Revenir aux fondamentaux

Je suis la fille qui arrive à se pourrir la vie avec des détails.
Je suis la fille qui, pour se donner l’impression qu’elle garde le contrôle, préfère rentrer le soir et faire le ménage plutôt que de profiter de sa fille qu’elle n’a pas vue de la journée.
Je suis la fille qui se noie dans un verre d’eau.
Je suis la fille qui retrouve ses vieux démons des années passées (qui s’étaient pourtant apaisés) et qui termine ce mois de Juillet en ayant la sensation (qui n’est pas qu’une sensation, je le crains) d’être la belle-mère la plus moisie de l’univers et ses galaxies adjacentes (ok, j’ai un léger sens de l’exagération, mais pas tant que ça).
Je suis la fille qui aurait toutes les raisons du monde et même plus d’être la plus heureuse: une fille merveilleuse, une belle-fille (objectivement) super chouette, un amoureux fabuleux. Un boulot sûr qui et s’annonce rempli de promesses une fois l’adaptation passée. Un re-déménagement dans le lieu qu’on aime. Plein de belles choses à venir.

Mais.
Je ne parviens parvenais plus à toucher terre. J’étais sans cesse tiraillée par toutes mes obligations, mes sentiments d’impératifs, tout ce que je voulais et veux toujours concilier, en le faisant le mieux possible, merci le perfectionnisme qui s’insinue comme un poison.
En résultaient des fins de journée remplies de frustrations, d’impressions d’échecs, de dénigrement, d’agacement pour tout et rien.

Et puis.
Comme toujours ou souvent avec moi, je dois m’enfermer au plus profond de mes démons pour arriver au fond, toucher du pied et remonter.
Et puis, pour la première fois peut-être, je crois que vais remercier la maman de miss B.
Parce que quand mon amoureux m’a fait part de sa demande hier, j’ai eu comme un clic qui s’est distinctement manifesté dans ma tête, et je me suis dit que non, vraiment, je ne voulais pas être comme ça. Pas comme elle, jamais.
Vendredi, miss B. rentre chez elle, après un mois chez nous. Sauf exception très rare (je ne saurais même pas les mentionner), on s’est toujours appliqués à terminer les vacances en rendant un maximum de vêtements propres à sa mère. Avec un léger décalage quand on devait les faire sécher en les suspendant. Quasi en totalité depuis qu’on a investi dans Son Immense Sainteté l’Indispensable Sèche-Linge (je mettrais volontiers les majuscules en gras pour vous dire).
Sauf que la maman de miss B, ça ne lui suffit pas. Hier, elle a envoyé un texto à mon amoureux pour lui dire qu’elle apprécierait qu’on lui ramène des vêtements propres ET repassés.
Repassés. La dernière fois que j’ai sorti le fer depuis qu’on a acheté Son Immense Sainteté l’Indispensable Sèche-Linge, c’était il y a 2 semaines parce que mon pantalon en lin était franchement trop froissé pour être décemment porté au boulot après un aller-retour dans un sac de voyage sans avoir été déplié. J’ai aplati, j’ai débranché le fer, je l’ai rangé.

Alors non. Je ne veux pas être cette fille. Cette fille qui se préoccupe des vêtements repassés d’une gamine de 10 ans qui va les mettre, aller courir dans les champs (j’espère) et qui a priori n’a pas de soirée mondaine prévue dans la semaine à venir (et quand bien même ce serait le cas, je lui souhaite de ne pas devoir y aller en shorts et tshirts).
Non je ne veux pas être une maman qui se préoccupe d’un intérieur plus ou moins rangé plutôt que du livre que lui tend sa fille.
Non je ne veux plus compenser mon insécurité par une volonté de tout contrôler. Je sais que je n’y arriverai pas, je sais que c’est illusoire.Non je ne veux plus pourrir la vie de ceux qui m’entourent (et la mienne) parce que je suis frustrée de trop vouloir et pas assez réussir à faire, et que je ne regarde pas ce qui a déjà été accompli.

