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Archive de la catégorie 365 bonnes raisons d'écrire

25, 26 & 27 Janvier

25 Janvier: les raisons qui vous empêchent d’écrire…

Et donc typiquement, par exemple, qu’est-ce qui m’a empêché d’écrire depuis 3 jours alors que je planifie ce billet depuis un moment?
Un mélange indéfinissable. Pas question de se réfugier derrière les faux prétextes “je n’ai pas le temps”. J’en ai, je peux en avoir, au détriment d’autre chose mais oui bien sûr, j’ai la possibilité d’écrire quelques minutes par jour. Et moi qui aime tant répéter que j’aurai toujours besoin d’écrire dans ma vie, me voilà à traverser des périodes entières sans rien rédiger d’autre que des mails, ça oui quotidiennement, ou des petits mots rapides (même pas trop de textos, quelques twitter et encore).
Peut-être est-ce ça: j’écris énormément en mail. Des correspondances longues, soutenues, qui me coupent l’envie de me recentrer sur autre chose de plus personnel, et c’est bien dommage (mais pour qui?)
Les 366 sont un excellent prétexte pour ne plus dire “je n’avais pas d’inspiration”, mais j’avoue que typiquement certains jours les sujets ne m’inspirent absolument pas, et que ça fait partie du blocage et du manque de motivation à me mettre derrière mon clavier. A moi de me débrouiller pour en faire quelque chose, ou assumer de ne pas les traiter.

26 Janvier: un numéro en couleur…

Voilà bien un sujet qui n’éveille rien en moi. Un “numéro haut en couleurs”, oui, j’y assiste tous les jours, le funambulisme de mon chef au boulot, la grandiloquence de mes collègues qui utilisent leurs meilleurs arguments pour se faire entendre et passer en priorité, les parties de guignols que nous pouvons avoir tous ensemble, encore que ces temps le moral n’y est pas forcément…

Numéro en couleur, comme ceux qu’on nous propose de visualiser lors de séances de relaxation? Je ne sais même plus si ça se fait avec des numéros, les couleurs oui, mais je n’utilise pas les chiffres, ils ne sont pas synonymes de détente pour moi, au contraire c’est même plutôt crispant.
Tiens, les chiffres chez moi, ben c’est rouge. Rouge sang, rouge sueur, rouge des larmes que j’ai pu verser plus jeune, devant mes travaux de maths ou de physique auxquels je ne comprenais rien….

27 Janvier: journée des pieds…

Non, journée de la tête. Aujourd’hui, j’ai appris un nouveau protocole de massage de la boîte crânienne, rempli d’huile certes, mais furieusement agréable, suffisamment court pour pouvoir être prodigué à n’importe quel moment (à condition d’accepter d’en ressortir les cheveux gras et emmêlés, et d’avoir une douche à proximité), suffisamment efficace pour apporter une relaxation réelle et un sentiment de légèreté.
C’était bien de recommencer à masser, pourquoi ai-je toujours autant de mal à m’y remettre, alors que j’aime ça? Pourquoi est-ce que je sens une telle retenue, une telle inquiétude? Au pire je suis médiocre, au mieux je fais du bien et je fais plaisir, que me faut-il de plus, à part une énorme dose de confiance en moi? Recevoir les encouragements d’une foule en délire qui me fait comprendre qu’elle n’attend que moi?
Ok, on se revoit dans quelques vies…
Peut-être que ça part du même processus qu’écrire: j’en ai envie, j’ai plein d’occasions de m’y mettre, et quelque chose bloque, au fond. C’est de la création à sa façon, aussi…

Et enfin là-bas, j’ai découvert un nouvel endroit plutôt sympathique qui enseigne de nouvelles techniques. Dont une qui s’annonce pour fin mars, que je vise et pour laquelle je ne vais pas traîner à m’inscrire, sous peine d’acte manqué!

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C’est un peu plus de saison, il faut bien le dire…Et ça ne lasse pas de m’émerveiller.

