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24.6.2011 par Flo.
Taggé par M’dame Chiboum, qui cherche désespérément un moyen de me faire revenir ici, ce dont je lui suis reconnaissante, je dois révéler 7 choses que vous ignorez de moi.
Ca fait des jours que je tourne ça dans ma tête, d’abord parce que j’ignore totalement ce que j’ai pu écrire comme confidences / inepties dans ce blog fort peu entretenu mais vivotant depuis quelques années quand même (bientôt 4, et si je ramène ça au ratio du nombre de billets, c’est pitoyable), alors je vais essayer d’innover un minimum, en m’excusant d’avance de choses que vous pourriez déjà savoir.
1/ Je ne supporte pas le mensonge. C’est une réaction instinctive chez moi, je suis toujours persuadée que si je mens, tout le monde le verra sur mon visage et que je dois être atteinte du syndrome Pinocchio.
Or, une fois dans ma vie, j’ai menti éhontément, et 11 ans plus tard, je le confesse pour la première fois: l’avant veille de mon mariage, alors que mon futur beau-père m’avait prêté son énorme Espace pour aller faire une course au centre du village, je me suis garée, et dans la manoeuvre, j’ai gratté tout le flanc avant gauche (sur une autre voiture, en plus!). Paniquée, je n’ai osé ni laisser de message à la voiture d’à côté (qui heureusement n’a pas bougé le temps que je revienne, donc n’a jamais su qui lui avait fait ça), mais pire, j’ai dit à mon beau père que c’était quelqu’un d’autre qui me l’avait fait, et que je n’avais jamais pu voir qui sur le parking. Je ne sais pas pour quelle raison j’ai paniqué au point de croire que ça provoquerait un scandale, alors qu’il m’appréciait, mais voilà. J’en ai des remords aujourd’hui encore, même si sur le fond, il n’y a pas eu de souci de son côté pour se faire rembourser.
Se marier avec un tel mensonge sur la conscience, ça laissait bien augurer du reste de l’histoire, et ça n’a pas manqué…(non je n’ai aucune foi dans le karma et le fait de payer pour mes pêchés, mais parfois, je me dis que certains signes ne trompent pas…)
2/ De la même manière, le jour où mon ex m’a demandée en mariage, dans ce petit bouiboui chinois pas mauvais, et dans une forme de blague et de défi du genre “chiche”, j’ai entendu dans ma tête un énorme NON me hurler dessus. Je ne m’appelle pas Jeanne d’Arc, je vous assure, mais là, c’était très clair. Je me souviens aussi avoir dégluti, réfléchi un quart de seconde, et dit oui. Parce que j’étais jeune, gamine, innocente, parce que j’étais amoureuse, parce que je vous mets au défi de dire non à une proposition de mariage, même si ça n’a jamais été ni mon fantasme, ni mon idéal, mais quand même…parce qu’à ce moment-là déjà, je n’écoutais pas ce genre de petite voix, et je ne regardais pas tous les signes. Ce fut l’une des plus magistrales erreurs de ma vie, et il m’a fallu 7 ans ensuite pour apprendre que la voix qui se manifestait parfois dans ma tête, j’avais généralement intérêt à la prendre en compte, sinon le retour de bâton était assez douloureux…
3/ En mode girly, si j’avais une seule chose à changer chez moi (et pourtant il y en aurait des tonnes), ce serait mes cheveux. Merci à la génétique et l’hérédité, j’ai eu mes premiers cheveux blancs à 18 ans et aujourd’hui, oui je le révèle, si je ne me colorais pas régulièrement les cheveux, je serais aussi blanche qu’une mamie de 70 ans. Et j’avoue, je ne l’assume pas du tout, je ne suis pas capable d’accepter ces racines qui apparaissent beaucoup trop vite, et mon budget m’interdisant un coiffeur mensuel, je cache ça avec des colorations maison qui m’offrent un répit assez peu satisfaisant mais mieux que rien.
Du coup, mon désespoir est non seulement d’avoir perdu une qualité de cheveux soyeuse et douce, mais surtout une couleur d’origine dans les châtains auburn qui me plaisait particulièrement et que je n’ai jamais réussi à retrouver. Je sais, c’est un drame absolu…
4/ L’une des plus grandes fiertés, que j’ai eue, c’est d’avoir passé mon permis moto. Après un nombre d’heures de cours totalement éhonté et des angoisses dignes des plus grands stress que j’ai pu ressentir dans ma vie. Et du premier coup (il m’a fallu 2 tentatives pour la voiture), alors que même mon professeur m’a avoué qu’il n’y croyait pas lui-même.
L’une des plus grandes tristesses actuelles, c’est que je m’étais juré de ne pas passer ce permis moto pour ne jamais en faire, et que ça fait bientôt 7 ans que je n’ai plus touché un guidon en tant que pilote. Et forcément, plus le temps passe, moins j’ai confiance en moi. Il est évident pour moi qu’un jour je m’y remettrai, mais il est tout aussi évident que le jour où je me déciderai, je reprendrai quelques cours pour me remettre en confiance..
5/ Dans la même veine, j’ai eu mon permis bateau côtier en le passant sur la Marne. Et même si ça n’a pas été une aussi grande source de stress que la moto, ce n’était quand même pas aisé. Aujourd’hui encore, je me demande au nom de quoi l’examinateur m’a donné ce permis alors que pour la manoeuvre de l’homme à la mer, que je maîtrisais pourtant bien en exercices, j’ai consciencieusement écrasé mon noyé qui n’attendait qu’une bouée de ma part, et qui a vu une étrave lui foncer dessus. Vous me direz que la Marne étant plus étroite que la mer, la manoeuvre était moins facile, et je vous répondrai que vous êtes bien compatissants avec moi!
