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Grandir et comprendre

Pour la première fois, peut-être parce que je grandis, et prends réellement pleinement mon indépendance (y a-t-il un âge pour se libérer de sa famille?), ou alors parce que ces vacances ont été particulièrement denses en trajets, lieux différents et organisations diverses, je comprends les choix qu’ont fait mes parents pour les vacances qu’ils ont passées avec nous.
Ces vacances qu’ils nous ont offertes, tout au long de notre enfance à mon frère et moi, et pendant lesquelles, comme bien des enfants, nous avons construit de si beaux souvenirs.

Ils n’avaient que peu de vacances. 1 semaine de moins légalement là d’où je viens qu’en France; déjà, ce n’est pas beaucoup. De par son enfance et ses besoins, mon père tenait également à être au bord de la Méditerranée.
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés plusieurs années d’affilée en Italie ou Tunisie essentiellement, et dans ces fameux clubs à la marque au trident si bien connus pour leur formule ”tout compris”. 15 jours de pure détente, quelques visites dans la région (soit que nous la connaissions déjà, soit en nous y baladant après, ou pendant le séjour), mais surtout 15 jours où mes parents arrivaient avec leurs enfants sous le bras, déposaient et défaisaient les bagages le 1er jour, nous donnaient les instructions, et ne s’occupaient que du strict minimum jusqu’au moment de refaire les valises. Nous étions libres de nos mouvements, de nos décisions: activités avec ou sans eux, leur donner quelques indications de nos intentions, mais c’était tout.

De tout ce qu’ils nous ont offert à cette époque, je les remercie infiniment. Ces années m’ont permis d’expérimenter et découvrir des activités que je n’aurais jamais pu faire en d’autres lieux ou d’autres circonstances, ou que je n’aurais pas eu le courage d’entreprendre, ou pas eu les moyens de m’offrir: catamaran, planche à voile, plongée bouteille, trapèze volant, rollers sur obstacles pour les plus marquants, mais tant d’autres encore.

Aujourd’hui, ce n’est clairement plus ma conception des vacances. Je peine infiniment avec l’instinct grégaire humain, je n’arriverais pas à me cloîtrer au même endroit pendant 15 jours et surtout, je crois que je ne supporterais plus l’ambiance joyeux drilles version Bronzés des lieux. Et puis de façon plus concrète aussi, je n’aurais pas les moyens de m’offrir de telles vacances.

Par contre, je comprends très bien les préoccupations de mes parents. Ou plutôt: leur souhait d’absence de préoccupations. Toute l’année, travaillant tous les 2 et avec 2 enfants à gérer, comme bien des familles, c’était un peu l’enchaînement boulot-dodo, repas, intendance générale, courses, respecter les horaires, les devoirs à superviser, les activités du mercredi après-midi, le partage détente-obligations les week-ends.
Alors l’été, en Juillet, ils disaient stop. Pas envie de se prendre la tête sur le menu, ni savoir si les enfants mangent bien ou non, ni s’ils avaient leur quota de légumes ou fruits. On voulait des pâtes et des frites à tous les repas? Bien, avec une ou deux remarques parce qu’on mangeait quand même tous ensemble, il n’y avait pas d’autres représailles, on jouait à ça les 3 premiers jours puis on se lassait de nous-mêmes. Pas de sieste? Qu’à cela ne tienne, la consigne à respecter était “pas de plage aux heures les plus chaudes, restez à l’ombre, si vous voulez vous épuiser en pleine heure caniculaire, c’est votre affaire”. Et ainsi de suite.

Cette année, j’ai senti peser le poids de l’intendance sur nos vacances. J’ai presque honte de l’avouer, car pendant une semaine quasi entière, chez mes parents, je n’ai clairement pas été celle qui a choisi les repas, ni fait de suggestions. Mais j’ai eu à coeur d’aider ma mère à la cuisine, de participer au maximum, et d’alléger le triplement des obligations (acceptées avec bonheur de leur part bien sûr, ils étaient si heureux de nous voir tous les 3) qui pesaient sur leurs épaules.
Et le reste du temps, mon fichu caractère et mon souhait permanent de faire “au mieux” au point de parfois (souvent) d’en faire bien trop, faisait que j’essayais de planifier au maximum pour contenter à la fois les envies, mais aussi un certain équilibre alimentaire et financier.

Tout ceci fait partie de mon apprentissage accéléré de belle-mère (je lance un appel général pour remplacer cette affreuse et terrible expression que je n’assume pas du tout et trouve détestable), de mon apprentissage à moi aussi: prendre de la distance, accepter les failles, et surtout privilégier la détente parce que ce n’est quand même pas super efficace d’être en vacances et d’avoir les mêmes rythmes et contrariétés que pendant le reste de l’année.

