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23.2.2010 par Flo.
Je n’aime pas trop aller dans le sens des idées générales, de ces grandes remarques qu’on lance avec emphase devant la machine à café ou à la caisse du supermarché: “non mais vous vous rendez compte? A force d’en parler, voilà tout ce qu’ils gagnent, des gens qui font des réserves de guerre, c’est une honte ma bonne dame”, mais de temps en temps, enfoncer une porte ouverte, c’est quasi inévitable, n’en déplaise à M. de la Palisse.
Donc oui, un peu trop souvent à mon goût, nos chers médias supposément informatifs décident de faire la pluie et le beau temps, et parviennent à créer des psychoses qui dépassent le bon sens. On a eu droit à un joli entraînement avant les fêtes, avec un bon tour de chauffe des politiciens qui avaient passé des contrats juteux avec de grands groupes pharmaceutiques. Aujourd’hui, ce sont les groupes pétroliers qui sonnent à nos portes.
Je n’entrerai pas dans la polémique de base, du pourquoi, du comment, de la validation ou non des comportements des salariés de la rafinerie de Dunkerque. Je n’ai pas les tenants et les aboutissants de l’affaire, je constate simplement que comme tout pékin moyen habitant l’hexagone, je subis de plein fouet le battement d’aile du papillon.
Donc, vendredi dernier, quand ma radio du matin a commencé à expliquer que ça chauffait là-bas dans le Nord, que ça concernait la pompe à essence et que ça risquait de tourner au vinaigre, j’ai tendu l’oreille. Pas franchement parce que je me sentais très en phase avec les revendications (ni que je les rejetais, encore une fois, je ne connais pas assez bien l’affaire), mais parce que j’ai réagi comme toute bipède égocentrée: je voyais ma jauge à essence descendre, on arrivait en fin de mois, j’avais à peu près épuisé ma réserve de kilomètres, à quelques tours de roues près, et il allait falloir de toute façon que je passe bientôt à la pompe.
Sauf que pour des raisons de budget personnel et de fierté parfois mal placée, il me paraît totalement hallucinant de me précipiter dans une station quand j’entends que potentiellement-éventuellement-peut-être on serait supposément-susceptibles d’arriver à un tout petit manque de carburant d’ici un bon nombre de jours.
Donc, j’ai laissé passer le week-end, pendant lequel j’ai totalement déconnecté des infos. Pas trop de radio, pas du tout de télé, un petit tour de temps en temps sur la toile, rien de plus.
Hier, reprise de la semaine, radio allumée de bon matin, chaîne d’info. Rebelotte, avec un discours un peu plus catastrophiste. Plus que tendre l’oreille, là je fronce les sourcils. Parce que j’ai une relative confiance en ma radio, et je me dis que si eux commencent à insister sur le sujet, je n’ose imaginer les images et les discours de la télévision à heure de grande écoute: “bientôt la ville et le pays seront paralysés, bientôt on sera tous obligés de prendre le vélo, c’est la catastrophe, l’économie qui (re)vacille. ”
(Je vous en prie, dites-moi que j’ai tort, parce que je n’ai pas du tout envie d’allumer le poste pour vérifier moi-même.)
Bon, là, ça commençait à chauffer. Mon voyant de jauge est depuis longtemps décédé de sa belle mort, mais je sais combien de kilomètres je peux me permettre de faire sans trop chatouiller la panne d’essence. Et je m’en rapprochais. Sauf que pas moyen dans la journée d’aller faire le plein. Qu’à cela ne tienne, j’avais de quoi tenir jusqu’au soir. Ce que j’ai fait, en conduisant cool, en passant les vitesses en douceur (qui dans la salle ose dire que ce n’est pas toujours le cas?).
Hier soir, donc, 21H30, heure de retour au foyer. Je passe devant une station sur le chemin. Je vérifie toujours les prix au passage, et ceux-là me convenaient, tant mieux. Hâte d’être rentrée, mais je prends le temps de m’arrêter. Armée de ma carte bleue, je sors de la voiture, constate que l’appareil est désespérément éteint, capte le regard d’un pauvre automobiliste un peu perdu devant sa propre pompe, et je n’ai pas besoin qu’on me fasse un dessin: il n’y a pas eu de livraison, c’est à sec.
