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Archive de la catégorie ma petite entreprise

Brève de l’été indien - comme un goût de chocolat dans l’air

Aujourd’hui, j’ai amené un gateau au chocolat au boulot (qui ne se réchauffe même pas au micro ondes, et qui plus est, que je n’ai même pas confectionné, honte à moi et merci mon cher et tendre d’avoir assuré et joué le parfait cuisinier unanimement salué).
Aujourd’hui, ça fait 2 ans pile poil que je suis dans cette boîte, ce qui en soit est un record personnel (et méritait un geste, ce n’était pas qu’un prétexte pour s’en mettre plein la panse). Non que je papillonne volontiers professionnellement, mais les circonstances de vie ont fait que j’ai dû bien souvent changer. Je crois qu’il n’y a que dans ma première entreprise que je suis restée aussi longtemps (et encore, il faudrait que je reprenne mon CV pour être sûre).

Aujourd’hui, malgré la présence dans les lieux de GrandDuconYaka, qui a osé me demander “en quel honneur” le gateau et à qui j’ai balancé une réponse dont, je l’avoue, je pourrais rougir (mais en fait j’en suis très fière), il régnait une ambiance bon enfant, rires et blagues qui fusaient. Ce n’était pas (que) à cause du chocolat du petit déjeûner. Peut-être l’été qui joue les prolongations, le déjeuner en terrasse, l’envie d’arrêter de se prendre la tête au moins une fois par semaine.

Aujourd’hui, alors que je suis plongée dans d’intenses réflexions sur ma réorientation professionnelle, mes envies de me tailler fissa de là où je suis et d’enfin m’envoler, prendre mon indépendance, oser, courir et foncer, je me dis qu’il me manquera peut-être une chose qu’il faudra que je recrée d’une façon ou d’une autre: cette ambiance d’équipe, ces partages de blagues vaseuses ou de réflexions un poil plus profondes (ou pas, mais peu importe), la bise qu’on fait le matin en arrivant, le coup de main qu’on se refile, les infos qu’on s’échange. Je ne suis pas une travailleuse solitaire, et j’ai intérêt à ne pas l’oublier, ça pourrait vite peser.

Aujourd’hui, il y avait un petit air de légèreté malgré une atmosphère toujours alourdie de questionnements….

pont-martels.jpg

Toute la symbolique d’un pont entre deux rivages….

Petites revendications et grande victoire

Chers lecteurs,

A l’heure où je vous écris, l’heure est grave sur le chapitre de nos revendications. C’est une grande victoire que nous avons remportée sur l’idiotie patronale.

Je suis consciente que le pays entier est en ébullition sur le grand débat de l’âge de la retraite, et du droit au repos bien mérité. N’ayant toujours pas décidé de faire de ces pages un lieu de débat politique, sauf coup de sang appuyé et non contenu, je ne me prononcerai pas sur ce chapitre.

C’est une autre bataille que nous avons menée dans notre agence fortifiée. Et au prix d’usure, d’insistance, d’un travail de sape dûment conduit, nous avons arraché un succès grâce à un travail d’équipe soudée, et un espoir constamment nourri.

Il faut le savoir, notre Yaka à nous est une personne d’une mesquinerie, d’une petitesse et d’une bêtise sans fond. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ses traits de caractère dans ces pages, et croyez-moi, avec le temps et les bouleversements que nous connaissons, c’est loin de s’arranger.
C’est ainsi que n’ayant pas grand moyen de pression pour nous impressionner, il cherche les leviers qui sont à sa hauteur: c’est à dire très bas.

Nous avons la chance d’être une entreprise bénéficiant (pour l’instant, mais j’ignore combien de temps encore) de quelques avantages en nature, tels que les tickets resto.
Chance fortement compensée par l’emplacement de notre agence: au milieu d’une zone industrielle, où toute restauration possible dans les quelques kilomètres à la ronde est chère et surtout peu variée. Avec les bouchons à l’aller et au retour en prime. Ma balance ne me dit pas merci d’avoir testé cette solution à mon arrivée il y a 2 ans.

