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29.11.2010 par Flo.
27 Novembre: armé comme du béton…
Plus jeune, j’avais une carapace. Créée j’ignore comment, parce que j’ai eu une enfance plutôt idyllique, un cocon familial stable et plaisant, et un univers où tout m’était offert.
J’ai passé l’adolescence sans réelle révolte, mais dans un enfermement progressif, sur moi-même et par rapport aux autres. J’ai toujours su être présente en société, mais je me forgeais inconsciemment cette carapace bétonnée, remplie de peurs, d’angoisses, de doutes et de terreurs. Un peu comme si, en m’enfermant, je les clôturais avec moi, et ne pouvais plus m’en débarrasser.
Cette armure s’est fendillée à la fac, grâce à des amis qui ont eu la patience de me prouver que la vie au-dehors n’était pas si terrible que ça. Et surtout que j’avais, paradoxalement, les armes pour m’y frotter.
J’ai vécu l’insouciance d’un agréable quotidien de très jeune adulte, ou adolescente tardive, grâce à ce nouvel univers, à la fois ouvert mais également protégé et sécurisé, où j’avais posé mes repères, les cours, les profs, les lieux, ma ville que je commençais enfin à connaître.
J’ai fini par m’exposer passé la vingtaine, en envoyant tout voler d’un coup. Le cocon parental, mon pays, je suis partie brusquement, sans prévenir personne de mes intentions à long terme qui étaient pourtant déjà claires dans mon esprit. Enfin quelqu’un avait réussi à percer mon armure, j’y ai laissé des plumes et ô combien, mais fort heureusement, jamais je n’ai remis en question cette mise à nu, cette prise de risques.
Depuis plusieurs années, au travers de tout ce que je traverse et tous les changements, bouleversements que j’ai vécus, j’ai appris à laisser le béton s’effriter. J’ai compris que ce qui ne tue pas rend plus fort, et que ce n’était pas en me fermant aux autres que j’y parviendrais, mais en acceptant ce que cela provoquait en moi, et en le soignant….
28 Novembre: détails du plafond…
Depuis quelques semaines, je scrute chaque recoin des pièces que je traverse à la recherche des araignées sournoises qui pourraient s’être planquées chez moi, même si nous habitons en appartement, en ville, au 3ème étage. Entre elles et moi, c’est une guerre dans laquelle je ne combats pas, puisque lorsque j’en déniche une, j’émets un râle, me réfugie dans le couloir et appelle mon homme au secours pour qu’il m’en débarrasse.
La dernière en date a été particulièrement douée, elle a dû comprendre qu’elle n’aurait pas sa chance au plafond. Elle s’est donc plantée dans la salle de bain, sur le mur, droit en face de moi dans la douche. Et pourtant, j’ai mis un bon moment avant de l’apercevoir. Je m’étonne encore de ne pas avoir provoqué une catastrophe en série (du type glissade, lâchage de savon, agrippage de rideau et inondation de la pièce). J’ai hurlé, la cavalerie a débarqué affolé, et je me suis défendue par un “elle est vraiment très grosse et pas belle du tout”. Et j’avais raison, d’abord!
Je ne suis pour autant pas assez assidue à virer toutes les petites toiles qui traînent dans les recoins inaccessibles. Du moment que leur habitante ne les occupe pas (ou qu’elle est assez intelligente pour se planquer en mon absence, au choix), je laisse aller, ou j’attends d’être prise d’une frénésie de ménage, ce qui arrive à peu près tous les 30 février, pour me mettre à passer l’aspirateur à l’envers. On marche sur la tête.
Bon, et sinon chez nous, il n’y a ni dorure, ni peinture, ni tapisserie au plafond (véridique, je l’ai vu). C’est bêtement blanc, un peu sale et parfois crépis. Il ne faut pas exagérer non plus, ce n’est pas chez nous autrement qu’en location, et nous n’avons pas collé de petites étoiles qui brillent dans le noir…
29 Novembre: rues…
Il y a celle en bas de chez moi. Bordée de platanes, et si somptueuse en automne. Dans laquelle je guette le printemps, les premiers bourgeons, les premières fleurs. J’aime ce tunnel vert, ou rouge flamboyant selon la saison, qui m’amène jusqu’à mon cocon, notre chez nous.
Il y a celles du boulot. Zone industrielle, béton et froideur. Mon seul bonheur, c’est de découvrir le ciel qui s’embrase, au matin ou le soir, dans les vitres des bâtiments. D’un coup, flash dans l’oeil et chercher d’où vient cette lumière si soudaine. Dégradés de roses, rouges, oranges, flammes qui amènent de la couleur dans le gris. Du baume au coeur pour aller travailler, ou parce que la journée est finie.
Rues que je traverse dans mes trajets quotidiens. Des chauffards à n’en plus finir, que ce soit en rocade ou le long du fleuve, raccourci qui n’en est plus un. Ruelles de ma ville, briques rouges et petites impasses, au détour d’un bâtiment s’ouvre une porte cochère et derrière, j’ai juste le temps d’admirer les cours intérieures des fabuleux hôtels privés qui se nichent ça et là et ne se laissent dévoiler dans leur pudeur que par hasard.
A pied, je fuis les boulevards et cherche l’intimité, loin de la foule et du bruit. En voiture, je vais au plus direct, et j’essaye de guetter, même derrière le volant, les moments magiques qui se présentent à moi dans n’importe quelles circonstances…
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26.11.2010 par Flo.