Là, ça commence à me chauffer. Je rentre de fort mauvaise humeur, parce que j’ai la vague sensation de commencer à jouer le dindon de la farce, et qu’en plus le lendemain, je suis bonne pour partir plus tôt, faire un beau détour et prier pour ne pas partir à la chasse à l’essence, vu que j’ai un peu autre chose à faire de ma matinée.
Ce matin, donc, je passe sans illusion devant la station en bas de chez moi: toujours en rade et à sec, sauf que je vois du coin de l’oeil qu’en plus, les prix ont augmenté, et pas qu’un peu (qui d’ailleurs peut m’expliquer l’intérêt d’afficher des prix sur un article qui n’est pas en rayon? M’enfin bon). Quelques kilomètres plus loin, devant un grand centre commercial, c’est un peu la cohue: sur les 10 pompes, 5 sont fermées. Et tout le monde semble avoir décidé qu’il fallait faire la queue…Moi aussi, d’ailleurs, parce que là je n’ai plus le choix. Même pas sûre d’arriver au travail sans être en rade!
C’est ainsi qu’il m’a fallu une bonne demi-heure pour faire le plein de ma pépette! D’un carburant que j’ai payé les yeux de la tête (encore plus cher que les prix affichés dans l’autre station)! Ironie de la chose, c’était au moment où à la radio passaient quelques témoignages sur le même sujet “ooooh non, moi je ne suis à la pompe que parce que je pars en vacances et qu’il faut que je fasse le plein ” “sisi, ben oui j’ai bien entendu ce qu’on disait aux infos, alors je suis venue, par précaution, parce que j’ai encore de l’essence hein, mais j’ai peur”.
Oui madame, bravo. C’est comme ça qu’on fait flamber les prix. Comme ça que les personnes qui ont vraiment besoin d’essence (vous avez le droit de dire “qui sont assez stupides pour attendre d’être au bout de leur réserve pour se décider à faire le plein”, j’assume à 100%), se retrouvent à arriver au boulot avec une demi-heure de retard, parce que ce matin à la station, sans doute la moitié des automobilistes se servaient pour de mauvaises raisons (quand on voit un Espace faire un plein pour 20 €, on se doute que sa jauge n’était pas vide), et que d’autres étaient un peu pris en otage par la psychose engendrée par des médias qui ont parfaitement réussi leur coup!
Franchement: a-t-on vraiment besoin à ce point-là de toujours se torturer l’esprit et de s’inventer des catastrophes à venir? Que faut-il pour faire appel au minimum de sens commun de tout un chacun??
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17.2.2010 par Flo.
*Mon grand yaka n’a pas une once de fierté. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais quand on y réfléchit un peu plus longuement, on réalise à quel point déjà c’est rare, mais surtout c’est handicapant.
Bien souvent, on réagit par excès de fierté, on se met dans des situations délicates parce qu’on ne fait pas assez preuve d’humilité. Mais ne pas en avoir?
Ne pas en avoir, c’est accepter de se contredire, de façon littérale et évidente devant ses collaborateurs. De dire blanc à 10H05, et noir à 10H30, aux mêmes personnes. Le tout, sans sourciller, en regardant droit dans les yeux, et en se demandant pourquoi les autres les font si gros, ces yeux.
Ne pas en avoir, c’est prendre un rendez-vous avec un client difficile, reposer le téléphone en fanfaronnant “je ne céderai pas d’un pouce, il n’y a pas moyen, ce type se fout de nous, il ne se rend pas compte de l’énormité de ce qu’il nous demande”.
C’est revenir du rendez-vous en disant “on va faire un avoir, on va écrire tel courrier et comprendre ce qui ne fonctionne pas”. Précision étant que le rendez-vous n’a pas du tout permis de clarifier une situation (ou révéler une erreur de notre part), mais simplement pour notre grand yaka de retourner sa veste, parce que la confrontation frontale n’est jamais à son avantage, puisqu’il se fiche de l’issue. Et au passage, donc, il désavoue publiquement un collègue, le ridiculise devant son propre client, le foule aux pieds des principes les plus élémentaires d’une relation commerciale.
Ne pas avoir de fierté, c’est laisser toute son équipe partir en vrille tant qu’il sauve sa peau, c’est accepter devant une assemblée entière d’être moqué, c’est ne pas réaliser qu’il est traité de façon méprisante alors que bon dieu, il est directeur d’agence.
