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Archive de la catégorie états d'âme

Humeur météo

Ce matin, lever de soleil dans les tons roses et la poudre d’or. Des nuages noirs et les rayons qui perçaient difficilement. Une campagne de plus en plus verte, comme après une averse purificatrice. Un sentiment de tranquilité profonde, de sérénité incroyable, doublé par le peu de trafic sur la route.
C’est la 2ème semaine de vacances.

Ces vacances ont toujours un goût particulier. Parce qu’elles me rappellent celles que je passais gamine, dans ce vieux chalet de bois en montagne, ces moments de pur bonheur et d’innocence enfantine. Ces partages sur les pistes de ski, en luge, les jours au grand air, dans le froid. Je crois que de toutes les vacances que j’ai pu vivre petite, ces semaines magiques m’ont forgées au-delà de ce que je pourrais imaginer.

Et puis parce que j’ai allumé ma radio, et que la plupart des commentateurs habituels étaient eux aussi en congé.
Ils ont bien le droit (je suis ravie pour eux) mais moi, ça me perturbe dans ce petit cérémonial matinal que j’aime par-dessus tout car il est comme un second réveil: cette demi-heure sur la route (moins, à cette période) est un passage en douceur, tunnel entre la chaleur du foyer et la difficulté du travail. Ce sont des minutes rien qu’à moi pendant lesquelles je me projette dans ma journée - Ai-je déjà une idée de billet? Comment vais-je écrire? Papier léger, futile ou plus sérieux, concerné? Souvent, c’est en répondant ou non à cette question que je mesure mon état d’esprit du jour. 
Je souris de ma maniaquerie, mais n’empêche…Entendre de nouvelles voix, me réhabituer, suivre leur style, et voilà que me manquent quelques points de repère, comme pour appuyer encore plus sur la rupture de rythme.

Ce matin, le ciel était tourmenté à l’image de mon humeur. Ce midi, les nuages noirs ont repris le dessus, mais chez moi, c’est plutôt le soleil qui a gagné….

Pas grand chose à voir (si ce n’est avec un billet précédent), mais que ça fait bien de lire ça! On se dit qu’il reste quand même un peu de bon sens dans le monde politique….

Vertige de l’amitié

De ma parenthèse de vie qui n’en était pas franchement une parce que jusqu’ici, ce fut quand même parmi les événements majeurs de ma petite existence, je n’ai pas gardé grand chose. J’ai même au contraire essayé de m’alléger au maximum, ce qui n’était pas toujours facile.

De ces 8 années, j’ai néanmoins conservé la fidélité à un couple d’amis. Communs, mais qui sont devenus les miens par des circonstances qui à elles seules hurlaient tellement qu’elles font partie des très nombreuses choses qui auraient pu me faire fuir très loin et bien plus vite.
Nous avons vécu à 500 mètres les uns des autres pendant 3 ans, nous soutenant en toutes circonstances, et il ne pouvait pas passer une semaine sans qu’au moins une soirée soit commune, à nous 4 ou moins, selon les obligations des uns et des autres.

Et puis vinrent les déménagements, dans le Sud mais pas le même. Plutôt central pour nous, plutôt Est pour eux. Nous avons tenté de conserver des relations, la distance est cruelle à l’amitié, mais nous avons tenu bon, tant bien que mal.
Le clash est arrivé, pas avec moi, mais avec cette autre partie de ma vie à laquelle je restais attachée, prisonnière faut-il dire. Je ne leur en ai jamais voulu. Et curieusement, même si cela m’a beaucoup affectée et que je me sentais déjà déchirée, arrachée, je gardais une étonnante sérénité: des amis comme ça, ça ne se perd pas.

J’ai survécu, j’ai nié, puis j’ai regardé, j’ai affronté. Et re-déménagé. Encore plus à l’Ouest, encore plus loin d’eux. Mais de temps à autres, un signal faible se manifestait, de l’Est au loin, qui disait en substance “on est là, encore. On sera là pour toi; et quand viendra le moment, on le sera encore plus”.
Les appeler, leur raconter, fut parmi les actes symboliques que j’ai posés lors de ma période de transition. Et j’ai senti que je ne m’étais pas trompée, que quoi qu’il arrive, nous ne pouvions pas perdre ce que nous avions tissé, construit ensemble, et qui était si puissant. Malgré les remous, malgré les négations, malgré la distance.
Nous nous sommes revus, assez peu, bien trop peu. Plusieurs heures de voiture ou train nous séparaient, des obligations respectives compliquées. En 3 ans, nous n’avons même pas tenu le rythme d’une rencontre par an, mais qu’importe. Je n’aime pas trop le téléphone et eux assez peu l’écrit, mais vaille que vaille, les nouvelles circulaient, et c’était bon, comme à chaque fois.
L’été dernier, je leur ai présenté mon amoureux, lors d’une occasion provoquée et trop vite passée. J’ai été heureuse, c’était une autre page qui se tournait, un autre symbole et de quelle importance!

