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Archive de la catégorie Mots d'enfant

Tempête enfantine *

Samedi, c’était l’anniversaire de Miss Blondinette.
Pas la date officielle, qui elle avait déjà eu lieu 1 semaine plus tôt, mais le moment tant attendu où la demoiselle avait convié ses petits camarades en nos murs, pour fêter dignement l’occasion de ses 6 ans.

Autant dire que nous n’appréhendions pas la chose tout à fait de la même manière:
Elle, c’étaient sauts de puce et petits cris depuis le matin, malgré les 15 jours de vacances, elle était réveillée à 7H30 “pour le cas où ils seraient arrivés à l’avance” (on les attendait à 15H…)
La robe rose de princesse était pliée dans le sac, papa était allé acheter des collants en catastrophe et dernière minute la veille (taille 8-10 ans, parce que la taille juste en-dessous, c’était 4-6 ans, et forcément la marque ne fait pas le milieu, cherchez la logique, et imaginez le look), le petit boléro rose pailleté achevait de sécher, bref, il ne restait qu’à: gonfler les ballons, pousser les meubles, faire le gâteau au chocolat, ouvrir les bonbons (ni trop tôt pour éviter la tentation, ni trop tard pour être pris dans le stress), lui laver le visage parce qu’elle avait voulu se mettre du rouge à lèvre et a forcément trouvé celui qui tient très très bien, et convaincre la Miss d’avaler quelque chose au petit déjeûner ET au dîner, avec en échange la promesse qu’on ne lui ferait aucune remarque sur le nombre de bonbons avalés.

Et pour nous…tout cela et le reste encore, et désespérément trouver comment rester zen.
J’ai eu un petit moment de panique en plein milieu de la matinée, quand j’ai réalisé que mon cher et tendre, sous ses dehors super tranquilles “j’assume et je gère” paniquait en fait autant que moi. Oui, parce que bon, moi je n’avais pour souvenirs de ce genre d’anniversaire que les miens, à savoir une meute de gamins déchaînés qui hurlaient dans l’appartement, ne faisaient surtout pas ce qu’on leur demandait et saccageaient l’intérieur (grâce soit rendue à mes parents qui, pourtant, ont fidèlement perpétué la tradition pendant mes longues années d’enfance).
Et puis le dernier anniversaire auquel Miss Blondinette avait assisté ne m’avait pas franchement rassurée non plus: certes c’était dans une maison, certes ils étaient autrement plus nombreux que les 3 petits que nous attendions, mais lorsqu’on était allés la récupérer, nous avions retrouvés les parents hagards, et le père du garçon nous avait soufflé “je comprends maintenant pourquoi être instit est si fatiguant. Je n’en peux plus!”
Gasp.
Donc lorsque j’ai découvert que mon cher et tendre n’en menait finalement pas plus large que moi, j’ai tremblé. D’un coup, les jeux auxquels nous avions réfléchi, les suggestions que nous voulions lancer ne tenaient plus, tout me semblait dérisoire et courait à l’échec.

Ils sont arrivés pile à l’heure, tous. Et à peine la porte d’entrée fermée, les mamans pas encore parties, que les 4 étaient ensemble dans la chambre. Ca criait déjà un peu, mais la mayonnaise avait pris avant qu’on n’ait besoin de casser les oeufs.
On s’est donc retrouvés mon chéri et moi devant le seul cas de figure non envisagé: ils n’avaient pas besoin de nous! Alors quoi, on fait de la figuration, on attend leur bon vouloir?

Finalement, ces 3 heures n’ont pas filé, mais se sont très bien passées (oui, évidemment, je sais, mais n’empêche!) A cet âge, ils n’ont plus besoin d’être constamment couvés et occupés. Ils ont des moments d’indépendance.
Oui, ça a hurlé. Couru. J’ai mille fois craint pour leur tête, je les voyais partir en glissades contre les meubles, je me suis retenue, j’ai laissé faire. J’ai adressé une prière au saint patron des voisins qui a eu l’air de nous comprendre et de nous absoudre, une bonne chose de faite. On a fait un peu d’autorité, juste ce qu’il fallait.
Je suis très fière, je n’ai pas crié quand le verre de jus de fruit s’est retrouvé renversé sur la table, et forcément sur le sol.
On a joué un peu, on a rigolé. Fait une chasse aux trésors, c’était impressionant à 4 de voir tant de disparités dans la facilité de lecture. On a dessiné aussi, et là encore, la différence était bien là (et d’ailleurs Arthur, le champion hors catégories en lecture, est une poire absolue en dessin. Il faut bien un peu de justice dans ce bas monde d’enfants).