Ceci n’étant qu’un exemple flagrant de nombreuses autres petites ou grandes actions qui surviennent quotidiennement. Et qui hurlent toutes ce même message: comment travailler avec quelqu’un, quand sa façon de faire, d’être, est aussi loin de nos propres fondamentaux, de nos essentiels? Et pire encore, quand en plus il est supposé être un responsable??
*Au-delà de ma petite personne, j’assiste, consternée, à l’esprit contestataire généralisé qui se manifeste dans une région que je ne peux pas prétendre bien connaître, mais dans laquelle j’ai habité pendant 4 ans.
Je parle de ce sujet d’actualité .
Que, là aussi, la provocation publique fasse partie de l’esprit de la région, que ce soit un moyen pour les habitants de faire passer un message qui soit en substance “fichez-nous la paix et mêlez-vous de vos oignons”, c’est déjà pour moi contestable (dans sa façon de faire), mais soit. Que cet homme ait fait de grandes choses pour Montpellier et la région, je ne le nierai pas, je les ai vues de mes yeux, appréciées pendant de longs mois, comprises brièvement au cours de mon passage là-bas.
Mais lui offrir une telle impunité, faire fi de telles déclarations, pousser la provocation jusqu’à laisser se représenter cet homme public supposément donc responsable de ses actes et ses dires, et qui plus est le plebisciter, non, je ne peux pas comprendre.
Je ne peux que déplorer l’image que la région offre aux regards extérieurs, mais aussi la généralisation que beaucoup doivent faire (et que je combats moi-même difficilement) en parlant de l’état d’esprit qui y règne. Non vraiment, si un montpellierain pur souche passe par ici, qu’il n’hésite pas à expliquer, à justifier, à m’offrir des arguments qui me permettraient de défendre une prise de position que je ne peux actuellement cautionner dans aucun cas de figure, malgré ma meilleure volonté. Et j’ai beau savoir qu’il ne faut pas se fier aux sondages, ces résultats doivent quand même vouloir dire quelque chose, non?
Et de ces 2 sujets, je ne préciserai pas lequel est une petite consternation, et l’autre la grande. Je ne saurais le trancher moi-même à vrai dire…
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28.1.2010 par Flo.
-J’avais écrit un long billet pour me plaindre, et je ne suis pas certaine de le publier, parce que malgré tout je me sens honteuse et que ce serait à nouveau voir le verre à moitié vide.
-N’empêche, j’ai quand même une dent certaine contre ma banque et celle de mon homme, qui sont en train de nous expliquer que les 2 petits jours dont on rêvait au ski, au soleil, dans la neige, loin de tout et juste pour se ressourcer, ça risque de devenir impossible. On ne demande pas la montagne, juste de pouvoir y aller, pourtant!!
-J’ai beau essayer d’être sage et obéissante, y’a des fois où j’ai très envie de me révolter. J’ai beau penser que je n’ai vraiment pas à me plaindre et que j’ai plein de belles opportunités, là c’est une goutte d’eau qui fait déborder le vase, un renoncement de trop en trop peu de temps. Ca passera, ou pas.
-Je vis depuis quelques séances des cours assez impressionants d’intensité. Sur un protocole qui, au départ, ne m’enthousiasmait pas plus que ça. Mais soit j’arrive à me sentir suffisamment à l’aise pour vraiment rentrer pleinement dans l’action, soit c’est ma fois une technique qui me convient bien. Envolées les appréhensions du premier cours, et même, en sortant de là, j’ai parfois un sentiment de frustration tant j’aimerais rentrer encore plus au coeur du sujet et ne pas m’arrêter qu’à l’aspect bien être.
-A ce sujet, j’ai justement servi de cobaye hier pour l’une des démonstrations. Ca ne m’arrive pas souvent, par choix personnel, mais hier, j’ai compris le bonheur de se faire masser par un professionnel qui a ce qu’on appelle une “vraie main”. Ca appuye juste là où il faut avec la bonne énergie, et précisément comme on l’espère. Je rêverais d’avoir son toucher, je rêverais d’avoir son instinct, je rêverais d’en savoir plus…
-Je suis contrariée, raison pour laquelle je n’arrive pas à rédiger un véritable billet du début à la fin. Ca fait partie des phrases récurrentes que je pourrais garder dans un coin pour les recoller régulièrement ici.