6/ Je n’ai pas la nationalité française, et je ne pense pas la demander. Comme je l’ai déjà écrit ici je crois, ça m’obligerait à renoncer à ma nationalité italienne, si j’ai tout bien compris. Ca reste peut-être à confirmer.
Par contre, je vote en Suisse et en Italie, par correspondance, et selon mes droit d’expatriée. Et j’y tiens. Pour la première, parce que ça me permet d’apporter ma contribution à endiguer tant bien que mal la montée de l’ultra nationalisme, pour ce que ça vaut et à défaut de le faire dans mon pays d’adoption. Pour la seconde, parce que ça me permet de aider à virer le gros tyran incapable qui a été élu à sa tête par je ne sais quelle folle entourloupe.
Cela dit, à certaines périodes et lorsque je suis à ce point consternée par tout ce que j’entends à la radio, je me dis qu’accepter une troisième nationalité serait bien aussi, histoire de simplement faire barrage avec mes petits moyens. Mais pas aux frais des 2 autres!
7/ Pour différentes raisons, certaines évoquées ici et d’autres non et qui peuvent provoquer mon silence, le début de l’année 2011 a quand même été en version montagnes russes. D’immenses bonheurs et de tout aussi grandes tristesses. Je n’ai pas pour habitude de raisonner en terme d’années, à vrai dire, mais là au solstice d’été, ça me marque suffisamment pour que je le mentionne.
L’un des derniers rebondissements en date a été le limogeage de mon boss, que je peux désormais ajouter sans aucune fierté à mon CV. Ce fut l’un des moments humainement les plus difficiles à vivre, mais c’est fait. Sans fierté, sans gloire, mais avec le sentiment que ce qui était nécessaire s’est réalisé.
Et pour rester donc sur l’idée d’une année civile, j’aimerais bien me dire que j’ai mangé le pain noir, et qu’il ne reste que le meilleur à venir….
Ce tag a tellement tourné et retourné dans la blogosphère que je ne désignerai personne pour la succession, mais c’est du libre service bien entendu!
Tête d’un voisin du dessous, à moustaches curieux, qui réalise qu’il y a un autre univers que son appartement, ses maîtres et sa terrasse. Et qui semble se demander comment il pourrait nous rejoindre histoire de tester quelques câlins ou, sans doute, d’autres saveurs de gamelles. J’ai toujours très peur qu’il se lance et se casse la figure, il y a quand même joyeusement une dizaine de mètres sous ses pattes (et bien plus entre lui et nous…)
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6.4.2011 par Flo.
…mais virtuellement je n’en suis pas loin, c’est certain.
Parce que c’est un peu le chamboulement autour de moi, et qu’il y a plusieurs choses à mener de front, mon temps n’est pas assez élastique pour venir écrire ici, même si j’ai bien une ou deux idées d’articles sur le feu.
Et je n’ai même pas vraiment le temps de venir vous lire non plus. Quand on a une blogliste qui affiche plus de 400 articles non lus, on sait que la situation commence à devenir critique.
Mais pour donner quelques nouvelles et peut-être, pour retrouver un semblant d’élan, un ou deux petits cailloux au saut du lit, encore embrumés…
*Mon chat ne va toujours pas bien. J’ai pris un abonnement hebdomadaire (si pas plus) chez le vétérinaire. Sans dire que son état est critique, il n’a pas fait les choses à moitié, et je n’ai aucune idée de la façon dont ça va évoluer. Ca m’inquiète, je me sens impuissante, et j’essaye de lutter contre le sentiment de culpabilité d’avoir infligé à ce brave chat un quotidien qui n’est pas ce à quoi il aurait aspiré.
*C’est le printemps qui explose de partout ici, et que c’est beau! Hier soir, apéro en terrasse et petit tour sur les coteaux en moto. Les couleurs flamboient, je guette les fleurs et les bourgeons sur les arbres, je me délecte de la douceur de la température et je n’ai pas du tout envie qu’il fasse encore plus chaud. Mon seul souhait est que cette météo tienne longtemps encore, pour en profiter au maximum!
*La période de folie absolue au boulot semble avoir envie de se prolonger. Et hier, après un marathon de réunion qui a duré la journée entière, j’ai appris que ma fiche de poste allait conséquemment s’allonger, mais sans pour autant que cette rallonge ne se retrouve sur ma fiche de paie. Ce n’est pas une surprise, les dés étaient même un peu pipés au départ, mais ça donne un joli sentiment de frustration, même si je m’épate d’arriver à y mettre une bonne distance.
*L’une de mes bottes secrètes pour cette distance, c’est de me nourrir ailleurs. Je sors d’une semaine de vacances actives et motivantes, avec une formation qui m’a apporté de nouveaux outils, et me relance dans ma volonté de rapidement mettre en place des alternatives concrètes à mon boulot actuel. Bon, il va falloir que je trouve, que j’impose du temps pour le faire, mais là aussi, c’est entre autres une question d’élan (et j’ai un ou deux pitt bulls sur les talons)
*Je me sors enfin de ma toux-trachéite, grâce à mon magicien acupuncteur. J’ai mis du temps, mais s’entendre dire par un médecin “vous n’allez pas bien, mais on va faire le nécessaire”, ça aide à avancer. C’est rare et d’autant plus précieux…
*J’aime mes trajets du matin et du soir, dans la lumière de l’aube et du crépuscule. Des moments de paix et de douceur que je savoure, même en voiture. Et d’être passée à l’heure d’été en vacances, ça aide considérablement à moins ronchonner…
Il y a 3 semaines, les arbres n’étaient juste pas encore bourgeonnants, mais il y avait ce je ne sais quoi dans l’air qui, malgré la fraîcheur, nous a fait déguster notre café sur la terrasse…
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8.3.2011 par Flo.
