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Archive de la catégorie états d'âme

Réminiscences

Quand j’avais 9 ou 10 ans, je me souviens des vacances scolaires, juste avant de partir ou après être revenue. Je me souviens de ces journées où le soleil se couchait si tard, où j’étais au lit avant qu’il ne fasse complètement nuit.
Je dormais sous la fenêtre ouverte, à peine sous le drap, et j’écoutais les bruits de l’extérieur, les oiseaux qui s’égosillaient dans le grand sapin juste à côté, les rares voitures qui passaient, et puis les cris d’enfants, ceux de l’autre côté de la rue, dans la cour au milieu des maisons. Ils jouaient au ballon, au vélo, ils se couraient après, ils s’appelaient, ils s’ébattaient jusqu’à ce qu’il fasse nuit, ou que je sombre dans le sommeil.
Je les écoutais fascinée et recroquevillée, je me disais que si je le voulais vraiment, je pouvais aussi me lever, convaincre mes parents qui auraient sans doute si facilement accepté, et traverser la rue pour aller les rejoindre.
Mais je ne les connaissais pas ces enfants, je ne savais pas leurs noms, je ne savais même pas si nous allions à la même école, et je n’avais pas envie d’arriver là au milieu, d’être la solitaire qui devait faire l’effort de s’intégrer dans un groupe déjà composé. Ca me faisait peur, ça me paraissait impossible.
Alors j’écoutais, je participais à distance, je me disais déjà que ce n’était pas tout à fait normal d’être toute seule et de ne pas profiter de ces journées si longues et de cette absence de contrainte, mais que j’étais bien au lit, dans la fraîcheur relative juste sous la fenêtre, et puis j’avais sommeil, et puis j’avais peur, et pourtant qu’ils avaient l’air de bien s’amuser, tous ensemble….

***************

Quand j’étais adolescente, je me souviens de ces vacances dans le Grand Sud, au bord de la mer.
Je me souviens de ces 15 jours de liberté de mouvements et de choix au sein du club, de la possibilité d’aller et venir comme je l’entendais, de ces décisions que je prenais qui semblaient toujours si inattendues…
Je me souviens que je m’endormais tard, lorsqu’il faisait nuit et enfin frais, la fenêtre ouverte sur la moustiquaire, des ruses que nous avions avec mon frère pour ouvrir doucement la porte en rentrant, la refermer encore plus vite, et n’allumer la lumière qu’en étant certains que plus aucun moustique ne pourrait passer.
Nous nous mettions au lit, et alors que son souffle à lui devenait si vite profond et régulier, j’écoutais la nuit et ses bruits, les insectes qui grinçaient, j’humais les senteurs que la nature dégageait après la canicule. Et puis souvent, au loin, en fonction d’où venait le vent, j’entendais la musique, les basses, les battements qui provenaient bien souvent de la boîte de nuit qui devait laisser sa porte ouverte, pour permettre à la fraîcheur nocturne d’alléger les vacanciers décidés à brûler la nuit jusqu’aux pointes de l’aube.
J’entendais les rires des jeunes de mon âge qui arpentaient les allées, j’entendais les danseurs taper des mains et crier pour réclamer d’autres morceaux.
Je les écoutais du fond de mon lit et je me disais que si je le voulais, il me suffisait de me lever, de prévenir mes parents au cas où ils auraient voulu venir s’assurer que tout se passait bien, de les avertir que je voulais aller danser et qu’ils ne s’inquiètent pas, je ne pouvais pas aller bien loin. J’aurais pu rejoindre cette foule d’inconnus et me fondre avec eux, retrouver des têtes vaguement connues et croisées dans la journée, ou pas. J’aurais pu rejoindre ceux de mon âge, ceux qui me croisaient souvent vaguement interrogatifs de me voir si lointaine, si froide.
J’aurais pu et je ne l’ai jamais fait, parce que j’avais peur, peur d’arriver au milieu de groupes déjà composés, peur de faire l’effort et le premier pas, peur de cette peur inconnue qui me rongeait le ventre, les entrailles, me faisait me recroqueviller dans ce lit et apprécier tout ce qui pouvait être fait en solitaire, pourvu qu’on ne me demande pas de m’immiscer dans un groupe trop important.
Alors je fermais les yeux et chantais les chansons que je reconnaissais dans ma tête, pour moi, je me les fredonnais et m’endormais sur le son de la musique en me disant que c’était dommage, mais que c’était impossible, et que je ne pouvais pas faire autrement, même s’il me suffisait juste de me lever, de mettre mes sandales, et ma jupe jetée sur la chaise, mon t-shirt, et que personne ne m’aurait entendue me glisser dans l’obscurité…