On était épuisés quand même. Mais heureux, parce que la reine de la journée l’était. Contente et fière.
Moi, je n’ai pas adoré la voir dans ce contexte. C’est une autre image de l’enfant que je connais que j’ai découverte: celle d’une petite fille autoritaire et très directive, elle mène sa petite troupe par le bout du nez et il lui faut du répondant (Arthur a bien essayé, mais en tant qu’amoureux devenu quasi officiel, il s’est bien rendu compte aussi qu’il ne pouvait pas tout avoir…)
Mais c’est leur monde, et je préfère les y laisser. Ne le voir que de loin. On a beau savoir qu’elle est ainsi, le constater sur faits, c’est autre chose.

L’année prochaine, on verra. Les joies de la garde en alternance, c’est peut-être aussi pour ce genre d’occasions, non? Mais s’il faut le refaire, ce sera sans hésitation, juste pour ses yeux qui brillent…

anniversiare.jpg

*Oui ok, c’est un mauvais jeu de mots. Jour de la tempête, mais chez nous, c’était plutôt à l’intérieur de l’appartement. Ca a beaucoup soufflé, mais on a fait partie des très chanceux qui sont passés à côté…

Chroniques amoureuses

Miss Blondinette va très prochainement fêter ses 6 ans de grande fille qu’elle est.
Ca se fera cette année chez nous, sa maman est un peu trop prise depuis la très récente naissance de sa petite soeur, pour pouvoir consacrer du temps à des petits camarades et tous les recevoir. Du coup, nous nous sommes offerts de lui permettre de dignement fêter l’occasion.
N’habitant pas un loft, il ne nous est pas possible d’accueillir beaucoup d’enfants en même temps, raison pour laquelle nous lui avons demandé de ne choisir que 4 copains avec lesquels elle voudrait partager ces moments. Ca n’a pas été évident ni facile, mais elle s’est somme toutes décidée rapidement, et son choix s’est porté sur 3 filles….et 1 garçon! Qui n’est même pas son “petit copain du moment” officiel du moins, puisque nous lui expliquons en parallèle qu’a priori et jusqu’à nouvel ordre, la polygamie n’est pas tout à fait reconnue en France, ni en Europe.

Arthur, donc, aura le droit de partager les jeux de 3 autres petites filles et sera le “prince au milieu des princesses”. A cet effet, il a d’ailleurs droit à une invitation toute personnalisée: y figureront les princes en plus de Blanche Neige et ses demoiselles de compagnie.

Miss Blondinette, néanmoins, ne perd pas la tête pour autant. Elle n’a pas manqué l’occasion, l’autre jour (et paraît-il car il s’agit d’une conversation rapportée), de rentrer chez sa maman et de lui demander si “elle pouvait inviter Eric (son prétendant “officiel”) pour une soirée pijama”. Je n’ose imaginer la tête de la maman, et j’aurais moi-même toussé. Et devant notre étonnement “mais pourquoi donc invites-tu Arthur à ton anniversaire, alors que c’est Eric ton amoureux”, sa réponse a été (comme bien souvent) pleine de bon sens: “mais parce que je préfère voir Eric en tête à tête, juste lui et moi, pour la soirée pijama”.
Ben voyons!
Le plus marrant dans l’histoire (de mon point de vue), c’est que son père me l’a narrée en riant. Mais un peu jaune, j’en ai bien l’impression….

Je suis en train de m’interroger sur la pertinence ou non d’ouvrir une catégorie rien que pour ces aventures. En quelques jours, nous avons eu droit à quelques pépites que je conserverai et replacerai ici. Et j’ai comme dans l’idée que ce n’est que le début d’une looongue série (ne tousse pas trop fort, mon cher et tendre!)

Identité quoi?

L’émission “cartier libre” sur France Inter est chaque matin pile poil dans la tranche horaires de mon trajet maison-boulot. Ce matin, elle m’a particulièrement touchée, et je vous aurais bien mis le petit lien qui va bien vers ce doux moment où je n’ai cessé de sourire, mais je ne l’ai malheureusement pas (encore?) trouvé dans les archives du site. Ne me reste plus qu’à vous dire de le guetter, et c’est ici que ça devrait arriver.

