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15.2.2011 par Flo.
Tout a commencé à Nouvel An, chez ma belle-mère. Par je ne sais quels détours propres à une petite fille de son âge, Miss Blondinette exprimait son envie de s’occuper de petits (et grands) animaux. Et ma belle-mère de lui dire “ah mais pour ton anniversaire si tu veux, je t’offre une souris”.
En face, je m’étouffe. Je suis l’amie des animaux, mais j’ai eu ma dose de cochons d’inde et autres lapins en cage dans mon enfance, je n’en ai pas un souvenir impérissable, et pour les quatre jours dans le mois où Miss Blondinette est chez nous, je sais très bien qui s’occuperait de la souris / cochon d’inde / lapin / autre rongeur.
Dans un élan de coup gagnant, je saisis donc la balle au vol et réponds immédiatement “si c’est le cadeau qu’elle veut, c’est chez sa maman. Pas chez nous, pas question”. Hop, parti dans le camps adverse, oui je sais, c’est lâche!
Nous sommes rentrés le soir même pour ramener la puce dans sa nouvelle maison, avec grand jardin. Deux heures de trajet pendant laquelle elle a élaboré des stratégies pleines d’espoir pour convaincre sa mère “Maman, on a le choix: on adopte un St Bernard ou alors mamie m’offre une souris pour mon anniversaire, tu préfères quoi?”. Bon, elle nous demandait toutes les deux minutes comment s’appelait le chien mais peu importe, ça nous faisait rire tous les trois.
Quelques jours plus tard, téléphone désespéré à son père: “tu sais, maman elle n’a pas voulu pour la souris. Ni pour le chien, d’ailleurs j’ai dit labrador, je ne me souvenais plus du nom. Elle n’a pas voulu quand même. A quoi ça sert d’avoir une grande maison et un grand jardin sans animaux?” Ah ça, ma chérie…
Et là, je ne l’ai pas vu venir. Oui je me suis fait avoir, comme une bleue, mais que voulez-vous? Ca vous met le coeur et les neurones en compote, ces petites blondes.
Mon amoureux, donc, qui me susurre au moment de nous endormir le soir “tu sais, j’aimerais bien qu’on prenne une tortue d’eau. C’est un aquarium, c’est pas grand chose, et puis ça fera plaisir à Miss Blondinette”.
J’étais encore dans l’émotion du cri du coeur de la miss, et en train de sombrer dans les bras de Morphée. J’ai donc dû articuler quelque chose comme “bah ma fois pourquoi pas, mais renseigne-toi d’abord, pour voir combien ça coûte et ce qu’il faut comme matériel, hein”…
Oui je sais, erreur stratégique, j’ai perdu le contrôle. Le vendredi suivant, alors que nous n’avions pas encore rediscuté du sujet, Miss Blondinette débarque à la maison, se plante devant moi sans enlever chaussures ni veste, et me dit “oh tu sais, papa m’a parlé pour la tortue, je suis d’accord, hein!”
Han! Tu m’étonnes. Et moi, je me suis fait doubler.
D’autant que je déteste avoir raison: mon amoureux a donc pris des renseignements après avoir fait miroiter de beaux projets à sa fille. Et une petite chose comme une tortue d’eau a besoin d’un minimum pour être en forme, puisqu’un aquarium n’est quand même pas son milieu naturel. Et que la bagatelle va chercher dans les 200€, en fonction de la taille de l’aquarium, du filtre, de la lampe chauffante, du thermostat, je vous épargne la liste complète.
On a donc convenu que ce serait un seul, unique et très beau cadeau d’anniversaire. Miss Blondinette aura 7 ans dimanche prochain. On l’a briefée: tu auras cet animal mais rien d’autre, tu comprends que c’est un gros cadeau, pour te faire plaisir (un peu à ton père aussi m’enfin bon). Oui, elle était d’accord.
L’autre difficulté était de trouver la tortue, les magasins ne sont pas approvisionnés en permanence. On a donc téléphoné ponctuellement pour connaître l’arrivage, et appris qu’ils venaient d’être livrés le week-end dernier. Miss Blondinette n’étant pas avec nous le jour de son anniversaire, c’était délicat d’attendre 2 semaines.
Expédition faite donc samedi. Cadeau anticipé, quelques hésitations mais on finit par repartir avec la trousse et l’aquarium du parfait petit éleveur de tortues d’eau.
Si ça avait été une fille (Miss Blondinette n’envisageait pas autre chose qu’une fille), on l’aurait appelé Rose. Mais pas de chance, si jeune, on ne peut définir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. On a donc suggéré à la demoiselle de trouver un prénom qui convienne aux 2 options. Ce sera donc Camille.
Maintenant, il faut expliquer à son heureuse propriétaire que ce n’est pas tout à fait adapté aux câlins et prises dans les bras comme le chat (qui lui par contre en redemanderait volontiers le double) et que non, même si ok c’est logique, c’est un animal d’eau, ça ne vient pas sous la douche avec elle. Ahem.
