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29.12.2010 par Flo.
27 Décembre: un idéal de traverse…
A moto l’été, les petites routes nous tendent leurs bras. La ligne droite est notre ennemie, nous cherchons les petits virages, les coins sauvages, les itinéraires bis. C’est le rêve et l’objectif de tout motard, celui de passer à côté, là où on ne va jamais, devant cette maison que vous voyez depuis l’autoroute quotidiennement, qui fait partie du paysage, mais à quoi ressemble-t-elle de plus près?
La bécane est remisée depuis quelques semaines maintenant, avec les températures polaires et le verglas. Ce serait un temps à se lancer sur les pistes enneigées, j’ignore cette année encore si nous pourrons nous offrir ce plaisir. Mais là aussi, j’ai souvenir de ces petits chemins de traverse que nous prenions, en parallèle de la piste principale. Pas tout à fait du hors piste, je n’étais pas assez courageuse pour cela, mais s’engouffrer dans le bois qui longeait la piste, zigzaguer entre les sapins, frôler une branche et se récupérer de la neige qui dégringole dans le cou, s’enfoncer jusqu’aux genoux dans la poudreuse, s’appeler et entendre nos noms résonner, rire aux éclats. Les skieurs sagement restés sur la piste nous paraissaient loin, dans un autre univers, et nous créions nos propres traces éphémères de notre côté.
Les chemins de traverse sont parfois de plus courts chemins que la ligne droite. Et parfois même, des routes plus riches et instructives. Je n’irais pas jusqu’à parler d’idéal, après tout c’est une notion propre à chacun, mais j’aime ces découvertes impromptues et précieuses…
28 Décembre: bras…
Bras de mon homme le soir quand je rentre, pour un câlin réconfortant. Bras de Miss Blondinette, chez nous pour cette semaine, autour de ma taille et qui m’enlace fort à son tour.
Bras surchargés au quotidien de multiple sacs, je n’arrive pas à m’alléger, le parcours de la maison à la voiture me semble toujours être une course d’obstacles doublée d’un maximum de poids à porter.
Bras autour de moi ces temps, croisés, pour me réchauffer, fermés en protection et pour trier les informations que je reçois.
Bras remplis de cadeaux en cette période, beaucoup beaucoup trop, chaque année nous disons “pas plus, ça suffit”, chaque année nous évitons peut-être la surenchère, mais le moins est si dur à atteindre.
Bras ouverts, je l’aimerais bien, mais en cette journée où je suis un stroumpf grognon ascendant hérisson, je vais remonter la couette et hiberner, en souhaitant aller mieux demain…
Et j’aurais voulu vous mettre une ou deux ravissantes photos, sauf que non, elles ne sont pas sur mon pc, et pas accessibles sur celui de mon cher et tendre…
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27.12.2010 par Flo.
Les bonnes résolutions, ce n’est vraiment pas mon truc.
Je suis partie une bonne semaine, en me disant que je m’octroierais chaque jour une petite fenêtre d’écriture, pas forcément directement sur mon blog, histoire de continuer mes 365. J’avais consciencieusement embarqué dans mon sac à main le petit carnet et les intitulés. Je les ai promenés aux 3 destinations, sous le soleil, la neige et la pluie, par -8 et +5, dans 2 pays différents, et je n’ai rien ouvert. Et je n’ai pas écrit une ligne.
Je vais donc zapper ces quelques journées, et recommencer à aujourd’hui. Avec un point d’interrogation sur la fin de la semaine, où je ne serai à nouveau plus à la maison. Mais le rythme devrait être moins effréné, ce serait bien de finir l’année en respectant un minimum d’engagement, non?
Sinon, eh bien…Quelques repas (la majorité!) ultra caloriques, 6 kilos de plus (au moins, j’ai boudé ma balance de référence que je ne croise que 2 ou 3 fois par an), des réunions et des centaines de kilomètres plus tard, nous rentrons d’un marathon familial et amical. C’est l’inconvénient de vivre à peu près à l’autre bout de là où habitent nos proches: pour les fêtes, ça complique quelque peu l’organisation et la logistique.
Certes, on pourrait jouer aux gentils sauvages et envoyer tout le monde balader, mais ce n’est pas franchement notre style. Et on avait épuisé l’année dernière la carte “venez à nous, on ne bouge pas”. On pourra peut-être repasser par cette case l’année prochaine, qui sait, je pense que c’est ponctuellement renouvelable.
C’était chouette, mais épuisant. Et me revoilà à mon bureau, morose et contemplant l’écran avec plus d’intérêt à remettre à jour ma bloglist et la centaine de billets en attente de lecture que pour les rares mails pros et les quelques vagues tâches professionnelles qui m’attendent. Nous flottons dans un no man’s land juridiquement improbable et inconnu en ce qui concerne notre statut et notre devenir, qui ne sera finalement statué qu’en début 2011, joyeuse année. Autant dire que l’once de motivation qui pouvait encore briller en nous s’étouffe sous le manque de travail et les interrogations qui ponctuent de longues, très longues journées silencieuses. Nous devons être l’une des rares entreprises qui n’a pas fermé ses portes en cette trève hivernale, et je contemple avec dépit le soleil resplendissant derrière les fenêtres. Au moins je suis au chaud, mais c’est une bien maigre consolation.