23 & 24 Janvier

23 Janvier: mélange…

Aujourd’hui, c’est dimanche, il fait froid et j’ai envie d’enfance et de saveurs de ma maman. Elle fait une compote de pommes divine, et me répond quand je lui demande la recette: “c’est open bar d’épices, je sors tout, et je mets ce qui me tombe sous la main”.
Voui, alors ça ne va pas m’aider.
Du coup, j’ai fait pareil. J’ai vaillamment épluché mon kilo et demi de pommes, je les ai fait revenir, j’ai ouvert ma boîte à épices, bien moins fournie que chez ma maman, et j’ai jeté une pincée de clous de girofle, du citron (tiens, j’aurais pu mettre le zeste), du quatre épices, de la cannelle, du miel, un peu de sucre. J’ai touillé, j’ai humé, j’ai goûté, j’ai adoré. Il m’a manqué les raisins secs, parce que mon amoureux ne les aime pas trop, et j’aurais pu m’abstenir de la tombée de beurre que j’avais mise au début pour rendre onctueux…ça se sent trop, et je n’aime résolument pas la cuisine au beurre.

J’espérais en avoir pour toute la semaine, je crois que j’ai vu trop grand. Ce soir, nous lui avons mis un sacré coup dans l’aile, et demain, je sens qu’il faudra se battre à la mauvaise foi pour savoir qui pourra finir (ce sera moi, il déteste finir les plats!)

24 Janvier: c’est long…

C’est long, les lundis matins dans la température glaciale, où l’on voit s’étendre, comme un jour interminable, la semaine qui commence et qui manque de piment.
C’est long, une journée entière dans une agence gelée, parce que chef-débile a eu l’excellente mauvaise idée de justement éteindre tous les chauffages la veille du week-end où les températures ont chuté très loin en-dessous de zéro. Seule consolation, son bureau était aussi froid que les nôtres, il a donc enduré sa punition comme nous tous (sauf que lui a eu l’occasion de s’enfuir, nous étions condamnés à notre bureau toute la journée).
Et pour me consoler de ce début de semaine sur les chapeaux de roue:
Une longue douche brûlante, histoire de me réchauffer au minimum. J’ai résisté au bain parce que je devais appeler mes parents dans la foulée, et que j’avais faim.
Un long coup de fil sur Skaïpe avec vidéo justement avec mes parents, histoire de leur faire plaisir, de rigoler un peu. Pas toutes les semaines hein, je les habitue trop bien, moi qui étais si fière d’être redescendue en-dessous de la barre de la demi-heure de coup de fil avec eux! Je suis tombée dans le traquenard.
Une longue soirée avec mon amoureux, à faire durer le plus possible,une bonne série ou un bon film, un petit repas, me blottir dans ses bras et une chaude couverture polaire, je ne suis pas tout à fait réchauffée encore.

Et ne pas penser à la suite de la semaine qui heureusement, ne fait que raccourcir…

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Kyparissi, Grèce, 2007 - juste pour se donner un peu de chaleur en plein hiver, ne me remerciez pas!

18 & 19 Janvier

18 Janvier: Fragments du jour racontés en recette de cuisine

De gros litres de fatigue. Séparez entre fatigue physique, et fatigue morale. Un soupçon de temps qui peine à avancer.
Plusieurs sachets de questions sans réponse. A délayer dans des interrogations et doutes sur soi-même. Ses capacités.

Battre énergiquement, jusqu’à obtention d’une pâte bien uniforme. Y rajouter 2 ou 3 cuillères de contrariétés professionnelles, pas besoin de prendre du premier choix, mais la marque standard suffira.
Laisser reposer le tout, allumer la plaque, bien faire chauffer sans toucher.
Faire cuire pendant un trajet retour en parsemant par-dessus d’informations ridicules.
Vous obtiendrez une parfaite soirée où rien ne va plus, et où vous vous coucherez en ayant l’impression d’avoir été lamentable du matin au soir!

19 Janvier: dilemme…

Je sors d’une période de dilemme professionnel. Ces dernières semaines ont été particulièrement éprouvantes, parce que j’avais beau ne pas avoir forcément le fin mot de l’histoire, certains choix se posaient à moi, avec des conséquences importantes, sur du long terme.
Rester, partir. Préférer la sécurité ou considérer que l’opportunité est un signe attendu depuis fort longtemps? Essayer de transformer la décision finale en positif, quoi qu’il arrive. Choisir de ne pas être volontaire, ou l’être? Se laisser aller, confiante dans les signes, ou choisir, forcer un peu la porte?