Dans l’agence, c’est le néant absolu: jusqu’à il y a peu, la seule machine à café dont nous bénéficions était une machine à ulcère immédiat, la capsule coûtait 0.40€, et pour avoir mal au ventre toute la journée, c’était cher payé! J’ai réussi à imposer ma propre bouilloire grâce à la collègue qui m’a précédé à mon poste: il faut savoir que notre Yaka n’est pas un courageux: il sait dire non, mais quand on le met devant le fait accompli, il n’ose rien rétorquer.

Nous étions devenu l’agence mythique de France et de Navarre: la seule où les collaborateurs payent leur café (imbuvable), et la seule qui n’a pas un frigo et un micro-ondes pour les repas. Fanion que nous n’étions pas très fiers de porter. Et malgré nos revendications répétées auprès du Yaka, la réponse restait la même: il n’y était légalement pas contraint, puisqu’on nous fournissait un moyen de payer nos repas, et il ne voulait pas. Pour d’obscures raisons de sécurité totalement ridicules, qui ne faisaient que cacher son incapacité à débourser la somme d’une cafetière et d’un micro-ondes, y compris sur le budget de l’agence (qu’on lui aurait validé les yeux fermés).

Depuis quelques temps, nous sommes réunis sous la houlette de la grande ville du Sud Ouest du coin. Avec un Plus Grand Yaka, plus intelligent (pas dur) et surtout un peu plus sensible. Mais surtout, cette autre agence bénéficie depuis fort longtemps, à notre émerveillement le plus pur, de la pointe de la technologie: bouilloire, micro ondes, cafetière et frigo, ravitaillement de boissons gracieusement pris en charge par le budget agence! Un rêve inaccessible, un paradis absolu!
Malgré cela, l’obstination de notre Yaka local n’a pas cédé d’un pouce. Oh certes, nous aurions pu arriver un jour avec notre micro-ondes, on commençait à en parler, à demander qui était ok pour qu’on se cotise. Mais c’était nous avouer vaincus d’une certaine façon, et le pire, c’est qu’on était persuadés que le premier à en profiter serait celui qui nous refusait depuis si longtemps cet achat. Et de cela, il n’était pas question.

Le Plus Grand Yaka est un fin politicien: il a vite cerné la problématique chez nous, et a souhaité nous offrir un encouragement, nous montrer son immense compréhension. C’est ainsi qu’un jour, sous nos yeux goguenards, nous avons vu notre tout petit chef penaud raccrocher son portable, partir avec le chéquier agence, et revenir une bonne heure plus tard avec une cafetière. Et des dosettes. Gratuites. Le premier miracle eut lieu, une lueur apparaissait, l’espoir renaissait, tout n’était pas perdu.

Nous avons passé l’été à manger des salades. De mon côté, à regarder d’un air désespéré le matin les bons petits plats cuisinés la veille, mis au frais au frigo et que je ne pouvais pas emmener et manger à midi, faute de pouvoir les réchauffer. Quand il fait 30 degrés dehors, ce n’est pas trop grave, mais l’hiver, c’est un peu plus dur de ne même pas pouvoir se réchauffer par la nourriture. Et les soupes, ça va un moment, quand même.

Et aujourd’hui, à l’heure des présentations du nouveau responsable technique, un second geste de paix (je finis par trouver l’affaire louche, serait-ce en rapport avec le chiffre qu’on nous demande de réaliser en fin de mois?) eut lieu: le Plus Grand Yaka l’a fait arriver avec notre micro-ondes tant attendu. Diplomatiquement brillant: le poste et la position du responsable technique s’annoncent délicats, mais arriver avec l’objet tant convoité, celui de nos désirs les plus chers, c’est déjà le faire rentrer dans nos petits papiers.

Notre tout tout petit yaka n’est pas là. J’ignore s’il est au courant de ce qui s’est tramé derrière son dos.
Demain, nous inaugurons le repas chaud à midi, et nous guetterons avec attention ce qui traversera le regard de ce tout petit mesquin, et combien de temps il lui faudra pour se réchauffer sa propre gamelle. Il aura intérêt, ce jour-là, à arriver en armure et supporter les railleries.

Champagne, mes amis…

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Vous croyez que l’année prochaine, on peut espérer le frigo? Rhoo, ben oui, on n’est jamais satisfaits!

Brève d’été - Sas de décompression

La trentaine de kilomètres quotidienne que j’ai à faire pour aller et revenir du boulot sont des moments importants pour moi. Des moments de tranquilité où je me réveille péniblement le matin, et où j’essaye de souffler le soir.