25 Novembre: tête pleine de…
Tête pleine d’images. J’aime ce qui m’arrive devant les yeux lorsque je lis des récits, écoute les gens parler. J’aime me faire mon petit théâtre individuel, ma séance de cinéma perso. J’ai l’esprit toujours rempli d’instantanés, j’ai résolument une mémoire visuelle, très peu auditive.
Tête pleine de musique, j’abandonne la radio informative le soir, au profit d’une musique facile, et il faudrait vraiment que je me décide à installer un poste un peu plus évolué sur ma voiture, histoire de lire des mp3, ou au moins des CD.
Aujourd’hui était la dernière journée sans mon collègue, je pouvais écouter ma sélection de morceaux, j’en ai profité et demain, je lui rends la télécommande!
Tête pleine de pensée, des bouts de phrases que je n’assemble que difficilement pour en faire ce tout petit billet, des mots qui fusent, des idées qui s’évanouissent et me filent entre les neurones. C’est frustrant!
26 Novembre: une bonne chose de faite…
Encore une semaine clôturée, derrière moi.
J’ai passé le témoin à mon collègue enfin de retour, me suis délestée d’une pile de dossiers, et de tout ce que j’ai dû assumer et qui ne m’appartenait pas. Un peu plus de légèreté, un peu moins de pression, et puis 2 jours pour souffler avant de reprendre. Les échéances s’approchent aussi, de toute façon dans peu de temps nous serons fixés, on sent le relâchement tout autour, mêlé d’inquiétude.
Ce soir, je suis rentrée tard, j’aurais voulu m’acquitter des tâches rébarbatives, ménage et courses, mais ce sera pour demain, tant pis. Surtout, j’ai eu une belle discussion avec une femme formidable, qui m’ouvre de nombreux horizons. Elle fait partie de ces balises sur ma route, elle n’est pas arrivée par hasard, et j’ai la sensation que nous aurons un joli chemin à parcourir ensemble. Elle m’impressionne beaucoup, par ses compétences, sa façon d’être, son parcours…et m’offre des perspectives merveilleuses. A l’heure où la remise en question est un point central de mon quotidien, et de mes pensées, ça fait du bien de trouver un guide. Et j’ai un peu de travail de défrichage à faire de mon côté.
Une bonne chose de faite? Avoir clôturé cette note, aussi insatisfaisante soit-elle pour moi…
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25.11.2010 par Flo.
22 Novembre: il suffirait de trois fois rien pour…
Pour trouver de l’inspiration.
Pour me lancer et écrire ce qui me passe par la tête.
Pour m’énerver une bonne fois pour toutes (?)
Pour m’apaiser
Pour sourire
Pour pleurer aussi
Pour commenter, pour me taire
Pour parler encore, pour hausser les épaules
Il suffirait de trois fois rien pour que le chemin que je choisis ne soit pas le même. Je suis dans ces périodes où l’on sent que chacun de nos actes, paroles, pensées, influe sur notre futur.
Il suffirait de trois fois rien…mais je ne l’ai pas fait, et j’ai fait autre chose.
22 Novembre: séduction de…
Pour les leçons, passez votre chemin. J’ai dû perdre la notion de séduction à mon adolescence, et je la retrouve à peine. En ce qui me concerne, parce que je sais par contre très bien détecter chez les autres ce qui est de l’ordre de la séduction, naturelle ou artificielle. Du moment que je suis spectatrice extérieure.
Je regarde Miss Blondinette et je la vois si à l’aise avec son monde, son public. Consciente de ses sourires, charmeuse et joueuse, séductrice enfantine et innocente. J’étais comme elle à son âge, je crois. Je me souviens que je menais mon entourage à la baguette, et que je savais qui je pouvais faire fondre, et auprès de qui ce serait plus compliqué.
Je joue de ma séduction retrouvée (un peu de confiance en moi?) chaque jour au travail. Il faut bien tirer un avantage à être une fille dans ce monde d’hommes. Ca m’amuse, tout autant que ça amuse mes collègues. Nous connaissons nos limites, et nous en rions ensemble. Quant à mon Yaka, je bénéficie avec lui d’une immunité dont je suis la première étonnée. Séduction sans doute, mais une forme de réel masochisme de sa part, puisque je ne l’épargne pas. Sans doute un bonus lié à mon statut, mais pour combien de temps encore…
24 Novembre: j’étais un animal quand…
Nous avions mis le voilier à la cape depuis quelques temps déjà, et certains d’entre nous étaient descendus à l’eau. Plus loin, nous avions repéré un troupeau de globicéphales, et nous voulions voir comment ils se comportaient.
Je me transformais en poisson, là au milieu de nulle part, à des milles au large de Nice et de la côte. La houle était notre seul horizon, je voyais la coque du voilier monter et descendre, et sous mes pieds, au-delà de la lumière du soleil, il y avait l’obscurité et des centaines de mètres. C’était une sensation déroutante de vertige dans l’eau, celle de ne pas pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit, et de ne pas pouvoir voir le fond, le bout.
J’ai mis la tête sous la surface, masque et tuba, et entendu que là-bas, plus loin, ça papotait. Cliquetis et sifflements, le troupeau communiquait et nous n’en percevions qu’une infime partie.
Sur le bateau, notre capitaine les tenait à l’oeil: ils étaient nombreux, on avait repéré des petits, il fallait rester prudents, et surtout calmes. Deux d’entre nous étaient déjà remontés à bord, ne parvenant pas à assimiler le manque de repère au milieu de nulle part, et ces animaux que l’on savait bienveillants, mais qui étaient aussi à l’état sauvage, et donc imprévisibles.