Et lorsqu’enfin la réponse et le soulagement se sont présentés, une nouvelle hésitation. Accepter de signer, refuser, influer sur la décision? Choisir l’argument humain, l’argument professionnel? Faire face à nos revendications, les assumer jusqu’au bout, ou décider que nous esquiverions parce que les conséquences risquaient d’être difficiles à assumer?

J’ai suivi le courant. Je n’ai pris aucun risque. J’ai suivi la majorité sur cette dernière question, et ployé face à une force qui me dépassait pour la première. Pas de quoi être fière. A peine de quoi être soulagée…

Un jour, j’oserai?

8, 9 & 10 Janvier

8 Janvier: une question lue quelque part…

Il s’agit plutôt d’une question de quelqu’un, reçue hier soir. “Que voudriez-vous voir écrit sur votre épitaphe”?
Alors je rassure les personnes que cela pourrait choquer: ça m’a été présenté comme un exercice sur mes valeurs profondes, celles que je veux faire vivre, celles que je veux transmettre. La personne (ma thérapeute) qui me l’a posée l’a fait avec mon consentement, en me prévenant que tout le monde n’appréciait pas des masses.
Moi, ça m’a fait sourire. Fatalement, ce jour arrivera. Le plus tard possible, mais il arrivera, pourquoi le nier? Je ne fais pas partie de ceux qui envisagent absolument sereinement leur mort. Je n’y pense guère, pour tout dire. Mais j’y pense, lorsque je veux trouver ce que je veux fondamentalement vivre. Ce à côté de quoi je ne veux pas passer. Ce qui m’est essentiel.

Il y a d’autres façons de faire cet exercice, lister ce qui paraît absolument indispensable à notre vie, lister ce qu’on ne veut absolument pas regretter, etc…Présenter l’exercice sous forme d’épitaphe, c’est aussi une façon extrême d’envisager la vie, et de rappeler que “eho, tu sais, eh bien tu dois la croquer tous les jours, chaque seconde, et ne pas perdre de vue ce que tu es, parce que ça peut s’arrêter à chaque instant”.  Atropos peut à tout moment couper le fil….

J’ai émis quelques bribes de réponses, face à ma thérapeute. Et puis j’y réfléchis, maintenant, c’est en filigrane de mon quotidien. Et j’essaye de ne pas le perdre de vue…

9 Janvier: tentative de liberté….

Aujourd’hui, mais pourquoi aujourd’hui précisément, si ce n’est qu’il pleuvait, que nous cocoonions à la maison et que je prenais mon temps devant mon écran, je suis tombée sur un blog, le blog de cet homme qui m’a aidée dans le passé, que je n’avais plus revu depuis un moment, que je savais parti, sans trop savoir exactement, où, comment, pourquoi.
Ils ont près de 50 ans avec sa femme, ils en ont eu assez, un achat de maison et un déménagement ratés, ils se sont dit “après tout pourquoi pas, il est temps”, ils ont laissé leur grand fils chez eux, et se sont offerts 9 mois autour du monde. Et ont choisi d’en faire un blog, pour nous tenir au courant. Inde, Thaïlande, Amérique du Sud, me voilà à remonter dans les archives, les lire avec avidité, regretter un peu, envier beaucoup (je sais, ce n’est pas beau), à rêver et à me dire “et nous? Quand est-ce qu’on s’offre cette liberté? Quand est-ce qu’on envoie tout promener?”

Mais il y a tant, tant d’autres choses à réaliser avant / en parallèle / malgré / en faveur….