***************

Hier soir, j’ai eu droit à une migraine comme il ne m’était plus arrivé de ressentir depuis fort longtemps. J’ai pris un cachet, de ceux que je ne peux prendre qu’en allant me coucher dans la foulée parce qu’ils me coupent les jambes et la moindre once d’énergie que je pourrais encore avoir.
Je me suis allongée, il faisait chaud, j’ai laissé la fenêtre ouverte, et dans un semi-coma, provoqué par la douleur, l’analgésique et mon état de décomposition avancée, j’ai écouté les bruits de la nuit…les voitures qui passaient, et puis à un moment, les cris des enfants, des jeunes en bas de la rue, alors que la nuit tombait.
J’ai écouté cela en m’enfonçant dans le sommeil, j’ai écrit ce billet dans ma tête en me disant vaguement que je n’en aurais plus aucun souvenir le lendemain. Je me suis laissée porter par les souvenirs qui remontaient de mon enfance, et je me suis sentie bien plus légère parce que même si je n’ai pas été cette enfant qui s’est jointe à ses camarades de quartier, même si je n’ai pas été cette adolescente qui est allée danser jusqu’au bout de la nuit, j’étais désormais une adulte heureuse et pas trop mal dans ses pompes, même s’il y a encore des ajustements à faire, à commencer par une migraine à surmonter…
Alors je me suis juste laissée bercer, j’ai senti le vent soulever le drap, les oiseaux ne chantaient plus ou alors je ne les entendais plus depuis un moment et j’ai sombré dans le sommeil le plus paisible possible, compte tenu des circonstances…
Et je me suis dit que ce que j’avais gagné à tout ça, c’était d’adorer m’endormir au son de la vie qui bat à l’extérieur, et de me sentir à l’abri au chaud ou au frais, et de savoir que même si je n’y étais pas physiquement, j’y participais à ma manière jusque dans mon sommeil….

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Et pardonnez-moi de cette incapacité à même répondre aux commentaires…que j’ai toujours autant de plaisir à lire. Je m’y mets dès maintenant, et je vais essayer d’être un peu plus rigoureuse, pour le peu de billets que j’écris, je vous dois au moins ça…

La minute complainte

Avant la fin de l’année, ça allait mal au boulot, mais on nous promettait des lendemains rieurs. On allait être rachetés, on serait forts, beaux, puissants et surtout plein d’argent.
Soit, on en a pris notre parti. On a dit au-revoir à notre 3 collègues qui nous ont quittés sans trop de difficultés, ils l’avaient choisi, ça s’était bien mis en place, ils partaient avec de beaux projets.

L’agence a paru bien vide ensuite, 3 personnes en moins, ça faisait quand même une petite différence. Il y a eu la trève des confiseurs, puis la lente reprise du début d’année. “Soyez patients, on met toujours du temps à relancer une machine à l’arrêt”. Ok, c’était même plutôt amusant, on en a profité pour faire un ménage d’enfer, tout classer, tout trier, jamais je n’avais été plus à jour, et puis les pauses café qui duraient, et puis surfer, prendre du temps. On essayait de passer au-delà des craintes, on a tenté notre push qui a lamentablement foiré, et ça a commencé à durer, vraiment longtemps. Et puis les problèmes restaient les mêmes, comme si rien ne s’était passé, les mêmes réclamations, les mêmes galères à gérer, les mêmes silences de nos chers dirigeants dont on ignorait tout…

Aujourd’hui, ça fait des semaines que venir au travail est une lutte. Etant au bout de la chaîne (alimentaire?), tant que toute la machine n’est pas clairement repartie, je n’ai rien à faire. Rien. Je viens au boulot, je vérifie mes mails, je prends ce qui vient au jour le jour et m’occupe 10 minutes, puis le vide. Je sais que la situation est critique lorsqu’à 10 heures et malgré une pause café, je suis arrivée au bout de ma blogroll.
Objectivement, je pourrais passer à du 50% sans qu’on ne remarque mon absence. Mais qui serait assez fou pour le dire dans le blanc des yeux à son patron? Je pourrais, si je n’avais pas besoin un tout petit peu de mon salaire à 100% à la fin du mois (payé encore quand ça leur chante, “vous comprenez la comptabilité, c’est long à remettre en place”. Voui voui voui).
Donc je fais de la présence. Je refais connaissance avec mes démons et cauchemars de mes tout débuts dans ma vie professionnelle, où déjà à mon premier poste, je n’avais rien à faire. Et que j’avais quitté en me disant “plus jamais ça”. Je préfère être débordée de boulot, même un boulot nul, que de traîner à journée durant en comptant les secondes qui passent.

J’ai fini par ramener mes frustrations et mes colères à la maison. Ca devenait délicat, j’étais incapable de fermer la porte en partant de l’agence. Et je n’avais à ramener chez moi que de la contrariété, de l’inquiétude, de la rage. Ce qui chez moi fait un mélange encore plus instable que la nitroglycérine. Donc ça pétait. Grâces et sanctifications soient reconnues à mon amoureux qui supportait ces crises sans vaciller, patient et tranquille. J’ai réussi à dominer ça, grâce à une fée thérapeute qui m’a donné quelques trucs pour faire la transition, pour prendre de la distance. Je ne sais pas prendre de la distance, c’est bien le souci, et pourtant j’ai plutôt intérêt à m’entraîner, plus tard si je n’y arrive pas, je vais y laisser plumes et neurones.
Ok, donc le boulot devient un terrain d’entraînement. Ca fait une semaine que ça tient, ça ne marche pas trop mal, même si je me sens vaciller selon les jours. Mais ça ne remplit pas mes journées. Je suis épuisée de ne rien faire, de cette fatigue malsaine et tellement difficile à faire disparaître.