-Quoi qu’il arrive, ici ou ailleurs, chez nous ou à la montagne, la semaine de vacances avec mon amoureux sera merveilleuse, je le sais et j’en suis persuadée. J’ai encore une montagne de boulot à faire (à laquelle je ferais mieux de m’atteler plutôt que de blogger), et le vendredi risque d’être très long, mais que c’est bon de se dire “demain je suis en vacances”!
C’est tout pour aujourd’hui, et déjà bien suffisant!
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21.1.2010 par Flo.
Depuis un peu moins d’une vingtaine d’années (quand même), je bataille contre quelques contrariétés physiologiques qui n’ont rien d’exceptionnel mais qui pourrissent quand même facilement le moral.
Je ne suis pas en grave danger, je n’ai aucun diagnostic alarmant, je ne suis “qu’une parmi d’autres”, mais qui, pas de chance, présente quand même, avec le temps, un petit casse-tête pour le corps médical.
Je sors ce jour-même d’une consultation de routine, d’un rendez-vous de contrôle. Après un énième choix arrêté, assumé, et une nouvelle tentative lancée, je me rends au cabinet, plutôt sereine (de façade cependant), et à la classique question du “comment allez-vous”, je ne réponds pas dans un élan enthousiaste, mais je ne m’effondre pas non plus dans mon fauteuil. Ca va, mais c’est pas top. Comme depuis 20 ans. En gros, quand on arrive à faire tenir les murs, le toit se fissure, quand le toit est réparé, on découvre des fuites dans la plomberie, et une fois que ces fuites sont colmatées, nous voilà avec des problèmes de fondation.
Mon toubib ne se départit ni de son calme, ni de son assurance. Procède à l’examen de contrôle, dans lequel je plaçais le très vague espoir de découvrir un petit problème, qui aurait pu être solutionné et qui aurait donné l’explication des inconvénients.
Que nenni. Patiente répondant parfaitement au protocole.
Soit, n’empêche. J’ai quand même des soucis, j’ai beau chercher, je ne trouve pas de solution. Je ne suis pas trop du genre à attendre qu’on me tende le repas sur un plateau, mais en matière de médecine, même avec la meilleure volonté et beaucoup d’auto-information, je peine quand même à tout solutionner par moi-même.
Le doc me tend une ordonnance. Me donne une ou deux suggestion. Me recommande la patience. N’y croit guère, mais ne peut pas mieux faire.
Pendant qu’il rédige, je prends mon courage:
“Mais quand même, rassurez-moi, je ne suis pas si exceptionnelle que ça, je ne dois quand même pas être un cas isolé”.
Petit silence.
“Non, il y a d’autres patients dans votre cas. Mais je dois reconnaître que vu que vous ne supportez quasi rien, vous êtes quand même un peu spéciale….”
Rire gêné. Echange de plaisanteries. Je ne perds pas la façade, mais derrière, une petite partie de moi s’effondre. Je ne lui en veux pas à lui, mais je sens bien que je mets le doigt sur une énigme, que je touche à la sacro-sainte partie de la médecine étiquetée “sans solution” et que tout médecin évite soigneusement.
Deux minutes chrono plus tard, je suis dehors après une franche poignée de mains “Essayez ce qu’on a décidé, patientez, et sauf si ça va vraiment mal, on se revoit dans 6 mois pour faire le point”.
Je me retrouve sous le soleil, désemparée. Alors, c’est ça la médecine moderne? Quand il n’y a rien de grave, quand rien de vital n’est engagé, c’est ainsi qu’on répond aux patientes perdues, parce qu’elles ont l’impression d’avoir à systématiquement choisir entre la peste et le choléra: “vous êtes un peu spéciale”?
Ca fait des années que je cherche une solution. Que je fais des infidélités à tous mes médecins, pour désespérément tenter de trouver la bonne explication. Je cherche la cause, le terrain, et j’essaye de traiter les symptômes. Mais jamais, depuis bien longtemps, je n’ai eu à ce point l’impression d’être totalement incomprise, et surtout, laissée à moi-même…Rien de grave, donc pas de quoi se creuser la tête et discuter plus longtemps…
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20.1.2010 par Flo.