Hier soir, après une séance de formation éprouvante mais toujours enrichissante, je l’ai eue, elle, en ligne. Plus de 2 heures! Tous ceux qui me connaissent savent que coller les termes “téléphone” et “2 heures” côte à côte relève d’un défi himalayen! Mais ces 2 heures sont passées aussi vite qu’une brise sur le visage. Une réminiscence du passé, où elle et moi passions des soirées incroyables, devant une bouteille de rosé ou de blanc, des gateaux apéritifs (on constate au passage le fabuleux régime que nous tenions et assumions), à refaire le monde, nos couples, notre vie, nos rêves, nos envies, nos déceptions. A commencer les phrases et terminer celles de l’autres, à deviner à demi-mots sans avoir besoin d’expliquer, à ouvrir les yeux grâce à des remarques. Tout ce qui fait la magie d’une amitié, d’une re-connaissance mutuelle (le mot est plus explicite écrit ainsi).
Hier, j’ai terminé la conversation téléphonique en lui disant “il ne nous manquait que cette bouteille de vin, ces gateaux apéro, et la possibilité de rire juste à côté de toi pour me sentir comme à l’époque, et pourtant il y a bien peu de raisons pour lesquelles j’aurais envie de replonger dans ce passé”.
Hier, nous avons décidé que nous allions nous consacrer mutuellement plus de temps. En s’appelant plus souvent. En se revoyant. En faisant vivre cette amitié qui a déjà la force, la magie de survivre sans être bien entretenue, comme ces plantes solides qui poussent malgré un environnement difficile. Mais que maintenant, à partir de cette année, cette amitié méritait de recevoir son terreau et son arrosage, et qu’il serait bon d’arriver à la chouchouter un peu plus.
Hier soir, j’ai raccroché avec un léger vertige, comme si j’avais à digérer de splendides choses que je n’avais pas vues venir.

Et aujourd’hui, comme en écho à ce moment un peu hors du temps, brillait un soleil printanier, une chaleur de mois de mars, et mon coeur était léger, léger du bonheur de l’amitié, de la chance d’être si bien entourée….

Celle que je serai peut-être pas

 Nous buvions tranquillement un capuccino dans cette grande brasserie connue, sur la place principale.

C’est son fils que j’ai remarqué en premier. Ce petit, 4 ans peut-être, à peine plus, qui est arrivé d’une démarche si assurée, qui a choisi la table, enlevé sa veste; il l’a précautionneusement posée sur le dossier, retiré son écharpe et mise à côté de lui, il s’est emparé de la carte, hissé sur la chaise, tranquillement, sagement.
Sa maman était derrière, elle poussait le landeau tout en parlant à un homme plus âgé, son père sans doute, le grand père du petit, je ne voyais pas vraiment qui d’autre, et puis j’étais sûre que c’était une sortie familiale.

Ils se sont installés en face du petit bonhomme, j’ai regardé leur manège, fascinée, la commande de 3 chocolats chauds, le garçonnet qui regardait les images de la carte, en laissant sa mère parler.
Elle, tout en continuant sa discussion, ne le perdait pas de vue, le couvait de ce regard de mère, je la trouvais charmante et lumineuse. Plusieurs fois elle s’est penchée vers son fils pour lui prodiguer des conseils que j’entendais de loin “remets ta veste sur ton dossier, ou donne-la moi plutôt, elle est en train de tomber”. “Tu devrais remonter tes manches, si tu as chaud, et pour éviter de te salir”. Je les devinais tout autant, et je sentais le ton de sa voix posé, sûr, assuré.
A un moment, je ne sais pourquoi ce geste m’a tant marqué, elle a lu la carte avec son enfant, elle lui a désigné quelques images, lui a expliqué ce que c’était, ils ont rigolé ensemble.

Les chocolats sont arrivés, ils ont demandé une paille pour le petit, j’ai admiré sa patience, et sa façon tranquille de faire: il a soufflé sur le liquide d’abord, ensuite avec la cuillère, il a essayé avec la paille, mais forcément il prenait au fond, là où c’est encore tellement chaud. A son âge, il me fallait 2 tasses, l’attention totale de ma mère qui me transférait la moité  de la mixture dans l’autre récipient, pour que cela refroidisse plus vite. Oui définitivement, j’étais une enfant bien exigeante.

Je les ai contemplés de longues minutes encore, et en me levant, en partant, j’ai jeté un oeil dans le landeau, ce tout petit aussi sage que son grand frère, petite fille ou garçon, je n’ai pas déterminé, tout comme je n’ai pas réussi à entendre les prénoms. Dommage, j’aime mettre des noms sur les visages qui sortent ainsi du quotidien.

Aujourd’hui, bien des jours après, je repense à eux. Je pense à cette mère, aimante et patiente, elle avait l’air d’avoir un bon caractère, décidée, volontaire, et pourtant si attentive et investie. Je me répète que je ne sais pas si un jour, je saurais être comme elle….

contemplative.jpg

En pleine contemplation, elle aussi….

Non ce blog n’est pas mort (malgré les apparences)

Il faut savoir qu’une période de vacances est toujours encadrée par 2 journées foireuses (pour rester polie). C’est même le minimum syndical exigé: celle qui précède le départ, où d’un coup tout le monde se prend à vouloir “les choses en urgence mais bon on sait bien que tu pars ce soir mais si tu pouvais le faire quand même ce serait génial”, et celle du retour où, la tête encore dans les nuages, au pays des bisounours, on revient et on voit le tas de papiers qui s’est accumulé sur le bureau, plus ou moins trié par des collègues compatissants, mais auquel il faudra quand même s’atteler, si possible pas trop tard.
Et tout ce qui n’a pas pu être fait avant le départ et qui devient donc là “ultra urgent pour hier, on sait que tu reviens de vacances on est désolés mais là ça ne peut plus attendre”.