Il y était question de ce fameux débat sur la nationalité française, la fierté nationale et tout ça tout ça. Je n’entrerai pas dans la polémique, et je considérerai que mes migraine et vague nausée persistantes depuis les heures matinales n’ont rien à voir avec le tissu d’inepties et les propos indigestes que j’ai entendus pendant le journal qui précédait l’émission. Passons.
Il s’agissait donc de l’interview d’une petite fille de 8 ans, de parents khabiles et en demande de régularisation de situation (je préfère nettement à “sans papiers”), qui était elle-même née sur sol français, et qui demandait à son père ce que c’était d’être français, et comment il se sentait, lui.
Quelques minutes d’échanges père-fille, qui, sous des dessous dramatiques, m’ont profondément émue.

Je ne reviendrai pas sur les notions de double nationalité, d’exil ou de réadaptation que j’ai plusieurs fois abordées ici au travers de billets plus ou moins légers, et que je continuerai sans doute à évoquer tout au long de mes monologues. J’ai juste écouté cette petite demoiselle qui faisait comprendre à son papa, du haut de ses 8 ans, qu’en somme elle ne saisissait pas très bien la raison pour laquelle il fallait choisir. Qu’elle n’oubliait pas qu’elle était khabile même si elle n’avait jamais vécu en Algérie, et qu’elle rêvait d’ailleurs de découvrir ce pays. Qu’elle voulait les 2.
Les choses paraissent si simples dans la bouche d’une enfant. Et on ne peut que s’émouvoir aussi des réponses les plus sincères possibles d’un père qui a abandonné ses propres parents là-bas, pour se préoccuper de son nouveau foyer. Qu’il cherche le meilleur pour ses 3 enfants, quitte à laisser ses racines derrière lui.

A l’heure également de la polémique sur les élections tunisiennes, qui me font d’un coup me poser plus de questions que d’habitude sur ce que mon propre père a pu vivre dans son enfance et qui, pour je ne sais quelles raisons, me font réaliser qu’il serait bon que je l’interroge, avec toute la douleur que cela risque néanmoins de raviver chez lui, j’ai particulièrement résonné, vibré à l’écoute de ce mini débat familial.
Et par-dessus tout cela, je garde, chevillée au corps, la sensation que jamais je ne pourrai choisir un pays, une nation. Parce que oui, réellement dans cette situation, choisir, c’est renoncer. Et ce renoncement-là, pour moi, ce serait un réel appauvrissement…
Après tout, je dois encore avoir 8 ans, à vouloir que tout soit si simple et à ne pas comprendre pourquoi on le complique tant.

Pour illustrer ces propos, j’aurais très envie de vous mettre des photos de mes montagnes, ou alors de la campagne alentours, celle dont je voudrais chanter les louanges tous les jours ici, ou alors aussi l’Italie et cette région encore dévastée par le tremblement de terre. Ou enfin, la terre natale (mais pas nationale) de mon père, qui est aussi un peu une part de moi. Je n’ai rien de tout cela à disposition là maintenant. Et puis ce serait là encore, choisir, ou pas, et je n’en ai pas envie. Alors je me réserve ça pour une occasion et un nouveau beau montage!

Elle grandit

C’est presque une petite nana, maintenant. Elle a des velléités d’indépendance, et pourtant encore tant de mimiques et de réflexes de toute petite fille.
-Elle prend sa douche presque toute seule. Je supervise le savonnage, le rinçage. La température de l’eau.
-Elle m’a récité tout à l’heure au repas l’alphabet, pas encore tout à fait juste, en chanson hésitante, mais elle reconnaît de plus en plus facilement les lettres, les chiffres, j’en suis toute émue. Elle sait depuis très longtemps écrire son prénom, papa, maman, et l’autre jour, elle est arrivée toute fière en m’épelant “école”. J’ai été soufflée qu’elle sache épeler par oral. En version écrite, elle a oublié le “o”.
-Elle a encore un corps de bébé, un visage de petite fille. Des manières de petite nana, depuis fort longtemps déjà.
-Elle commence à raconter un peu plus précisément (tu vois Poufpouf, tardivement), elle mélange encore beaucoup les envies et la réalité. Peut-être un peu les projets chez sa maman et chez nous, mais ça c’est normal.
-Elle a beaucoup de mal à se repérer dans la temporalité. Le week-end, la semaine…Quel jour on est, combien de temps encore.
-Elle est très curieuse des langues étrangères, elle nous demande de compter en allemand, anglais, italien quand elle respire sa ventoline. En même temps si possible, c’est pas si facile que ça!

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Ca fait maintenant un an et demi qu’elle est entrée dans ma vie. Et mon dieu comme elle a changé!

Hommage

Sérieusement, vous les mamans, ou même tous les parents, vous faites comment???

