Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie Ménagerie et Cie.
| L | Ma | Me | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| « déc | ||||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | ||||
17.4.2011 par Flo.
Il a débarqué dans notre vie en 2003, alors que nous posions avec soulagement nos valises dans un appartement trouvé en dernière minute dans notre nouvelle région d’adoption.
Il faisait partie des meubles, et il nous l’a bien fait comprendre, c’était nous qui nous installions chez lui et pas le contraire.
Sa maîtresse avait déménagé à 600 mètres de là mais peu lui importait, c’était ici qu’il voulait être et pas ailleurs.
Au début, chaque fois qu’il débarquait sur la terrasse, je le récupérais et le ramenais dans son nouveau chez lui. C’était devenu un rituel, le ramener le soir, le retrouver devant la porte vitrée le lendemain matin.
Comme j’étais faible et surtout que je rêvais d’un chat, j’ai fini par le nourrir, et ça a suffi à le convaincre qu’il avait fait le bon choix.
Il a tout supporté: le débarquement d’une minette blanche de 3 mois qui lui soufflait dessus comme un lion en prétendant qu’elle avait bien plus légitimement le droit de se considérer chez elle que lui. Un chien qui adorait les chats mais était furieusement maladroit avec eux. Il se baladait sur les toits, se roulait en boule sur la couette, adorait les gratouilles et tournait les talons lorsqu’il en avait assez. Il était chez lui.
Lorsque j’ai dû partir, je l’ai emmené avec mes bagages, sans me poser de question et parce que je ne pouvais plus me passer de lui. J’ai déraciné ce matou pantouflard, il m’a bien exprimé le mécontentement du déplacement mais il s’est incroyablement adapté à son nouvel environnement, alors que pourtant je lui en ai fait voir. Trois déménagements en très peu de temps, pour finir par le laisser dans un appartement sans possibilité de sortie, et c’est bien ce dont je culpabilise le plus, cette privation de liberté que j’espérais lui rendre le plus vite possible en lui offrant à nouveau un lieu ouvert sur l’extérieur.
Il a choisi un autre chemin. D’une blessure importante mais dont il aurait pu se remettre il y a un mois, tout s’est enchaîné très vite et hier, après l’avoir emmené chez le vétérinaire dans mes bras, à pied pour lui éviter le dernier stress d’un trajet en voiture, il s’est endormi dans mes bras, la tête sur ma main, sans que je ne réalise vraiment ce qu’il se passait alors que le docteur lui injectait une dose d’anesthésiant trop élevée…
Il était la dernière trace concrète, le dernier témoin de ma vie passée, fidèle gardien et témoin de mes joies et mes tristesses.
Je te demande pardon, mon matou, de t’avoir trimbalé à droite et à gauche, toi qui ne rêvais que de stabilité et d’un foyer dont tu ne voulais plus bouger. J’espère malgré tout t’avoir offert tout le bonheur que j’ai pu et que tu méritais. Et je te remercie de ta fidélité, de ta présence, de ta patience et de ton amour inconditionnel de chat infiniment gentil et doux.
Là où tu es aujourd’hui, je te souhaite les plus vertes prairies, des orgies de croquettes, de thon et de viande, des compagnons de jeux à n’en plus finir, pouvoir te rouler au soleil et gambader comme tu n’as plus pu le faire depuis trop longtemps…..
So long, mon beau chat, l’appartement est bien vide sans toi et je ne m’y fais pas encore….
Posté dans Oui je crie fort, Ménagerie et Cie | 9 commentaires »
15.2.2011 par Flo.
Tout a commencé à Nouvel An, chez ma belle-mère. Par je ne sais quels détours propres à une petite fille de son âge, Miss Blondinette exprimait son envie de s’occuper de petits (et grands) animaux. Et ma belle-mère de lui dire “ah mais pour ton anniversaire si tu veux, je t’offre une souris”.
En face, je m’étouffe. Je suis l’amie des animaux, mais j’ai eu ma dose de cochons d’inde et autres lapins en cage dans mon enfance, je n’en ai pas un souvenir impérissable, et pour les quatre jours dans le mois où Miss Blondinette est chez nous, je sais très bien qui s’occuperait de la souris / cochon d’inde / lapin / autre rongeur.
