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21.6.2010 par Flo.
Normalement, sur une année où les 4 saisons s’enchaînent sans être d’abord passées par la centrifugeuse, le printemps est pour nous synonyme de longues balades à 2 roues. On sort la moto vers le mois d’Avril, on assume le froid qui pique un peu dans le fond de l’air et dans les grandes accélérations, et on se lance à l’assaut de la campagne alentours, on (re)découvre la région, proche ou lointaine, on rêve sur la courbe des collines, la douceur du vert de l’herbe, le ciel éclatant et le soleil qui chauffe le cuir.
Ca, c’est dans le film où le printemps existe.
Cette année, il faut bien l’avouer, nous sommes passés à côté de tout ça. Pour des raisons mécaniques, la moto a été immobilisée plus longtemps que prévu, ce qui nous a fait baver sur tous les motards d’Avril qui, eux, s’étaient préparés à temps (et on se vengeait de façon mesquine en se disant qu’avec la canicule précoce, eux suaient dans leur cuir alors que nous, on était à l’aise dans nos tongs et petits hauts….on se réconforte comme on peut, oui c’est petit). Et au moment où enfin, la pépette était prête à rouler et quasi rutilante, il a commencé à nous tomber sur le coin de la tête la colère céleste dont on ne comprend toujours pas l’origine (on va s’épargner les théories fumeuses et variées, ok?)
Comme nous ne sommes pas du genre à garder égoïstement nos découvertes et petits bonheurs motards (entre autres), nous avons souvent parlé à Miss Blondinette de nos découvertes, de notre plaisir à partir en virées, et nous l’avons de temps en temps ramenée dans les petits coins que nous avions trouvés. Elle a vu plusieurs fois son papa en tenue de motard, et bien entendu, elle a exprimé l’envie de découvrir cet univers aussi.
Ca faisait un petit moment que ça devait se concrétiser. La condition sine qua non pour la faire monter à l’arrière était bien entendu sa taille, il fallait qu’elle touche les cale-pieds, et qu’elle puisse s’accrocher à son père. Suite à la poussée de croissance qu’elle nous a offert cet hiver, comme plein de petites filles de son âge, les conditions se remplissaient peu à peu.
Restait l’équipement à lui trouver: pas question de partir sans une protection minimale, un blouson digne de ce nom, un casque en bonne et due forme, et des gants. Ca n’aurait tenu qu’à moi et mon porte monnaie, j’aurais rajouté le bas, mais ça commençait à faire beaucoup.
Son père, pris de frénésie acheteuse, est passé à l’acte la semaine dernière, en lui trouvant un adorable casque coccinelle, un chouette blouson et de bons gants. Le tout une bonne taille au-dessus (sauf le casque) histoire de, peut-être, prolonger la durée d’activité de l’équipement, on peut toujours rêver.
C’est ainsi que dimanche, le temps nous octroyant quelques rayons de soleil miraculeux (pour le mercure on repassera), Miss Blondinette a eu droit à son baptême en moto. Pas impressionnée pour un sou et toute folle, elle s’est soumise de bonne grâce à l’exercice d’enfilage de casque et blouson. On a étudié les différentes façons de grimper sur la moto, étape toujours un peu délicate, et je les ai laissés s’élancer, en suivant péniblement avec la voiture (ça se faufile moins facilement avec 4 roues, c’est sûr).
Elle a assuré comme une chef. Je crois que ça l’a bien plus épuisée que ce qu’elle n’a voulu admettre, elle était lessivée le soir même. Mais n’empêche, qu’elle était fière derrière son père. Et tous les deux arboraient un sourire radieux.
Quant à moi, comment dire….J’étais partagée, et je l’avoue avec un honte. Je n’ai pas une âme de femme de marin, et cette petite nouveauté a pointé du doigt le fait qu’il me manquait cruellement ma propre bécane pour partir en virée avec eux. Et que je devais céder sur un petit privilège qui m’était exclusivement réservé pour l’instant, celui de cette place arrière, toujours mieux que pas de moto du tout. Oui, je ne suis pas très fière de cette pointe de jalousie.
N’empêche, je reste ravie de savoir Miss Blondinette si contente de cette expérience, et si heureuse d’avoir été ainsi initiée, et si à l’aise du tout premier coup. Et c’est dit sans hypocrisie, ses étoiles dans les yeux faisaient plaisir à voir! Je ne m’en délecterai que plus le jour où je pourrai moi aussi rouler avec eux!
Par contre, j’ai exigé la disparition du top case pour la prochaine fois où je poserai mes fesses sur la selle. Eh oui je suis comme ça, je me permets en plus d’exiger!!