Vous faites comment lorsque vous sortez d’une journée bien épuisante, où votre Grand Yaka n’a rien trouvé de mieux que de vous refiler un dossier en dernière minute à mettre en page, à finaliser, mais en 1 heure chrono alors qu’il en aurait fallu bien plus, le temps de comprendre et de bien faire, et pas de délai possible, il doit attraper son avion en fin de matinée et forcément, tout doit être bouclé avant.

Vous faites comment, après une journée entière où vous tenez péniblement vos yeux ouverts, pour retrouver vos enfants qui, eux, débordent d’énergie, et recommencer une seconde journée, puisque c’est bien de ça qu’il s’agit?

Je viens de rentrer avec Miss Blondinette qui, elle, a du peps à revendre!
Elle passe d’un sujet à l’autre, mais ne se contente pas de raconter, il faut mon approbation, et puis les questions qui arrivent, et qui m’obligent à mobiliser plus d’un demi neurone pour lui faire une réponse un tant soit peu constructive et intelligente (toujours penser à l’éducation, profiter de chaque instant pour enrichir ses connaissances), alors que je peine ne serait-ce qu’à comprendre le début de ce qu’elle me raconte.
Et qui plus est, je n’ai pas à me plaindre: elle est déjà douchée, je n’ai qu’à assurer l’intendance repas, médicaments, coucher….Un minimum, même si je sais que chaque étape sera chaudement discutée et argumentée.

Vous avez toute mon admiration, vous, parents du quotidien. Vous m’impressionnez, parce que je ne suis pas sûre que je parviendrais à assumer cela autrement qu’en interim, comme ça, un soir par semaine, un week-end tous les 15 jours….Déjà, ça me paraît du quasi insurmontable, à l’heure où je ne rêve que d’une chose: une douche ou un bain chauds, m’affaler dans le canapé, buller, bouquiner….

A l’heure où j’écris cette note, elle est en train de s’exciter sur la console blanche et sur le jeu de la gamine qui se promène avec sa carte, son sac à dos et parle anglais. Mais elle est en même temps capable de me poser des questions sur “pourquoi le chat part en courant, et regarde mon résultat au jeu, et qu’est-ce qu’on mange, et on est quel jour de la semaine?”

Moi, je suis penchée sur mon écran, les yeux brumeux, et c’est la 4ème fois que je relis ce billet en me disant que c’est de l’instantané, mais qu’il est fichtrement mal écrit et que je n’arriverai pas à faire mieux, vu la matière grise qu’il me reste….

Nouveautés de l’enfance

La rentrée approche; et j’ai eu des nouvelles de Miss Blondinette, même si nous ne nous sommes pas parlées directement.

-Nous avons laissé une petite fille proche de lâcher les brassards et de nager toute seule, je suis quasi certaine que désormais, après des baignades dans l’océan, elle aura remisé ces manchons au placard. Sauf exception “pour se rassurer”, elle promet d’être une fort bonne nageuse, elle qui aime tant l’eau.

-C’est une future championne de trampoline. Elle a dammé le piond à un gaillard de 20 ans en sautant plus haut que lui, en pirouettant et en riant comme une folle, sans peur aucune. Son père déteste les manèges, je n’en suis personnellement pas fan, je suis dubitative quant au fait de parvenir à l’accompagner dans cette folle aventure de sensations fortes, mais je suis ravie de la savoir si courageuse!

-L’année dernière, elle avait la flemme de pédaler sur son vélo avec petites roues. Je m’interrogeais sur ce qui allait la motiver à se lancer dans ce moyen de transport si apprécié de la plupart des enfants de son âge. J’apprends aujourd’hui que sa mère réfléchit à la façon de ne plus lui laisser les petites roues, exception faite de situation d’urgence, donc un peu comme les brassards: ne pas les ranger définitivement, mais les rendre moins indispensables. Il est vrai que nous avons eu assez peu l’occasion de la voir pédaler depuis un an, mais tout pareil, je suis estomaquée de ces progrets fulgurants.

-Je n’ose imaginer à quel point elle aura grandi et changé. Un mois sans la voir, à cet âge, c’est quasiment retrouver une autre petite personne en face de soi. J’ai hâte, et j’appréhende à la fois, c’est qu’il va falloir s’adapter à tous ces changements…

-En parlant de changement et non des moindres, c’est une rentrée toute particulière qui se prépare pour elle: elle va déménager début 2010, et sera grande soeur à la toute fin 2009. Et ce sera une petite soeur. Moi qui me disais qu’un petit garçon la motiverait dans des défis sportifs, eh bien au vu de tout ce que j’ai mentionné ci-dessus, je crois qu’elle n’en aura pas besoin!