Et dans le cercle vicieux, tout se prend au même filet: le manque de motivation au travail, le manque d’envie d’écrire, le manque d’envie de lire; j’ai quelques vacances encore à poser d’ici au 31 mai mais j’en suis à me dire que je ne veux pas les poser trop tôt, par peur ensuite du vide qui va m’attendre, de la reprise qui sera encore plus dure, et de devoir patienter jusqu’à cet été.

Ce n’est qu’un passage. Qui dure, beaucoup trop longtemps. Tôt ou tard, le rythme reviendra. Et j’ai fait en toute conscience le choix de rester, parce que j’ai besoin de cette stabilité financière pour avancer sur le reste, et simplement parce qu’il faut que j’utilise cette situation pour construire l’avenir.
Mais honnêtement, rester 8 heures par jour bloquée derrière son pc c’est du gâchis. Même moi, je n’aurais jamais pu imaginer dire ça un jour….

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Et pour me faire pardonner de cette grincherie (ça se dit si je le veux), des mimosas en fleurs, après un week-end si ensoleillé et sympathique que vraiment, je me suis sentie en vacances pendant 48 heures…

Ces lieux-là

Crépuscule. Coucher de soleil flamboyant, rouge orange rosé, la chaleur s’estompe, cette ambiance si particulière au grand Sud s’installe après une journée caniculaire. Les oiseaux se remettent à chanter avant la nuit, les odeurs s’exacerbent avant de s’apaiser, chaque minute qui passe est une parade, comme pour nous convaincre de rester jusqu’au lendemain.

J’ai toujours infiniment aimé ce moment-là de la journée là-bas, peut-être depuis ce jour, peut-être avant je ne peux le dire.

J’avais joué au tennis et je m’étais assise, sans doute pour attendre mon père qui finissait sa partie, ou simplement par envie de calme. Dos contre le cabanon qui brûlait encore des rayons de la journée, je contemplais la lente disparition du soleil, je respirais à pleins poumons, j’écoutais les bruits des joueurs qui se feutraient, chacun rentrait pour prendre sa douche. C’étaient les vacances, c’était la douceur de vivre, c’était mon adolescence et son cortège de questions, de doutes et de malaises.

Il est venu s’asseoir à côté de moi, comme ça, nous nous connaissions déjà mais je crois que c’est la première fois qu’il a fait cela, venir vers moi, et nous avons commencé à parler. Je n’ai plus aucune idée de la conversation, pas le moindre souvenir des mots qui ont été prononcés. Je me suis juste dit que cet instant-là, ces minutes hors du temps qui faisaient battre mon coeur et mon corps plus fort encore, resteraient gravées en moi. Ce coucher de soleil et cet apaisement, mon flamboiement intérieur et ce lien qui se tissait avec lui; il plaisantait, je riais, le temps s’accélérait. J’en avais la conscience aiguë, comme une petite voix qui répétait dans ma tête “tu vas t’en souvenir. Toute ta vie, tu te souviendras de ce moment. Tu vis quelque chose de particulier, de si exceptionnel”.

Je ne sais plus comment ça s’est terminé. L’esprit filtre, ne retient que ce qui l’intéresse. Nous avons dû nous faire la bise, ou pas, nous promettre de nous revoir le soir-même, ce qui s’est fait, ou alors le lendemain. Qu’importe? J’ai eu ce coucher de soleil dans un coin de mon coeur, de mon esprit pendant des années.
Je l’ai eu au bas de l’escalier en pleine station de métro, dans le sous-sol parisien, je me souviens précisément que j’ai été fusillée sur place un jour où ma mémoire tournait à plein régime, je me suis souvenue de cet instant magique là au milieu de la grisaille et des odeurs, j’ai redéroulé toute l’histoire, tous les ratés et tout l’inachevé qui avait commencé à cet instant-là. J’ai joué avec les couleurs et la douceur de l’instant, comme pour me forcer à prendre conscience que je n’y étais plus et que ma vie avait pris un chemin tellement différent. J’ai vécu cela comme une vraie mise en abyme, un lieu me remémorant un autre, aucun lien mais la conscience aiguë ce qui m’entourait, et ce que j’étais en train de vivre.

Aujourd’hui, tout cela s’est estompé comme une jolie toile impressionniste. Je peux faire appel à cette image sans qu’elle soit douloureuse, je souris de ne pas m’être trompée, d’avoir senti à quel point ce moment de ma vie a été important, même si je l’ai sans doute gâché. Et j’aime savoir que d’un instant à l’autre, un lieu peut transformer ce que nous vivons. Tout comme nous transformons les lieux où nous sommes….

Ceci est un billet ricochet à celui du jour de Chiboum, et écrit sur sa proposition. Rendez-vous là-bas!

