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31.8.2010 par Flo.
La trentaine de kilomètres quotidienne que j’ai à faire pour aller et revenir du boulot sont des moments importants pour moi. Des moments de tranquilité où je me réveille péniblement le matin, et où j’essaye de souffler le soir.
Comme j’ai un auto-radio aussi vieux qu’Hérode, et c’est peu dire, je suis à peu près recalée aux stations radio à portée d’antenne. Jusqu’ici, j’avais trouvé des programmes pas désagréables qui accompagnaient mes embouteillages et mes trajets.
Et exactement comme l’a dit Anne hier, je suis depuis Lundi fort dépourvue quant aux changements de programmes de la rentrée; rien qui ne me plaise, ne me fasse me sentir à l’aise, j’erre dépitée d’une station à l’autre. Je vais devoir faire l’investissement d’un outil moderne avec prise mp3 afin de pouvoir écouter mes podcasts, mais ça ne résoudra qu’à moitié le problème (le matin, je préfère quand même avoir des nouvelles plus fraîches).
Ces temps, bouleversements au travail, incertitudes de l’avenir, le trajet du retour me tient particulièrement à coeur. Je le prends comme un sas de décompression (pas toujours évident quand je m’énerve contre les chauffards). Un moment où je laisse derrière moi, derrière mon épaule les soucis quotidiens liés au professionnel, et où je peux me focaliser sur ce qui m’attend à la maison, toute la douceur de la soirée qui s’annonce, des envies de passer ces quelques heures à 2, ou à 3. Retrouver mon amoureux qui est maintenant présent à mon retour, échanger avec lui quelques phrases, donner le top départ du moment le plus agréable de la journée.
Et je peine à le faire. J’ai écouté cet été des émissions très intéressantes, mais qui ne m’ont pas sorti de mon univers, ou de certaines pensées moroses sur l’avenir pas franchement agréable, sur les questions de société, les interrogations du quotidien.
Ce n’est pas faute d’avoir cherché de la bonne musique, mais là encore, choux blanc, et surtout je n’arrive pas à rester sur du “juste musical”. Il me faudrait un mélange.
Du coup, je rentre chez moi encore trop à cran, et je dois faire un gros effort pour ne pas ramener en boulet derrière moi tout ce que j’ai emmagasiné pendant la journée, et qui n’a pas sa place dans notre foyer. C’est un moment délicat à passer, un virage que je ne négocie pas encore correctement.
Ca, c’est un coup à me conforter dans l’idée que le trajet moto, s’il ne résoudra pas les problèmes sur la route, m’éviteront de m’interroger sur la meilleure façon d’accompagner ces kilomètres….
Douceur et lumière de fin de journée, pendant ces vacances où il n’y avait rien d’autre à évacuer que la saine fatigue des baignades et promenades…
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30.8.2010 par Flo.
La semaine dernière, nous avons été invités à manger chez la maman de Miss Blondinette.
L’organisation des vacances faisant que nous avions eu la demoiselle tout le mois de Juillet, nous l’avons pas vue du mois d’Août. Et ça fait un peu long, autant pour elle que pour son père. D’ordinaire, il s’arrange pour aller la voir dans la journée, de temps en temps, mais cette fois, la proposition est venue de la maman: rassemblement des 2 couples, de la petite soeur de Miss Blondinette, chez eux.
Passé le premier moment de surprise un peu décalée, j’ai passé une fort bonne soirée. Je n’ai pas eu besoin d’attendre cette opportunité pour savoir que tout se passait résolument bien, mais je continue à me dire que c’est une expérience assez peu commune, je crois. Qui fait d’ailleurs hausser le sourcil à certains autour de nous, lorsqu’on dit qu’on est allé manger “chez l’ex” de mon amoureux. Même si c’est avant tout pour Miss Blondinette que nous avons fait ce geste.
Je n’avais jamais réfléchi clairement au statut, difficultés, obligations d’une famille recomposée. Pas jusqu’à ce que je rencontre mon homme, et devienne de fait et assez rapidement “jolie maman” (copyright à qui de droit) d’une petite puce de 4 ans qui m’a adoptée en moins de temps qu’il ne m’a fallu pour prononcer son prénom (très court!)
Ce n’est pas un statut facile, et depuis 2 ans et demi, j’ai rattrapé mon retard en matière de réflexion sur la famille, la maternité, les responsabilités, le rôle à jouer. On fait de l’application pratique immédiate, ce qui comporte beaucopu d’adaptation, tous les parents savent de quoi il s’agit.
Si les choses ont coulé de source pour elle (enfin je crois), pour son père aussi (du moins il me semble), pour moi c’était moins évident. Et plusieurs fois, alors que je me sentais un peu désemparée, sans jamais rien de grave, je me disais qu’il faudrait que je trouve des conseils, des témoignages, par curiosité aussi. Pas envie qu’on me donne un mode d’emploi, mais juste savoir comment c’est ailleurs.