Et sous vos yeux ébahis, la tête du cadeau:
Et oui, elle est minuscule (la main est celle de Miss Blondinette, pas franchement grande non plus hein). Et ne devrait pas, je l’espère, dépasser les 20 centimètres à taille adulte. Mais comme a dit la caissière en voyant le matériel “Tout ça pour un si petit truc”?? Eh oui. Et tout cet argent. Pourvu que ça dure…
Posté dans Mots d'enfant, Ménagerie et Cie | 11 commentaires »
21.1.2011 par Flo.
2011 a débuté par un gros bouleversement dans la vie de Miss Blondinette: elle a déménagé, assez loin de chez nous. Et suffisamment loin de l’ancien appartement de sa maman pour changer d’univers, et d’école.
Univers, parce que d’une petite citadine en banlieue très proche d’une grande ville, elle est devenue petite campagnarde en banlieue très lointaine de la même grande ville, à mi chemin avec une autre grande ville. Ce qui équivaut à perdre le nom de banlieue, en y réfléchissant bien.
Sa maman et son beau père ont saisi l’opportunité d’un terrain à prix très décent, avec proposition de construction. Miss Blondinette a donc vu pousser de terre sa future maison, et suivi toutes les étapes une à une, ce qui est plutôt enrichissant. Bien entendu, c’est devenu nettement plus concret pour elle lorsque sa maman lui a demandé de choisir les couleurs de sa future chambre. Et je vous le donne en mille: elle a pris rose. Rose bien foncé sur un pan de mur, rose plus clair sur le second, fondu enchaîné sur du blanc, bienvenue et vie ma vie DéKo!
Ils ont emménagé entre Noël et Nouvel An, la semaine où la puce était chez nous en vacances; ce qui signifie que son papa l’a ramenée le dimanche précédant sa rentrée dans un nouveau lieu, avec tout à redécouvrir. A priori, ça c’est plutôt pas mal passé, et avec son sens de l’adaptation qui ne cessera pas de m’épater, elle se fait très bien au changement. Son papa lui manque, mais elle adore sa chambre, elle adore sa maison, elle ne comprend pas pourquoi sa maman refuse toujours le chat, le chien, la souris et le hamster qu’elle demande alors que maintenant, ils vivent dans une grande maison avec un jardin. Ma pauvre puce, je crois que tu vas pouvoir attendre ces animaux un bon moment.
L’autre jour, après trajet avec son papa pour revenir chez nous, la demoiselle est venue me voir pour me dire “tu sais, j’ai discuté avec papa, ma chambre dans votre nouvelle maison, elle sera rouge”.
Ok. Donc j’ai appris dans la même phrase que nous allions déménager, et que nous aurions à repeindre les murs, et qu’elle choisira une couleur sortie de nulle part (je l’ai jusqu’ici fort peu vu exprimer son amour du rouge). J’ai encaissé avec le sourire, il est vrai que nous réfléchissons à trouver autre chose, pourquoi pas une maison, un peu plus grand, mais tout ça n’est qu’à un stade de projet totalement théorique. Je sais juste qu’avec sa volonté farouche de symétrie de part et d’autre, Miss Blondinette a besoin de sentir qu’elle aura l’effet miroir entre chez sa mère et chez nous. Ca la rassure, ça lui permet de garder ses repères, déjà qu’on n’a pas de bébé (mais un chat!) elle préserve ce qu’elle peut.
Sauf que l’effet miroir a ses limites, qui me laissent plus interrogatives, et que nous venons de découvrir de façon assez étonnante. Mon homme, revenant de la visite de la maison, et donc de la chambre de sa fille, m’a glissé l’autre jour: “j’ai été frappé tu sais, dans sa chambre, elle n’a que des Baarrbies. Et il paraît qu’elle en a demandé 6 pour Noël, que ça en gros! Alors que rien chez nous”.
Là, j’ai les petits rouages de la caboche qui ont commencé à cliqueter. Au sujet de cette différence flagrante d’univers, chez sa mère ou chez nous. Jusqu’à la couleur de la chambre. Elle sait que j’ai une certaine allergie au rose, aux princesses, aux poupées, même si je me soigne. Surtout pour le rose. Elle sait que son père et moi privilégions en elle l’envie de découverte, le plaisir d’autres jeux moins connotés, et que nous ne favorisons pas l’univers dessin animé et contes de fées dans lequel elle semble baigner chez sa mère.
Qu’il y ait une différence d’un foyer à l’autre, ça me paraît évident. Et même plutôt enrichissant. Mais à ce point? J’en viens à me demander si nous la laissons s’exprimer. Qui est Miss Blondinette? Une petite fille qui veut faire plaisir à ses parents, même séparés, même différents. Et qui, pour ce faire, se coule dans un moule en changeant de place. Elle est la petite fille bien coiffée et girly chez sa maman, la gamine énergique et débrouillarde chez nous. Elle est de tout ça, réellement, je le sais. Mais de quelle manière, en refusant certaines inclinations qu’elle peut avoir, ne la contraignons-nous pas trop?