Ca monte, je le sens, dans le dos, dans le ventre, ça me tord les boyaux, ça me serre la gorge.
Ca fait beaucoup, il y a des jours comme ça, où on est trop perméable, trop éponge, la distance à garder nous paraît impossible à établir, tout est pris comme un coup dans le plexus, une forme d’étouffement brusque, soudain.
Ce sont des petits riens cumulés, qui font un trop plein. Un ras le bol, un raz de marée.
Hier, pelotonnée dans les bras de mon homme, je lui disais que ça y était, j’en avais assez, je sentais mes limites arriver. Aujourd’hui, en écho à mes doléances, rien de plus que d’habitude, juste l’incapacité à garder le sourire, à gérer. L’humeur à l’image de la pluie de ce matin, mais les rayons de cet après-midi ne parviennent que difficilement à me redonner le sourire.
Ce n’est pas si grave, ça passera, comment, quand, je l’ignore. Cette envie qui me grignote, qui me ronge depuis quelques temps, de toute envoyer balader, cette recherche en moi, introspection plus douloureuse que constructive. Il y a des bases solides, et au-dessus des murs en papier mâché, si fragiles, que je peine tant à consolider.
La perspective des vacances assez soudaines, rapprochées, apporte du baume sur la blessure. Besoin de prendre l’air, de respirer à plein poumon, de refermer une porte et de me consacrer à mes essentiels.
Je grince, je ronchonne, je gromelle. Je n’écrirais que pour en rajouter, alors même ici je me tais, ici où pourtant ce serait, peut-être, un soulagement de m’exprimer…
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12.1.2010 par Flo.
Vendredi dernier, donc, l’alerte était orange sur notre belle ville pour chutes de neige importantes.
Il a fait lourd et noir toute la journée. Ca sentait la neige, comme on le dit dans mon pays natal, et on savait que ça allait tomber. On laissait juste à monsieur météo le soin de choisir quand.
Pour autant, la ville entière a fonctionné au ralenti. Ca circulait sur les routes comme un jour de vacances scolaires: peu de voitures, beaucoup de personnes ayant dû poser leur journée pour éviter de renouveler la catastrophe du 18 Décembre dernier. Pire encore: ramassages scolaires annulés, camions bloqués sur l’autoroute de façon préventive, et certains collèges se sont même offerts le luxe de ne pas dispenser de cours, offrant à plusieurs élèves un week-end prolongé inespéré (pour aller faire les soldes?)
Les flocons, eux, ont sagement attendu 18H, le moment où tout le monde était quasi chez soi, pour commencer à tomber. Et on peut dire que c’est en milieu de soirée que la circulation a commencé à devenir sportive.
Tout cela, donc, au nom du principe de précaution. Cher à notre gouvernement, et tellement à la mode ces derniers temps. J’entendais hier à la radio un quidam rieur, originaire des Vosges, et bloqué à Paris devant un lieu fermé pour “cause de neige”, déclarer qu’à force d’appliquer ce cher principe à toutes les sauces, on allait enfermer les gens dans un cocon. Ce n’est pas nouveau, mais ça a sonné très juste à mes oreilles.
Le pays a été tellement traumatisé par certains drames, qu’il ne faut certes pas minimiser (sang contaminé, canicule), que désormais on veut appliquer la politique du risque zéro. A l’image de nos voisins d’outre atlantique, se protéger à tout prix, ouvrir le parapluie. Surtout, surtout qu’on ne vienne pas nous faire de reproches de négligence! On préfère faire ingurgiter à la population des vaccins avec adjuvants douteux, plutôt que d’affronter une maladie qui, pourtant, dans le reste du monde, ne semble pas plus mortelle qu’un simple virus saisonnier.
Surtout surtout, on préfère paralyser tout le monde “par anticipation”, plutôt que de mettre les moyens dans les dégagements de chaussées, dans du préventif utile (salage, sablage).
J’ai été bloquée ce fameux 18 Décembre. C’est sûr, je n’avais pas envie de revivre l’enfer d’un bouchon d’1h30 pour finir par faire demi-tour. Mais je préfèrerais mille fois me rassurer en me disant que si je suis coincée, un chasse-neige viendra dégager la route, plutôt que de prendre une journée de congé préventive, que je pourrais bien mieux occuper un autre jour.