Dans un élan de coup gagnant, je saisis donc la balle au vol et réponds immédiatement “si c’est le cadeau qu’elle veut, c’est chez sa maman. Pas chez nous, pas question”. Hop, parti dans le camps adverse, oui je sais, c’est lâche!
Nous sommes rentrés le soir même pour ramener la puce dans sa nouvelle maison, avec grand jardin. Deux heures de trajet pendant laquelle elle a élaboré des stratégies pleines d’espoir pour convaincre sa mère “Maman, on a le choix: on adopte un St Bernard ou alors mamie m’offre une souris pour mon anniversaire, tu préfères quoi?”. Bon, elle nous demandait toutes les deux minutes comment s’appelait le chien mais peu importe, ça nous faisait rire tous les trois.
Quelques jours plus tard, téléphone désespéré à son père: “tu sais, maman elle n’a pas voulu pour la souris. Ni pour le chien, d’ailleurs j’ai dit labrador, je ne me souvenais plus du nom. Elle n’a pas voulu quand même. A quoi ça sert d’avoir une grande maison et un grand jardin sans animaux?” Ah ça, ma chérie…
Et là, je ne l’ai pas vu venir. Oui je me suis fait avoir, comme une bleue, mais que voulez-vous? Ca vous met le coeur et les neurones en compote, ces petites blondes.
Mon amoureux, donc, qui me susurre au moment de nous endormir le soir “tu sais, j’aimerais bien qu’on prenne une tortue d’eau. C’est un aquarium, c’est pas grand chose, et puis ça fera plaisir à Miss Blondinette”.
J’étais encore dans l’émotion du cri du coeur de la miss, et en train de sombrer dans les bras de Morphée. J’ai donc dû articuler quelque chose comme “bah ma fois pourquoi pas, mais renseigne-toi d’abord, pour voir combien ça coûte et ce qu’il faut comme matériel, hein”…
Oui je sais, erreur stratégique, j’ai perdu le contrôle. Le vendredi suivant, alors que nous n’avions pas encore rediscuté du sujet, Miss Blondinette débarque à la maison, se plante devant moi sans enlever chaussures ni veste, et me dit “oh tu sais, papa m’a parlé pour la tortue, je suis d’accord, hein!”
Han! Tu m’étonnes. Et moi, je me suis fait doubler.
D’autant que je déteste avoir raison: mon amoureux a donc pris des renseignements après avoir fait miroiter de beaux projets à sa fille. Et une petite chose comme une tortue d’eau a besoin d’un minimum pour être en forme, puisqu’un aquarium n’est quand même pas son milieu naturel. Et que la bagatelle va chercher dans les 200€, en fonction de la taille de l’aquarium, du filtre, de la lampe chauffante, du thermostat, je vous épargne la liste complète.
On a donc convenu que ce serait un seul, unique et très beau cadeau d’anniversaire. Miss Blondinette aura 7 ans dimanche prochain. On l’a briefée: tu auras cet animal mais rien d’autre, tu comprends que c’est un gros cadeau, pour te faire plaisir (un peu à ton père aussi m’enfin bon). Oui, elle était d’accord.
L’autre difficulté était de trouver la tortue, les magasins ne sont pas approvisionnés en permanence. On a donc téléphoné ponctuellement pour connaître l’arrivage, et appris qu’ils venaient d’être livrés le week-end dernier. Miss Blondinette n’étant pas avec nous le jour de son anniversaire, c’était délicat d’attendre 2 semaines.
Expédition faite donc samedi. Cadeau anticipé, quelques hésitations mais on finit par repartir avec la trousse et l’aquarium du parfait petit éleveur de tortues d’eau.
Si ça avait été une fille (Miss Blondinette n’envisageait pas autre chose qu’une fille), on l’aurait appelé Rose. Mais pas de chance, si jeune, on ne peut définir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. On a donc suggéré à la demoiselle de trouver un prénom qui convienne aux 2 options. Ce sera donc Camille.