Comme j’ai un auto-radio aussi vieux qu’Hérode, et c’est peu dire, je suis à peu près recalée aux stations radio à portée d’antenne. Jusqu’ici, j’avais trouvé des programmes pas désagréables qui accompagnaient mes embouteillages et mes trajets.
Et exactement comme l’a dit Anne hier, je suis depuis Lundi fort dépourvue quant aux changements de programmes de la rentrée; rien qui ne me plaise, ne me fasse me sentir à l’aise, j’erre dépitée d’une station à l’autre. Je vais devoir faire l’investissement d’un outil moderne avec prise mp3 afin de pouvoir écouter mes podcasts, mais ça ne résoudra qu’à moitié le problème (le matin, je préfère quand même avoir des nouvelles plus fraîches).

Ces temps, bouleversements au travail, incertitudes de l’avenir, le trajet du retour me tient particulièrement à coeur. Je le prends comme un sas de décompression (pas toujours évident quand je m’énerve contre les chauffards). Un moment où je laisse derrière moi, derrière mon épaule les soucis quotidiens liés au professionnel, et où je peux me focaliser sur ce qui m’attend à la maison, toute la douceur de la soirée qui s’annonce, des envies de passer ces quelques heures à 2, ou à 3. Retrouver mon amoureux qui est maintenant présent à mon retour, échanger avec lui quelques phrases, donner le top départ du moment le plus agréable de la journée.
Et je peine à le faire. J’ai écouté cet été des émissions très intéressantes, mais qui ne m’ont pas sorti de mon univers, ou de certaines pensées moroses sur l’avenir pas franchement agréable, sur les questions de société, les interrogations du quotidien.
Ce n’est pas faute d’avoir cherché de la bonne musique, mais là encore, choux blanc, et surtout je n’arrive pas à rester sur du “juste musical”. Il me faudrait un mélange.
Du coup, je rentre chez moi encore trop à cran, et je dois faire un gros effort pour ne pas ramener en boulet derrière moi tout ce que j’ai emmagasiné pendant la journée, et qui n’a pas sa place dans notre foyer. C’est un moment délicat à passer, un virage que je ne négocie pas encore correctement.

Ca, c’est un coup à me conforter dans l’idée que le trajet moto, s’il ne résoudra pas les problèmes sur la route, m’éviteront de m’interroger sur la meilleure façon d’accompagner ces kilomètres….

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Douceur et lumière de fin de journée, pendant ces vacances où il n’y avait rien d’autre à évacuer que la saine fatigue des baignades et promenades…

Objet insolite non identifié

Chez nous au bureau, les objets translatent facilement. Et comme mon collègue et moi sommes les seuls à être en open space, soit pile au centre de l’agence, il va sans dire que la géographie de notre plan de travail est encore plus aléatoire qu’ailleurs.
C’est ainsi que je pars le soir en ayant 5 stylos, une gomme, une agrapheuse et une perforatrice, et que le lendemain je me retrouve avec 2 stylos, 3 crayons et plus rien d’autre.

On le prend avec une certaine philosophie. On sait qui a une préférence pour les stylos rouges, qui aime les feutres noires, épais ou plus fins. On va chercher, on récupère, on fait la cueillette, on crie un peu ou non, on jure de mettre sous clé, mais ça apporte encore plus de vie au bureau.

Et puis un jour, alors que je ne suis pas franchement tout près du stock et surtout pas celle qui s’en occupe, je me suis retrouvée avec ceci sur le bureau:

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(Pour être plus exacte, je n’avais que le gros bouton très rouge. Pas le socle jaune)