25, 26 & 27 Janvier

25 Janvier: les raisons qui vous empêchent d’écrire…

Et donc typiquement, par exemple, qu’est-ce qui m’a empêché d’écrire depuis 3 jours alors que je planifie ce billet depuis un moment?
Un mélange indéfinissable. Pas question de se réfugier derrière les faux prétextes “je n’ai pas le temps”. J’en ai, je peux en avoir, au détriment d’autre chose mais oui bien sûr, j’ai la possibilité d’écrire quelques minutes par jour. Et moi qui aime tant répéter que j’aurai toujours besoin d’écrire dans ma vie, me voilà à traverser des périodes entières sans rien rédiger d’autre que des mails, ça oui quotidiennement, ou des petits mots rapides (même pas trop de textos, quelques twitter et encore).
Peut-être est-ce ça: j’écris énormément en mail. Des correspondances longues, soutenues, qui me coupent l’envie de me recentrer sur autre chose de plus personnel, et c’est bien dommage (mais pour qui?)
Les 366 sont un excellent prétexte pour ne plus dire “je n’avais pas d’inspiration”, mais j’avoue que typiquement certains jours les sujets ne m’inspirent absolument pas, et que ça fait partie du blocage et du manque de motivation à me mettre derrière mon clavier. A moi de me débrouiller pour en faire quelque chose, ou assumer de ne pas les traiter.

26 Janvier: un numéro en couleur…

Voilà bien un sujet qui n’éveille rien en moi. Un “numéro haut en couleurs”, oui, j’y assiste tous les jours, le funambulisme de mon chef au boulot, la grandiloquence de mes collègues qui utilisent leurs meilleurs arguments pour se faire entendre et passer en priorité, les parties de guignols que nous pouvons avoir tous ensemble, encore que ces temps le moral n’y est pas forcément…

Numéro en couleur, comme ceux qu’on nous propose de visualiser lors de séances de relaxation? Je ne sais même plus si ça se fait avec des numéros, les couleurs oui, mais je n’utilise pas les chiffres, ils ne sont pas synonymes de détente pour moi, au contraire c’est même plutôt crispant.
Tiens, les chiffres chez moi, ben c’est rouge. Rouge sang, rouge sueur, rouge des larmes que j’ai pu verser plus jeune, devant mes travaux de maths ou de physique auxquels je ne comprenais rien….

27 Janvier: journée des pieds…

Non, journée de la tête. Aujourd’hui, j’ai appris un nouveau protocole de massage de la boîte crânienne, rempli d’huile certes, mais furieusement agréable, suffisamment court pour pouvoir être prodigué à n’importe quel moment (à condition d’accepter d’en ressortir les cheveux gras et emmêlés, et d’avoir une douche à proximité), suffisamment efficace pour apporter une relaxation réelle et un sentiment de légèreté.
C’était bien de recommencer à masser, pourquoi ai-je toujours autant de mal à m’y remettre, alors que j’aime ça? Pourquoi est-ce que je sens une telle retenue, une telle inquiétude? Au pire je suis médiocre, au mieux je fais du bien et je fais plaisir, que me faut-il de plus, à part une énorme dose de confiance en moi? Recevoir les encouragements d’une foule en délire qui me fait comprendre qu’elle n’attend que moi?
Ok, on se revoit dans quelques vies…
Peut-être que ça part du même processus qu’écrire: j’en ai envie, j’ai plein d’occasions de m’y mettre, et quelque chose bloque, au fond. C’est de la création à sa façon, aussi…

Et enfin là-bas, j’ai découvert un nouvel endroit plutôt sympathique qui enseigne de nouvelles techniques. Dont une qui s’annonce pour fin mars, que je vise et pour laquelle je ne vais pas traîner à m’inscrire, sous peine d’acte manqué!

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C’est un peu plus de saison, il faut bien le dire…Et ça ne lasse pas de m’émerveiller.

Enfant caméléon

2011 a débuté par un gros bouleversement dans la vie de Miss Blondinette: elle a déménagé, assez loin de chez nous. Et suffisamment loin de l’ancien appartement de sa maman pour changer d’univers, et d’école.
Univers, parce que d’une petite citadine en banlieue très proche d’une grande ville, elle est devenue petite campagnarde en banlieue très lointaine de la même grande ville, à mi chemin avec une autre grande ville. Ce qui équivaut à perdre le nom de banlieue, en y réfléchissant bien.

Sa maman et son beau père ont saisi l’opportunité d’un terrain à prix très décent, avec proposition de construction. Miss Blondinette a donc vu pousser de terre sa future maison, et suivi toutes les étapes une à une, ce qui est plutôt enrichissant. Bien entendu, c’est devenu nettement plus concret pour elle lorsque sa maman lui a demandé de choisir les couleurs de sa future chambre. Et je vous le donne en mille: elle a pris rose. Rose bien foncé sur un pan de mur, rose plus clair sur le second, fondu enchaîné sur du blanc, bienvenue et vie ma vie DéKo!