Maintenant, il faut expliquer à son heureuse propriétaire que ce n’est pas tout à fait adapté aux câlins et prises dans les bras comme le chat (qui lui par contre en redemanderait volontiers le double) et que non, même si ok c’est logique, c’est un animal d’eau, ça ne vient pas sous la douche avec elle. Ahem.
Et sous vos yeux ébahis, la tête du cadeau:
Et oui, elle est minuscule (la main est celle de Miss Blondinette, pas franchement grande non plus hein). Et ne devrait pas, je l’espère, dépasser les 20 centimètres à taille adulte. Mais comme a dit la caissière en voyant le matériel “Tout ça pour un si petit truc”?? Eh oui. Et tout cet argent. Pourvu que ça dure…
Posté dans Mots d'enfant, Ménagerie et Cie | 11 commentaires »
30.4.2010 par Flo.
J’avais prévu un super joli montage de la balade du jardin botanique du week-end dernier! Les photos étaient uploadées sur mon portable, j’étais motivée, dès ce soir et pour un départ en week-end rempli de couleurs (à défaut de soleil qui désormais nous fait défaut), de vous publier quelque chose de pétillant et printanier!
Mais je suis bien obligée de céder l’antenne à l’actualité brûlante, et vous transmettre en direct live le débarquement de 2 visiteurs totalement inattendus et enchantés.
Alors oui, je sors d’une séance d’ostéopathie particulièrement éprouvante. J’ai dû prendre sur moi pendant un quart d’heure pour ne pas lyncher mon thérapeute. Et le pire, c’est que je lui ai dit merci en partant!
J’ai l’impression d’avoir fumé 3 pétards, bu 2 bouteilles, et pas dormi depuis 4 nuits. Il a donc fallu que je me frotte les yeux lorsque mes collègues m’ont pris par la main pour m’amener les contempler, juste derrière notre baie vitrée (nous sommes au rez de chaussée!). J’ai emprunté un appareil photo d’abord pour me prouver que je ne rêvais pas. Mais je ne résiste pas à le partager avec vous.
Mesdames et Messieurs, voici en exclusivité pour vous, la présence de Léon et Anatole (ouais, comme ça, j’ai décidé de les baptiser!) devant nos bureaux:
J’ai bien esssayé de les convaincre de prendre la pose, mais ils semblaient moyennement chauds, et me l’ont dit clairement. Cela dit, ils ne sont pas bagués, et on n’a aucune idée d’où ils peuvent débarquer, comme ça, en pleine zone industrielle…
L’enquête est ouverte!
Posté dans Petits plaisirs & petits bonheurs, Ménagerie et Cie | 7 commentaires »
20.4.2010 par Flo.
Histoire de changer des petits bobos et affaires de toubibs, faut quand même que je vous raconte.
C’est une aventure qui m’est arrivée le 1er Avril, sans rire et vrai de vrai. Sauf que bien évidemment ce matin-là, je n’avais pas d’appareil photo sur moi. Le 2 au matin, je me suis donc dit qu’on ne m’y reprendrait pas, et je suis partie plus tôt, appareil en bandoulière, batteries à l’intérieur (et chargées, pas folle la guêpe, on ne me le fera pas deux fois). Ceci en vain, puisque mon mirage avait forcément disparu - ce serait trop simple.
Du coup, pas de photo, pas de billet, me suis-je dit “in petto”. Mais je l’aimais bien mon titre, et puis mon histoire aussi, alors je l’ai laissée au fond du tiroir.
Aujourd’hui, il fait beau, il fait chaud, je n’ai rien, mais alors vraiment rien à raconter de drôle, je pourrais vous faire pleurer devant la catastrophe absolue de mon boulot et mon état de santé, mais j’en ai marre.
Ouverture du tiroir, et récit….
Donc, c’était le 1er Avril.
Petit matin brumeux, heure d’été encore très mal assimilée (aujourd’hui, toujours, mais il ne faut plus en parler). Je me lève au radar, et comme à cette période, le brouillard flottait, la fraîcheur matinale était bien là. Si je voulais romancer, je vous dirais que j’ai déjeûné en guettant le rougeoiement du soleil levant (Anne, ma soeur Anne…), mais ce serait abusé, je ne me souviens plus trop de la tête du soleil ce jour-là.
