de suite.
Cette année, j’ai senti peser le poids de l’intendance sur nos vacances. J’ai presque honte de l’avouer, car pendant une semaine quasi entière, chez mes parents, je n’ai clairement pas été celle qui a choisi les repas, ni fait de suggestions. Mais j’ai eu à coeur d’aider ma mère à la cuisine, de participer au maximum, et d’alléger le triplement des obligations (acceptées avec bonheur de leur part bien sûr, ils étaient si heureux de nous voir tous les 3) qui pesaient sur leurs épaules.
Et le reste du temps, mon fichu caractère et mon souhait permanent de faire “au mieux” au point de parfois (souvent) d’en faire bien trop, faisait que j’essayais de planifier au maximum pour contenter à la fois les envies, mais aussi un certain équilibre alimentaire et financier.
Tout ceci fait partie de mon apprentissage accéléré de belle-mère (je lance un appel général pour remplacer cette affreuse et terrible expression que je n’assume pas du tout et trouve détestable), de mon apprentissage à moi aussi: prendre de la distance, accepter les failles, et surtout privilégier la détente parce que ce n’est quand même pas super efficace d’être en vacances et d’avoir les mêmes rythmes et contrariétés que pendant le reste de l’année.
Alors oui, aujourd’hui je comprends ces raisons-là dans les choix de mes parents. Je comprends enfin leurs explications: “on veut juste 2 semaines où on peut ne penser qu’à nous. Et partager avec vous plein de belles choses, mais rompre le quotidien, et la frénésie du programme hebdomadaire”.
Moi, j’aimerais m’attacher à cette rupture tout au long de l’année, déjà. Mais j’aimerais aussi savoir combiner de belles vacances en vadrouille, et faire la tambouille sans prise de tête et sans planifier…
On fait un bilan en 2011?
De branche en branche, avec une aisance qui nous a époustouflée, elle s’est déplacée en apprivoisant mousquetons et poulie. Elle n’attend que d’y retourner et faire le parcours “des grands”….
Posté dans Il était une fois..., Bugs, états d'âme | 4 commentaires »