Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog Feenix de février 2011.

février 2011
L Ma Me J V S D
« jan   mar »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28  

Archive pour février 2011

La minute complainte

Avant la fin de l’année, ça allait mal au boulot, mais on nous promettait des lendemains rieurs. On allait être rachetés, on serait forts, beaux, puissants et surtout plein d’argent.
Soit, on en a pris notre parti. On a dit au-revoir à notre 3 collègues qui nous ont quittés sans trop de difficultés, ils l’avaient choisi, ça s’était bien mis en place, ils partaient avec de beaux projets.

L’agence a paru bien vide ensuite, 3 personnes en moins, ça faisait quand même une petite différence. Il y a eu la trève des confiseurs, puis la lente reprise du début d’année. “Soyez patients, on met toujours du temps à relancer une machine à l’arrêt”. Ok, c’était même plutôt amusant, on en a profité pour faire un ménage d’enfer, tout classer, tout trier, jamais je n’avais été plus à jour, et puis les pauses café qui duraient, et puis surfer, prendre du temps. On essayait de passer au-delà des craintes, on a tenté notre push qui a lamentablement foiré, et ça a commencé à durer, vraiment longtemps. Et puis les problèmes restaient les mêmes, comme si rien ne s’était passé, les mêmes réclamations, les mêmes galères à gérer, les mêmes silences de nos chers dirigeants dont on ignorait tout…

Aujourd’hui, ça fait des semaines que venir au travail est une lutte. Etant au bout de la chaîne (alimentaire?), tant que toute la machine n’est pas clairement repartie, je n’ai rien à faire. Rien. Je viens au boulot, je vérifie mes mails, je prends ce qui vient au jour le jour et m’occupe 10 minutes, puis le vide. Je sais que la situation est critique lorsqu’à 10 heures et malgré une pause café, je suis arrivée au bout de ma blogroll.
Objectivement, je pourrais passer à du 50% sans qu’on ne remarque mon absence. Mais qui serait assez fou pour le dire dans le blanc des yeux à son patron? Je pourrais, si je n’avais pas besoin un tout petit peu de mon salaire à 100% à la fin du mois (payé encore quand ça leur chante, “vous comprenez la comptabilité, c’est long à remettre en place”. Voui voui voui).
Donc je fais de la présence. Je refais connaissance avec mes démons et cauchemars de mes tout débuts dans ma vie professionnelle, où déjà à mon premier poste, je n’avais rien à faire. Et que j’avais quitté en me disant “plus jamais ça”. Je préfère être débordée de boulot, même un boulot nul, que de traîner à journée durant en comptant les secondes qui passent.

J’ai fini par ramener mes frustrations et mes colères à la maison. Ca devenait délicat, j’étais incapable de fermer la porte en partant de l’agence. Et je n’avais à ramener chez moi que de la contrariété, de l’inquiétude, de la rage. Ce qui chez moi fait un mélange encore plus instable que la nitroglycérine. Donc ça pétait. Grâces et sanctifications soient reconnues à mon amoureux qui supportait ces crises sans vaciller, patient et tranquille. J’ai réussi à dominer ça, grâce à une fée thérapeute qui m’a donné quelques trucs pour faire la transition, pour prendre de la distance. Je ne sais pas prendre de la distance, c’est bien le souci, et pourtant j’ai plutôt intérêt à m’entraîner, plus tard si je n’y arrive pas, je vais y laisser plumes et neurones.
Ok, donc le boulot devient un terrain d’entraînement. Ca fait une semaine que ça tient, ça ne marche pas trop mal, même si je me sens vaciller selon les jours. Mais ça ne remplit pas mes journées. Je suis épuisée de ne rien faire, de cette fatigue malsaine et tellement difficile à faire disparaître.

Et dans le cercle vicieux, tout se prend au même filet: le manque de motivation au travail, le manque d’envie d’écrire, le manque d’envie de lire; j’ai quelques vacances encore à poser d’ici au 31 mai mais j’en suis à me dire que je ne veux pas les poser trop tôt, par peur ensuite du vide qui va m’attendre, de la reprise qui sera encore plus dure, et de devoir patienter jusqu’à cet été.