Histoire de me dérouiller un peu, vu le vide intersidéral dans ces pages…
*Vent de folie depuis hier soir sur la région. Ca me prend les neurones, mais je ne suis pas la seule, le chat est en train de craquer. Hier matin, il nous a exprimé son plus vif mécontentement en décidant que ses deux caisses ne suffisaient pas (ou en nous signifiant qu’il n’aimait pas la réorganisation de l’espace faite dimanche) et en faisant ses besoins sur sa gamelle de nourriture (oui, c’est de l’auto-sabotage, j’en conviens). Je vous laisse imaginer la béatitude de mon amoureux, tiré du lit par sa fille pour nettoyer les dégâts de son meilleur ami dans l’appartement…
Quant à ce matin, au moment où je vais le chercher sur la terrasse pour le faire rentrer avant de partir, il me tape une crise de chat battu et pris au piège, miaulements et crachats. J’ai craint une récidive dans l’expression de sa contrariété, mais jusqu’ici, pas de nouvelle de mon homme qui n’aurait pas manqué de m’en faire la remarque, je n’en doute pas. Croisons les doigts.
*La fin du répit / de l’ennui (c’est fou, comme les changements redoutés changent d’un coup les perspectives), et comme prévu, l’Himalaya en fragile équilibre au-dessus de ma tête s’abat, tel l’épée de Damoclès, et me submerge de boulot. Tsunami d’échéances et de relances en perspective, je suis heureuse (mais oui j’ose, c’est ironique!). Mais au moins je suis occupée.
*Il fait beau, beau, beau, je ne peux pas en profiter comme j’en rêverais, mais je n’en pouvais plus de la grisaille, c’est la première fois que j’aspire à une forme de douceur de la météo et un retour du printemps. Là vraiment, j’en ressentais le besoin impérieux.
*Miss Blondinette est en vacances une semaine chez nous, et a plein de jolis projets avec son papa. Néanmoins à 7 ans tout juste, elle semble décider que sa vessie n’est plus du tout digne de confiance et joue à la vraie fille en réclamant à aller aux toilettes toutes les 10 minutes. Là comme ça, je vous le présente à la rigolade, mais quand même ça m’interpelle, et surtout, comment l’aider à reprendre confiance en la solidité de sa vessie??
*Camille la tortue se porte à merveille, fait sa gymnastique pour manger, crawle à contre courant dans un sens et dans l’autre de son immense aquarium, snobe copieusement sa petite plage avec lampe à UV intégrée et ne grandit pas mais c’est normal, c’est très lent les tortues. Merci pour elle!
*Je suis malade, je crache mes poumons toutes les 10 minutes, j’ai fini par me résoudre à aller chez le toubib pour en ressortir avec une bonne dose d’antibiotiques. Ca m’apprendra à ne pas vouloir creuser le trou de la sécu et refuser d’aller chez le médecin pour une mega crève qui m’est tombée sur les bronches il y a 2 mois. Résultat: récidive et agravation. Merci les médocs qui m’assomment encore plus que je ne l’étais déjà, je n’en avais pas besoin.
*Pas de vacances tout de suite immédiatement, mais deux week-ends prolongés nourrissants et attendus avec impatience. Ce qui fait aussi deux semaines raccourcies au moment le moins propice, mais je m’en fiche, j’ai hâte! Le reste arrivera bien assez tôt, juste le temps pour moi de me remettre pleinement sur pied!
D’autres choses sans doute, mais qui m’échappent, j’ai également perdu quelques neurones dans mes nombreuses quintes de toux. Et pour ne pas vous réhabituer trop vite et trop bien, il n’y aura même pas de photo.
Sisi, j’ai honte quand même, faut pas croire…
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24.1.2011 par Flo.
23 Janvier: mélange…
Aujourd’hui, c’est dimanche, il fait froid et j’ai envie d’enfance et de saveurs de ma maman. Elle fait une compote de pommes divine, et me répond quand je lui demande la recette: “c’est open bar d’épices, je sors tout, et je mets ce qui me tombe sous la main”.
Voui, alors ça ne va pas m’aider.
Du coup, j’ai fait pareil. J’ai vaillamment épluché mon kilo et demi de pommes, je les ai fait revenir, j’ai ouvert ma boîte à épices, bien moins fournie que chez ma maman, et j’ai jeté une pincée de clous de girofle, du citron (tiens, j’aurais pu mettre le zeste), du quatre épices, de la cannelle, du miel, un peu de sucre. J’ai touillé, j’ai humé, j’ai goûté, j’ai adoré. Il m’a manqué les raisins secs, parce que mon amoureux ne les aime pas trop, et j’aurais pu m’abstenir de la tombée de beurre que j’avais mise au début pour rendre onctueux…ça se sent trop, et je n’aime résolument pas la cuisine au beurre.
J’espérais en avoir pour toute la semaine, je crois que j’ai vu trop grand. Ce soir, nous lui avons mis un sacré coup dans l’aile, et demain, je sens qu’il faudra se battre à la mauvaise foi pour savoir qui pourra finir (ce sera moi, il déteste finir les plats!)
24 Janvier: c’est long…
C’est long, les lundis matins dans la température glaciale, où l’on voit s’étendre, comme un jour interminable, la semaine qui commence et qui manque de piment.
C’est long, une journée entière dans une agence gelée, parce que chef-débile a eu l’excellente mauvaise idée de justement éteindre tous les chauffages la veille du week-end où les températures ont chuté très loin en-dessous de zéro. Seule consolation, son bureau était aussi froid que les nôtres, il a donc enduré sa punition comme nous tous (sauf que lui a eu l’occasion de s’enfuir, nous étions condamnés à notre bureau toute la journée).