Je me remets beaucoup en question sur ces constats. Je réalise à quel point mes refus, mes rejets et mes préférences déteignent, bien involontairement, sur une enfant. Je prends conscience de l’énorme responsabilité que je porte, au cas où j’aurais encore un doute. Je me rends compte de l’importance de la laisser s’exprimer pleinement dans ses envies et ses préférences, même si ce ne sont pas les miennes. Tant que ça reste dans les limites du cadre que nous posons. Il n’est naturellement pas question de nous forcer à faire des choses que nous détestons, mais l’inverse est vrai aussi (même si je ne pense pas qu’elle soit à la torture en jouant avec ses Plaaymoobiles ou en visitant des musées). Et même si nous ne la privons pas de ce qu’elle aime, je pense qu’il y a une forme de restriction inconsciente et involontaire qui se fait, et que nous nous devons de lever.
A commencer par arrêter de faire la grimace quand on me parle de Baarrbies. Je vous assure, psychologiquement, ça peut clairement être le défi de l’année pour moi!
Posté dans Mots d'enfant, états d'âme | 6 commentaires »
21.6.2010 par Flo.
Normalement, sur une année où les 4 saisons s’enchaînent sans être d’abord passées par la centrifugeuse, le printemps est pour nous synonyme de longues balades à 2 roues. On sort la moto vers le mois d’Avril, on assume le froid qui pique un peu dans le fond de l’air et dans les grandes accélérations, et on se lance à l’assaut de la campagne alentours, on (re)découvre la région, proche ou lointaine, on rêve sur la courbe des collines, la douceur du vert de l’herbe, le ciel éclatant et le soleil qui chauffe le cuir.
Ca, c’est dans le film où le printemps existe.
Cette année, il faut bien l’avouer, nous sommes passés à côté de tout ça. Pour des raisons mécaniques, la moto a été immobilisée plus longtemps que prévu, ce qui nous a fait baver sur tous les motards d’Avril qui, eux, s’étaient préparés à temps (et on se vengeait de façon mesquine en se disant qu’avec la canicule précoce, eux suaient dans leur cuir alors que nous, on était à l’aise dans nos tongs et petits hauts….on se réconforte comme on peut, oui c’est petit). Et au moment où enfin, la pépette était prête à rouler et quasi rutilante, il a commencé à nous tomber sur le coin de la tête la colère céleste dont on ne comprend toujours pas l’origine (on va s’épargner les théories fumeuses et variées, ok?)
Comme nous ne sommes pas du genre à garder égoïstement nos découvertes et petits bonheurs motards (entre autres), nous avons souvent parlé à Miss Blondinette de nos découvertes, de notre plaisir à partir en virées, et nous l’avons de temps en temps ramenée dans les petits coins que nous avions trouvés. Elle a vu plusieurs fois son papa en tenue de motard, et bien entendu, elle a exprimé l’envie de découvrir cet univers aussi.
Ca faisait un petit moment que ça devait se concrétiser. La condition sine qua non pour la faire monter à l’arrière était bien entendu sa taille, il fallait qu’elle touche les cale-pieds, et qu’elle puisse s’accrocher à son père. Suite à la poussée de croissance qu’elle nous a offert cet hiver, comme plein de petites filles de son âge, les conditions se remplissaient peu à peu.
Restait l’équipement à lui trouver: pas question de partir sans une protection minimale, un blouson digne de ce nom, un casque en bonne et due forme, et des gants. Ca n’aurait tenu qu’à moi et mon porte monnaie, j’aurais rajouté le bas, mais ça commençait à faire beaucoup.
Son père, pris de frénésie acheteuse, est passé à l’acte la semaine dernière, en lui trouvant un adorable casque coccinelle, un chouette blouson et de bons gants. Le tout une bonne taille au-dessus (sauf le casque) histoire de, peut-être, prolonger la durée d’activité de l’équipement, on peut toujours rêver.
C’est ainsi que dimanche, le temps nous octroyant quelques rayons de soleil miraculeux (pour le mercure on repassera), Miss Blondinette a eu droit à son baptême en moto. Pas impressionnée pour un sou et toute folle, elle s’est soumise de bonne grâce à l’exercice d’enfilage de casque et blouson. On a étudié les différentes façons de grimper sur la moto, étape toujours un peu délicate, et je les ai laissés s’élancer, en suivant péniblement avec la voiture (ça se faufile moins facilement avec 4 roues, c’est sûr).
Elle a assuré comme une chef. Je crois que ça l’a bien plus épuisée que ce qu’elle n’a voulu admettre, elle était lessivée le soir même. Mais n’empêche, qu’elle était fière derrière son père. Et tous les deux arboraient un sourire radieux.
Quant à moi, comment dire….J’étais partagée, et je l’avoue avec un honte. Je n’ai pas une âme de femme de marin, et cette petite nouveauté a pointé du doigt le fait qu’il me manquait cruellement ma propre bécane pour partir en virée avec eux. Et que je devais céder sur un petit privilège qui m’était exclusivement réservé pour l’instant, celui de cette place arrière, toujours mieux que pas de moto du tout. Oui, je ne suis pas très fière de cette pointe de jalousie.
N’empêche, je reste ravie de savoir Miss Blondinette si contente de cette expérience, et si heureuse d’avoir été ainsi initiée, et si à l’aise du tout premier coup. Et c’est dit sans hypocrisie, ses étoiles dans les yeux faisaient plaisir à voir! Je ne m’en délecterai que plus le jour où je pourrai moi aussi rouler avec eux!