Alors oui, aujourd’hui je comprends ces raisons-là dans les choix de mes parents. Je comprends enfin leurs explications: “on veut juste 2 semaines où on peut ne penser qu’à nous. Et partager avec vous plein de belles choses, mais rompre le quotidien, et la frénésie du programme hebdomadaire”.

Moi, j’aimerais m’attacher à cette rupture tout au long de l’année, déjà. Mais j’aimerais aussi savoir combiner de belles vacances en vadrouille, et faire la tambouille sans prise de tête et sans planifier…
On fait un bilan en 2011?

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De branche en branche, avec une aisance qui nous a époustouflée, elle s’est déplacée en apprivoisant mousquetons et poulie. Elle n’attend que d’y retourner et faire le parcours “des grands”….

Brève de l’été

J’ai déjà dit ici, je crois, tout le bien que je pensais à l’idée de ne travailler qu’avec des hommes. Non pas que les femmes me dérangent, bien entendu, j’ai déjà travaillé dans un environnement majoritairement féminin, jamais complètement (fort heureusement, et cet avis n’engage que moi, n’en prenez pas offense mesdames, je crois juste que mon caractère ne s’y adapterait pas forcément bien), et ça s’est plutôt bien passé, mais ce n’est quand même pas pareil.

Je me suis demandé au début si certaines conversations, discussions autour de la machine à café ne me manqueraient pas un peu, et puis en fait pas du tout. Il s’avère que j’ai (à quelques sujets près que de toute façon je réserve  globalement à un entourage plus proche) à peu près les mêmes thèmes qui arrivent devant le gobelet à la touillette, même si l’interlocuteur d’en face est masculin. Certes, mon collègue le plus proche a une sensibilité que j’ai déjà décrite, un caractère spécial, mais les autres, techniciens en chaussures de sécurité et grosses chemises à carreaux et qu’on ne pourrait pas franchement décrire comme “délicats”, semblent avoir aussi les mêmes préoccupations que moi.

C’est ainsi qu’on se retrouve à parler chiffons de façon amusante (comparaison des goûts et points de vue féminins et masculins), des enfants, de l’éducation, des nuits pourries ou non, de la varicelle de la petite dernière et la perte de dent de l’aînée, de mariage (sisi, l’un d’eux a dit “oui” récemment et l’organisation d’un mariage version homme, c’est plutôt comique), de recettes, d’amap, de bio ou de jardinage. Vous en voulez d’autres? Je me suis retrouvée hier soir avec un énorme sac rempli de 2 énormes courgettes rondes, côtes de blette et plans de basilic qui venaient “du jardin” et qui ne pouvaient pas être cuisinés, et nous avons longuement devisé et comparé les inconvénients et avantages de la pâte à tempura versus pâte à blinis pour les fleurs de courgettes. Je dis oui à ça tous les jours, moi!

Aucun sujet interdit, donc. Si ce n’est ce lieu, qui reste secret, il vaut mieux. Mais ça, que j’aie un collègue féminin ou masculin en face de moi, ce sera pareil. Et parfois, je dois me mordre la langue pour ne pas me trahir (Frérot, je me plains si je veux ici, c’est chez Moi!!)

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Non ce n’est pas moi. J’aurais aimé avoir le courage d’assumer ce merveilleux chapeau, et offrir ainsi une photo à mon homme, désuète et pourtant si classieuse.

Ce billet signe l’ouverture d’une nouvelle catégorie. Après tout, il n’y a pas toujours besoin de remplir des lignes et des lignes, et puis ça permettra de reprendre de l’élan, pourquoi pas….

Petits cailloux de retour

*Je ne me suis pas encore décidée à regarder sur g**gle map combien de kilomètres on a avalé en 15 jours. On a fait une forme de tour de France, version diagonale et redescente par un versant. C’était super chouette. Super fatiguant aussi.

*La canicule, ça va, on maîtrise merci. Il a fait des chaleurs de fous à peu près au moment où l’alerte était lancée précisément dans la région où on se trouvait. Sans vraiment de plan d’eau à disposition. On a fait avec les moyens du bord, on a survécu, mais c’était dur.

*Les moustiques aussi on maîtrise. Et moi, j’ai décidé de faire une petite réaction allergique par-dessus, version petits boutons tout rouges, dont un au milieu du nez, c’est ultra glamour, malgré le joli bronzage doré. Et je confirme, j’ai testé pour vous, les prises anti-moustiques, suivant les marques, ben ça ne marche pas du tout. Pas de bol, j’ai choisi la mauvaise marque cette année!