Nous sommes longuement restés, le troupeau s’est un peu approché, à distance raisonnable. J’ai fini par les voir, de loin, sous l’eau, des formes sombres qui se mouvaient avec grâce, et toujours ces paroles et cliquetis. Ils ne s’approcheraient pas plus, mais n’étaient pas partis non plus.
Nous avons fini par tous retourner à bord. Et rester sur le pont, avec les jumelles, et pour certains des appareils photos avec de gros objectifs. Les dos apparaissaient, disparaissaient, et les plus petits ont fini par s’enhardir, plus curieux sans doute que la moyenne. Puis les plus âgés, jusqu’à ce que d’un coup, ils soient là, à portée de main, devant le bateau, sous le bateau. C’était magique.
Je n’avais pas envie de quitter ce spectacle des yeux, et pourtant je savais mon appareil en bas, dans la cale. J’ai fini par me décider, après tout, le temps de descendre les 6 marches de l’échelle, aller jusqu’à mon sac, et remonter, ils n’allaient pas partir non?
En bas, je me suis approchée de mon sac, dans ma banette collée contre la paroi. Je les entendais d’ici aussi, de façon amplifiée, caisse de résonance de la coque, cette sensation d’être dans un autre univers.
Et puis je ne sais exactement ce qui est arrivé. Il y avait un jeune, tout près de l’autre côté de la paroi, m’ont dit mes camarades ensuite quand je suis remontée. Qui a senti ma présence, bien entendu. Et qui a fait avec moi ce qu’il fait avec tous ses congénères: il m’a sondée. Des pieds à la tête, du cheveux au moindre poil, il m’a localisée, il m’a vue, il m’a entendue, il m’a parlé. J’ai senti cette onde, cette énergie, cette puissance déferler sur moi et en moi comme un raz de marée, je me suis sentie vidée puis remplie à nouveau, je me suis sentie animale parmi les animaux. C’était incroyable, une sensation jamais renouvelée, mais jamais retrouvée aussi.
L’espace d’un instant, j’ai été en contact profond, intense avec cet être-là.
Et il m’a transformée.
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23.11.2010 par Flo.
J’ai esquivé le tag de Zelda, et voilà que Lyjazz m’attendait au tournant! Finalement, entre les échanges de commentaires sur ces différents blogs et ailleurs, j’essaye de me lancer dans le défi du 15 auteurs en 15 minutes.
Que les choses soient claires et honnêtes: entre le moment où je me suis dit “ok je le tente” et le moment où je publie ce billet, il s’est passé bien plus de 15 minutes. Parce que j’ai forcément cherché, mûri, réfléchi à ce que je voulais mettre et les commentaires qui allaient avec.
J’ai lu le billet de Zelda, je n’ai pas encore lu celui de Lyjazz. Mais d’ores et déjà, les règles ne sont pas tout à fait respectées, je le confesse.
Alors voici, dans le désordre et sans ordre de préférence:
-Molière: découvert au théâtre, et je crois avoir lu quasi l’intégralité de ses oeuvres. Oui, je fais partie de ceux qui adorent lire le théâtre, et qui se font leur propre pièce en lisant. Cet homme était un génie de l’humain, et je pense que je ne m’en lasserai pas.
- J.R.R Tolkien: moi qui ne suis pas une fan de fantaisie, je n’ai jamais été aussi transportée que dans Le Seigneur des Anneaux, que j’ai lu et relu. J’ai pleinement adhéré à son univers, j’y ai été transportée, oui j’adore l’adaptation cinématographique et je n’ai pas honte de le dire non plus. J’ai d’abord plongé dans Bilbo qui m’a fait découvrir l’auteur; ses oeuvres parallèles sont un peu plus difficiles d’accès selon moi, mais il ne doit pas me manquer grand chose dans tout ce qu’il a produit.
- Patrice Van Eersel: je ne sais plus aujourd’hui comment j’ai découvert cet auteur qui fut pour moi une révélation. Le 5ème Rêve, La Source Blanche et La Source Noire, que j’ai relus plusieurs fois. Ce sont les quelques ouvrages non romanesques qui m’ont transportés comme des romans, et de véritables livres de chevet, au sens premier du terme.
- J.K Rowlings: eh bien oui, je suis une fan de la deuxième heure du sorcier. Je me revois encore dans cette librairie, contempler les 3 premiers tomes au rayon enfant en me demandant ce que c’était et pourquoi ça faisait tant de bruit, puis les acheter…et ne plus en décoller les yeux. Au point d’avoir lu les 2 derniers volumes en Anglais pour ne pas attendre la sortie française plus tardive. J’aime les lectures à niveaux différents de cette série, et la simplicité avec laquelle on se laisse transporter dans cet univers. Je reste bien plus dubitative sur les adaptations cinématographiques cependant.
-La Mythologie grecque: ce sont les contes de mon enfance. Je dédaignais Cendrillon et Blanche Neige qui m’horripilaient, au profit de Zeus et ses courses à la séduction, les facéties d’Hermès et les trahisons d’Aphrodite. J’étais une incollable, et j’ai baigné grâce à ma mère, qui a entretenu cette passion, dans les récits et les rêves de la Grèce Antique. Je n’ai pas d’ouvrage de référence à citer ici, ce qui est bien dommage d’ailleurs.
