Infos

Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie ma petite entreprise.

septembre 2010
L Ma Me J V S D
« août    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Archive de la catégorie ma petite entreprise

Brève d’été - Sas de décompression

La trentaine de kilomètres quotidienne que j’ai à faire pour aller et revenir du boulot sont des moments importants pour moi. Des moments de tranquilité où je me réveille péniblement le matin, et où j’essaye de souffler le soir.

Comme j’ai un auto-radio aussi vieux qu’Hérode, et c’est peu dire, je suis à peu près recalée aux stations radio à portée d’antenne. Jusqu’ici, j’avais trouvé des programmes pas désagréables qui accompagnaient mes embouteillages et mes trajets.
Et exactement comme l’a dit Anne hier, je suis depuis Lundi fort dépourvue quant aux changements de programmes de la rentrée; rien qui ne me plaise, ne me fasse me sentir à l’aise, j’erre dépitée d’une station à l’autre. Je vais devoir faire l’investissement d’un outil moderne avec prise mp3 afin de pouvoir écouter mes podcasts, mais ça ne résoudra qu’à moitié le problème (le matin, je préfère quand même avoir des nouvelles plus fraîches).

Ces temps, bouleversements au travail, incertitudes de l’avenir, le trajet du retour me tient particulièrement à coeur. Je le prends comme un sas de décompression (pas toujours évident quand je m’énerve contre les chauffards). Un moment où je laisse derrière moi, derrière mon épaule les soucis quotidiens liés au professionnel, et où je peux me focaliser sur ce qui m’attend à la maison, toute la douceur de la soirée qui s’annonce, des envies de passer ces quelques heures à 2, ou à 3. Retrouver mon amoureux qui est maintenant présent à mon retour, échanger avec lui quelques phrases, donner le top départ du moment le plus agréable de la journée.
Et je peine à le faire. J’ai écouté cet été des émissions très intéressantes, mais qui ne m’ont pas sorti de mon univers, ou de certaines pensées moroses sur l’avenir pas franchement agréable, sur les questions de société, les interrogations du quotidien.
Ce n’est pas faute d’avoir cherché de la bonne musique, mais là encore, choux blanc, et surtout je n’arrive pas à rester sur du “juste musical”. Il me faudrait un mélange.
Du coup, je rentre chez moi encore trop à cran, et je dois faire un gros effort pour ne pas ramener en boulet derrière moi tout ce que j’ai emmagasiné pendant la journée, et qui n’a pas sa place dans notre foyer. C’est un moment délicat à passer, un virage que je ne négocie pas encore correctement.

Ca, c’est un coup à me conforter dans l’idée que le trajet moto, s’il ne résoudra pas les problèmes sur la route, m’éviteront de m’interroger sur la meilleure façon d’accompagner ces kilomètres….

var2.jpg

Douceur et lumière de fin de journée, pendant ces vacances où il n’y avait rien d’autre à évacuer que la saine fatigue des baignades et promenades…

Objet insolite non identifié

Chez nous au bureau, les objets translatent facilement. Et comme mon collègue et moi sommes les seuls à être en open space, soit pile au centre de l’agence, il va sans dire que la géographie de notre plan de travail est encore plus aléatoire qu’ailleurs.
C’est ainsi que je pars le soir en ayant 5 stylos, une gomme, une agrapheuse et une perforatrice, et que le lendemain je me retrouve avec 2 stylos, 3 crayons et plus rien d’autre.

On le prend avec une certaine philosophie. On sait qui a une préférence pour les stylos rouges, qui aime les feutres noires, épais ou plus fins. On va chercher, on récupère, on fait la cueillette, on crie un peu ou non, on jure de mettre sous clé, mais ça apporte encore plus de vie au bureau.