10 Janvier: livre posé…

Celui que je lis, et à chaque fois que je m’arrête, je me dis “c’est sûr, je ne le reprendrai pas”. Et puis je le reprends. Parce que c’est un livre que j’aime détester.
A la page 2, je savais déjà de quoi il parlait. A la page 10, j’ai regardé la bio de l’auteur, je me suis dit “mais elle débute”??? A la page 12, j’ai considéré que franchement, si une chose pareille trouvait éditeur, bien des gens devraient cesser de se poser des questions sur leur capacité à écrire.
A la page 20, j’ai compris qui était le meurtrier. Et ligne après ligne, j’avais l’impression de surnager dans “50 exercices d’écriture pour débutants - décrivez une fille sexy - décrivez un premier rendez-vous - décrivez les premiers émois - décrivez un univers de flics (et inspirez-vous de toutes les bonnes ou mauvaises séries américaines qui sont en train d’arroser les chaînes tv) - imaginez un dialogue entre 2 jeunes femmes amies”….Consternant.
Et pourtant, je le lirai jusqu’au bout. Je ne suis plus à 100 pages près, juste pour être sûre que j’ai raison. Et arriver, moi et ma bêtise, devant mon homme pour lui dire “tu vois, j’avais raison, franchement je me suis envoyé 300 pages et c’était totalement inutile, mais j’avais raison, c’est luiiiiiiiiii le meurtrier, mais qu’elle est bête, cette héroïne”!
Ca le fera rire, il me demandera pourquoi je n’ai pas été directement à la fin pour m’en assurer, je prendrai mon air offusqué de super-star “je ne fais pas de teasing, moi, môssieur”, il me demandera à quoi ça sert de perdre son temps à lire un livre aussi lamentable alors que j’ai une PAL longue comme un jour sans pain et remplie d’autres promesses bien plus alléchantes et je lui rétorquerai “juste pour pavaner devant toi, te dire que j’avais raison, et surtout, le bloguer!”

Ah oui, j’ai failli oublier! Le bouquin à ne surtout pas ouvrir, c’est celui-ci.
Et consternation de ma part: collection Harlequin! Là, en effet, je commence à sérieusement douter de ma capacité à aller jusqu’au bout….

6 & 7 Janvier

6 Janvier: que deviendra cet enfant plus tard?

Souvent en regardant miss Blondinette, je me demande ce qu’elle deviendra. Qui ne le fait pas, en contemplant un enfant?
Mais surtout, au-delà des questionnements habituels - “quelle profession choisira-t-elle, quels seront ses traits”, je me demande quelle sera sa sphère amicale, adolescente, puis adulte.
Nous lui présentons des enfants de son âge. Ou un peu plus jeunes. Des enfants de nos amis à nous, de ceux que nous fréquentons aujourd’hui, et que nous continuerons sans aucun doute à fréquenter. Quand je la vois jouer avec ma filleule, de quelques années sa cadette, je sais que c’est une personne qui restera dans son entourage, parce que ses parents resteront dans notre entourage à nous.
Que deviendront-elles, ensemble? Les meilleures amies, et meilleures confidentes du monde, comme je le suis avec sa mère? Des soeurs de coeur, qui se retrouveront aussi souvent que possible pour partager leurs idées, leurs envies, leurs projets, leurs secrets, leurs rêves et ce qu’elles ne voudront pas nous dire à  nous? Ou alors continueront-elles à se voir sans pour autant se rapprocher, parce qu’elles prendront des chemins différents?
Il me reste une seule amie d’enfance. Dont j’ai des photos depuis toute petite, depuis que nous sommes en couche culottes. Elle est à l’autre bout du monde, et finalement, même si nous avons des nouvelles l’une de l’autre via différents moyens (dont nos blogs respectifs), nous communiquons peu. Mais lorsque nous nous revoyons, c’est comme si nous nous étions quittées la veille, et je crois que c’est l’un des signes de l’amitié indéfectible.

J’ai hâte, je crois, de les voir plus âgées. De les voir évoluer. De savoir si ce que nous leur offrons portera ses fruits, ou si elles se dirigeront sur d’autres chemins, de ceux insoupçonnables pour nous. Et surtout, je me réjouis de partager cela avec elles…et leurs parents!

7 Janvier: surprise…

Surprise de rebondissements interminables professionnellement parlant, dont il vaut mieux éviter de parler ici. Mais qui annoncent un week-end de réflexion, et surtout pas forcément tranquille.
Surprises de confidences de la part d’une personne qui m’est importante, mais dont je n’attendais pas ce genre de paroles. J’en suis touchée, j’ai besoin de digérer aussi, non pas qu’il y ait eu des révélations fracassantes, mais se retrouver détentrice d’informations m’oblige à réfléchir à mon statut.