Voilà donc dans quel univers je me débats depuis hier, d’avoir osé prétendre à une semaine et un jour de vacances, qui étaient fort réussies et divinement bonnes, mais passées trop vite bien entendu, et surtout suite auxquelles la reprise est si douloureuse.

J’en reviens requinquée. Vu le rythme supporté, je sais pas si ça va durer longtemps, mais n’empêche. Cocooning absolu, une journée à la montagne pour laquelle je maintiens le suspense, ça fera office d’un billet prochainement, une ou deux sorties en ville, balades, billard, rattrapage de séries en retard, films, gourmandises. Etre à 2 enfin, toute une semaine ,ce qui ne nous était encore jamais arrivé, et cette fois sans surprise de dernière minute.
Tout cela mêlé, et par-dessus, en petit chapeau, l’envie qui revient d’écrire ici, de tout et de rien, et de partager futilités et événements plus importants. Pourvu que ça dure!

La leçon (si j’en avais besoin, et de toute façon ce n’est pas une nouveauté) que je tire de cette reprise, de cette difficulté à me motiver pour me lever le matin, retourner au bureau, malgré l’affection que je porte à mon équipe, mes collègues, malgré l’envie de partager de bons moments de groupe, c’est que je ne suis pas à ma place. Que plus le temps passe, plus ça hurle et crie en moi, et qu’il est urgent que je mette en oeuvre toutes mes ressources, toutes mes forces pour faire avancer cette reconversion professionnelle.
Le plaisir de se rendre au travail. Y aller avec le sourire, envisager un retour de vacances autrement que comme une douleur, ce sont autant de détails qui n’en sont pas, qui me sont essntiels, et que j’aspire à connaître, enfin, pour une fois. Parce que dans ma courte carrière, ce sont des sensations qui me sont pratiquement inconnues, et c’est comme si je n’étais pas entière…

Petits cailloux

-Lumière grise plombée, et léger rayon de soleil par-dessus. Ca donne quelque chose de magique, de poudré, ça s’en va comme ça arrive, impression de velours et de force. Je guette l’extérieur, je suis partout sauf devant mon travail, j’ai la tête qui vit sa vie.

-Légère appréhension du cours de ce soir. On franchit une étape majeure, nouveau protocole, et nouvelles techniques, pas des moindres. On est désormais un groupe suffisamment soudé pour passer outre les apparences, mais n’empêche, ce n’est pas évident. J’espère que passée cette première étape, je serai rassurée pour la suite.

-4 jours et demi avant les vacances. Un monde, un univers, des heures encore pendant lesquels le temps va s’allonger, s’étirer, tomber dans une faille, mais je tiens bon, j’essaye, j’insiste.

-Sentir mon collègue débordé, au bout du rouleau, le soulager le mieux possible (lui et tous les autres) sans y parvenir, tenter de blinder la carapace pour ne pas jouer à l’éponge, ne pas tout prendre sur moi.

-Chercher un hôtel, une chambre d’hôtes, un lieu cocon qui nous accueillera la semaine prochaine, au moins 1 nuit, probablement en montagne, où il y aura de la neige, du froid, mais un lieu où l’on peut respirer, enfin, complètement, à pleins poumons, et se sentir légers et heureux, tous les 2 ensemble

-Déguster ces petites phrases chaque matin, dans le livre offert, petit recueil de pensées si sages et comme des rappels aux essentiels, à ce à quoi il est important d’être attentifs. Autant de petites graines que je range dans un coin de mon esprit, qui germent ou non, qui me paraissent familières, mais pas suffisamment pour que je les applique systématiquement.

-La discussion qui a eu lieu avec mon cher et tendre au sujet de ces phrases, de cette philosophie de vie, 2 points de vue différents, mais pour en conclure qu’après tout qu’importe les moyens, le but est le même, et qu’une fois de plus, nous nous découvrons d’accord sur nos essentiels. Comment pourrions-nous faire autrement qu’être heureux ensemble?

Essayer de rester zen pour la semaine entière…

Un peu spéciale

Depuis un peu moins d’une vingtaine d’années (quand même), je bataille contre quelques contrariétés physiologiques qui n’ont rien d’exceptionnel mais qui pourrissent quand même facilement le moral.
Je ne suis pas en grave danger, je n’ai aucun diagnostic alarmant, je ne suis “qu’une parmi d’autres”, mais qui, pas de chance, présente quand même, avec le temps, un petit casse-tête pour le corps médical.

Je sors ce jour-même d’une consultation de routine, d’un rendez-vous de contrôle. Après un énième choix arrêté, assumé, et une nouvelle tentative lancée, je me rends au cabinet, plutôt sereine (de façade cependant), et à la classique question du “comment allez-vous”, je ne réponds pas dans un élan enthousiaste, mais je ne m’effondre pas non plus dans mon fauteuil. Ca va, mais c’est pas top. Comme depuis 20 ans. En gros, quand on arrive à faire tenir les murs, le toit se fissure, quand le toit est réparé, on découvre des fuites dans la plomberie, et une fois que ces fuites sont colmatées, nous voilà avec des problèmes de fondation.

Mon toubib ne se départit ni de son calme, ni de son assurance. Procède à l’examen de contrôle, dans lequel je plaçais le très vague espoir de découvrir un petit problème, qui aurait pu être solutionné et qui aurait donné l’explication des inconvénients.
Que nenni. Patiente répondant parfaitement au protocole.