Et puis un jour, alors que je ne suis pas franchement tout près du stock et surtout pas celle qui s’en occupe, je me suis retrouvée avec ceci sur le bureau:

bouton.jpg

(Pour être plus exacte, je n’avais que le gros bouton très rouge. Pas le socle jaune)

Méfiante, je n’ai pas osé le toucher tout de suite, et j’ai demandé à la cantonnade à qui ça appartenait et surtout à quel client ça allait pouvoir manquer.
Devant le silence consciencieux de chacun, je me le suis finalement approprié, on a fait connaissance et je l’ai adopté. C’est qu’il est plutôt amusant ce bouton, on le presse, et pour le débloquer, il faut lui faire faire un quart de tour. Quand on a besoin de s’occuper les mains, c’est l’idéal.
Mon collègue, attentif et prévenant, est arrivé peu de temps après avec le socle jaune. “Puisque tu le gardes, je vais te le compléter”.
Soit. Assumons jusqu’au bout. Et c’est comme ça que je me retrouve avec cet énorme buzzer sur mon bureau. Ca met de la couleur dans le paysage, j’en suis toute fière.
Mon Yaka, il y a peu, a tenté une approche: “Mais que faites-vous avec ça? Donnez-le moi, je vais le remettre au stock”.
J’ai rugi: pas question! Pourquoi est-ce qu’on réprime la moindre touche d’originalité par ici? On ne reçoit que très peu de clients, il n’y a aucune raison de se priver. Tout comme notre liste de courses affichées sur le calendrier entre mon collègue et moi: “chamallows, bières, chocolat x 2″….Elle a été effacée 3 fois, mais devant notre obstination à la réécrire, celui qu’on sait coupable a cédé, une fois de plus. (pour autant, on ne se fait pas franchement réapprovisionner, dommage)

Avant-hier, un charmant livreur que l’on commence à connaître bloque sur mon joujou et me demande évidemment à quoi ça sert. Un peu grognon ce jour-là, je lui réponds du tac au tac: “je me jette dessus quand mes collègues commencent à me gonfler, et ça déclenche un mécanisme de bombe à retardement qui pourrait leur exploser à la figure s’ils abusent, mais ils n’ont jamais osé aller jusqu’au bout”.

N’empêche, c’est vrai (noooooon, pas la bombe, quand même!!). Quand vraiment je suis à bout, il m’arrive de l’empoigner pour rageusement appuyer dessus. Ca ne vaut pas un punching ball, mais ça calme momentanément les nerfs.

Et voilà pour la petite note bien décalée de fin de semaine…Bon week-end de novembre à tous!!

Auto-sabordage

Hier, une nouvelle fois, alors que le moral de l’équipe est au plus bas, que j’ai l’impression de devoir prendre un treuil chaque matin pour les hisser, leur arracher un sourire (tout ne dépend pas de ma petite personne bien sûr, mais j’ai une très nette préférence à voir sourire les collègues que j’apprécie, et mon moral dépend un peu du leur, il faut bien l’avouer), notre bien-aimé Yaka (ne cherchez pas c’est ironique) a encore sorti une belle pépite.

Une pépite en or, une pépite même en diamant, une phrase tellement énorme, tellement sortie du fin fond de sa conscience vraiment de plus en plus sale qu’on a d’abord tous regretté de ne pas avoir, quelque part caché, un dictaphone qui tournait, et surtout lorsqu’il a tourné les talons, on s’est regardés pour s’assurer qu’on avait tous bien compris la même chose. Et pire même, qu’il ne plaisantait pas, le doute ne laissait pas de place.

Il a peut-être des circonstances atténuantes, moi qui suis assez prompte à chercher des explications je pourrais en trouver, mais il n’en a clairement pas plus que nous. Loin de là. L’agence ressemble à une cocotte minute sous pression et vraiment prête à exploser, je suppose que nous ne sommes pas une petite exception loin retranchée au Sud-Ouest, et si le siège est à notre image, il y a de quoi se faire un réel souci. A tous les étages.
Alors la moindre des choses que l’on peut attendre d’un dirigeant, d’un responsable qui a une vingtaine d’années de boîte, c’est de sortir un discours diplomatique, compréhensif et de soutien. Les 3 essentiels qu’il n’a pas, ne me demandez donc pas pourquoi il est à ce poste, j’ai classé ça depuis quelques temps dans les grands mystères de l’univers de l’entreprise à résoudre. Faites-moi signe si vous avez l’illumination.