Je sais que j’ai besoin d’un minimum de rangement intérieur parce que c’est aussi pour moi un moyen de souffler et de me réapproprier les lieux, une fois passée ma tornade de 2 ans (et sa grande soeur qui parfois y contribue).
Je sais que mon caractère impulsif me rend bien souvent pénible, mais j’espère que miss B se souviendra de ces mois de Juillet avec nous pour les jolies choses qu’on lui offre, et pas pour mes cris et râleries.
Je sais que j’ai aussi des raisons de stresser, parce qu’il semble quasi acquis qu’en Septembre 2015, elle viendra s’installer chez nous. Et que ça ne sera pas toujours facile, et que j’ai le droit de trouver ça compliqué et peu évident. Mais nous, on ne demandera pas à sa mère de nous rendre des vêtements repassés. Pas même pour se venger.

Depuis plusieurs jours, je me demande ce que sont mes fondamentaux. Ce n’est pas que je n’en trouve pas, mais plutôt que j’ai du mal à faire le tri, et c’est bien mon souci. Tout me paraît essentiel: ma famille, mes amis, mon boulot, mon temps personnel, du sport. Je ne peux décemment pas accorder tout le temps que je veux à tout ce monde, mais je peux faire du mieux que je peux, et c’est bien là le mot clé. Et puis surtout, être satisfaite de ce que j’ai accompli. Verre à moitié plein et non à moitié vide.
L’autre jour lors de l’une de mes formations, l’intervenant nous proposait de finir nos journées en listant tout ce qu’on avait réussi à faire et non tout ce qu’il restait à réaliser. Simple, évident, mais pas forcément tellement spontané…
Après tout, les recettes je les connais. Mais il faut juste que je retrouve le chemin de la cuisine….

Hier, pour fêter cette prise de conscience, j’ai repris mon carnet de petits bonheurs depuis trop longtemps délaissé. Et j’ai rempli une page et demi, rien que ça!

chaton1
Ah oui, sinon je suis la fille qui se noie dans un verre d’eau (à moitié plein!) mais qui envisage sérieusement d’adopter un chaton d’un mois et demi tombé du ciel d’un amortisseur de voiture sur le parking devant chez elle. Mais qui vit en appartement. Et qui a déjà un chat de 1 an. Voilà.

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6 réponses à Revenir aux fondamentaux

  1. Sacrip'Anne dit :

    Mine de rien ça avance, dans ta tête 😉

    Et que l’autre teigne aille se faire cuire le cul…

    • Flo dit :

      @Sacrip’Anne: ça avance et ça repart. Ca dépend de tellement de choses, et de belles montées d’angoisse. Mais j’essaie de rester vigilante, et surtout d’accepter que ça ne peut pas être réussi tous les jours 🙂 Tu m’y as grandement aidé, j’espère que tu le sais 🙂
      Des bises!

  2. Apostille dit :

    Comme c’est bon de te lire, et comme je constate que décidément, on a encore plus en commun que ce que nos premiers échanges laissent entrevoir. Et c’était déjà pas mal !
    Moi aussi, j’ai repris les petits bonheurs, le jour de ton post… (Sur LPPR). Drôle de coïncidence ! Bises, kipe coule !

    • Flo dit :

      @Apostille: oui je t’ai lu, et j’en suis ravie 🙂 Moi aussi je m’astreins à ne pas toujours tout faire tourner autour de ma mini-miss, mais ce n’est pas facile, c’est un joli challenge 🙂
      Et je suis heureuse de nous découvrir plus de points communs, c’est toujours une belle surprise, je trouve 🙂 Je t’embrasse!

  3. dieudeschats dit :

    J’étais passée ici il y a quelques années, le hasard m’y fait revenir aujourd’hui et je constate que nous avons toujours pas mal de préoccupations communes ou similaires (à l’exception notable de ta mini-miss 🙂 ) Je pense que cette fois je vais mettre moins de temps à revenir ici 😉

    • Flo dit :

      @dieudeschats: en même temps, ça fait de très longs mois, voire plus de 2 ans que ça ne bouge pas beaucoup ici 🙂 Merci du chemin que tu trouves, tu seras toujours la bienvenue. Et pour les préoccupations, peut-être pourrons-nous nous apporter des réponses respectives dans ce cas 🙂

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