*Vacances famille, donc. D’avoir des parents disséminés un peu partout à l’extrême opposé de là où on habite, forcément ça remplit les congés. On ne se plaint pas, on trouve toujours un logement et un accueil chaleureux (et de bons petits plats, et on est comme des coqs en pâte). Par contre on peut vite se faire submerger par tout ce qu’il y a à faire, tous ceux qu’on voudrait voir, qu’on n’a pas le temps de voir, qu’on regrette de….C’est officiel, je milite pour avoir un rab de vacances pour famille éloignée. Histoire d’avoir aussi du temps juste nous 3.

*Retour avec des centaines de photos (à trier, classer, mettre en ligne, bouhouhou, soupir de nostalgie..), de beaux souvenirs, de merveilleux moments. De lieux qu’on découvre encore, des envies d’en faire plus, et la promesse toujours de revenir pour aller plus loin et plus haut

*Fin des vacances pour le chat aussi, qui en l’espace de 15 jours et grâce à de généreux et chaleureux hôtes, a retrouvé sa liberté de gambader dans les champs; ça me fend le coeur de l’enfermer à nouveau, mais j’espère que ce ne sera pas pour trop longtemps. Et puis honnêtement, ce chat n’est pas rancunier. Même après le traumatisme d’un trajet en voiture, même après une douche, il ronronnait dans mes bras…Ca ne m’en fait que plus culpabiliser!

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On redécouvre même les lieux de notre enfance trop souvent visités par d’autres yeux…C’est la magie du partage!

Blog en vacances

Après une réunion éprouvante, plusieurs fois où j’ai manqué de faire éclater ma colère mais me suis retenue de justesse (croisons les doigts, ce n’est pas encore tout à fait terminé), il semblerait que le miracle frappe et que je puisse partir….à l’heure!!! Et en plus, en étant la plus à jour possible dans mes dossiers! Je n’ose y croire!

Blog en vacances jusqu’au 26 Juillet, vous me direz, ça ne change pas vraiment de ces derniers temps et vous aurez bien raison! N’empêche, à tous ceux qui restent, bon courage, je m’en vais loin de la chaleur mais là où il a intérêt à faire beau.

Et comme je n’ai qu’une parole:

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Rien à dire, l’Ipod, ça ne rend pas le quart de la moitié des couleurs somptueuses, prenez cette image comme le symbole d’un mini coup de soleil sur un champs remplis de soleils…Que c’était beau ce matin, j’aime l’idée que ce lieu reste figé sur cette image pendant de nombreux jours, aussi peu réussie soit-elle….

Petits cailloux caniculaires

Non je ne suis pas encore liquéfiée, mais finalement je pourrais ne pas en être loin, quand je vois la carte météo du jour

*Murphy a encore frappé: pour mon départ en vacances demain, mon grand Yaka me colle une réunion de 14H à 16H avec le grand grand Yaka. Sachant que les horaires ne sont jamais respectés, je crois que je peux oublier mon départ cheveux aux vents à 17H. Blasée je suis.

*Murphy frappe doublement. Depuis le début de la semaine, me voilà à moitié malade, suffisamment pour faire de la fièvre, moi qui n’en fais que tous les 30 février, mais pas assez pour me faire arrêter et me dire que faut pas déconner, je ne partirai pas en vacances épuisée. Raté, je partirai épuisée, mais je ne peux pas abuser. Sans dire que tout ce que j’avais programmé pour cette semaine est parti en vrille vu que je n’ai été qu’une loque ces derniers jours.

*Par contre, comme petit régime pré-vacances, y’a pas mieux. Bon, il aurait fallu quelques kilos de moins encore, mais c’est un bon début.

*Départ donc demain soir, heureusement pas d’horaire précis, parce que je n’ai pas commencé un seul sac, même pas dégainé le fer à repasser, pas fini les lessives (chériiiiiiii, si tu m’entends), qu’il faut emmener le chat qui flippe comme un malade (et malade il va être) dans sa caisse vers ses quartiers d’été, et j’imaginais dans ma grande illusion faire un peu de ménage, continue à rêver cocotte!

*Je n’aime pas dormir dans un lit vide. Je n’y arrive plus, ça me perturbe, pourtant je n’ai rien contre être seule un petit peu, tout à mon rythme, mais non, me coucher seule, ça ne va pas. Ca prouve que les contraintes de la vie de couple sont bien loin derrière le bonheur et les avantages, j’aime cette idée.