- Julien Gracq: Un balcon en forêt est le seul ouvrage que j’ai lu de cet auteur, dans le cadre des lectures obligatoires de mes études, qui avaient tendance à me faire détester tout ce que je lisais. C’est d’ailleurs ainsi, et malgré une prof de français fabuleuse au lycée, que j’ai détesté tous les classiques. Mais néanmoins, Gracq m’a touchée, pas au point de relire des choses de sa plume, ce qui est bien bête, mais suffisamment pour qu’aujourd’hui encore, je pense souvent à l’embellie, cette notion de chant du cygne qu’il a si divinement décrite. Tiens, il faudrait que je le reprenne…
- Emily Brontë: ses Hauts de Hurlevent, en Anglais dans le texte. Puis relus en Français. Etudiés en classe, avec mon esprit de contradiction, j’ai infiniment adhéré à la littérature anglaise, bien plus qu’à la française. J’ai adoré les histoires imbriquées, ces héros torturés, ces paysages sombres. Ca ne me ressemble pas, et cependant…
- Oscar Wilde: encore de la littérature anglaise. Encore un auteur torturé (il est presque flippant de révélations, cet exercice). Je n’ai pas lu énormément, mais j’ai aimé découvrir l’homme et son histoire au travers de ses écrits: The importance of being Earnest (une jolie petite pièce de théâtre fort amusante), et bien entendu, le fameux Portrait de Dorian Gray, dont je n’ai pas vu le film.
- Max Frisch: Andorra. Un auteur suisse, et un roman inspiré par la Seconde Guerre et la problématique des étrangers et de l’invasion du territoire. Lu en Allemand avec quelques difficultés, et néanmoins suffisamment de plaisir pour le relire en Français. Malheureusement furieusement d’actualité.
- Franquin: ah là, j’avoue, si je n’avais pas lu Zelda parler de BD, je n’aurais pas osé, et n’y aurais pas pensé.Mais Gaston Lagaffe est mon héros, celui de toujours, celui de mon enfance. Celui dont nous nous racontions les blagues en famille, au repas. Celui qui m’a fait hurler et pleurer de rire, même à la 200ème lecture. Je rêve de racheter la série entière, laissée chez mes parents. Et d’y rajouter les Idées Noires, que je connais moins bien.
- Patricia Cornwell: la série des Scarpetta m’a très longuement tenue en haleine, jusqu’à il y a quelques années où j’ai complètement décroché, parce que ça devenait trop compliqué, trop tiré par les cheveux, trop long. Ca ne m’empêche pas de lorgner sur les livres quand je passe en librairie, et d’en emprunter un lorsque l’occasion se présente à moi…mais c’est bien souvent pour être déçue désormais.
- Maxime Chattam: sa trilogie du mal (L’âme du mal, In Tenebris, Maléfices) sont parmi les romans faciles qui m’ont le plus impressionnés ces derniers temps. Mais c’est un auteur totalement inégal, capable de m’enthousiasmer et de me décevoir profondément. D’ailleurs, je n’ai pour l’instant pas trouvé mieux que cette trilogie dans ce que j’ai lu de lui.
- Francis Ponge: je ne suis clairement pas une lectrice de poésie. Je rentre très mal dedans, je peine à trouver le rythme. Ponge est l’un des auteurs étudiés en cours, et qui m’a plu par la simplicité de ses sujets, et sa façon de les traiter. Je les reprends ponctuellement, je passe devant le livre, l’ouvre et lis un poème, puis le referme. Je ne conçois pas la poésie autrement.
- JMG Le Clézio: j’ai découvert cet auteur à mon adolescence, et lu une grande partie de ses romans. Il a cette façon d’ouvrir des horizons, de faire voyager, d’offrir une ambiance qui me séduisait. J’ai cessé il y a quelques années, le trouvant trop répétitif.
- Edmond Rostand: Cyrano de Bergerac. Eh oui, encore du théâtre. Plus jeune, après avoir appris la tirade des nez, j’avais décidé d’apprendre des scènes entières de la pièce; je n’ai jamais été au bout de ce projet, mais j’ai lu et relu l’ouvrage une quantité innombrable de fois.Et vu tout aussi souvent l’adaptation cinématographique qui me transportait autant que la lecture…L’un des rares films qui m’ait fait pleurer, et un livre qui m’a fait chavirer…
Exercice rempli, le compte est normalement bon.Le chrono, par contre, très mauvais.
Et prend qui veut pour la suite, naturellement!
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22.11.2010 par Flo.
20 Novembre: Manger, boire, fumer, respirer, consommer
Ce soir, nous avions tous les deux envie de saveurs orientales, et nous voilà à tester l’un des nombreux restaurants marocains de la ville. Je me damnerais pour la coriandre et la salade de fèves en entrée, le tajine n’était pas assez citronné à mon goût, mais j’ai replongé en une soirée dans les saveurs de mes vacances d’enfant, avec un peu de nostalgie aussi. Il est temps qu’on s’offre ce voyage dont on rêve depuis un petit moment.