Et pour me consoler de ce début de semaine sur les chapeaux de roue:
Une longue douche brûlante, histoire de me réchauffer au minimum. J’ai résisté au bain parce que je devais appeler mes parents dans la foulée, et que j’avais faim.
Un long coup de fil sur Skaïpe avec vidéo justement avec mes parents, histoire de leur faire plaisir, de rigoler un peu. Pas toutes les semaines hein, je les habitue trop bien, moi qui étais si fière d’être redescendue en-dessous de la barre de la demi-heure de coup de fil avec eux! Je suis tombée dans le traquenard.
Une longue soirée avec mon amoureux, à faire durer le plus possible,une bonne série ou un bon film, un petit repas, me blottir dans ses bras et une chaude couverture polaire, je ne suis pas tout à fait réchauffée encore.
Et ne pas penser à la suite de la semaine qui heureusement, ne fait que raccourcir…
Kyparissi, Grèce, 2007 - juste pour se donner un peu de chaleur en plein hiver, ne me remerciez pas!
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17.12.2010 par Flo.
16 Décembre: tissus…
Quand j’étais gamine, il y avait deux choses que ma mère essayait désespérément de me faire accepter et que je refusais de toutes mes forces: j’ai nommé les pulls en laine, et les collants.
Le pull en laine, on pouvait toujours me l’enfiler par-dessus 3 couches de sous pull en coton, je décrétais illico que ça grattait, et je le retirais. Pas moyen d’aucune façon, de supporter ça sur moi. Le moindre petit centimètre carré de peau susceptible d’être en contact avec la matière irritante me faisait m’arracher le vêtement, et psychologiquement, j’avais l’impression qu’on me le faisait porter sur la peau nue.
Les collants, c’était un peu la même chose. Avoir les jambes serrées, coincées, me donnait l’impression d’étouffer. Et puis ça “faisait froid”. Ma mère a tout essayé, des collants classiques féminins à ceux de petites filles, qui eux ressemblaient trop à la laine et “grattaient”. Oui, j’étais un peu désespérante comme gamine, je vous l’accorde.
Deux trouvailles m’ont donc tardivement sauvé la vie: les pulls en maille polaire, et les leggings. Du jour au lendemain, je devenais chaudement et douillettement habillée, et je supportais de mettre des collants en coton, quasi aussi épais que des petits pantalons, qui finalement devenaient même à la mode sous des jupes (mais bon, les jupes et les robes c’était encore une autre histoire…)
J’ai toujours privilégié le confort à l’allure. A tort sans doute, mais même aujourd’hui, quand je suis élégamment habillée, si ce n’est pas le top confort, je pousse un énorme soupir de soulagement quand je peux enfin me changer et me mettre en habits d’intérieur. J’admire ces femmes qui supportent leur tailleur quotidien, qui préfèrent les chemises aux pulls, les jupes aux pantalons. Moi, mon idéal, ça reste le jean, chaussures confortables et souples, et pull tout doux.
Alors mes tissus à moi, ça va forcément être du coton plutôt que du synthétique qui gratte, du polaire plutôt que de la laine, du souple plutôt que du rigide…Et pourtant je vous assure, je fais des efforts!
17 Décembre: un pli…
Plis sur les vêtements, repassage vite fait que je viens de terminer, pli des vêtements que je mets dans le sac, préparation du voyage, départ demain, enfin les vacances…
Pli à mettre à la poste avant de partir, il trônait fièrement sur le buffet depuis quelques jours, et forcément, on est retard, on n’y a pas pensé.
Pli que je devrais, ou pas, recevoir à mon retour de vacances et qui va, que je le reçoive ou non, changer ma vie malgré tout…
Plis sur ma peau, creux et rides, là où je ne le veux pas, je suis à nouveau mécontente de la silhouette que je me renvoie mon miroir…
Plis de soucis: trop de pensées me tournent dans l’esprit, le petit vélo peine à s’arrêter, ça va de “qu’ai-je pu oublier dans mon sac” à “comment va être ma vie dans 2 mois”, et tous les intermédiaires….
Pas qu’un, donc, mais de nombreux plis dans ma vie actuelle…
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29.11.2010 par Flo.
27 Novembre: armé comme du béton…
Plus jeune, j’avais une carapace. Créée j’ignore comment, parce que j’ai eu une enfance plutôt idyllique, un cocon familial stable et plaisant, et un univers où tout m’était offert.
J’ai passé l’adolescence sans réelle révolte, mais dans un enfermement progressif, sur moi-même et par rapport aux autres. J’ai toujours su être présente en société, mais je me forgeais inconsciemment cette carapace bétonnée, remplie de peurs, d’angoisses, de doutes et de terreurs. Un peu comme si, en m’enfermant, je les clôturais avec moi, et ne pouvais plus m’en débarrasser.
Cette armure s’est fendillée à la fac, grâce à des amis qui ont eu la patience de me prouver que la vie au-dehors n’était pas si terrible que ça. Et surtout que j’avais, paradoxalement, les armes pour m’y frotter.
J’ai vécu l’insouciance d’un agréable quotidien de très jeune adulte, ou adolescente tardive, grâce à ce nouvel univers, à la fois ouvert mais également protégé et sécurisé, où j’avais posé mes repères, les cours, les profs, les lieux, ma ville que je commençais enfin à connaître.
J’ai fini par m’exposer passé la vingtaine, en envoyant tout voler d’un coup. Le cocon parental, mon pays, je suis partie brusquement, sans prévenir personne de mes intentions à long terme qui étaient pourtant déjà claires dans mon esprit. Enfin quelqu’un avait réussi à percer mon armure, j’y ai laissé des plumes et ô combien, mais fort heureusement, jamais je n’ai remis en question cette mise à nu, cette prise de risques.
