8, 9 & 10 Janvier

8 Janvier: une question lue quelque part…

Il s’agit plutôt d’une question de quelqu’un, reçue hier soir. « Que voudriez-vous voir écrit sur votre épitaphe »?
Alors je rassure les personnes que cela pourrait choquer: ça m’a été présenté comme un exercice sur mes valeurs profondes, celles que je veux faire vivre, celles que je veux transmettre. La personne (ma thérapeute) qui me l’a posée l’a fait avec mon consentement, en me prévenant que tout le monde n’appréciait pas des masses.
Moi, ça m’a fait sourire. Fatalement, ce jour arrivera. Le plus tard possible, mais il arrivera, pourquoi le nier? Je ne fais pas partie de ceux qui envisagent absolument sereinement leur mort. Je n’y pense guère, pour tout dire. Mais j’y pense, lorsque je veux trouver ce que je veux fondamentalement vivre. Ce à côté de quoi je ne veux pas passer. Ce qui m’est essentiel.

Il y a d’autres façons de faire cet exercice, lister ce qui paraît absolument indispensable à notre vie, lister ce qu’on ne veut absolument pas regretter, etc…Présenter l’exercice sous forme d’épitaphe, c’est aussi une façon extrême d’envisager la vie, et de rappeler que « eho, tu sais, eh bien tu dois la croquer tous les jours, chaque seconde, et ne pas perdre de vue ce que tu es, parce que ça peut s’arrêter à chaque instant ».  Atropos peut à tout moment couper le fil….

J’ai émis quelques bribes de réponses, face à ma thérapeute. Et puis j’y réfléchis, maintenant, c’est en filigrane de mon quotidien. Et j’essaye de ne pas le perdre de vue…

9 Janvier: tentative de liberté….

Aujourd’hui, mais pourquoi aujourd’hui précisément, si ce n’est qu’il pleuvait, que nous cocoonions à la maison et que je prenais mon temps devant mon écran, je suis tombée sur un blog, le blog de cet homme qui m’a aidée dans le passé, que je n’avais plus revu depuis un moment, que je savais parti, sans trop savoir exactement, où, comment, pourquoi.
Ils ont près de 50 ans avec sa femme, ils en ont eu assez, un achat de maison et un déménagement ratés, ils se sont dit « après tout pourquoi pas, il est temps », ils ont laissé leur grand fils chez eux, et se sont offerts 9 mois autour du monde. Et ont choisi d’en faire un blog, pour nous tenir au courant. Inde, Thaïlande, Amérique du Sud, me voilà à remonter dans les archives, les lire avec avidité, regretter un peu, envier beaucoup (je sais, ce n’est pas beau), à rêver et à me dire « et nous? Quand est-ce qu’on s’offre cette liberté? Quand est-ce qu’on envoie tout promener? »

Mais il y a tant, tant d’autres choses à réaliser avant / en parallèle / malgré / en faveur….

10 Janvier: livre posé…

Celui que je lis, et à chaque fois que je m’arrête, je me dis « c’est sûr, je ne le reprendrai pas ». Et puis je le reprends. Parce que c’est un livre que j’aime détester.
A la page 2, je savais déjà de quoi il parlait. A la page 10, j’ai regardé la bio de l’auteur, je me suis dit « mais elle débute »??? A la page 12, j’ai considéré que franchement, si une chose pareille trouvait éditeur, bien des gens devraient cesser de se poser des questions sur leur capacité à écrire.
A la page 20, j’ai compris qui était le meurtrier. Et ligne après ligne, j’avais l’impression de surnager dans « 50 exercices d’écriture pour débutants – décrivez une fille sexy – décrivez un premier rendez-vous – décrivez les premiers émois – décrivez un univers de flics (et inspirez-vous de toutes les bonnes ou mauvaises séries américaines qui sont en train d’arroser les chaînes tv) – imaginez un dialogue entre 2 jeunes femmes amies »….Consternant.
Et pourtant, je le lirai jusqu’au bout. Je ne suis plus à 100 pages près, juste pour être sûre que j’ai raison. Et arriver, moi et ma bêtise, devant mon homme pour lui dire « tu vois, j’avais raison, franchement je me suis envoyé 300 pages et c’était totalement inutile, mais j’avais raison, c’est luiiiiiiiiii le meurtrier, mais qu’elle est bête, cette héroïne »!
Ca le fera rire, il me demandera pourquoi je n’ai pas été directement à la fin pour m’en assurer, je prendrai mon air offusqué de super-star « je ne fais pas de teasing, moi, môssieur », il me demandera à quoi ça sert de perdre son temps à lire un livre aussi lamentable alors que j’ai une PAL longue comme un jour sans pain et remplie d’autres promesses bien plus alléchantes et je lui rétorquerai « juste pour pavaner devant toi, te dire que j’avais raison, et surtout, le bloguer! »

Ah oui, j’ai failli oublier! Le bouquin à ne surtout pas ouvrir, c’est celui-ci.
Et consternation de ma part: collection Harlequin! Là, en effet, je commence à sérieusement douter de ma capacité à aller jusqu’au bout….

