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Archive pour 3.9.2010

Chimpanzés

Le week-end dernier (wé, je sais, on est déjà vendredi et c’est seulement maintenant que je parle de ça), on a testé l’accro-branches. A notre tour, puisque Miss Blondinette avait inauguré le concept cet été, et qu’on était restés à côté d’elle pour l’assurer (la rassurer un peu aussi, brièvement). Et qu’il n’était clairement pas propice de s’y lancer en la laissant à son tour nous attendre en bas (beaucoup plus bas que nous).

Donc, on s’était fait la promesse de tester la version adulte au mois d’Août.
Nous voilà donc en moins de temps qu’il n’en faut pour payer, équipés d’un harnais, mousquetons et poulie, et en ce qui me concerne une bonne dose d’appréhension. J’adore l’idée de grimper aux arbres, mais mon subconscient un peu moins, puisque régulièrement quand j’ai la mauvaise idée de monter plus de 4 barreaux d’échelle, mes jambes deviennent un peu plus caoutchouc, et mes phalanges ont tendance à blanchir sur les poignées.

Du coup, l’aventure était un petit défi pour moi, du genre “je teste et je repousse mes limites”.
Le parc n’était pas mal fichu du tout. Ils avaient organisé des parcours en version pistes de ski, avec difficulté progressive: vert, bleu, rouge, et les fameuses, tant appréhendées (admirées, enviées) noires.

Je n’ai pas fait la maline lorsque je me suis retrouvée assez rapidement à plus de 3 mètres de hauteur. Mais à la différence d’une échelle, j’étais assurée. Et j’ai progressivement surmonté les difficultés, et appris à faire confiance au matériel. Croyez-moi, c’est autre chose, de savoir que quoi qu’il arrive, vous pouvez lâcher ou vous suspendre, et qu’a priori vous avez des sangles certes inconfortables, mais bien présentes pour vous retenir.
Même les tyroliennes sont devenues sympas, alors que véritablement je n’adore ni la vitesse, ni le vide.

On a donc bravement enchaîné les 6 premiers parcours, jusqu’à terminer la rouge. Et s’offrir un repos bien mérité (c’est que ça commençait un peu à tirer dans les bras). Et puis on s’est dit que quand même, fallait pas déconner, on allait bien se la tenter, cette première noire dont tout le monde parlait. L’autre, c’était acquis pour moi, ça se faisait à la force des bras, et je suis volontiers un peu tête brûlée, mais lucide sur mes capacités: je n’avais pas assez de force pour la traverser. Par contre la première…

On a dû mettre plus d’une heure pour le parcours en entier! Pour le coup, il n’y avait pas d’attente, et j’ai vite compris pourquoi. A la fin de chaque étape, je me disais “cette fois c’est sûr, la prochaine issue pour descendre, je la prends!” La seule chose qui m’a retenue, ce n’est ni la fierté ni même la volonté, soyons honnête et lucide, mais c’est que je flippais encore plus à l’idée de me descendre 20 mètres d’échelle même assurée, plutôt que de devoir continuer.

Et pourtant, à chaque pas supplémentaire, je me disais aussi que mes bras allaient rester accrochés, et moi j’allais tomber, que ce n’était plus possible; je me suis souvenue de ce qu’était le vertige, souvenue aussi que j’avais un coeur qui savait battre sacrément vite, lorsqu’à mi chemin, sur un câble de funambule, accrochée à un autre unique câble juste en-dessus de 30 mètres de vide, j’ai dû m’asseoir sur mon baudrier (cette fois, je me suis dit qu’il avait vraiment intérêt à être solide, et moi à avoir confiance), et souffler parce que mes cuisses me brûlaient et que je ne sentais plus mes bras. Ni mes poumons. Ni tout le reste en fin de compte.

J’ai donc atteint mes limites. Physiques, mais ça, ça s’améliore toujours (et ce ne serait pas dur en ce qui me concerne), mais aussi psychologiques. Contente de l’avoir fait. Mais lorsqu’on y retournera (sans nul doute) avec les copains, je les regarderai d’en bas. Et leur prodiguerai force encouragements en sirotant mon sirop. Et je resterai avec eux sur toutes les autres couleurs, sauf le noir.
J’aime bien jouer au singe, mais là quand même, j’ai fait la grimace!

mbaccro2.jpg

Elle rêve aussi d’y retourner! Je m’émerveille de leur courage, leur élan, leur facilité à surmonter les difficultés sans prendre conscience réellement de ce qui nous bloque, nous adultes….

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