Méfiante, je n’ai pas osé le toucher tout de suite, et j’ai demandé à la cantonnade à qui ça appartenait et surtout à quel client ça allait pouvoir manquer.
Devant le silence consciencieux de chacun, je me le suis finalement approprié, on a fait connaissance et je l’ai adopté. C’est qu’il est plutôt amusant ce bouton, on le presse, et pour le débloquer, il faut lui faire faire un quart de tour. Quand on a besoin de s’occuper les mains, c’est l’idéal.
Mon collègue, attentif et prévenant, est arrivé peu de temps après avec le socle jaune. “Puisque tu le gardes, je vais te le compléter”.
Soit. Assumons jusqu’au bout. Et c’est comme ça que je me retrouve avec cet énorme buzzer sur mon bureau. Ca met de la couleur dans le paysage, j’en suis toute fière.
Mon Yaka, il y a peu, a tenté une approche: “Mais que faites-vous avec ça? Donnez-le moi, je vais le remettre au stock”.
J’ai rugi: pas question! Pourquoi est-ce qu’on réprime la moindre touche d’originalité par ici? On ne reçoit que très peu de clients, il n’y a aucune raison de se priver. Tout comme notre liste de courses affichées sur le calendrier entre mon collègue et moi: “chamallows, bières, chocolat x 2″….Elle a été effacée 3 fois, mais devant notre obstination à la réécrire, celui qu’on sait coupable a cédé, une fois de plus. (pour autant, on ne se fait pas franchement réapprovisionner, dommage)

Avant-hier, un charmant livreur que l’on commence à connaître bloque sur mon joujou et me demande évidemment à quoi ça sert. Un peu grognon ce jour-là, je lui réponds du tac au tac: “je me jette dessus quand mes collègues commencent à me gonfler, et ça déclenche un mécanisme de bombe à retardement qui pourrait leur exploser à la figure s’ils abusent, mais ils n’ont jamais osé aller jusqu’au bout”.

N’empêche, c’est vrai (noooooon, pas la bombe, quand même!!). Quand vraiment je suis à bout, il m’arrive de l’empoigner pour rageusement appuyer dessus. Ca ne vaut pas un punching ball, mais ça calme momentanément les nerfs.

Et voilà pour la petite note bien décalée de fin de semaine…Bon week-end de novembre à tous!!

Auto-sabordage

Hier, une nouvelle fois, alors que le moral de l’équipe est au plus bas, que j’ai l’impression de devoir prendre un treuil chaque matin pour les hisser, leur arracher un sourire (tout ne dépend pas de ma petite personne bien sûr, mais j’ai une très nette préférence à voir sourire les collègues que j’apprécie, et mon moral dépend un peu du leur, il faut bien l’avouer), notre bien-aimé Yaka (ne cherchez pas c’est ironique) a encore sorti une belle pépite.

Une pépite en or, une pépite même en diamant, une phrase tellement énorme, tellement sortie du fin fond de sa conscience vraiment de plus en plus sale qu’on a d’abord tous regretté de ne pas avoir, quelque part caché, un dictaphone qui tournait, et surtout lorsqu’il a tourné les talons, on s’est regardés pour s’assurer qu’on avait tous bien compris la même chose. Et pire même, qu’il ne plaisantait pas, le doute ne laissait pas de place.

Il a peut-être des circonstances atténuantes, moi qui suis assez prompte à chercher des explications je pourrais en trouver, mais il n’en a clairement pas plus que nous. Loin de là. L’agence ressemble à une cocotte minute sous pression et vraiment prête à exploser, je suppose que nous ne sommes pas une petite exception loin retranchée au Sud-Ouest, et si le siège est à notre image, il y a de quoi se faire un réel souci. A tous les étages.
Alors la moindre des choses que l’on peut attendre d’un dirigeant, d’un responsable qui a une vingtaine d’années de boîte, c’est de sortir un discours diplomatique, compréhensif et de soutien. Les 3 essentiels qu’il n’a pas, ne me demandez donc pas pourquoi il est à ce poste, j’ai classé ça depuis quelques temps dans les grands mystères de l’univers de l’entreprise à résoudre. Faites-moi signe si vous avez l’illumination.

Hier, donc, après s’être retiré avec le plus de panache possible (il a bien senti la tension monter de quelques crans avant cela) et semé la consternation la plus absolue sur les quelques membres de l’équipe qui avaient eu la chance d’assister à la naissance de ce diamant (les autres l’ont appris dans la foulée, imaginez une traînée de poudre, la phrase s’est répétée aussi vite), j’ai senti une chape de plomb s’abattre, et je me suis dit qu’en matière de sourires, il allait falloir sortir la très grosse artillerie pour les récupérer.

