14 & 15 Décembre

14 Décembre: gens sans importance…

J’ai beau chercher, il n’y a pas eu dans cette journée de gens sans importance autour de moi. Peut-être certains dont j’aimerais pouvoir réduire l’importance, et prendre plus de recul, mais être dans cette démarche, n’est-ce pas justement admettre qu’ils ont du poids?

Il y a tous ceux que j’ai croisés sans vraiment faire attention, mais que je peux citer…Cette caissière de grande surface, qui est gentiment venue m’aider pendant la frénésie des achats à cette période. J’étais dans la foule, pendant mon heure de pause, mais je n’ai regardé aucun visage, volontairement enfermée dans ma bulle, à agencer mes pensées, réfléchir à mon organisation, au déroulement de la semaine, tout ce qu’il reste à faire avant le départ. Et à essayer de canaliser mes réflexions, ne pas les laisser trop dériver.

Cette autre caissière tout à l’heure, alors que mue par une illumination soudaine, je me suis engouffrée dans le magasin avant sa fermeture, j’ai grimpé les 3 étages, trouvé précisément ce que je cherchais et je suis redescendue payer au moment où l’annonce de la fermeture sonnait. Elle avait un visage très doux, elle paraissait épuisée, il y a comme ça des personnes que l’on croise et qui retiennent notre attention, notre regard….comment dire que c’est sans importance?

Et enfin le serveur au restaurant, chaleureux et cordial, sourires et plaisanteries alors que nous étions en train de payer. Il nous a accordé un peu plus de son temps et nous étions les dernières, il n’avait peut-être qu’une envie, celle d’aller se coucher, clôturer cette journée, se reposer, mais il n’a rien fait machinalement et a su nous offrir une fin de soirée aussi douce que le reste.

Il n’y a pas de gens sans importance, parce que dès lors qu’ils prennent place dans ces lignes, c’est qu’ils ont suffisamment retenu mon attention pour exister et y figurer. Comment, dans ce cas, écrire sur les autres?

15 Décembre: il faudrait crier….

Ah ça oui, il aurait fallu que je crie hier soir en rentrant, peut-être que ça aurait évacué une partie de la douleur.
Retour tardif après cette soirée délicieuse entre amies, mon homme est couché et pour éviter de le réveiller alors que j’allume et que la chambre est ouverte, les bras encore à moitié chargés, je décide de fermer la porte.
Je tire, plutôt vigoureusement, je suis dans une position acrobatique, je me retiens au chambranle et….je place consciencieusement le pouce gauche précisément au milieu de la charnière.
Doigts gourds du froid piquant de l’extérieur, la douleur fuse, mais plus tard, bien plus tard que d’habitude. Porte pratiquement fermée.
Je hoquète, fais des bonds de kangourous et souffle, souffle, souffle (j’ai autant d’air que ça dans les poumons?). Je retiens une plainte, ne pas réveiller mon cher et tendre, mais ça gargouille dans le ventre, ça aurait fait du bien « aïe, aïe, mais aïeuhhhhhhhhhhhhhhhhhh », il faut le retenir. La tête qui tourne, le sang qui bat dans tout le corps, et j’ai perdu le demi-neurone restant dans l’accident, c’est tellement douloureux que je ne peux pas envisager d’aller le mettre sous l’eau froide, grave erreur. A la place je….nourris le chat, qui lui crie de famine et ne se retient pas, je range mes affaires, je prépare celles du lendemain, je me douche rapidement en gémissant parce que le contact d’une simple goutte d’eau sur le doigt est de l’ordre d’un coup de marteau.
Ca pulse jusqu’au bout de l’ongle, ça ne loupe pas, ça commence à bleuir, je suis résignée, je me retiens encore de crier, de contrariété également parce que nous n’avons rien dans la pharmacie pour parer au problème, pas d’arnica, ni crème ni gellules, et je ne veux pas me précipiter sur un médicament quelconque, tant pis on verra.