Depuis plusieurs années, au travers de tout ce que je traverse et tous les changements, bouleversements que j’ai vécus, j’ai appris à laisser le béton s’effriter. J’ai compris que ce qui ne tue pas rend plus fort, et que ce n’était pas en me fermant aux autres que j’y parviendrais, mais en acceptant ce que cela provoquait en moi, et en le soignant….
28 Novembre: détails du plafond…
Depuis quelques semaines, je scrute chaque recoin des pièces que je traverse à la recherche des araignées sournoises qui pourraient s’être planquées chez moi, même si nous habitons en appartement, en ville, au 3ème étage. Entre elles et moi, c’est une guerre dans laquelle je ne combats pas, puisque lorsque j’en déniche une, j’émets un râle, me réfugie dans le couloir et appelle mon homme au secours pour qu’il m’en débarrasse.
La dernière en date a été particulièrement douée, elle a dû comprendre qu’elle n’aurait pas sa chance au plafond. Elle s’est donc plantée dans la salle de bain, sur le mur, droit en face de moi dans la douche. Et pourtant, j’ai mis un bon moment avant de l’apercevoir. Je m’étonne encore de ne pas avoir provoqué une catastrophe en série (du type glissade, lâchage de savon, agrippage de rideau et inondation de la pièce). J’ai hurlé, la cavalerie a débarqué affolé, et je me suis défendue par un “elle est vraiment très grosse et pas belle du tout”. Et j’avais raison, d’abord!
Je ne suis pour autant pas assez assidue à virer toutes les petites toiles qui traînent dans les recoins inaccessibles. Du moment que leur habitante ne les occupe pas (ou qu’elle est assez intelligente pour se planquer en mon absence, au choix), je laisse aller, ou j’attends d’être prise d’une frénésie de ménage, ce qui arrive à peu près tous les 30 février, pour me mettre à passer l’aspirateur à l’envers. On marche sur la tête.
Bon, et sinon chez nous, il n’y a ni dorure, ni peinture, ni tapisserie au plafond (véridique, je l’ai vu). C’est bêtement blanc, un peu sale et parfois crépis. Il ne faut pas exagérer non plus, ce n’est pas chez nous autrement qu’en location, et nous n’avons pas collé de petites étoiles qui brillent dans le noir…
29 Novembre: rues…
Il y a celle en bas de chez moi. Bordée de platanes, et si somptueuse en automne. Dans laquelle je guette le printemps, les premiers bourgeons, les premières fleurs. J’aime ce tunnel vert, ou rouge flamboyant selon la saison, qui m’amène jusqu’à mon cocon, notre chez nous.
Il y a celles du boulot. Zone industrielle, béton et froideur. Mon seul bonheur, c’est de découvrir le ciel qui s’embrase, au matin ou le soir, dans les vitres des bâtiments. D’un coup, flash dans l’oeil et chercher d’où vient cette lumière si soudaine. Dégradés de roses, rouges, oranges, flammes qui amènent de la couleur dans le gris. Du baume au coeur pour aller travailler, ou parce que la journée est finie.
Rues que je traverse dans mes trajets quotidiens. Des chauffards à n’en plus finir, que ce soit en rocade ou le long du fleuve, raccourci qui n’en est plus un. Ruelles de ma ville, briques rouges et petites impasses, au détour d’un bâtiment s’ouvre une porte cochère et derrière, j’ai juste le temps d’admirer les cours intérieures des fabuleux hôtels privés qui se nichent ça et là et ne se laissent dévoiler dans leur pudeur que par hasard.
A pied, je fuis les boulevards et cherche l’intimité, loin de la foule et du bruit. En voiture, je vais au plus direct, et j’essaye de guetter, même derrière le volant, les moments magiques qui se présentent à moi dans n’importe quelles circonstances…
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26.11.2010 par Flo.
25 Novembre: tête pleine de…
Tête pleine d’images. J’aime ce qui m’arrive devant les yeux lorsque je lis des récits, écoute les gens parler. J’aime me faire mon petit théâtre individuel, ma séance de cinéma perso. J’ai l’esprit toujours rempli d’instantanés, j’ai résolument une mémoire visuelle, très peu auditive.
Tête pleine de musique, j’abandonne la radio informative le soir, au profit d’une musique facile, et il faudrait vraiment que je me décide à installer un poste un peu plus évolué sur ma voiture, histoire de lire des mp3, ou au moins des CD.
Aujourd’hui était la dernière journée sans mon collègue, je pouvais écouter ma sélection de morceaux, j’en ai profité et demain, je lui rends la télécommande!
Tête pleine de pensée, des bouts de phrases que je n’assemble que difficilement pour en faire ce tout petit billet, des mots qui fusent, des idées qui s’évanouissent et me filent entre les neurones. C’est frustrant!
26 Novembre: une bonne chose de faite…
Encore une semaine clôturée, derrière moi.
J’ai passé le témoin à mon collègue enfin de retour, me suis délestée d’une pile de dossiers, et de tout ce que j’ai dû assumer et qui ne m’appartenait pas. Un peu plus de légèreté, un peu moins de pression, et puis 2 jours pour souffler avant de reprendre. Les échéances s’approchent aussi, de toute façon dans peu de temps nous serons fixés, on sent le relâchement tout autour, mêlé d’inquiétude.