Boire un peu de vin, lorsque l’occasion se présente, nous achetons ou commandons au hasard, forts de notre totale ignorance au sujet, et nous exerçons notre palais..pas assez parfumé, trop amer, trop doux, trop alcoolisé. Hier soir, c’était un rosé “gris”, qui allait bien mieux à l’apéritif qu’au repas, mais qu’importent les conventions après tout…
Je n’ai jamais fumé. Je ne sais par quel miracle j’ai réussi à éviter cet écueil. Mes deux parents étaient fumeurs, ont plus ou moins arrêté lorsque j’étais enfant. Je n’ai jamais été tentée à l’adolescence, mais je me souviens précisément du moment où j’ai failli basculer à l’âge adulte. A Paris, assise sur les bords de la Seine, noyée dans mes chagrins, mes incompréhensions et mes angoisses; le Louvre était derrière moi, en face de moi, juste après le pont, un bureau de tabac. Et je me suis dit, pendant de longues minutes, qu’il ne tenait qu’à moi de faire ces pas, aller acheter le paquet, et fumer. Parce que j’en avais furieusement envie.
Je ne l’ai pas fait, parce que oui, j’aime respirer à plein poumons. Et qu’à cette époque je courais beaucoup, le sport était mon exhutoire. J’ai eu peur de la suffocation, peur de faire ce premier pas et de le regretter, et je crois que j’ai eu raison.
Consommer, c’est un mot à la mode, à connotation très négative. Je fais partie de ceux qui se positionnent dans la théorie et bien plus difficilement dans la pratique. Mais j’avoue (l’esquive est facile) que je n’ai pas très envie de m’arrêter sur ce mot-là aujourd’hui. A garder pour une prochaine note, peut-être….
21 Novembre: Une chance…
Non, pas une. Pourquoi une seule? Des dizaines, tout plein de petites et grandes chances qui ont parsemé mon parcours, et continuent encore de l’accompagner. La chance d’être aimée, entourée, comprise, soutenue. La chance de retomber sur mes pieds comme un chat quoi qu’il arrive. La chance d’avoir des projets, des envies et de savoir qu’ils sont réalisables tôt ou tard.
Je n’ai jamais rêvé de gagner au loto. Je rêve bien entendu, financièrement, d’améliorer mon quotidien, mais cette chance-là, la chance du gain et du jeu, je ne l’ai pas et ne la cherche pas. Je vis avec quelqu’un de chanceux, certes, bien plus de moi dans un tirage au sort ou sur du hasard, mais je sais aussi qu’il a cet état d’esprit pour la provoquer.
La chance est une boucle vertueuse. Le plus dur est de l’amorcer. La maintenir en traversant les tempêtes.
Je suis une râleuse, une pleurnicheuse patentée, mais je crois que j’ai cette capacité à reconnaître les chances dont je bénéficie. Je ne suis probablement pas assez reconnaissante de tout cela…
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20.11.2010 par Flo.
17 Novembre: des hauts et des bas
Voui. Eh bien les montagnes russes, c’est un peu ma vie du moment. Des hauts et des bas émotionnels. Des hauts et des bas professionnels. Un écartèlement entre les envies, les projets, les désirs qui me mordent le coeur et l’esprit, et la réalité du quotidien, celle pour laquelle on doit se lever, s’habiller, s’envoyer les bouchons, raler, et dérouler la journée.
Des hauts et des bas parce que je suis incapable de projeter ce que je serai dans 1 mois. Tout est en attente. Nous vivons les plus dures heures (journées, semaines…) d’une vie d’entreprise. Celle où l’on doit assimiler, digérer l’idée que nos efforts et nos investissements n’ont servi à rien. Accepter que l’un de ces nombreux patrons, le nôtre, avec sa folie des grandeurs, a réécrit avec notre participation involontaire la fable de la grenouille qui se prenait pour un boeuf.
Aujourd’hui, nous sommes en train d’éclater.
Et éclatent en même temps mes peurs, mes craintes, mes résistances, mes doutes. Ce que je dois combattre chaque jour pour concrètement, enfin, vivre ce que j’ai à vivre. Prendre le chemin qui clignote depuis si longtemps. Et avancer, au lieu de réfléchir à l’hypothèse de mettre le pied droit avant le pied gauche.
18 Novembre: c’est parfois si simple de….
J’ai passé la journée à trouver ce qui pourrait être si simple. Dans ma journée, ou dans la période actuelle. Mille et une choses tout à fait personnelles que je ne vais pas forcément étaler là, mais je suis aussi dans un état d’esprit alourdi par bien des complications autour de moi.
La simplicité n’est pas une évidence sur tous les sujets en ce qui me concerne. Elle l’est pour les petits bonheurs quotidiens. Les pointes de saveur délicieuses, un café au bord de la mer, un rayon de soleil hivernal sur le visage, regarder Miss Blondinette et son père rire ensemble et jouer, découvrir le bonheur de vivre à 2 ou 3 de façon sereine, ce qui, il y a quelques années encore, me paraissait impossible.
Mais ces temps, je suis alourdie par tout ce qui me bouffe 8 heures par jour et que je n’arrive pas à distance.
Aujourd’hui, il aurait été simple (ou pas) de faire demi-tour dans les bouchons d’1h20 qui m’ont fait arriver à une heure totalement indécente à l’agence. J’aurais dû, finalement, mais si l’acte est simple, les conséquences ne l’étaient clairement pas.
Il est parfois si simple de respirer un grand coup et amener de la légèreté dans notre vie. En théorie. En pratique, quand l’état d’esprit n’y est pas, la simplicité ne suit pas non plus…
Et je ne suis clairement pas satisfaite de ce billet-là, que j’ai mis un temps fou à trouver, non pas à écrire, mais qui veut tout dire et rien à la fois. Et d’autant moins satisfaite de savoir que ça se manifeste sur un sujet pareil, qui me tient à coeur. Révélateur avez-vous dit, mon cher Watson?
