Infos

Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie Bugs.

février 2012
L Ma Me J V S D
« déc    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829  

Archive de la catégorie Bugs

Petits cailloux presque printaniers

Histoire de me dérouiller un peu, vu le vide intersidéral dans ces pages…

*Vent de folie depuis hier soir sur la région. Ca me prend les neurones, mais je ne suis pas la seule, le chat est en train de craquer. Hier matin, il nous a exprimé son plus vif mécontentement en décidant que ses deux caisses ne suffisaient pas (ou en nous signifiant qu’il n’aimait pas la réorganisation de l’espace faite dimanche) et en faisant ses besoins sur sa gamelle de nourriture (oui, c’est de l’auto-sabotage, j’en conviens). Je vous laisse imaginer la béatitude de mon amoureux, tiré du lit par sa fille pour nettoyer les dégâts de son meilleur ami dans l’appartement…
Quant à ce matin, au moment où je vais le chercher sur la terrasse pour le faire rentrer avant de partir, il me tape une crise de chat battu et pris au piège, miaulements et crachats. J’ai craint une récidive dans l’expression de sa contrariété, mais jusqu’ici, pas de nouvelle de mon homme qui n’aurait pas manqué de m’en faire la remarque, je n’en doute pas. Croisons les doigts.

*La fin du répit / de l’ennui (c’est fou, comme les changements redoutés changent d’un coup les perspectives), et comme prévu, l’Himalaya en fragile équilibre au-dessus de ma tête s’abat, tel l’épée de Damoclès, et me submerge de boulot. Tsunami d’échéances et de relances en perspective, je suis heureuse (mais oui j’ose, c’est ironique!). Mais au moins je suis occupée.

*Il fait beau, beau, beau, je ne peux pas en profiter comme j’en rêverais, mais je n’en pouvais plus de la grisaille, c’est la première fois que j’aspire à une forme de douceur de la météo et un retour du printemps. Là vraiment, j’en ressentais le besoin impérieux.

*Miss Blondinette est en vacances une semaine chez nous, et a plein de jolis projets avec son papa. Néanmoins à 7 ans tout juste, elle semble décider que sa vessie n’est plus du tout digne de confiance et joue à la vraie fille en réclamant à aller aux toilettes toutes les 10 minutes. Là comme ça, je vous le présente à la rigolade, mais quand même ça m’interpelle, et surtout, comment l’aider à reprendre confiance en la solidité de sa vessie??

*Camille la tortue se porte à merveille, fait sa gymnastique pour manger, crawle à contre courant dans un sens et dans l’autre de son immense aquarium, snobe copieusement sa petite plage avec lampe à UV intégrée et ne grandit pas mais c’est normal, c’est très lent les tortues. Merci pour elle!

*Je suis malade, je crache mes poumons toutes les 10 minutes, j’ai fini par me résoudre à aller chez le toubib pour en ressortir avec une bonne dose d’antibiotiques. Ca m’apprendra à ne pas vouloir creuser le trou de la sécu et refuser d’aller chez le médecin pour une mega crève qui m’est tombée sur les bronches il y a 2 mois. Résultat: récidive et agravation. Merci les médocs qui m’assomment encore plus que je ne l’étais déjà, je n’en avais pas besoin.

*Pas de vacances tout de suite immédiatement, mais deux week-ends prolongés nourrissants et attendus avec impatience. Ce qui fait aussi deux semaines raccourcies au moment le moins propice, mais je m’en fiche, j’ai hâte! Le reste arrivera bien assez tôt, juste le temps pour moi de me remettre pleinement sur pied!

D’autres choses sans doute, mais qui m’échappent, j’ai également perdu quelques neurones dans mes nombreuses quintes de toux. Et pour ne pas vous réhabituer trop vite et trop bien, il n’y aura même pas de photo.
Sisi, j’ai honte quand même, faut pas croire…

La minute complainte

Avant la fin de l’année, ça allait mal au boulot, mais on nous promettait des lendemains rieurs. On allait être rachetés, on serait forts, beaux, puissants et surtout plein d’argent.
Soit, on en a pris notre parti. On a dit au-revoir à notre 3 collègues qui nous ont quittés sans trop de difficultés, ils l’avaient choisi, ça s’était bien mis en place, ils partaient avec de beaux projets.

L’agence a paru bien vide ensuite, 3 personnes en moins, ça faisait quand même une petite différence. Il y a eu la trève des confiseurs, puis la lente reprise du début d’année. “Soyez patients, on met toujours du temps à relancer une machine à l’arrêt”. Ok, c’était même plutôt amusant, on en a profité pour faire un ménage d’enfer, tout classer, tout trier, jamais je n’avais été plus à jour, et puis les pauses café qui duraient, et puis surfer, prendre du temps. On essayait de passer au-delà des craintes, on a tenté notre push qui a lamentablement foiré, et ça a commencé à durer, vraiment longtemps. Et puis les problèmes restaient les mêmes, comme si rien ne s’était passé, les mêmes réclamations, les mêmes galères à gérer, les mêmes silences de nos chers dirigeants dont on ignorait tout…

Aujourd’hui, ça fait des semaines que venir au travail est une lutte. Etant au bout de la chaîne (alimentaire?), tant que toute la machine n’est pas clairement repartie, je n’ai rien à faire. Rien. Je viens au boulot, je vérifie mes mails, je prends ce qui vient au jour le jour et m’occupe 10 minutes, puis le vide. Je sais que la situation est critique lorsqu’à 10 heures et malgré une pause café, je suis arrivée au bout de ma blogroll.
Objectivement, je pourrais passer à du 50% sans qu’on ne remarque mon absence. Mais qui serait assez fou pour le dire dans le blanc des yeux à son patron? Je pourrais, si je n’avais pas besoin un tout petit peu de mon salaire à 100% à la fin du mois (payé encore quand ça leur chante, “vous comprenez la comptabilité, c’est long à remettre en place”. Voui voui voui).
Donc je fais de la présence. Je refais connaissance avec mes démons et cauchemars de mes tout débuts dans ma vie professionnelle, où déjà à mon premier poste, je n’avais rien à faire. Et que j’avais quitté en me disant “plus jamais ça”. Je préfère être débordée de boulot, même un boulot nul, que de traîner à journée durant en comptant les secondes qui passent.

J’ai fini par ramener mes frustrations et mes colères à la maison. Ca devenait délicat, j’étais incapable de fermer la porte en partant de l’agence. Et je n’avais à ramener chez moi que de la contrariété, de l’inquiétude, de la rage. Ce qui chez moi fait un mélange encore plus instable que la nitroglycérine. Donc ça pétait. Grâces et sanctifications soient reconnues à mon amoureux qui supportait ces crises sans vaciller, patient et tranquille. J’ai réussi à dominer ça, grâce à une fée thérapeute qui m’a donné quelques trucs pour faire la transition, pour prendre de la distance. Je ne sais pas prendre de la distance, c’est bien le souci, et pourtant j’ai plutôt intérêt à m’entraîner, plus tard si je n’y arrive pas, je vais y laisser plumes et neurones.
Ok, donc le boulot devient un terrain d’entraînement. Ca fait une semaine que ça tient, ça ne marche pas trop mal, même si je me sens vaciller selon les jours. Mais ça ne remplit pas mes journées. Je suis épuisée de ne rien faire, de cette fatigue malsaine et tellement difficile à faire disparaître.

Et dans le cercle vicieux, tout se prend au même filet: le manque de motivation au travail, le manque d’envie d’écrire, le manque d’envie de lire; j’ai quelques vacances encore à poser d’ici au 31 mai mais j’en suis à me dire que je ne veux pas les poser trop tôt, par peur ensuite du vide qui va m’attendre, de la reprise qui sera encore plus dure, et de devoir patienter jusqu’à cet été.

Ce n’est qu’un passage. Qui dure, beaucoup trop longtemps. Tôt ou tard, le rythme reviendra. Et j’ai fait en toute conscience le choix de rester, parce que j’ai besoin de cette stabilité financière pour avancer sur le reste, et simplement parce qu’il faut que j’utilise cette situation pour construire l’avenir.
Mais honnêtement, rester 8 heures par jour bloquée derrière son pc c’est du gâchis. Même moi, je n’aurais jamais pu imaginer dire ça un jour….

mimosa.jpg

Et pour me faire pardonner de cette grincherie (ça se dit si je le veux), des mimosas en fleurs, après un week-end si ensoleillé et sympathique que vraiment, je me suis sentie en vacances pendant 48 heures…

L’art de la diplomatie

J’étais partie pour vous pondre un petit article sur Miss Blondinette, ça faisait longtemps, et puis accessoirement aussi continuer mes 365 que j’ai copieusement zappés la semaine dernière, jusqu’à ce soir, mon retour en voiture, et les infos de 18H.

Il semblerait qu’une grande étude ait été réalisée ces derniers temps sur la fertilité des femmes et l’âge auquel elles deviennent mères en France, ce qui est une information tout à fait originale et inédite, convenons-en. Bref, de temps en temps, quand l’actualité n’est pas trop chargée, qu’il n’y a aucune révolte populaire en Afrique du Nord, aucune élection contestée en Afrique tout court, que la France entière repose paisiblement, je veux bien admettre que ça comble les grands vides informatifs auxquels les journalistes peuvent se retrouver confrontés, les pauvres. Mais passons, on n’est plus à une étude sociologique près.

J’écoutais d’une oreille plutôt distraite, ce qui explique que malheureusement, je n’aie ni le nom du gentil médecin que je vais citer de façon très approximative, ni le lieu où il travaille. On va donc dire qu’il s’agissait d’un chef de service de maternité, dans une maternité française quelconque, mais suffisamment reconnue pour être citée sur une radio générale à une heure de grande écoute.
Son intervention faisait suite à la présentation des conclusions que nous connaissons déjà à peu près tous: les Françaises sont plutôt douées pour avoir plusieurs enfants, plutôt dans une tranche d’âge élevée pour leur premier enfant, et il semble que la tendance à être mère de plus en plus tard (donc facilement autour de la quarantaine) se confirme.

Intervention du brillant médecin, que je cite entre guillemets mais en le paraphrasant, puisque je n’ai pas pu prendre de note: “Je tiens à rappeler que les grossesses tardives, à savoir après 35 ans en moyenne, sont celles qui présentent le plus facilement des risques de complication, que ce soit en cours de grossesse ou pendant la naissance, ou des risques de malformation du foetus. Je tiens quand même à rappeler  que normalement, les enfants se conçoivent quand on est jeune, et non pas autour de 40 ans”. Les mots en italique ayant été prononcés, je m’en souviens.
Voilà.
Sujet suivant.

Pour mémoire, nous sommes en 2011. Dans un pays globalement cultivé. A une époque où les femmes n’en sont plus à se demander tout à fait comment on fait des bébés, mais plutôt comment elles peuvent essayer de concilier au mieux leur possible velléité de carrière, leur capacité à garder un job (déjà chèrement acquis) pas trop mal payé et/ou satisfaisant, et potentiellement s’épanouir dans leur rôle de mère, qui leur semble également naturel.
Et là au milieu, on a un médecin, qui est quand même le genre de personne référente, qui connaît à peu près aussi les exigences du quotidien pour une femme (même si c’est un homme, mais bon dieu, il bosse pour des femmes, dans la spécialité qu’il a choisie!!) qui nous sort des inepties tellement monstrueuses, que ça donne très, très envie de taper sur le poste de radio. Ou alors essayer de récupérer son nom, et l’appeler. D’abord pour lui crier dessus, ça soulage, mais aussi pour lui rappeler que lorsqu’on a un droit de parole publique, comme ça, on essaye de faire un peu mieux, un peu plus fin, un peu plus original que ce genre d’énormités. Même quand on n’a que 3 minutes de temps de parole, et le risque d’être coupé.

Alors monsieur le médecin, puisque la seule tribune qui m’est autorisée est mon blog, je vais vous répondre ici et maintenant:
J’ai bientôt 35 ans, dans 4 mois. Et je fais partie des nullipares semble-t-il inconscientes et totalement enclines à une prise de risque majeur que vous citez en exemple dans votre intervention.
Je ne suis donc pas maman, c’est un projet que j’ai à moyen terme, va-t-on dire, mais si on m’avait interrogée il y a une quinzaine d’années sur l’âge auquel j’aurais voulu avoir mon premier enfant, je n’aurais sans doute pas pensé que je passerais le fatidique cap des 35 (cap après lequel, dixit les mêmes médias bien pensants, la fertilité tombe en flèche, tout juste ne faut-il pas envisager les méthodes alternatives avant même d’avoir essayé les naturelles. On décourage d’avance).
La vie, mes choix de vie, que j’assume entièrement et pleinement, ont fait que je n’ai pas pu être maman plus tôt. Et quand bien même, j’ai choisi tout autant de prendre du temps pour moi, pour mûrir, pour m’apaiser, pour comprendre mes envies profondes, pour apprivoiser mes craintes, et connaître mes motivations réelles. Si je deviens maman, je ne le serai pas parce que je suis une femme et qu’il est normal d’être mère. Je le serai par désir, par conviction, et en sachant quel engagement je prends.
Tout cela mis ensemble a fait que les années ont passé. Bien trop vite, comme pour tout le monde. Et que je serai donc une maman “âgée”. Présentant donc “des risques de malformations importantes pour le foetus, et de complications”.
Tout ce que ce médecin dit, nous le savons, pour la plupart. Si nous l’ignorons, la médecine, les médias, les bouquins, les journaux se chargent assez rapidement de nous le rappeler. Nous prévenir de ce qui nous attend me paraît indispensable. Le faire intelligemment et surtout diplomatiquement me paraît encore plus essentiel. Au nom de quelle supériorité peut-il ainsi cataloguer des femmes, et surtout nous dire que nous “devrions être mères plus tôt”? Alors quoi? Lorsqu’une femme arrive devant lui et présente en effet des complications, ou même s’interroge et s’inquiète, lui répond-il “ah mais madame, vous êtes âgée vous savez, vous n’avez qu’à assumer votre choix”??

Oui je m’emporte et je m’enflamme, parce que je me suis sentie directement visée. Non seulement par le fond du discours, alarmiste et caricatural, et surtout irrespectueux face aux choix ou obligations de vie des femmes, mais aussi par la forme, d’une maladresse à couper le souffle. Je veux bien, sur ce dernier point, laisser le bénéfice du doute. Un discours tronqué, une interview de 6 minutes réduites à une intervention de 3 phrases, peuvent parfois donner une fausse image de la personne, et du message.
Mais comment, comment peut-on envisager de faire évoluer les mentalités, quand les médias relaient de telles inepties sans atténuer et modérer, et que les personnes supposées détenir le savoir sont capables d’être aussi irrespectueuses??

Et oui…sincèrement…ça fait du bien de se lâcher!

8, 9 & 10 Janvier

8 Janvier: une question lue quelque part…

Il s’agit plutôt d’une question de quelqu’un, reçue hier soir. “Que voudriez-vous voir écrit sur votre épitaphe”?
Alors je rassure les personnes que cela pourrait choquer: ça m’a été présenté comme un exercice sur mes valeurs profondes, celles que je veux faire vivre, celles que je veux transmettre. La personne (ma thérapeute) qui me l’a posée l’a fait avec mon consentement, en me prévenant que tout le monde n’appréciait pas des masses.
Moi, ça m’a fait sourire. Fatalement, ce jour arrivera. Le plus tard possible, mais il arrivera, pourquoi le nier? Je ne fais pas partie de ceux qui envisagent absolument sereinement leur mort. Je n’y pense guère, pour tout dire. Mais j’y pense, lorsque je veux trouver ce que je veux fondamentalement vivre. Ce à côté de quoi je ne veux pas passer. Ce qui m’est essentiel.

Il y a d’autres façons de faire cet exercice, lister ce qui paraît absolument indispensable à notre vie, lister ce qu’on ne veut absolument pas regretter, etc…Présenter l’exercice sous forme d’épitaphe, c’est aussi une façon extrême d’envisager la vie, et de rappeler que “eho, tu sais, eh bien tu dois la croquer tous les jours, chaque seconde, et ne pas perdre de vue ce que tu es, parce que ça peut s’arrêter à chaque instant”.  Atropos peut à tout moment couper le fil….

J’ai émis quelques bribes de réponses, face à ma thérapeute. Et puis j’y réfléchis, maintenant, c’est en filigrane de mon quotidien. Et j’essaye de ne pas le perdre de vue…

9 Janvier: tentative de liberté….

Aujourd’hui, mais pourquoi aujourd’hui précisément, si ce n’est qu’il pleuvait, que nous cocoonions à la maison et que je prenais mon temps devant mon écran, je suis tombée sur un blog, le blog de cet homme qui m’a aidée dans le passé, que je n’avais plus revu depuis un moment, que je savais parti, sans trop savoir exactement, où, comment, pourquoi.
Ils ont près de 50 ans avec sa femme, ils en ont eu assez, un achat de maison et un déménagement ratés, ils se sont dit “après tout pourquoi pas, il est temps”, ils ont laissé leur grand fils chez eux, et se sont offerts 9 mois autour du monde. Et ont choisi d’en faire un blog, pour nous tenir au courant. Inde, Thaïlande, Amérique du Sud, me voilà à remonter dans les archives, les lire avec avidité, regretter un peu, envier beaucoup (je sais, ce n’est pas beau), à rêver et à me dire “et nous? Quand est-ce qu’on s’offre cette liberté? Quand est-ce qu’on envoie tout promener?”

Mais il y a tant, tant d’autres choses à réaliser avant / en parallèle / malgré / en faveur….

10 Janvier: livre posé…

Celui que je lis, et à chaque fois que je m’arrête, je me dis “c’est sûr, je ne le reprendrai pas”. Et puis je le reprends. Parce que c’est un livre que j’aime détester.
A la page 2, je savais déjà de quoi il parlait. A la page 10, j’ai regardé la bio de l’auteur, je me suis dit “mais elle débute”??? A la page 12, j’ai considéré que franchement, si une chose pareille trouvait éditeur, bien des gens devraient cesser de se poser des questions sur leur capacité à écrire.
A la page 20, j’ai compris qui était le meurtrier. Et ligne après ligne, j’avais l’impression de surnager dans “50 exercices d’écriture pour débutants - décrivez une fille sexy - décrivez un premier rendez-vous - décrivez les premiers émois - décrivez un univers de flics (et inspirez-vous de toutes les bonnes ou mauvaises séries américaines qui sont en train d’arroser les chaînes tv) - imaginez un dialogue entre 2 jeunes femmes amies”….Consternant.
Et pourtant, je le lirai jusqu’au bout. Je ne suis plus à 100 pages près, juste pour être sûre que j’ai raison. Et arriver, moi et ma bêtise, devant mon homme pour lui dire “tu vois, j’avais raison, franchement je me suis envoyé 300 pages et c’était totalement inutile, mais j’avais raison, c’est luiiiiiiiiii le meurtrier, mais qu’elle est bête, cette héroïne”!
Ca le fera rire, il me demandera pourquoi je n’ai pas été directement à la fin pour m’en assurer, je prendrai mon air offusqué de super-star “je ne fais pas de teasing, moi, môssieur”, il me demandera à quoi ça sert de perdre son temps à lire un livre aussi lamentable alors que j’ai une PAL longue comme un jour sans pain et remplie d’autres promesses bien plus alléchantes et je lui rétorquerai “juste pour pavaner devant toi, te dire que j’avais raison, et surtout, le bloguer!”

Ah oui, j’ai failli oublier! Le bouquin à ne surtout pas ouvrir, c’est celui-ci.
Et consternation de ma part: collection Harlequin! Là, en effet, je commence à sérieusement douter de ma capacité à aller jusqu’au bout….

14 & 15 Décembre

14 Décembre: gens sans importance…

J’ai beau chercher, il n’y a pas eu dans cette journée de gens sans importance autour de moi. Peut-être certains dont j’aimerais pouvoir réduire l’importance, et prendre plus de recul, mais être dans cette démarche, n’est-ce pas justement admettre qu’ils ont du poids?

Il y a tous ceux que j’ai croisés sans vraiment faire attention, mais que je peux citer…Cette caissière de grande surface, qui est gentiment venue m’aider pendant la frénésie des achats à cette période. J’étais dans la foule, pendant mon heure de pause, mais je n’ai regardé aucun visage, volontairement enfermée dans ma bulle, à agencer mes pensées, réfléchir à mon organisation, au déroulement de la semaine, tout ce qu’il reste à faire avant le départ. Et à essayer de canaliser mes réflexions, ne pas les laisser trop dériver.

Cette autre caissière tout à l’heure, alors que mue par une illumination soudaine, je me suis engouffrée dans le magasin avant sa fermeture, j’ai grimpé les 3 étages, trouvé précisément ce que je cherchais et je suis redescendue payer au moment où l’annonce de la fermeture sonnait. Elle avait un visage très doux, elle paraissait épuisée, il y a comme ça des personnes que l’on croise et qui retiennent notre attention, notre regard….comment dire que c’est sans importance?

Et enfin le serveur au restaurant, chaleureux et cordial, sourires et plaisanteries alors que nous étions en train de payer. Il nous a accordé un peu plus de son temps et nous étions les dernières, il n’avait peut-être qu’une envie, celle d’aller se coucher, clôturer cette journée, se reposer, mais il n’a rien fait machinalement et a su nous offrir une fin de soirée aussi douce que le reste.

Il n’y a pas de gens sans importance, parce que dès lors qu’ils prennent place dans ces lignes, c’est qu’ils ont suffisamment retenu mon attention pour exister et y figurer. Comment, dans ce cas, écrire sur les autres?

15 Décembre: il faudrait crier….

Ah ça oui, il aurait fallu que je crie hier soir en rentrant, peut-être que ça aurait évacué une partie de la douleur.
Retour tardif après cette soirée délicieuse entre amies, mon homme est couché et pour éviter de le réveiller alors que j’allume et que la chambre est ouverte, les bras encore à moitié chargés, je décide de fermer la porte.
Je tire, plutôt vigoureusement, je suis dans une position acrobatique, je me retiens au chambranle et….je place consciencieusement le pouce gauche précisément au milieu de la charnière.
Doigts gourds du froid piquant de l’extérieur, la douleur fuse, mais plus tard, bien plus tard que d’habitude. Porte pratiquement fermée.
Je hoquète, fais des bonds de kangourous et souffle, souffle, souffle (j’ai autant d’air que ça dans les poumons?). Je retiens une plainte, ne pas réveiller mon cher et tendre, mais ça gargouille dans le ventre, ça aurait fait du bien “aïe, aïe, mais aïeuhhhhhhhhhhhhhhhhhh”, il faut le retenir. La tête qui tourne, le sang qui bat dans tout le corps, et j’ai perdu le demi-neurone restant dans l’accident, c’est tellement douloureux que je ne peux pas envisager d’aller le mettre sous l’eau froide, grave erreur. A la place je….nourris le chat, qui lui crie de famine et ne se retient pas, je range mes affaires, je prépare celles du lendemain, je me douche rapidement en gémissant parce que le contact d’une simple goutte d’eau sur le doigt est de l’ordre d’un coup de marteau.
Ca pulse jusqu’au bout de l’ongle, ça ne loupe pas, ça commence à bleuir, je suis résignée, je me retiens encore de crier, de contrariété également parce que nous n’avons rien dans la pharmacie pour parer au problème, pas d’arnica, ni crème ni gellules, et je ne veux pas me précipiter sur un médicament quelconque, tant pis on verra.

La nuit s’est passée éveillée, avec l’impression que quelqu’un jouait avec des lames de couteau, à me piquer le pouce encore et encore. Dès que la torpeur m’emportait, la douleur se réveillait de plus belle…et me réveillait.

Je n’ai pas crié de la journée, pas même contre mes collègues qui fatalement me contrariaient, après une nuit de 2 heures de sommeil en fractionné, comment cela pouvait-il être autrement?
Je n’ai pas crié, mais j’aurais dû juste au début, histoire de, peut-être, laisser s’évacuer la flambée, et ne pas la payer encore quasi 24 heures plus tard….

Petits cailloux et Idées Noires

*Je viens de raccrocher avec mon ex-future contrat en apprentissage. Après lui avoir annoncé la semaine dernière et avec le sourire que nous serions ravis de la recevoir dans notre équipe, lui avoir fait miroiter un joli poste alléchant, l’avoir bloquée pendant 8 jours sur ses recherches d’autres entreprises, j’ai dû lui dire aujourd’hui que notre direction ne validait pas son embauche. Et c’est moi qui ai dû le faire, pas ceux qui se sont oralement engagés pour la recevoir. Et ressurgissent de bons vieux souvenirs écoeurants de ma propre histoire, et de ce que j’ai pu endurer comme retournements de veste. Je ne trouve pas franchement les mots pour expliquer dans quel état je suis, sachant dans quel état je la mets…

*En ce qui nous concerne, nous salariés chanceux en poste, on passe d’une rumeur de dépôt de bilan à une rumeur de vente à une société avec laquelle, personnellement, je n’ai absolument pas envie d’avoir à faire. C’est sympa le côté montagnes russes, ça tient éveillé. Mais c’est épuisant aussi. Et c’est un peu le choix entre la peste et le choléra, là…

*J’aurais dû savoir ce matin que la journée partait plutôt mal, lorsque le sac poubelle contenant les déchets de la caisse du chat fraîchement changée s’est déversé à mes pieds, éventré, dans le local poubelle, alors que j’étais déjà très en retard. Et que j’ai été quitte pour remonter en catastrophe -3 étages!!!- chercher une pelle, redescendre encore plus vite -3 étages!!- pour nettoyer un minimum le plus gros du tas, et tout laisser en plan en priant pour ne pas trop me faire maudire par la pauvre dame chargée de nettoyer l’immeuble quasi quotidiennement…

*J’ai tendance ces temps à me laisser couler bien profond par le moindre petit pépin, qu’il soit psychologique ou physique. Et forcément je cumule les 2. Et je peine à crawler vers la surface. Ca revient par cycles de façon totalement inégale, j’en suis bien consciente, mais dites, on fait comment pour les secouer, ces poids aux pieds, et puis une bonne fois pour toutes les laisser partir au fond sans nous?