Et surtout surtout, RTT surprise; à midi après avoir entendu qu’une fois encore, l’activité de l’agence était au point mort, j’ai décidé en une heure de prendre mon après-midi. De m’octroyer cette liberté, cette escapade, de m’offrir un week-end anticipé, même si la fin de journée a été bien occupée. Mais à des activités importantes, nourrissantes, agréables, et ça n’a pas de prix.
Et j’espère pouvoir encore m’offir de nombreuses surprises ainsi….

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Voui je sais, je suis un peu à la bourre, mais toujours là…

4 & 5 Janvier

4 Janvier: le plus petit des petits riens…

Mais je n’aime pas ces intitulés! Comment puis-je parler de “plus petits de petits riens”, qui ont forcément de l’importance pour que je vienne à écrire à leur sujet?

Le petit cadeau que j’ai reçu pour Noël, de ma belle soeur, qui m’a infiniment touchée, sans même qu’elle ne s’en doute tout à fait. Un ravissant mobile de petites fées, qui tournent grâce à  la chaleur d’une bougie. Peut-être en avez-vous vu, vous aussi, dans votre enfance? J’ai le vague souvenir que nous en avions un bien plus massif et moins ciselé, avec de petits anges, et que j’adorais le regarder tourner.

Aussitôt reçu, je l’ai déballé, monté et allumé et aujourd’hui chaque soir, je le fais marcher un petit moment, comme pour me calmer, comme une berceuse qui m’apaise.

Ce petit rien-là qui est tellement plus, et qui résume à lui tout seul Noël, l’hiver et l’intérieur douillet, la chaleur humaine, le plaisir familial, les traditions que nous avons su conserver, celles que nous innovons….

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5 Janvier: acheté….

Acheté pour me faire plaisir, et comme cadeau, une paire de bottes de marque sur lesquelles je lorgnais depuis longtemps, et que j’avais demandé en cadeau parce que c’est totalement au-delà de mon budget normal, surtout pour une paire de chaussures. Reçues il y a peu, et que j’arbore avec bonheur, elles sont confortables et chaudes, et me permettent enfin de marcher sans talon, reposer mon dos et mes lombaires.

Acheté aussi, traditionnellement, mon petit agenda de nouvelle année. Je ne me résous toujours pas à passer à l’électronique que je trouve si peu fiable, et puis j’aime le syndrome nouveau cahier, celui où l’on s’applique les 10 premiers jours sans rature et pour faire joli, et qui se termine quelques mois plus tard par des pages déchirées parce qu’on cherche frénétiquement un bout de papier brouillon, ou de gribouillage pour expliquer à la va vite comment atteindre un lieu. C’est aussi ça qui rend mon carnet vivant, même si je l’entretiens bien moins qu’à une certaine période.
Et incroyablement, je crois que cette année, j’ai battu tous les records quant au choix d’habitude si réfléchi de ce petit agenda qui sera mon fidèle compagnon d’une année entière. Premier magasin, il n’avait pas la marque que j’espérais, mais je tombe tout à fait par hasard sur un modèle qui me séduit, je l’embarque et je le paye. Et pour l’instant, aucun grief à relever…il faut juste que je m’attelle à y recopier (en rouge!!?) les dates d’anniversaire de ceux qui me sont chers.

Quelques achats début d’année donc, pour fêter un 13ème mois payé en retard, pour me faire un peu plaisir, mais quand j’ai vu hier le prix du plein que j’ai dû faire, j’ai remisé ma carte bleue très loin au fond de mon sac, en m’interdisant de la ressortir avant un petit moment. Ca, c’est un cadeau dont je me serais volontiers passée….

29 & 30 Décembre

29 Décembre: on ne me la fait pas…

..De me faire croire que ce timing, sans avoir été soigneusement calculé, arrange quand même bien les têtes chapeautées là en haut. Savoir que 80% du personnel est en vacances, leur flinguer leur fin d’année avec un mail vraiment pourri et illisible, un tableau tout aussi incompréhensible, qui fait naître bien plus de questions que de réponses, mais coup de chance (pour eux!) les personnes susceptibles de répondre à ces questions sont inatteignables…

Ce qu’on me fait, par contre, c’est de balancer ce mail au moment où je suis la seule de piquet, et atteignable. Sans plus de réponses que mes petits collègues, mais au moins je décroche le combiné. Et donc, je les ai tous en ligne. Et donc c’est à moi d’essayer de décrypter avec eux. Ah bien sûr, là c’est vraiment la faute à pas de chance pour moi. C’est une information que je pensais avoir pendant que moi j’étais en congé, et qui est incidemment partie pendant que je suis la seule à travailler.