*Que j’aime ces petits matins encore frais. J’ai l’impression d’ouvrir tous les pores de ma peau pour les accueillir, de dilater mes poumons pour emmagasiner un maximum de fraîcheur avant que le thermomètre ne monte. Ils ont une saveur particulière, celle de la langueur des petits déjeûners en terrasse, celle des départs à l’aube et celle des siestes de mileu de journée. Bon, oui ok, ça sent les vacances quoi, et j’ignore pourquoi ça me rappelle à ce point mon enfance, ma ville, mon pays. Mais c’est bon.

*Il paraît que Miss Blondinette apprend nage de mieux en mieux, je me réjouis de constater ça. N’empêche, je ronchonne quelque peu, son père et elle ont pris quelques longueurs d’avance sur le bronzage estival, à moi de jouer le cachet d’aspirine à leur côté, je sens que ça pourrait me contrarier. 

*Pourquoi Inter choisissent-ils précisément la veille de mon départ pour ne plus afficher les podcasts des émissions que j’essaye de suivre? Et alors, je pars avec quoi dans les oreilles, moi? J’aimerais qu’on m’explique!

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Ce n’est pas du tout là qu’on va (dommage..) Et puis il y a les Tournesols, aussi, qui commencent à fleurir de partout et dont je rêverais de vous mettre une photo, mais là comme ça présentement, c’est un petit peu difficile….

Une grande bouffée d’iode

*Il y a d’abord l’arrivée dans les pins. Pas une forêt entière, moins qu’un peu plus haut sur la côte, mais ils sont là. Je soulève la visière de mon casque, je lève la tête, les narines grandes ouvertes, je hume, je m’emplis les poumons, et mon regard cherche. Elle ne doit pas être loin, quand je passe la langue sur les lèvres il y a comme un goût salé, non, ou alors c’est mon imagination, mas trop grande envie de déjà voir le ressac, entendre le bruit?

*Ensuite, c’est la découverte d’une ville. D’un tout petit hôtel où les plantes ont élu domicile, un jardin flamboyant, une décoration dont je ne voudrais sûrement pas dans mon salon, mais qui donne un charme si désuet à l’endroit. On se pose, on enlève les cuirs. Elle est où la mer?
Tout droit, au bout de l’avenue.

*Le vent qui nous prend d’un coup, alors qu’on débouche juste au début de la plage. On aurait calculé qu’on aurait moins bien réussi. C’est le coup dans le plexus, dans les yeux, dans les narines, dans les oreilles! Les 5 sens sollicités aussi brusquement, la poitrine qui s’élargit, ça y est, l’océan est devant nous, on se jette à sa rencontre, il vient à la nôtre.

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*On n’est pas les seuls à y avoir pensé. Toute la côte est réunie sur quelques centimètre carrés d’une plage qui se fait manger progressivement par la marée montante. Moi qui ne supporte pas les foules, moi qui fuis tout regroupement de plus de 3 personnes, qu’à cela ne tienne. C’est trop tentant, ça fait si longtemps, et puis je m’étais jamais baignée dans l’océan. Je suis une fille de la Méditerranée, mes origines, mon histoire familiale m’ont toujours ramenées vers la mer intérieure. Aujourd’hui, je suis moi, et je ne suis plus entièrement la fille de mes parents, la fille de ma famille. Mes goûts changent, et j’ai comme la sensation que, sans renier mes origines, mon coeur va appartenir à une autre étendue d’eau, plus fougueuse, plus sauvage, plus indomptable, plus authentique…Qui me ressemble un peu plus, sans doute….

*L’eau est à 20°. J’y rentre sans m’en rendre compte, mais on ne rentre pas dans l’Atlantique, on s’y fait prendre. Les rouleaux nous promènent, je reste attentive, je ne le connais pas, on s’apprivoise. Et surtout, surtout, il y a tant de monde. Les vagues ne me font pas vraiment peur. Les autres, si. Je finis par sortir, trop angoissée de me retrouver à tournebouler sur quelqu’un, ou d’être heurtée. J’assisterai au spectacle, collée serrée au milieu des serviettes. Une femme bienveillante, qui a bien deviné qu’on n’était pas tout à fait habitués au ressac, nous a gentiment remonté nos paires de baskets et sacs qu’on avait laissé traîner un peu trop près des assauts furieux des vagues.