..Ils ont de la tenue, non?
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10.5.2010 par Flo.
Ce week-end, Miss Blondinette a perdu sa première dent, alors que nous faisions les folles ensemble sur le canapé.
Ca faisait un moment que l’événement s’annonçait, mais quand même, les probabilités pour que ça lui arrive chez nous étaient quand même moindres.
On n’aura eu cependant que la moitié de l’histoire. Elle l’a perdue dimanche, c’est donc chez sa maman que la petite souris est passée, pour sa première pièce. On l’appellera pour savoir comment ça s’est passé.
Du haut de ses 6 ans et 3 mois, elle croit très fort à la petite souris. Tout comme elle semble encore croire au Père Noël, mais on ignore si ça durera jusqu’en Décembre. Elle n’est pas encore au CP, les affirmations péremptoires des “plus grands” qui veulent imposer leur supériorité ne sont pas encore passées par là. Ou alors, elle a de chouettes copains qui cultivent son innocence (ce que je lui souhaite).
C’est amusant et je ne l’imaginais pas, mais cette étape de première dent m’a beaucoup émue. Je serais incapable de raconter comment j’ai perdu ma première dent, où, à quel âge (ni la 2ème, ni les autres, sauf celles que j’ai dû sans doute laisser chez le dentiste et encore), mais là, assister à cet événement, ça m’a remuée.
C’est que je la vois grandir, la bougresse. Je commence à avoir un petit peu de recul, 2 ans que nous partageons quelques week-ends et la moitié des vacances, 2 ans que je la vois pousser de la toute petite fille encore bébé, qui buvait le biberon et faisait la sieste, à la nénette qui s’interroge sur la vie, les humains, mais qui cultive encore ses rêves de princesses (et qui dit en rigolant et en sortant du magasin “la vendeuse m’a appelée bébé, pffff, je ne suis plus un bébé maintenant”!)
Ce week-end, elle nous a déclaré que là, elle ne parlait plus trop aux animaux. Ca aussi, ça m’a fait un petit coup au coeur. Pourtant, je suis la dernière à jouer à ces jeux d’imagination, je peine à rentrer dans les inventions, moi qui avais l’esprit si fertile à son âge, je me sens très bête, très adulte, très rigide et très briseuse de rêve lorsque je l’entends partir dans ses petits délires, et que je suis incapable de prendre le train en marche.
Mais là, nous devisions sur les habitants des zoos, c’est moi qui ai décrété que de tout façon elle parlait aux animaux, et elle a sorti comme ça, comme un constat, une évidence: “oh non, plus trop maintenant. A part peut-être les chats, les chiens et les oiseaux, mais bon”…
Ah, ouf, on était sauvés.
Elle grandit, et j’ignore si je grandis ou si je rajeunis en la regardant. Mais je me surprends plusieurs fois, en la contemplant, à me demander quelle sorte de jeune fille elle fera, et peut-être même à me réjouir de le savoir. Pas de l’impatience, non, de la curiosité…..
Silhouette dans le clair-obscur…. (”La silhouette, c’est ce qu’il y a sur les toits pour montrer le vent”, nous dit-elle ce week-end, en confondant avec girouette…)
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15.3.2010 par Flo.
Devant les demandes répétées de mes lecteurs - commentateurs du dernier billet, non, je n’ai pas pu aller directement prendre un bain / lire un bouquin / me coucher (cocher la bonne case - ou pas).
C’est que ce week-end, nous avions Miss Blondinette. Et que vendredi soir, eh bien c’était sa soirée d’école (oui oui, vous lisez bien, je ne sais par quelle bizarrerie étrange, son école à elle fait ça en plein mois de mars, je ne me l’explique pas).
Nous étions donc conviés à ce grand rassemblement de bambins surexcités pour assister aux spectacles divers et variés, répétés depuis la rentrée de Noël, ainsi qu’à l’immense loto qui avait pour but de renflouer les caisses du CLAE.
Il faut dire que sur le renflouement des caisses, ils sont très forts: 8€ les 3 cartons de loto, des lots qui ne sortent pas de l’ordinaire (mais il y a pire). Chaque parent d’élève était invité à amener un plat, salé ou sucré, pour le buffet de la soirée. Sauf qu’il ne suffisait pas d’arriver avec son gâteau, le poser et se servir, non non. Il fallait ensuite passer à la caisse, acheter un carnet de tickets, et aller payer sa consommation. Ce qui revient à dire que si on n’y prend pas garde, on finit par payer le gateau au chocolat (taboulé / salade de riz / cake au citron - vous comprenez le principe) qu’on a passé l’après-midi à cuisiner.
Oui, vraiment très forts.