Ce soir, je suis rentrée tard, j’aurais voulu m’acquitter des tâches rébarbatives, ménage et courses, mais ce sera pour demain, tant pis. Surtout, j’ai eu une belle discussion avec une femme formidable, qui m’ouvre de nombreux horizons. Elle fait partie de ces balises sur ma route, elle n’est pas arrivée par hasard, et j’ai la sensation que nous aurons un joli chemin à parcourir ensemble. Elle m’impressionne beaucoup, par ses compétences, sa façon d’être, son parcours…et m’offre des perspectives merveilleuses. A l’heure où la remise en question est un point central de mon quotidien, et de mes pensées, ça fait du bien de trouver un guide. Et j’ai un peu de travail de défrichage à faire de mon côté.
Une bonne chose de faite? Avoir clôturé cette note, aussi insatisfaisante soit-elle pour moi…
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25.11.2010 par Flo.
22 Novembre: il suffirait de trois fois rien pour…
Pour trouver de l’inspiration.
Pour me lancer et écrire ce qui me passe par la tête.
Pour m’énerver une bonne fois pour toutes (?)
Pour m’apaiser
Pour sourire
Pour pleurer aussi
Pour commenter, pour me taire
Pour parler encore, pour hausser les épaules
Il suffirait de trois fois rien pour que le chemin que je choisis ne soit pas le même. Je suis dans ces périodes où l’on sent que chacun de nos actes, paroles, pensées, influe sur notre futur.
Il suffirait de trois fois rien…mais je ne l’ai pas fait, et j’ai fait autre chose.
22 Novembre: séduction de…
Pour les leçons, passez votre chemin. J’ai dû perdre la notion de séduction à mon adolescence, et je la retrouve à peine. En ce qui me concerne, parce que je sais par contre très bien détecter chez les autres ce qui est de l’ordre de la séduction, naturelle ou artificielle. Du moment que je suis spectatrice extérieure.
Je regarde Miss Blondinette et je la vois si à l’aise avec son monde, son public. Consciente de ses sourires, charmeuse et joueuse, séductrice enfantine et innocente. J’étais comme elle à son âge, je crois. Je me souviens que je menais mon entourage à la baguette, et que je savais qui je pouvais faire fondre, et auprès de qui ce serait plus compliqué.
Je joue de ma séduction retrouvée (un peu de confiance en moi?) chaque jour au travail. Il faut bien tirer un avantage à être une fille dans ce monde d’hommes. Ca m’amuse, tout autant que ça amuse mes collègues. Nous connaissons nos limites, et nous en rions ensemble. Quant à mon Yaka, je bénéficie avec lui d’une immunité dont je suis la première étonnée. Séduction sans doute, mais une forme de réel masochisme de sa part, puisque je ne l’épargne pas. Sans doute un bonus lié à mon statut, mais pour combien de temps encore…
24 Novembre: j’étais un animal quand…
Nous avions mis le voilier à la cape depuis quelques temps déjà, et certains d’entre nous étaient descendus à l’eau. Plus loin, nous avions repéré un troupeau de globicéphales, et nous voulions voir comment ils se comportaient.
Je me transformais en poisson, là au milieu de nulle part, à des milles au large de Nice et de la côte. La houle était notre seul horizon, je voyais la coque du voilier monter et descendre, et sous mes pieds, au-delà de la lumière du soleil, il y avait l’obscurité et des centaines de mètres. C’était une sensation déroutante de vertige dans l’eau, celle de ne pas pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit, et de ne pas pouvoir voir le fond, le bout.
J’ai mis la tête sous la surface, masque et tuba, et entendu que là-bas, plus loin, ça papotait. Cliquetis et sifflements, le troupeau communiquait et nous n’en percevions qu’une infime partie.
Sur le bateau, notre capitaine les tenait à l’oeil: ils étaient nombreux, on avait repéré des petits, il fallait rester prudents, et surtout calmes. Deux d’entre nous étaient déjà remontés à bord, ne parvenant pas à assimiler le manque de repère au milieu de nulle part, et ces animaux que l’on savait bienveillants, mais qui étaient aussi à l’état sauvage, et donc imprévisibles.
Nous sommes longuement restés, le troupeau s’est un peu approché, à distance raisonnable. J’ai fini par les voir, de loin, sous l’eau, des formes sombres qui se mouvaient avec grâce, et toujours ces paroles et cliquetis. Ils ne s’approcheraient pas plus, mais n’étaient pas partis non plus.
Nous avons fini par tous retourner à bord. Et rester sur le pont, avec les jumelles, et pour certains des appareils photos avec de gros objectifs. Les dos apparaissaient, disparaissaient, et les plus petits ont fini par s’enhardir, plus curieux sans doute que la moyenne. Puis les plus âgés, jusqu’à ce que d’un coup, ils soient là, à portée de main, devant le bateau, sous le bateau. C’était magique.
Je n’avais pas envie de quitter ce spectacle des yeux, et pourtant je savais mon appareil en bas, dans la cale. J’ai fini par me décider, après tout, le temps de descendre les 6 marches de l’échelle, aller jusqu’à mon sac, et remonter, ils n’allaient pas partir non?
En bas, je me suis approchée de mon sac, dans ma banette collée contre la paroi. Je les entendais d’ici aussi, de façon amplifiée, caisse de résonance de la coque, cette sensation d’être dans un autre univers.
Et puis je ne sais exactement ce qui est arrivé. Il y avait un jeune, tout près de l’autre côté de la paroi, m’ont dit mes camarades ensuite quand je suis remontée. Qui a senti ma présence, bien entendu. Et qui a fait avec moi ce qu’il fait avec tous ses congénères: il m’a sondée. Des pieds à la tête, du cheveux au moindre poil, il m’a localisée, il m’a vue, il m’a entendue, il m’a parlé. J’ai senti cette onde, cette énergie, cette puissance déferler sur moi et en moi comme un raz de marée, je me suis sentie vidée puis remplie à nouveau, je me suis sentie animale parmi les animaux. C’était incroyable, une sensation jamais renouvelée, mais jamais retrouvée aussi.