Départ plus ou moins à l’heure, calée sur la chronique politique de la radio, ça va, je ne suis pas trop à la bourre. Depuis un moment déjà, je passe par la pampa campagnarde en rallongeant mon trajet, mais en évitant les bouchons. Je préfère, et puis le paysage est plus joli, je vous en avais fait un petit aperçu photographique (non, ne me demandez pas le lien, cherchez dans les archives, j’ai la flemme là) (oui je suis un peu brute de décoffrage ces temps).
Ligne droite, donc, dos d’âne, aïe les amortisseurs, perte de priorité à l’entrée du rond point, freins, coup d’oeil dans le rétroviseur, 1ère…..
Coup d’oeil dans le rétroviseur…
Frein…
Coup d’oeil dans le rétroviseur…
Ouverture de la bouche, secouage de la tête, frottage des yeux, coupS d’oeil dans LES rétroviseurs….
Chameaux!
Non mais si, de vrais chameaux!! (vous comprenez que là, à ce moment fascinant, une photo aurait été fort bien placée, vous le comprenez, pour mon sens du suspense?)
Chameau! Dromadaire (oui oui, un de chaque, on m’a appris depuis toute petite à compter les bosses)! Et un machin, là, plus loin, avec des poils longs, des cornes, yak ou qu’en sais-je??
M’enfin, comme ça, là, au milieu d’un rond point, dans l’herbe à 2 pas de la ville? Et juste accrochés à des piquets dans l’herbe? Et non, je n’ai rien fumé la nuit dernière, et oui, je suis réveillée, là quand même…
Je suis restée plantée 1 minute au bas mot à ce fichu rond point. J’ai ensuite démarré, fait le tour du rond point très lentement, riant comme une folle dans ma voiture. Et maudissant tous les saints photographes de ne pas avoir d’appareil sous la main, ni même un téléphone donnant vaguement quelque chose, ou un I*pod quelconque (chéri, ceci est un message subliminal!). Bref, un outil de technologie moderne pour immortaliser ce grand moment d’hallucination du jour où je m’attendais à voir naître des poissons partout, mais pas franchement des camélidés (si je veux, je le dis!) ou autres bêtes à bosses et cornes.
Me promettant donc d’amener ledit appareil le lendemain, sans faute, cherchant le cirque sur ma route en m’éloignant, sans le trouver. Et comme j’ai l’art du teasing, vous avez compris que le lendemain, il n’y avait toujours point de cirque, et plus de chameaux-droma-yaks non plus.
Le monde est rempli d’injustices, je vous l’assure, mais j’ai eu un joli poisson d’avril à raconter à mes collègues en arrivant. Sauf qu’ils se sont bien moqués de moi!
*Merci Karmara de m’absoudre pour ce titre complètement idiot - surtout en écrivant le billet un 20 Avril! Mais aujourd’hui, en lisant le tien, je me suis dit que je devais avoir le droit, au moins jusqu’au 30….
Posté dans Be a geek!, Petits plaisirs & petits bonheurs, Ménagerie et Cie | 4 commentaires »
30.3.2009 par Flo.
Monsieur chat me fait bien comprendre à sa manière qu’il est fort mécontent d’être passé de son statut de matou libre et heureux à celui de matou d’appartement. Au cas où je n’aurais pas assez culpabilisé à ce sujet, il en remet une, à deux couches quotidiennes: me regarder avec des yeux de merlans frits (exceptionnel pour un chat) planté devant la porte-fenêtre que je lui ouvre à l’envi (c’est quand même le deal). Dès qu’il est sorti, demander d’office à rentrer. Et recommencer dans l’autre sens.
Miauler à n’en plus pouvoir, tolérer sa caisse sans y mettre d’enthousiasme (elle est pourtant tout le temps propre, je m’y engage). Frémir et me raconter, devant la vitre, comment il pourrait attraper cette pie, ou ce moineau qui lui font l’affront de se poser devant lui, à un coup de patte s’il n’y avait pas la fenêtre….
Et puis le printemps arrive, les hormones (celles qu’il lui reste) le travaillent, il monte maintenant sur la chaise sur le balcon, observe l’arbre qui pousse devant ses moustaches avec intérêt, mais jauge, à mon grand soulagement, la distance balcon-sol (4 étages!) un peu trop osée quand même.