*Je cherche un truc depuis que j’ai commencé le billet, pour finir sur une note un peu plus humoristique, ou légère. Si ce n’est que les couleurs commencent à flamboyer autour de moi, qu’il serait temps que je décille les yeux et que je fasse quelques photos pour m’imprégner pleinement de cette saison que j’aime tant, et que ça rajouterait des couleurs à ces lieux désertés, je ne vois pas. Et comme je suis même incapable de vous mettre une photo qui égaye, je laisse parler mon maître et ma référence (mais plutôt version Gaston, généralement, ça correspond un peu mieux à ma nature et mon être profond, gaffes comprises)…

fonsd_1123763393_franquin_zwartk.jpg

Moi aussi, j’ai l’impression de me faire emporter par le parapluie, là….Crédit photo je l’ignore, mais dessin à Franquin bien sûr….

(Re)Trouver la foi

Vous savez quoi?
Accrochez-vous à vos sièges.
Depuis quelques temps, à force d’écouter la radio matin et soir, à tort sans doute mais n’ayant que peu d’autres moyens d’information (j’essaye de ne pas devenir trop autiste non plus) je me pose réellement la question de la pertinence de mon expatriation française.
Bon. C’est laché, et le premier qui rapporte ça à mon papa, je lui en veux à vie.

Et oui, la question est purement rhétorique. Déjà parce que j’ai quand même désormais de sacrées racines dans ma ville et ma région. En l’occurrence, un chéri et sa petite blondinette, ce qui n’est pas des moindres. Et puis une bande d’amis à la vie à la mort, et puis aussi mes repères. Tout ce qu’on construit patiemment dans un lieu, qui nous manque au début et qu’il est si dur de quitter.
Parce que je n’ai jamais vécu une vie d’adulte indépendante et responsable ailleurs qu’en France. Si je devais le faire, le couteau sous la gorge, dans mon pays d’origine, je m’en sortirais, et je sais que ça irait très bien. Mais j’aurais du mal à tout recommencer à zéro comme ça, à 34 ans, à me demander comment marche la sécu, et puis la déclaration d’impôts, et puis pour ce papier, on s’adresse à qui? Non, vraiment non.

J’ai peut-être aussi tendance à noircir le tableau, ces temps, mais comment faire autrement? J’essaye de rester objective, et écouter une radio la moins politisée possible, mais je suis consternée. Angoissée. Tracassée. Les synonymes me manquent, et pourtant.
J’entends, les unes après les autres, les décisions gouvernementales tomber, les scandales éclater. Je vois autour de moi s’enchaîner les situations absurdes, ubuesques, et pourtant je suis loin de fréquenter des milieux difficiles ou défavorisés. Qu’en est-il chez eux? Ca fait bien plus longtemps que c’est déjà la pagaille, me glisse-t-on dans l’oreillette, et maintenant ça remonte tout doucement sur les couches supérieures, et il est temps que vous sortiez de la douceur de votre couette et de votre cocon bien pensant.

Je sais, et je ne suis pas fière. Alors quoi? Quel est mon champs de manoeuvre, ma marge de protestation à moi? Demander le droit de vote? Oui j’y pense. Après tout entre ça et l’exil, il vaut peut-être mieux faire entendre ma voix, non? Mais c’est au détriment de mes origines. Il faudrait que je choisisse une nation au détriment d’une autre. Mon pays de coeur au lieu de mon pays de sang, est-ce juste, ça? De quel droit puis-je trancher, pourquoi ne puis-je pas cumuler ces passeports, qui ne sont que des bouts de papier, bon sang, rien d’autre!
Et puis ensuite, quand bien même deviendrais-je citoyenne de ce lieu élu de coeur depuis bien plus longtemps que la période où j’y habite, pour qui voter? Comment peut-on choisir entre la peste et le choléra? Je n’ai pas honte de le dire, ma ligne politique à moi n’est pas définie. Et je n’en veux pas, je n’y crois pas, je ne pense pas que ces hommes et ces femmes qui évoluent dans des sphères tellement hautes qu’elles sont coupées de la gravité terrestre puissent valoir la peine qu’on les élise. Ni qu’on croit en eux.
Je ne suis pas revendicatrice non plus, pas de celle qui descend dans la rue et hurle les slogans.
Alors pour l’instant j’assiste impuissante à ce scénario catastrophe, fâchée contre moi de mon immobilisme, fâchée contre les dirigeants de cet aveuglement et cette surdité, de cette bêtise sans fond.

Hier, j’entendais à la radio l’interview du producteur de ce fameux groupe de rap qui fait actuellement scandale et ne mérite donc même pas un lien vers son nom. Il esssayait de justifier l’injustifiable, et avec un vocabulaire et une façon de parler qui mériterait qu’on le renvoit immédiatement en terminale. Je me suis forcée à ne pas changer de chaîne, mais c’était effrayant.
Avant-hier, même chaîne, j’apprenais que certaines facultés universitaires mettaient en place des cours de soutien de Français pour les étudiants fraîchement bacheliers, où on leur proposait de réviser les conjugaisons, l’orthographe, les déclinaisons. Je suis restée scotchée au volant.