On se revoit mardi prochain, mais je suis déjà très fière d’elle. Et de tout ce qu’elle va me raconter, de tout ce qu’on pourra partager ensemble!

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Girly shopping

Donc, il y a quelques jours, nous sommes allés faire les magasins avec miss Blondinette. Son père avait l’intention de lui acheter un ou deux petits vêtements pour l’été, et j’approuvais le fait qu’il lui fallait quelques basics que sa mère pouvait omettre de placer dans le sac lors des week-ends ou des vacances. Et puis c’est vrai, elle n’a pas grand chose à elle ici (en vestimentaire j’entends, parce qu’en terme de jouets, je pense qu’elle peut ouvrir un magasin de ce pas),  et c’était un moyen de commencer une toute petite garde robe.

Ca a été pour moi un baptême, je n’avais jusqu’ici aucune raison de me balader au milieu des rayons pour 5-6 ans. Les enfants que je connais sont soit trop jeunes, soit plus âgés; j’offre de toute façon assez peu de vêtements de manière générale, je me souviens d’avoir été une petite fille puis une adolescente tellement peu soucieuse de mon apparence que c’était la dernière chose que je pouvais placer sur mes listes de cadeaux.

Miss Blondinette, elle, est d’un tout autre genre. Je l’ai déjà évoqué ici, elle aime probablement autant le rose, les poupées et toutes les princesses que la terre et les contes de fée peuvent contenir que j’aimais les pantalons, les baskets, les petites voitures et le sport.
A sa décharge, dans sa tranche d’âge, la mode baigne encore pleinement dans les personnages de dessins animés, si possible remplis de paillettes, le plus fuschia et flashy possible.
C’est ainsi que nous avons commencé à déambuler dans les rayons: moi en évitant le plus soigneusement possible tout ce qui pouvait s’apparenter à un vêtement trop “fifille” (c’était compliqué), elle me sortant le plus rose, le plus brillant, le plus pailleté et…le plus moche possible. De mon point de vue, ok.

Ce qui donnait à peu près cela:
-Regarde Floh, y’a Belle et Blanche Neige dessus, c’est trooooooooop beaauuuuuuuuuuu
-Ah mais non, m’enfin, tu ne vas pas prendre ça, c’est plein de froufrous et de volants, c’est pas pratique!
-Alors regarde ce petit pull pailleté, il est troooooooop joli non, orange et rose?
-Rohh, mais c’est pas joli ces 2 couleurs ensemble, franchement, tu ne préfères pas ce petit pantalon kaki?

Et ainsi de suite.
Dix minutes plus tard, le tour du rayon fait, la situation devenait critique. Je me disais qu’on n’y arriverait pas, et dès que nous arrivions vaguement à trouver un terrain d’entente, il n’y avait pas sa taille ou c’était trop cher.
Son père, jusqu’ici très patient et observateur, a fini par prendre les choses en main. Me demandant gentiment de le laisser faire. Me faisant remarquer que oui elle était une petite fille, certes elle aimait le rose, mais qu’il fallait bien l’avouer, je n’étais pas une bonne référence, j’avais des critères de base extrêmement opposés à ce qu’une petite fille pouvait normalement apprécier, et qu’il allait quand même falloir arriver à un compromis.
J’ai ronchonné, mais il avait raison. Déjà, ce n’était pas à moi de choisir, ce n’était pas non plus moi qui payais. Et surtout, il fallait que je me fasse à l’idée que mon enfance à moi n’avait probablement pas été celle d’une petite fille commune. Sans être exceptionnelle, j’ai sans doute poussé à l’extrême l’opposition à toute idée de féminité. Il m’a fallu du temps pour accepter de me regarder dans un miroir, de mettre des vêtements autres qu’informes, d’accepter d’être en jupe et d’avoir un minmum de décolleté. Ce n’est pas ça  non plus que j’aimerais transmettre à Miss Blondinette. Elle, comme moi, avons un bout de chemin à parcourir pour arriver à nous comprendre sur ce genre de domaines.

Au final, la séance shopping s’est bien terminée (à vrai dire, elle avait quand même commencé dans les rires, tout cela était pris à la légère par les 3 parties): elle a choisi du rose, à n’en plus pouvoir. Mais du rose pas trop moche, c’est même moi qui lui ai trouvé la tunique et la petite robe.
Et le pire du pire, là où je me dis que je commence à être sérieusement atteinte, c’est que ce week-end, lors d’une recherche maillot de bain pour moi, j’ai fini par en trouver un…
Devinez de quelle couleur?

Vite, trouvez-moi un marabout, je suis possédée!!