C’est dans ces moments que je bénis ma mémoire photographique. Ou ma capacité à visualiser les choses (qui peut desservir dans d’autres situations, je l’admets volontiers). J’ai dû réussir à prendre malgré moi suffisamment de distance, et d’un coup cette image s’est imposée à moi:

sictransit.jpg (copyright à Goscinny et Uderzo bien sûr)

A vrai dire, ce n’était pas exactement celle-là, mais ça donne une idée: vous savez, ces pirates qui nous font hurler de rire dans les albums, parce qu’ils en viennent à attraper la hache, et saborder leur propre bateau pour éviter les Gaulois qu’ils sont sur le point de croiser?

Nous, c’est ça. Mon grand Yaka était le pirate avec sa hache. Et avec sa petite phrase sortie du coeur, il a donné quelques sacrés coups de hache dans le ponton. On a d’un coup basculé et pris quelques voies d’eau bien salées.
J’ai partagé ma trouvaille avec mes collègues. Ca les a fait sourire, quelques secondes.

Je ne suis pas trop exigeante, ces temps, ça m’a suffi à alléger un tout petit peu ma journée. Un tout petit peu…

Et non, je vous confirme, ces lieux ne seront pas le bureau des pleurs, mais de temps en temps ça soulage, et puis quand l’inspiration vient, on ne va pas s’en priver quand même…

Comme dans une mauvaise série B

Non non, je n’avais pas délaissé mes pages, vous allez comprendre…

Vous savez, dans les romans ou les feuilletons, ou les films, on voit ces gens qui vont partir en vacances et qui courent partout, 4 dossiers à la main, 2 téléphones scotchés à l’oreille. Et lorsqu’ils reviennent de congé, détendus, souriants, bronzés (optionnel…), tout leur retombe dessus à peine le temps de s’asseoir sur la chaise. A la réflexion, on peut également lire ça dans les BD.

Et moi, ben j’expérimente le fait qu’il ne s’agit pas que de romans, feuilletons, films, BD….Et je n’ai pas pour autant l’impression de me prendre pour une héroïne.
J’ai toujours été relativement philosophe quant à mes départs en vacances. Ma conscience personnelle, et mon organisation parfois un peu aléatoire, font que la journée, voire les 2 jours qui précèdent mon départ sont toujours surchargés. Parce que j’ai à coeur de laisser les dossiers les plus clairs possibles, mes collègues les mieux informés, et un minimum de coquilles derrière moi. J’assume donc le fait de faire quelques heures sup, ça n’en rend que plus délicieux le véritable départ, ce moment où je me pose dans la voiture, où je mets la radio et soupire littéralement d’aise en me disant “ok, c’est bon pour quelques jours”.

Le retour, c’est moins contrôlable. Et lorsqu’il se passe de façon délicate, j’ai tendance à me dire “pas de chance”.
Depuis hier, je me mets à penser que c’est un peu plus que du manque de chance. Déjà, mon idée de raccourcir la semaine d’un jour supplémentaire (gourmande qui en veut toujours plus) n’était peut-être pas si bonne que ça: ça ne réduit pas le nombre de galères, mais ça les concentre sur un temps plus court. Moins gérable pour les nerfs.
Avoir décroché le téléphone à la première sonnerie et m’entendre sonner les cloches pour un dossier dont je ne connais pas la première lettre a également passablement refroidi des ardeurs déjà peu présentes. Et ça n’a été qu’un enchaînement de récriminations et de plaintes, clients ou collègues, depuis le moment où j’ai reposé le combiné.

Pas contre moi, je le sais bien. Et en permanence, j’essaye de me persuader de cela. De respirer, de prendre de la distance. De me dire que je ne fais que mon boulot, de centre névralgique de l’information, positive ou négative. Avec une forte tendance vers le négatif néanmoins ces temps. J’y arrive plus ou moins bien, heureusement que je me suis reposée mais ça risque de ne pas durer très longtemps si on continue à ce rythme.

Le week-end, c’est demain! Heureusement. Mais il va falloir faire un peu de stock de vitamines pour aborder la semaine complète dès lundi prochain…

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Un peu de douceur odorante dans ce monde de brutes….

Le bonheur salarial

Hier, j’ai reçu la première newsletter de Luc, qui s’interrogeait (et nous interrogeait en même temps) notamment sur le moral ambiant dans les entreprises, autres que petites pme familiales et solidaires.

Est-ce que la morosité ambiante est vraiment aussi répandue qu’il y paraît, est-ce qu’on n’a pas tendance à se laisser envahir par des images négatives et les filtres qu’on nous offre, au risque de noircir tout le tableau sans laisser de place à un minimum d’optimisme?