J’ai passé mon premier Noël blanc (vraiment vraiment très blanc) depuis de très longues années, je me suis réchauffée et régalée de tous ceux qui nous ont entourés, je n’attends que le week-end prolongé à venir, et je reprends timidement l’antenne…Dites, vous me tiendrez compagnie pour essayer de faire passer le temps plus vite?
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17.12.2010 par Flo.
16 Décembre: tissus…
Quand j’étais gamine, il y avait deux choses que ma mère essayait désespérément de me faire accepter et que je refusais de toutes mes forces: j’ai nommé les pulls en laine, et les collants.
Le pull en laine, on pouvait toujours me l’enfiler par-dessus 3 couches de sous pull en coton, je décrétais illico que ça grattait, et je le retirais. Pas moyen d’aucune façon, de supporter ça sur moi. Le moindre petit centimètre carré de peau susceptible d’être en contact avec la matière irritante me faisait m’arracher le vêtement, et psychologiquement, j’avais l’impression qu’on me le faisait porter sur la peau nue.
Les collants, c’était un peu la même chose. Avoir les jambes serrées, coincées, me donnait l’impression d’étouffer. Et puis ça “faisait froid”. Ma mère a tout essayé, des collants classiques féminins à ceux de petites filles, qui eux ressemblaient trop à la laine et “grattaient”. Oui, j’étais un peu désespérante comme gamine, je vous l’accorde.
Deux trouvailles m’ont donc tardivement sauvé la vie: les pulls en maille polaire, et les leggings. Du jour au lendemain, je devenais chaudement et douillettement habillée, et je supportais de mettre des collants en coton, quasi aussi épais que des petits pantalons, qui finalement devenaient même à la mode sous des jupes (mais bon, les jupes et les robes c’était encore une autre histoire…)
J’ai toujours privilégié le confort à l’allure. A tort sans doute, mais même aujourd’hui, quand je suis élégamment habillée, si ce n’est pas le top confort, je pousse un énorme soupir de soulagement quand je peux enfin me changer et me mettre en habits d’intérieur. J’admire ces femmes qui supportent leur tailleur quotidien, qui préfèrent les chemises aux pulls, les jupes aux pantalons. Moi, mon idéal, ça reste le jean, chaussures confortables et souples, et pull tout doux.
Alors mes tissus à moi, ça va forcément être du coton plutôt que du synthétique qui gratte, du polaire plutôt que de la laine, du souple plutôt que du rigide…Et pourtant je vous assure, je fais des efforts!
17 Décembre: un pli…
Plis sur les vêtements, repassage vite fait que je viens de terminer, pli des vêtements que je mets dans le sac, préparation du voyage, départ demain, enfin les vacances…
Pli à mettre à la poste avant de partir, il trônait fièrement sur le buffet depuis quelques jours, et forcément, on est retard, on n’y a pas pensé.
Pli que je devrais, ou pas, recevoir à mon retour de vacances et qui va, que je le reçoive ou non, changer ma vie malgré tout…
Plis sur ma peau, creux et rides, là où je ne le veux pas, je suis à nouveau mécontente de la silhouette que je me renvoie mon miroir…
Plis de soucis: trop de pensées me tournent dans l’esprit, le petit vélo peine à s’arrêter, ça va de “qu’ai-je pu oublier dans mon sac” à “comment va être ma vie dans 2 mois”, et tous les intermédiaires….
Pas qu’un, donc, mais de nombreux plis dans ma vie actuelle…
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16.12.2010 par Flo.
14 Décembre: gens sans importance…
J’ai beau chercher, il n’y a pas eu dans cette journée de gens sans importance autour de moi. Peut-être certains dont j’aimerais pouvoir réduire l’importance, et prendre plus de recul, mais être dans cette démarche, n’est-ce pas justement admettre qu’ils ont du poids?
Il y a tous ceux que j’ai croisés sans vraiment faire attention, mais que je peux citer…Cette caissière de grande surface, qui est gentiment venue m’aider pendant la frénésie des achats à cette période. J’étais dans la foule, pendant mon heure de pause, mais je n’ai regardé aucun visage, volontairement enfermée dans ma bulle, à agencer mes pensées, réfléchir à mon organisation, au déroulement de la semaine, tout ce qu’il reste à faire avant le départ. Et à essayer de canaliser mes réflexions, ne pas les laisser trop dériver.
Cette autre caissière tout à l’heure, alors que mue par une illumination soudaine, je me suis engouffrée dans le magasin avant sa fermeture, j’ai grimpé les 3 étages, trouvé précisément ce que je cherchais et je suis redescendue payer au moment où l’annonce de la fermeture sonnait. Elle avait un visage très doux, elle paraissait épuisée, il y a comme ça des personnes que l’on croise et qui retiennent notre attention, notre regard….comment dire que c’est sans importance?
Et enfin le serveur au restaurant, chaleureux et cordial, sourires et plaisanteries alors que nous étions en train de payer. Il nous a accordé un peu plus de son temps et nous étions les dernières, il n’avait peut-être qu’une envie, celle d’aller se coucher, clôturer cette journée, se reposer, mais il n’a rien fait machinalement et a su nous offrir une fin de soirée aussi douce que le reste.
Il n’y a pas de gens sans importance, parce que dès lors qu’ils prennent place dans ces lignes, c’est qu’ils ont suffisamment retenu mon attention pour exister et y figurer. Comment, dans ce cas, écrire sur les autres?