En plus de tout cela, Monsieur chat s’empâte. Il n’a plus l’occasion de faire le fou dans les prés, et a perdu sa svelte ligne, du moins celle qu’il pensait avoir. Monsieur est devenu le vrai matou dodu, ventru et rondelet. Et n’a pas du tout l’intention, pour autant, de se réguler en nourriture, et continue à manger la même dose de croquettes.
Là, il a fallu que je sévisse. Après des circonvolutions et des tentatives désespérées à le convaincre de réduire les doses, lui avoir racheté une gamelle plus petite (!!), j’ai fini par me résoudre à le passer au light. Si. Ce que je ne fais pas pour moi, je l’ai fait pour lui.
Depuis vendredi, Monsieur chat a donc droit à ses croquettes light. Oh, j’ai bien senti que ça ne l’emballait pas plus que ça, qu’il flairait l’arnaque. Il les a contemplées d’un regard un peu méprisant, en a grignoté une ou deux dans la soirée, mais rien de plus, alors que d’ordinaire il aime tant le changement de nourritures.
Samedi a été infernal. Toute la journée, il a miaulé. Râlé. Pleuré. S’est fait gronder à la hauteur de ses réclamations, ce qui n’est pas peu dire. “Non tu n’auras rien d’autre, non, la viande ce n’est que le dimanche, tiens, regarde, la gamelle est pleine”, et moi de secouer ladite gamelle d’un geste tout à fait convaincant. Rien à faire. Il me regardait de ses grands yeux jaunes, miaulait, recommençait, et moi je ne cédais pas.
Jusqu’à la soirée. Où je n’en ai plus pu. Où le chat menaçait de passer par le balcon, si ce n’était par moi, par mon homme, tant il était insupportable. De guerre lasse, il m’a eue aux nerfs. J’ai sorti le paquet de viande, le lui ai servi. Il s’est précipité dessus. Et moi je l’ai contemplé, mi coupable, mi intriguée “ce chat a réellement faim, si ça continue ainsi, si je m’obstine, c’est en arrêtant de manger qu’il va maigrir”.
Je décide de laisser encore le bénéfice de doute: il n’aura que ça dimanche, si ça ne va toujours pas, je vais chercher d’autres croquettes lundi, et je ferai passer le tout par mélange.
C’est dur, la psychologie animale.
Dimanche matin. Miss blondinette émerge bien entendu 2 ou 3 heures avant ce qui nous paraît un réveil acceptable. Nous l’entendons passer devant la chambre, aller à la cuisine. Et commencer une tambouille dont elle seule a le secret. D’habitude, aux sons, j’arrive à deviner ce qu’elle fait, mais là non. Son père se réveille, tout aussi intrigué. Et finit par se lever.
Deux minutes passent, et j’entends:
-Mais range ça, c’est sûr, il ne va rien manger si tu continues!
-Mais c’est pour qu’il maigrisse, et que ça ait plus de goût!
Je saute du lit, enfile un pull, surgis à la cuisine. Pour voir les petits pots de poivre, curry, herbes diverses et variées (oui, à portée de main de la demoiselle), étalés par terre à côté de la gamelle de croquettes; et le chat, l’air désespéré, regarder Miss blondinette faire et en miaulant de plus belle (”vous allez peut-être enfin comprendre maintenant ??”)
Poivre et curry formaient un joli mélange sur les croquettes, et forcément à côté, tant qu’à faire.
Je prends une grande inspiration, un début d’explication pointe.
-Miss blondinette, j’ai besoin de savoir….tu as déjà fait ça hier matin?
Silence, à moitié coupable. Elle me scrute, ne sachant pas si l’aveu qu’elle tenait au bout de ses lèvres provoquerait colère ou non.
Nouvelle grande inspiration.
-….Je ne vais pas te gronder. J’ai besoin de savoir. Tu vois, Monsieur chat n’a rien mangé hier. Je pensais qu’il faisait des caprices, j’aurais dû acheter des nouvelles croquettes. Mais si tu lui as renversé du poivre et des épices dans sa gamelle, c’est sûr qu’il n’allait rien manger.