19 Novembre: une lumière…
Comment parler d’autre chose que de la lumière de ce matin, au moment de partir bosser? Soleil levant, ciel embrasé et au loin, le sommet enneigé des Pyrénées, tout au long de la route des images qu’on rêve de figer en photo mais qui ne rendraient rien, frustration intense.
La lumière d’un arbre encore enflammé de ses couleurs automnales, un rayon de soleil qui le caresse.
La lumière rougeoyante du soleil couchant dans le rétroviseur au moment du retour. Je suis dans une période où mes horaires de travail correspondent au lever et coucher du soleil, j’en profite au maximum.
Je suis une fille qui aime la lumière, bien plus que l’obscurité. Je me sens bien lorsque je suis dans un lieu vitré, lumineux, rempli de soleil, la baie chez nous m’enchante tout particulièrement et même si j’apprécie les ambiances feutrées, je ne pourrais pas envisager de vivre dans un lieu qui ne soit pas illuminé de toutes parts.
Aujourd’hui, la lumière était douce au matin et au soir, plus grise en journée mais qu’importe. C’était vendredi….
Soleil levant depuis chez nous, un matin comme aujourd’hui…
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18.11.2010 par Flo.
Je l’ai déjà raconté ici je crois, ma chère maman à moi a loupé sa vocation de documentaliste.
Ce qui fait que régulièrement, je reçois avec ses mails des pièces attachées, articles scannés, photos ou autres pépites trouvées dans les journaux qu’elle lit, et susceptibles de m’intéresser. Sur les sujets qui me tiennent à coeur, les gens que je connais, les événements marquants de ma région natale.
Je vous passe la pile d’articles découpés et soigneusement conservés physiquement pour mes visites. Et qui ne valent pas forcément un envoi mail, mais qui sont posés sur le lit à mon arrivée. J’ai de la lecture pour mes vacances.
L’autre jour donc, je reçois de sa part un article sur la nouvelle conservatrice d’un musée qui commence à être connu et se situe à 2 pas de chez mes parents. Que j’ai un petit peu fréquenté, étant à l’époque très proche du milieu Histoire de l’Art et étudiants associés.
Commentaire de ma maman “tu dois connaître cette fille, au moins avez-vous dû vous croiser dans les couloirs de la Fac, elle a ton âge et a suivi quasiment ton cursus”. Et belle photo juste à côté d’une jeune femme classe, robe noire, chignon et beau diamant.
Ah ben oui. Ca oui, je la connais. Reconnais du moins. Je me souviens bien de son prénom, plus du tout de son nom qui n’était pas celui de la légende, mais “maman de 2 petites filles” me suggère bien qu’un mariage et un changement de nom de famille sont passés par là, et qu’importe après tout.
On se croiserait aujourd’hui dans la rue, on ne se claquerait sans doute pas la bise, et j’ignore même si elle se souviendrait de ma tête et de mon prénom.
J’ai longuement regardé cette photo, partagée par les sentiments difficilement explicables qui m’habitaient. Déjà, j’avais beau savoir que cette femme avait le même âge que moi, rien que l’idée de l’appeler “femme” signifiait que j’acceptais qu’on m’appelle de la même manière aussi, et ça me semblait totalement incongru. Si j’avais dû me représenter à sa place, je me serais attendue à une photo d’une adolescente d’une vingtaine d’années, pas bien dans ses baskets et sûrement pas photogénique, encore moins en robe noire et chignon.
Et puis ce genre d’apparition, de référence à ma jeunesse, ça pointe du doigt tous les carrefours que j’ai pris, qui ont fait qu’aujourd’hui je suis au poste que j’occupe, dans le pays que j’ai choisi. Autrement dit: après les études que j’ai suivies, clairement pas le “boulot type” et “lieu imaginé” qui aurait collé à la définition première.
Pas un instant, pas une nannoseconde, je ne peux imaginer revenir sur mon exil. Choisi. Assumé. Douloureux bien des fois, mais conscient et volontaire. Ce choix de changement de pays était une telle évidence dans ma vie que je suis totalement incapable de me projeter adulte et à mon âge, dans mon pays natal. C’est tellement puissant que je ne sais pas comment l’exprimer autrement.
Sauf dans ces situations. Où en quelque sorte, on me pose devant les yeux un univers parallèle. Ces articles, ces images, me disent “tu vois, si tu étais restée, c’est ce que tu aurais pu être. Devenir. Ou du moins, dans cet univers-là que tu aurais gravité. Tout ce réseau social que tu as abandonné”.
Encore une fois, si je dois formuler un seul regret, il peut sans doute que concerner une forme d’échec professionnel. Qui ne devrait pas durer d’ailleurs et je l’espère, si enfin je me décide à me mettre en route. Mais nullement un échec personnel. C’est juste cette sensation très perturbante de schizophrénie, ou dédoublement du passé/présent, qui me donne un drôle de goût dans la bouche, et une drôle d’impression. Ni positive ni négative.
Comme un énorme point d’interrogation….
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17.11.2010 par Flo.
15 Novembre: dans le rôle principal, il y a….
Il y a 11 ans, ou peut-être même 12 en fait, mais quelle importance? J’ai croisé une fille incroyable sur la toile, comme ça totalement par hasard ou par des chemins que seul le destin peut s’amuser à nous faire prendre! Avec laquelle nous avons commencé à parler, parler….sans plus jamais s’arrêter. En 12 ans, je ne pourrai jamais compter le nombre de mots écrits, oraux, de coups de fil, de mails, de messages msn, de textos (un peu) qu’on a pu s’échanger.