15 Décembre: il faudrait crier….
Ah ça oui, il aurait fallu que je crie hier soir en rentrant, peut-être que ça aurait évacué une partie de la douleur.
Retour tardif après cette soirée délicieuse entre amies, mon homme est couché et pour éviter de le réveiller alors que j’allume et que la chambre est ouverte, les bras encore à moitié chargés, je décide de fermer la porte.
Je tire, plutôt vigoureusement, je suis dans une position acrobatique, je me retiens au chambranle et….je place consciencieusement le pouce gauche précisément au milieu de la charnière.
Doigts gourds du froid piquant de l’extérieur, la douleur fuse, mais plus tard, bien plus tard que d’habitude. Porte pratiquement fermée.
Je hoquète, fais des bonds de kangourous et souffle, souffle, souffle (j’ai autant d’air que ça dans les poumons?). Je retiens une plainte, ne pas réveiller mon cher et tendre, mais ça gargouille dans le ventre, ça aurait fait du bien “aïe, aïe, mais aïeuhhhhhhhhhhhhhhhhhh”, il faut le retenir. La tête qui tourne, le sang qui bat dans tout le corps, et j’ai perdu le demi-neurone restant dans l’accident, c’est tellement douloureux que je ne peux pas envisager d’aller le mettre sous l’eau froide, grave erreur. A la place je….nourris le chat, qui lui crie de famine et ne se retient pas, je range mes affaires, je prépare celles du lendemain, je me douche rapidement en gémissant parce que le contact d’une simple goutte d’eau sur le doigt est de l’ordre d’un coup de marteau.
Ca pulse jusqu’au bout de l’ongle, ça ne loupe pas, ça commence à bleuir, je suis résignée, je me retiens encore de crier, de contrariété également parce que nous n’avons rien dans la pharmacie pour parer au problème, pas d’arnica, ni crème ni gellules, et je ne veux pas me précipiter sur un médicament quelconque, tant pis on verra.
La nuit s’est passée éveillée, avec l’impression que quelqu’un jouait avec des lames de couteau, à me piquer le pouce encore et encore. Dès que la torpeur m’emportait, la douleur se réveillait de plus belle…et me réveillait.
Je n’ai pas crié de la journée, pas même contre mes collègues qui fatalement me contrariaient, après une nuit de 2 heures de sommeil en fractionné, comment cela pouvait-il être autrement?
Je n’ai pas crié, mais j’aurais dû juste au début, histoire de, peut-être, laisser s’évacuer la flambée, et ne pas la payer encore quasi 24 heures plus tard….
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13.12.2010 par Flo.
11 Décembre: reproches…
Mon homme et moi avons respectivement vécu par le passé une expérience de couple plutôt foireuse. Dans laquelle, principalement, la communication était un vrai talon d’Achille, pour parler en euphémisme.
C’est l’un des nombreux points communs que nous partageons, et l’une des raisons pour lesquelles nous tentons de nous parler sans reproche, dans l’écoute et la compréhension de l’autre.
Jusqu’ici, sans orgueil, on y parvient plutôt bien. Sauf sur un seul sujet, tigré, 4 pattes, 2 oreilles, beaucoup de poils (qu’il perd) et des cordes vocales aiguës, qu’il utilise un peu trop souvent.
Mon chat est le seul élément de friction de notre couple. Une bonne chose au regard de tout le reste, mais un petit caillou dans la chaussure un peu gênant.
Oui, mon matou est un râleur invétéré, surtout depuis qu’il est dans un appartement sans possibilité de sortie, surtout depuis que le combat du mâle alpha se joue entre mon homme et lui (ils sont mus par je ne sais quelle loi de la nature idiote), surtout depuis que la soeur a disparu avant le déménagement, et qu’il se retrouve donc à vieillir en solitaire aigri.
De façon fluctuante, je dois ainsi m’interposer entre eux, l’un réclamant à sortir sur le balcon, rentrer 1 minute plus tard, manger, dormir ou simplement de l’attention, l’autre ne voulant ni être dérangé, ni couvert de poils (je ne peux pas le blâmer), ni entendre miauler. Et lorsque nous discutons du chat, c’est difficilement “dans le respect de la communication sans reproche”, et difficilement sans animosité.
Il faut se résigner, mon matou sera notre seul point de friction à tous les deux. Je ne désespère pas, à force de persuasion, nouveau déménagement potentiel espéré, médicaments contre la chute des poils (plus efficace que celui que j’ai actuellement…quelqu’un a une suggestion?) de parvenir à une solution, mais elle se situera dans un temps. Plus ou moins lointain.
Et je sais, oui, les reproches s’adressent au chat, pas à moi…
12 Décembre: un conte de fées…
Eh bien oui, Raiponce aujourd’hui avec Miss Blondinette. La séance de cinéma du dimanche matin, et nous avons eu la même idée qu’à peu près toute la banlieue sud de la ville, ce qui m’a fait craindre une annulation pour cause de manque de place. Mais pour la première fois, mon homme m’avait convaincue de tenter la 3D, et c’est peut-être ce qui nous a permis de rentrer juste à temps dans la salle avant la grande marée des désespérés refoulés de la séance normale et qui se sont rabattus sur la même que nous.
