30 Novembre & 1er Décembre

30 Novembre: le prix à payer

Je suis dans les chiffres toute la journée. Oui, je sais que ça va en faire rire plus d’un ici, moi la littéraire qui déteste les maths, moi qui me crispe dès que je dois faire plus qu’une addition ou une soustraction, je n’ai jamais autant bossé dans les factures et les nombres que ces temps.
Restons modérés, je ne suis ni comptable ni contrôleuse de gestion, ou alors l’état actuel de ma boîte s’expliquerait bien plus facilement. Et de toute l’agence, je suis la « nana qui sait écrire », ce qui donne régulièrement dans la journée des « Floh, « merci de bien vouloir nous retourner » avec -er ou -é ou -s »? – « Floh, tu voudrais bien venir me relire mon mail et me dire s’il est clair s’il te plaît »?
Et là, je chausse mes lunettes virtuelles, je m’arme de ma souris et de mon sourire, et je les aide à reformuler, et à corriger les fautes.

N’empêche, je baigne dans les prix. Du matériel et des prestations que nous vendons et que je dois appliquer, des règlements, des bilans, et particulièrement en cette période où le moindre centime ne se dépense plus comme on le voulait (chut, ça ne veut pas dire que c’était tout à fait le cas avant non plus), je vis dans une version améliorée et bien moins funky du juste prix.

Et de façon moins humoristique, le prix à payer, c’est aussi celui de chacun d’entre nous, travaillant pour l’entreprise, qui devons nous en acquitter pour des erreurs de dirigeants mégalos. Et là par contre, l’addition est salée, et vraiment douloureuse…

1er Décembre: en retard

Plus jeune, je portais une montre, et ma vie était rythmée par des horaires précis. Ceux des bus et trams que je récupérais pour aller à la Fac, ceux de mes horaires de cours, et de mes différents jobs; j’étais rarement en retard et j’avais une forme de crispation dès qu’il fallait attendre une dizaine de minutes. Je n’envisageais même pas de pouvoir vivre sans montre à mon poignet.

Et puis peu à peu, je me suis relâchée. J’ai appris que le temps n’était pas si facile à dompter. J’ai vécu à Paris, connu les galères des transports, et même si mon trajet était minuté en fonction de mon travail, j’avais de moins en moins de prise dessus, et je suis devenue fataliste. J’ai lâché les terreurs de mon père qui ne supporte pas l’idée de manquer un train ou un avion, j’ai couru sur beaucoup de quais et j’ai réalisé que j’étais toujours en vie. J’ai arrêté de porter une montre.

Aujourd’hui, chaque matin, j’arrive avec un bon quart d’heure de retard au travail. Que je pourrais éviter, mais cela nécessiterait que je me lève encore plus tôt, et parte encore plus vite. C’est un effort que je n’ai pas envie de faire, parce que je considère que les bouchons sont des impondérables, qu’ils m’arrangent pour gratter quelques minutes à écouter les infos et me réveiller pleinement, et que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je récupère ces minutes autrement, et j’aime cet espace de liberté pas tout à fait autorisée que je m’octroie.
Je continue à être ponctuelle pour ce qui me tient à coeur, je continue à apprécier qu’on me prévienne de tout retard, parce que c’est une forme de respect, mais j’ai assimilé le quart d’heure….vaudois, normand, gascon, montpellierain, toulousain, ou quel que soit son nom, puisque tout le monde veut se l’attribuer.

Ce matin, parce que magiquement j’ai mis moins de temps à me préparer et que j’ai pu partir bien plus tôt, je suis arrivée pile à l’heure, et j’ai trouvé ça beaucoup moins drôle. Et la matinée m’a paru très longue, rallongée de ces 15 précieuses minutes…

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4 réponses à 30 Novembre & 1er Décembre

  1. Anne dit :

    J’aimerais avoir ton détachement. Il m’arrive de pousser aux fesses Cro-Mignonne pour 5 minutes de retard le matin… alors que de toute façon je serai la première arrivée.

    Mais moi, c’est la réaction à l’incapacité fondamentale de mon père d’être à l’heure, qui me névrose !!

  2. Lyjazz dit :

    Ah que oui, je comprends bien cette journée bien plus longue parce que tu arrives à l’heure !
    Comme j’appréciais de partir 15 mn avant la fin du cours à la fac pour aller bosser…

  3. Je suis aussi celle qui sait écrire et du coup je dois écrire les lettres un peu délicates.
    Je n’ai pas de montre non plus, mais j’ai une horloge exceptionnelle qui fait que je ne suis jamais en retard, même si je pars tard, s’il y a de la neige, si les feux sont tous rouges, c’est comme ça, pile à l’heure.

  4. Flo dit :

    *Anne: c’est toujours une histoire liée aux pères alors? 😉 Probablement que si j’avais un enfant, je serais bien moins zen que ça sur le temps qui passe 🙂
    *Lyjazz: ça passe si vite, 15 minutes, et pourtant ça peut beaucoup compter 🙂
    *Valérie: j’ai potentiellement la même horloge, mais je ne lui fais pas du tout confiance. Du coup, j’ai quand même besoin de m’appuyer sur un compte à rebours et mon portable, pour m’assurer que le temps passe comme je l’entends 🙂

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