Ils ont emménagé entre Noël et Nouvel An, la semaine où la puce était chez nous en vacances; ce qui signifie que son papa l’a ramenée le dimanche précédant sa rentrée dans un nouveau lieu, avec tout à redécouvrir. A priori, ça c’est plutôt pas mal passé, et avec son sens de l’adaptation qui ne cessera pas de m’épater, elle se fait très bien au changement. Son papa lui manque, mais elle adore sa chambre, elle adore sa maison, elle ne comprend pas pourquoi sa maman refuse toujours le chat, le chien, la souris et le hamster qu’elle demande alors que maintenant, ils vivent dans une grande maison avec un jardin. Ma pauvre puce, je crois que tu vas pouvoir attendre ces animaux un bon moment.

L’autre jour, après trajet avec son papa pour revenir chez nous, la demoiselle est venue me voir pour me dire “tu sais, j’ai discuté avec papa, ma chambre dans votre nouvelle maison, elle sera rouge”.
Ok. Donc j’ai appris dans la même phrase que nous allions déménager, et que nous aurions à repeindre les murs, et qu’elle choisira une couleur sortie de nulle part (je l’ai jusqu’ici fort peu vu exprimer son amour du rouge). J’ai encaissé avec le sourire, il est vrai que nous réfléchissons à trouver autre chose, pourquoi pas une maison, un peu plus grand, mais tout ça n’est qu’à un stade de projet totalement théorique. Je sais juste qu’avec sa volonté farouche de symétrie de part et d’autre, Miss Blondinette a besoin de sentir qu’elle aura l’effet miroir entre chez sa mère et chez nous. Ca la rassure, ça lui permet de garder ses repères, déjà qu’on n’a pas de bébé (mais un chat!) elle préserve ce qu’elle peut.

Sauf que l’effet miroir a ses limites, qui me laissent plus interrogatives, et que nous venons de découvrir de façon assez étonnante. Mon homme, revenant de la visite de la maison, et donc de la chambre de sa fille, m’a glissé l’autre jour: “j’ai été frappé tu sais, dans sa chambre, elle n’a que des Baarrbies. Et il paraît qu’elle en a demandé 6 pour Noël, que ça en gros! Alors que rien chez nous”.
Là, j’ai les petits rouages de la caboche qui ont commencé à cliqueter. Au sujet de cette différence flagrante d’univers, chez sa mère ou chez nous. Jusqu’à la couleur de la chambre. Elle sait que j’ai une certaine allergie au rose, aux princesses, aux poupées, même si je me soigne. Surtout pour le rose. Elle sait que son père et moi privilégions en elle l’envie de découverte, le plaisir d’autres jeux moins connotés, et que nous ne favorisons pas l’univers dessin animé et contes de fées dans lequel elle semble baigner chez sa mère.
Qu’il y ait une différence d’un foyer à l’autre, ça me paraît évident. Et même plutôt enrichissant. Mais à ce point? J’en viens à me demander si nous la laissons s’exprimer. Qui est Miss Blondinette? Une petite fille qui veut faire plaisir à ses parents, même séparés, même différents. Et qui, pour ce faire, se coule dans un moule en changeant de place. Elle est la petite fille bien coiffée et girly chez sa maman, la gamine énergique et débrouillarde chez nous. Elle est de tout ça, réellement, je le sais. Mais de quelle manière, en refusant certaines inclinations qu’elle peut avoir, ne la contraignons-nous pas trop?
Je me remets beaucoup en question sur ces constats. Je réalise à quel point mes refus, mes rejets et mes préférences déteignent, bien involontairement, sur une enfant. Je prends conscience de l’énorme responsabilité que je porte, au cas où j’aurais encore un doute. Je me rends compte de l’importance de la laisser s’exprimer pleinement dans ses envies et ses préférences, même si ce ne sont pas les miennes. Tant que ça reste dans les limites du cadre que nous posons. Il n’est naturellement pas question de nous forcer à faire des choses que nous détestons, mais l’inverse est vrai aussi (même si je ne pense pas qu’elle soit à la torture en jouant avec ses Plaaymoobiles ou en visitant des musées). Et même si nous ne la privons pas de ce qu’elle aime, je pense qu’il y a une forme de restriction inconsciente et involontaire qui se fait, et que nous nous devons de lever.

A commencer par arrêter de faire la grimace quand on me parle de Baarrbies. Je vous assure, psychologiquement, ça peut clairement être le défi de l’année pour moi!

18 & 19 Janvier

18 Janvier: Fragments du jour racontés en recette de cuisine

De gros litres de fatigue. Séparez entre fatigue physique, et fatigue morale. Un soupçon de temps qui peine à avancer.
Plusieurs sachets de questions sans réponse. A délayer dans des interrogations et doutes sur soi-même. Ses capacités.

Battre énergiquement, jusqu’à obtention d’une pâte bien uniforme. Y rajouter 2 ou 3 cuillères de contrariétés professionnelles, pas besoin de prendre du premier choix, mais la marque standard suffira.
Laisser reposer le tout, allumer la plaque, bien faire chauffer sans toucher.
Faire cuire pendant un trajet retour en parsemant par-dessus d’informations ridicules.
Vous obtiendrez une parfaite soirée où rien ne va plus, et où vous vous coucherez en ayant l’impression d’avoir été lamentable du matin au soir!