La nuit s’est passée éveillée, avec l’impression que quelqu’un jouait avec des lames de couteau, à me piquer le pouce encore et encore. Dès que la torpeur m’emportait, la douleur se réveillait de plus belle…et me réveillait.

Je n’ai pas crié de la journée, pas même contre mes collègues qui fatalement me contrariaient, après une nuit de 2 heures de sommeil en fractionné, comment cela pouvait-il être autrement?
Je n’ai pas crié, mais j’aurais dû juste au début, histoire de, peut-être, laisser s’évacuer la flambée, et ne pas la payer encore quasi 24 heures plus tard….

Ce contenu a été publié dans 365 bonnes raisons d', Bugs, Petits plaisirs & petits bonheurs. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

8 réponses à 14 & 15 Décembre

  1. Lyjazz dit :

    Il est peut-être encore temps de percer à l’aide d’une aiguille rougie au feu l’ongle pour faire sortir le sang comprimé.
    Sinon : un cataplasme d’argile verte, assez épais. Pas esthétique mais très efficace.

  2. Flo dit :

    *Lyjazz: aaaaarghhh!! La simple idée de mettre une aiguille dessus me fait hurler d’horreur (pour le coup)!! Je ne pense pas être douillette, mais là, faut même pas frôler!
    Et crotte, pas d’argile verte dans le coin, peut-être arriver à en trouver, oui. Je ne suis plus à ça près, côté esthétique 😉 Merci des conseils!

  3. Anne dit :

    Quand ça ira mieux, j’aimerais bien une vidéo de toi en pleins bonds de kangourou, quand même. Juste pour le fun.

    Bisous

  4. Flo dit :

    *Anne: tout se négocie, côté vidéo 😉 En même temps ce soir-là, à mon avis c’était plutôt un kangourou chucky, version film d’horreur je pense :p

  5. Lyjazz dit :

    L’idée, c’est que le sang est comprimé sous l’ongle, s’il a une porte de sortie ça va te soulager de suite….
    ce que j’en dit, hein…
    Sinon, l’argile verte : en pharmacie, ou en épicerie bio. De préférence de la montmorillonite (marque argiletz) concassée. Tu mets dans une petite boite en plastique, tu verses de l’eau jusqu’au dessus de l’argile, tu laisses reposer.
    Ensuite tu prends la pâte d’argile avec un ustensile pas en métal, et tu te fais un cataplasme épais d’environ 2 cm. Entouré d’une feuille de chou pour éviter qu’elle ne sèche trop vite. Tu emballes le tout dans un filet, une bande ou un bout de tissu, de sparadrap, etc. Et tu changes dès que ça sèche. C’est à dire environ toutes les 2 h. La nuit tu dors et tu changes au matin.
    Arnica en granules.
    HE d’hélichryse italienne diluée dans de l’huile, en onction. Ou alors en HA (hydrolat) pour l’hématome, en interne cette fois : 1càc dans un verre d’eau, à renouveler.
    Et ensuite, tu poses tes paquets AVANT de fermer la porte…

  6. Flo dit :

    *Lyjazz: tu as raison d’insister sur le dernier point surtout 🙂
    Mais merci pour ces préconisations fort intéressantes..la prochaine fois, je ne mangerai pas tout mon choux avant de me prendre le doigt dans la porte 🙂 Et surtout j’achèterai de l’argile verte rapidement, et je la garderai dans ma pharmacie 🙂

  7. Lyjazz dit :

    Ben oui (sifflote) il y a des principes de base dans la vie : 1- même quand on a très envie de faire pipi on pose les paquets avant de fermer la porte
    2- on a toujours de l’argile dans la maison, ça sert à tout et peut être préparé juste avant de s’en servir (le chou, j’en parle parce que c’est la saison, mais la salade ça marche aussi)

  8. Flo dit :

    *Lyjazz: j’y penserai! Le chou, je n’en avais plus, j’ai pas pris de salade verte. J’ai fait une cure d’homéopathie, c’est encore très noir très gothique, mais ça a dégonflé et ça fait de moins en moins mal. Pour l’esthétique, y’a puka être patiente maintenant 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *