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13.12.2010 par Flo.
11 Décembre: reproches…
Mon homme et moi avons respectivement vécu par le passé une expérience de couple plutôt foireuse. Dans laquelle, principalement, la communication était un vrai talon d’Achille, pour parler en euphémisme.
C’est l’un des nombreux points communs que nous partageons, et l’une des raisons pour lesquelles nous tentons de nous parler sans reproche, dans l’écoute et la compréhension de l’autre.
Jusqu’ici, sans orgueil, on y parvient plutôt bien. Sauf sur un seul sujet, tigré, 4 pattes, 2 oreilles, beaucoup de poils (qu’il perd) et des cordes vocales aiguës, qu’il utilise un peu trop souvent.
Mon chat est le seul élément de friction de notre couple. Une bonne chose au regard de tout le reste, mais un petit caillou dans la chaussure un peu gênant.
Oui, mon matou est un râleur invétéré, surtout depuis qu’il est dans un appartement sans possibilité de sortie, surtout depuis que le combat du mâle alpha se joue entre mon homme et lui (ils sont mus par je ne sais quelle loi de la nature idiote), surtout depuis que la soeur a disparu avant le déménagement, et qu’il se retrouve donc à vieillir en solitaire aigri.
De façon fluctuante, je dois ainsi m’interposer entre eux, l’un réclamant à sortir sur le balcon, rentrer 1 minute plus tard, manger, dormir ou simplement de l’attention, l’autre ne voulant ni être dérangé, ni couvert de poils (je ne peux pas le blâmer), ni entendre miauler. Et lorsque nous discutons du chat, c’est difficilement “dans le respect de la communication sans reproche”, et difficilement sans animosité.
Il faut se résigner, mon matou sera notre seul point de friction à tous les deux. Je ne désespère pas, à force de persuasion, nouveau déménagement potentiel espéré, médicaments contre la chute des poils (plus efficace que celui que j’ai actuellement…quelqu’un a une suggestion?) de parvenir à une solution, mais elle se situera dans un temps. Plus ou moins lointain.
Et je sais, oui, les reproches s’adressent au chat, pas à moi…
12 Décembre: un conte de fées…
Eh bien oui, Raiponce aujourd’hui avec Miss Blondinette. La séance de cinéma du dimanche matin, et nous avons eu la même idée qu’à peu près toute la banlieue sud de la ville, ce qui m’a fait craindre une annulation pour cause de manque de place. Mais pour la première fois, mon homme m’avait convaincue de tenter la 3D, et c’est peut-être ce qui nous a permis de rentrer juste à temps dans la salle avant la grande marée des désespérés refoulés de la séance normale et qui se sont rabattus sur la même que nous.
Je me suis laissée emporter par ce Disney annuel, qui a su allier les grands ingrédients de romantisme et d’humour. Je me suis laissée convaincre par la féérie des bougies, l’amour des personnages et la cupidité de la méchante sorcière. Moi qui suis d’ordinaire si imperméable à ces belles histoires à l’eau de rose, j’ai peut-être réussi à recontacter l’enfant qui était en moi, au point de désirer à tout prix entendre la phrase finale “ils vécurent heureux et longtemps”. On ne nous parle pas du nombre d’enfants qu’ils eurent, mais ça m’a suffi.
Féérie cet après-midi aussi, avec la représentation de 2 équilibristes talentueux et danseurs, lors d’une manifestation non loin de chez nous. Nous avons également écouté des contes, chanté, tapé des mains. Le tout, avant de décorer le sapin, symbolique cette année où nous ne fêterons pas ici, mais afin d’apporter une touche finale de magie à tout ce que nous avons vu et reçu.
S’achève ainsi un week-end rempli de jolies activités, et j’ai fait la bise à Miss Blondinette, le coeur serré de penser que je ne la reverrai désormais qu’après Noël…
13 Décembre: irréel…
Irréel d’imaginer que dans quelques jours, nous ne serons peut-être plus la même équipe au boulot. Plus dans les locaux. Plus ensemble et plus sous le même nom. Irréel, pour les quelques uns qui se sont déjà absentés, de se dire qu’ils ne reviendront plus dans la même entreprise…s’ils reviennent. Et impensable de réaliser la saignée sociale qui s’annonce et qui nous touchera inévitablement, reste à savoir dans quelles proportions…
Irréel d’arriver le matin à son poste et se demander ce qu’on va faire, comment on va tuer le temps qui passe pour avancer jusqu’à la date fatidique. Situation irréelle, exceptionnelle, où ce n’est pas nous qui sommes en cause, mais nous qui en subissons les conséquences.
Irréel parce qu’imaginer le futur, s’y projeter, même à 2 semaines, est totalement impossible. Je reste, mais sous une autre entité professionnelle, je pars, que vais-je faire, quelles vont être les échéances.
Irréel enfin, parce que tout cela correspond avec les fêtes de fin d’année, dont on dit qu’elles sont une fin, un tournant, un nouveau départ, et que jamais ça n’aura été plus vrai.
Reste à trouver sous quel signe placer 2011…
Posté dans 365 bonnes raisons d'écrire, ma petite entreprise, Petits plaisirs & petits bonheurs, états d'âme | 3 commentaires »
10.12.2010 par Flo.
9 Décembre: j’écris en capitales un projet minuscule…
Non. Pas de projet minuscule. Je suis dans une phase de ma vie où je n’ai guère de projets minuscules, et où chaque nouvelle étape est un moment important et charnière.
J’ai des envies, des projets, beaucoup, parfois contradictoires. Qui mériteraient d’être tous écrits en capitales, mais dans ma culture geekette depuis quelques années, écrire en capitales, c’est crier. Or je n’ai pas envie de crier ces projets. Tout juste les chuchoter, les apprivoiser, trouver les mots qui leur conviennent, pour leur permettre de prendre forme.
Je fais la rebelle, finalement, en ne suivant aucune instruction de ce qui m’est demandé aujourd’hui. Et avec mon syndrome de bonne élève stressée, je me demande qui va me mettre une mauvaise note?
10 Décembre: de l’eau…
J’ai longtemps cru que je serais incapable de vivre ailleurs qu’au bord de l’eau. Née au bord du lac, où j’ai passé toute mon enfance, mon adolescence, je ne me lassais pas de la vision de cette immense étendue liquide, changeante, vivante, qui accompagnait mon quotidien de ses couleurs et de son humeur.
Puis vint Paris, ma tristesse à n’avoir que la Seine, ou la Marne, et mon manque aquatique accentué par la récurrence du béton.
Ensuite, la Méditerranée. Enchanteresse hors saison dont je me régalais, et que je fuyais en été, prise d’assaut par des hordes de touristes. J’en profitais tôt le matin, tard le soir, mais jamais en journée.
Et curieusement, avoir vécu plusieurs années à son contact m’a permis de me rassasier. Je retrouve l’eau avec un immense bonheur, mais je peux désormais envisager de rester dans ma nouvelle ville, sans avoir de lac ou d’océan à proximité.
De l’eau également pour me réveiller le matin, en buvant frais, pour m’endormir le soir, en me douchant chaud. De l’eau comme élément principal, celui dans lequel je suis le plus à l’aise, celui dans lequel je me réfugie lorsque les tensions se font trop intenses.
Ce week-end justement, projet de piscine avec Miss Blondinette. Pas pour faire des longueurs, ça fait longtemps que je ne m’y suis pas astreinte et à moins de ne pas avoir le choix, ce n’est toujours pas mon activité préférée. Mais le plaisir de m’immerger, de sentir les muscles se relâcher, et de retrouver le cocon, le liquide qui me régénère.
De l’eau ce soir enfin pour un dernier thé, avant d’aller me coucher, le temps de relire ce billet…
Flux et reflux cristallin…Je vous devais bien une photo pour habiller ce billet…
Posté dans 365 bonnes raisons d'écrire, Petits plaisirs & petits bonheurs, renaissance | 3 commentaires »
9.12.2010 par Flo.
6 Décembre: un secret….
Tout ce dont je ne parle pas ici sur ce blog. Tout ce que je voudrais dire mais que je tais, parce que ce n’est pas le bon moment, ou que cela fait partie des choses plus intimes, de ce qui ne s’affiche pas sur la toile.
J’essaye d’être la plus sincère possible. De ne pas différencier celle que je suis ici de celle que je suis au quotidien. Mais inévitablement, les écrits révèlent et insistent sur des aspects dont je n’ai pas conscience. Inversement, je tais certaines choses qui sont une évidence au quotidien. C’est le jeu du blog.
Je n’ai qu’une règle essentielle en ces lieux: pas de révélations que mes proches pourraient ignorer. Pas de sujet dont ils ne pourraient pas avoir connaissance. Ceux qui me connaissent réellement ne doivent pas être surpris par un billet. Par son ton, son angle d’attaque peut-être, mais pas le fond du sujet. Je refuse qu’ils apprennent des choses de cette façon.
Secret pour mes parents. Qui sont les seuls à ne pas connaître cet endroit. Je l’ai souhaité, afin de me permettre la liberté la plus grande possible. Et ne pas avoir à expliquer, justifier, rassurer lorsque je les ai en ligne.
Je n’aime pas les secrets. Je ne suis pas bonne pour les garder, j’ai toujours l’impression que quoi qu’il arrive, ils se lisent sur mon visage comme sur un livre ouvert. Le secret est le jumeau du mensonge, entre eux la ligne est si ténue qu’elle se franchit aisément. Et je me suis plusieurs fois demandé si, dans un accès de folie intense, j’allais envoyer cet url à mon père et ma mère. Pour y renoncer juste après.
On ne donne pas son journal intime à ses parents, si? Ou alors, ils le découvrent involontairement!
7 Décembre: phrase que l’on m’a dite…
Phrase que je me suis dite toute seule: qu’il faudrait quand même que j’arrive à faire cesser ces accès de contrariété aigue qui me tombent dessus sans crier de gare, en plein milieu d’une soirée ou d’une journée. Sans raison concrète, si ce n’est probablement un enchaînement de toutes petites choses qui s’accumulent, et que je ne parviens pas à évacuer suffisamment. Soit parce qu’elles ne me concernent pas directement mais que je ne prends pas assez de distance, soit parce que je les minimise, ou que je ne perçois pas à quel point ça me ronge.
La période est délicate à gérer, mais ce n’est pas nouveau, ça ne date pas d’hier. Et puis de toute façon, la fin d’année, son cortège de fêtes, d’organisations familiales ou amicales, contribue à générer un environnement propice aux mésententes, non dits et explications. Et encore, je trouve qu’on s’en sort plutôt bien, en désamorçant rapidement les choses.
Mais alors? Alors je me couche ce soir en mode stroumpf grognon. Dans ces cas, je me renferme dans ma coquille, je maugrée et prends n’importe quel prétexte pour ronchonner plus encore. Mais surtout, le petit vélo là haut se met en route sur le “pourquoi je suis comme ça, et que puis-je faire pour que ça passe”. Et forcément, quand il ne trouve pas la bonne route, ça fait râler encore plus.
Demain ça ira mieux, j’espère….
8 Décembre: foule…
Trop facile, foule et folie des magasins juste avant Noël, foule dans les rues, dans les parkings. Foule dans laquelle on crawle, on pagaye, on se noie, on étouffe. Je ne supporte pas ça, je le supporte de moins en moins, j’ai envie de fuir, loin loin loin, et pourtant je suis bien obligée, parce que mes horaires m’imposent les mêmes créneaux que tous les autres, parce que je ne vais quand même pas prendre une journée de congé pour des cadeaux de Noël, ou alors ce serait céder définitivement à toute cette consommation excessive que j’essaye pourtant de juguler!
Foule qui me donne envie de faire demi-tour, ça monte, me prend à la gorge, je deviens nerveuse, irritée, insupportable, j’ai envie de bousculer, de me creuser une tranchée de survie.
Ca date de Paris, je crois. De ma vie là-bas, de ce que j’ai dû vivre sans m’y faire, sans m’y résigner ou tout juste, pour supporter, mais avec des sursauts de rebellion, qui me faisaient plus de mal que de bien. Et dans le package parisien, avec la foule, l’agoraphobie, le rejet du bruit et d’une ville grouillante, j’ai mis le reste, une ville lumineuse que j’ai pu aduler autant qu’aujourd’hui elle m’insupporte, sa vie culturelle, son grain de folie et sa beauté cachée ou révélée.
Un jour, peut-être, arriverai-je à me réconcilier à Paris. Mais à la foule, j’en doute…
Posté dans 365 bonnes raisons d'écrire, Oui je crie fort, états d'âme | 4 commentaires »
6.12.2010 par Flo.
2 Décembre: la beauté à cet endroit précis
L’autre jour, mon cher et tendre a eu un flair d’enfer (avec la rime!). Rentrée à la maison plus tôt que lui, lassée et fatiguée de ma énième journée catastrophique de travail, j’ai ronchonné ferme en voyant l’état de l’appartement. Vaisselle en vrac dans l’évier (et quand on me connaît, on sait que sur l’échelle de la crispation, c’est idiot mais ça tient la barre très haute, alors que pourtant je ne pense pas être du genre stressée du ménage), rien de rangé, un canard n’y retrouverait pas ses canetons. Et dans ces cas, j’ai besoin d’évacuer la contrariété le plus rapidement possible; il est hors de question pour moi de me poser d’abord, puis me relever pour ranger.
J’ai donc à peine enlevé mes chaussures, retroussé mes manches et commencé la vaisselle, non sans râler contre l’absent, me disant que certes, on travaillait tous les deux, mais que là j’avais besoin de refaire le point sur certains incontournables, à mon sens.
Et puis 45 minutes plus tard, clé qui tourne et me déride à peine (c’est rare), et je vois poindre mon amoureux, avec devant lui une splendide orchidée blanche. Sachez que depuis que nous sommes ensemble, il a dû m’offrir des fleurs au bas mot 3 fois, et c’est un maximum. Je ne suis pas une acharnée non plus, mais j’aime de plus en plus les plantes, et de temps en temps, je ne me prive pas de lui faire remarquer qu’un petit geste me ferait plaisir. C’en est devenu un jeu entre nous.
Je le regarde interloquée, sentant déjà fondre les quelques remarques préparées avec soin dans le but “ne pas se prendre la tête mais bel et bien faire passer un message”, et devant mon air ahuri, il me dit d’une petite voix “J’avais le choix entre rentrer à l’heure ou alors un peu plus tard avec une plante, parce que je sais, j’ai pas fait la vaisselle”. J’ai éclaté de rire, me suis jetée à son cou, et bien entendu oublié toute velléité de discussion.
On en rigole encore. Et aujourd’hui, journée un peu grisaille et assez peu enthousiasmante, où je n’ai pas eu droit à la beauté d’un rayon de soleil ou de couleurs de la nature, ou qu’en sais-je, j’ai devant les yeux cette plante d’une perfection incroyable, qui s’étire devant ma baie vitrée, et glisse ses pétales nacrés et soyeux tout près de moi. Et je trouve que c’est une fort belle définition de la beauté, à cet endroit précis. Pour ce qu’elle est, et pour ce qu’elle symbolise…
Et oui, il faudrait que j’essaye d’en faire une photo, aussi….
3 Décembre: une coupe franche
Quand j’étais toute jeune ado, je ne voulais pas être une fille.
Quand j’étais toute jeune ado, mon idéal absolu, celle à laquelle je voulais ressembler, était Claude dans “Le Club des Cinq”. J’adorais son caractère et son courage, j’aimais sa sauvagerie et sa façon de s’imposer, et surtout, surtout, j’adorais l’idée qu’elle laisse planer le doute entre l’identité de fille ou de garçon. Prénom et apparence le lui permettaient sans hésitation, et ça marchait dans chacun des livres.
Moi, je n’avais pas le prénom adéquat, et il me manquait Dagobert aussi. Mais un jour, j’ai décidé de pousser un peu plus loin la ressemblance en demandant à me couper les cheveux. Très court.
Ma mère a accepté, et à mon retour, ce fut le drame à la maison: mon père consterné, mon frère horripilé, j’ai eu droit à toutes les remarques acerbes de leur part.
J’ai tenu bon. Et gardé mes cheveux courts des années durant, avec quelques assouplissements de temps à autres, mais il m’a fallu beaucoup de temps pour renoncer à cette identité-carapace (on y revient..) que je m’étais créée. Et accepter que j’étais une femme à part entière, et que je pouvais être bien dans ma peau ainsi.
4 Décembre: jeu de société partant d’une case départ
Chez nous, à l’époque, les jeux de société étaient plutôt des cartes. Cartes italiennes notamment, et engueulades familiales mémorables. 1000 bornes. Trivial Poursuit dépassé 2 ans après sa sortie, comme toujours.
J’ai beaucoup joué avec ma marraine aussi. Qui a désespérément tenté d’intégrer quelques jeux de logique dans mes préférences, mais en vain. Dès qu’il fallait faire de la déduction, ça bloquait, je sentais les neurones se mettre en grève.
Avec mon père, j’ai appris les dames. Et quelle ne fut pas ma fierté lorsque j’ai gagné enfin des parties contre lui. On aimait bien jouer l’un contre l’autre. Le dimanche après le repas. Il fumait sa pipe, je sentais l’odeur parfumée du tabac, il ouvrait la fenêtre derrière pour aérer. Et on se concentrait. J’adorais ces pions tout doux qu’il fallait faire glisser sur un beau damier en bois.
Guère de jeux avec une case départ, donc. Je n’ai jamais aimé le Monopoly, qui me crispait et m’ennuyait. Nous étions assez peu férus de petits chevaux. Plus jeunes, on avait des jeux de l’oie, assez basics et qui ne m’ont pas marquées plus que ça.
C’est amusant que cette suggestion tombe aujourd’hui. Hier, dans un brainstorming cadeaux par mails interposés avec Super Frérot, j’en suis venue à lui faire une suggestion pour nous: un jeu fabriqué par sa douce, et qu’elle nous avait appris l’année dernière, à Noël justement. 2 dés, quelques pions, des cases de toutes les couleurs sur un bout de tissu. Nous y avions passé 2 heures en rigolant comme des fous. Et nous nous étions promis de le refaire chez nous. Sauf que depuis, nous avons oublié les règles, passablement complexes, et jamais pris le temps de mettre notre projet à exécution.
Un joli cadeau donc: un jeu fait maison, et les règles écrites, afin que nous puissions transmettre plus loin cette tradition. Ce sera le bonheur de mon homme qui aime tant jouer, et moi, j’aime l’idée de recevoir ce genre de cadeau de la part de mon frère et de sa chérie.
Mais par contre, je ne me souviens pas s’il y a une case départ….
5 Décembre: masques et attitudes
Ce matin, à moto, en revenant du cinéma, mes yeux tombent sur l’affiche de “Cyrano de Bergerac” qui doit passer prochainement dans notre ville. Pincement au coeur. Je rêverais d’aller voir cette pièce sur scène. En fait, je rêverais de retourner au théâtre.
Mais l’agenda commence à se charger: 2 concerts prévus (l’un de façon certaine, l’autre en attente encore) au 1er trimestres 2011. Un ballet que je ne voudrais manquer pour rien au monde, mais vais-je avoir les moyens de me l’offrir, alors que les finances commencent à fondre sous le soleil?
Alors rajouter une pièce de théâtre, ça fait un peu trop.
Et puis c’est de ma faute aussi. Je n’ai qu’à chercher les bons plans, rebondir sur des idées, et surtout aller jusqu’au bout des envies, plutôt que de me dire sans cesse “ah si je…” et continuer à me lamenter.
J’ai peur des vrais masques, aussi beaux puissent-ils être. Ils m’ont toujours mis profondément mal à l’aise. Lorsque je faisais du théâtre, il y a fort longtemps, nous avons eu quelques cours avec masques. Et même en étant derrière, je ne pouvais pas. Notre prof nous expliquait à quel point il était important d’insister sur l’attitude corporelle pour compenser la rigidité du visage, mais ça ne passait pas. J’avais l’impression d’étouffer, derrière ce bout de carton ou de bois. Je ne me sentais pas à l’aise, avec un champs visuel aussi réduit.
Je préfère les masques réels. Ceux que chacun se compose au quotidien. Ceux que je parviens à dépasser, ou non. Ceux qui me parlent ou me repoussent. Mais qui sont de chair, qui sont vivants. Et qui changent à chaque seconde qui passe…
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1.12.2010 par Flo.
30 Novembre: le prix à payer
Je suis dans les chiffres toute la journée. Oui, je sais que ça va en faire rire plus d’un ici, moi la littéraire qui déteste les maths, moi qui me crispe dès que je dois faire plus qu’une addition ou une soustraction, je n’ai jamais autant bossé dans les factures et les nombres que ces temps.
Restons modérés, je ne suis ni comptable ni contrôleuse de gestion, ou alors l’état actuel de ma boîte s’expliquerait bien plus facilement. Et de toute l’agence, je suis la “nana qui sait écrire”, ce qui donne régulièrement dans la journée des “Floh, “merci de bien vouloir nous retourner” avec -er ou -é ou -s”? - “Floh, tu voudrais bien venir me relire mon mail et me dire s’il est clair s’il te plaît”?
Et là, je chausse mes lunettes virtuelles, je m’arme de ma souris et de mon sourire, et je les aide à reformuler, et à corriger les fautes.
N’empêche, je baigne dans les prix. Du matériel et des prestations que nous vendons et que je dois appliquer, des règlements, des bilans, et particulièrement en cette période où le moindre centime ne se dépense plus comme on le voulait (chut, ça ne veut pas dire que c’était tout à fait le cas avant non plus), je vis dans une version améliorée et bien moins funky du juste prix.
Et de façon moins humoristique, le prix à payer, c’est aussi celui de chacun d’entre nous, travaillant pour l’entreprise, qui devons nous en acquitter pour des erreurs de dirigeants mégalos. Et là par contre, l’addition est salée, et vraiment douloureuse…
1er Décembre: en retard
Plus jeune, je portais une montre, et ma vie était rythmée par des horaires précis. Ceux des bus et trams que je récupérais pour aller à la Fac, ceux de mes horaires de cours, et de mes différents jobs; j’étais rarement en retard et j’avais une forme de crispation dès qu’il fallait attendre une dizaine de minutes. Je n’envisageais même pas de pouvoir vivre sans montre à mon poignet.
Et puis peu à peu, je me suis relâchée. J’ai appris que le temps n’était pas si facile à dompter. J’ai vécu à Paris, connu les galères des transports, et même si mon trajet était minuté en fonction de mon travail, j’avais de moins en moins de prise dessus, et je suis devenue fataliste. J’ai lâché les terreurs de mon père qui ne supporte pas l’idée de manquer un train ou un avion, j’ai couru sur beaucoup de quais et j’ai réalisé que j’étais toujours en vie. J’ai arrêté de porter une montre.
Aujourd’hui, chaque matin, j’arrive avec un bon quart d’heure de retard au travail. Que je pourrais éviter, mais cela nécessiterait que je me lève encore plus tôt, et parte encore plus vite. C’est un effort que je n’ai pas envie de faire, parce que je considère que les bouchons sont des impondérables, qu’ils m’arrangent pour gratter quelques minutes à écouter les infos et me réveiller pleinement, et que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je récupère ces minutes autrement, et j’aime cet espace de liberté pas tout à fait autorisée que je m’octroie.
Je continue à être ponctuelle pour ce qui me tient à coeur, je continue à apprécier qu’on me prévienne de tout retard, parce que c’est une forme de respect, mais j’ai assimilé le quart d’heure….vaudois, normand, gascon, montpellierain, toulousain, ou quel que soit son nom, puisque tout le monde veut se l’attribuer.
Ce matin, parce que magiquement j’ai mis moins de temps à me préparer et que j’ai pu partir bien plus tôt, je suis arrivée pile à l’heure, et j’ai trouvé ça beaucoup moins drôle. Et la matinée m’a paru très longue, rallongée de ces 15 précieuses minutes…
Posté dans 365 bonnes raisons d'écrire, ma petite entreprise, Petits riens | 4 commentaires »
29.11.2010 par Flo.
27 Novembre: armé comme du béton…
Plus jeune, j’avais une carapace. Créée j’ignore comment, parce que j’ai eu une enfance plutôt idyllique, un cocon familial stable et plaisant, et un univers où tout m’était offert.
J’ai passé l’adolescence sans réelle révolte, mais dans un enfermement progressif, sur moi-même et par rapport aux autres. J’ai toujours su être présente en société, mais je me forgeais inconsciemment cette carapace bétonnée, remplie de peurs, d’angoisses, de doutes et de terreurs. Un peu comme si, en m’enfermant, je les clôturais avec moi, et ne pouvais plus m’en débarrasser.
Cette armure s’est fendillée à la fac, grâce à des amis qui ont eu la patience de me prouver que la vie au-dehors n’était pas si terrible que ça. Et surtout que j’avais, paradoxalement, les armes pour m’y frotter.
J’ai vécu l’insouciance d’un agréable quotidien de très jeune adulte, ou adolescente tardive, grâce à ce nouvel univers, à la fois ouvert mais également protégé et sécurisé, où j’avais posé mes repères, les cours, les profs, les lieux, ma ville que je commençais enfin à connaître.
J’ai fini par m’exposer passé la vingtaine, en envoyant tout voler d’un coup. Le cocon parental, mon pays, je suis partie brusquement, sans prévenir personne de mes intentions à long terme qui étaient pourtant déjà claires dans mon esprit. Enfin quelqu’un avait réussi à percer mon armure, j’y ai laissé des plumes et ô combien, mais fort heureusement, jamais je n’ai remis en question cette mise à nu, cette prise de risques.
Depuis plusieurs années, au travers de tout ce que je traverse et tous les changements, bouleversements que j’ai vécus, j’ai appris à laisser le béton s’effriter. J’ai compris que ce qui ne tue pas rend plus fort, et que ce n’était pas en me fermant aux autres que j’y parviendrais, mais en acceptant ce que cela provoquait en moi, et en le soignant….
28 Novembre: détails du plafond…
Depuis quelques semaines, je scrute chaque recoin des pièces que je traverse à la recherche des araignées sournoises qui pourraient s’être planquées chez moi, même si nous habitons en appartement, en ville, au 3ème étage. Entre elles et moi, c’est une guerre dans laquelle je ne combats pas, puisque lorsque j’en déniche une, j’émets un râle, me réfugie dans le couloir et appelle mon homme au secours pour qu’il m’en débarrasse.
La dernière en date a été particulièrement douée, elle a dû comprendre qu’elle n’aurait pas sa chance au plafond. Elle s’est donc plantée dans la salle de bain, sur le mur, droit en face de moi dans la douche. Et pourtant, j’ai mis un bon moment avant de l’apercevoir. Je m’étonne encore de ne pas avoir provoqué une catastrophe en série (du type glissade, lâchage de savon, agrippage de rideau et inondation de la pièce). J’ai hurlé, la cavalerie a débarqué affolé, et je me suis défendue par un “elle est vraiment très grosse et pas belle du tout”. Et j’avais raison, d’abord!
Je ne suis pour autant pas assez assidue à virer toutes les petites toiles qui traînent dans les recoins inaccessibles. Du moment que leur habitante ne les occupe pas (ou qu’elle est assez intelligente pour se planquer en mon absence, au choix), je laisse aller, ou j’attends d’être prise d’une frénésie de ménage, ce qui arrive à peu près tous les 30 février, pour me mettre à passer l’aspirateur à l’envers. On marche sur la tête.