19 Janvier: dilemme…

Je sors d’une période de dilemme professionnel. Ces dernières semaines ont été particulièrement éprouvantes, parce que j’avais beau ne pas avoir forcément le fin mot de l’histoire, certains choix se posaient à moi, avec des conséquences importantes, sur du long terme.
Rester, partir. Préférer la sécurité ou considérer que l’opportunité est un signe attendu depuis fort longtemps? Essayer de transformer la décision finale en positif, quoi qu’il arrive. Choisir de ne pas être volontaire, ou l’être? Se laisser aller, confiante dans les signes, ou choisir, forcer un peu la porte?

Et lorsqu’enfin la réponse et le soulagement se sont présentés, une nouvelle hésitation. Accepter de signer, refuser, influer sur la décision? Choisir l’argument humain, l’argument professionnel? Faire face à nos revendications, les assumer jusqu’au bout, ou décider que nous esquiverions parce que les conséquences risquaient d’être difficiles à assumer?

J’ai suivi le courant. Je n’ai pris aucun risque. J’ai suivi la majorité sur cette dernière question, et ployé face à une force qui me dépassait pour la première. Pas de quoi être fière. A peine de quoi être soulagée…

Un jour, j’oserai?

8, 9 & 10 Janvier

8 Janvier: une question lue quelque part…

Il s’agit plutôt d’une question de quelqu’un, reçue hier soir. “Que voudriez-vous voir écrit sur votre épitaphe”?
Alors je rassure les personnes que cela pourrait choquer: ça m’a été présenté comme un exercice sur mes valeurs profondes, celles que je veux faire vivre, celles que je veux transmettre. La personne (ma thérapeute) qui me l’a posée l’a fait avec mon consentement, en me prévenant que tout le monde n’appréciait pas des masses.
Moi, ça m’a fait sourire. Fatalement, ce jour arrivera. Le plus tard possible, mais il arrivera, pourquoi le nier? Je ne fais pas partie de ceux qui envisagent absolument sereinement leur mort. Je n’y pense guère, pour tout dire. Mais j’y pense, lorsque je veux trouver ce que je veux fondamentalement vivre. Ce à côté de quoi je ne veux pas passer. Ce qui m’est essentiel.

Il y a d’autres façons de faire cet exercice, lister ce qui paraît absolument indispensable à notre vie, lister ce qu’on ne veut absolument pas regretter, etc…Présenter l’exercice sous forme d’épitaphe, c’est aussi une façon extrême d’envisager la vie, et de rappeler que “eho, tu sais, eh bien tu dois la croquer tous les jours, chaque seconde, et ne pas perdre de vue ce que tu es, parce que ça peut s’arrêter à chaque instant”.  Atropos peut à tout moment couper le fil….

J’ai émis quelques bribes de réponses, face à ma thérapeute. Et puis j’y réfléchis, maintenant, c’est en filigrane de mon quotidien. Et j’essaye de ne pas le perdre de vue…

9 Janvier: tentative de liberté….

Aujourd’hui, mais pourquoi aujourd’hui précisément, si ce n’est qu’il pleuvait, que nous cocoonions à la maison et que je prenais mon temps devant mon écran, je suis tombée sur un blog, le blog de cet homme qui m’a aidée dans le passé, que je n’avais plus revu depuis un moment, que je savais parti, sans trop savoir exactement, où, comment, pourquoi.
Ils ont près de 50 ans avec sa femme, ils en ont eu assez, un achat de maison et un déménagement ratés, ils se sont dit “après tout pourquoi pas, il est temps”, ils ont laissé leur grand fils chez eux, et se sont offerts 9 mois autour du monde. Et ont choisi d’en faire un blog, pour nous tenir au courant. Inde, Thaïlande, Amérique du Sud, me voilà à remonter dans les archives, les lire avec avidité, regretter un peu, envier beaucoup (je sais, ce n’est pas beau), à rêver et à me dire “et nous? Quand est-ce qu’on s’offre cette liberté? Quand est-ce qu’on envoie tout promener?”

Mais il y a tant, tant d’autres choses à réaliser avant / en parallèle / malgré / en faveur….