Alors oui certes, la guillotine s’éloigne de plus en plus de mon cou. Mais attention hein, il faut encore prendre ce dernier communiqué avec beaucoup de précautions, ce ne sont pas les répartitions définitives, blablabla. Je n’en peux plus de cette usure de l’incertitude, et là par-dessus le reste, j’aimerais qu’on m’explique comment demain, je vais devoir gérer mon collègue qui vient à l’agence bravement, alors que la ligne qui devrait correspondre à son nom a bien été affichée, mais que personne ne peut le lui garantir, parce que si c’est le cas, il y a eu une énorme erreur d’étiquetage.

Joyeuses fêtes de fin d’année, messieurs nos dirigeants. Trève de Noël, et trève des confiseurs sont des mots qui vous sont parfaitement inconnus, au cas où nous en douterions encore….

30 Décembre; une phrase que j’ai dite…

“Bonnes fêtes de fin d’année (…quand même…)”.
Avec plus ou moins de joie, de plaisir, de sincérité, d’enthousiasme, de sourires, de peine, d’empathie…Parce que je l’ai dit à des clients (les rares qui travaillaient comme moi, désespérés de solitude), les fournisseurs (encore plus rares), les collègues, les collègues en instance de licenciement, des copains…
Je ne l’ai pas dit tant que ça, mais un peu quand même. Et parce que je n’ai pas beaucoup parlé non plus, étant seule à l’agence, si ce n’est de choses totalement inintéressantes.
Parce que le coeur n’y était pas tout à fait aujourd’hui, lendemain d’hier.

Mais aujourd’hui aussi, c’était veille de week-end prolongé…

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Ah, quand je vous disais qu’il y avait eu de la neige, je n’avais pas menti!
Et vous constaterez également que je publie bravement très en retard…Et que non, je n’ai même pas tenu ma résolution de fin d’année, ni écrit pendant mon week-end prolongé. Et oui, j’ai très honte…

27 & 28 Décembre

27 Décembre: un idéal de traverse…

A moto l’été, les petites routes nous tendent leurs bras. La ligne droite est notre ennemie, nous cherchons les petits virages, les coins sauvages, les itinéraires bis. C’est le rêve et l’objectif de tout motard, celui de passer à côté, là où on ne va jamais, devant cette maison que vous voyez depuis l’autoroute quotidiennement, qui fait partie du paysage, mais à quoi ressemble-t-elle de plus près?

La bécane est remisée depuis quelques semaines maintenant, avec les températures polaires et le verglas. Ce serait un temps à se lancer sur les pistes enneigées, j’ignore cette année encore si nous pourrons nous offrir ce plaisir. Mais là aussi, j’ai souvenir de ces petits chemins de traverse que nous prenions, en parallèle de la piste principale. Pas tout à fait du hors piste, je n’étais pas assez courageuse pour cela, mais s’engouffrer dans le bois qui longeait la piste, zigzaguer entre les sapins, frôler une branche et se récupérer de la neige qui dégringole dans le cou, s’enfoncer jusqu’aux genoux dans la poudreuse, s’appeler et entendre nos noms résonner, rire aux éclats. Les skieurs sagement restés sur la piste nous paraissaient loin, dans un autre univers, et nous créions nos propres traces éphémères de notre côté.

Les chemins de traverse sont parfois de plus courts chemins que la ligne droite. Et parfois même, des routes plus riches et instructives. Je n’irais pas jusqu’à parler d’idéal, après tout c’est une notion propre à chacun, mais j’aime ces découvertes impromptues et précieuses…

28 Décembre: bras…

Bras de mon homme le soir quand je rentre, pour un câlin réconfortant. Bras de Miss Blondinette, chez nous pour cette semaine, autour de ma taille et qui m’enlace fort à son tour.
Bras surchargés au quotidien de multiple sacs, je n’arrive pas à m’alléger, le parcours de la maison à la voiture me semble toujours être une course d’obstacles doublée d’un maximum de poids à porter.
Bras autour de moi ces temps, croisés, pour me réchauffer, fermés en protection et pour trier les informations que je reçois.
Bras remplis de cadeaux en cette période, beaucoup beaucoup trop, chaque année nous disons “pas plus, ça suffit”, chaque année nous évitons peut-être la surenchère, mais le moins est si dur à atteindre.