Au-delà de nous adultes, je constate aussi que cela devient une manie dans l’éducation. Je constate de l’extérieur, n’ayant pas d’enfant moi-même. Et n’étant pas maman, je ne sais pas non plus ce que c’est de tenir instinctivement, animalement, à la chair de sa chair. De vouloir lui éviter à tout prix les soucis, la douleur, la tristesse. J’aime infiniment Miss Blondinette, mais pas comme sa maman, je ne pourrai jamais ressentir cela sans vivre moi-même un jour, sans doute, l’aventure depuis le début.
J’ai été néanmoins interpellée par une habitude qui a été donnée à la puce, dans son école, et qui se résume plus ou moins ainsi: si un camarade t’embête, tu rapportes à la maîtresse. Pour qu’elle puisse prendre des dispositions en conséquence.
Soit. C’est tendancieux, et je ne m’y fais pas. Du point de vue des parents (après discussion-débat avec son papa donc), c’est légitime: c’est important pour eux de savoir que leur enfant est en sécurité, c’est important qu’il soit soutenu par un adulte, c’est important qu’un enfant qui fait une bêtise ne reste pas impuni, quelle que soit la teneur de la “punition”, laissée bien entendu au bon jugement de la maîtresse.
Moi, je le vois d’un autre point de vue: d’une non-maman, d’une ancienne petite fille qui a été traumatisée en cours de récré par un garçon, qui a été harcelée au point de me terroriser pendant bien longtemps. Et pourtant, il ne m’est jamais, jamais venu à l’idée d’aller rapporter à la maîtresse les coups et les railleries dont je faisais l’objet. J’aurais dû, peut-être. Probablement que si cet enfant avait été puni (mais comment, la situation était de toute façon compliquée puisqu’il était aussi mon voisin de palier), probablement que si un adulte m’avait dit “tu as eu raison de venir nous voir”, bien des choses dans mon comportement, mes peurs, auraient changé. Ca ne s’est pas fait.
Inversément, ça a forgé mon caractère, et ce que je suis devenue aujourd’hui. Bien sûr, je ne souhaite à personne, pas un seul enfant, de vivre ce que j’ai vécu étant moi-même petite. Mais dans une moindre mesure, une cour de récré, c’est aussi un lieu de chamailleries; c’est un lieu où on apprend les relations sociales. Les jeux de pouvoir, les influences, les amitiés et les trahisons. Bien des choses s’y vivent, des petits aux grands drames. Jamais je n’aurais voulu aller rapporter même une moquerie de la part de mes camarades. J’aurais été très vite étiquetée comme la “rapporteuse”, ça ne se faisait pas, ce n’était pas dans nos conventions. J’étais dans une banlieue très chic de ma ville, et pourtant, à l’école, on réglait nos comptes (très enfantins et très futiles, je vous rassure) entre nous. On laissait les adultes en-dehors, les parents aussi. Si on se faisait attraper, tant pis pour nous.
Qu’offre-t-on à ces enfants à qui on apprend à de suite aller se plaindre? Un enfant de 6 ans ne peut pas juger ce qui est important ou ce qui est dérisoire. Certes, c’est à la maîtresse de relativiser, et d’expliquer que ce qu’il vient rapporter en vaut la peine, ou non. Mais vraiment, leur rend-on service? A vouloir tant les protéger, à vouloir ainsi leur éviter les coups, de toutes les façons possibles, ce qui part d’un bon sentiment, je n’en doute pas, n’en fait-on pas de potentiels adultes qui ne pourraient vivre hors de ce fameux cocon? Des adultes qui n’oseront pas sortir si la météo annonce un peu de verglas sur les routes, qui préfèreront courir chez le médecin pour soigner un petit rhume, qui, à ne pas savoir ce que c’est de se relever des coups, n’oseront rien vivre pour éviter d’en prendre?
Est-ce qu’en voulant à tout prix éviter les grandes difficultés de la vie, on ne risque pas de passer à côté de ces petits bonheurs qui en font toute la saveur?
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17.12.2009 par Flo.