-Mais si, bien sûr, c’est bon ce que je lui ai mis, c’est pour donner du goût et l’aider à maigrir.
Ouf. J’ai compris. J’explique à miss blondinette que non, un grain de poivre pour nous, c’est un poivrier entier pour le chat. Je lui répète (avec son père) pour la cent unième fois que si elle veut nourrir l’animal, elle me demande d’abord, et fait ça sous ma surveillance.
Je récupère la gamelle, la passe à la poubelle, nettoie la couche impressionnante de poivre et curry au fond (comment n’ai-je pas pu le voir???), câline le chat qui commence à m’aimer très fort (tu parles, il s’est enfin dit qu’il allait pouvoir s’approcher de sa pitance sans éternuer et manquer de défaillir), la remplis de croquettes saines et light, le sers….
Il a dû mettre 3 minutes pour descendre la moitié! Moi, j’ai beaucoup culpabilisé, un peu rigolé, et lamentablement tenté de m’excuser en le servant, encore, de viande le dimanche soir (la bonne affaire pour lui!)
Tous les quinze jours et un jour par semaine, Monsieur chat a droit à un avant-goût du bonheur d’un enfant à la maison, et nous, à des inventions que nous ne soupçonnions pas un instant!
Posté dans Mots d'enfant, Ménagerie et Cie | 2 commentaires »
8.10.2008 par Flo.
Mon bon gros matou ne se fait pas aux changements.
De nous tous, c’est celui qui ne profite pas de tout ce que nous vivons actuellement.
Et ça a l’air idiot comme ça, mais ça met une grande ombre au tableau, devant laquelle je me sens totalement démunie.
Oui, c’est sûr, il a perdu en espace vital. D’un coup le voilà contingenté à un appartement, certes grand (bien plus que tout ce qu’il a pu expérimenter jusqu’ici, mis à part une jolie maison de campagne provisoire), mais plus du tout au rez de chaussée. Donc adieu chasse aux oiseaux, insectes et autres taupes qui passaient dans le coin.
Mais je me disais qu’inversément, ce qu’il allait perdre en territoire, il le gagnerait en présence; c’est un chat qui a toujours été très casanier, et surtout très demandeur de présence humaine. Et au vu de mon rythme et de mes absences répétées de ces derniers mois, je craignais qu’il en souffre, au point de faire son baluchon et prendre la tangeante.
C’est vrai aussi, quand on a trouvé cet appartement, j’ai pensé au problème du chat. Je me suis demandé comment il vivrait l’exil à l’étage. Mais je n’ai pas hésité longtemps, d’abord parce que l’opportunité était telle qu’on ne pouvait pas se permettre de passer à côté pour des considérations félines, et parce que je me disais que royalement, il allait bénéficier d’une présence quasi 24h sur 24 au vu de nos roulements décalés, ou pas loin.
Prise en flagrant délit de raisonnement bien trop humain, probablement.
Depuis que nous avons emménagé, je le sens un peu stressé, avec du mal à prendre ses marques.
Au premier caca (désolée pour la poésie, mais c’est ça) hors de sa caisse, je n’ai rien dit, sachant que c’était souvent son moyen d’exprimer son bouleversement.
Au deuxième, j’ai haussé le ton et pris encore sur moi; au vu du temps qu’on passait à tout déballer, je n’arrivais pas à lui offrir un lieu intime pour sa caisse, et il continuait à être baladé.
Sauf que ça a commencé à devenir récurrent. Et que même maintenant, alors que tout est en place et qu’il est supposé avoir ses marques, il continue d’exprimer son mécontentement de la même manière. Et de façon de plus en plus fréquente.
Et je continue, moi, à être complètement prise au dépourvu.
Balançant entre la tristesse de ne pas trouver de solution pour mon compagnon de route, fidèle et témoin de tant de choses, et l’option qui se profile et à laquelle je suis totalement incapable, à l’heure actuelle, de me plier.