Je me suis laissée emporter par ce Disney annuel, qui a su allier les grands ingrédients de romantisme et d’humour. Je me suis laissée convaincre par la féérie des bougies, l’amour des personnages et la cupidité de la méchante sorcière. Moi qui suis d’ordinaire si imperméable à ces belles histoires à l’eau de rose, j’ai peut-être réussi à recontacter l’enfant qui était en moi, au point de désirer à tout prix entendre la phrase finale “ils vécurent heureux et longtemps”. On ne nous parle pas du nombre d’enfants qu’ils eurent, mais ça m’a suffi.
Féérie cet après-midi aussi, avec la représentation de 2 équilibristes talentueux et danseurs, lors d’une manifestation non loin de chez nous. Nous avons également écouté des contes, chanté, tapé des mains. Le tout, avant de décorer le sapin, symbolique cette année où nous ne fêterons pas ici, mais afin d’apporter une touche finale de magie à tout ce que nous avons vu et reçu.
S’achève ainsi un week-end rempli de jolies activités, et j’ai fait la bise à Miss Blondinette, le coeur serré de penser que je ne la reverrai désormais qu’après Noël…
13 Décembre: irréel…
Irréel d’imaginer que dans quelques jours, nous ne serons peut-être plus la même équipe au boulot. Plus dans les locaux. Plus ensemble et plus sous le même nom. Irréel, pour les quelques uns qui se sont déjà absentés, de se dire qu’ils ne reviendront plus dans la même entreprise…s’ils reviennent. Et impensable de réaliser la saignée sociale qui s’annonce et qui nous touchera inévitablement, reste à savoir dans quelles proportions…
Irréel d’arriver le matin à son poste et se demander ce qu’on va faire, comment on va tuer le temps qui passe pour avancer jusqu’à la date fatidique. Situation irréelle, exceptionnelle, où ce n’est pas nous qui sommes en cause, mais nous qui en subissons les conséquences.
Irréel parce qu’imaginer le futur, s’y projeter, même à 2 semaines, est totalement impossible. Je reste, mais sous une autre entité professionnelle, je pars, que vais-je faire, quelles vont être les échéances.
Irréel enfin, parce que tout cela correspond avec les fêtes de fin d’année, dont on dit qu’elles sont une fin, un tournant, un nouveau départ, et que jamais ça n’aura été plus vrai.
Reste à trouver sous quel signe placer 2011…
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10.12.2010 par Flo.
9 Décembre: j’écris en capitales un projet minuscule…
Non. Pas de projet minuscule. Je suis dans une phase de ma vie où je n’ai guère de projets minuscules, et où chaque nouvelle étape est un moment important et charnière.
J’ai des envies, des projets, beaucoup, parfois contradictoires. Qui mériteraient d’être tous écrits en capitales, mais dans ma culture geekette depuis quelques années, écrire en capitales, c’est crier. Or je n’ai pas envie de crier ces projets. Tout juste les chuchoter, les apprivoiser, trouver les mots qui leur conviennent, pour leur permettre de prendre forme.
Je fais la rebelle, finalement, en ne suivant aucune instruction de ce qui m’est demandé aujourd’hui. Et avec mon syndrome de bonne élève stressée, je me demande qui va me mettre une mauvaise note?
10 Décembre: de l’eau…
J’ai longtemps cru que je serais incapable de vivre ailleurs qu’au bord de l’eau. Née au bord du lac, où j’ai passé toute mon enfance, mon adolescence, je ne me lassais pas de la vision de cette immense étendue liquide, changeante, vivante, qui accompagnait mon quotidien de ses couleurs et de son humeur.
Puis vint Paris, ma tristesse à n’avoir que la Seine, ou la Marne, et mon manque aquatique accentué par la récurrence du béton.
Ensuite, la Méditerranée. Enchanteresse hors saison dont je me régalais, et que je fuyais en été, prise d’assaut par des hordes de touristes. J’en profitais tôt le matin, tard le soir, mais jamais en journée.
Et curieusement, avoir vécu plusieurs années à son contact m’a permis de me rassasier. Je retrouve l’eau avec un immense bonheur, mais je peux désormais envisager de rester dans ma nouvelle ville, sans avoir de lac ou d’océan à proximité.
De l’eau également pour me réveiller le matin, en buvant frais, pour m’endormir le soir, en me douchant chaud. De l’eau comme élément principal, celui dans lequel je suis le plus à l’aise, celui dans lequel je me réfugie lorsque les tensions se font trop intenses.
Ce week-end justement, projet de piscine avec Miss Blondinette. Pas pour faire des longueurs, ça fait longtemps que je ne m’y suis pas astreinte et à moins de ne pas avoir le choix, ce n’est toujours pas mon activité préférée. Mais le plaisir de m’immerger, de sentir les muscles se relâcher, et de retrouver le cocon, le liquide qui me régénère.
De l’eau ce soir enfin pour un dernier thé, avant d’aller me coucher, le temps de relire ce billet…
Flux et reflux cristallin…Je vous devais bien une photo pour habiller ce billet…
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9.12.2010 par Flo.
6 Décembre: un secret….
Tout ce dont je ne parle pas ici sur ce blog. Tout ce que je voudrais dire mais que je tais, parce que ce n’est pas le bon moment, ou que cela fait partie des choses plus intimes, de ce qui ne s’affiche pas sur la toile.