Ce n’est qu’un passage. Qui dure, beaucoup trop longtemps. Tôt ou tard, le rythme reviendra. Et j’ai fait en toute conscience le choix de rester, parce que j’ai besoin de cette stabilité financière pour avancer sur le reste, et simplement parce qu’il faut que j’utilise cette situation pour construire l’avenir.
Mais honnêtement, rester 8 heures par jour bloquée derrière son pc c’est du gâchis. Même moi, je n’aurais jamais pu imaginer dire ça un jour….

mimosa.jpg

Et pour me faire pardonner de cette grincherie (ça se dit si je le veux), des mimosas en fleurs, après un week-end si ensoleillé et sympathique que vraiment, je me suis sentie en vacances pendant 48 heures…

Carnet bleu-rose!

Tout a commencé à Nouvel An, chez ma belle-mère. Par je ne sais quels détours propres à une petite fille de son âge, Miss Blondinette exprimait son envie de s’occuper de petits (et grands) animaux. Et ma belle-mère de lui dire “ah mais pour ton anniversaire si tu veux, je t’offre une souris”.
En face, je m’étouffe. Je suis l’amie des animaux, mais j’ai eu ma dose de cochons d’inde et autres lapins en cage dans mon enfance, je n’en ai pas un souvenir impérissable, et pour les quatre jours dans le mois où Miss Blondinette est chez nous, je sais très bien qui s’occuperait de la souris / cochon d’inde / lapin / autre rongeur.
Dans un élan de coup gagnant, je saisis donc la balle au vol et réponds immédiatement “si c’est le cadeau qu’elle veut, c’est chez sa maman. Pas chez nous, pas question”. Hop, parti dans le camps adverse, oui je sais, c’est lâche!

Nous sommes rentrés le soir même pour ramener la puce dans sa nouvelle maison, avec grand jardin. Deux heures de trajet pendant laquelle elle a élaboré des stratégies pleines d’espoir pour convaincre sa mère “Maman, on a le choix: on adopte un St Bernard ou alors mamie m’offre une souris pour mon anniversaire, tu préfères quoi?”. Bon, elle nous demandait toutes les deux minutes comment s’appelait le chien mais peu importe, ça nous faisait rire tous les trois.

Quelques jours plus tard, téléphone désespéré à son père: “tu sais, maman elle n’a pas voulu pour la souris. Ni pour le chien, d’ailleurs j’ai dit labrador, je ne me souvenais plus du nom. Elle n’a pas voulu quand même. A quoi ça sert d’avoir une grande maison et un grand jardin sans animaux?” Ah ça, ma chérie…
Et là, je ne l’ai pas vu venir. Oui je me suis fait avoir, comme une bleue, mais que voulez-vous? Ca vous met le coeur et les neurones en compote, ces petites blondes.
Mon amoureux, donc, qui me susurre au moment de nous endormir le soir “tu sais, j’aimerais bien qu’on prenne une tortue d’eau. C’est un aquarium, c’est pas grand chose, et puis ça fera plaisir à Miss Blondinette”.
J’étais encore dans l’émotion du cri du coeur de la miss, et en train de sombrer dans les bras de Morphée. J’ai donc dû articuler quelque chose comme “bah ma fois pourquoi pas, mais renseigne-toi d’abord, pour voir combien ça coûte et ce qu’il faut comme matériel, hein”…

Oui je sais, erreur stratégique, j’ai perdu le contrôle. Le vendredi suivant, alors que nous n’avions pas encore rediscuté du sujet, Miss Blondinette débarque à la maison, se plante devant moi sans enlever chaussures ni veste, et me dit “oh tu sais, papa m’a parlé pour la tortue, je suis d’accord, hein!”
Han! Tu m’étonnes. Et moi, je me suis fait doubler.
D’autant que je déteste avoir raison: mon amoureux a donc pris des renseignements après avoir fait miroiter de beaux projets à sa fille. Et une petite chose comme une tortue d’eau a besoin d’un minimum pour être en forme, puisqu’un aquarium n’est quand même pas son milieu naturel. Et que la bagatelle va chercher dans les 200€, en fonction de la taille de l’aquarium, du filtre, de la lampe chauffante, du thermostat, je vous épargne la liste complète.