Par contre, j’ai exigé la disparition du top case pour la prochaine fois où je poserai mes fesses sur la selle. Eh oui je suis comme ça, je me permets en plus d’exiger!!
..Ils ont de la tenue, non?
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10.5.2010 par Flo.
Ce week-end, Miss Blondinette a perdu sa première dent, alors que nous faisions les folles ensemble sur le canapé.
Ca faisait un moment que l’événement s’annonçait, mais quand même, les probabilités pour que ça lui arrive chez nous étaient quand même moindres.
On n’aura eu cependant que la moitié de l’histoire. Elle l’a perdue dimanche, c’est donc chez sa maman que la petite souris est passée, pour sa première pièce. On l’appellera pour savoir comment ça s’est passé.
Du haut de ses 6 ans et 3 mois, elle croit très fort à la petite souris. Tout comme elle semble encore croire au Père Noël, mais on ignore si ça durera jusqu’en Décembre. Elle n’est pas encore au CP, les affirmations péremptoires des “plus grands” qui veulent imposer leur supériorité ne sont pas encore passées par là. Ou alors, elle a de chouettes copains qui cultivent son innocence (ce que je lui souhaite).
C’est amusant et je ne l’imaginais pas, mais cette étape de première dent m’a beaucoup émue. Je serais incapable de raconter comment j’ai perdu ma première dent, où, à quel âge (ni la 2ème, ni les autres, sauf celles que j’ai dû sans doute laisser chez le dentiste et encore), mais là, assister à cet événement, ça m’a remuée.
C’est que je la vois grandir, la bougresse. Je commence à avoir un petit peu de recul, 2 ans que nous partageons quelques week-ends et la moitié des vacances, 2 ans que je la vois pousser de la toute petite fille encore bébé, qui buvait le biberon et faisait la sieste, à la nénette qui s’interroge sur la vie, les humains, mais qui cultive encore ses rêves de princesses (et qui dit en rigolant et en sortant du magasin “la vendeuse m’a appelée bébé, pffff, je ne suis plus un bébé maintenant”!)
Ce week-end, elle nous a déclaré que là, elle ne parlait plus trop aux animaux. Ca aussi, ça m’a fait un petit coup au coeur. Pourtant, je suis la dernière à jouer à ces jeux d’imagination, je peine à rentrer dans les inventions, moi qui avais l’esprit si fertile à son âge, je me sens très bête, très adulte, très rigide et très briseuse de rêve lorsque je l’entends partir dans ses petits délires, et que je suis incapable de prendre le train en marche.
Mais là, nous devisions sur les habitants des zoos, c’est moi qui ai décrété que de tout façon elle parlait aux animaux, et elle a sorti comme ça, comme un constat, une évidence: “oh non, plus trop maintenant. A part peut-être les chats, les chiens et les oiseaux, mais bon”…
Ah, ouf, on était sauvés.
Elle grandit, et j’ignore si je grandis ou si je rajeunis en la regardant. Mais je me surprends plusieurs fois, en la contemplant, à me demander quelle sorte de jeune fille elle fera, et peut-être même à me réjouir de le savoir. Pas de l’impatience, non, de la curiosité…..
Silhouette dans le clair-obscur…. (”La silhouette, c’est ce qu’il y a sur les toits pour montrer le vent”, nous dit-elle ce week-end, en confondant avec girouette…)
Posté dans Mots d'enfant, Petits plaisirs & petits bonheurs, Il était une fois... | 6 commentaires »
15.3.2010 par Flo.
Devant les demandes répétées de mes lecteurs - commentateurs du dernier billet, non, je n’ai pas pu aller directement prendre un bain / lire un bouquin / me coucher (cocher la bonne case - ou pas).
C’est que ce week-end, nous avions Miss Blondinette. Et que vendredi soir, eh bien c’était sa soirée d’école (oui oui, vous lisez bien, je ne sais par quelle bizarrerie étrange, son école à elle fait ça en plein mois de mars, je ne me l’explique pas).
Nous étions donc conviés à ce grand rassemblement de bambins surexcités pour assister aux spectacles divers et variés, répétés depuis la rentrée de Noël, ainsi qu’à l’immense loto qui avait pour but de renflouer les caisses du CLAE.
Il faut dire que sur le renflouement des caisses, ils sont très forts: 8€ les 3 cartons de loto, des lots qui ne sortent pas de l’ordinaire (mais il y a pire). Chaque parent d’élève était invité à amener un plat, salé ou sucré, pour le buffet de la soirée. Sauf qu’il ne suffisait pas d’arriver avec son gâteau, le poser et se servir, non non. Il fallait ensuite passer à la caisse, acheter un carnet de tickets, et aller payer sa consommation. Ce qui revient à dire que si on n’y prend pas garde, on finit par payer le gateau au chocolat (taboulé / salade de riz / cake au citron - vous comprenez le principe) qu’on a passé l’après-midi à cuisiner.
Oui, vraiment très forts.