10 Janvier: livre posé…

Celui que je lis, et à chaque fois que je m’arrête, je me dis “c’est sûr, je ne le reprendrai pas”. Et puis je le reprends. Parce que c’est un livre que j’aime détester.
A la page 2, je savais déjà de quoi il parlait. A la page 10, j’ai regardé la bio de l’auteur, je me suis dit “mais elle débute”??? A la page 12, j’ai considéré que franchement, si une chose pareille trouvait éditeur, bien des gens devraient cesser de se poser des questions sur leur capacité à écrire.
A la page 20, j’ai compris qui était le meurtrier. Et ligne après ligne, j’avais l’impression de surnager dans “50 exercices d’écriture pour débutants - décrivez une fille sexy - décrivez un premier rendez-vous - décrivez les premiers émois - décrivez un univers de flics (et inspirez-vous de toutes les bonnes ou mauvaises séries américaines qui sont en train d’arroser les chaînes tv) - imaginez un dialogue entre 2 jeunes femmes amies”….Consternant.
Et pourtant, je le lirai jusqu’au bout. Je ne suis plus à 100 pages près, juste pour être sûre que j’ai raison. Et arriver, moi et ma bêtise, devant mon homme pour lui dire “tu vois, j’avais raison, franchement je me suis envoyé 300 pages et c’était totalement inutile, mais j’avais raison, c’est luiiiiiiiiii le meurtrier, mais qu’elle est bête, cette héroïne”!
Ca le fera rire, il me demandera pourquoi je n’ai pas été directement à la fin pour m’en assurer, je prendrai mon air offusqué de super-star “je ne fais pas de teasing, moi, môssieur”, il me demandera à quoi ça sert de perdre son temps à lire un livre aussi lamentable alors que j’ai une PAL longue comme un jour sans pain et remplie d’autres promesses bien plus alléchantes et je lui rétorquerai “juste pour pavaner devant toi, te dire que j’avais raison, et surtout, le bloguer!”

Ah oui, j’ai failli oublier! Le bouquin à ne surtout pas ouvrir, c’est celui-ci.
Et consternation de ma part: collection Harlequin! Là, en effet, je commence à sérieusement douter de ma capacité à aller jusqu’au bout….

6 & 7 Janvier

6 Janvier: que deviendra cet enfant plus tard?

Souvent en regardant miss Blondinette, je me demande ce qu’elle deviendra. Qui ne le fait pas, en contemplant un enfant?
Mais surtout, au-delà des questionnements habituels - “quelle profession choisira-t-elle, quels seront ses traits”, je me demande quelle sera sa sphère amicale, adolescente, puis adulte.
Nous lui présentons des enfants de son âge. Ou un peu plus jeunes. Des enfants de nos amis à nous, de ceux que nous fréquentons aujourd’hui, et que nous continuerons sans aucun doute à fréquenter. Quand je la vois jouer avec ma filleule, de quelques années sa cadette, je sais que c’est une personne qui restera dans son entourage, parce que ses parents resteront dans notre entourage à nous.
Que deviendront-elles, ensemble? Les meilleures amies, et meilleures confidentes du monde, comme je le suis avec sa mère? Des soeurs de coeur, qui se retrouveront aussi souvent que possible pour partager leurs idées, leurs envies, leurs projets, leurs secrets, leurs rêves et ce qu’elles ne voudront pas nous dire à  nous? Ou alors continueront-elles à se voir sans pour autant se rapprocher, parce qu’elles prendront des chemins différents?
Il me reste une seule amie d’enfance. Dont j’ai des photos depuis toute petite, depuis que nous sommes en couche culottes. Elle est à l’autre bout du monde, et finalement, même si nous avons des nouvelles l’une de l’autre via différents moyens (dont nos blogs respectifs), nous communiquons peu. Mais lorsque nous nous revoyons, c’est comme si nous nous étions quittées la veille, et je crois que c’est l’un des signes de l’amitié indéfectible.

J’ai hâte, je crois, de les voir plus âgées. De les voir évoluer. De savoir si ce que nous leur offrons portera ses fruits, ou si elles se dirigeront sur d’autres chemins, de ceux insoupçonnables pour nous. Et surtout, je me réjouis de partager cela avec elles…et leurs parents!

7 Janvier: surprise…

Surprise de rebondissements interminables professionnellement parlant, dont il vaut mieux éviter de parler ici. Mais qui annoncent un week-end de réflexion, et surtout pas forcément tranquille.
Surprises de confidences de la part d’une personne qui m’est importante, mais dont je n’attendais pas ce genre de paroles. J’en suis touchée, j’ai besoin de digérer aussi, non pas qu’il y ait eu des révélations fracassantes, mais se retrouver détentrice d’informations m’oblige à réfléchir à mon statut.

Et surtout surtout, RTT surprise; à midi après avoir entendu qu’une fois encore, l’activité de l’agence était au point mort, j’ai décidé en une heure de prendre mon après-midi. De m’octroyer cette liberté, cette escapade, de m’offrir un week-end anticipé, même si la fin de journée a été bien occupée. Mais à des activités importantes, nourrissantes, agréables, et ça n’a pas de prix.
Et j’espère pouvoir encore m’offir de nombreuses surprises ainsi….

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Voui je sais, je suis un peu à la bourre, mais toujours là…

29 & 30 Décembre

29 Décembre: on ne me la fait pas…

..De me faire croire que ce timing, sans avoir été soigneusement calculé, arrange quand même bien les têtes chapeautées là en haut. Savoir que 80% du personnel est en vacances, leur flinguer leur fin d’année avec un mail vraiment pourri et illisible, un tableau tout aussi incompréhensible, qui fait naître bien plus de questions que de réponses, mais coup de chance (pour eux!) les personnes susceptibles de répondre à ces questions sont inatteignables…

Ce qu’on me fait, par contre, c’est de balancer ce mail au moment où je suis la seule de piquet, et atteignable. Sans plus de réponses que mes petits collègues, mais au moins je décroche le combiné. Et donc, je les ai tous en ligne. Et donc c’est à moi d’essayer de décrypter avec eux. Ah bien sûr, là c’est vraiment la faute à pas de chance pour moi. C’est une information que je pensais avoir pendant que moi j’étais en congé, et qui est incidemment partie pendant que je suis la seule à travailler.