Hier, donc, après s’être retiré avec le plus de panache possible (il a bien senti la tension monter de quelques crans avant cela) et semé la consternation la plus absolue sur les quelques membres de l’équipe qui avaient eu la chance d’assister à la naissance de ce diamant (les autres l’ont appris dans la foulée, imaginez une traînée de poudre, la phrase s’est répétée aussi vite), j’ai senti une chape de plomb s’abattre, et je me suis dit qu’en matière de sourires, il allait falloir sortir la très grosse artillerie pour les récupérer.

C’est dans ces moments que je bénis ma mémoire photographique. Ou ma capacité à visualiser les choses (qui peut desservir dans d’autres situations, je l’admets volontiers). J’ai dû réussir à prendre malgré moi suffisamment de distance, et d’un coup cette image s’est imposée à moi:

sictransit.jpg (copyright à Goscinny et Uderzo bien sûr)

A vrai dire, ce n’était pas exactement celle-là, mais ça donne une idée: vous savez, ces pirates qui nous font hurler de rire dans les albums, parce qu’ils en viennent à attraper la hache, et saborder leur propre bateau pour éviter les Gaulois qu’ils sont sur le point de croiser?

Nous, c’est ça. Mon grand Yaka était le pirate avec sa hache. Et avec sa petite phrase sortie du coeur, il a donné quelques sacrés coups de hache dans le ponton. On a d’un coup basculé et pris quelques voies d’eau bien salées.
J’ai partagé ma trouvaille avec mes collègues. Ca les a fait sourire, quelques secondes.

Je ne suis pas trop exigeante, ces temps, ça m’a suffi à alléger un tout petit peu ma journée. Un tout petit peu…

Et non, je vous confirme, ces lieux ne seront pas le bureau des pleurs, mais de temps en temps ça soulage, et puis quand l’inspiration vient, on ne va pas s’en priver quand même…

Comme dans une mauvaise série B

Non non, je n’avais pas délaissé mes pages, vous allez comprendre…

Vous savez, dans les romans ou les feuilletons, ou les films, on voit ces gens qui vont partir en vacances et qui courent partout, 4 dossiers à la main, 2 téléphones scotchés à l’oreille. Et lorsqu’ils reviennent de congé, détendus, souriants, bronzés (optionnel…), tout leur retombe dessus à peine le temps de s’asseoir sur la chaise. A la réflexion, on peut également lire ça dans les BD.

Et moi, ben j’expérimente le fait qu’il ne s’agit pas que de romans, feuilletons, films, BD….Et je n’ai pas pour autant l’impression de me prendre pour une héroïne.
J’ai toujours été relativement philosophe quant à mes départs en vacances. Ma conscience personnelle, et mon organisation parfois un peu aléatoire, font que la journée, voire les 2 jours qui précèdent mon départ sont toujours surchargés. Parce que j’ai à coeur de laisser les dossiers les plus clairs possibles, mes collègues les mieux informés, et un minimum de coquilles derrière moi. J’assume donc le fait de faire quelques heures sup, ça n’en rend que plus délicieux le véritable départ, ce moment où je me pose dans la voiture, où je mets la radio et soupire littéralement d’aise en me disant “ok, c’est bon pour quelques jours”.

Le retour, c’est moins contrôlable. Et lorsqu’il se passe de façon délicate, j’ai tendance à me dire “pas de chance”.
Depuis hier, je me mets à penser que c’est un peu plus que du manque de chance. Déjà, mon idée de raccourcir la semaine d’un jour supplémentaire (gourmande qui en veut toujours plus) n’était peut-être pas si bonne que ça: ça ne réduit pas le nombre de galères, mais ça les concentre sur un temps plus court. Moins gérable pour les nerfs.
Avoir décroché le téléphone à la première sonnerie et m’entendre sonner les cloches pour un dossier dont je ne connais pas la première lettre a également passablement refroidi des ardeurs déjà peu présentes. Et ça n’a été qu’un enchaînement de récriminations et de plaintes, clients ou collègues, depuis le moment où j’ai reposé le combiné.