Qu’importe. Miss Blondinette comptait sur nous (et nous sur elle), sa maman ne pouvait pas être présente, nous étions les dignes représentants familiaux, un peu perdus au milieu de tous ces parents d’élèves qui se reconnaissaient, se tapaient sur l’épaule et prenaient des nouvelles de la famille, grands parents et oncles éloignés. C’est là qu’on constate qu’on peut très vite se sentir socialement isolés, quand on ne suit pas quotidiennement les péripéties scolaires de son bambin, et qu’on ne sait pas très bien qui est qui, papa d’Arthur ou maman de Sophia.
Bref.
Miss Blondinette étant encore en maternelle, ils avaient heureusement prévu de la faire passer (elle et la vingtaine d’autres petits du même âge) plutôt en début de soirée. Il valait mieux, ils étaient sur le point de mettre le feu aux rideaux.
En début de soirée, ça signifiait quand même: une fois la salle archi-bondée, les déguisements partis en vrille parce que la première chose que font les enfants quand ils se retrouvent, c’est se sauter dessus comme s’ils ne s’étaient pas quittés 2 heures plus tôt, et jouer à trape-trape en cercles concentrés tout autour de la salle (très très grande la salle, très très grande), le tout en hurlant. Ce qui signifie: refaire la coiffure quatre fois en urgence avant la montée sur scène (j’ai zappé les cours de coiffage de poupées petite, je suis nulle même pour une queue de cheval, j’avais donc délégué la chose à la maman, qui avait compris le problème et lui avait fort heureusement composé une mini tresse serrée et résistante, louée soit-elle), remettre le maquillage qui a coulé, redressé le pull, enlever-remettre-enlever la veste, éviter la grosse tache de chocolat sur le t-shirt blanc, gronder pour la forme parce qu’avant de passer sur scène, il serait bon de ne pas s’essuyer la bouche pleine de rouge à lèvres sur ledit t-shirt (là c’était déjà fichu).
Ensuite, il y a eu une première partie de loto, histoire de chauffer tout le monde. Pendant ce temps, les professeurs et assistants maternels regroupaient les stars surexcitées à l’arrière de la salle. Pas de bol, cette partie a duré longtemps, coquin de sort, le quine s’est fait attendre, le double quine aussi, et le carton a dû être départagé, forcément, entre 3 gagnants qui ont hurlé en même temps. Donc nouveau tirage au sort…et immense compassion pour les encadrants qui ne devaient pas avoir assez de bras pour retenir les petites furies.
Enfin est venu l’instant tant attendu par tous les parents: montée sur scène, foule d’adultes à l’avant, au point que si le public ne se lève pas, plus personne ne voit rien, flashs qui crépitent, bambins qui font coucou de la main, ne savent pas où se placer, vont, viennent, il y a ceux qui sont impressionnés, ceux qui se sentent comme des poissons dans l’eau, ceux qui remettent un chapeau qui tombe, d’autres qui n’osent pas s’avancer (devinez où est Miss Blondinette), chacun se cherche du regard, où est papa, où est maman, où est mon fils, voilà ma fille. Musique saturée, ébranlement hésitant, éclats de rire, gestes dans le vide, 5 minutes avec une sono qui grésille, et arrêt aussi brusque que le début.
Point.
Fini.
La star redescend surexcitée de la scène, nous concède un baiser de félicitations, reprend ses cerlces de trape trape, et nous, on reste en se disant que quand même, il faut bien rentabiliser un minimum le prix des cartons de loto, essayer d’être sociables, payer et goûter 3 des 15 quiches amenées sur le buffet, laisser la possibilité à la demoiselle de passer du temps avec ses camarades.
3 heures. Oui, Messieurs-Dames, je suis fière de vous annoncer que nous avons tenu 3 heures. Malgré une journée épuisante, malgré une douleur au bras qui m’empêchait de trouver une position confortable. 3 heures de cris, applaudissements, hurlements, Miss Blondinette a participé au loto des maternelles, elle a remporté un quine, une petite voiture télécommandée (siiiiiiiii, devinez qui était la plus ravie? Mais elle a adoré aussi), nous n’avons rien gagné, pas même les cours de piano. On a à peine mangé, on a souri, on s’est émus, on distinguait déjà, chez les petits et grands qui montaient sur scène, les futures stars, les pas du tout à l’aise.
3 heures, au point qu’en revenant dans la voiture, j’ai coupé la radio, tant je voulais le silence.
3 heures parce que mine de rien et malgré un récit vitriolé, on était fiers de partager ces moments avec elle, d’être ses principaux fans, et de l’applaudir, l’encourager. 3 heures pendant lesquelles on a brièvement touché du doigt ce qu’est la vie scolaire du point de vue adultes.
Nos souvenirs à nous remontaient à l’époque où nous étions sur scène, où c’étaient nos parents qui nous faisaient coucou, où nous étions fiers comme des paons, et nous réalisons aujourd’hui ce qu’ils ont enduré pour nous applaudir et nous faire plaisir…
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2.3.2010 par Flo.
Samedi, c’était l’anniversaire de Miss Blondinette.
Pas la date officielle, qui elle avait déjà eu lieu 1 semaine plus tôt, mais le moment tant attendu où la demoiselle avait convié ses petits camarades en nos murs, pour fêter dignement l’occasion de ses 6 ans.