Bon, et sinon chez nous, il n’y a ni dorure, ni peinture, ni tapisserie au plafond (véridique, je l’ai vu). C’est bêtement blanc, un peu sale et parfois crépis. Il ne faut pas exagérer non plus, ce n’est pas chez nous autrement qu’en location, et nous n’avons pas collé de petites étoiles qui brillent dans le noir…
29 Novembre: rues…
Il y a celle en bas de chez moi. Bordée de platanes, et si somptueuse en automne. Dans laquelle je guette le printemps, les premiers bourgeons, les premières fleurs. J’aime ce tunnel vert, ou rouge flamboyant selon la saison, qui m’amène jusqu’à mon cocon, notre chez nous.
Il y a celles du boulot. Zone industrielle, béton et froideur. Mon seul bonheur, c’est de découvrir le ciel qui s’embrase, au matin ou le soir, dans les vitres des bâtiments. D’un coup, flash dans l’oeil et chercher d’où vient cette lumière si soudaine. Dégradés de roses, rouges, oranges, flammes qui amènent de la couleur dans le gris. Du baume au coeur pour aller travailler, ou parce que la journée est finie.
Rues que je traverse dans mes trajets quotidiens. Des chauffards à n’en plus finir, que ce soit en rocade ou le long du fleuve, raccourci qui n’en est plus un. Ruelles de ma ville, briques rouges et petites impasses, au détour d’un bâtiment s’ouvre une porte cochère et derrière, j’ai juste le temps d’admirer les cours intérieures des fabuleux hôtels privés qui se nichent ça et là et ne se laissent dévoiler dans leur pudeur que par hasard.
A pied, je fuis les boulevards et cherche l’intimité, loin de la foule et du bruit. En voiture, je vais au plus direct, et j’essaye de guetter, même derrière le volant, les moments magiques qui se présentent à moi dans n’importe quelles circonstances…
Posté dans 365 bonnes raisons d'écrire, Manie des listes, Petits riens, renaissance | 4 commentaires »
26.11.2010 par Flo.
25 Novembre: tête pleine de…
Tête pleine d’images. J’aime ce qui m’arrive devant les yeux lorsque je lis des récits, écoute les gens parler. J’aime me faire mon petit théâtre individuel, ma séance de cinéma perso. J’ai l’esprit toujours rempli d’instantanés, j’ai résolument une mémoire visuelle, très peu auditive.
Tête pleine de musique, j’abandonne la radio informative le soir, au profit d’une musique facile, et il faudrait vraiment que je me décide à installer un poste un peu plus évolué sur ma voiture, histoire de lire des mp3, ou au moins des CD.
Aujourd’hui était la dernière journée sans mon collègue, je pouvais écouter ma sélection de morceaux, j’en ai profité et demain, je lui rends la télécommande!
Tête pleine de pensée, des bouts de phrases que je n’assemble que difficilement pour en faire ce tout petit billet, des mots qui fusent, des idées qui s’évanouissent et me filent entre les neurones. C’est frustrant!
26 Novembre: une bonne chose de faite…
Encore une semaine clôturée, derrière moi.
J’ai passé le témoin à mon collègue enfin de retour, me suis délestée d’une pile de dossiers, et de tout ce que j’ai dû assumer et qui ne m’appartenait pas. Un peu plus de légèreté, un peu moins de pression, et puis 2 jours pour souffler avant de reprendre. Les échéances s’approchent aussi, de toute façon dans peu de temps nous serons fixés, on sent le relâchement tout autour, mêlé d’inquiétude.
Ce soir, je suis rentrée tard, j’aurais voulu m’acquitter des tâches rébarbatives, ménage et courses, mais ce sera pour demain, tant pis. Surtout, j’ai eu une belle discussion avec une femme formidable, qui m’ouvre de nombreux horizons. Elle fait partie de ces balises sur ma route, elle n’est pas arrivée par hasard, et j’ai la sensation que nous aurons un joli chemin à parcourir ensemble. Elle m’impressionne beaucoup, par ses compétences, sa façon d’être, son parcours…et m’offre des perspectives merveilleuses. A l’heure où la remise en question est un point central de mon quotidien, et de mes pensées, ça fait du bien de trouver un guide. Et j’ai un peu de travail de défrichage à faire de mon côté.
Une bonne chose de faite? Avoir clôturé cette note, aussi insatisfaisante soit-elle pour moi…
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25.11.2010 par Flo.
22 Novembre: il suffirait de trois fois rien pour…
Pour trouver de l’inspiration.
Pour me lancer et écrire ce qui me passe par la tête.
Pour m’énerver une bonne fois pour toutes (?)
Pour m’apaiser
Pour sourire
Pour pleurer aussi
Pour commenter, pour me taire
Pour parler encore, pour hausser les épaules
Il suffirait de trois fois rien pour que le chemin que je choisis ne soit pas le même. Je suis dans ces périodes où l’on sent que chacun de nos actes, paroles, pensées, influe sur notre futur.
Il suffirait de trois fois rien…mais je ne l’ai pas fait, et j’ai fait autre chose.
22 Novembre: séduction de…
Pour les leçons, passez votre chemin. J’ai dû perdre la notion de séduction à mon adolescence, et je la retrouve à peine. En ce qui me concerne, parce que je sais par contre très bien détecter chez les autres ce qui est de l’ordre de la séduction, naturelle ou artificielle. Du moment que je suis spectatrice extérieure.
Je regarde Miss Blondinette et je la vois si à l’aise avec son monde, son public. Consciente de ses sourires, charmeuse et joueuse, séductrice enfantine et innocente. J’étais comme elle à son âge, je crois. Je me souviens que je menais mon entourage à la baguette, et que je savais qui je pouvais faire fondre, et auprès de qui ce serait plus compliqué.