Pas contre moi, je le sais bien. Et en permanence, j’essaye de me persuader de cela. De respirer, de prendre de la distance. De me dire que je ne fais que mon boulot, de centre névralgique de l’information, positive ou négative. Avec une forte tendance vers le négatif néanmoins ces temps. J’y arrive plus ou moins bien, heureusement que je me suis reposée mais ça risque de ne pas durer très longtemps si on continue à ce rythme.

Le week-end, c’est demain! Heureusement. Mais il va falloir faire un peu de stock de vitamines pour aborder la semaine complète dès lundi prochain…

rose-bruniquel.jpg

Un peu de douceur odorante dans ce monde de brutes….

Le bonheur salarial

Hier, j’ai reçu la première newsletter de Luc, qui s’interrogeait (et nous interrogeait en même temps) notamment sur le moral ambiant dans les entreprises, autres que petites pme familiales et solidaires.

Est-ce que la morosité ambiante est vraiment aussi répandue qu’il y paraît, est-ce qu’on n’a pas tendance à se laisser envahir par des images négatives et les filtres qu’on nous offre, au risque de noircir tout le tableau sans laisser de place à un minimum d’optimisme?

Je vais lui répondre, et puis j’en profite ici, non pas pour pleurnicher une énième fois sur mon sort, qui n’est pas plus déplorable que bien d’autres salariés à l’heure actuelle. Simplement parce que j’ai reçu ce matin, en écho à ces interrogations, une petite image qui m’a beaucoup faire rire et que je voulais vous offrir. Et comme un hasard n’en est jamais vraiment un, je me suis dit que c’était à point nommé, et que j’allais partager.
Je pense que tous ceux qui travaillent dans des sociétés de service sauront s’y retrouver. En l’occurrence, j’ai l’impression que le dessinateur (dont j’ignore tout, ce qui m’empêche d’indiquer les crédits) est venu faire une immersion de 24 heures dans nos locaux (il n’en faut pas plus pour saisir la panique et la désorganisation générales) avant de réaliser un compte rendu qui vaut mieux qu’un document de 100 pages.

inwi.jpg

Le jeu actuel, dans notre entreprise (et, je le crains, un peu partout), c’est celui de la patate chaude. On récolte inévitablement des ennuis, dûs à notre désorganisation, manque de motivation, manque de main d’oeuvre, et ensuite, la chaîne s’enclenche: le technicien refile le bébé au chargé de projet, qui le refile au commercial, qui évite que ça tombe dans les mains du directeur, mais quand ça lui arrive inévitablement dessus, ça redescend chaînon après chaînon, passe par le sous-traitant, revient sur les administratifs et fournisseurs, et recommence en cercles infinis. Ca se solde soit par une solution bancale qui tiendra le temps qu’on range le dossier, mais pas qu’il prenne la poussière, ou par la perte du client.

Voilà dans quoi je me débats (moi, et toute l’équipe, et tous les autres qui ont ma compassion la plus totale) depuis de nombreux mois. Autant en rire.
Alors oui, Luc, je pense que malheureusement tu as raison: le gouffre entre les valeurs humaines, les obligations financières, de rentabilité et de rendement, la perte de satisfaction de son propre rôle, est devenu tel que la morosité ne peut que se transformer en dépression profonde. Et si j’avais la solution pour sortir de ce genre de schéma, je serais probablement déjà ailleurs, et je n’aurais probablement pas le temps de bloguer.

Pour moi, ma propre réponse est trouvée, et clairement: je passe ici le temps qu’il faut pour renflouer les caisses, me former en parallèle, m’assurer au maximum de la solidité de mes idées, et dans un avenir que je souhaite pas trop lointain mais que je suis encore incapable d’évaluer (raison pour laquelle je ne parviens pas toujours à cultiver le détachement et l’humour que je souhaiterais avoir face aux multiples rebonds et problèmes professionnels), je partirai, le moins mal possible, pour enfin m’investir dans une tâche qui répond à mes valeurs, où je serai quasi seule juge ou presque. Je prendrai d’autres risques, j’aurai d’autres stress à surmonter, mais après un certain nombre d’années passées dans le salariat, je constate que ce n’est résolument pas fait pour moi.