Je suis un caractère impulsif. Je suis une exhaltée, j’aime m’enthousiasmer, m’emballer, mais l’inverse est vrai aussi: je suis capable de grosses colères, de gros coups de sang, de grandes insurrections. Si j’ai toujours su exprimer le positif (je crois), j’ai longtemps réfréné le négatif, parce que je ne m’en laissais pas le droit, et que j’étais très canalisée aussi. Par mes parents d’abord, par un compagnon encore plus sanguin que moi ensuite, qui m’a obligée à adopter un profil bas, sachant que si je faisais empirer la situation, plus personne ne pourrait se contrôler, et que l’issue n’était pas acquise.
Et pourtant, parce que je suis pleine de paradoxes, et j’aime la modération. La mesure en toute chose, et curieusement, dans un groupe, je suis d’office celle qui tempère. J’ai bien souvent été considérée (et propulsée) comme médiatrice, sans même que je cherche consciemment ce rôle.
Longtemps, je me suis dit que ce n’était pas possible et qu’il fallait que je fasse un choix. Comment pouvais-je être à la fois cette fille sanguine et d’un autre côté le bâton sur lequel on pouvait s’appuyer?
Je n’ai jamais eu de réponse à cela. J’ai vieilli mûri, découvert que la vie était remplie de contradictions et non des moindres. Je me laisse aller parfois dans mes révoltes, encore, mais je les canalise d’office, parce que j’ai appris aussi que même si cela soulage, des mots utilisés trop vite, des conclusions trop hâtives pouvaient blesser, et surtout qu’un message ne passait jamais dans la colère (même si de temps en temps, j’aimerais bien que les chauffards qui me coupent la route, comme les 2 de l’autre matin, entendent dans quelle rage ils me mettent, plutôt que de passer tout droit, sans un regard et un petit sourire aux lèvres, rhaaaa).
Ca ne marche donc pas à tous les coups. Il suffit que je sois un peu trop fatiguée, ou que réellement le sujet me tienne à coeur, et je laisse parler mes tripes, avec une virulence qui surprend souvent. D’autant que je monte dans l’intensité, mais également vocalement, et je me contrôle très mal. On ne renie pas comme ça ses origines italiennes, même avec la meilleure volonté du monde.
La période actuelle et son cortège de polémiques met mon souhait de modération à rude épreuve. Bien des événements, et de grands débats me font vivement réagir actuellement. Je ne regarde plus la télé, mais j’écoute la radio, je lis des articles. Il se passe rarement un trajet matinal dans ma voiture sans que je ne m’auto-commente les derniers rebondissements.
Et pourtant, je m’efforce de comprendre. Je ne veux pas juger, même si la tentation est grande. Mais j’aimerais savoir. Ce qui pousse les gens à céder à la peur (il s’agit tellement souvent de cela, après tout). Aux mouvements de foule. Aux rejets divers et variés.
Et comme en écho à mes souhaits, je suis tombée sur plusieurs articles parfois longs et fastidieux, mais qui expliquent, exposent, éclaircissent. Je voulais citer 2 références ici, en hommage à la volonté d’aller plus loin, de dépasser la simplification extrême des médias de masse, parce qu’ils permettent aussi de garder confiance, de se dire qu’il y a moyen de ne pas s’arrêter à la facilité.
Celui-ci commence à beaucoup circuler sur le net, à mon grand plaisir parce que oui, je me suis forcée à aller jusqu’au bout, et je le pense bien fait, bien construit. Il ne décidera pas pour nous, il nous donnera tous les arguments, et des éclaircissements. Il est également régulièrement remis à jour, preuve de son sérieux.
Cet homme, interviewé l’autre jour sur France Inter, m’a interpellée par son analyse de l’opinion actuelle sur l’écologie et les dangers climatologiques. J’ai aimé son intervention, parce que j’ai eu l’impression qu’il me faisait passer de l’autre côté du miroir. Il ne reniait rien, il nuançait, du point de vue de sa spécialité assez méconnue, et ça faisait une sacrée différence. J’aurais bien des choses à lire et entendre encore de sa part et de ses collaborateurs, pour me faire une idée plus précise.
Je n’ai encore rien trouvé sur le débat sur l’identité nationale qui se présente comme un splendide exemple de dérapage incontrôlé. Je suis preneuse, si vous avez. Peut-être également que ce sujet m’est encore trop sensible pour que je parvienne à prendre de la distance, mais je reste ouverte.