Bras ouverts, je l’aimerais bien, mais en cette journée où je suis un stroumpf grognon ascendant hérisson, je vais remonter la couette et hiberner, en souhaitant aller mieux demain…

Et j’aurais voulu vous mettre une ou deux ravissantes photos, sauf que non, elles ne sont pas sur mon pc, et pas accessibles sur celui de mon cher et tendre…

16 & 17 Décembre

16 Décembre: tissus…

Quand j’étais gamine, il y avait deux choses que ma mère essayait désespérément de me faire accepter et que je refusais de toutes mes forces: j’ai nommé les pulls en laine, et les collants.
Le pull en laine, on pouvait toujours me l’enfiler par-dessus 3 couches de sous pull en coton, je décrétais illico que ça grattait, et je le retirais. Pas moyen d’aucune façon, de supporter ça sur moi. Le moindre petit centimètre carré de peau susceptible d’être en contact avec la matière irritante me faisait m’arracher le vêtement, et psychologiquement, j’avais l’impression qu’on me le faisait porter sur la peau nue.
Les collants, c’était un peu la même chose. Avoir les jambes serrées, coincées, me donnait l’impression d’étouffer. Et puis ça “faisait froid”. Ma mère a tout essayé, des collants classiques féminins à ceux de petites filles, qui eux ressemblaient trop à la laine et “grattaient”. Oui, j’étais un peu désespérante comme gamine, je vous l’accorde.

Deux trouvailles m’ont donc tardivement sauvé la vie: les pulls en maille polaire, et les leggings. Du jour au lendemain, je devenais chaudement et douillettement habillée, et je supportais de mettre des collants en coton, quasi aussi épais que des petits pantalons, qui finalement devenaient même à la mode sous des jupes (mais bon, les jupes et les robes c’était encore une autre histoire…)

J’ai toujours privilégié le confort à l’allure. A tort sans doute, mais même aujourd’hui, quand je suis élégamment habillée, si ce n’est pas le top confort, je pousse un énorme soupir de soulagement quand je peux enfin me changer et me mettre en habits d’intérieur. J’admire ces femmes qui supportent leur tailleur quotidien, qui préfèrent les chemises aux pulls, les jupes aux pantalons. Moi, mon idéal, ça reste le jean, chaussures confortables et souples, et pull tout doux.
Alors mes tissus à moi, ça va forcément être du coton plutôt que du synthétique qui gratte, du polaire plutôt que de la laine, du souple plutôt que du rigide…Et pourtant je vous assure, je fais des efforts!

17 Décembre: un pli…

Plis sur les vêtements, repassage vite fait que je viens de terminer, pli des vêtements que je mets dans le sac, préparation du voyage, départ demain, enfin les vacances…
Pli à mettre à la poste avant de partir, il trônait fièrement sur le buffet depuis quelques jours, et forcément, on est retard, on n’y a pas pensé.
Pli que je devrais, ou pas, recevoir à mon retour de vacances et qui va, que je le reçoive ou non, changer ma vie malgré tout…
Plis sur ma peau, creux et rides, là où je ne le veux pas, je suis à nouveau mécontente de la silhouette que je me renvoie mon miroir…
Plis de soucis: trop de pensées me tournent dans l’esprit, le petit vélo peine à s’arrêter, ça va de “qu’ai-je pu oublier dans mon sac” à “comment va être ma vie dans 2 mois”, et tous les intermédiaires….

Pas qu’un, donc, mais de nombreux plis dans ma vie actuelle…

14 & 15 Décembre

14 Décembre: gens sans importance…

J’ai beau chercher, il n’y a pas eu dans cette journée de gens sans importance autour de moi. Peut-être certains dont j’aimerais pouvoir réduire l’importance, et prendre plus de recul, mais être dans cette démarche, n’est-ce pas justement admettre qu’ils ont du poids?