J’essaye d’être la plus sincère possible. De ne pas différencier celle que je suis ici de celle que je suis au quotidien. Mais inévitablement, les écrits révèlent et insistent sur des aspects dont je n’ai pas conscience. Inversement, je tais certaines choses qui sont une évidence au quotidien. C’est le jeu du blog.
Je n’ai qu’une règle essentielle en ces lieux: pas de révélations que mes proches pourraient ignorer. Pas de sujet dont ils ne pourraient pas avoir connaissance. Ceux qui me connaissent réellement ne doivent pas être surpris par un billet. Par son ton, son angle d’attaque peut-être, mais pas le fond du sujet. Je refuse qu’ils apprennent des choses de cette façon.
Secret pour mes parents. Qui sont les seuls à ne pas connaître cet endroit. Je l’ai souhaité, afin de me permettre la liberté la plus grande possible. Et ne pas avoir à expliquer, justifier, rassurer lorsque je les ai en ligne.
Je n’aime pas les secrets. Je ne suis pas bonne pour les garder, j’ai toujours l’impression que quoi qu’il arrive, ils se lisent sur mon visage comme sur un livre ouvert. Le secret est le jumeau du mensonge, entre eux la ligne est si ténue qu’elle se franchit aisément. Et je me suis plusieurs fois demandé si, dans un accès de folie intense, j’allais envoyer cet url à mon père et ma mère. Pour y renoncer juste après.
On ne donne pas son journal intime à ses parents, si? Ou alors, ils le découvrent involontairement!
7 Décembre: phrase que l’on m’a dite…
Phrase que je me suis dite toute seule: qu’il faudrait quand même que j’arrive à faire cesser ces accès de contrariété aigue qui me tombent dessus sans crier de gare, en plein milieu d’une soirée ou d’une journée. Sans raison concrète, si ce n’est probablement un enchaînement de toutes petites choses qui s’accumulent, et que je ne parviens pas à évacuer suffisamment. Soit parce qu’elles ne me concernent pas directement mais que je ne prends pas assez de distance, soit parce que je les minimise, ou que je ne perçois pas à quel point ça me ronge.
La période est délicate à gérer, mais ce n’est pas nouveau, ça ne date pas d’hier. Et puis de toute façon, la fin d’année, son cortège de fêtes, d’organisations familiales ou amicales, contribue à générer un environnement propice aux mésententes, non dits et explications. Et encore, je trouve qu’on s’en sort plutôt bien, en désamorçant rapidement les choses.
Mais alors? Alors je me couche ce soir en mode stroumpf grognon. Dans ces cas, je me renferme dans ma coquille, je maugrée et prends n’importe quel prétexte pour ronchonner plus encore. Mais surtout, le petit vélo là haut se met en route sur le “pourquoi je suis comme ça, et que puis-je faire pour que ça passe”. Et forcément, quand il ne trouve pas la bonne route, ça fait râler encore plus.
Demain ça ira mieux, j’espère….
8 Décembre: foule…
Trop facile, foule et folie des magasins juste avant Noël, foule dans les rues, dans les parkings. Foule dans laquelle on crawle, on pagaye, on se noie, on étouffe. Je ne supporte pas ça, je le supporte de moins en moins, j’ai envie de fuir, loin loin loin, et pourtant je suis bien obligée, parce que mes horaires m’imposent les mêmes créneaux que tous les autres, parce que je ne vais quand même pas prendre une journée de congé pour des cadeaux de Noël, ou alors ce serait céder définitivement à toute cette consommation excessive que j’essaye pourtant de juguler!
Foule qui me donne envie de faire demi-tour, ça monte, me prend à la gorge, je deviens nerveuse, irritée, insupportable, j’ai envie de bousculer, de me creuser une tranchée de survie.
Ca date de Paris, je crois. De ma vie là-bas, de ce que j’ai dû vivre sans m’y faire, sans m’y résigner ou tout juste, pour supporter, mais avec des sursauts de rebellion, qui me faisaient plus de mal que de bien. Et dans le package parisien, avec la foule, l’agoraphobie, le rejet du bruit et d’une ville grouillante, j’ai mis le reste, une ville lumineuse que j’ai pu aduler autant qu’aujourd’hui elle m’insupporte, sa vie culturelle, son grain de folie et sa beauté cachée ou révélée.
Un jour, peut-être, arriverai-je à me réconcilier à Paris. Mais à la foule, j’en doute…
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7.12.2010 par Flo.
Il y a quelques temps, Zelda nous écrivait un ravissant billet sur la transmission familiale.
Que reçoit-on de ses parents, grands parents?
Et elle nous interrogeait sur ce que nous, nous pensions garder, et transmettre par la suite.
J’avais fait une petite liste dans les commentaires en réponse, avec l’envie de développer un peu plus. Je suis dans une période où ma fois, malgré moi, des souvenirs d’enfance assaisonnés d’un peu de nostalgie ponctuelle surviennent. Syndrome de fin d’année, fin de cycle, ou qu’en sais-je…
De ma grand mère maternelle, disais-je donc, j’ai le goût de l’Allemand bien parlé et chantant (si c’est possible!), celui du Nutella dans lequel je piochais à la petite cuillère (2 mais pas plus, et avec quelle impatience j’attendais qu’elle ouvre son placard de cuisine et me descende le pot), de la purée de pomme de terres maison. Celui des comptines chantées sur les genoux, de l’odeur poudrée qui appartient à toutes les grands mamans, les bras qui se serrent fort pour les câlins, les regards malicieux et l’impression d’être la princesse dans les yeux de cette femme si chaleureuse et agréable.