Alors oui certes, la guillotine s’éloigne de plus en plus de mon cou. Mais attention hein, il faut encore prendre ce dernier communiqué avec beaucoup de précautions, ce ne sont pas les répartitions définitives, blablabla. Je n’en peux plus de cette usure de l’incertitude, et là par-dessus le reste, j’aimerais qu’on m’explique comment demain, je vais devoir gérer mon collègue qui vient à l’agence bravement, alors que la ligne qui devrait correspondre à son nom a bien été affichée, mais que personne ne peut le lui garantir, parce que si c’est le cas, il y a eu une énorme erreur d’étiquetage.

Joyeuses fêtes de fin d’année, messieurs nos dirigeants. Trève de Noël, et trève des confiseurs sont des mots qui vous sont parfaitement inconnus, au cas où nous en douterions encore….

30 Décembre; une phrase que j’ai dite…

“Bonnes fêtes de fin d’année (…quand même…)”.
Avec plus ou moins de joie, de plaisir, de sincérité, d’enthousiasme, de sourires, de peine, d’empathie…Parce que je l’ai dit à des clients (les rares qui travaillaient comme moi, désespérés de solitude), les fournisseurs (encore plus rares), les collègues, les collègues en instance de licenciement, des copains…
Je ne l’ai pas dit tant que ça, mais un peu quand même. Et parce que je n’ai pas beaucoup parlé non plus, étant seule à l’agence, si ce n’est de choses totalement inintéressantes.
Parce que le coeur n’y était pas tout à fait aujourd’hui, lendemain d’hier.

Mais aujourd’hui aussi, c’était veille de week-end prolongé…

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Ah, quand je vous disais qu’il y avait eu de la neige, je n’avais pas menti!
Et vous constaterez également que je publie bravement très en retard…Et que non, je n’ai même pas tenu ma résolution de fin d’année, ni écrit pendant mon week-end prolongé. Et oui, j’ai très honte…

27 & 28 Décembre

27 Décembre: un idéal de traverse…

A moto l’été, les petites routes nous tendent leurs bras. La ligne droite est notre ennemie, nous cherchons les petits virages, les coins sauvages, les itinéraires bis. C’est le rêve et l’objectif de tout motard, celui de passer à côté, là où on ne va jamais, devant cette maison que vous voyez depuis l’autoroute quotidiennement, qui fait partie du paysage, mais à quoi ressemble-t-elle de plus près?

La bécane est remisée depuis quelques semaines maintenant, avec les températures polaires et le verglas. Ce serait un temps à se lancer sur les pistes enneigées, j’ignore cette année encore si nous pourrons nous offrir ce plaisir. Mais là aussi, j’ai souvenir de ces petits chemins de traverse que nous prenions, en parallèle de la piste principale. Pas tout à fait du hors piste, je n’étais pas assez courageuse pour cela, mais s’engouffrer dans le bois qui longeait la piste, zigzaguer entre les sapins, frôler une branche et se récupérer de la neige qui dégringole dans le cou, s’enfoncer jusqu’aux genoux dans la poudreuse, s’appeler et entendre nos noms résonner, rire aux éclats. Les skieurs sagement restés sur la piste nous paraissaient loin, dans un autre univers, et nous créions nos propres traces éphémères de notre côté.

Les chemins de traverse sont parfois de plus courts chemins que la ligne droite. Et parfois même, des routes plus riches et instructives. Je n’irais pas jusqu’à parler d’idéal, après tout c’est une notion propre à chacun, mais j’aime ces découvertes impromptues et précieuses…

28 Décembre: bras…

Bras de mon homme le soir quand je rentre, pour un câlin réconfortant. Bras de Miss Blondinette, chez nous pour cette semaine, autour de ma taille et qui m’enlace fort à son tour.
Bras surchargés au quotidien de multiple sacs, je n’arrive pas à m’alléger, le parcours de la maison à la voiture me semble toujours être une course d’obstacles doublée d’un maximum de poids à porter.
Bras autour de moi ces temps, croisés, pour me réchauffer, fermés en protection et pour trier les informations que je reçois.
Bras remplis de cadeaux en cette période, beaucoup beaucoup trop, chaque année nous disons “pas plus, ça suffit”, chaque année nous évitons peut-être la surenchère, mais le moins est si dur à atteindre.

Bras ouverts, je l’aimerais bien, mais en cette journée où je suis un stroumpf grognon ascendant hérisson, je vais remonter la couette et hiberner, en souhaitant aller mieux demain…

Et j’aurais voulu vous mettre une ou deux ravissantes photos, sauf que non, elles ne sont pas sur mon pc, et pas accessibles sur celui de mon cher et tendre…