Et puis, je n’ai jamais franchi le pas. Parce qu’à chaque fois, un événement, ou une discussion, m’ont fait prendre conscience de la chance que j’avais. De la facilité avec laquelle tout se passait. De l’idéal d’une situation pourtant pas gagnée au départ, mais où chaque personne se comporte le plus intelligemment possible et garde à l’esprit un seul intérêt commun: Miss Blondinette. Alors ce serait bien mentir que de vous dire qu’il n’y a pas de tensions, pas d’accrochages avec la maman, mais je ne sais pas si nous sommes nombreuses, nous les “jolies maman” (idem pour les “beaux papa”) à se retrouver à profiter d’un repas agréable, tous réunis…
Rentrée sur les chapeaux de roue, qu’il me paraît loin déjà, mon lac….
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24.8.2010 par Flo.
Pendant cette semaine quasi volée au temps, j’ai emmené mon cher et tendre à la découverte d’une région qu’il ne connaissait pas vraiment.
On s’est concoctés un joli roadbook prétentieux, en se demandant à peu près à quelle étape la moto nous montrerait des signes de faiblesse. Dans mes prévisions personnelles, je n’ai pas été trop loin de la vérité.
On a fait un joli mélange d’étapes amicales, familiales, amoureuses. Des coins connus, d’autres moins.
J’ai remis mes pas dans ceux de la petite fille que j’étais; ou plutôt, la toute petite fille, la plus grande fille, la jeune adolescente.
J’ai fait découvrir à mon amoureux les lieux de mon enfance. Ceux qui ont accueilli mes premières baignades, mes émerveillements, mes souvenirs de vacances. Une région qui m’est si familière et qui a tant changé, malgré tout.
Pour la première fois, je la voyais au travers de ses yeux surpris et conquis. Et j’ai à nouveau pris conscience de la chance immense que j’ai eue.
Etrange sensation de familiarité et nouveauté mêlées…
Et puis un constat aussi, celui déjà posé ici il y a très peu de temps, et confirmé par ce simili pélerinage: il y a quelque chose qui me manque: j’aime la paix et la douceur du paysage méditerrannée, mais j’aspire à plus de puissance, plus de force, plus d’éléments déchaînés et incontrôlables. Je peine désormais à trouver du charme dans les doux valonnements saturés de villas qui rivalisent de colonnades et grandeur de piscine. J’ai mille fois béni notre facilité à nous faufiler dans les interminables files et bouchons à chaque sortie ou entrée de localité. Le moindre kilomètre parcouru là-bas se compte maintenant en demi-heure de trajet, et j’ai infiniment de compassion pour les locaux qui endurent cela à l’année.
Je ne suis pas dupe non plus. Ce n’est pas parce qu’on passe de la mer à l’océan que d’un coup, les touristes sont moins nombreux, et les paysages moins pris d’assaut. Mais j’ai assisté, un peu triste et nostalgique, à la disparition progressive des joyaux exceptionnels qui ont composé les images et les photos de mon enfance. Avalés par le béton, les voitures, les incendies, l’alignement des serviettes de plage, voiliers remplacés par des hors bords de plus en plus grands et bruyants.
Une fois encore, lucide, je me suis dit que ce que je voyais était bien aussi le reflet de mes changements intérieurs…
L’une des nombreuses pépites révélée au détour d’un sentier du littoral, lorsque lassés par la prise d’assaut de notre mètre carré de plage, nous avons cédé notre place aux convoiteurs, et sommes partis à la découverte de la côte.
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23.8.2010 par Flo.
Même les meilleures choses ont une fin, et ce matin, le chemin de retour vers le bureau avait un petit goût d’amertume.
Le mois dernier, j’avais dans le pare brise une semaine de congé qui allégeait la reprise, je pouvais à nouveau cocher les journées sur le calendrier avant de repartir, et pour des projets plus que délicieux.
Aujourd’hui, les prochaines dates ne sont même pas arrêtées. J’ai dans le rétroviseur de doux souvenirs, de merveilleux moments, près de 400 photos qu’il a fallu trier (c’est ça, un chéri fan de photos, il sort des pépites, mais il faut ouvrir toutes les huîtres pour tomber sur les perles), une bonne paire de courbatures dues à des kilométrages inavouables sur une moto brave et vaillante, et du mal à atterrir dans la canicule: physiquement et moralement, tout est encore là-bas, au bord de la mer.
Pour aujourd’hui, ce sera tout. On reprend en douceur, on ne va pas griller toutes les cartes le premier jour. Et puis je ne suis clairement pas la seule à être revenue, il y a beaucoup de retard de lecture à rattraper aussi.
Je vous concocte quelques petites photos, je lèche un peu les présentations, et je suis de retour dès que possible!