Mais les autres? Je souhaite à chacun de trouver son chemin. Sa soupape de sécurité. Sa petite BD qui le fera sourire, son projet, qu’il soit professionnel ou personnel, afin de tenir. Sans se laisser dévorer. Ou alors, d’avoir suffisamment de force, d’énergie et de persuasion pour faire changer les choses.
J’ai envie d’y croire, parce que je suis optimiste. Si, je vous l’assure, par 4° et une pluie continue depuis maintenant 3 jours un 6 Mai, je suis optimiste. Folle et acharnée, mais tant pis!

Non ce blog n’est pas mort (malgré les apparences)

Il faut savoir qu’une période de vacances est toujours encadrée par 2 journées foireuses (pour rester polie). C’est même le minimum syndical exigé: celle qui précède le départ, où d’un coup tout le monde se prend à vouloir “les choses en urgence mais bon on sait bien que tu pars ce soir mais si tu pouvais le faire quand même ce serait génial”, et celle du retour où, la tête encore dans les nuages, au pays des bisounours, on revient et on voit le tas de papiers qui s’est accumulé sur le bureau, plus ou moins trié par des collègues compatissants, mais auquel il faudra quand même s’atteler, si possible pas trop tard.
Et tout ce qui n’a pas pu être fait avant le départ et qui devient donc là “ultra urgent pour hier, on sait que tu reviens de vacances on est désolés mais là ça ne peut plus attendre”.

Voilà donc dans quel univers je me débats depuis hier, d’avoir osé prétendre à une semaine et un jour de vacances, qui étaient fort réussies et divinement bonnes, mais passées trop vite bien entendu, et surtout suite auxquelles la reprise est si douloureuse.

J’en reviens requinquée. Vu le rythme supporté, je sais pas si ça va durer longtemps, mais n’empêche. Cocooning absolu, une journée à la montagne pour laquelle je maintiens le suspense, ça fera office d’un billet prochainement, une ou deux sorties en ville, balades, billard, rattrapage de séries en retard, films, gourmandises. Etre à 2 enfin, toute une semaine ,ce qui ne nous était encore jamais arrivé, et cette fois sans surprise de dernière minute.
Tout cela mêlé, et par-dessus, en petit chapeau, l’envie qui revient d’écrire ici, de tout et de rien, et de partager futilités et événements plus importants. Pourvu que ça dure!

La leçon (si j’en avais besoin, et de toute façon ce n’est pas une nouveauté) que je tire de cette reprise, de cette difficulté à me motiver pour me lever le matin, retourner au bureau, malgré l’affection que je porte à mon équipe, mes collègues, malgré l’envie de partager de bons moments de groupe, c’est que je ne suis pas à ma place. Que plus le temps passe, plus ça hurle et crie en moi, et qu’il est urgent que je mette en oeuvre toutes mes ressources, toutes mes forces pour faire avancer cette reconversion professionnelle.
Le plaisir de se rendre au travail. Y aller avec le sourire, envisager un retour de vacances autrement que comme une douleur, ce sont autant de détails qui n’en sont pas, qui me sont essntiels, et que j’aspire à connaître, enfin, pour une fois. Parce que dans ma courte carrière, ce sont des sensations qui me sont pratiquement inconnues, et c’est comme si je n’étais pas entière…

Un peu voyeuse, un peu menteuse

Une petite chaîne tourne sur la blogosphère, que j’ai notamment retrouvée chez Chiboum et chez Valérie, mais également à bien d’autres endroits.
En gros, c’est même une double chaîne qui parfois regroupe le même sujet: le lieu de travail, et le “d’où tu blogges”?

