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Archive pour 24.8.2010

De souvenirs en découvertes

Pendant cette semaine quasi volée au temps, j’ai emmené mon cher et tendre à la découverte d’une région qu’il ne connaissait pas vraiment.
On s’est concoctés un joli roadbook prétentieux, en se demandant à peu près à quelle étape la moto nous montrerait des signes de faiblesse. Dans mes prévisions personnelles, je n’ai pas été trop loin de la vérité.
On a fait un joli mélange d’étapes amicales, familiales, amoureuses. Des coins connus, d’autres moins.

J’ai remis mes pas dans ceux de la petite fille que j’étais; ou plutôt, la toute petite fille, la plus grande fille, la jeune adolescente.
J’ai fait découvrir à mon amoureux les lieux de mon enfance. Ceux qui ont accueilli mes premières baignades, mes émerveillements, mes souvenirs de vacances. Une région qui m’est si familière et qui a tant changé, malgré tout.
Pour la première fois, je la voyais au travers de ses yeux surpris et conquis. Et j’ai à nouveau pris conscience de la chance immense que j’ai eue.
Etrange sensation de familiarité et nouveauté mêlées…

Et puis un constat aussi, celui déjà posé ici il y a très peu de temps, et confirmé par ce simili pélerinage: il y a quelque chose qui me manque: j’aime la paix et la douceur du paysage méditerrannée, mais j’aspire à plus de puissance, plus de force, plus d’éléments déchaînés et incontrôlables. Je peine désormais à trouver du charme dans les doux valonnements saturés de villas qui rivalisent de colonnades et grandeur de piscine. J’ai mille fois béni notre facilité à nous faufiler dans les interminables files et bouchons à chaque sortie ou entrée de localité. Le moindre kilomètre parcouru là-bas se compte maintenant en demi-heure de trajet, et j’ai infiniment de compassion pour les locaux qui endurent cela à l’année.

Je ne suis pas dupe non plus. Ce n’est pas parce qu’on passe de la mer à l’océan que d’un coup, les touristes sont moins nombreux, et les paysages moins pris d’assaut. Mais j’ai assisté, un peu triste et nostalgique, à la disparition progressive des joyaux exceptionnels qui ont composé les images et les photos de mon enfance. Avalés par le béton, les voitures, les incendies, l’alignement des serviettes de plage, voiliers remplacés par des hors bords de plus en plus grands et bruyants.

Une fois encore, lucide, je me suis dit que ce que je voyais était bien aussi le reflet de mes changements intérieurs…

var3.jpg

L’une des nombreuses pépites révélée au détour d’un sentier du littoral, lorsque lassés par la prise d’assaut de notre mètre carré de plage, nous avons cédé notre place aux convoiteurs, et sommes partis à la découverte de la côte.

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