Lumières changeantes, couleurs et bleu de la mer, vent dans les mâts, doux ronrons des moteurs; depuis notre retour, je me réveille la nuit et cherche l’odeur de l’embrun, le bruit des bateaux…
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5.8.2010 par Flo.
*Il fait plutôt beau et chaud pour un mois d’octobre.
*J’ai déjà perdu tout le bronzage que j’avais péniblement acquis pendant mes vacances, pour faire taire les mauvaises langues qui disent qu’on ne part pas en Juillet dans le Nord (comprendre que pour eux, le Nord commence à 20 km plus haut de la ville où j’habite, donc la cause est désespérée d’avance).
*Je m’étonne de ne pas ressentir à ce point le manque de mer, moi qui suis une aquatique, un poisson, une plongeuse, une nageuse. Mais les quelques photos des plages surbondées sur lesquelles je tombe font de suite taire les vagues envies qui pourraient surgir. Et puis bon, je l’avoue, le programme d’une petite virée méditerranée, malgré tout et parce que les occasions qui se présentent pour la semaine de vacances de rab semblent nous pousser là-bas, me font penser que j’aurai malgré tout ma dose d’iode estival (en évitant les entassements humains, c’est sûr et certain)…
*J’aime ce mois d’août pas trop chaud (désolée pour tous ceux qui subissent le mauvais temps pendant leurs vacances): c’est le confort pour travailler, pas de voiture en surchauffe au retour, pas de nuits remplies de sueur…limite trop froides?
*Le bonheur du matin en semaine: partir alors que tout est silencieux, tellement silencieux qu’on s’imagine au milieu de la nuit. Arriver au boulot en 15 minutes au lieu des 40 habituelles. Rentrer le soir en 20 minutes.
*L’avantage de travailler pendant que tout le monde est en congé, c’est qu’on se sent quand même un peu en vacances, encore..Presque trop, la paresse me gagne au travail, je ne fais que le strict minimum, même pas.
*L’inconvénient de revenir quand tout le monde part, c’est que niveau blogosphère, c’est désert. Désespoir, et mes petites lectures quotidiennes, alors, je vais les piocher où? Je pars à la découverte, j’enrichis ma blogroll, mais bon, ça me manque quand même…
*Même à la radio c’est la misère. Alors découverte de nouvelles stations. Rentrer en écoutant de petits reportages; “quel est le plus beau jour de votre vie”? Consternée, j’entends ceux qui réfléchissent tellement longtemps, je leur trouve des excuses, c’est forcément parce qu’ils sont timides devant le micro, quand même, il y a tant de réponses qui me viennent à l’esprit, à commencer par celle-ci: toute journée est une succession de petits bonheurs, le plus beau jour de notre vie devrait être chaque nouvelle journée, non?
J’y travaille…
Hier matin, au moment où j’émerge et arrive dans le salon, temps suspendu, poudre d’or dans les feuilles face à la baie vitrée, juste le temps d’empoigner l’appareil, de figer cela tant bien que mal et regretter de ne pas avoir le rendu réel. Juste après, les nuages noirs et menaçants sont arrivés et nous ont couvert toute la journée…
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3.8.2010 par Flo.
Comme la grande majorité de la gent féminine, je dois me résigner à avoir ce genre de baisse moral à peu près mensuellement. Je peux toujours essayer d’atténuer, de m’y préparer, mais n’empêche, ça me tombe dessus plus ou moins régulièrement.
Le tout assaisonné d’une journée où les galères s’enchaînent, où d’un coup, je suis dépassé par les demandes, les événements, particulièrement au boulot: déprime des collègues pas encore partis en vacances, déprime des collègues tout juste revenus et pas encore remis dans le bain, interrogations, doutes, le cocktail explosif. Provoqué par mon état d’esprit, amplifié, ou alors un simple “manque de bol” version loi de Murphy?
Et puis, et puis…Il y a ce retour à la maison, la douceur de retrouver mon homme, celle d’être en amoureux. Miss Blondinette est rentrée chez sa maman, et j’ose le dire, en “jolie-maman” indigne, que je suis heureuse de ces moments à 2, dans l’intimité, qui m’avaient un peu manqué courant du mois de Juillet.
Et puis il y a cette merveilleuse nouvelle, le stage est décroché comme ça d’un coup, le courant est bien passé, il a pu négocier la date du début nous permettant de partir en vacances comme convenu (Anne, merci de ton excellente intuition!!), ce qui était compromis et tant soumis à cette expérience indispensable. Une proposition même de contrat, pourquoi pas, à étudier et négocier, rien de sûr mais juste l’éclaircie tant attendue, le grand soupir de soulagement, le plaisir de fêter ça en tête à tête, petite bouteille de champagne et saumon fumé, on ne se refuse rien.
L’éclaircie, recharger les batteries, retrouver du courage, relativiser…
Cascade de lumière dans le ciel menaçant, sur mon lac tant aimé et si imprévisible….
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