Soit, n’empêche. J’ai quand même des soucis, j’ai beau chercher, je ne trouve pas de solution. Je ne suis pas trop du genre à attendre qu’on me tende le repas sur un plateau, mais en matière de médecine, même avec la meilleure volonté et beaucoup d’auto-information, je peine quand même à tout solutionner par moi-même.
Le doc me tend une ordonnance. Me donne une ou deux suggestion. Me recommande la patience. N’y croit guère, mais ne peut pas mieux faire.
Pendant qu’il rédige, je prends mon courage:
“Mais quand même, rassurez-moi, je ne suis pas si exceptionnelle que ça, je ne dois quand même pas être un cas isolé”.
Petit silence.
“Non, il y a d’autres patients dans votre cas. Mais je dois reconnaître que vu que vous ne supportez quasi rien, vous êtes quand même un peu spéciale….”
Rire gêné. Echange de plaisanteries. Je ne perds pas la façade, mais derrière, une petite partie de moi s’effondre. Je ne lui en veux pas à lui, mais je sens bien que je mets le doigt sur une énigme, que je touche à la sacro-sainte partie de la médecine étiquetée “sans solution” et que tout médecin évite soigneusement.

Deux minutes chrono plus tard, je suis dehors après une franche poignée de mains “Essayez ce qu’on a décidé, patientez, et sauf si ça va vraiment mal, on se revoit dans 6 mois pour faire le point”.
Je me retrouve sous le soleil, désemparée. Alors, c’est ça la médecine moderne? Quand il n’y a rien de grave, quand rien de vital n’est engagé, c’est ainsi qu’on répond aux patientes perdues, parce qu’elles ont l’impression d’avoir à systématiquement choisir entre la peste et le choléra: “vous êtes un peu spéciale”?

Ca fait des années que je cherche une solution. Que je fais des infidélités à tous mes médecins, pour désespérément tenter de trouver la bonne explication. Je cherche la cause, le terrain, et j’essaye de traiter les symptômes. Mais jamais, depuis bien longtemps, je n’ai eu à ce point l’impression d’être totalement incomprise, et surtout, laissée à moi-même…Rien de grave, donc pas de quoi se creuser la tête et discuter plus longtemps…

Cocon de précaution

Vendredi dernier, donc, l’alerte était orange sur notre belle ville pour chutes de neige importantes.
Il a fait lourd et noir toute la journée. Ca sentait la neige, comme on le dit dans mon pays natal, et on savait que ça allait tomber. On laissait juste à monsieur météo le soin de choisir quand.
Pour autant, la ville entière a fonctionné au ralenti. Ca circulait sur les routes comme un jour de vacances scolaires: peu de voitures, beaucoup de personnes ayant dû poser leur journée pour éviter de renouveler la catastrophe du 18 Décembre dernier. Pire encore: ramassages scolaires annulés, camions bloqués sur l’autoroute de façon préventive, et certains collèges se sont même offerts le luxe de ne pas dispenser de cours, offrant à plusieurs élèves un week-end prolongé inespéré (pour aller faire les soldes?)
Les flocons, eux, ont sagement attendu 18H, le moment où tout le monde était quasi chez soi, pour commencer à tomber. Et on peut dire que c’est en milieu de soirée que la circulation a commencé à devenir sportive.

Tout cela, donc, au nom du principe de précaution. Cher à notre gouvernement, et tellement à la mode ces derniers temps. J’entendais hier à la radio un quidam rieur, originaire des Vosges, et bloqué à Paris devant un lieu fermé pour “cause de neige”, déclarer qu’à force d’appliquer ce cher principe à toutes les sauces, on allait enfermer les gens dans un cocon. Ce n’est pas nouveau, mais ça a sonné très juste à mes oreilles.

Le pays a été tellement traumatisé par certains drames, qu’il ne faut certes pas minimiser (sang contaminé, canicule), que désormais on veut appliquer la politique du risque zéro. A l’image de nos voisins d’outre atlantique, se protéger à tout prix, ouvrir le parapluie. Surtout, surtout qu’on ne vienne pas nous faire de reproches de négligence! On préfère faire ingurgiter à la population des vaccins avec adjuvants douteux, plutôt que d’affronter une maladie qui, pourtant, dans le reste du monde, ne semble pas plus mortelle qu’un simple virus saisonnier.
Surtout surtout, on préfère paralyser tout le monde “par anticipation”, plutôt que de mettre les moyens dans les dégagements de chaussées, dans du préventif utile (salage, sablage).
J’ai été bloquée ce fameux 18 Décembre. C’est sûr, je n’avais pas envie de revivre l’enfer d’un bouchon d’1h30 pour finir par faire demi-tour. Mais je préfèrerais mille fois me rassurer en me disant que si je suis coincée, un chasse-neige viendra dégager la route, plutôt que de prendre une journée de congé préventive, que je pourrais bien mieux occuper un autre jour.