Qu’importe. Miss Blondinette comptait sur nous (et nous sur elle), sa maman ne pouvait pas être présente, nous étions les dignes représentants familiaux, un peu perdus au milieu de tous ces parents d’élèves qui se reconnaissaient, se tapaient sur l’épaule et prenaient des nouvelles de la famille, grands parents et oncles éloignés. C’est là qu’on constate qu’on peut très vite se sentir socialement isolés, quand on ne suit pas quotidiennement les péripéties scolaires de son bambin, et qu’on ne sait pas très bien qui est qui, papa d’Arthur ou maman de Sophia.
Bref.
Miss Blondinette étant encore en maternelle, ils avaient heureusement prévu de la faire passer (elle et la vingtaine d’autres petits du même âge) plutôt en début de soirée. Il valait mieux, ils étaient sur le point de mettre le feu aux rideaux.
En début de soirée, ça signifiait quand même: une fois la salle archi-bondée, les déguisements partis en vrille parce que la première chose que font les enfants quand ils se retrouvent, c’est se sauter dessus comme s’ils ne s’étaient pas quittés 2 heures plus tôt, et jouer à trape-trape en cercles concentrés tout autour de la salle (très très grande la salle, très très grande), le tout en hurlant. Ce qui signifie: refaire la coiffure quatre fois en urgence avant la montée sur scène (j’ai zappé les cours de coiffage de poupées petite, je suis nulle même pour une queue de cheval, j’avais donc délégué la chose à la maman, qui avait compris le problème et lui avait fort heureusement composé une mini tresse serrée et résistante, louée soit-elle), remettre le maquillage qui a coulé, redressé le pull, enlever-remettre-enlever la veste, éviter la grosse tache de chocolat sur le t-shirt blanc, gronder pour la forme parce qu’avant de passer sur scène, il serait bon de ne pas s’essuyer la bouche pleine de rouge à lèvres sur ledit t-shirt (là c’était déjà fichu).
Ensuite, il y a eu une première partie de loto, histoire de chauffer tout le monde. Pendant ce temps, les professeurs et assistants maternels regroupaient les stars surexcitées à l’arrière de la salle. Pas de bol, cette partie a duré longtemps, coquin de sort, le quine s’est fait attendre, le double quine aussi, et le carton a dû être départagé, forcément, entre 3 gagnants qui ont hurlé en même temps. Donc nouveau tirage au sort…et immense compassion pour les encadrants qui ne devaient pas avoir assez de bras pour retenir les petites furies.
Enfin est venu l’instant tant attendu par tous les parents: montée sur scène, foule d’adultes à l’avant, au point que si le public ne se lève pas, plus personne ne voit rien, flashs qui crépitent, bambins qui font coucou de la main, ne savent pas où se placer, vont, viennent, il y a ceux qui sont impressionnés, ceux qui se sentent comme des poissons dans l’eau, ceux qui remettent un chapeau qui tombe, d’autres qui n’osent pas s’avancer (devinez où est Miss Blondinette), chacun se cherche du regard, où est papa, où est maman, où est mon fils, voilà ma fille. Musique saturée, ébranlement hésitant, éclats de rire, gestes dans le vide, 5 minutes avec une sono qui grésille, et arrêt aussi brusque que le début.
Point.
Fini.
La star redescend surexcitée de la scène, nous concède un baiser de félicitations, reprend ses cerlces de trape trape, et nous, on reste en se disant que quand même, il faut bien rentabiliser un minimum le prix des cartons de loto, essayer d’être sociables, payer et goûter 3 des 15 quiches amenées sur le buffet, laisser la possibilité à la demoiselle de passer du temps avec ses camarades.
3 heures. Oui, Messieurs-Dames, je suis fière de vous annoncer que nous avons tenu 3 heures. Malgré une journée épuisante, malgré une douleur au bras qui m’empêchait de trouver une position confortable. 3 heures de cris, applaudissements, hurlements, Miss Blondinette a participé au loto des maternelles, elle a remporté un quine, une petite voiture télécommandée (siiiiiiiii, devinez qui était la plus ravie? Mais elle a adoré aussi), nous n’avons rien gagné, pas même les cours de piano. On a à peine mangé, on a souri, on s’est émus, on distinguait déjà, chez les petits et grands qui montaient sur scène, les futures stars, les pas du tout à l’aise.
3 heures, au point qu’en revenant dans la voiture, j’ai coupé la radio, tant je voulais le silence.
3 heures parce que mine de rien et malgré un récit vitriolé, on était fiers de partager ces moments avec elle, d’être ses principaux fans, et de l’applaudir, l’encourager. 3 heures pendant lesquelles on a brièvement touché du doigt ce qu’est la vie scolaire du point de vue adultes.