Je vais lui répondre, et puis j’en profite ici, non pas pour pleurnicher une énième fois sur mon sort, qui n’est pas plus déplorable que bien d’autres salariés à l’heure actuelle. Simplement parce que j’ai reçu ce matin, en écho à ces interrogations, une petite image qui m’a beaucoup faire rire et que je voulais vous offrir. Et comme un hasard n’en est jamais vraiment un, je me suis dit que c’était à point nommé, et que j’allais partager.
Je pense que tous ceux qui travaillent dans des sociétés de service sauront s’y retrouver. En l’occurrence, j’ai l’impression que le dessinateur (dont j’ignore tout, ce qui m’empêche d’indiquer les crédits) est venu faire une immersion de 24 heures dans nos locaux (il n’en faut pas plus pour saisir la panique et la désorganisation générales) avant de réaliser un compte rendu qui vaut mieux qu’un document de 100 pages.

inwi.jpg

Le jeu actuel, dans notre entreprise (et, je le crains, un peu partout), c’est celui de la patate chaude. On récolte inévitablement des ennuis, dûs à notre désorganisation, manque de motivation, manque de main d’oeuvre, et ensuite, la chaîne s’enclenche: le technicien refile le bébé au chargé de projet, qui le refile au commercial, qui évite que ça tombe dans les mains du directeur, mais quand ça lui arrive inévitablement dessus, ça redescend chaînon après chaînon, passe par le sous-traitant, revient sur les administratifs et fournisseurs, et recommence en cercles infinis. Ca se solde soit par une solution bancale qui tiendra le temps qu’on range le dossier, mais pas qu’il prenne la poussière, ou par la perte du client.

Voilà dans quoi je me débats (moi, et toute l’équipe, et tous les autres qui ont ma compassion la plus totale) depuis de nombreux mois. Autant en rire.
Alors oui, Luc, je pense que malheureusement tu as raison: le gouffre entre les valeurs humaines, les obligations financières, de rentabilité et de rendement, la perte de satisfaction de son propre rôle, est devenu tel que la morosité ne peut que se transformer en dépression profonde. Et si j’avais la solution pour sortir de ce genre de schéma, je serais probablement déjà ailleurs, et je n’aurais probablement pas le temps de bloguer.

Pour moi, ma propre réponse est trouvée, et clairement: je passe ici le temps qu’il faut pour renflouer les caisses, me former en parallèle, m’assurer au maximum de la solidité de mes idées, et dans un avenir que je souhaite pas trop lointain mais que je suis encore incapable d’évaluer (raison pour laquelle je ne parviens pas toujours à cultiver le détachement et l’humour que je souhaiterais avoir face aux multiples rebonds et problèmes professionnels), je partirai, le moins mal possible, pour enfin m’investir dans une tâche qui répond à mes valeurs, où je serai quasi seule juge ou presque. Je prendrai d’autres risques, j’aurai d’autres stress à surmonter, mais après un certain nombre d’années passées dans le salariat, je constate que ce n’est résolument pas fait pour moi.

Mais les autres? Je souhaite à chacun de trouver son chemin. Sa soupape de sécurité. Sa petite BD qui le fera sourire, son projet, qu’il soit professionnel ou personnel, afin de tenir. Sans se laisser dévorer. Ou alors, d’avoir suffisamment de force, d’énergie et de persuasion pour faire changer les choses.
J’ai envie d’y croire, parce que je suis optimiste. Si, je vous l’assure, par 4° et une pluie continue depuis maintenant 3 jours un 6 Mai, je suis optimiste. Folle et acharnée, mais tant pis!

Non ce blog n’est pas mort (malgré les apparences)

Il faut savoir qu’une période de vacances est toujours encadrée par 2 journées foireuses (pour rester polie). C’est même le minimum syndical exigé: celle qui précède le départ, où d’un coup tout le monde se prend à vouloir “les choses en urgence mais bon on sait bien que tu pars ce soir mais si tu pouvais le faire quand même ce serait génial”, et celle du retour où, la tête encore dans les nuages, au pays des bisounours, on revient et on voit le tas de papiers qui s’est accumulé sur le bureau, plus ou moins trié par des collègues compatissants, mais auquel il faudra quand même s’atteler, si possible pas trop tard.
Et tout ce qui n’a pas pu être fait avant le départ et qui devient donc là “ultra urgent pour hier, on sait que tu reviens de vacances on est désolés mais là ça ne peut plus attendre”.