Parce que oui, je l’avoue et le confesse dans ces pages (Grand Yaka, ne tombez surtout pas ici!), je blogge bien souvent au travail.
J’ai chez moi un ordinateur portable qui date à peu près de la guerre de 14 (limite, il faudrait que je pédale pour le faire marcher) et qui remplit ses bons et loyaux services tant que faire se peut (mais je commence à lui en demander un peu trop, là, il fatigue). Donc je n’ai pas de réel bureau, et j’avoue que pour l’instant, je ne suis pas franchement à l’aise à l’idée de photographier mon salon dans son ensemble.

Donc, je blogge au travail, ce que je suis d’ailleurs précisément en train de faire. Non, je n’ai pas honte (si un tout petit peu mais tant pis).
La difficulté majeure, puisque je suis en simili open space, était surtout de justifier auprès de mes collègues la raison de la présence de mon appareil photo pas du tout discret, et ma volonté aussi soudaine de mitrailler un lieu qui n’a franchement rien d’attrayant outre mesure.
C’est là qu’après avoir été voyeuse chez vous (j’adore voir les lieux des autres qui ont moins de peine que moi, semble-t-il, à les montrer), je deviens menteuse: argument tout trouvé pour répondre à la curiosité de mes collègues: “Miss Blondinette avait très envie de savoir où je travaillais, comme je ne peux pour l’instant pas l’amener, eh bien je lui fais des photos”.
Oui, là j’ai carrément honte.
M’enfin c’est passé. Et puis pour me rattraper, j’ai quand même montré ces photos à Miss Blondinette. Elle en a particulièrement aimé une, je vous laisse deviner laquelle.

Alors voilà, tadam, le bureau. Et parce que je ne suis pas (trop) égoïste, je vous ai également mis le bureau de mon collègue, à qui appartient la charmante petite figurine jaune sur laquelle j’ai fondu dès mon arrivée, mais qu’il n’a jamais voulu me prêter, pfff!

boulot2.jpg

Mes classeurs oranges de recouvrement (qui montent avec moi à Paris la semaine prochaine, mon sac sera lourd et ce ne sera pas pour des affaires de fille!)
Le standard que j’ai la grande responsabilité de tenir
Un pot de yaourt pour les stylos
Un sous main gribouillé et plein de tâches de thé
Un bureau en creux, ce qui fait que je ne suis jamais droite, ne cesse de me tourner dans tous les sens, et que mon mal de dos est très loin de s’améliorer! 

Qui OSE dire qu’il y a plus de bazard sur mon bureau que sur celui de mon collègue??? Eh bien vous avez raison!
Et oui, malgré la lueur du flash, c’est bien un splendide patio vert que vous devinez derrière la baie vitrée. Je lui tourne le dos toute la journée (ceci pour avoir vue à l’extérieur, il y a pire quand même, pensées pour toi Chiboum), mais c’est quand même un délice à voir. Et d’entendre la petite fontaine quand on sort, et qu’on va aux toilettes…comment dire…ça encourage!

Infantilisation

Ca fait maintenant 2 ou 3 fois qu’au détour d’une télévision mise en bruit de fond, je lève la tête au moment d’un spot, entre le journal télévisé et une cinquantième pub, qui nous explique comment nous soigner pour un rhume, une tendinite à l’épaule, ou que sais-je encore.
La première fois, je me suis demandée ce que ça pouvait bien faire là: pas vraiment une pub mais pas un reportage médical non plus, les conseils tombent généralement sous le sens et se terminent tous de la même manière: n’hésitez pas à aller consulter votre médecin généraliste.
Je ne comprends pas.

Entre ces nouveautés, les spots ciblés sur la méchante-grippe, et les conseils incessants aux enfants, version Bisounours ou dessins animés (ne pas manger trop salé, trop sucré, trop gras, trop, pas assez, trop liquide et entre les repas), on se retrouve devant le parfait exemple du trop d’information tue l’information.
On trie comment?

Que l’on profite de certaines occasions, un virus un peu insistant notamment, pour rappeler des bases d’hygiènes à tout un chacun, soit.
Qu’on essaye d’expliquer à nos enfants que tous les repas ne se composent pas de clown au nez rouge et de fraises roses, passe encore. Soit dit en passant, pour l’application sur le terrain, Miss Blondinette sait très très bien réciter la phrase qui passe à la télé, mais continue à expliquer que son repas préféré, c’est des frites et un steak haché, et qu’elle aimerait bien manger des bonbons à tous les goûters. Entre la théorie et l’application, il doit manquer une case dans leur communication, m’enfin, c’est déjà tout à leur honneur d’essayer.