On a donc convenu que ce serait un seul, unique et très beau cadeau d’anniversaire. Miss Blondinette aura 7 ans dimanche prochain. On l’a briefée: tu auras cet animal mais rien d’autre, tu comprends que c’est un gros cadeau, pour te faire plaisir (un peu à ton père aussi m’enfin bon). Oui, elle était d’accord.
L’autre difficulté était de trouver la tortue, les magasins ne sont pas approvisionnés en permanence. On a donc téléphoné ponctuellement pour connaître l’arrivage, et appris qu’ils venaient d’être livrés le week-end dernier. Miss Blondinette n’étant pas avec nous le jour de son anniversaire, c’était délicat d’attendre 2 semaines.
Expédition faite donc samedi. Cadeau anticipé, quelques hésitations mais on finit par repartir avec la trousse et l’aquarium du parfait petit éleveur de tortues d’eau.

Si ça avait été une fille (Miss Blondinette n’envisageait pas autre chose qu’une fille), on l’aurait appelé Rose. Mais pas de chance, si jeune, on ne peut définir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. On a donc suggéré à la demoiselle de trouver un prénom qui convienne aux 2 options. Ce sera donc Camille.
Maintenant, il faut expliquer à son heureuse propriétaire que ce n’est pas tout à fait adapté aux câlins et prises dans les bras comme le chat (qui lui par contre en redemanderait volontiers le double) et que non, même si ok c’est logique, c’est un animal d’eau, ça ne vient pas sous la douche avec elle. Ahem.

Et sous vos yeux ébahis, la tête du cadeau:

camille1.jpg

Et oui, elle est minuscule (la main est celle de Miss Blondinette, pas franchement grande non plus hein). Et ne devrait pas, je l’espère, dépasser les 20 centimètres à taille adulte. Mais comme a dit la caissière en voyant le matériel “Tout ça pour un si petit truc”?? Eh oui. Et tout cet argent. Pourvu que ça dure…

Ces lieux-là

Crépuscule. Coucher de soleil flamboyant, rouge orange rosé, la chaleur s’estompe, cette ambiance si particulière au grand Sud s’installe après une journée caniculaire. Les oiseaux se remettent à chanter avant la nuit, les odeurs s’exacerbent avant de s’apaiser, chaque minute qui passe est une parade, comme pour nous convaincre de rester jusqu’au lendemain.

J’ai toujours infiniment aimé ce moment-là de la journée là-bas, peut-être depuis ce jour, peut-être avant je ne peux le dire.

J’avais joué au tennis et je m’étais assise, sans doute pour attendre mon père qui finissait sa partie, ou simplement par envie de calme. Dos contre le cabanon qui brûlait encore des rayons de la journée, je contemplais la lente disparition du soleil, je respirais à pleins poumons, j’écoutais les bruits des joueurs qui se feutraient, chacun rentrait pour prendre sa douche. C’étaient les vacances, c’était la douceur de vivre, c’était mon adolescence et son cortège de questions, de doutes et de malaises.

Il est venu s’asseoir à côté de moi, comme ça, nous nous connaissions déjà mais je crois que c’est la première fois qu’il a fait cela, venir vers moi, et nous avons commencé à parler. Je n’ai plus aucune idée de la conversation, pas le moindre souvenir des mots qui ont été prononcés. Je me suis juste dit que cet instant-là, ces minutes hors du temps qui faisaient battre mon coeur et mon corps plus fort encore, resteraient gravées en moi. Ce coucher de soleil et cet apaisement, mon flamboiement intérieur et ce lien qui se tissait avec lui; il plaisantait, je riais, le temps s’accélérait. J’en avais la conscience aiguë, comme une petite voix qui répétait dans ma tête “tu vas t’en souvenir. Toute ta vie, tu te souviendras de ce moment. Tu vis quelque chose de particulier, de si exceptionnel”.