Nos souvenirs à nous remontaient à l’époque où nous étions sur scène, où c’étaient nos parents qui nous faisaient coucou, où nous étions fiers comme des paons, et nous réalisons aujourd’hui ce qu’ils ont enduré pour nous applaudir et nous faire plaisir…
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2.3.2010 par Flo.
Samedi, c’était l’anniversaire de Miss Blondinette.
Pas la date officielle, qui elle avait déjà eu lieu 1 semaine plus tôt, mais le moment tant attendu où la demoiselle avait convié ses petits camarades en nos murs, pour fêter dignement l’occasion de ses 6 ans.
Autant dire que nous n’appréhendions pas la chose tout à fait de la même manière:
Elle, c’étaient sauts de puce et petits cris depuis le matin, malgré les 15 jours de vacances, elle était réveillée à 7H30 “pour le cas où ils seraient arrivés à l’avance” (on les attendait à 15H…)
La robe rose de princesse était pliée dans le sac, papa était allé acheter des collants en catastrophe et dernière minute la veille (taille 8-10 ans, parce que la taille juste en-dessous, c’était 4-6 ans, et forcément la marque ne fait pas le milieu, cherchez la logique, et imaginez le look), le petit boléro rose pailleté achevait de sécher, bref, il ne restait qu’à: gonfler les ballons, pousser les meubles, faire le gâteau au chocolat, ouvrir les bonbons (ni trop tôt pour éviter la tentation, ni trop tard pour être pris dans le stress), lui laver le visage parce qu’elle avait voulu se mettre du rouge à lèvre et a forcément trouvé celui qui tient très très bien, et convaincre la Miss d’avaler quelque chose au petit déjeûner ET au dîner, avec en échange la promesse qu’on ne lui ferait aucune remarque sur le nombre de bonbons avalés.
Et pour nous…tout cela et le reste encore, et désespérément trouver comment rester zen.
J’ai eu un petit moment de panique en plein milieu de la matinée, quand j’ai réalisé que mon cher et tendre, sous ses dehors super tranquilles “j’assume et je gère” paniquait en fait autant que moi. Oui, parce que bon, moi je n’avais pour souvenirs de ce genre d’anniversaire que les miens, à savoir une meute de gamins déchaînés qui hurlaient dans l’appartement, ne faisaient surtout pas ce qu’on leur demandait et saccageaient l’intérieur (grâce soit rendue à mes parents qui, pourtant, ont fidèlement perpétué la tradition pendant mes longues années d’enfance).
Et puis le dernier anniversaire auquel Miss Blondinette avait assisté ne m’avait pas franchement rassurée non plus: certes c’était dans une maison, certes ils étaient autrement plus nombreux que les 3 petits que nous attendions, mais lorsqu’on était allés la récupérer, nous avions retrouvés les parents hagards, et le père du garçon nous avait soufflé “je comprends maintenant pourquoi être instit est si fatiguant. Je n’en peux plus!”
Gasp.
Donc lorsque j’ai découvert que mon cher et tendre n’en menait finalement pas plus large que moi, j’ai tremblé. D’un coup, les jeux auxquels nous avions réfléchi, les suggestions que nous voulions lancer ne tenaient plus, tout me semblait dérisoire et courait à l’échec.
Ils sont arrivés pile à l’heure, tous. Et à peine la porte d’entrée fermée, les mamans pas encore parties, que les 4 étaient ensemble dans la chambre. Ca criait déjà un peu, mais la mayonnaise avait pris avant qu’on n’ait besoin de casser les oeufs.
On s’est donc retrouvés mon chéri et moi devant le seul cas de figure non envisagé: ils n’avaient pas besoin de nous! Alors quoi, on fait de la figuration, on attend leur bon vouloir?
Finalement, ces 3 heures n’ont pas filé, mais se sont très bien passées (oui, évidemment, je sais, mais n’empêche!) A cet âge, ils n’ont plus besoin d’être constamment couvés et occupés. Ils ont des moments d’indépendance.
Oui, ça a hurlé. Couru. J’ai mille fois craint pour leur tête, je les voyais partir en glissades contre les meubles, je me suis retenue, j’ai laissé faire. J’ai adressé une prière au saint patron des voisins qui a eu l’air de nous comprendre et de nous absoudre, une bonne chose de faite. On a fait un peu d’autorité, juste ce qu’il fallait.
Je suis très fière, je n’ai pas crié quand le verre de jus de fruit s’est retrouvé renversé sur la table, et forcément sur le sol.