Aujourd’hui, 12 ans après, c’est son anniversaire. Et comme bien souvent, je me demande comment serait ma vie sans sa présence. Et comme à chaque fois que je me pose la question, je me dis que ce serait tout bonnement impossible. Que nous devions nous croiser, nous rencontrer, et cheminer ensemble. Et réaliser tous ces projets que nous avons toutes les 2, qui se sont invités au milieu de nous, que nous nourrissons de nos rêves, de nos échanges, de notre enthousiasme, de nos questions.
Vous savez, il y a dans votre vie des étapes inévitables. Quand vous vous retournez, lorsque vous regardez dans le rétroviseur, vous voyez tout ce que vous auriez pu changer, éviter. Et puis il y a ces repères solides et incontournables. Les balises autour desquelles nous slalomons.
Je sais l’immense chance d’avoir une personne pareille dans ma vie. Je suis riche de sa présence, de la présence des siens, et de l’équilibre que je parviens à construire au quotidien, grâce à eux et à mon compagnon. Et je souhaite du fond du coeur le même bonheur à tous ceux qui m’entourent.
Alors oui, aujourd’hui puisque c’est son anniversaire, c’était l’occasion d’un petit clin d’oeil. Elle le mérite bien, elle qui m’a accompagnée dans mes hauts et mes bas depuis si longtemps…D’ailleurs lorsque je l’ai rencontrée, je n’habitais même pas le même pays qu’elle. Aujourd’hui, nous sommes voisines de quelques kilomètres.
J’ai de fort nombreux personnages principaux dans ma vie. Elle est l’un d’eux. Et en plus, elle a le même prénom que moi, c’est pas un vrai clin d’oeil de la vie, ça?
Bon anniversaire!
16 Novembre: comme un fil d’Ariane…
Ariane était plutôt une chouette fille, pas trop bête. Et lorsqu’elle a trouvé un type suffisamment courageux pour aller chatouiller le Minotaure, elle lui a tressé un fil, pour qu’il ne s’égare pas dans le dédale, et revienne sain et sauf une fois le combat achevé. Elle n’avait donc pas franchement de doute sur la valeur du guerrier et sa capacité à descendre une affreuse bête, mais un peu plus sur son sens de l’orientation. Comme quoi finalement, l’idée surfaite que chaque homme naît avec un gps intégré semblait déjà très contestée dans l’Antiquité!
Je n’étais pas franchement partie pour vous faire un cours de mythologie, d’ailleurs j’ai beaucoup perdu de ces connaissances-là, à mon grand regret et ça me confirme qu’il faut sérieusement que je m’y replonge pour me remettre à jour. Je ne résiste néanmoins jamais à l’envie de rappeler que les fameux conteurs comme Grimm ou Perrault, que je ne porte d’ailleurs pas vraiment dans mon coeur (allez savoir, peut-être qu’au cours de ces 365 j’aurai un jour le temps de l’expliquer, mais surtout que je trouverai pourquoi c’est le cas, ça reste un mystère) n’étaient pas franchement originaux. L’un d’eux a repris l’histoire d’Ariane, sauf qu’il a mis un petit gamin à la place d’une belle jeune femme, des cailloux à la place d’un joli fil, et un loup (quelle surprise!) à la place d’un minotaure. Désespérant.
Alors qu’est-ce qui, dans mes journées, m’empêche de me perdre dans mon labyrinthe personnel?
-La perspective d’une douce soirée avec mon homme, à laquelle je pense dès le matin (on trouve les raisons qu’on peut pour se lever, et celle-ci en est une de taille pour moi, il me faut du lourd ces temps-ci)
-Les échanges avec mes amis, avec des personnes lointaines ou plus proches, autant de petites touches qui me rappellent que dehors, au-delà de mon écran, mon agence où tout vacille, il y a la vie, la vraie, et qu’elle est belle
-Une belle lumière alors que s’annonçait une journée pourrie. Des restes de couleurs automnales, une luminosité particulière à la saison
-Des rires et plaisanteries avec les collègues, les jours où la situation est de toute façon trop désespérée, donc autant en rigoler
-Les projets, proches et de fin d’année, le week-end qui se rapproche
-La construction progressive d’un autre avenir
Voui, j’ai plusieurs pelotes que je déroule. Parce que moi, il faut le dire, je suis nulle en sens de l’orientation. J’utilise donc un maximum de cartouches, et j’attends de voir ce que ça donne. Y’a des soirs où le résultat est plutôt satisfaisant, d’autres où ça l’est moins. C’est une question de solidité des fils….
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14.11.2010 par Flo.
12 Novembre: derrière la porte…
Derrière la porte ce matin, alors que je me reposais chez le médecin, des aiguilles plein les jambes et que j’essayais de me relaxer, j’entendais un remake des V@mps, 2 vieilles femmes dans la salle d’attente qui parlaient de la pluie et du beau temps, un vrai scénario des sketches, je n’ai rien retenu de ce qui a été dit, mais j’oscillais entre rire et un peu de consternation, aussi j’avoue.
Derrière la porte ce soir, ce sera ma belle-soeur, et son fils qui viendront pour le week-end, profiter de deux jours tous ensemble, Miss Blondinette verra son cousin tant adoré, nous rirons entre adultes, c’est toujours un vrai bonheur de les voir.