Alors oui, si dans un moment (ne me demandez pas d’en définir la durée, je vous en supplie) je réalise que malgré ma meilleure volonté je ne parviens pas à une solution, il faudra que je pense à son bonheur, son bien-être avant le mien. Que j’accepte de rentrer le soir et ne pas trouver sa présence, parce qu’il sera plus heureux chez d’autres, qui sauront lui offrir ce qui lui manque probablement trop aujourd’hui: un jardin, une campagne, une présence encore plus attentive, qu’en sais-je…
En attendant, il faut que j’essaye d’inverser ce rapport de forces que nous commençons à systématiquement avoir. Lui consacrer encore plus de temps et d’attention, de câlins et de moments de jeu; devoir comptabiliser du temps passer avec mon chat est quelque chose qui m’est assez étranger, mais si c’est à ce prix-là que je peux sauver notre relation, alors ça en vaut le coup.
Et je suis preneuse, aussi, de tout conseil ou témoignage. Parce que j’avoue, je suis triste, et je ne sais surtout pas quoi faire…
Posté dans Ménagerie et Cie | 6 commentaires »
1.10.2008 par Flo.
J’ai depuis une dizaine de jours, dans mes cabinets de toilette, droit dans mon axe de vision (et là, toutes les femmes me comprendront très bien, puisque pour les hommes, l’axe en question est radicalement différent et à l’opposé), une araignée.
Confortablement installée dans un petit coin, qui fait sa vie.
Qui grossit à VUE D’OEIL, et je ne mens pas!
La preuve, elle rentrait il y a peu encore dans la petite fente de la plinte en bois, et aujourd’hui, elle pourrait à peine y passer les pattes.
Non, je n’exagère pas!
J’ai donc cette chose à quelques centimètres de mes pieds, le matin quand je me lève la tête enfarinée, le soir avant d’aller me coucher, et à chaque instant de ma journée qui croise ces lieux, fatalement.
Et pourtant, je ne l’ai pas tuée.
Je sais, je suis folle.
Je la regarde toujours d’un oeil torve, plus que mauvais. Je rétracte les orteils et ne peux pas porter mon regard ailleurs, pas moyen.
Mais je ne l’ai pas tuée.
Ce qui est déjà pour moi, un immense et magistral progrès.
De la laisser en vie, et pire encore, de continuer à aller en ces lieux sans stress insurmontable.
N’empêche, ça fait 10 jours que je me demande ce que je vais faire. Si elle disparaît à mon prochain passage d’aspirateur (non, je fais le ménage un peu plus règulièrement, mais une panne d’aspirateur m’en a privée depuis un temps certain, c’est donc au balais que je le fais, et je n’aime pas ça, heureusement, cet intermède prend fin dès aujourd’hui!), je n’irai sûrement pas la rechercher. D’un autre côté, on m’a dit que dans les sacs, ça pouvait profiter de la chaleur, pondre des oeufs, se reproduire, et d’ici à ce que je me retrouve avec une colonie de ces sales bêtes dans mon appart, il y a un pas que je ne franchirai pas même dans mes pires cauchemars. Argh.
Je me dis qu’à force de la regarder, je finirai peut-être pas m’y faire. Phénomène d’adaptation, ou qu’en sais-je, on soigne le mal par le mal, un truc dans ce goût-là.
J’entends tellement dire que ces animaux sont incroyables, merveilleux, qu’ils sont utiles dans un intérieur, qu’ils bouffent tout le reste, etc, etc. Non, vous ne me convaincrez toujours pas qu’elles ne piquent pas, c’est FAUX, ou alors qu’on m’explique comment j’en suis arrivée régulièrement à me gratter jusqu’au sang sur des piqûres qui ressemblaient à tout sauf à celles de moustique (je suis experte en moustiques aussi).
Faut quand même pas abuser.
Pour l’instant elle vit, qu’elle en profite.
Demain est un autre jour, et si je suis clémente, elle finira peut-être dans un verre secoué par-dessus le balcon…Si je ne peux plus tenir…ceci est une partie censurée pour ne pas heurter les âmes sensibles….
Edit de cette note écrite hier soir: ce matin en me levant, disparition de ladite sale bête….J’ai immédiatement pensé que mon Cher et Tendre avait craqué avant moi et lui avait fait sa fête. Après vérification à la source (qui n’est pas l’araignée mais donc le potentiel bourreau), il n’en est rien.