On a joué un peu, on a rigolé. Fait une chasse aux trésors, c’était impressionant à 4 de voir tant de disparités dans la facilité de lecture. On a dessiné aussi, et là encore, la différence était bien là (et d’ailleurs Arthur, le champion hors catégories en lecture, est une poire absolue en dessin. Il faut bien un peu de justice dans ce bas monde d’enfants).
On était épuisés quand même. Mais heureux, parce que la reine de la journée l’était. Contente et fière.
Moi, je n’ai pas adoré la voir dans ce contexte. C’est une autre image de l’enfant que je connais que j’ai découverte: celle d’une petite fille autoritaire et très directive, elle mène sa petite troupe par le bout du nez et il lui faut du répondant (Arthur a bien essayé, mais en tant qu’amoureux devenu quasi officiel, il s’est bien rendu compte aussi qu’il ne pouvait pas tout avoir…)
Mais c’est leur monde, et je préfère les y laisser. Ne le voir que de loin. On a beau savoir qu’elle est ainsi, le constater sur faits, c’est autre chose.
L’année prochaine, on verra. Les joies de la garde en alternance, c’est peut-être aussi pour ce genre d’occasions, non? Mais s’il faut le refaire, ce sera sans hésitation, juste pour ses yeux qui brillent…
*Oui ok, c’est un mauvais jeu de mots. Jour de la tempête, mais chez nous, c’était plutôt à l’intérieur de l’appartement. Ca a beaucoup soufflé, mais on a fait partie des très chanceux qui sont passés à côté…
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15.2.2010 par Flo.
Miss Blondinette va très prochainement fêter ses 6 ans de grande fille qu’elle est.
Ca se fera cette année chez nous, sa maman est un peu trop prise depuis la très récente naissance de sa petite soeur, pour pouvoir consacrer du temps à des petits camarades et tous les recevoir. Du coup, nous nous sommes offerts de lui permettre de dignement fêter l’occasion.
N’habitant pas un loft, il ne nous est pas possible d’accueillir beaucoup d’enfants en même temps, raison pour laquelle nous lui avons demandé de ne choisir que 4 copains avec lesquels elle voudrait partager ces moments. Ca n’a pas été évident ni facile, mais elle s’est somme toutes décidée rapidement, et son choix s’est porté sur 3 filles….et 1 garçon! Qui n’est même pas son “petit copain du moment” officiel du moins, puisque nous lui expliquons en parallèle qu’a priori et jusqu’à nouvel ordre, la polygamie n’est pas tout à fait reconnue en France, ni en Europe.
Arthur, donc, aura le droit de partager les jeux de 3 autres petites filles et sera le “prince au milieu des princesses”. A cet effet, il a d’ailleurs droit à une invitation toute personnalisée: y figureront les princes en plus de Blanche Neige et ses demoiselles de compagnie.
Miss Blondinette, néanmoins, ne perd pas la tête pour autant. Elle n’a pas manqué l’occasion, l’autre jour (et paraît-il car il s’agit d’une conversation rapportée), de rentrer chez sa maman et de lui demander si “elle pouvait inviter Eric (son prétendant “officiel”) pour une soirée pijama”. Je n’ose imaginer la tête de la maman, et j’aurais moi-même toussé. Et devant notre étonnement “mais pourquoi donc invites-tu Arthur à ton anniversaire, alors que c’est Eric ton amoureux”, sa réponse a été (comme bien souvent) pleine de bon sens: “mais parce que je préfère voir Eric en tête à tête, juste lui et moi, pour la soirée pijama”.
Ben voyons!
Le plus marrant dans l’histoire (de mon point de vue), c’est que son père me l’a narrée en riant. Mais un peu jaune, j’en ai bien l’impression….
Je suis en train de m’interroger sur la pertinence ou non d’ouvrir une catégorie rien que pour ces aventures. En quelques jours, nous avons eu droit à quelques pépites que je conserverai et replacerai ici. Et j’ai comme dans l’idée que ce n’est que le début d’une looongue série (ne tousse pas trop fort, mon cher et tendre!)
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28.10.2009 par Flo.
L’émission “cartier libre” sur France Inter est chaque matin pile poil dans la tranche horaires de mon trajet maison-boulot. Ce matin, elle m’a particulièrement touchée, et je vous aurais bien mis le petit lien qui va bien vers ce doux moment où je n’ai cessé de sourire, mais je ne l’ai malheureusement pas (encore?) trouvé dans les archives du site. Ne me reste plus qu’à vous dire de le guetter, et c’est ici que ça devrait arriver.