Derrière la porte, à l’instant, un petit chaton perdu qui miaulait de désespoir, il s’est engouffré dans l’appartement, petite chose un peu tremblante qui a soufflé dès qu’il s’est retrouvé face à mon gros matou. J’ai été bonne pour faire le tour de l’immeuble en sonnant aux portes, personne n’avait perdu son chat, et au moment où je me résignais à le ramener, à convaincre mon homme qu’on allait le garder le temps de lui trouver un foyer, sonnerie d’un couple affolé qui faisait la résidence pour trouver son petit chaton échappé. Tout est bien qui finit bien, même si je l’avoue, je l’aurais bien gardé, tant il était mignon et à croquer!
13 Novembre: pas de place pour….
Pas de place pour une seule personne de plus dans notre petit 65m2 qui paraît pourtant si spacieux! 3 adultes, 2 enfants, et voilà la pagaille au rendez-vous! Les affaires de miss Blondinette qui traînent inévitablement partout, les chaussures qui s’empilent à l’entrée. Le chat là au milieu y erre comme une âme en peine, n’y retrouvant plus le bout de ses moustaches.
Une journée somptueuse néanmoins, en douceur et en soleil, nous donnant un dernier petit goût d’automne tardif, alors que les arbres se déplument à la vitesse éclair. Plus de place dans les rues pour des feuilles supplémentaires, elles sont toutes tombées tellement vite cette année, à ma grande tristesse, que les tas s’amoncellent sur le bord des routes et trottoirs. Ca devient glissant et presque délicat selon les endroits, on n’y voit même plus les quelques marrons qui pourraient traîner.
Plus de place dans la chambre de Miss Blondinette, pas très grande et déjà si remplie de jouets, malgré les tris répétitifs, permettant d’éliminer ceux qu’elle oublie au fond des caisses. Et voilà qu’arrivent les cortèges de listes au Père Noël (auquel elle croit encore, au CP, reste à voir si à l’approche de la date fatidique, ses petits copains de classe lui permettront de passer une année de plus dans cette magie-là), et forcément sur ces listes, il n’y pas de tout petits bibelots, mais bien de grosses envies. Il va falloir temporiser et choisir. Et je ne parle même pas du mois de Février qui sera là après-demain, avec son anniversaire et des souhaits renouvelés.
Mais de la place pour les sourires, les fou rires, les plaisirs partagés, les discussions et les petits bonheurs quotidiens, ça oui!
14 Novembre: un engagement…
J’ai un rapport vraiment très particulier à l’engagement, et très loin d’être serein aussi. J’y attache une immense importance, et surtout, je m’en détache avec une difficulté qui m’a joué bien des tours, dans ma jeunesse et plus tard.
L’un des engagements les plus importants d’une vie, qui est le mariage, fut le fruit d’une période totalement catastrophique de mon parcours. J’en garde un souvenir brumeux, une immense leçon apprise, une douleur intense, des plaies qui se referment peu à peu, et une reconstruction progressive.
J’essaye désormais d’offrir sa juste valeur à chaque engagement que je prends, qu’il soit petit ou plus important. Mais surtout, à me laisser la liberté de m’en détacher, sans culpabilité et si je l’estime juste. Je dis bien que j’essaye d’apprendre. Quelque chose au fond de moi continue à penser qu’une promesse donnée est une parole à tenir, et qu’il est particulièrement grave de s’en dédire. Et si je n’ai pas envie de perdre l’importance que j’y accorde, y rajouter un soupçon de légèreté me ferait sans aucun doute le plus grand bien!
Et retrouver la sérénité et l’équilibre pour démarrer la semaine….
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11.11.2010 par Flo.
Pierre à pierre je me construis. Je construis cet avenir professionnel dont je rêve. Je le construis dans ma tête, et dans les échanges que j’ai avec mes amies. Celles qui apportent leurs propres pierres à l’édifice qui sera le nôtre. Édifice concret, mais aussi symbolique, cette collaboration dont nous rêvons depuis maintenant si longtemps.
A l’heure actuelle, je sens ma construction encore bancale. J’ai devant les yeux une petite maison en pierres sèches, à moitié ouverte aux vents, et qu’il va falloir patiemment rafistoler, solidifier, à laquelle j’ai à coeur de donner un caractère, une âme, un style. Elle sera ma vie d’après, celle qui se rapproche à grands pas, et que les circonstances extérieures m’obligent à envisager plus vite encore. Jusqu’ici, j’avais soigneusement gardé ce rêve en moi, certes j’en parlais de plus en plus, mais c’était une forme d’avenir lointain, flou et pas si pressé.
Et aujourd’hui, quasi sans transition, me voilà à réfléchir en terme de mois, d’échéances, possibles ou trop folles, à faire face à des craintes concrètes, à me demander comment avancer plus vite. Et surtout, comment faire taire ces vieux démons d’angoisse qui reviennent me hanter.
Alors j’endosse mon uniforme de maçon. Je tâtonne, je peine à trouver le bon dosage pour le mortier entre chacune de ces belles pierres. Je détruis, je reconstruis. Je réfléchis aux plans. Et surtout, j’apprivoise le rêve pour qu’il devienne réalité…
Et quoi de plus concret qu’un arbre flamboyant pour symboliser une réussite? Un arbre solidement enraciné, et qui s’élance vers le ciel? Pierre à pierre, ou branche à branche…
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