Voilà donc dans quel univers je me débats depuis hier, d’avoir osé prétendre à une semaine et un jour de vacances, qui étaient fort réussies et divinement bonnes, mais passées trop vite bien entendu, et surtout suite auxquelles la reprise est si douloureuse.

J’en reviens requinquée. Vu le rythme supporté, je sais pas si ça va durer longtemps, mais n’empêche. Cocooning absolu, une journée à la montagne pour laquelle je maintiens le suspense, ça fera office d’un billet prochainement, une ou deux sorties en ville, balades, billard, rattrapage de séries en retard, films, gourmandises. Etre à 2 enfin, toute une semaine ,ce qui ne nous était encore jamais arrivé, et cette fois sans surprise de dernière minute.
Tout cela mêlé, et par-dessus, en petit chapeau, l’envie qui revient d’écrire ici, de tout et de rien, et de partager futilités et événements plus importants. Pourvu que ça dure!

La leçon (si j’en avais besoin, et de toute façon ce n’est pas une nouveauté) que je tire de cette reprise, de cette difficulté à me motiver pour me lever le matin, retourner au bureau, malgré l’affection que je porte à mon équipe, mes collègues, malgré l’envie de partager de bons moments de groupe, c’est que je ne suis pas à ma place. Que plus le temps passe, plus ça hurle et crie en moi, et qu’il est urgent que je mette en oeuvre toutes mes ressources, toutes mes forces pour faire avancer cette reconversion professionnelle.
Le plaisir de se rendre au travail. Y aller avec le sourire, envisager un retour de vacances autrement que comme une douleur, ce sont autant de détails qui n’en sont pas, qui me sont essntiels, et que j’aspire à connaître, enfin, pour une fois. Parce que dans ma courte carrière, ce sont des sensations qui me sont pratiquement inconnues, et c’est comme si je n’étais pas entière…

Un peu voyeuse, un peu menteuse

Une petite chaîne tourne sur la blogosphère, que j’ai notamment retrouvée chez Chiboum et chez Valérie, mais également à bien d’autres endroits.
En gros, c’est même une double chaîne qui parfois regroupe le même sujet: le lieu de travail, et le “d’où tu blogges”?

Parce que oui, je l’avoue et le confesse dans ces pages (Grand Yaka, ne tombez surtout pas ici!), je blogge bien souvent au travail.
J’ai chez moi un ordinateur portable qui date à peu près de la guerre de 14 (limite, il faudrait que je pédale pour le faire marcher) et qui remplit ses bons et loyaux services tant que faire se peut (mais je commence à lui en demander un peu trop, là, il fatigue). Donc je n’ai pas de réel bureau, et j’avoue que pour l’instant, je ne suis pas franchement à l’aise à l’idée de photographier mon salon dans son ensemble.

Donc, je blogge au travail, ce que je suis d’ailleurs précisément en train de faire. Non, je n’ai pas honte (si un tout petit peu mais tant pis).
La difficulté majeure, puisque je suis en simili open space, était surtout de justifier auprès de mes collègues la raison de la présence de mon appareil photo pas du tout discret, et ma volonté aussi soudaine de mitrailler un lieu qui n’a franchement rien d’attrayant outre mesure.
C’est là qu’après avoir été voyeuse chez vous (j’adore voir les lieux des autres qui ont moins de peine que moi, semble-t-il, à les montrer), je deviens menteuse: argument tout trouvé pour répondre à la curiosité de mes collègues: “Miss Blondinette avait très envie de savoir où je travaillais, comme je ne peux pour l’instant pas l’amener, eh bien je lui fais des photos”.
Oui, là j’ai carrément honte.
M’enfin c’est passé. Et puis pour me rattraper, j’ai quand même montré ces photos à Miss Blondinette. Elle en a particulièrement aimé une, je vous laisse deviner laquelle.

Alors voilà, tadam, le bureau. Et parce que je ne suis pas (trop) égoïste, je vous ai également mis le bureau de mon collègue, à qui appartient la charmante petite figurine jaune sur laquelle j’ai fondu dès mon arrivée, mais qu’il n’a jamais voulu me prêter, pfff!