Je joue de ma séduction retrouvée (un peu de confiance en moi?) chaque jour au travail. Il faut bien tirer un avantage à être une fille dans ce monde d’hommes. Ca m’amuse, tout autant que ça amuse mes collègues. Nous connaissons nos limites, et nous en rions ensemble. Quant à mon Yaka, je bénéficie avec lui d’une immunité dont je suis la première étonnée. Séduction sans doute, mais une forme de réel masochisme de sa part, puisque je ne l’épargne pas. Sans doute un bonus lié à mon statut, mais pour combien de temps encore…
24 Novembre: j’étais un animal quand…
Nous avions mis le voilier à la cape depuis quelques temps déjà, et certains d’entre nous étaient descendus à l’eau. Plus loin, nous avions repéré un troupeau de globicéphales, et nous voulions voir comment ils se comportaient.
Je me transformais en poisson, là au milieu de nulle part, à des milles au large de Nice et de la côte. La houle était notre seul horizon, je voyais la coque du voilier monter et descendre, et sous mes pieds, au-delà de la lumière du soleil, il y avait l’obscurité et des centaines de mètres. C’était une sensation déroutante de vertige dans l’eau, celle de ne pas pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit, et de ne pas pouvoir voir le fond, le bout.
J’ai mis la tête sous la surface, masque et tuba, et entendu que là-bas, plus loin, ça papotait. Cliquetis et sifflements, le troupeau communiquait et nous n’en percevions qu’une infime partie.
Sur le bateau, notre capitaine les tenait à l’oeil: ils étaient nombreux, on avait repéré des petits, il fallait rester prudents, et surtout calmes. Deux d’entre nous étaient déjà remontés à bord, ne parvenant pas à assimiler le manque de repère au milieu de nulle part, et ces animaux que l’on savait bienveillants, mais qui étaient aussi à l’état sauvage, et donc imprévisibles.
Nous sommes longuement restés, le troupeau s’est un peu approché, à distance raisonnable. J’ai fini par les voir, de loin, sous l’eau, des formes sombres qui se mouvaient avec grâce, et toujours ces paroles et cliquetis. Ils ne s’approcheraient pas plus, mais n’étaient pas partis non plus.
Nous avons fini par tous retourner à bord. Et rester sur le pont, avec les jumelles, et pour certains des appareils photos avec de gros objectifs. Les dos apparaissaient, disparaissaient, et les plus petits ont fini par s’enhardir, plus curieux sans doute que la moyenne. Puis les plus âgés, jusqu’à ce que d’un coup, ils soient là, à portée de main, devant le bateau, sous le bateau. C’était magique.
Je n’avais pas envie de quitter ce spectacle des yeux, et pourtant je savais mon appareil en bas, dans la cale. J’ai fini par me décider, après tout, le temps de descendre les 6 marches de l’échelle, aller jusqu’à mon sac, et remonter, ils n’allaient pas partir non?
En bas, je me suis approchée de mon sac, dans ma banette collée contre la paroi. Je les entendais d’ici aussi, de façon amplifiée, caisse de résonance de la coque, cette sensation d’être dans un autre univers.
Et puis je ne sais exactement ce qui est arrivé. Il y avait un jeune, tout près de l’autre côté de la paroi, m’ont dit mes camarades ensuite quand je suis remontée. Qui a senti ma présence, bien entendu. Et qui a fait avec moi ce qu’il fait avec tous ses congénères: il m’a sondée. Des pieds à la tête, du cheveux au moindre poil, il m’a localisée, il m’a vue, il m’a entendue, il m’a parlé. J’ai senti cette onde, cette énergie, cette puissance déferler sur moi et en moi comme un raz de marée, je me suis sentie vidée puis remplie à nouveau, je me suis sentie animale parmi les animaux. C’était incroyable, une sensation jamais renouvelée, mais jamais retrouvée aussi.
L’espace d’un instant, j’ai été en contact profond, intense avec cet être-là.
Et il m’a transformée.
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22.11.2010 par Flo.
20 Novembre: Manger, boire, fumer, respirer, consommer
Ce soir, nous avions tous les deux envie de saveurs orientales, et nous voilà à tester l’un des nombreux restaurants marocains de la ville. Je me damnerais pour la coriandre et la salade de fèves en entrée, le tajine n’était pas assez citronné à mon goût, mais j’ai replongé en une soirée dans les saveurs de mes vacances d’enfant, avec un peu de nostalgie aussi. Il est temps qu’on s’offre ce voyage dont on rêve depuis un petit moment.
Boire un peu de vin, lorsque l’occasion se présente, nous achetons ou commandons au hasard, forts de notre totale ignorance au sujet, et nous exerçons notre palais..pas assez parfumé, trop amer, trop doux, trop alcoolisé. Hier soir, c’était un rosé “gris”, qui allait bien mieux à l’apéritif qu’au repas, mais qu’importent les conventions après tout…
Je n’ai jamais fumé. Je ne sais par quel miracle j’ai réussi à éviter cet écueil. Mes deux parents étaient fumeurs, ont plus ou moins arrêté lorsque j’étais enfant. Je n’ai jamais été tentée à l’adolescence, mais je me souviens précisément du moment où j’ai failli basculer à l’âge adulte. A Paris, assise sur les bords de la Seine, noyée dans mes chagrins, mes incompréhensions et mes angoisses; le Louvre était derrière moi, en face de moi, juste après le pont, un bureau de tabac. Et je me suis dit, pendant de longues minutes, qu’il ne tenait qu’à moi de faire ces pas, aller acheter le paquet, et fumer. Parce que j’en avais furieusement envie.
Je ne l’ai pas fait, parce que oui, j’aime respirer à plein poumons. Et qu’à cette époque je courais beaucoup, le sport était mon exhutoire. J’ai eu peur de la suffocation, peur de faire ce premier pas et de le regretter, et je crois que j’ai eu raison.