Au-delà de nous adultes, je constate aussi que cela devient une manie dans l’éducation. Je constate de l’extérieur, n’ayant pas d’enfant moi-même. Et n’étant pas maman, je ne sais pas non plus ce que c’est de tenir instinctivement, animalement, à la chair de sa chair. De vouloir lui éviter à tout prix les soucis, la douleur, la tristesse. J’aime infiniment Miss Blondinette, mais pas comme sa maman, je ne pourrai jamais ressentir cela sans vivre moi-même un jour, sans doute, l’aventure depuis le début.
J’ai été néanmoins interpellée par une habitude qui a été donnée à la puce, dans son école, et qui se résume plus ou moins ainsi: si un camarade t’embête, tu rapportes à la maîtresse. Pour qu’elle puisse prendre des dispositions en conséquence.
Soit. C’est tendancieux, et je ne m’y fais pas. Du point de vue des parents (après discussion-débat avec son papa donc), c’est légitime: c’est important pour eux de savoir que leur enfant est en sécurité, c’est important qu’il soit soutenu par un adulte, c’est important qu’un enfant qui fait une bêtise ne reste pas impuni, quelle que soit la teneur de la “punition”, laissée bien entendu au bon jugement de la maîtresse.

Moi, je le vois d’un autre point de vue: d’une non-maman, d’une ancienne petite fille qui a été traumatisée en cours de récré par un garçon, qui a été harcelée au point de me terroriser pendant bien longtemps. Et pourtant, il ne m’est jamais, jamais venu à l’idée d’aller rapporter à la maîtresse les coups et les railleries dont je faisais l’objet. J’aurais dû, peut-être. Probablement que si cet enfant avait été puni (mais comment, la situation était de toute façon compliquée puisqu’il était aussi mon voisin de palier), probablement que si un adulte m’avait dit “tu as eu raison de venir nous voir”, bien des choses dans mon comportement, mes peurs, auraient changé. Ca ne s’est pas fait.
Inversément, ça a forgé mon caractère, et ce que je suis devenue aujourd’hui. Bien sûr, je ne souhaite à personne, pas un seul enfant, de vivre ce que j’ai vécu étant moi-même petite. Mais dans une moindre mesure, une cour de récré, c’est aussi un lieu de chamailleries; c’est un lieu où on apprend les relations sociales. Les jeux de pouvoir, les influences, les amitiés et les trahisons. Bien des choses s’y vivent, des petits aux grands drames. Jamais je n’aurais voulu aller rapporter même une moquerie de la part de mes camarades. J’aurais été très vite étiquetée comme la “rapporteuse”, ça ne se faisait pas, ce n’était pas dans nos conventions. J’étais dans une banlieue très chic de ma ville, et pourtant, à l’école, on réglait nos comptes (très enfantins et très futiles, je vous rassure) entre nous. On laissait les adultes en-dehors, les parents aussi. Si on se faisait attraper, tant pis pour nous.
Qu’offre-t-on à ces enfants à qui on apprend à de suite aller se plaindre? Un enfant de 6 ans ne peut pas juger ce qui est important ou ce qui est dérisoire. Certes, c’est à la maîtresse de relativiser, et d’expliquer que ce qu’il vient rapporter en vaut la peine, ou non. Mais vraiment, leur rend-on service? A vouloir tant les protéger, à vouloir ainsi leur éviter les coups, de toutes les façons possibles, ce qui part d’un bon sentiment, je n’en doute pas, n’en fait-on pas de potentiels adultes qui ne pourraient vivre hors de ce fameux cocon? Des adultes qui n’oseront pas sortir si la météo annonce un peu de verglas sur les routes, qui préfèreront courir chez le médecin pour soigner un petit rhume, qui, à ne pas savoir ce que c’est de se relever des coups, n’oseront rien vivre pour éviter d’en prendre?

Est-ce qu’en voulant à tout prix éviter les grandes difficultés de la vie, on ne risque pas de passer à côté de ces petits bonheurs qui en font toute la saveur?

Oedipe rebelle

J’ai déjà dû le dire une ou deux fois ici, mon père et moi, ça a toujours été une forme de “je t’aime moi non plus”. J’ai toujours entendu parler du complexe d’Oedipe avec une forme d’interrogation, et j’ai beau chercher dans mes souvenirs, je n’en trouve aucun qui s’y réfère.

Il faut dire aussi que j’ai fortement contribué à contrarier ce papa qui m’adorait tant:
-Il voulait un garçon en aîné, et une fille en second, il a eu l’inverse.
-Il rêvait d’une petite fille blonde et d’un garçon brun, c’est le contraire qui s’est produit.
-Son rêve était d’avoir une petite poupée aux jolies boucles, souliers vernis et jupe plissée, j’ai cultivé avec passion et attention le look jeans, baskets gros pulls.
-Il aspirait à me transmettre ses inspirations artistiques, son goût du dessin et de la peinture, je suis devenue une intello à lunettes que tout le monde voulait voir prof (ouf, j’ai au moins esquivé cette étape, et viré les lunettes entre temps). La seule chose que je sache dessiner, c’est vaguement un palmier, et les fesses d’un éléphant (sisi!)
-Son côté un peu macho italien s’offusquait de mes revendications légèrement féministes et pas très patriotes.
-Il a passé sa vie à construire son nid, son cocon et a tout fait pour planter des racines dans un endroit paisible, souhaitant épargner à ses enfants le déracinement et les bouleversements qu’il a vécus dans sa jeunesse: j’ai plaqué tout ce beau monde et quitté mon pays. Il ne s’en remet toujours pas, et ne veut pas me croire quand je lui dis, à moitié en plaisantant, que je pourrais mettre un océan entre nous s’il le fallait. Pourtant, j’en serais capable.
-Il a espéré m’apprendre sa langue natale, j’ai catégoriquement refusé d’en prononcer le moindre mot. Et je lui ai longtemps caché que j’étais capable de suivre une conversation pas trop rapide. C’était idiot de ma part, aujourd’hui je le regrette, mais n’arrive toujours pas à me décider à m’y mettre sérieusement.
-Il souhaitait nous offrir sa religion et ses croyances, j’ai rapidement envoyé valser les préceptes catholiques (et les autres, également).
-Il cherche la sécurité, il veut se rassurer, je cultive la remise en question, les chamboulements.
-Il fera tout pour la stabilité, j’ai divorcé, et changé 4 fois de ville.
-Il ne sera resté tout au long de sa carrière que dans 1 seule entreprise, j’ai connu le chômage, et j’en suis à mon 5ème poste au moins.