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Mes classeurs oranges de recouvrement (qui montent avec moi à Paris la semaine prochaine, mon sac sera lourd et ce ne sera pas pour des affaires de fille!)
Le standard que j’ai la grande responsabilité de tenir
Un pot de yaourt pour les stylos
Un sous main gribouillé et plein de tâches de thé
Un bureau en creux, ce qui fait que je ne suis jamais droite, ne cesse de me tourner dans tous les sens, et que mon mal de dos est très loin de s’améliorer! 

Qui OSE dire qu’il y a plus de bazard sur mon bureau que sur celui de mon collègue??? Eh bien vous avez raison!
Et oui, malgré la lueur du flash, c’est bien un splendide patio vert que vous devinez derrière la baie vitrée. Je lui tourne le dos toute la journée (ceci pour avoir vue à l’extérieur, il y a pire quand même, pensées pour toi Chiboum), mais c’est quand même un délice à voir. Et d’entendre la petite fontaine quand on sort, et qu’on va aux toilettes…comment dire…ça encourage!

Infantilisation

Ca fait maintenant 2 ou 3 fois qu’au détour d’une télévision mise en bruit de fond, je lève la tête au moment d’un spot, entre le journal télévisé et une cinquantième pub, qui nous explique comment nous soigner pour un rhume, une tendinite à l’épaule, ou que sais-je encore.
La première fois, je me suis demandée ce que ça pouvait bien faire là: pas vraiment une pub mais pas un reportage médical non plus, les conseils tombent généralement sous le sens et se terminent tous de la même manière: n’hésitez pas à aller consulter votre médecin généraliste.
Je ne comprends pas.

Entre ces nouveautés, les spots ciblés sur la méchante-grippe, et les conseils incessants aux enfants, version Bisounours ou dessins animés (ne pas manger trop salé, trop sucré, trop gras, trop, pas assez, trop liquide et entre les repas), on se retrouve devant le parfait exemple du trop d’information tue l’information.
On trie comment?

Que l’on profite de certaines occasions, un virus un peu insistant notamment, pour rappeler des bases d’hygiènes à tout un chacun, soit.
Qu’on essaye d’expliquer à nos enfants que tous les repas ne se composent pas de clown au nez rouge et de fraises roses, passe encore. Soit dit en passant, pour l’application sur le terrain, Miss Blondinette sait très très bien réciter la phrase qui passe à la télé, mais continue à expliquer que son repas préféré, c’est des frites et un steak haché, et qu’elle aimerait bien manger des bonbons à tous les goûters. Entre la théorie et l’application, il doit manquer une case dans leur communication, m’enfin, c’est déjà tout à leur honneur d’essayer.

Mais pourquoi en rajouter?? En quoi est-ce pertinent de nous expliquer tout soudain le lundi entre la poire et le dessert ce qu’il faut faire lors d’une douleur à l’épaule, le mardi à propos d’une fracture, le mercredi pour une angine.
Quelle est la pertinence, là, maintenant? Pas assez de parano ambiante? Pas assez d’hypocondriaques?
Et puis leurs schémas sont très mignons, mais j’ai vraiment l’impression d’être prise pour une gamine. Oui, je me doute qu’il faut que j’appelle mon médecin. Que je ne me fasse pas d’auto prescription. Que je ne joue pas avec le feu. Ils veulent me le faire en version dessin animé aussi?

Et pour terminer en beauté cette note un peu décousue, il n’y a pas que la télé pour nous prendre pour des gamins:
Aujourd’hui, roulement de tambours, nous avons reçu au boulot les petites fioles de gel hydro-alcoolique supposées éloigner les grands méchants microbes et qui vont nous permettre de garder toute entreprise rentable (surtout rentable!)
Et pour être sûr qu’on va bien les distribuer, et ne pas les oublier dans un coin du stock, ce que nous serions tous ici fortement tentés de faire, on nous fait à chacun signer une attestation en bonne et due forme de remise en main propre (sale au demeurant, vu que nous signons avant même d’avoir reçu les fioles).
Y’a des jours, je me dis que non seulement on a du temps à perdre au boulot, mais que résolument, il faut que je débranche la télé….