La facétie du week-end (sauf pour le chat)

Monsieur chat me fait bien comprendre à sa manière qu’il est fort mécontent d’être passé de son statut de matou libre et heureux à celui de matou d’appartement. Au cas où je n’aurais pas assez culpabilisé à ce sujet, il en remet une, à deux couches quotidiennes: me regarder avec des yeux de merlans frits (exceptionnel pour un chat) planté devant la porte-fenêtre que je lui ouvre à l’envi (c’est quand même le deal). Dès qu’il est sorti, demander d’office à rentrer. Et recommencer dans l’autre sens.
Miauler à n’en plus pouvoir, tolérer sa caisse sans y mettre d’enthousiasme (elle est pourtant tout le temps propre, je m’y engage). Frémir et me raconter, devant la vitre, comment il pourrait attraper cette pie, ou ce moineau qui lui font l’affront de se poser devant lui, à un coup de patte s’il n’y avait pas la fenêtre….
Et puis le printemps arrive, les hormones (celles qu’il lui reste) le travaillent, il monte maintenant sur la chaise sur le balcon, observe l’arbre qui pousse devant ses moustaches avec intérêt, mais jauge, à mon grand soulagement, la distance balcon-sol (4 étages!) un peu trop osée quand même.

En plus de tout cela, Monsieur chat s’empâte. Il n’a plus l’occasion de faire le fou dans les prés, et a perdu sa svelte ligne, du moins celle qu’il pensait avoir. Monsieur est devenu le vrai matou dodu, ventru et rondelet. Et n’a pas du tout l’intention, pour autant, de se réguler en nourriture, et continue à manger la même dose de croquettes.
Là, il a fallu que je sévisse. Après des circonvolutions et des tentatives désespérées à le convaincre de réduire les doses, lui avoir racheté une gamelle plus petite (!!), j’ai fini par me résoudre à le passer au light. Si. Ce que je ne fais pas pour moi, je l’ai fait pour lui.

Depuis vendredi, Monsieur chat a donc droit à ses croquettes light. Oh, j’ai bien senti que ça ne l’emballait pas plus que ça, qu’il flairait l’arnaque. Il les a contemplées d’un regard un peu méprisant, en a grignoté une ou deux dans la soirée, mais rien de plus, alors que d’ordinaire il aime tant le changement de nourritures.

Samedi a été infernal. Toute la journée, il a miaulé. Râlé. Pleuré. S’est fait gronder à la hauteur de ses réclamations, ce qui n’est pas peu dire. “Non tu n’auras rien d’autre, non, la viande ce n’est que le dimanche, tiens, regarde, la gamelle est pleine”, et moi de secouer ladite gamelle d’un geste tout à fait convaincant. Rien à faire. Il me regardait de ses grands yeux jaunes, miaulait, recommençait, et moi je ne cédais pas.
Jusqu’à la soirée. Où je n’en ai plus pu. Où le chat menaçait de passer par le balcon, si ce n’était par moi, par mon homme, tant il était insupportable. De guerre lasse, il m’a eue aux nerfs. J’ai sorti le paquet de viande, le lui ai servi. Il s’est précipité dessus. Et moi je l’ai contemplé, mi coupable, mi intriguée “ce chat a réellement faim, si ça continue ainsi, si je m’obstine, c’est en arrêtant de manger qu’il va maigrir”.
Je décide de laisser encore le bénéfice de doute: il n’aura que ça dimanche, si ça ne va toujours pas, je vais chercher d’autres croquettes lundi, et je ferai passer le tout par mélange.
C’est dur, la psychologie animale.

Dimanche matin. Miss blondinette émerge bien entendu 2 ou 3 heures avant ce qui nous paraît un réveil acceptable. Nous l’entendons passer devant la chambre, aller à la cuisine. Et commencer une tambouille dont elle seule a le secret. D’habitude, aux sons, j’arrive à deviner ce qu’elle fait, mais là non. Son père se réveille, tout aussi intrigué. Et finit par se lever.
Deux minutes passent, et j’entends:
-Mais range ça, c’est sûr, il ne va rien manger si tu continues!
-Mais c’est pour qu’il maigrisse, et que ça ait plus de goût!

Je saute du lit, enfile un pull, surgis à la cuisine. Pour voir les petits pots de poivre, curry, herbes diverses et variées (oui, à portée de main de la demoiselle), étalés par terre à côté de la gamelle de croquettes; et le chat, l’air désespéré, regarder Miss blondinette faire et en miaulant de plus belle (”vous allez peut-être enfin comprendre maintenant ??”)
Poivre et curry formaient un joli mélange sur les croquettes, et forcément à côté, tant qu’à faire.