Il y était question de ce fameux débat sur la nationalité française, la fierté nationale et tout ça tout ça. Je n’entrerai pas dans la polémique, et je considérerai que mes migraine et vague nausée persistantes depuis les heures matinales n’ont rien à voir avec le tissu d’inepties et les propos indigestes que j’ai entendus pendant le journal qui précédait l’émission. Passons.
Il s’agissait donc de l’interview d’une petite fille de 8 ans, de parents khabiles et en demande de régularisation de situation (je préfère nettement à “sans papiers”), qui était elle-même née sur sol français, et qui demandait à son père ce que c’était d’être français, et comment il se sentait, lui.
Quelques minutes d’échanges père-fille, qui, sous des dessous dramatiques, m’ont profondément émue.
Je ne reviendrai pas sur les notions de double nationalité, d’exil ou de réadaptation que j’ai plusieurs fois abordées ici au travers de billets plus ou moins légers, et que je continuerai sans doute à évoquer tout au long de mes monologues. J’ai juste écouté cette petite demoiselle qui faisait comprendre à son papa, du haut de ses 8 ans, qu’en somme elle ne saisissait pas très bien la raison pour laquelle il fallait choisir. Qu’elle n’oubliait pas qu’elle était khabile même si elle n’avait jamais vécu en Algérie, et qu’elle rêvait d’ailleurs de découvrir ce pays. Qu’elle voulait les 2.
Les choses paraissent si simples dans la bouche d’une enfant. Et on ne peut que s’émouvoir aussi des réponses les plus sincères possibles d’un père qui a abandonné ses propres parents là-bas, pour se préoccuper de son nouveau foyer. Qu’il cherche le meilleur pour ses 3 enfants, quitte à laisser ses racines derrière lui.
A l’heure également de la polémique sur les élections tunisiennes, qui me font d’un coup me poser plus de questions que d’habitude sur ce que mon propre père a pu vivre dans son enfance et qui, pour je ne sais quelles raisons, me font réaliser qu’il serait bon que je l’interroge, avec toute la douleur que cela risque néanmoins de raviver chez lui, j’ai particulièrement résonné, vibré à l’écoute de ce mini débat familial.
Et par-dessus tout cela, je garde, chevillée au corps, la sensation que jamais je ne pourrai choisir un pays, une nation. Parce que oui, réellement dans cette situation, choisir, c’est renoncer. Et ce renoncement-là, pour moi, ce serait un réel appauvrissement…
Après tout, je dois encore avoir 8 ans, à vouloir que tout soit si simple et à ne pas comprendre pourquoi on le complique tant.
Pour illustrer ces propos, j’aurais très envie de vous mettre des photos de mes montagnes, ou alors de la campagne alentours, celle dont je voudrais chanter les louanges tous les jours ici, ou alors aussi l’Italie et cette région encore dévastée par le tremblement de terre. Ou enfin, la terre natale (mais pas nationale) de mon père, qui est aussi un peu une part de moi. Je n’ai rien de tout cela à disposition là maintenant. Et puis ce serait là encore, choisir, ou pas, et je n’en ai pas envie. Alors je me réserve ça pour une occasion et un nouveau beau montage!
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2.10.2009 par Flo.
C’est presque une petite nana, maintenant. Elle a des velléités d’indépendance, et pourtant encore tant de mimiques et de réflexes de toute petite fille.
-Elle prend sa douche presque toute seule. Je supervise le savonnage, le rinçage. La température de l’eau.
-Elle m’a récité tout à l’heure au repas l’alphabet, pas encore tout à fait juste, en chanson hésitante, mais elle reconnaît de plus en plus facilement les lettres, les chiffres, j’en suis toute émue. Elle sait depuis très longtemps écrire son prénom, papa, maman, et l’autre jour, elle est arrivée toute fière en m’épelant “école”. J’ai été soufflée qu’elle sache épeler par oral. En version écrite, elle a oublié le “o”.
-Elle a encore un corps de bébé, un visage de petite fille. Des manières de petite nana, depuis fort longtemps déjà.
-Elle commence à raconter un peu plus précisément (tu vois Poufpouf, tardivement), elle mélange encore beaucoup les envies et la réalité. Peut-être un peu les projets chez sa maman et chez nous, mais ça c’est normal.
-Elle a beaucoup de mal à se repérer dans la temporalité. Le week-end, la semaine…Quel jour on est, combien de temps encore.
-Elle est très curieuse des langues étrangères, elle nous demande de compter en allemand, anglais, italien quand elle respire sa ventoline. En même temps si possible, c’est pas si facile que ça!
Ca fait maintenant un an et demi qu’elle est entrée dans ma vie. Et mon dieu comme elle a changé!
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22.9.2009 par Flo.
Sérieusement, vous les mamans, ou même tous les parents, vous faites comment???