L’espace d’un instant, j’ai été en contact profond, intense avec cet être-là.
Et il m’a transformée.
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23.11.2010 par Flo.
J’ai esquivé le tag de Zelda, et voilà que Lyjazz m’attendait au tournant! Finalement, entre les échanges de commentaires sur ces différents blogs et ailleurs, j’essaye de me lancer dans le défi du 15 auteurs en 15 minutes.
Que les choses soient claires et honnêtes: entre le moment où je me suis dit “ok je le tente” et le moment où je publie ce billet, il s’est passé bien plus de 15 minutes. Parce que j’ai forcément cherché, mûri, réfléchi à ce que je voulais mettre et les commentaires qui allaient avec.
J’ai lu le billet de Zelda, je n’ai pas encore lu celui de Lyjazz. Mais d’ores et déjà, les règles ne sont pas tout à fait respectées, je le confesse.
Alors voici, dans le désordre et sans ordre de préférence:
-Molière: découvert au théâtre, et je crois avoir lu quasi l’intégralité de ses oeuvres. Oui, je fais partie de ceux qui adorent lire le théâtre, et qui se font leur propre pièce en lisant. Cet homme était un génie de l’humain, et je pense que je ne m’en lasserai pas.
- J.R.R Tolkien: moi qui ne suis pas une fan de fantaisie, je n’ai jamais été aussi transportée que dans Le Seigneur des Anneaux, que j’ai lu et relu. J’ai pleinement adhéré à son univers, j’y ai été transportée, oui j’adore l’adaptation cinématographique et je n’ai pas honte de le dire non plus. J’ai d’abord plongé dans Bilbo qui m’a fait découvrir l’auteur; ses oeuvres parallèles sont un peu plus difficiles d’accès selon moi, mais il ne doit pas me manquer grand chose dans tout ce qu’il a produit.
- Patrice Van Eersel: je ne sais plus aujourd’hui comment j’ai découvert cet auteur qui fut pour moi une révélation. Le 5ème Rêve, La Source Blanche et La Source Noire, que j’ai relus plusieurs fois. Ce sont les quelques ouvrages non romanesques qui m’ont transportés comme des romans, et de véritables livres de chevet, au sens premier du terme.
- J.K Rowlings: eh bien oui, je suis une fan de la deuxième heure du sorcier. Je me revois encore dans cette librairie, contempler les 3 premiers tomes au rayon enfant en me demandant ce que c’était et pourquoi ça faisait tant de bruit, puis les acheter…et ne plus en décoller les yeux. Au point d’avoir lu les 2 derniers volumes en Anglais pour ne pas attendre la sortie française plus tardive. J’aime les lectures à niveaux différents de cette série, et la simplicité avec laquelle on se laisse transporter dans cet univers. Je reste bien plus dubitative sur les adaptations cinématographiques cependant.
-La Mythologie grecque: ce sont les contes de mon enfance. Je dédaignais Cendrillon et Blanche Neige qui m’horripilaient, au profit de Zeus et ses courses à la séduction, les facéties d’Hermès et les trahisons d’Aphrodite. J’étais une incollable, et j’ai baigné grâce à ma mère, qui a entretenu cette passion, dans les récits et les rêves de la Grèce Antique. Je n’ai pas d’ouvrage de référence à citer ici, ce qui est bien dommage d’ailleurs.
- Julien Gracq: Un balcon en forêt est le seul ouvrage que j’ai lu de cet auteur, dans le cadre des lectures obligatoires de mes études, qui avaient tendance à me faire détester tout ce que je lisais. C’est d’ailleurs ainsi, et malgré une prof de français fabuleuse au lycée, que j’ai détesté tous les classiques. Mais néanmoins, Gracq m’a touchée, pas au point de relire des choses de sa plume, ce qui est bien bête, mais suffisamment pour qu’aujourd’hui encore, je pense souvent à l’embellie, cette notion de chant du cygne qu’il a si divinement décrite. Tiens, il faudrait que je le reprenne…
- Emily Brontë: ses Hauts de Hurlevent, en Anglais dans le texte. Puis relus en Français. Etudiés en classe, avec mon esprit de contradiction, j’ai infiniment adhéré à la littérature anglaise, bien plus qu’à la française. J’ai adoré les histoires imbriquées, ces héros torturés, ces paysages sombres. Ca ne me ressemble pas, et cependant…
- Oscar Wilde: encore de la littérature anglaise. Encore un auteur torturé (il est presque flippant de révélations, cet exercice). Je n’ai pas lu énormément, mais j’ai aimé découvrir l’homme et son histoire au travers de ses écrits: The importance of being Earnest (une jolie petite pièce de théâtre fort amusante), et bien entendu, le fameux Portrait de Dorian Gray, dont je n’ai pas vu le film.
- Max Frisch: Andorra. Un auteur suisse, et un roman inspiré par la Seconde Guerre et la problématique des étrangers et de l’invasion du territoire. Lu en Allemand avec quelques difficultés, et néanmoins suffisamment de plaisir pour le relire en Français. Malheureusement furieusement d’actualité.
- Franquin: ah là, j’avoue, si je n’avais pas lu Zelda parler de BD, je n’aurais pas osé, et n’y aurais pas pensé.Mais Gaston Lagaffe est mon héros, celui de toujours, celui de mon enfance. Celui dont nous nous racontions les blagues en famille, au repas. Celui qui m’a fait hurler et pleurer de rire, même à la 200ème lecture. Je rêve de racheter la série entière, laissée chez mes parents. Et d’y rajouter les Idées Noires, que je connais moins bien.