D’elle, j’ai le regret de son départ si tôt dans mon adolescence, elle me manque encore aujourd’hui, adulte où je rêverais d’aller me réfugier et lui parler de la vie, de ce qui nous rassemble, et ce qui nous différencie. Elle est encore dans mon coeur et mes pensées, comme une confidente. Je lui parle, comme j’aurais eu envie de lui parler toute ma vie.
D’elle, j’ai hérité de la fascination de l’histoire de la seconde guerre, l’intuition profonde qu’il n’y a rien de tout blanc ou de tout noir dans cette période. Et une histoire familiale trouble et sombre, si méconnue malgré le nombre incalculable de photos dont nous avons hérité, et dont nous ignorons parfois qui elles représentent…
De mon grand père maternel, son mari, l’odeur du fer à souder qui le suivait à la trace, une chambre sombre et des appareils électroniques partout. Un sale caractère sans aucun doute, la capacité d’être taciturne et de rabrouer. Une forme de froideur et faire comprendre à l’autre qu’il n’est pas le bienvenu, mais la capacité de se laisser amadouer malgré tout à force d’insister.
Le souvenir d’une vieille DS je crois, je ne sais même plus si je suis montée dedans. Je ne me souviens pas vraiment l’avoir vu sourire non plus. De lui, j’ai hérité cette impatience poignante envers les enfants, cette obstination à les considérer comme de petits adultes et à ne pas vouloir entrer dans leur monde. De lui, j’ai reçu ces travers dont j’essaye aujourd’hui de me libérer, alors que pourtant j’en ai souffert petite.
Mais n’allez pas croire que je ne l’aimais pas. Il était jute un étranger, nous n’avons pas eu le temps de nous connaître lui et moi, malgré le temps que nous avons eu ensemble et sa présence géographique proche. Il est parti alors que je n’étais pas encore assez grande pour lui…
De ma grand mère paternelle, le caractère italien par excellence et la confirmation de la force des femmes, qui portent leur couple et leur famille. Même si elle ne me l’a pas appris personnellement, il ne me viendrait pas à l’idée de faire les pâtes autrement qu’à l’italienne, et j’ai réussi à manger des oeufs grâce à sa frittata, omelette avec de la farine et du lait pour la rendre plus légère. Elle aurait voulu, je crois, me rendre pieuse et fidèle croyante, et j’ai résisté malgré nos visites annuelles dans cette maison où elle vivait, tenue par de chaleureuses soeurs.
Résisté aussi bêtement à la langue italienne, dont je n’ai jamais sorti un mot alors que j’étais capable de suivre une conversation entière, si elle était bien parlée. Aujourd’hui encore, il me paraît impossible d’utiliser ce dialecte alors qu’en quelques semaines, j’en suis sûre, je pourrais le maîtriser avec un minimum de vocabulaire.
Nous ne nous sommes jamais comprises pour toutes ces raisons mais aussi pour tout ce qui nous séparait. Nous ne nous sommes pas assez connues, et je n’ai d’elle que le souvenir d’une toute petite femme recroquevillée, habillée en noir, à l’apparence si frêle et au caractère si bien trempé.
Enfin de mon grand père paternel, qu’en sais-je? Il est parti si tôt, quand j’avais 3 ans, et je le regrette si profondément. J’ai hérité sans doute de son sourire et, quand je le veux bien, de sa chaleur humaine, de son immense bienveillance envers ses semblables, de sa foi en la nature humaine, qu’il a également léguée à mon père. Lorsque je le regarde sur les photos, je vois tout ce qu’il aurait pu m’apprendre et m’offrir, des courses dans la campagne italienne, les oeufs qu’on allait déjà chercher auprès des poules, et puis la balançoire là-bas près du poulailler, les bouquets de fleurs sauvages. Les histoires sur ses genoux et les chansons qu’il m’aurait apprises, avec l’amour de l’italien.
Il m’a offert sa forme de visage, son nom de famille; je sais qu’il n’est jamais très loin et ma fois, j’espère qu’il est fier de celle que j’ai pu devenir, même sans qu’il ait pu m’accompagner.
De mes parents…j’en parle suffisamment tout au long de mes billets pour ne pas le reprendre ici. Et ce serait un roman à part entière.
Merci Zelda!
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6.12.2010 par Flo.
2 Décembre: la beauté à cet endroit précis
L’autre jour, mon cher et tendre a eu un flair d’enfer (avec la rime!). Rentrée à la maison plus tôt que lui, lassée et fatiguée de ma énième journée catastrophique de travail, j’ai ronchonné ferme en voyant l’état de l’appartement. Vaisselle en vrac dans l’évier (et quand on me connaît, on sait que sur l’échelle de la crispation, c’est idiot mais ça tient la barre très haute, alors que pourtant je ne pense pas être du genre stressée du ménage), rien de rangé, un canard n’y retrouverait pas ses canetons. Et dans ces cas, j’ai besoin d’évacuer la contrariété le plus rapidement possible; il est hors de question pour moi de me poser d’abord, puis me relever pour ranger.
J’ai donc à peine enlevé mes chaussures, retroussé mes manches et commencé la vaisselle, non sans râler contre l’absent, me disant que certes, on travaillait tous les deux, mais que là j’avais besoin de refaire le point sur certains incontournables, à mon sens.
