Comme un air de printemps…

*Je vous promets, ça fait plusieurs jours que j’ai envie d’écrire un billet, ce qui en soi est déjà une fort bonne nouvelle et une bonne source d’espoir, ça faisait quand même un sacré moment que ça ne m’était pas arrivé. Il me manque encore le temps, l’énergie aussi, et j’ai dans les tiroirs une ou deux idées d’articles en soi, pas juste des pensées jetées au hasard, mais là aussi il faudrait que je concrétise.

*Fatalement, puisque je suis sur les radios d’information le matin (et puis en fait, il faudrait être sur Mars pour ne pas en entendre parler, il me semble, non?), je suis la campagne présidentielle avec un panel d’émotions qui va de la consternation à la colère. Comment, comment diable est-il possible et envisageable d’élire une personne à la tête d’un état sur la base de ces démonstrations et propos plus affligeants les uns que les autres? Et dans ces moments-là, je suis partagée entre le soulagement de ne pas avoir le droit d’exprimer mon opinion, la contrariété tournée contre moi-même de ne pas avoir pris les choses en main pour justement réclamer mon droit d’expression (et donc de protestation), et le manque d’envie de rentrer dans ce système. Et puis sait-on jamais, suivant qui arrivera à l’Elysée le 6 mai, je pourrais très bien me retrouver d’un coup d’un seul reconduite à la frontière, il semble que désormais tout soit possible, y compris les promesses les plus calamiteuses qui sont faites sur les chaînes aux heures de grande écoute.

*Ces dernières constatations m’ont du coup fait prendre particulièrement à cœur le vote auquel j’ai eu à participer à distance pour mon pays d’origine, et je me suis empressée de renvoyer mon bulletin de vote en temps et en heure pour que mon opinion soit prise en compte. Ca m’a quand même amenée à réfléchir sur la pertinence et la difficulté de voter à distance pour prendre des décisions dans un pays dans lequel on ne vit pas: déjà, il a fallu l’aide active de mes parents pour me clarifier les situations sur lesquelles j’avais à me prononcer, et pour discuter un peu avec eux des pour et des contre de chaque proposition (il y avait aussi l’option: voter exclusivement à l’opposé de ce qui était préconisé par le parti extrême-droite pour être certaine d’avoir tout juste, mais j’y rechigne malgré tout un peu, ça me semble trop facile, pas franchement réfléchi, même si au final mon bulletin de vote a ressemblé à ça). Sur l’une des propositions, j’ai d’ailleurs choisi de m’abstenir, tant les arguments de part et d’autre me paraissaient fondés, judicieux, et qu’il me semblait compliqué de devoir trancher alors que tout n’était qu’exception selon les lieux géographiques concernés.
Et puis, me disais-je, ai-je le droit de décider ainsi de la vie et l’avenir professionnel de ces gens, qui restent mes concitoyens sur le papier, mais dont j’ignore tout et que je n’aide pas au quotidien? C’est sans doute toute la difficulté du vote par correspondance. Il m’importe de remplir mon devoir civique, c’est aussi un moyen de reconnaître que je fais toujours partie de ce pays, mais en poussant le raisonnement plus loin, il me paraît tellement absurde d’avoir à me prononcer à 800km de distance pour des questions qui ne me concernent plus du tout, là où je suis totalement interdite de parole dans le pays où je vis, paye mes impôts et travaille.
C’est ainsi qu’on reparle du droit de vote aux étrangers et qu’on recolle à la campagne, non?

*Il fait beau, il fait presque chaud, mais comme je ne suis pas un paradoxe près, je rêve neige et ski, et le manque d’avoir pu en faire cette année se fait cruellement sentir, peut-être ravivé par le fait que je risque de devoir zapper cette étape-là l’année prochaine aussi, pour d’autres raisons (bien meilleures paraît-il, je soupçonne un piège pour m’endormir dans cet argument!). Je crois qu’au-delà de cela, c’est le manque de montagne de façon générale qui se fait sentir, le manque de vacances dépaysantes ou réellement reposantes. Et l’envie de grand air, de promenades et de nature, plutôt que de rester enfermée devant mon écran à bosser et me dire que j’aurai mérité mon arrêt. Rien que de très naturel à cette saison, non?

*Vous n’auriez pas des suggestions pour m’aider à me débarrasser d’une conscience professionnelle beaucoup trop développée et me permettre ainsi de me faire à l’idée que oui, 3 ou 4 jours d’arrêt pour un repos bien mérité ne seraient pas de l’arnaque à mon entreprise qui ne mérite absolument pas que je m’accroche à elle?

Je vous souhaite à tous un bon week-end, sans photo, je ne vous réhabitue pas trop vite! Ceci étant aussi un moyen détourné de vous expliquer que je suis aussi endormie sur le renouvellement d’images que sur celui des billets. Il y a du boulot….

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6 réponses à Comme un air de printemps…

  1. Sacrip'Anne dit :

    Chouette de te lire de loin en loin en tout cas ! Bon week-end, l’Endormie !

  2. Parfois moi aussi je trouve un peu exaspérant de voir que mes concitoyens du bout du monde votent comme un seul homme pour celui qui ensuite nous pourrit la vie cinq ans durant. Comme la fameuse Cécilia qui revient le temps de la campagne nous exhorter à voter pour son ex et qui ensuite repart tranquillement sous d’autres cieux.

  3. lyjazz dit :

    Oui, c’est un peu bizarre d’avoir à voter pour des dirigeants que l’on ne connait pas et on se demande bien comment aider les gens qui vivent dans le pays à aller mieux….

    Sinon : fabriquer un enfant, ce n’est pas une mince affaire, et il n’y a que les femmes qui savent faire. Alors ton entreprise n’a rien à faire avec ça : tu as ta vie à vivre, et ton enfant à faire grandir, et c’est déjà un job à temps plein, qui requiert vraiment toute ton énergie. Donc pas de vergogne à avoir : juste un instinct de survie !

  4. Comme je suis contente de te lire … Quant à ta conscience professionnelle super-développée, je crois que j’ai le même modèle. Mais sauf ereur de ma part, de toute façon (à moins d’une bonne convention collective ou grâce au fait que tu es enceinte), les trois premiers jours, déjà, ils ne te seront payés par personne… Et si tu reviens plus reposée, tu seras plus efficace ! 🙂

  5. Sacrip'Anne dit :

    Je passe tester les commentaires !

  6. Flo dit :

    @Sacrip’Anne: maintenant, faut que j’arrive à me rapprocher 🙂
    @Valérie: je pense qu’à chaque élection, on tombe bien plus bas…Mon optimisme forcené me fait dire qu’un jour, on ne pourra que remonter 😉
    @Lyjazz: ma sage femme a semblé être de ton avis, je suis en arrêt depuis quelques jours, histoire de bien conscientiser tout cela 😉
    @Petit poison: j’ai une super bonne convention collective 🙂 Après 2 ans, les 3 premiers jours d’arrêt sont pris en charge, et j’ai conscience de ma chance!
    @Sacrip’Anne: eh ben ça marche! 😀

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