Autant dire que nous n’appréhendions pas la chose tout à fait de la même manière:
Elle, c’étaient sauts de puce et petits cris depuis le matin, malgré les 15 jours de vacances, elle était réveillée à 7H30 “pour le cas où ils seraient arrivés à l’avance” (on les attendait à 15H…)
La robe rose de princesse était pliée dans le sac, papa était allé acheter des collants en catastrophe et dernière minute la veille (taille 8-10 ans, parce que la taille juste en-dessous, c’était 4-6 ans, et forcément la marque ne fait pas le milieu, cherchez la logique, et imaginez le look), le petit boléro rose pailleté achevait de sécher, bref, il ne restait qu’à: gonfler les ballons, pousser les meubles, faire le gâteau au chocolat, ouvrir les bonbons (ni trop tôt pour éviter la tentation, ni trop tard pour être pris dans le stress), lui laver le visage parce qu’elle avait voulu se mettre du rouge à lèvre et a forcément trouvé celui qui tient très très bien, et convaincre la Miss d’avaler quelque chose au petit déjeûner ET au dîner, avec en échange la promesse qu’on ne lui ferait aucune remarque sur le nombre de bonbons avalés.
Et pour nous…tout cela et le reste encore, et désespérément trouver comment rester zen.
J’ai eu un petit moment de panique en plein milieu de la matinée, quand j’ai réalisé que mon cher et tendre, sous ses dehors super tranquilles “j’assume et je gère” paniquait en fait autant que moi. Oui, parce que bon, moi je n’avais pour souvenirs de ce genre d’anniversaire que les miens, à savoir une meute de gamins déchaînés qui hurlaient dans l’appartement, ne faisaient surtout pas ce qu’on leur demandait et saccageaient l’intérieur (grâce soit rendue à mes parents qui, pourtant, ont fidèlement perpétué la tradition pendant mes longues années d’enfance).
Et puis le dernier anniversaire auquel Miss Blondinette avait assisté ne m’avait pas franchement rassurée non plus: certes c’était dans une maison, certes ils étaient autrement plus nombreux que les 3 petits que nous attendions, mais lorsqu’on était allés la récupérer, nous avions retrouvés les parents hagards, et le père du garçon nous avait soufflé “je comprends maintenant pourquoi être instit est si fatiguant. Je n’en peux plus!”
Gasp.
Donc lorsque j’ai découvert que mon cher et tendre n’en menait finalement pas plus large que moi, j’ai tremblé. D’un coup, les jeux auxquels nous avions réfléchi, les suggestions que nous voulions lancer ne tenaient plus, tout me semblait dérisoire et courait à l’échec.
Ils sont arrivés pile à l’heure, tous. Et à peine la porte d’entrée fermée, les mamans pas encore parties, que les 4 étaient ensemble dans la chambre. Ca criait déjà un peu, mais la mayonnaise avait pris avant qu’on n’ait besoin de casser les oeufs.
On s’est donc retrouvés mon chéri et moi devant le seul cas de figure non envisagé: ils n’avaient pas besoin de nous! Alors quoi, on fait de la figuration, on attend leur bon vouloir?
Finalement, ces 3 heures n’ont pas filé, mais se sont très bien passées (oui, évidemment, je sais, mais n’empêche!) A cet âge, ils n’ont plus besoin d’être constamment couvés et occupés. Ils ont des moments d’indépendance.
Oui, ça a hurlé. Couru. J’ai mille fois craint pour leur tête, je les voyais partir en glissades contre les meubles, je me suis retenue, j’ai laissé faire. J’ai adressé une prière au saint patron des voisins qui a eu l’air de nous comprendre et de nous absoudre, une bonne chose de faite. On a fait un peu d’autorité, juste ce qu’il fallait.
Je suis très fière, je n’ai pas crié quand le verre de jus de fruit s’est retrouvé renversé sur la table, et forcément sur le sol.
On a joué un peu, on a rigolé. Fait une chasse aux trésors, c’était impressionant à 4 de voir tant de disparités dans la facilité de lecture. On a dessiné aussi, et là encore, la différence était bien là (et d’ailleurs Arthur, le champion hors catégories en lecture, est une poire absolue en dessin. Il faut bien un peu de justice dans ce bas monde d’enfants).
On était épuisés quand même. Mais heureux, parce que la reine de la journée l’était. Contente et fière.
Moi, je n’ai pas adoré la voir dans ce contexte. C’est une autre image de l’enfant que je connais que j’ai découverte: celle d’une petite fille autoritaire et très directive, elle mène sa petite troupe par le bout du nez et il lui faut du répondant (Arthur a bien essayé, mais en tant qu’amoureux devenu quasi officiel, il s’est bien rendu compte aussi qu’il ne pouvait pas tout avoir…)
Mais c’est leur monde, et je préfère les y laisser. Ne le voir que de loin. On a beau savoir qu’elle est ainsi, le constater sur faits, c’est autre chose.
L’année prochaine, on verra. Les joies de la garde en alternance, c’est peut-être aussi pour ce genre d’occasions, non? Mais s’il faut le refaire, ce sera sans hésitation, juste pour ses yeux qui brillent…
*Oui ok, c’est un mauvais jeu de mots. Jour de la tempête, mais chez nous, c’était plutôt à l’intérieur de l’appartement. Ca a beaucoup soufflé, mais on a fait partie des très chanceux qui sont passés à côté…
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15.2.2010 par Flo.