Et puis 45 minutes plus tard, clé qui tourne et me déride à peine (c’est rare), et je vois poindre mon amoureux, avec devant lui une splendide orchidée blanche. Sachez que depuis que nous sommes ensemble, il a dû m’offrir des fleurs au bas mot 3 fois, et c’est un maximum. Je ne suis pas une acharnée non plus, mais j’aime de plus en plus les plantes, et de temps en temps, je ne me prive pas de lui faire remarquer qu’un petit geste me ferait plaisir. C’en est devenu un jeu entre nous.
Je le regarde interloquée, sentant déjà fondre les quelques remarques préparées avec soin dans le but “ne pas se prendre la tête mais bel et bien faire passer un message”, et devant mon air ahuri, il me dit d’une petite voix “J’avais le choix entre rentrer à l’heure ou alors un peu plus tard avec une plante, parce que je sais, j’ai pas fait la vaisselle”. J’ai éclaté de rire, me suis jetée à son cou, et bien entendu oublié toute velléité de discussion.
On en rigole encore. Et aujourd’hui, journée un peu grisaille et assez peu enthousiasmante, où je n’ai pas eu droit à la beauté d’un rayon de soleil ou de couleurs de la nature, ou qu’en sais-je, j’ai devant les yeux cette plante d’une perfection incroyable, qui s’étire devant ma baie vitrée, et glisse ses pétales nacrés et soyeux tout près de moi. Et je trouve que c’est une fort belle définition de la beauté, à cet endroit précis. Pour ce qu’elle est, et pour ce qu’elle symbolise…
Et oui, il faudrait que j’essaye d’en faire une photo, aussi….
3 Décembre: une coupe franche
Quand j’étais toute jeune ado, je ne voulais pas être une fille.
Quand j’étais toute jeune ado, mon idéal absolu, celle à laquelle je voulais ressembler, était Claude dans “Le Club des Cinq”. J’adorais son caractère et son courage, j’aimais sa sauvagerie et sa façon de s’imposer, et surtout, surtout, j’adorais l’idée qu’elle laisse planer le doute entre l’identité de fille ou de garçon. Prénom et apparence le lui permettaient sans hésitation, et ça marchait dans chacun des livres.
Moi, je n’avais pas le prénom adéquat, et il me manquait Dagobert aussi. Mais un jour, j’ai décidé de pousser un peu plus loin la ressemblance en demandant à me couper les cheveux. Très court.
Ma mère a accepté, et à mon retour, ce fut le drame à la maison: mon père consterné, mon frère horripilé, j’ai eu droit à toutes les remarques acerbes de leur part.
J’ai tenu bon. Et gardé mes cheveux courts des années durant, avec quelques assouplissements de temps à autres, mais il m’a fallu beaucoup de temps pour renoncer à cette identité-carapace (on y revient..) que je m’étais créée. Et accepter que j’étais une femme à part entière, et que je pouvais être bien dans ma peau ainsi.
4 Décembre: jeu de société partant d’une case départ
Chez nous, à l’époque, les jeux de société étaient plutôt des cartes. Cartes italiennes notamment, et engueulades familiales mémorables. 1000 bornes. Trivial Poursuit dépassé 2 ans après sa sortie, comme toujours.
J’ai beaucoup joué avec ma marraine aussi. Qui a désespérément tenté d’intégrer quelques jeux de logique dans mes préférences, mais en vain. Dès qu’il fallait faire de la déduction, ça bloquait, je sentais les neurones se mettre en grève.
Avec mon père, j’ai appris les dames. Et quelle ne fut pas ma fierté lorsque j’ai gagné enfin des parties contre lui. On aimait bien jouer l’un contre l’autre. Le dimanche après le repas. Il fumait sa pipe, je sentais l’odeur parfumée du tabac, il ouvrait la fenêtre derrière pour aérer. Et on se concentrait. J’adorais ces pions tout doux qu’il fallait faire glisser sur un beau damier en bois.
Guère de jeux avec une case départ, donc. Je n’ai jamais aimé le Monopoly, qui me crispait et m’ennuyait. Nous étions assez peu férus de petits chevaux. Plus jeunes, on avait des jeux de l’oie, assez basics et qui ne m’ont pas marquées plus que ça.
C’est amusant que cette suggestion tombe aujourd’hui. Hier, dans un brainstorming cadeaux par mails interposés avec Super Frérot, j’en suis venue à lui faire une suggestion pour nous: un jeu fabriqué par sa douce, et qu’elle nous avait appris l’année dernière, à Noël justement. 2 dés, quelques pions, des cases de toutes les couleurs sur un bout de tissu. Nous y avions passé 2 heures en rigolant comme des fous. Et nous nous étions promis de le refaire chez nous. Sauf que depuis, nous avons oublié les règles, passablement complexes, et jamais pris le temps de mettre notre projet à exécution.
Un joli cadeau donc: un jeu fait maison, et les règles écrites, afin que nous puissions transmettre plus loin cette tradition. Ce sera le bonheur de mon homme qui aime tant jouer, et moi, j’aime l’idée de recevoir ce genre de cadeau de la part de mon frère et de sa chérie.
Mais par contre, je ne me souviens pas s’il y a une case départ….