*Le soir, c’est la fête dans la ville d’à côté, homonyme du Saint fêté toute la semaine. On y débarque, innocents, sans s’y attendre, se bénissant une fois de plus d’être en 2 roues, pouvoir caser la moto sur un coin de place, et partir se balader sans s’inquiéter de se garer, ni des bouchons pour repartir. Un petit resto, une glace sur la plage, il fait frais et que c’est bon après la chaleur de l’après-midi, on est heureux d’avoir les cuirs sur le dos, et puis le coucher de soleil a une autre saveur, celle du caramel beurre salé de ma boule de glace, celle du sel de cet océan temporairement apaisé, qui se retire, loin plus loin encore, je ne suis pas habituée aux marées, aux changements de paysage, tout bouge, tout est en mouvement, tout est tellement plus naturel ici au bord de cette grande étendue….

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*Le lendemain, on constate sur place l’ampleur des marées. Pieds nus, pas de baignade mais l’eau est toujours si douce. Comme la mousse des rochers sous la plante des pieds, chasse aux crabes, découverte des microcosmes dans les flaques d’eau, restées coincées dans les rochers. C’est un arc en ciel de quelques centimètres cube, le rose violacé des algues, le gris du rocher, le noir des oursins, et le ballet de tout petits poissons au milieu. Je regarde avec envie les surfeurs s’emparer des rouleaux plus loin dans l’eau, si j’avais le temps, si je pouvais, goûter à ces sensations-là….

*Ces 2 journées passées si vite, se sont envolées dans le vent, vers le large. Juste le temps de tomber amoureuse d’une atmosphère, et puis il est l’heure de repartir, reprendre la moto, se concocter un petit voyage retour avec une ou deux étapes alléchantes, se promettre de revenir, plus longtemps, pour s’arrêter visiter toutes les beautés que nous traversons.

L’arrivée à la maison, c’est un orage pris à 15 kilomètres de chez nous, qui nous rince en 2 minutes, une bécane amphibie dans un rond point, une coulée de boue et un fou rire, on ne pouvait pas terminer de manière plus magistrale, le ciel s’est vengé du sel que nous avions encore sur la peau et sur les habits, lorsqu’on s’est déshabillés, tout le sable récolté sur la plage est tombé des vêtements, dernières traces concrètes de notre escapade, avant que l’on puisse se rabattre sur les photos, et les souvenirs, et l’envie d’y retourner, déjà….

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Non il ne neige pas, il fait beau!!

Vous n’êtes pas sans savoir la débâcle, le “psychodrame”, pour employer l’actuel mot préféré des médias, celui qui est à la mode et dans toutes les bouches, qui se joue s’est joué en Afrique du Sud pour 23 pauvres guignols en maillot bleu. Il faut aller sur Mars pour ne pas en avoir entendu parler, et encore, je pense qu’ils ont dû avoir les ondes brouillées là haut par tant de retransmissions sur les moindres faits et gestes de ces petits enfants gâtés et capricieux au très modeste salaire mensuel.

Non. Je m’étais jurée de ne pas rentrer dans la polémique. Ca blogue de partout sur le sujet, on ne peut pas allumer la radio ou lancer une page internet sans tomber sur le dernier rebondissement de la saga de l’été du printemps de l’hiver de l’automne…..????

Je déteste le foot. J’exècre, je méprise, je ne supporte pas ce sport. Les superlatifs ne sont pas suffisants. Ca me fait pousser de l’urticaire, je n’y vois aucun intérêt, je ne soutiens aucune équipe, aucun joueur ne trouve grâce à mes yeux. Autant je me suis prise au plaisir du rugby, que j’ai (bien trop) délaissé ces derniers temps (il me reste un an pour me remettre à jour avant la coupe du monde), autant je m’exilerais sur la lune si je le pouvais pour éviter toute information sur cette comédie qui a lieu entre 22 clowns et 2 cages à but.

Inutile donc de vous dire que ces dernières semaines, arrosée et gavée de ballon rond malgré moi, j’étais de fort méchante humeur, et je répétais à l’envi que j’avais allumé des cierges pour que les Bleus se ramassent lamentablement au premier tour, et qu’on n’en entende surtout plus parler, fini, terminé. Pour ma défense (même si je n’ai pas honte), j’aurais vécu en Italie, j’aurais dit la même chose des Italiens, idem en Suisse, idem au Zimbabwe ou quel que soit le pays où je me trouvais.

J’avoue, je ne pensais pas être exaucée à ce point. Et comme je perds tout contrôle et toute intelligence (je reconnais volontiers que je peux devenir aussi ridicule que de fervents supporters sur le sujet), je n’ai pas caché une forme de triomphe en entendant les premiers rebondissements de l’histoire, puis les suivants, et comme je soupçonne que ce n’est pas terminé, je ne parlerai pas des derniers.