Vous faites comment lorsque vous sortez d’une journée bien épuisante, où votre Grand Yaka n’a rien trouvé de mieux que de vous refiler un dossier en dernière minute à mettre en page, à finaliser, mais en 1 heure chrono alors qu’il en aurait fallu bien plus, le temps de comprendre et de bien faire, et pas de délai possible, il doit attraper son avion en fin de matinée et forcément, tout doit être bouclé avant.
Vous faites comment, après une journée entière où vous tenez péniblement vos yeux ouverts, pour retrouver vos enfants qui, eux, débordent d’énergie, et recommencer une seconde journée, puisque c’est bien de ça qu’il s’agit?
Je viens de rentrer avec Miss Blondinette qui, elle, a du peps à revendre!
Elle passe d’un sujet à l’autre, mais ne se contente pas de raconter, il faut mon approbation, et puis les questions qui arrivent, et qui m’obligent à mobiliser plus d’un demi neurone pour lui faire une réponse un tant soit peu constructive et intelligente (toujours penser à l’éducation, profiter de chaque instant pour enrichir ses connaissances), alors que je peine ne serait-ce qu’à comprendre le début de ce qu’elle me raconte.
Et qui plus est, je n’ai pas à me plaindre: elle est déjà douchée, je n’ai qu’à assurer l’intendance repas, médicaments, coucher….Un minimum, même si je sais que chaque étape sera chaudement discutée et argumentée.
Vous avez toute mon admiration, vous, parents du quotidien. Vous m’impressionnez, parce que je ne suis pas sûre que je parviendrais à assumer cela autrement qu’en interim, comme ça, un soir par semaine, un week-end tous les 15 jours….Déjà, ça me paraît du quasi insurmontable, à l’heure où je ne rêve que d’une chose: une douche ou un bain chauds, m’affaler dans le canapé, buller, bouquiner….
A l’heure où j’écris cette note, elle est en train de s’exciter sur la console blanche et sur le jeu de la gamine qui se promène avec sa carte, son sac à dos et parle anglais. Mais elle est en même temps capable de me poser des questions sur “pourquoi le chat part en courant, et regarde mon résultat au jeu, et qu’est-ce qu’on mange, et on est quel jour de la semaine?”
Moi, je suis penchée sur mon écran, les yeux brumeux, et c’est la 4ème fois que je relis ce billet en me disant que c’est de l’instantané, mais qu’il est fichtrement mal écrit et que je n’arriverai pas à faire mieux, vu la matière grise qu’il me reste….
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27.8.2009 par Flo.
La rentrée approche; et j’ai eu des nouvelles de Miss Blondinette, même si nous ne nous sommes pas parlées directement.
-Nous avons laissé une petite fille proche de lâcher les brassards et de nager toute seule, je suis quasi certaine que désormais, après des baignades dans l’océan, elle aura remisé ces manchons au placard. Sauf exception “pour se rassurer”, elle promet d’être une fort bonne nageuse, elle qui aime tant l’eau.
-C’est une future championne de trampoline. Elle a dammé le piond à un gaillard de 20 ans en sautant plus haut que lui, en pirouettant et en riant comme une folle, sans peur aucune. Son père déteste les manèges, je n’en suis personnellement pas fan, je suis dubitative quant au fait de parvenir à l’accompagner dans cette folle aventure de sensations fortes, mais je suis ravie de la savoir si courageuse!
-L’année dernière, elle avait la flemme de pédaler sur son vélo avec petites roues. Je m’interrogeais sur ce qui allait la motiver à se lancer dans ce moyen de transport si apprécié de la plupart des enfants de son âge. J’apprends aujourd’hui que sa mère réfléchit à la façon de ne plus lui laisser les petites roues, exception faite de situation d’urgence, donc un peu comme les brassards: ne pas les ranger définitivement, mais les rendre moins indispensables. Il est vrai que nous avons eu assez peu l’occasion de la voir pédaler depuis un an, mais tout pareil, je suis estomaquée de ces progrets fulgurants.
-Je n’ose imaginer à quel point elle aura grandi et changé. Un mois sans la voir, à cet âge, c’est quasiment retrouver une autre petite personne en face de soi. J’ai hâte, et j’appréhende à la fois, c’est qu’il va falloir s’adapter à tous ces changements…
-En parlant de changement et non des moindres, c’est une rentrée toute particulière qui se prépare pour elle: elle va déménager début 2010, et sera grande soeur à la toute fin 2009. Et ce sera une petite soeur. Moi qui me disais qu’un petit garçon la motiverait dans des défis sportifs, eh bien au vu de tout ce que j’ai mentionné ci-dessus, je crois qu’elle n’en aura pas besoin!