Il y a tous ceux que j’ai croisés sans vraiment faire attention, mais que je peux citer…Cette caissière de grande surface, qui est gentiment venue m’aider pendant la frénésie des achats à cette période. J’étais dans la foule, pendant mon heure de pause, mais je n’ai regardé aucun visage, volontairement enfermée dans ma bulle, à agencer mes pensées, réfléchir à mon organisation, au déroulement de la semaine, tout ce qu’il reste à faire avant le départ. Et à essayer de canaliser mes réflexions, ne pas les laisser trop dériver.

Cette autre caissière tout à l’heure, alors que mue par une illumination soudaine, je me suis engouffrée dans le magasin avant sa fermeture, j’ai grimpé les 3 étages, trouvé précisément ce que je cherchais et je suis redescendue payer au moment où l’annonce de la fermeture sonnait. Elle avait un visage très doux, elle paraissait épuisée, il y a comme ça des personnes que l’on croise et qui retiennent notre attention, notre regard….comment dire que c’est sans importance?

Et enfin le serveur au restaurant, chaleureux et cordial, sourires et plaisanteries alors que nous étions en train de payer. Il nous a accordé un peu plus de son temps et nous étions les dernières, il n’avait peut-être qu’une envie, celle d’aller se coucher, clôturer cette journée, se reposer, mais il n’a rien fait machinalement et a su nous offrir une fin de soirée aussi douce que le reste.

Il n’y a pas de gens sans importance, parce que dès lors qu’ils prennent place dans ces lignes, c’est qu’ils ont suffisamment retenu mon attention pour exister et y figurer. Comment, dans ce cas, écrire sur les autres?

15 Décembre: il faudrait crier….

Ah ça oui, il aurait fallu que je crie hier soir en rentrant, peut-être que ça aurait évacué une partie de la douleur.
Retour tardif après cette soirée délicieuse entre amies, mon homme est couché et pour éviter de le réveiller alors que j’allume et que la chambre est ouverte, les bras encore à moitié chargés, je décide de fermer la porte.
Je tire, plutôt vigoureusement, je suis dans une position acrobatique, je me retiens au chambranle et….je place consciencieusement le pouce gauche précisément au milieu de la charnière.
Doigts gourds du froid piquant de l’extérieur, la douleur fuse, mais plus tard, bien plus tard que d’habitude. Porte pratiquement fermée.
Je hoquète, fais des bonds de kangourous et souffle, souffle, souffle (j’ai autant d’air que ça dans les poumons?). Je retiens une plainte, ne pas réveiller mon cher et tendre, mais ça gargouille dans le ventre, ça aurait fait du bien “aïe, aïe, mais aïeuhhhhhhhhhhhhhhhhhh”, il faut le retenir. La tête qui tourne, le sang qui bat dans tout le corps, et j’ai perdu le demi-neurone restant dans l’accident, c’est tellement douloureux que je ne peux pas envisager d’aller le mettre sous l’eau froide, grave erreur. A la place je….nourris le chat, qui lui crie de famine et ne se retient pas, je range mes affaires, je prépare celles du lendemain, je me douche rapidement en gémissant parce que le contact d’une simple goutte d’eau sur le doigt est de l’ordre d’un coup de marteau.
Ca pulse jusqu’au bout de l’ongle, ça ne loupe pas, ça commence à bleuir, je suis résignée, je me retiens encore de crier, de contrariété également parce que nous n’avons rien dans la pharmacie pour parer au problème, pas d’arnica, ni crème ni gellules, et je ne veux pas me précipiter sur un médicament quelconque, tant pis on verra.

La nuit s’est passée éveillée, avec l’impression que quelqu’un jouait avec des lames de couteau, à me piquer le pouce encore et encore. Dès que la torpeur m’emportait, la douleur se réveillait de plus belle…et me réveillait.

Je n’ai pas crié de la journée, pas même contre mes collègues qui fatalement me contrariaient, après une nuit de 2 heures de sommeil en fractionné, comment cela pouvait-il être autrement?
Je n’ai pas crié, mais j’aurais dû juste au début, histoire de, peut-être, laisser s’évacuer la flambée, et ne pas la payer encore quasi 24 heures plus tard….