Mais pourquoi en rajouter?? En quoi est-ce pertinent de nous expliquer tout soudain le lundi entre la poire et le dessert ce qu’il faut faire lors d’une douleur à l’épaule, le mardi à propos d’une fracture, le mercredi pour une angine.
Quelle est la pertinence, là, maintenant? Pas assez de parano ambiante? Pas assez d’hypocondriaques?
Et puis leurs schémas sont très mignons, mais j’ai vraiment l’impression d’être prise pour une gamine. Oui, je me doute qu’il faut que j’appelle mon médecin. Que je ne me fasse pas d’auto prescription. Que je ne joue pas avec le feu. Ils veulent me le faire en version dessin animé aussi?

Et pour terminer en beauté cette note un peu décousue, il n’y a pas que la télé pour nous prendre pour des gamins:
Aujourd’hui, roulement de tambours, nous avons reçu au boulot les petites fioles de gel hydro-alcoolique supposées éloigner les grands méchants microbes et qui vont nous permettre de garder toute entreprise rentable (surtout rentable!)
Et pour être sûr qu’on va bien les distribuer, et ne pas les oublier dans un coin du stock, ce que nous serions tous ici fortement tentés de faire, on nous fait à chacun signer une attestation en bonne et due forme de remise en main propre (sale au demeurant, vu que nous signons avant même d’avoir reçu les fioles).
Y’a des jours, je me dis que non seulement on a du temps à perdre au boulot, mais que résolument, il faut que je débranche la télé….

Joyeux bazar

D’aussi loin que je me souvienne, mon bureau a toujours été jonché de papiers divers et variés. J’arrivais à garder un semblant d’ordre dans ma chambre (excepté les habits, cheval de bataille récurrent de ma mère), mais le bureau, c’était mon domaine, et dans mon domaine s’épanouissait le bazar.
Lorsque je faisais mes devoirs, j’arrivais toujours à trouver un petit coin disponible, que je m’empressais de recouvrir encore de feuilles, cahiers, stylos et autres accessoires nécessaires; je passais autant de temps à chercher mon compas qu’à réaliser mon exercice de maths, mais la fée des objets perdus veillait sur moi, et même si je fouillais, je finissais systématiquement par remettre la main dessus.
Une fois par mois à peu près, je prenais l’excellente résolution de tout ranger: je triais, passais une paire d’heures à remettre chaque chose à sa place, et ça durait en tout et pour tout 24h, malgré les promesses répétées que je me faisais de garder mon petit coin nickel.
Il n’était pas plus envisageable pour moi de squatter, comme certains de mes camarades, la table du salon ou de la cuisine: mes parents étaient intransigeants à ce sujet, ils avaient tout mis en place pour que nous ayons un grand bureau adéquat pour notre travail, à nous de nous débrouiller pour l’utiliser en conséquence. Quant au sol de ma chambre, j’ai testé une fois, me suis relevée avec un tel mal de dos que j’ai capitulé tout aussi vite.

Pire, cette mauvaise habitude ne m’est pas passée. Je n’ai pas de bureau personnel chez moi, j’évite donc un maximum de papiers qui traînent, et mon homme remplit à lui tout seul le quota autorisé dans un 65m2.
Mais je me rattrape allègrement au bureau, me permettant ainsi d’incarner une forme de paradoxe absolu: nous sommes 2 à gérer l’administration d’une agence d’une vingtaine de personnes. Ce qui implique un nombre certain de documents officiels en tous genres, factures, contrats et autres dossiers passablement importants et nécessitant de la rigueur. Mon collègue ne déroge pour cela pas à la tradition de sa fonction: petits tas impeccables, bien rangés, il est si maniaque qu’il n’ aura jamais plus de 3 feuilles posées en même temps devant ses yeux. Si le nombre augmente, c’est que des collègues peu scrupuleux lui seront tous tombés dessus en même temps, lui déposant chacun leurs propres documents sans penser à sa gestion des priorités. Il ne se laissera pas démonter pour autant, rangera précautionneusement chaque nouveauté dans la chemise adéquate, et reprendra son petit bonhomme de chemin à son rythme.