5 Décembre: masques et attitudes
Ce matin, à moto, en revenant du cinéma, mes yeux tombent sur l’affiche de “Cyrano de Bergerac” qui doit passer prochainement dans notre ville. Pincement au coeur. Je rêverais d’aller voir cette pièce sur scène. En fait, je rêverais de retourner au théâtre.
Mais l’agenda commence à se charger: 2 concerts prévus (l’un de façon certaine, l’autre en attente encore) au 1er trimestres 2011. Un ballet que je ne voudrais manquer pour rien au monde, mais vais-je avoir les moyens de me l’offrir, alors que les finances commencent à fondre sous le soleil?
Alors rajouter une pièce de théâtre, ça fait un peu trop.
Et puis c’est de ma faute aussi. Je n’ai qu’à chercher les bons plans, rebondir sur des idées, et surtout aller jusqu’au bout des envies, plutôt que de me dire sans cesse “ah si je…” et continuer à me lamenter.
J’ai peur des vrais masques, aussi beaux puissent-ils être. Ils m’ont toujours mis profondément mal à l’aise. Lorsque je faisais du théâtre, il y a fort longtemps, nous avons eu quelques cours avec masques. Et même en étant derrière, je ne pouvais pas. Notre prof nous expliquait à quel point il était important d’insister sur l’attitude corporelle pour compenser la rigidité du visage, mais ça ne passait pas. J’avais l’impression d’étouffer, derrière ce bout de carton ou de bois. Je ne me sentais pas à l’aise, avec un champs visuel aussi réduit.
Je préfère les masques réels. Ceux que chacun se compose au quotidien. Ceux que je parviens à dépasser, ou non. Ceux qui me parlent ou me repoussent. Mais qui sont de chair, qui sont vivants. Et qui changent à chaque seconde qui passe…
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1.12.2010 par Flo.
30 Novembre: le prix à payer
Je suis dans les chiffres toute la journée. Oui, je sais que ça va en faire rire plus d’un ici, moi la littéraire qui déteste les maths, moi qui me crispe dès que je dois faire plus qu’une addition ou une soustraction, je n’ai jamais autant bossé dans les factures et les nombres que ces temps.
Restons modérés, je ne suis ni comptable ni contrôleuse de gestion, ou alors l’état actuel de ma boîte s’expliquerait bien plus facilement. Et de toute l’agence, je suis la “nana qui sait écrire”, ce qui donne régulièrement dans la journée des “Floh, “merci de bien vouloir nous retourner” avec -er ou -é ou -s”? - “Floh, tu voudrais bien venir me relire mon mail et me dire s’il est clair s’il te plaît”?
Et là, je chausse mes lunettes virtuelles, je m’arme de ma souris et de mon sourire, et je les aide à reformuler, et à corriger les fautes.
N’empêche, je baigne dans les prix. Du matériel et des prestations que nous vendons et que je dois appliquer, des règlements, des bilans, et particulièrement en cette période où le moindre centime ne se dépense plus comme on le voulait (chut, ça ne veut pas dire que c’était tout à fait le cas avant non plus), je vis dans une version améliorée et bien moins funky du juste prix.
Et de façon moins humoristique, le prix à payer, c’est aussi celui de chacun d’entre nous, travaillant pour l’entreprise, qui devons nous en acquitter pour des erreurs de dirigeants mégalos. Et là par contre, l’addition est salée, et vraiment douloureuse…
1er Décembre: en retard
Plus jeune, je portais une montre, et ma vie était rythmée par des horaires précis. Ceux des bus et trams que je récupérais pour aller à la Fac, ceux de mes horaires de cours, et de mes différents jobs; j’étais rarement en retard et j’avais une forme de crispation dès qu’il fallait attendre une dizaine de minutes. Je n’envisageais même pas de pouvoir vivre sans montre à mon poignet.
Et puis peu à peu, je me suis relâchée. J’ai appris que le temps n’était pas si facile à dompter. J’ai vécu à Paris, connu les galères des transports, et même si mon trajet était minuté en fonction de mon travail, j’avais de moins en moins de prise dessus, et je suis devenue fataliste. J’ai lâché les terreurs de mon père qui ne supporte pas l’idée de manquer un train ou un avion, j’ai couru sur beaucoup de quais et j’ai réalisé que j’étais toujours en vie. J’ai arrêté de porter une montre.
Aujourd’hui, chaque matin, j’arrive avec un bon quart d’heure de retard au travail. Que je pourrais éviter, mais cela nécessiterait que je me lève encore plus tôt, et parte encore plus vite. C’est un effort que je n’ai pas envie de faire, parce que je considère que les bouchons sont des impondérables, qu’ils m’arrangent pour gratter quelques minutes à écouter les infos et me réveiller pleinement, et que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je récupère ces minutes autrement, et j’aime cet espace de liberté pas tout à fait autorisée que je m’octroie.
Je continue à être ponctuelle pour ce qui me tient à coeur, je continue à apprécier qu’on me prévienne de tout retard, parce que c’est une forme de respect, mais j’ai assimilé le quart d’heure….vaudois, normand, gascon, montpellierain, toulousain, ou quel que soit son nom, puisque tout le monde veut se l’attribuer.
Ce matin, parce que magiquement j’ai mis moins de temps à me préparer et que j’ai pu partir bien plus tôt, je suis arrivée pile à l’heure, et j’ai trouvé ça beaucoup moins drôle. Et la matinée m’a paru très longue, rallongée de ces 15 précieuses minutes…
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