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9 réponses à 8, 9 & 10 Janvier

  1. Anne dit :

    Même pas je clique sur le lien, je serai capable de l’acheter par pur masochisme MALGRE les extraits dissuasifs (autant qu’hilarants de nullitude).

    Pour le reste, je me dis que la crémation, ça a du bon. Ca évite la réflexion sur l’épitaphe. Ce qui compte c’est ce qu’on a fait avant d’en avoir besoin, il me semble.

    (La mienne pourrait être : Elle a beaucoup aimé… en vain, souvent).

  2. Flo dit :

    *Anne: même pas tu envisages de l’acheter, ce serait mettre de l’argent par les fenêtres ou pire! Mais si vraiment tu veux être maso, je te le prête!
    Je suis pro crémation aussi, mais pas forcément pour éviter l’épitaphe. Par contre, je te souhaite de pouvoir changer la tienne, tu sais, et tu as encore quelques belles années pour ça. « Elle a beaucoup aimé…et ceux qui en valaient la peine » 🙂

  3. Anne dit :

    Et toc et paf dans ta gueule, qui tu sais 😀

  4. Flo dit :

    *Anne: ce n’était pas tout à fait le but, mais finalement…ben oui 🙂

  5. zelda dit :

    Je l’avais fait il y a quelques années, cet exercice … Pour un bouquin sur la simplicité volontaire ! De quoi aller à l’essentiel …
    Je ne pense pas tellement à ma mort elle-même (le passage, quand ça arrivera), mais je pense à ce que je veux « qu’il advi[enne] de mon corps lorsque mon âme et lui ne seront plus d’accord » … et j’en discute avec mon proche. Mes, ce serait mieux, mais ça reste un peu tabou …

    C’est qui le monsieur ? Maiiiiiiiil ! (surtout que tu dois avoir des choses à me dire sur ce début de semaine)

    Et bon, la prochaine fois que tu achètes un bouquin, tu regarderas l’éditeur … Harlequin, c’est la marque prévisible par excellence, c’est dans le cahier des charges (vrai de vrai).

  6. Flo dit :

    *Zelda: oui, ça c’est une autre préoccupation dont nous parlons également, de temps en temps. Et comme toi, familialement, c’est un peu plus tabou qu’avec mon conjoint…
    J’ai pas acheté le livre! Il vient de la pile que ma belle-soeur me refile régulièrement dans ce qu’elle achète et lit! Heureusement, sinon je serais allé me le faire rembourser illico! Mais là, ma fois…Et je te crois pour Harlequin (il faut liiiiiiire)

  7. Lyjazz dit :

    Ah, ben non alors ! je ne suis pas maso. Quand je n’aime pas je referme, ou alors, quand c’est un auteur que j’ai jadis aimé, je lis en diagonale pour pouvoir étayer ma mauvaise critique. Ensuite je fais un compte rendu négatif à mon compagnon. Et il faut que je m’insurge et que je râle : c’est meilleur comme ça.
    Sinon, avec 2 enfants, j’écrème beaucoup et je vais vraiment à l’essentiel dans mes désirs de lecture, et je sais maintenant attendre que la médiathèque achète celui que j’ai envie de lire depuis que j’ai lu la critique…

  8. J’ai déjà lu jusqu’au bout des daubes pour, comme toi, vérifier que je ne me trompais pas. Et tout pareil, c’était une copine qui me l’avait passé. J’aurais dû d’ailleurs me douter que nous n’avions pas les mêmes goûts littéraire.

  9. Flo dit :

    *Lyjazz: normalement, je suis capable de refermer un livre à la 15ème page sans culpabilité. Là, je ne sais pas pourquoi, j’ai tenu à aller jusqu’au bout…
    *Valérie: mais le pire, c’est que généralement, j’ai les mêmes goûts littéraires que ma belle soeur, qui m’a passé le livre. Là, c’est juste un loupé! Et cela dit, j’avoue, j’avais un peu tort quand même…Le tueur n’était pas celui que je pensais, mais l’autre, que j’avais envisagé également. Ah lala, je ne m’en remets pas 😉

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