Ces derniers jours, il devenait difficile à l’agence d’aborder un sujet plus ou moins consensuel, qui évite les tensions et ne fâche pas. Hier matin, nous nous sommes pourtant retrouvés très détendus pour cause d’absence du Yaka autour du café matinal, et nous avons commencé à parler du match de la journée. Le fameux raout d’honneur, celui qui devait avoir supposément arraché les larmes aux yeux des joueurs, selon Roselyne qui a l’air aussi douée en psychologie et coaching sportif qu’en gestion de la grippe A, c’est dire!
Les avis ont fusé, renvoyez le sélectionneur, virez les joueurs, reversez leurs primes (et si possible dans notre porte monnaie pourquoi pas, après tout on mérite bien plus qu’eux de les recevoir, à devoir subir quotidiennement leurs âneries, non?), c’est allé de bon train, et on en riait sans honte.

C’est ainsi qu’un commercial (sournois, mais c’est son boulot aussi, et il le fait bien) s’est posé devant le tableau blanc, stylo en main, en disant: “aller, on prend les paris, 1€ de mise sur le score de ce soir, qui joue?”
Je le jure, à ce moment-là je n’étais plus moi-même. Je ne sais quel diablotin malin s’est emparé de mon esprit (mon neurone de bulot puisqu’on parlait foot), mais je me suis levée, et j’ai inscrit fièrement un grand “2-0″ pour l’Afrique du Sud au tableau, ouvert mon porte-monnaie, posé ma pièce.
Moi, j’avais joué! Pire: je m’étais intéressée à ce sport, j’avais investi de l’argent dans un match dont je me contrefichais, ou alors peut-être que je voulais tellement la défaite que j’étais prête à miser pour l’obtenir!

A 16H, ambiance toujours aussi détendue, Yaka toujours absent, le même commercial débarque dans la salle de réunion avec son portable, le branche, envoie la retransmission du match. Et devinez quoi? Eh bien j’ai regardé!! A ce moment, j’ai regardé dehors, et j’ai vu qu’il faisait beau. Au vu de la météo de ces derniers jours, c’était peut-être le fait exceptionnel. Dans des temps plus normaux, il aurait grêlé, ou neigé!
A la mi-temps, ils étaient tous verts! De tous les pronostiqueurs, je gagnais, moi! Emballée, j’avais déjà promis ma tournée de bières. Et nous avons continué à suivre en direct sur internet, puis les collègues sont partis un à un, la retransmission a dû s’interrompre.
Comble de la honte, autant tout confesser d’un coup, je suis rentrée chez moi en écoutant la fin du match.
Si, j’avoue. Je suis tombée plus bas que terre.
C’est là que j’ai appris que j’avais perdu, un autre collègue ayant misé sur un score 2 à 1 m’a coiffée au poteau.

N’empêche.
Hier, j’ai regardé (puis écouté!!!) du foot. Je n’ai même pas fait semblant de m’intéresser, je voulais savoir si ce serait à moi de payer ma tournée. J’ai perdu 1€, mais gagné la satisfaction de les voir se ridiculiser jusqu’au bout. Et vous savez le pire?
J’ai même failli comprendre ce qu’était un hors jeu.
Failli, je dis bien failli…..

Un air de fête…

Hier, c’était mon dernier cours de papouilles de l’année. Ca faisait tout drôle, mine de rien, même si je n’ai pas forcément eu de coup de coeur pour ce groupe, il y avait quelque chose qui nous liait, et puis en 10 mois, à force d’apprendre des techniques ensemble, les tester, avoir tour à tour le rôle du cobaye ou de l’apprenti sorcier, ça crée des liens. Alors oui, hier soir au moment de se dire au revoir, il y avait un mélange de gêne et d’émotion, la promesse de se revoir et en même temps, la conscience que nous avions tous des chemins à suivre, qui auraient peut-être du mal à se croiser.

Hier soir, c’était aussi la fête de la musique. Et ça coïncidait pile avec le retour d’un temps plus paisible (je n’ose pas employer de terme qui pourrait porter malheur: soleil, chaleur…), et l’atmosphère s’en ressentait, au point qu’on se demandait, en arpentant les rues, ce qui était fêté.
Et puis après tout, qu’importe?
Nous avons fait un grand tour en ville, et j’ai aimé cette ambiance, moi qui crains pourtant la foule, le monde, qui me sens vite oppressée, j’ai aimé les sourires que j’ai croisés, les yeux qui brillaient, les chansons que j’ai entendues, le passage d’un univers musical à un autre en faisant juste quelques pas. Nous avons pris notre temps, crawlé dans la cohue, écouté, regardé, j’aurais voulu danser, comme ce couple qui m’a tant émue en accompagnant un rock sur un bout de trottoir, et qui semblait si harmonieux. Avec les casques et blouson en cuir ce n’était pas forcément idéal, et surtout il va nous falloir quelques cours pour arriver à une si jolie chorégraphie.