Mais mon père, rendons-lui cela, c’est aussi l’homme qui m’a fait aimer le sport. Il m’a appris à apprécier l’effort, la dépense physique. Il m’a mise au tennis, j’ai été sage et j’y ai joué pendant 20 ans, avant tout pour lui faire plaisir. Oui, d’accord, c’est encore quelque chose que j’ai fini par plaquer. Il m’a initiée au ski, aussi, jusqu’à ce que ses peurs le rattrapent.
C’est lui qui nous a appris à avoir le sens de la famille. A respecter ce don, à se souvenir que c’est un bien précieux, un cocon indispensable. Sauf que nous y avons mis des limites bien plus tôt que lui. Je regrette qu’il ne puisse pas se pacifier avec ce sujet non plus.
Au-delà de ses incertitudes, et de ses angoisses qui le paralysent davantage chaque année, à mon grand désespoir, c’est un homme profondément humain, qui nous a appris à respecter les valeurs essentielles, la sincérité, à garder un peu (trop?) de naïveté, à ne pas juger trop vite.

En 33 ans, j’ai fait plus de déménagements que lui en 67. Son rêve et le regret de sa vie est de ne pas avoir été propriétaire, je ne ressens nullement cette nécessité et n’en ferai jamais le point d’orgue de ma vie.

L’année dernière (enfin en 2009, ça fait encore un peu étrange de la qualifier ainsi), il a donc découvert mon nouveau chez-moi. Celui dans lequel mon cher et tendre et moi-même avons emménagé, et que nous avons plus ou moins aménagé. Avec un budget restreint, des meubles rapportés des 2 bords, un ensemble pas trop incohérent, mais sans un enthousiasme de décoration et d’organisation, que nous n’avons pas non plus spontanément. Depuis que nous y vivons, nous avons régulièrement amélioré l’ensemble, mais sans gros investissements. Pour tout dire, les seules choses réellement communes que nous possédons, c’est un piano, et de la vaisselle.

Mon père est un bricoleur né. Dans sa maison à lui, il aurait voulu avoir un atelier, un hangar, une boîte à outils digne de ce nom, et nous bricoler n’importe quel meuble. C’est un fanatique du design, de la belle architecture, mais il a aussi cette volonté d’occuper ses mains, et de faire par lui-même. D’abord par souci d’économie, mais aussi par plaisir.
C’est encore une choses qu’il n’a pas réussi à me transmettre: je regarde une scie d’assez loin, pensant d’abord aux ravages qu’elle pourrait procurer sur mes petits doigts avant de réfléchir à comment l’utiliser. La perceuse, c’est un instrument qui fait du bruit. Je sais vaguement utiliser un marteau, mais je dois me concentrer.
Bref, à part pour monter les meubles suédois et décrypter les hiéroglyphes (à force de déménagements et après une année à vivre seule, j’ai quand même au moins maîtrisé ces concepts-là), je ne suis pas une bricoleuse, je n’ai pas non plus peur de demander de l’aide, j’estime qu’on ne peut pas être bon partout, et que ce n’est pas vraiment mon domaine.

Alors, quand mon père a fait, il y a 3 semaines, le tour de notre petit nid, et a ouvert la bouche, j’ai su que la conversation qui allait suivre n’allait pas forcément être plaisante.
Là où je voyais un appartement plutôt pas trop mal rangé (on y avait mis du coeur), avec beaucoup d’améliorations à faire certes, mais chaleureux et douillet, il y a vu “manque de rangements”, “place mal organisée”, classements illogiques.

Le problème avec mon père, et particulièrement lorsqu’il s’agit de moi, c’est que ce qu’il dit est bien souvent plein de bon sens. C’est quand même quelqu’un qui a vécu, qui a de la bouteille, qui a dû plus d’une fois faire appel au système D. Mais il ne sait pas communiquer. Il est maladroit, blessant.
Avec l’âge, moi aussi j’essaye d’apprendre, de me comporter en adulte. A ne pas être épidermique, à ne pas sur-réagir dès qu’il commence à critiquer. Je tente de lui faire comprendre que j’entends bien son point de vue, mais que je ne suis pas forcément d’accord.
Parfois ça passe, d’autres moins.

L’autre jour, donc, je lui ai dit “oui papa, je sais qu’il y a plein de bonnes choses à faire encore dans cet appartement. Laisse-nous le temps, et puis tu le sais bien, ce n’est pas notre priorité, ni lui ni moi ne sommes des passionnés de bricolage”.
Je n’ai pas eu la sensation d’avoir eu des mots piquants. Mais c’était un jour où nous ne parlions pas la même langue, et ses sous-titres à lui ont dû donner quelque chose comme “De toute façon occupe-toi de tes oignons, je ne veux pas de tes conseils à la noix, et puis je n’ai pas besoin de toi”. Le tout lié dans l’éternelle sauce du “ma fille est partie loin, ne veut pas qu’on l’aide et ne peut pas se débrouiller toute seule dans un pays étranger et sauvage”, et le faible lien ténu de la communication était rompu.

