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Archive pour 30.11.2011

Sauvée par les Suisses

Ces temps, j’ai envie d’écouter de la musique classique.
Ca peut s’expliquer de plusieurs manières, à commencer par le fait que je suis un peu plus souvent seule à l’agence, donc que j’ai la main sur la playlist. Et que vu l’état de nerfs dans lequel me met mon boulot et surtout un ou deux gugus de l’entourage, j’ai très besoin de douceur, de calme, d’apaisement. Je compense l’exposition de l’open-space, le manque d’intimité et l’incapacité à pouvoir fermer la porte pour souffler un bon coup par les moyens du bord: tenter de créer une ambiance plus feutrée et m’y enfermer quand je le peux…quand j’y arrive.
Ca, c’était pour l’explication la moins sympa.
La plus chouette, c’est que c’est l’hiver, même ici c’est arrivé, et qu’il commence à faire des températures un peu plus dignes de ce nom. Jetez-moi au feu si vous voulez, ça me manquait.
Et inévitablement chez moi, ça me rappelle les feux de cheminée qu’allumait mon père lorsque la nuit tombait vite, des puzzles que je faisais tranquillement dans ma chambre en écoutant la radio branchée au salon, l’odeur de thérébenthine parce que mon papa avait sorti ses toiles, ses couleurs, ses pinceaux…C’était l’hiver, il faisait froid dehors, de la buée sur les fenêtres, on allumait des bougies, le chat se blottissait sous les couvertures, on était bien, on buvait du thé aux épices.

Pour toutes ces petites madeleines de Proust, je cherche donc des morceaux tout doux, du violon, du piano. Or j’ai déjà épuisé les moyens classiques à ma disposition: depuis qu’on refuse de payer (qu’est-ce qui reste gratuit, dites-moi?), on ne peut plus écouter certaines playlist qu’un temps compté, largement pas suffisant pour remplir mes journées de travail et quelques soirées où me prend l’envie de réécouter quelques morceaux.
Je me suis tournée vers les radios en ligne, j’ai pris la radio nationale, qui fait royalement planter tout mon système vétuste au travail, sans compter les interruptions publicitaires et les flashs information dont je me passe volontiers, merci; je baigne dans les mauvaises nouvelles du quotidien pendant tout mon trajet du matin, à partir de l’arrivée sur mon lieu de travail et mon retour, je préfère choisir moi-même ce que je veux entendre.

Un grand moment de solitude et de silence plus tard ce matin, et après avoir recherché désespérément des moyens alternatifs, me voilà tombée tout à fait par hasard sur la radio classique suisse, qui se lance quasi sans rechigner, ne se coupe pas, et comble du miracle, ne diffuse aucune pub, aucun flash info! Tout juste de temps en temps une petite intervention d’un présentateur à l’accent délicieusement prononcé!
Dire que je suis aux anges est un euphémisme, j’en suis encore à me demander où est le piège et combien de temps je vais avoir le droit de l’écouter là comme ça! Et dire aussi que j’ai passé des années à ronchonner contre mes parents à chaque fois que je posais mes fesses dans la voiture familiale et qu’ils voulaient un peu de musique classique, en leur arguant que non merci, je ne voulais pas de ce programme, c’est une revanche digne de ce nom!

Voilà, sauvée par mon pays d’origine, qui m’offre un programme original, tout doux et tranquille, et m’a permis de passer une journée musicale comme je l’espérais!

Ouaip, tout soudain comme ça, me revoilà. Oh je ne sais pas si ça va durer hein, mais visiblement ça aide d’être à jour sur sa blogroll, ses mails et de s’enquiquiner au boulot en écoutant des violons….

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