Hier, c’était une odeur, un goût de vacances, ça a permis de faire passer la pillule du lundi soir, accompagnée de celle des difficultés au boulot, hier j’ai laissé derrière moi une ambiance plombée pour de la légèreté, j’étais bien au chaud dans mon gros blouson, mais je rêvais de petites robes et de sandales. Hier, je me suis souvenue que dans 3 semaines je serai en vacances, et que l’été arrivait, sisi, n’en déplaise à monsieur Météo.

Fête de la musique, fête de l’été, fête tout court et coeurs légers…

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Et sinon, restez en ligne, demain si tout va bien, je vous raconte comment j’ai fait revenir le soleil! Non je ne suis pas prétentieuse, je vous assure, il fallait au moins ça!!

Vocation précoce

Normalement, sur une année où les 4 saisons s’enchaînent sans être d’abord passées par la centrifugeuse, le printemps est pour nous synonyme de longues balades à 2 roues. On sort la moto vers le mois d’Avril, on assume le froid qui pique un peu dans le fond de l’air et dans les grandes accélérations, et on se lance à l’assaut de la campagne alentours, on (re)découvre la région, proche ou lointaine, on rêve sur la courbe des collines, la douceur du vert de l’herbe, le ciel éclatant et le soleil qui chauffe le cuir.

Ca, c’est dans le film où le printemps existe.

Cette année, il faut bien l’avouer, nous sommes passés à côté de tout ça. Pour des raisons mécaniques, la moto a été immobilisée plus longtemps que prévu, ce qui nous a fait baver sur tous les motards d’Avril qui, eux, s’étaient préparés à temps (et on se vengeait de façon mesquine en se disant qu’avec la canicule précoce, eux suaient dans leur cuir alors que nous, on était à l’aise dans nos tongs et petits hauts….on se réconforte comme on peut, oui c’est petit). Et au moment où enfin, la pépette était prête à rouler et quasi rutilante, il a commencé à nous tomber sur le coin de la tête la colère céleste dont on ne comprend toujours pas l’origine (on va s’épargner les théories fumeuses et variées, ok?)

Comme nous ne sommes pas du genre à garder égoïstement nos découvertes et petits bonheurs motards (entre autres), nous avons souvent parlé à Miss Blondinette de nos découvertes, de notre plaisir à partir en virées, et nous l’avons de temps en temps ramenée dans les petits coins que nous avions trouvés. Elle a vu plusieurs fois son papa en tenue de motard, et bien entendu, elle a exprimé l’envie de découvrir cet univers aussi.

Ca faisait un petit moment que ça devait se concrétiser. La condition sine qua non pour la faire monter à l’arrière était bien entendu sa taille, il fallait qu’elle touche les cale-pieds, et qu’elle puisse s’accrocher à son père. Suite à la poussée de croissance qu’elle nous a offert cet hiver, comme plein de petites filles de son âge, les conditions se remplissaient peu à peu.
Restait l’équipement à lui trouver: pas question de partir sans une protection minimale, un blouson digne de ce nom, un casque en bonne et due forme, et des gants. Ca n’aurait tenu qu’à moi et mon porte monnaie, j’aurais rajouté le bas, mais ça commençait à faire beaucoup.
Son père, pris de frénésie acheteuse, est passé à l’acte la semaine dernière, en lui trouvant un adorable casque coccinelle, un chouette blouson et de bons gants. Le tout une bonne taille au-dessus (sauf le casque) histoire de, peut-être, prolonger la durée d’activité de l’équipement, on peut toujours rêver.

C’est ainsi que dimanche, le temps nous octroyant quelques rayons de soleil miraculeux (pour le mercure on repassera), Miss Blondinette a eu droit à son baptême en moto. Pas impressionnée pour un sou et toute folle, elle s’est soumise de bonne grâce à l’exercice d’enfilage de casque et blouson. On a étudié les différentes façons de grimper sur la moto, étape toujours un peu délicate, et je les ai laissés s’élancer, en suivant péniblement avec la voiture (ça se faufile moins facilement avec 4 roues, c’est sûr).