Miss Blondinette est en train d’apprendre à lire. C’est dur pour elle. Elle est dans une classe de 30, un volume normal à son âge de CP, paraît-il. Miss Blondinette va entrer dans ce système d’enseignement où l’on considère normal de devoir offrir des cours de rattrapage de Français à des bacheliers (et entre cela ou rien, je salue la volonté des profs, et leur motivation, qu’on soit bien d’accord). Elle va devoir faire ses armes pour affronter un monde impitoyable, et y creuser son trou. Qui sera là pour l’aider et l’encadrer, au rythme où vont les choses? A part nous, avec nos propres limites?
J’ai peur pour elle. Et pour les autres enfants, présents et à venir. Et pour nous aussi, qui ne sommes pas capables de leur offrir mieux.

Et oui, je sais, ce n’est pas plus rose ailleurs, alors rien ne sert de partir, autant essayer d’arranger ce qu’on a. C’est supposé me rassurer, ça?

enfants.jpg

Après tout, ça se passe de commentaires, j’ai déjà tout dit….

Le classique de la rentrée

Je pensais échapper au traditionnel billet de la rentrée, mais force est de constater que l’actualité m’a rattrapé malgré moi!
Miss Blondinette est cette année au CP. Les choses sérieuses commencent pour elle, il est désormais question de lignes de lettres à écrire correctement, devoirs à répéter à la maison.
Et livres à plasitifer.
Ce qui, parents séparés obligent, a été le travail de sa maman vers la fin des vacances.

Ce week-end, nous avons récupéré la demoiselle que nous n’avions pas vue depuis bien longtemps. Et dans son sac, elle nous amenait son tout récent livre de maths, reçu le vendredi. J’ai craint un moment que ce ne soit pour lui faire déjà répéter des calculs (en ce qui concerne la matière, j’ai prévenu son père que ce serait son boulot, ou alors je ne répondrai pas de ses talents de mathématicienne future), mais en fait, il s’agissait simplement de protéger le cahier. Sa maman partait pendant le week-end, était à cours de plastique, et nous avait demandé de faire le nécessaire.

C’est ainsi que mon amoureux et moi nous sommes retrouvés perplexes, penchés sur le livre, avec dans les mains un rouleau de plastique, et discutant de la meilleure stratégie pour 1/ mener à bien la tâche proprement et ne pas faire honte à Miss Blondinette quant à l’état de son bouquin, 2/ trouver le ratio entre la bonne dimension de plastique / pas de gaspillage de scotch / ne pas s’y reprendre trop souvent!

ll nous a fallu 10 bonnes minutes. A 4 mains, à tourner et retourner l’objet dans tous les sens pour s’assurer que ça ne dépassait pas, qu’il n’y avait pas de loupés, et que tout était bien protégé.
J’avais des souvenirs de piles entière de cahiers et livres, et soirées passées avec ma mère en début de chaque année pour tous les protéger du papier choisi (pas forcément transparent) et qui me suivrait pendant l’année entière. C’était toujours un choix important et lourd de sens.
Si j’ai bien gardé les souvenirs, j’ai perdu toute la technique. Et je n’étais pas la seule.

Un seul livre, preque un quart d’heure. Et toute ma compassion pour les parents d’élève qui ont eu la totalité des fournitures à réaliser…Je ne suis définitivement pas encore prête pour la rentrée, en ce qui me concerne!

var4.jpg

Tellement plus sympathique qu’un livre de maths….

Brève d’été

Comme la grande majorité de la gent féminine, je dois me résigner à avoir ce genre de baisse moral à peu près mensuellement. Je peux toujours essayer d’atténuer, de m’y préparer, mais n’empêche, ça me tombe dessus plus ou moins régulièrement.
Le tout assaisonné d’une journée où les galères s’enchaînent, où d’un coup, je suis dépassé par les demandes, les événements, particulièrement au boulot: déprime des collègues pas encore partis en vacances, déprime des collègues tout juste revenus et pas encore remis dans le bain, interrogations, doutes, le cocktail explosif. Provoqué par mon état d’esprit, amplifié, ou alors un simple “manque de bol” version loi de Murphy?

Et puis, et puis…Il y a ce retour à la maison, la douceur de retrouver mon homme, celle d’être en amoureux. Miss Blondinette est rentrée chez sa maman, et j’ose le dire, en “jolie-maman” indigne, que je suis heureuse de ces moments à 2, dans l’intimité, qui m’avaient un peu manqué courant du mois de Juillet.
Et puis il y a cette merveilleuse nouvelle, le stage est décroché comme ça d’un coup, le courant est bien passé, il a pu négocier la date du début nous permettant de partir en vacances comme convenu (Anne, merci de ton excellente intuition!!), ce qui était compromis et tant soumis à cette expérience indispensable. Une proposition même de contrat, pourquoi pas, à étudier et négocier, rien de sûr mais juste l’éclaircie tant attendue, le grand soupir de soulagement, le plaisir de fêter ça en tête à tête, petite bouteille de champagne et saumon fumé, on ne se refuse rien.

L’éclaircie, recharger les batteries, retrouver du courage, relativiser…

100_0487.JPG

Cascade de lumière dans le ciel menaçant, sur mon lac tant aimé et si imprévisible….