Je prends une grande inspiration, un début d’explication pointe.
-Miss blondinette, j’ai besoin de savoir….tu as déjà fait ça hier matin?
Silence, à moitié coupable. Elle me scrute, ne sachant pas si l’aveu qu’elle tenait au bout de ses lèvres provoquerait colère ou non.
Nouvelle grande inspiration.
-….Je ne vais pas te gronder. J’ai besoin de savoir. Tu vois, Monsieur chat n’a rien mangé hier. Je pensais qu’il faisait des caprices, j’aurais dû acheter des nouvelles croquettes. Mais si tu lui as renversé du poivre et des épices dans sa gamelle, c’est sûr qu’il n’allait rien manger.
-Mais si, bien sûr, c’est bon ce que je lui ai mis, c’est pour donner du goût et l’aider à maigrir.

Ouf. J’ai compris. J’explique à miss blondinette que non, un grain de poivre pour nous, c’est un poivrier entier pour le chat. Je lui répète (avec son père) pour la cent unième fois que si elle veut nourrir l’animal, elle me demande d’abord, et fait ça sous ma surveillance.
Je récupère la gamelle, la passe à la poubelle, nettoie la couche impressionnante de poivre et curry au fond (comment n’ai-je pas pu le voir???), câline le chat qui commence à m’aimer très fort (tu parles, il s’est enfin dit qu’il allait pouvoir s’approcher de sa pitance sans éternuer et manquer de défaillir), la remplis de croquettes saines et light, le sers….
Il a dû mettre 3 minutes pour descendre la moitié! Moi, j’ai  beaucoup culpabilisé, un peu rigolé, et lamentablement tenté de m’excuser en le servant, encore, de viande le dimanche soir (la bonne affaire pour lui!)

Tous les quinze jours et un jour par semaine, Monsieur chat a droit à un avant-goût du bonheur d’un enfant à la maison, et nous, à des inventions que nous ne soupçonnions pas un instant!

Morceaux choisis

“-Dis Floh, quand est-ce que vous aurez un bébé papa et toi?
-…Euh…pas tout de suite ma puce…Tu sais, on en a déjà parlé, ce n’est pas simple, et puis il faut prendre le temps.
-Mais si c’est simple, écoute: on va au magasin, on choisit une petite graine. Papa il te la met dans le ventre, et puis ensuite on attend, et puis ensuite, ben le bébé il sort de ton ventre. Tu vois, c’est simple, alors, quand est-ce qu’on l’aura, le bébé?”

“-Floh, tu me donnes un bout de fromage?
-…
-Floh, je peux avoir un bout de fromage?
-..Mmh? Pardon? Je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu.
-..Euh…je peux avoir un bout de fromage s’il te plaît?
-Aaaah, là oui, j’ai bien entendu, oulala, il est venu de loin celui-ci!
-Ben oui, tu sais, c’est étrange. Le soir quand je m’endors, j’ai les “merci” et les “s’il te plaît” dans la tête, et puis le matin, quand je me réveille, ben parfois pfuiiit, ils se sont envolés, les coquins, je ne sais pas où ils sont passés, tu vois, c’est pas de ma faute!”

Le pire, dans tout ça…C’est qu’il ne faut pas rire, ça les vexe!

Quand je serai grande…

Il y a 2 mois, la miss nous racontait dans la voiture:
“-Vous savez, quand on sera grands avec Jules (ah tiens, un petit prétendant? Calme-toi mon homme, c’est juste une passade), on aura une grande maison, avec des fenêtres rouges, et puis un jardin, avec une barrière blanche. Et puis on aura 3 chiens, et on habitera à côté de chez Louisiane”
Et nous, de nous regarder en souriant: “Oui oui ma puce, tu as le temps de voir venir, et puis pour avoir tout ça, il faudra bien travailler à l’école”.

Il y a 2 mois, alors que je la ramène à la maison, mais aussi à chaque moment possible avec moi ou son père: “Ah oui et quand on sera dans notre maison avec Jules (eh beh, quelle fidélité!), finalement on aura 2 chiens et puis 1 chat, et la niche des chiens eh ben elle sera à côté de la maison, et la barrière sera très grande pour qu’ils ne puissent pas s’échapper. Et vous viendrez nous rendre visite, on n’habitera pas loin, on promènera les chiens ensemble si vous voulez. Et puis le chien femelle, il sera blanc, avec une tache noire sur le nez, et un peu de brun aussi.”.
Et moi: “Mais tu sais, tu ne peux pas déjà savoir à quoi ressemblera ton chien: si tu veux ton chien petit, il change de couleur après, comme Peewee (mon matou à moi), quand il était petit, il était moins tigré que maintenant tu comprends?”
“-Mais oui mais moi je veux un chien blanc avec une tache noire sur le nez, et puis du brun”
“-Eh bien il faudra essayer de trouver un petit chien qui y ressemble, mais tu ne pourras pas être tout à fait sûre qu’il deviendra comme ça quand il sera grand, ce sera une surprise, c’est ça qui est amusant aussi chez les animaux.”