Consommer, c’est un mot à la mode, à connotation très négative. Je fais partie de ceux qui se positionnent dans la théorie et bien plus difficilement dans la pratique. Mais j’avoue (l’esquive est facile) que je n’ai pas très envie de m’arrêter sur ce mot-là aujourd’hui. A garder pour une prochaine note, peut-être….
21 Novembre: Une chance…
Non, pas une. Pourquoi une seule? Des dizaines, tout plein de petites et grandes chances qui ont parsemé mon parcours, et continuent encore de l’accompagner. La chance d’être aimée, entourée, comprise, soutenue. La chance de retomber sur mes pieds comme un chat quoi qu’il arrive. La chance d’avoir des projets, des envies et de savoir qu’ils sont réalisables tôt ou tard.
Je n’ai jamais rêvé de gagner au loto. Je rêve bien entendu, financièrement, d’améliorer mon quotidien, mais cette chance-là, la chance du gain et du jeu, je ne l’ai pas et ne la cherche pas. Je vis avec quelqu’un de chanceux, certes, bien plus de moi dans un tirage au sort ou sur du hasard, mais je sais aussi qu’il a cet état d’esprit pour la provoquer.
La chance est une boucle vertueuse. Le plus dur est de l’amorcer. La maintenir en traversant les tempêtes.
Je suis une râleuse, une pleurnicheuse patentée, mais je crois que j’ai cette capacité à reconnaître les chances dont je bénéficie. Je ne suis probablement pas assez reconnaissante de tout cela…
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20.11.2010 par Flo.
17 Novembre: des hauts et des bas
Voui. Eh bien les montagnes russes, c’est un peu ma vie du moment. Des hauts et des bas émotionnels. Des hauts et des bas professionnels. Un écartèlement entre les envies, les projets, les désirs qui me mordent le coeur et l’esprit, et la réalité du quotidien, celle pour laquelle on doit se lever, s’habiller, s’envoyer les bouchons, raler, et dérouler la journée.
Des hauts et des bas parce que je suis incapable de projeter ce que je serai dans 1 mois. Tout est en attente. Nous vivons les plus dures heures (journées, semaines…) d’une vie d’entreprise. Celle où l’on doit assimiler, digérer l’idée que nos efforts et nos investissements n’ont servi à rien. Accepter que l’un de ces nombreux patrons, le nôtre, avec sa folie des grandeurs, a réécrit avec notre participation involontaire la fable de la grenouille qui se prenait pour un boeuf.
Aujourd’hui, nous sommes en train d’éclater.
Et éclatent en même temps mes peurs, mes craintes, mes résistances, mes doutes. Ce que je dois combattre chaque jour pour concrètement, enfin, vivre ce que j’ai à vivre. Prendre le chemin qui clignote depuis si longtemps. Et avancer, au lieu de réfléchir à l’hypothèse de mettre le pied droit avant le pied gauche.
18 Novembre: c’est parfois si simple de….
J’ai passé la journée à trouver ce qui pourrait être si simple. Dans ma journée, ou dans la période actuelle. Mille et une choses tout à fait personnelles que je ne vais pas forcément étaler là, mais je suis aussi dans un état d’esprit alourdi par bien des complications autour de moi.
La simplicité n’est pas une évidence sur tous les sujets en ce qui me concerne. Elle l’est pour les petits bonheurs quotidiens. Les pointes de saveur délicieuses, un café au bord de la mer, un rayon de soleil hivernal sur le visage, regarder Miss Blondinette et son père rire ensemble et jouer, découvrir le bonheur de vivre à 2 ou 3 de façon sereine, ce qui, il y a quelques années encore, me paraissait impossible.
Mais ces temps, je suis alourdie par tout ce qui me bouffe 8 heures par jour et que je n’arrive pas à distance.
Aujourd’hui, il aurait été simple (ou pas) de faire demi-tour dans les bouchons d’1h20 qui m’ont fait arriver à une heure totalement indécente à l’agence. J’aurais dû, finalement, mais si l’acte est simple, les conséquences ne l’étaient clairement pas.
Il est parfois si simple de respirer un grand coup et amener de la légèreté dans notre vie. En théorie. En pratique, quand l’état d’esprit n’y est pas, la simplicité ne suit pas non plus…
Et je ne suis clairement pas satisfaite de ce billet-là, que j’ai mis un temps fou à trouver, non pas à écrire, mais qui veut tout dire et rien à la fois. Et d’autant moins satisfaite de savoir que ça se manifeste sur un sujet pareil, qui me tient à coeur. Révélateur avez-vous dit, mon cher Watson?
19 Novembre: une lumière…
Comment parler d’autre chose que de la lumière de ce matin, au moment de partir bosser? Soleil levant, ciel embrasé et au loin, le sommet enneigé des Pyrénées, tout au long de la route des images qu’on rêve de figer en photo mais qui ne rendraient rien, frustration intense.
La lumière d’un arbre encore enflammé de ses couleurs automnales, un rayon de soleil qui le caresse.
La lumière rougeoyante du soleil couchant dans le rétroviseur au moment du retour. Je suis dans une période où mes horaires de travail correspondent au lever et coucher du soleil, j’en profite au maximum.
Je suis une fille qui aime la lumière, bien plus que l’obscurité. Je me sens bien lorsque je suis dans un lieu vitré, lumineux, rempli de soleil, la baie chez nous m’enchante tout particulièrement et même si j’apprécie les ambiances feutrées, je ne pourrais pas envisager de vivre dans un lieu qui ne soit pas illuminé de toutes parts.
Aujourd’hui, la lumière était douce au matin et au soir, plus grise en journée mais qu’importe. C’était vendredi….
Soleil levant depuis chez nous, un matin comme aujourd’hui…
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