Nous en sommes donc arrivés à la conclusion que la chose avait dû lire mon blog et deviner mes intentions néfastes; pris ses valises et changé de crèmerie. Ou alors j’ai un peu exagéré et elle rentre encore dans le trou de la plinte.
Le suspense est intense, entier, et l’affaire est à suivre….
Posté dans Ménagerie et Cie | 2 commentaires »
10.6.2008 par Flo.
Trop de choses se catapultent en même temps. Trop de choix à faire, trop de décisions à prendre qui vont quand même écrire la suite, à court, moyen et long terme.
Je gère les urgences, je tente de rester à flots mais j’ai plutôt la sensation de surnager.
Se mêlent de grands, d’immenses bonheurs, de petites angoisses, de grosses interrogations, des peurs, tout cela dans un mélange que je peine à rendre cohérent.
Je déserte ces lieux par manque de temps, mais aussi par manque d’inspiration. Répéter toujours les mêmes choses devient lassant, même pour moi, et comme je pense toujours aux mêmes choses, que mes pensées passent en boucle, il m’est difficile de prendre de la distance pour avoir un minimum d’originalité dans ces lieux.
Le plus curieux, c’est que même écrire n’est pas un soulagement pour l’instant. Preuve que j’ai vraiment la tête sous l’eau et que je suis partie en apnée.
Ca va passer, le temps avance, inexorablement, et les solutions doivent arriver vite. En attendant, je continuerai à être fidèle à ce lieu qui m’est cher, mais probablement avec toujours autant d’irrégularité. Je ne remets pas une seule seconde ce blog en question, bien au contraire, il m’impose un nouveau rythme qui, consciemment, ne me satisfait pas, mais auquel les contraintes extérieures m’obligent à me plier.
Soit.
A très vite donc, pour des billets joyeux et insouciants, parce qu’il y a beaucoup de Joie et d’insouciance dans mon quotidien, mais mon immense fatigue m’empêche de la savourer, et c’est dommage….
Posté dans Ménagerie et Cie, états d'âme | Aucun commentaire »
14.5.2008 par Flo.
Ca fait une semaine que je n’ai pas vu ma nénette.
Elle a plein d’excuses, et moi nettement moins: je suis absente régulièrement, plusieurs jours de suite, elle n’a pas l’habitude de ça.
C’est l’été, le printemps du moins, il fait beau, chaud, elle doit avoir les hormones qui la taquinent, l’appel des grandes étendues d’herbe verte tout autour de mon chez-moi.
N’empêche, c’est une aventurière, une indépendante, mais généralement elle s’arrange pour faire de rapides passages, réclamer sa viande, râler un coup, se chamailler avec son frère et repartir.
Là, même pas.
Et je ne sais pas quoi faire, avant tout parce que je crains qu’il n’y ait pas grand chose à faire….
Je l’appelle en rentrant le soir, au risque de casser les oreilles des voisins, mais je ne pourrai pas changer fondamentalement mon organisation actuelle avant quelques mois.
Son frère avait fait la même chose il y a quelques mois, moins longtemps heureusement, pour finir par réapparaître, alors j’essaye de me rassurer en me disant qu’elle reviendra comme elle a disparu, que c’est le propre d’un chat, mener sa propre vie, trouver son rythme, en changer pour une raison qui nous échappe.
Mais je suis vraiment inquiète, et je culpabilise, en plus….
Posté dans Ménagerie et Cie | Aucun commentaire »
22.1.2008 par Flo.
+1 souris sauvée.
Petit mulot cette fois, adorable, trouvé planqué sous la table à mon retour hier soir encadré par deux chats toutes griffes et crocs dehors.
J’adore les chats, mais y’a des fois où leur cruauté m’insupporte.
Après une nouvelle course dans l’appart et des ruses de sioux pour l’attraper sans qu’il file droit dans la gueule des monstres ou sous un meuble encore plus inacessible, je l’ai relâché, et sans avoir à l’aider à retrouver son terrier.
Non mais franchement, c’est marqué SPA sur la porte de mon appart ou quoi??
Posté dans Ménagerie et Cie | Aucun commentaire »