Virtual Life

(J’ai bien dû écrire une note ou deux par le passé à ce sujet. Mais soyez gentils, on ne va pas trop chipoter, déjà que j’écris, je ne vais pas aller chercher dans mes archives ce que j’en ai dit, même si ça risque d’y ressembler pas mal!)

Une note en forme d’hommage à Lizly qui, pour des raisons bien tristes, s’interroge sur sa famille et ses amis, parfois virtuels….

J’ai réellement découvert la vie virtuelle au début 98, ou fin 97, je ne sais plus exactement. Internet et ses infinies possibilités, je ne m’en souviens guère, mais les chatroom, les sites interactifs, c’était à cette période.
16 ans, en tout cas…

En 16 ans, j’ai:
-Rencontré 2 hommes qui ont rempli ma vie amoureuse. L’un de façon très clairement virtuelle, l’autre via le net, mais sans que ça ne dure trop.
-Rencontré mon Amie, une soeur de coeur.
-Rencontré un nombre incalculable d’Amis, copains, connaissances, par blogs, par mails, par twitter, par d’autres moyens que j’ai déjà oubliés.
-Tissé des liens professionnels
-Tissé des liens associatifs

A tel point que lorsque je parle à ceux qui m’entourent, je ne réfléchis plus si c’est quelqu’un que j’ai d’abord connu virtuellement, ou pas. De la façon dont on s’est rencontrés. Ca n’a aucune espèce d’importance pour moi, tout s’est fondu dans mon esprit.

J’ai pu me tromper sur des personnes que j’ai rencontrées « irl » dès le départ, et avec lesquelles ça a fini par ne plus du tout coller. De même pour le virtuel, que ce soit amical ou amoureux. Je peux balayer par des dizaines d’exemples et contre-exemples l’argument du « tu ne sais pas à qui tu t’adresses ». A l’ère Facebook, twitter et autres réseaux, on ne l’évoque d’ailleurs plus trop.
Oui, les premières années j’étais prudente. J’évitais d’expliquer à mes amis de Fac que je connaissais plein de personnes via les réseaux sociaux, irc notamment. Je n’avais pas envie de me lancer dans de grandes explications ni de convaincre ou réfuter. Ce n’était pas dans les moeurs, je scindais donc plus volontiers ma vie, et ce façon d’autant plus aisée que je m’apprêtais à déménager et changer de pays, je pouvais donc effectuer une forme de transition en douceur. Si je pousse le raisonnement jusqu’au bout, je peux même dire que mes connaissances « virtuelles » m’ont permis d’effectuer ce déménagement et cette transition. Je me construisais peu à peu des points de repère en France, je n’arrivais pas sans rien.

Pour la timide que j’étais, internet était une passerelle rassurante. J’ai toujours été à l’aise devant un écran et sur un clavier, bien plus prompte à la répartie par écrit que par oral, au calme chez moi. J’arrivais à apprivoiser les uns et les autres, et le passage à la rencontre physique se faisait plus aisément par la suite, même s’il engendrait une grosse montée d’adrénaline dans les minutes qui précédaient les présentations. Je ne pense pas non plus avoir joué un rôle derrière mon écran. J’ai été moi, sincère dès le départ, que ce soit par mail, par chat, j’ai peut-être exprimé certaines facettes plus que d’autres, mais qui ne le fait pas, quel que soit le lieu?

Aujourd’hui, tout cela est tellement naturel et même passé dans les moeurs que je suis presque surprise qu’on puisse encore s’interroger et différencier des connaissances virtuelles ou …. ou quoi d’ailleurs? Réelles ne convient pas, « physiques » c’est nier qu’on s’adresse à des personnes en chair et en os derrière son écran….
Forte de mon expérience, de mon assurance gagnée également (qui a dit « de mon âge »??), j’essaie dans la mesure du possible de rapidement franchir le pas entre l’écran et la réalité. Bien entendu, lorsque la géographie et les obligations respectives le permettent. Si, à l’époque, je me complaisais à des discussions par claviers interposés sans forcément aspirer à découvrir mes interlocuteurs, aujourd’hui je me dis que la finalité est quand même une rencontre. Histoire aussi de pouvoir avancer dans la relation, lui donner du corps, de la matière, même si là encore, je pense qu’on ne peut pas prétendre qu’un lien (autre qu’amoureux bien sûr) qui continue au niveau virtuel ne peut pas être dense, profond et sincère. Mais de façon personnelle, j’aime voir, j’aime entendre aussi, j’aime passer au level supérieur lorsque j’accroche avec quelqu’un via un écran, et je cherche à le concrétiser encore plus, même si je sais que ce n’est pas toujours évident. Et ce n’est pas ma chère Lizly qui me contredira!