Grandir et comprendre

Pour la première fois, peut-être parce que je grandis, et prends réellement pleinement mon indépendance (y a-t-il un âge pour se libérer de sa famille?), ou alors parce que ces vacances ont été particulièrement denses en trajets, lieux différents et organisations diverses, je comprends les choix qu’ont fait mes parents pour les vacances qu’ils ont passées avec nous.
Ces vacances qu’ils nous ont offertes, tout au long de notre enfance à mon frère et moi, et pendant lesquelles, comme bien des enfants, nous avons construit de si beaux souvenirs.

Ils n’avaient que peu de vacances. 1 semaine de moins légalement là d’où je viens qu’en France; déjà, ce n’est pas beaucoup. De par son enfance et ses besoins, mon père tenait également à être au bord de la Méditerranée.
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés plusieurs années d’affilée en Italie ou Tunisie essentiellement, et dans ces fameux clubs à la marque au trident si bien connus pour leur formule ”tout compris”. 15 jours de pure détente, quelques visites dans la région (soit que nous la connaissions déjà, soit en nous y baladant après, ou pendant le séjour), mais surtout 15 jours où mes parents arrivaient avec leurs enfants sous le bras, déposaient et défaisaient les bagages le 1er jour, nous donnaient les instructions, et ne s’occupaient que du strict minimum jusqu’au moment de refaire les valises. Nous étions libres de nos mouvements, de nos décisions: activités avec ou sans eux, leur donner quelques indications de nos intentions, mais c’était tout.

De tout ce qu’ils nous ont offert à cette époque, je les remercie infiniment. Ces années m’ont permis d’expérimenter et découvrir des activités que je n’aurais jamais pu faire en d’autres lieux ou d’autres circonstances, ou que je n’aurais pas eu le courage d’entreprendre, ou pas eu les moyens de m’offrir: catamaran, planche à voile, plongée bouteille, trapèze volant, rollers sur obstacles pour les plus marquants, mais tant d’autres encore.

Aujourd’hui, ce n’est clairement plus ma conception des vacances. Je peine infiniment avec l’instinct grégaire humain, je n’arriverais pas à me cloîtrer au même endroit pendant 15 jours et surtout, je crois que je ne supporterais plus l’ambiance joyeux drilles version Bronzés des lieux. Et puis de façon plus concrète aussi, je n’aurais pas les moyens de m’offrir de telles vacances.

Par contre, je comprends très bien les préoccupations de mes parents. Ou plutôt: leur souhait d’absence de préoccupations. Toute l’année, travaillant tous les 2 et avec 2 enfants à gérer, comme bien des familles, c’était un peu l’enchaînement boulot-dodo, repas, intendance générale, courses, respecter les horaires, les devoirs à superviser, les activités du mercredi après-midi, le partage détente-obligations les week-ends.
Alors l’été, en Juillet, ils disaient stop. Pas envie de se prendre la tête sur le menu, ni savoir si les enfants mangent bien ou non, ni s’ils avaient leur quota de légumes ou fruits. On voulait des pâtes et des frites à tous les repas? Bien, avec une ou deux remarques parce qu’on mangeait quand même tous ensemble, il n’y avait pas d’autres représailles, on jouait à ça les 3 premiers jours puis on se lassait de nous-mêmes. Pas de sieste? Qu’à cela ne tienne, la consigne à respecter était “pas de plage aux heures les plus chaudes, restez à l’ombre, si vous voulez vous épuiser en pleine heure caniculaire, c’est votre affaire”. Et ainsi de suite.

Cette année, j’ai senti peser le poids de l’intendance sur nos vacances. J’ai presque honte de l’avouer, car pendant une semaine quasi entière, chez mes parents, je n’ai clairement pas été celle qui a choisi les repas, ni fait de suggestions. Mais j’ai eu à coeur d’aider ma mère à la cuisine, de participer au maximum, et d’alléger le triplement des obligations (acceptées avec bonheur de leur part bien sûr, ils étaient si heureux de nous voir tous les 3) qui pesaient sur leurs épaules.
Et le reste du temps, mon fichu caractère et mon souhait permanent de faire “au mieux” au point de parfois (souvent) d’en faire bien trop, faisait que j’essayais de planifier au maximum pour contenter à la fois les envies, mais aussi un certain équilibre alimentaire et financier.

Tout ceci fait partie de mon apprentissage accéléré de belle-mère (je lance un appel général pour remplacer cette affreuse et terrible expression que je n’assume pas du tout et trouve détestable), de mon apprentissage à moi aussi: prendre de la distance, accepter les failles, et surtout privilégier la détente parce que ce n’est quand même pas super efficace d’être en vacances et d’avoir les mêmes rythmes et contrariétés que pendant le reste de l’année.

Alors oui, aujourd’hui je comprends ces raisons-là dans les choix de mes parents. Je comprends enfin leurs explications: “on veut juste 2 semaines où on peut ne penser qu’à nous. Et partager avec vous plein de belles choses, mais rompre le quotidien, et la frénésie du programme hebdomadaire”.

Moi, j’aimerais m’attacher à cette rupture tout au long de l’année, déjà. Mais j’aimerais aussi savoir combiner de belles vacances en vadrouille, et faire la tambouille sans prise de tête et sans planifier…
On fait un bilan en 2011?

miss-blondinette-accroc.jpg

De branche en branche, avec une aisance qui nous a époustouflée, elle s’est déplacée en apprivoisant mousquetons et poulie. Elle n’attend que d’y retourner et faire le parcours “des grands”….