A moins de 2 mètres de lui, je suis un cataclysme à faire désespérer toute personne bien intentionnée. Je ne peux commencer à bosser que lorsque j’ai vidé ma chemise “dossiers en attente”, si épaisse que je dois la re-consulter chaque matin pour me souvenir de ce que j’ai à traiter. J’ouvre 3 classeurs, 2 dossiers, je perds 5 fois mon stylo, peste parce que j’ai mal rangé mon stabilo, il faut que ma tasse de thé à moitié terminée traîne au milieu de mon bordel organisé et que je manque de renverser mon verre d’eau à chaque coup de poignet, que je dégage tous les papiers qui ont investis mon ordinateur comme mûs par une vie propre pour que je puisse commencer à vaguement peut-être envisager d’être opérationnelle…
Chaque jour, en milieu de matinée ou d’après-midi, je contemple le champ de bataille d’un air désespéré. Je range ici et là un peu, ressors tout et recommence. Je serais sans aucun doute bien plus efficace si j’étais plus structurée, mais si ça remonte aussi loin, c’est que je suis fort probablement un cas désespéré, et à vrai dire, je fais assez peu d’efforts dans le sens de l’améliration, je l’avoue.

Alors quand je lis à droite ou à gauche que le propre d’une bonne assistante c’est d’être soignée, rigoureuse et rangée… Si je suis pessimiste, je me dis qu’il n’y a qu’à regarder mon bureau pour constater à quel point je ne suis pas faite pour ce poste; et dans mes périodes d’optimisme, je me dis qu’il faut bien une exception à toute règle, et que je l’incarne de facto!

Le roi du palindrome

Je suis une énième fois malade depuis le début de l’année. La crève, la toux, et sous la canicule c’est d’autant plus plaisant et agréable.
Alors forcément, mes réflexions ne volent pas très haut. Encore moins au boulot, en fin d’après-midi, quand la fatigue et la lassitude s’accompagnent de l’absence bénie du grand yaka.

C’est ainsi que, par je ne sais quels détours que j’ai déjà oubliés, nous en sommes arrivés à parler de palindrome. Et que d’un coup, vibrante, mes origines sont remontées aussi sec en nommant le plus connu des palindromes en Suisse: “Sugus”.
Un Sugus, c’est ça.
Aussi sûrement que le chocolat, tout enfant de mon pays natal connaît ce merveilleux petit bonbon carré, emballé dans un papier, et dont la couleur change selon l’arôme: citron, framboise, orange. Chacun avait son préféré, et quand un paquet s’ouvrait, c’était la guerre pour en avoir le plus grand nombre possible de nos préférés. Ils avaient leur place à tous les goûters d’anniversaire, tous les pic nics déstructurés, tous les bocaux de sucreries dignes de ce nom.

Vous avez la même chose ici en France. Après recherches, ça s’appelle K.rema. vous admettrez quand même que ça a nettement moins de charme. Et que ça ne peut ni se lire à l’envers, ni se prononcer avec un cheveu sur la langue pour rendre les choses encore plus amusantes et délicieuses.

Les Sugus font partie des madeleines de Proust de mon enfance. Avec les petits pains au lait, les branches C@illez, les taillés auxs greubons et les délices au beurre.
Dès que je serai à nouveau malade, et que j’aurai les neurones encore plus en bouillie, suffisamment pour perdre toute notion d’intérêt de billet pour un lectorat pas forcément très fourni (et que je ne conserverai plus, c’est sûr), je vous parlerai peut-être de toutes ces bonnes choses.
En attendant, cet été à mon retour de vacances, je ferai découvrir à mes collègues les véritables Sugus Suisses (à prononcer rapidement et plusieurs fois à la suite!)