Il n’y a pas eu de cris, parce qu’on n’était pas seuls, et que je n’en avais pas envie. Alors j’ai pris sur moi, beaucoup, énormément. J’ai écouté, encaissé, mais ma fréquence était désormais brouillée. Tout ce qu’il me disait, je le prenais pour une critique: “à 33 ans tu n’es pas capable de scier une planche et rajouter une étagère à ton meuble”, “tu n’as définitivement pas le sens pratique et c’est à se demander ce que j’ai bien pu t’apprendre et te laisser comme héritage pendant ton enfance”, “j’ai eu beau te montrer l’exemple et t’expliquer, tu n’as vraiment rien compris”.
Il ne l’a pas dit comme ça, non. Je l’ai entendu ainsi, et j’en ai eu les larmes aux yeux. Je sais, avec le recul (sur le moment aussi, mais c’était plus dur), qu’il ne faisait qu’exprimer une forme de frustration de ne pas pouvoir m’offrir ce que n’importe quel père aurait probablement envie d’offrir à son enfant: mettre son expérience, son temps libre et sa bonne volonté au service du bien-être et de l’un peu plus superflu, le décharger de certaines corvées. Il habiterait près de chez moi (ou plutôt moi près de chez lui, inimaginable dans l’autre sens), il viendrait un jour ou 2, prendrait ses mesures, irait chez Casto acheter 3 planches, me ferait de belles étagères, me planterait les chevilles, et vaille que vaille, nous aurions un appartement de plus en plus fonctionnel.
Rien de tout ça n’est possible; et c’est comme si, à chaque remarque, il fallait que ce départ de mon pays natal me soit ramené, ressassé, reproché. Il sait que désormais je n’autorise plus la confrontation directe, alors il l’utilise les chemins détournés. Involontairement, je le sais aussi.

J’ai mûri, je crois, et je connais assez bien mon père pour comprendre maintenant toutes les ficelles qui l’animent, les expressions de ses peurs et de ses frustrations; je lui pardonne et je ne lui en veux vraiment pas. Mais à cette occasion, je suis aussi redevenue une toute petite fille qui, même si c’est bien caché et bien enfoui, avait les larmes aux yeux parce qu’elle a très clairement eu l’impression de décevoir son père. Je me suis tournée vers ma mère, et je lui ai dit: “mais il faudra toujours qu’il trouve quelque chose qui le décoive? Maintenant que j’ai un boulot stable, une belle relation de couple, pas de problèmes d’argent, que je suis heureuse, que je le dis, que ça se voit, il faut qu’il trouve encore des reproches à me faire?”

Et sinon: quelqu’un aurait peut-être une perceuse et une scie à me prêter? Et “Bricoler pour les Nuls”? Parce que mon caractère fait que, piquée au vif, je serais prête à faire de mon appart un gruyère (non mon homme, ne t’inquiète pas trop) histoire de prouver à mon père que je suis quand même capable de poser des planches et des chevilles….

L’art délicat de la modération

Je suis un caractère impulsif. Je suis une exhaltée, j’aime m’enthousiasmer, m’emballer, mais l’inverse est vrai aussi: je suis capable de grosses colères, de gros coups de sang, de grandes insurrections. Si j’ai toujours su exprimer le positif (je crois), j’ai longtemps réfréné le négatif, parce que je ne m’en laissais pas le droit, et que j’étais très canalisée aussi. Par mes parents d’abord, par un compagnon encore plus sanguin que moi ensuite, qui m’a obligée à adopter un profil bas, sachant que si je faisais empirer la situation, plus personne ne pourrait se contrôler, et que l’issue n’était pas acquise.

Et pourtant, parce que je suis pleine de paradoxes, et j’aime la modération. La mesure en toute chose, et curieusement, dans un groupe, je suis d’office celle qui tempère. J’ai bien souvent été considérée (et propulsée) comme médiatrice, sans même que je cherche consciemment ce rôle.

Longtemps, je me suis dit que ce n’était pas possible et qu’il fallait que je fasse un choix. Comment pouvais-je être à la fois cette fille sanguine et d’un autre côté le bâton sur lequel on pouvait s’appuyer?
Je n’ai jamais eu de réponse à cela. J’ai vieilli mûri, découvert que la vie était remplie de contradictions et non des moindres. Je me laisse aller parfois dans mes révoltes, encore, mais je les canalise d’office, parce que j’ai appris aussi que même si cela soulage, des mots utilisés trop vite, des conclusions trop hâtives pouvaient blesser, et surtout qu’un message ne passait jamais dans la colère (même si de temps en temps, j’aimerais bien que les chauffards qui me coupent la route, comme les 2 de l’autre matin, entendent dans quelle rage ils me mettent, plutôt que de passer tout droit, sans un regard et un petit sourire aux lèvres, rhaaaa).
Ca ne marche donc pas à tous les coups. Il suffit que je sois un peu trop fatiguée, ou que réellement le sujet me tienne à coeur, et je laisse parler mes tripes, avec une virulence qui surprend souvent. D’autant que je monte dans l’intensité, mais également vocalement, et je me contrôle très mal. On ne renie pas comme ça ses origines italiennes, même avec la meilleure volonté du monde.