J’aime l’idée de consulter ma TL en sachant que je connais irl une partie de mes contacts, et que les autres, ce n’est peut-être qu’une question de temps et d’opportunités. J’aime savoir que mon écran n’a été qu’un allié et un soutien me permettant des rencontres, et non pas un échappatoire et une « planque ». J’aime l’infini des possibilités que ces réseaux offrent, j’aime jouer avec l’idée qu’internet n’est finalement qu’un tout petit microcosme, que les coïncidences et les recoupements ne sont pas si rares et sont tellement faciles. J’ai depuis fort longtemps cessé de croire en l’anonymat tout relatif qu’il offre, même si j’évite d’exposer ouvertement des prénoms et des noms de lieux, je sais qu’on peut très vite casser ces rideaux de fumée, mais ça ne me dérange pas, parce que je le prends comme une porte d’entrée, justement.

Une porte d’entrée vers de belles rencontres, des échanges riches et nourrissants, de belles amitiés à nourrir et à venir….
Pourvu que ça dure!

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6 réponses à Virtual Life

  1. Lizly dit :

    Rencontrer IRL des personnes rencontrées en ligne ne m’a jamais déçues. Par contre, c’est vrai que j’y vais la peur au ventre. Pas d’être déçue mais plutôt de décevoir. J’ai l’impression d’être tellement plus authentique en ligne qu’en « live »…
    Pour moi, la rencontre physique n’est pas une obligation, je me sens assez à l’aise avec l’écran et la distance que me permet l’écrit. Mais quand je sens/sais que de l’autre côté, c’est important, je le comprends. Et ouiiiiii, on va bien finir pas arriver à se voir !!
    Merci, ma fleur, pour tous tes mots, ici, là et là-bas.

  2. Sacrip'Anne dit :

    Oué enfin tout ça c’est bien beau, mais ces gens de l’internet, hein, si lointains, on ne sait même pas vraiment s’ils existent pour de vrai, et puis les RENCONTRER ?

    Non mais pourquoi faire ?

    😀

  3. Flo dit :

    @Lizly: je crois que comme toi, c’est moi qui ai peur de décevoir, mais à la longue, c’est un exercice auquel on se fait 🙂 Il y a toujours les premières secondes un peu délicates (ou pas), mais ça s’oublie tellement vite 🙂 Je ne le conçois pas comme une obligation moi, mais comme un aboutissement, une concrétisation encore plus grande, c’est ça que j’aime 🙂
    Bien sûr qu’on va y arriver, envers et contre tout, on le sait 🙂

    @Augustine: 😉

    @Sacrip’Anne: non et puis ma brave dame, vous ne savez pas du tout à qui vous avez à faire hein, ce sont peut-être des repris de justice, de gros menteurs, vous vous rendez compte à quel danger vous vous exposez? Et toutes ces nouvelles technologies, c’est pas bien net, moi j’l’ai toujours dit, le minitel déjà, c’était pervers, ces 3615 et ces prénoms suggestifs….Fouyaya, mais où va le monde hein, je vous le demande? Vous reprendrez bien un petit gâteau n’est-ce pas? 🙂 🙂

  4. Junko dit :

    Je crois qu’au début, j’y voyais plutôt une planque, même si j’ai fait des rencontres « bloguiennes » assez tôt finalement. C’est plutôt à mes amis irl que je cachais mon existence virtuelle, notamment par peur de les décevoir (j’y écrivais aussi ce que je n’arrivais pas à leur dire). Mais j’ai rencontré le père et la marraine républicaine de mon fils grâce aux blogs (en dehors des autres rencontres amicales), ça fera bientôt 10 ans. Alors imaginer ma vie actuelle si je n’étais pas passé de l’écran à la réalité, ça donne quelque peu le vertige. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent, ceux qui fuient cette possibilité, que ce soit par peur ou par simple méconnaissance de cette virtualité ou de cette réalité, enfin de cet ensemble quoi.

  5. Flo dit :

    @Junko: moi aussi, je pense que j’ai eu une part de « ne pas les décevoir » envers mes amis irl, même si j’ai très vite assumé sans forcément officialiser. Et je crois qu’au jeu du « et si », on ne peut pas trop jouer, tant ça bouleverse à ce point-là! Ceux qui refusent cet univers doivent en avoir peur, alors y gagneraient-ils vraiment autant que nous? 🙂

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