- Patricia Cornwell: la série des Scarpetta m’a très longuement tenue en haleine, jusqu’à il y a quelques années où j’ai complètement décroché, parce que ça devenait trop compliqué, trop tiré par les cheveux, trop long. Ca ne m’empêche pas de lorgner sur les livres quand je passe en librairie, et d’en emprunter un lorsque l’occasion se présente à moi…mais c’est bien souvent pour être déçue désormais.
- Maxime Chattam: sa trilogie du mal (L’âme du mal, In Tenebris, Maléfices) sont parmi les romans faciles qui m’ont le plus impressionnés ces derniers temps. Mais c’est un auteur totalement inégal, capable de m’enthousiasmer et de me décevoir profondément. D’ailleurs, je n’ai pour l’instant pas trouvé mieux que cette trilogie dans ce que j’ai lu de lui.
- Francis Ponge: je ne suis clairement pas une lectrice de poésie. Je rentre très mal dedans, je peine à trouver le rythme. Ponge est l’un des auteurs étudiés en cours, et qui m’a plu par la simplicité de ses sujets, et sa façon de les traiter. Je les reprends ponctuellement, je passe devant le livre, l’ouvre et lis un poème, puis le referme. Je ne conçois pas la poésie autrement.
- JMG Le Clézio: j’ai découvert cet auteur à mon adolescence, et lu une grande partie de ses romans. Il a cette façon d’ouvrir des horizons, de faire voyager, d’offrir une ambiance qui me séduisait. J’ai cessé il y a quelques années, le trouvant trop répétitif.
- Edmond Rostand: Cyrano de Bergerac. Eh oui, encore du théâtre. Plus jeune, après avoir appris la tirade des nez, j’avais décidé d’apprendre des scènes entières de la pièce; je n’ai jamais été au bout de ce projet, mais j’ai lu et relu l’ouvrage une quantité innombrable de fois.Et vu tout aussi souvent l’adaptation cinématographique qui me transportait autant que la lecture…L’un des rares films qui m’ait fait pleurer, et un livre qui m’a fait chavirer…
Exercice rempli, le compte est normalement bon.Le chrono, par contre, très mauvais.
Et prend qui veut pour la suite, naturellement!
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22.11.2010 par Flo.
20 Novembre: Manger, boire, fumer, respirer, consommer
Ce soir, nous avions tous les deux envie de saveurs orientales, et nous voilà à tester l’un des nombreux restaurants marocains de la ville. Je me damnerais pour la coriandre et la salade de fèves en entrée, le tajine n’était pas assez citronné à mon goût, mais j’ai replongé en une soirée dans les saveurs de mes vacances d’enfant, avec un peu de nostalgie aussi. Il est temps qu’on s’offre ce voyage dont on rêve depuis un petit moment.
Boire un peu de vin, lorsque l’occasion se présente, nous achetons ou commandons au hasard, forts de notre totale ignorance au sujet, et nous exerçons notre palais..pas assez parfumé, trop amer, trop doux, trop alcoolisé. Hier soir, c’était un rosé “gris”, qui allait bien mieux à l’apéritif qu’au repas, mais qu’importent les conventions après tout…
Je n’ai jamais fumé. Je ne sais par quel miracle j’ai réussi à éviter cet écueil. Mes deux parents étaient fumeurs, ont plus ou moins arrêté lorsque j’étais enfant. Je n’ai jamais été tentée à l’adolescence, mais je me souviens précisément du moment où j’ai failli basculer à l’âge adulte. A Paris, assise sur les bords de la Seine, noyée dans mes chagrins, mes incompréhensions et mes angoisses; le Louvre était derrière moi, en face de moi, juste après le pont, un bureau de tabac. Et je me suis dit, pendant de longues minutes, qu’il ne tenait qu’à moi de faire ces pas, aller acheter le paquet, et fumer. Parce que j’en avais furieusement envie.
Je ne l’ai pas fait, parce que oui, j’aime respirer à plein poumons. Et qu’à cette époque je courais beaucoup, le sport était mon exhutoire. J’ai eu peur de la suffocation, peur de faire ce premier pas et de le regretter, et je crois que j’ai eu raison.
Consommer, c’est un mot à la mode, à connotation très négative. Je fais partie de ceux qui se positionnent dans la théorie et bien plus difficilement dans la pratique. Mais j’avoue (l’esquive est facile) que je n’ai pas très envie de m’arrêter sur ce mot-là aujourd’hui. A garder pour une prochaine note, peut-être….
21 Novembre: Une chance…
Non, pas une. Pourquoi une seule? Des dizaines, tout plein de petites et grandes chances qui ont parsemé mon parcours, et continuent encore de l’accompagner. La chance d’être aimée, entourée, comprise, soutenue. La chance de retomber sur mes pieds comme un chat quoi qu’il arrive. La chance d’avoir des projets, des envies et de savoir qu’ils sont réalisables tôt ou tard.
Je n’ai jamais rêvé de gagner au loto. Je rêve bien entendu, financièrement, d’améliorer mon quotidien, mais cette chance-là, la chance du gain et du jeu, je ne l’ai pas et ne la cherche pas. Je vis avec quelqu’un de chanceux, certes, bien plus de moi dans un tirage au sort ou sur du hasard, mais je sais aussi qu’il a cet état d’esprit pour la provoquer.
La chance est une boucle vertueuse. Le plus dur est de l’amorcer. La maintenir en traversant les tempêtes.
Je suis une râleuse, une pleurnicheuse patentée, mais je crois que j’ai cette capacité à reconnaître les chances dont je bénéficie. Je ne suis probablement pas assez reconnaissante de tout cela…
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