Je ne sais plus comment ça s’est terminé. L’esprit filtre, ne retient que ce qui l’intéresse. Nous avons dû nous faire la bise, ou pas, nous promettre de nous revoir le soir-même, ce qui s’est fait, ou alors le lendemain. Qu’importe? J’ai eu ce coucher de soleil dans un coin de mon coeur, de mon esprit pendant des années.
Je l’ai eu au bas de l’escalier en pleine station de métro, dans le sous-sol parisien, je me souviens précisément que j’ai été fusillée sur place un jour où ma mémoire tournait à plein régime, je me suis souvenue de cet instant magique là au milieu de la grisaille et des odeurs, j’ai redéroulé toute l’histoire, tous les ratés et tout l’inachevé qui avait commencé à cet instant-là. J’ai joué avec les couleurs et la douceur de l’instant, comme pour me forcer à prendre conscience que je n’y étais plus et que ma vie avait pris un chemin tellement différent. J’ai vécu cela comme une vraie mise en abyme, un lieu me remémorant un autre, aucun lien mais la conscience aiguë ce qui m’entourait, et ce que j’étais en train de vivre.

Aujourd’hui, tout cela s’est estompé comme une jolie toile impressionniste. Je peux faire appel à cette image sans qu’elle soit douloureuse, je souris de ne pas m’être trompée, d’avoir senti à quel point ce moment de ma vie a été important, même si je l’ai sans doute gâché. Et j’aime savoir que d’un instant à l’autre, un lieu peut transformer ce que nous vivons. Tout comme nous transformons les lieux où nous sommes….

Ceci est un billet ricochet à celui du jour de Chiboum, et écrit sur sa proposition. Rendez-vous là-bas!

Plus besoin de célébrer…

Le 4 Février maintenant, c’est une date tout à fait banale. Entre le 3 et le 5, un début de mois plus court que les autres. Aujourd’hui c’est un vendredi, ça suffit à me coller le sourire, et puis c’est un peu difficile aussi parce que je n’ai plus 20 ans (ni 30, boudiou), et que la soirée d’hier un peu plus arrosée que la normale a du mal à passer. Mais j’assume.

Le 4 Février, après tout, j’en ai déjà très bien parlé ici, et je crois que je ne pourrai jamais dire plus (ni mieux en fait, pour une fois que je suis contente d’un billet) que ce que j’ai rédigé.

Je crois que de hausser les sourcils quand mon Amie me dit “ah mais aujourd’hui c’est un peu spécial quand même, tu fais une note à ce sujet/ tu y penses un peu/ tu te rappelles?”, c’est la preuve que justement, non, ça ne vaut plus forcément la peine d’y revenir. Du moins pour la part négative de cette date, la part positive perdure dans mon quotidien, et chaque journée à ses côtés est un 4 Février sans les angoisses et la panique que ça avait provoqué. En résumé, c’est le bonheur.

Donc, disais-je, je ressemble quelques secondes à un point d’interrogation, je fouille dans mes archives internes, me souviens vaguement qu’en effet, un certain 4 Février 2007 une forme de ras de marée m’avait submergée et laissée pantelante sur la plage d’un nouveau continent de ma vie à explorer, et que oui, ça pourrait être une date anniversaire.
Sauf que voilà, depuis j’ai assimilé les douleurs qui ont accompagné cette date, j’ai digéré, j’ai appris, j’ai collé de bien plus belles images par-dessus, et j’ai rangé la date dans mes tiroirs de “journée comme les autres”. J’ai encore suffisamment d’occasions (trop) de me souvenir de mon passé ni victorieux ni délicieux, et ça me suffit.

Cet après-midi, mon amie m’a dit “oui mais moi, je m’en souviendrai toujours parce que c’est à cette date que je me suis dit qu’enfin, tu as décidé de prendre ta vie en main. Et de vivre tout simplement”.
Je lui ai répondu que ça m’allait très bien. Moi, d’oublier la date. Elle de me la rappeler. Que symboliquement je trouve ça plutôt pas mal: c’est important que je ne me retourne pas éternellement sur mon passé, mais j’apprécie qu’on me pointe du doigt ce que j’ai surmonté, juste pour que je m’en souvienne et que je continue d’avancer. Et surmonter ce qui se dresse encore face à moi.

Merci à elle. Et tous ceux qui m’ont entourée il y a 4 ans. Et m’ont permis de vivre, ni plus ni moins…

|