Et puis quasi chaque semaine, elle revenait à la charge, avec la maison, la barrière, les volets.
Il y a peu: “Et tu sais notre maison avec Jules, elle sera rouge”
“-Ah bon?? Mais je pensais que ce seraient les volets qui seraient rouges”
“-Non non, ce sera la maison, comme celles d’ici, et on sera voisins de Louisiane avec Jules (toujours, toujours…il faut que je songe à sérieusement préparer son père à cette idée) Et puis on aura 2 chiens tu sais, mais comme les animaux ils changent de couleur quand ils grandissent, ben je sais pas trop à quoi ils ressembleront, comme le chat”
Moi, riant sous cape et un peu fière aussi, parce que je prends conscience que les messages passent:”aha, mais c’est bien tout ça. Et donc, tu as parlé de tout ça à Jules, il est d’accord, d’avoir les chiens, le chat?”
“-Non”
“-?!? Comment ça non?? Vous n’avez jamais parlé de tout ça ensemble, de tous ces projets?? Mais tu ne peux pas décider toute seule tu sais, quand on vit avec quelqu’un, il faut savoir ce qu’il veut, ce qu’il préfère. Moi je ne prends pas de décision seule, quand on veut quelque chose, on en discute papa et moi, je ne vais pas décider à la place de papa.”
“-Mais je m’en fiche, moi j’ai envie, et puis Jules il s’en fiche, il ne m’écoute pas”
“-Aaaah (diantre, déjà?)…Mais tu devrais essayer quand même d’en parler un peu avec lui…C’est quand même des choses importantes tout ça”

L’une des dernières fois où je l’ai vue:
“-Ben quand on aura notre maison avec Jules (bon, a priori il n’y a pas eu de brouille entre eux, c’est déjà ça), on aura une piscine. Sauf que Jules, ben il est d’accord pour qu’on ait des vaches (dans le jardin? ça se complique!!) ”
“-…..euh…..C’est bien ma puce, je vois donc que tu as discuté de tous vos projets avec Jules!”
“-Oui oui, mais par contre il ne veut pas du canard dans la piscine”
“-!!!Ahem (pragmatique ce petit, il est sérieux comme prétendant)…C’est sûr, c’est chouette un canard, mais si tu mets un canard dans la piscine, tu ne pourras plus t’y baigner. Alors il va te falloir soit une mare, soit un canard en plastique dans la piscine, il faudra que tu voies ça avec Jules”
“-Ah oui tiens, c’est chouette le canard en plastique”!!

De ces conversations hilarantes, je tire plusieurs enseignements:
La demoiselle a une très nette suite dans les idées, ce qui n’est pas un scoop, mais se confirme fortement au vu de l’insistance dans les mêmes projets et l’idée très précise qu’elle en a!
Ne me parlez pas d’infidélité chez les enfants: c’est Jules, depuis au moins 3 mois, voire même plus longtemps! C’est même tellement Jules qu’elle m’a dit l’autre jour “Mais je sais bien que Simon il est amoureux de moi, sauf qu’il ne peut pas.”
“-Aha, pourquoi donc?”
“-Parce que c’est Jules mon amoureux, et je ne veux pas de 2 amoureux en même temps”
(bien…très bien ça!)
Donc, c’est Jules. A tel point que j’ai dit à son père:”Non mais on peut se fiche d’elle, c’est sûr. Sauf que les 2 idiots, dans 18 ans (arrête de pâlir!), ce sera nous, quand elle l’épousera vraiment, tu verras, elle en serait capable la pitchoune, et on aurait l’air de quoi nous, si elle nous invite vraiment dans sa maison rouge avec 2 chiens, une piscine et un canard au milieu???”

Je tiens à préciser que cette note m’a été inspirée par Aude. Qui m’a réellement émue au récit du mariage de sa petite Nectarine. La demoiselle avec laquelle je partage mon quasi-quotidien n’a pas vraiment d’idée de mariage, elle dessine moins bien que Nectarine, mais l’imagination semble tout aussi fertile!

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