Miss Blondinette va très prochainement fêter ses 6 ans de grande fille qu’elle est.
Ca se fera cette année chez nous, sa maman est un peu trop prise depuis la très récente naissance de sa petite soeur, pour pouvoir consacrer du temps à des petits camarades et tous les recevoir. Du coup, nous nous sommes offerts de lui permettre de dignement fêter l’occasion.
N’habitant pas un loft, il ne nous est pas possible d’accueillir beaucoup d’enfants en même temps, raison pour laquelle nous lui avons demandé de ne choisir que 4 copains avec lesquels elle voudrait partager ces moments. Ca n’a pas été évident ni facile, mais elle s’est somme toutes décidée rapidement, et son choix s’est porté sur 3 filles….et 1 garçon! Qui n’est même pas son “petit copain du moment” officiel du moins, puisque nous lui expliquons en parallèle qu’a priori et jusqu’à nouvel ordre, la polygamie n’est pas tout à fait reconnue en France, ni en Europe.
Arthur, donc, aura le droit de partager les jeux de 3 autres petites filles et sera le “prince au milieu des princesses”. A cet effet, il a d’ailleurs droit à une invitation toute personnalisée: y figureront les princes en plus de Blanche Neige et ses demoiselles de compagnie.
Miss Blondinette, néanmoins, ne perd pas la tête pour autant. Elle n’a pas manqué l’occasion, l’autre jour (et paraît-il car il s’agit d’une conversation rapportée), de rentrer chez sa maman et de lui demander si “elle pouvait inviter Eric (son prétendant “officiel”) pour une soirée pijama”. Je n’ose imaginer la tête de la maman, et j’aurais moi-même toussé. Et devant notre étonnement “mais pourquoi donc invites-tu Arthur à ton anniversaire, alors que c’est Eric ton amoureux”, sa réponse a été (comme bien souvent) pleine de bon sens: “mais parce que je préfère voir Eric en tête à tête, juste lui et moi, pour la soirée pijama”.
Ben voyons!
Le plus marrant dans l’histoire (de mon point de vue), c’est que son père me l’a narrée en riant. Mais un peu jaune, j’en ai bien l’impression….
Je suis en train de m’interroger sur la pertinence ou non d’ouvrir une catégorie rien que pour ces aventures. En quelques jours, nous avons eu droit à quelques pépites que je conserverai et replacerai ici. Et j’ai comme dans l’idée que ce n’est que le début d’une looongue série (ne tousse pas trop fort, mon cher et tendre!)
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28.10.2009 par Flo.
L’émission “cartier libre” sur France Inter est chaque matin pile poil dans la tranche horaires de mon trajet maison-boulot. Ce matin, elle m’a particulièrement touchée, et je vous aurais bien mis le petit lien qui va bien vers ce doux moment où je n’ai cessé de sourire, mais je ne l’ai malheureusement pas (encore?) trouvé dans les archives du site. Ne me reste plus qu’à vous dire de le guetter, et c’est ici que ça devrait arriver.
Il y était question de ce fameux débat sur la nationalité française, la fierté nationale et tout ça tout ça. Je n’entrerai pas dans la polémique, et je considérerai que mes migraine et vague nausée persistantes depuis les heures matinales n’ont rien à voir avec le tissu d’inepties et les propos indigestes que j’ai entendus pendant le journal qui précédait l’émission. Passons.
Il s’agissait donc de l’interview d’une petite fille de 8 ans, de parents khabiles et en demande de régularisation de situation (je préfère nettement à “sans papiers”), qui était elle-même née sur sol français, et qui demandait à son père ce que c’était d’être français, et comment il se sentait, lui.
Quelques minutes d’échanges père-fille, qui, sous des dessous dramatiques, m’ont profondément émue.
Je ne reviendrai pas sur les notions de double nationalité, d’exil ou de réadaptation que j’ai plusieurs fois abordées ici au travers de billets plus ou moins légers, et que je continuerai sans doute à évoquer tout au long de mes monologues. J’ai juste écouté cette petite demoiselle qui faisait comprendre à son papa, du haut de ses 8 ans, qu’en somme elle ne saisissait pas très bien la raison pour laquelle il fallait choisir. Qu’elle n’oubliait pas qu’elle était khabile même si elle n’avait jamais vécu en Algérie, et qu’elle rêvait d’ailleurs de découvrir ce pays. Qu’elle voulait les 2.
Les choses paraissent si simples dans la bouche d’une enfant. Et on ne peut que s’émouvoir aussi des réponses les plus sincères possibles d’un père qui a abandonné ses propres parents là-bas, pour se préoccuper de son nouveau foyer. Qu’il cherche le meilleur pour ses 3 enfants, quitte à laisser ses racines derrière lui.
A l’heure également de la polémique sur les élections tunisiennes, qui me font d’un coup me poser plus de questions que d’habitude sur ce que mon propre père a pu vivre dans son enfance et qui, pour je ne sais quelles raisons, me font réaliser qu’il serait bon que je l’interroge, avec toute la douleur que cela risque néanmoins de raviver chez lui, j’ai particulièrement résonné, vibré à l’écoute de ce mini débat familial.