Elle a assuré comme une chef. Je crois que ça l’a bien plus épuisée que ce qu’elle n’a voulu admettre, elle était lessivée le soir même. Mais n’empêche, qu’elle était fière derrière son père. Et tous les deux arboraient un sourire radieux.
Quant à moi, comment dire….J’étais partagée, et je l’avoue avec un honte. Je n’ai pas une âme de femme de marin, et cette petite nouveauté a pointé du doigt le fait qu’il me manquait cruellement ma propre bécane pour partir en virée avec eux. Et que je devais céder sur un petit privilège qui m’était exclusivement réservé pour l’instant, celui de cette place arrière, toujours mieux que pas de moto du tout. Oui, je ne suis pas très fière de cette pointe de jalousie.
N’empêche, je reste ravie de savoir Miss Blondinette si contente de cette expérience, et si heureuse d’avoir été ainsi initiée, et si à l’aise du tout premier coup. Et c’est dit sans hypocrisie, ses étoiles dans les yeux faisaient plaisir à voir! Je ne m’en délecterai que plus le jour où je pourrai moi aussi rouler avec eux!

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Par contre, j’ai exigé la disparition du top case pour la prochaine fois où je poserai mes fesses sur la selle. Eh oui je suis comme ça, je me permets en plus d’exiger!!
..Ils ont de la tenue, non?

Objet insolite non identifié

Chez nous au bureau, les objets translatent facilement. Et comme mon collègue et moi sommes les seuls à être en open space, soit pile au centre de l’agence, il va sans dire que la géographie de notre plan de travail est encore plus aléatoire qu’ailleurs.
C’est ainsi que je pars le soir en ayant 5 stylos, une gomme, une agrapheuse et une perforatrice, et que le lendemain je me retrouve avec 2 stylos, 3 crayons et plus rien d’autre.

On le prend avec une certaine philosophie. On sait qui a une préférence pour les stylos rouges, qui aime les feutres noires, épais ou plus fins. On va chercher, on récupère, on fait la cueillette, on crie un peu ou non, on jure de mettre sous clé, mais ça apporte encore plus de vie au bureau.

Et puis un jour, alors que je ne suis pas franchement tout près du stock et surtout pas celle qui s’en occupe, je me suis retrouvée avec ceci sur le bureau:

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(Pour être plus exacte, je n’avais que le gros bouton très rouge. Pas le socle jaune)

Méfiante, je n’ai pas osé le toucher tout de suite, et j’ai demandé à la cantonnade à qui ça appartenait et surtout à quel client ça allait pouvoir manquer.
Devant le silence consciencieux de chacun, je me le suis finalement approprié, on a fait connaissance et je l’ai adopté. C’est qu’il est plutôt amusant ce bouton, on le presse, et pour le débloquer, il faut lui faire faire un quart de tour. Quand on a besoin de s’occuper les mains, c’est l’idéal.
Mon collègue, attentif et prévenant, est arrivé peu de temps après avec le socle jaune. “Puisque tu le gardes, je vais te le compléter”.
Soit. Assumons jusqu’au bout. Et c’est comme ça que je me retrouve avec cet énorme buzzer sur mon bureau. Ca met de la couleur dans le paysage, j’en suis toute fière.
Mon Yaka, il y a peu, a tenté une approche: “Mais que faites-vous avec ça? Donnez-le moi, je vais le remettre au stock”.
J’ai rugi: pas question! Pourquoi est-ce qu’on réprime la moindre touche d’originalité par ici? On ne reçoit que très peu de clients, il n’y a aucune raison de se priver. Tout comme notre liste de courses affichées sur le calendrier entre mon collègue et moi: “chamallows, bières, chocolat x 2″….Elle a été effacée 3 fois, mais devant notre obstination à la réécrire, celui qu’on sait coupable a cédé, une fois de plus. (pour autant, on ne se fait pas franchement réapprovisionner, dommage)

Avant-hier, un charmant livreur que l’on commence à connaître bloque sur mon joujou et me demande évidemment à quoi ça sert. Un peu grognon ce jour-là, je lui réponds du tac au tac: “je me jette dessus quand mes collègues commencent à me gonfler, et ça déclenche un mécanisme de bombe à retardement qui pourrait leur exploser à la figure s’ils abusent, mais ils n’ont jamais osé aller jusqu’au bout”.

N’empêche, c’est vrai (noooooon, pas la bombe, quand même!!). Quand vraiment je suis à bout, il m’arrive de l’empoigner pour rageusement appuyer dessus. Ca ne vaut pas un punching ball, mais ça calme momentanément les nerfs.

Et voilà pour la petite note bien décalée de fin de semaine…Bon week-end de novembre à tous!!