On se revoit mardi prochain, mais je suis déjà très fière d’elle. Et de tout ce qu’elle va me raconter, de tout ce qu’on pourra partager ensemble!
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26.5.2009 par Flo.
Donc, il y a quelques jours, nous sommes allés faire les magasins avec miss Blondinette. Son père avait l’intention de lui acheter un ou deux petits vêtements pour l’été, et j’approuvais le fait qu’il lui fallait quelques basics que sa mère pouvait omettre de placer dans le sac lors des week-ends ou des vacances. Et puis c’est vrai, elle n’a pas grand chose à elle ici (en vestimentaire j’entends, parce qu’en terme de jouets, je pense qu’elle peut ouvrir un magasin de ce pas), et c’était un moyen de commencer une toute petite garde robe.
Ca a été pour moi un baptême, je n’avais jusqu’ici aucune raison de me balader au milieu des rayons pour 5-6 ans. Les enfants que je connais sont soit trop jeunes, soit plus âgés; j’offre de toute façon assez peu de vêtements de manière générale, je me souviens d’avoir été une petite fille puis une adolescente tellement peu soucieuse de mon apparence que c’était la dernière chose que je pouvais placer sur mes listes de cadeaux.
Miss Blondinette, elle, est d’un tout autre genre. Je l’ai déjà évoqué ici, elle aime probablement autant le rose, les poupées et toutes les princesses que la terre et les contes de fée peuvent contenir que j’aimais les pantalons, les baskets, les petites voitures et le sport.
A sa décharge, dans sa tranche d’âge, la mode baigne encore pleinement dans les personnages de dessins animés, si possible remplis de paillettes, le plus fuschia et flashy possible.
C’est ainsi que nous avons commencé à déambuler dans les rayons: moi en évitant le plus soigneusement possible tout ce qui pouvait s’apparenter à un vêtement trop “fifille” (c’était compliqué), elle me sortant le plus rose, le plus brillant, le plus pailleté et…le plus moche possible. De mon point de vue, ok.
Ce qui donnait à peu près cela:
-Regarde Floh, y’a Belle et Blanche Neige dessus, c’est trooooooooop beaauuuuuuuuuuu
-Ah mais non, m’enfin, tu ne vas pas prendre ça, c’est plein de froufrous et de volants, c’est pas pratique!
-Alors regarde ce petit pull pailleté, il est troooooooop joli non, orange et rose?
-Rohh, mais c’est pas joli ces 2 couleurs ensemble, franchement, tu ne préfères pas ce petit pantalon kaki?
Et ainsi de suite.
Dix minutes plus tard, le tour du rayon fait, la situation devenait critique. Je me disais qu’on n’y arriverait pas, et dès que nous arrivions vaguement à trouver un terrain d’entente, il n’y avait pas sa taille ou c’était trop cher.
Son père, jusqu’ici très patient et observateur, a fini par prendre les choses en main. Me demandant gentiment de le laisser faire. Me faisant remarquer que oui elle était une petite fille, certes elle aimait le rose, mais qu’il fallait bien l’avouer, je n’étais pas une bonne référence, j’avais des critères de base extrêmement opposés à ce qu’une petite fille pouvait normalement apprécier, et qu’il allait quand même falloir arriver à un compromis.
J’ai ronchonné, mais il avait raison. Déjà, ce n’était pas à moi de choisir, ce n’était pas non plus moi qui payais. Et surtout, il fallait que je me fasse à l’idée que mon enfance à moi n’avait probablement pas été celle d’une petite fille commune. Sans être exceptionnelle, j’ai sans doute poussé à l’extrême l’opposition à toute idée de féminité. Il m’a fallu du temps pour accepter de me regarder dans un miroir, de mettre des vêtements autres qu’informes, d’accepter d’être en jupe et d’avoir un minmum de décolleté. Ce n’est pas ça non plus que j’aimerais transmettre à Miss Blondinette. Elle, comme moi, avons un bout de chemin à parcourir pour arriver à nous comprendre sur ce genre de domaines.
Au final, la séance shopping s’est bien terminée (à vrai dire, elle avait quand même commencé dans les rires, tout cela était pris à la légère par les 3 parties): elle a choisi du rose, à n’en plus pouvoir. Mais du rose pas trop moche, c’est même moi qui lui ai trouvé la tunique et la petite robe.
Et le pire du pire, là où je me dis que je commence à être sérieusement atteinte, c’est que ce week-end, lors d’une recherche maillot de bain pour moi, j’ai fini par en trouver un…
Devinez de quelle couleur?
Vite, trouvez-moi un marabout, je suis possédée!!
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