La période actuelle et son cortège de polémiques met mon souhait de modération à rude épreuve. Bien des événements, et de grands débats me font vivement réagir actuellement. Je ne regarde plus la télé, mais j’écoute la radio, je lis des articles. Il se passe rarement un trajet matinal dans ma voiture sans que je ne m’auto-commente les derniers rebondissements.
Et pourtant, je m’efforce de comprendre. Je ne veux pas juger, même si la tentation est grande. Mais j’aimerais savoir. Ce qui pousse les gens à céder à la peur (il s’agit tellement souvent de cela, après tout). Aux mouvements de foule. Aux rejets divers et variés.
Et comme en écho à mes souhaits, je suis tombée sur plusieurs articles parfois longs et fastidieux, mais qui expliquent, exposent, éclaircissent. Je voulais citer 2 références ici, en hommage à la volonté d’aller plus loin, de dépasser la simplification extrême des médias de masse, parce qu’ils permettent aussi de garder confiance, de se dire qu’il y a moyen de ne pas s’arrêter à la facilité.

Celui-ci commence à beaucoup circuler sur le net, à mon grand plaisir parce que oui, je me suis forcée à aller jusqu’au bout, et je le pense bien fait, bien construit. Il ne décidera pas pour nous, il nous donnera tous les arguments, et des éclaircissements. Il est également régulièrement remis à jour, preuve de son sérieux.

Cet homme, interviewé l’autre jour sur France Inter, m’a interpellée par son analyse de l’opinion actuelle sur l’écologie et les dangers climatologiques. J’ai aimé son intervention, parce que j’ai eu l’impression qu’il me faisait passer de l’autre côté du miroir. Il ne reniait rien, il nuançait, du point de vue de sa spécialité assez méconnue, et ça faisait une sacrée différence. J’aurais bien des choses à lire et entendre encore de sa part et de ses collaborateurs, pour me faire une idée plus précise.

Je n’ai encore rien trouvé sur le débat sur l’identité nationale qui se présente comme un splendide exemple de dérapage incontrôlé. Je suis preneuse, si vous avez. Peut-être également que ce sujet m’est encore trop sensible pour que je parvienne à prendre de la distance, mais je reste ouverte.

Je suis en recherche, à l’affût. A l’heure où j’ai tendance à remettre bien des choses en question, j’ai besoin de repartir sur des bases saines. Je réalise à quel point c’est difficile, mais passionnant. Etre libre de faire notre propre opinion, notre propre tri, c’est peut-être ça, être adulte….

En vrac et mode gronchon

-Ca fait 2 jours que j’ai un billet ébauché et non terminé en attente de publication. J’ai bien une idée de la fin, mais pas les moyens de la rédiger, et je ne sais pas trop quand ça pourra se débloquer.

-A partir d’aujourd’hui (ou hier? Avant hier?), je rentre dans une forme de vortex qui ne devrait se calmer qu’après Noël, et encore…Je suis une petite fille qui continue de s’émerveiller de toutes les décorations et la magie de cette période. Qui guette la neige et rêve d’un réveillon tout blanc. Et je suis une adulte qui tente de maîtriser le temps qui passe, les différentes obligations qui tuent la magie des fêtes. Je ne suis qu’une parmi bien d’autres personnes qui ont les mêmes préoccupations.

-Cette année, plus que d’habitude (j’ai une vague idée du pourquoi et néanmoins pas vraiment du pourquoi maintenant), je suis complètement écoeurée de la surconsommation ambiante. Ce n’est pas ça qui me fera aller pour autant à la messe de minuit (ou de 20H, ou peu importe, d’ailleurs tiens, c’est une chose de plus à vérifier pour d’autres sur ma longue liste), mais j’aimerais pouvoir donner à ces fêtes un sens un peu plus humain et un peu moins orgiaque. Je ne suis cependant pas certaine de trouver cette réponse d’ici une quinzaine de jours, du moins pas de la façon dont ça a été amorcé.

-Tout le monde est à bout de nerfs au boulot, et moi la première. J’ai une furieuse envie de vacances qui ne viennent pas, et mon corps me fait très bien sentir que j’abuse quelque peu.

Pourquoi donc suis-je entourée de personnes nées avant (et un peu après) les fêtes de fin d’année? Il faut croire que j’ai un feeling particulier avec elles, mais n’empêche, c’est tout sauf pratique! Pour les cadeaux, pour l’organisation, pas tout ensemble, il y a 12 mois dans l’année, vous ne pourriez pas vous les répartir un peu mieux, que je puisse être pleinement présente pour chacun d’entre vous, comme je le souhaiterais?

Un collègue a eu la très mauvaise idée de me dire lundi qu’il était allé skier pour la première fois de l’année. Déjà, je lui en veux, mais en plus, je suis bloquée sur le mantra “mais quand vais-je pouvoir y aller, moi”? Pas tout de suite, me répond ma petite voix intérieure que j’essaye de faire taire.

A part ça je vous rassure, il y a plein de belles choses, petites et grandes dans ma vie et mon quotidien. C’est juste que je me sens un peu submergée, que je ne suis actuellement pas très bonne en apnée, et que ça doit être le syndrome “fêtes de fin d’année malgré moi”. Mais je vais essayer de me restructurer un peu: dans ma tête, et dans ce blog!