Et par-dessus tout cela, je garde, chevillée au corps, la sensation que jamais je ne pourrai choisir un pays, une nation. Parce que oui, réellement dans cette situation, choisir, c’est renoncer. Et ce renoncement-là, pour moi, ce serait un réel appauvrissement…
Après tout, je dois encore avoir 8 ans, à vouloir que tout soit si simple et à ne pas comprendre pourquoi on le complique tant.
Pour illustrer ces propos, j’aurais très envie de vous mettre des photos de mes montagnes, ou alors de la campagne alentours, celle dont je voudrais chanter les louanges tous les jours ici, ou alors aussi l’Italie et cette région encore dévastée par le tremblement de terre. Ou enfin, la terre natale (mais pas nationale) de mon père, qui est aussi un peu une part de moi. Je n’ai rien de tout cela à disposition là maintenant. Et puis ce serait là encore, choisir, ou pas, et je n’en ai pas envie. Alors je me réserve ça pour une occasion et un nouveau beau montage!
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2.10.2009 par Flo.
C’est presque une petite nana, maintenant. Elle a des velléités d’indépendance, et pourtant encore tant de mimiques et de réflexes de toute petite fille.
-Elle prend sa douche presque toute seule. Je supervise le savonnage, le rinçage. La température de l’eau.
-Elle m’a récité tout à l’heure au repas l’alphabet, pas encore tout à fait juste, en chanson hésitante, mais elle reconnaît de plus en plus facilement les lettres, les chiffres, j’en suis toute émue. Elle sait depuis très longtemps écrire son prénom, papa, maman, et l’autre jour, elle est arrivée toute fière en m’épelant “école”. J’ai été soufflée qu’elle sache épeler par oral. En version écrite, elle a oublié le “o”.
-Elle a encore un corps de bébé, un visage de petite fille. Des manières de petite nana, depuis fort longtemps déjà.
-Elle commence à raconter un peu plus précisément (tu vois Poufpouf, tardivement), elle mélange encore beaucoup les envies et la réalité. Peut-être un peu les projets chez sa maman et chez nous, mais ça c’est normal.
-Elle a beaucoup de mal à se repérer dans la temporalité. Le week-end, la semaine…Quel jour on est, combien de temps encore.
-Elle est très curieuse des langues étrangères, elle nous demande de compter en allemand, anglais, italien quand elle respire sa ventoline. En même temps si possible, c’est pas si facile que ça!
Ca fait maintenant un an et demi qu’elle est entrée dans ma vie. Et mon dieu comme elle a changé!
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22.9.2009 par Flo.
Sérieusement, vous les mamans, ou même tous les parents, vous faites comment???
Vous faites comment lorsque vous sortez d’une journée bien épuisante, où votre Grand Yaka n’a rien trouvé de mieux que de vous refiler un dossier en dernière minute à mettre en page, à finaliser, mais en 1 heure chrono alors qu’il en aurait fallu bien plus, le temps de comprendre et de bien faire, et pas de délai possible, il doit attraper son avion en fin de matinée et forcément, tout doit être bouclé avant.
Vous faites comment, après une journée entière où vous tenez péniblement vos yeux ouverts, pour retrouver vos enfants qui, eux, débordent d’énergie, et recommencer une seconde journée, puisque c’est bien de ça qu’il s’agit?
Je viens de rentrer avec Miss Blondinette qui, elle, a du peps à revendre!
Elle passe d’un sujet à l’autre, mais ne se contente pas de raconter, il faut mon approbation, et puis les questions qui arrivent, et qui m’obligent à mobiliser plus d’un demi neurone pour lui faire une réponse un tant soit peu constructive et intelligente (toujours penser à l’éducation, profiter de chaque instant pour enrichir ses connaissances), alors que je peine ne serait-ce qu’à comprendre le début de ce qu’elle me raconte.
Et qui plus est, je n’ai pas à me plaindre: elle est déjà douchée, je n’ai qu’à assurer l’intendance repas, médicaments, coucher….Un minimum, même si je sais que chaque étape sera chaudement discutée et argumentée.
Vous avez toute mon admiration, vous, parents du quotidien. Vous m’impressionnez, parce que je ne suis pas sûre que je parviendrais à assumer cela autrement qu’en interim, comme ça, un soir par semaine, un week-end tous les 15 jours….Déjà, ça me paraît du quasi insurmontable, à l’heure où je ne rêve que d’une chose: une douche ou un bain chauds, m’affaler dans le canapé, buller, bouquiner….
A l’heure où j’écris cette note, elle est en train de s’exciter sur la console blanche et sur le jeu de la gamine qui se promène avec sa carte, son sac à dos et parle anglais. Mais elle est en même temps capable de me poser des questions sur “pourquoi le chat part en courant, et regarde mon résultat au jeu, et qu’est-ce qu’on mange, et on est quel jour de la semaine?”
Moi, je suis penchée sur mon écran, les yeux brumeux, et c’est la 4ème fois que je relis ce billet en me disant que c’est de l’instantané, mais qu’il est fichtrement mal écrit et que je n’arriverai pas à faire mieux, vu la matière grise qu’il me reste….
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