Je suis en recherche, à l’affût. A l’heure où j’ai tendance à remettre bien des choses en question, j’ai besoin de repartir sur des bases saines. Je réalise à quel point c’est difficile, mais passionnant. Etre libre de faire notre propre opinion, notre propre tri, c’est peut-être ça, être adulte….
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23.10.2009 par Flo.
Or donc, je suis en pleine ascension de l’Himalaya. Là oui, je me suis carrément attaquée à la chaîne de montagnes, d’affilée.
Ca fait 2 ans que je cherche à poser le mot “fin” au terme d’une histoire qui en a duré 8.
Une histoire qui m’a à la fois affaiblie, et rendue plus forte. Qui m’a détruite, et reconstruite.
Une histoire que je suis prête à assumer, que je m’efforce d’inclure dans ma vie, en lui laissant la place qui lui est due, mais surtout pas plus.
Et depuis 2 ans, je n’y arrive pas. Les choses me résistent.
Au moment où enfin, j’avais pris ma décision, où je cherchais à tout prix à me donner confiance, où j’étais encore tremblante, fragile, j’ai trouvé quelqu’un qui a su être réactif. Une avocate pleine de bonnes intentions, et qui a accepté mon dossier, tel quel, pour une somme tellement modique que j’avais dû le lui faire répéter plusieurs fois avant de la croire.
Les choses se sont passées. Me confortant dans mes décisions, dans ma confiance en moi. C’est allé vite, très vite. Avant le milieu de l’année, tout était réglé, j’avais pris l’autoroute, j’étais arrivée à destination, ou presque. A quelques détails administratifs près, qui ne me concernaient plus directement.
Ces détails administratifs ont grippé les rouages. Depuis la fin de cette même année, j’ai commencé à sentir l’odeur de la fumée. A comprendre que mon éloignement géographique, mon trop plein de confiance en moi allaient me jouer des tours. Que je ne pouvais pas me libérer aussi vite, aussi facilement, de 8 ans d’emprise psychologique, et qu’il allait falloir piocher dans mes dernières ressources. Je devais m’attaquer à des démarches fastidieuses, épuisantes, pour me faire entendre, me faire comprendre. Moi qui ai toujours détesté, et soigneusement évité toute procédure de paperasse trop longue, j’étais en plein dedans. C’est bien connu, à force de contourner un obstacle, on finit toujours par rentrer dedans, il faut savoir surmonter ses démons, et il n’y a qu’en les affrontant qu’on y parvient.
Je me suis sentie très seule, tout au long de ce parcours. J’ai pourtant toujours été entourée d’amis prévenants, de compagnon concerné, et je les en remercie. Mais que peut-on répondre à quelqu’un qui dit “je n’arrive plus à joindre mon avocate, je suis devant porte close devant un problème d’argent qui ne me concerne pas. Je suis directement concernée, mais je n’ai pas de solution”? Moi-même je n’avais pas la réponse, je ne pouvais en demander à autrui. A part ouvrir mon porte-monnaie. Ce que je me suis refusée à faire, peut-être dans une obstination ridicule, mais j’en avais assez. Trop payé, de ma personne, de mes économies qui se sont envolées comme de la fumée. Saturation absolue.
Ces dernières semaines, ce n’était plus l’odeur de la fumée que je sentais, mais l’incendie que je voyais clairement s’allumer. Coincée par des démarches bloquées pour des raisons de papiers d’identité qui n’étaient pas à jour, j’étais dans l’impasse.
Pour être parfaitement juste, je n’ai pas passé ces 2 dernières années en étant tous les jours au téléphone ou à faire des courriers. Mais c’était dans un coin de ma tête, pas très loin. Ca revenait, de façon récurrente, comme une marée montante et descendante, comme un petit caillou dans la semelle, qui roule et gêne, non pas à chaque pas, mais de manière répétitive. J’avais beau secouer le soulier, rien n’y faisait.
Et puis, de plus en plus, ce besoin de me reconstruire qui passait par la clôture de ce dossier. Remettre chaque case à sa place, enfin regarder vers l’avant, cesser d’être tirée en arrière. Je vis actuellement trop de belles choses pour accepter de les noircir, de les assombrir par ces souvenirs désagréables. J’en suis épuisée.
De mésentente, le dossier est passé en litige. Je ne peux en vouloir à mon avocate, et son impression de s’être fait flouer: elle a voulu aider, contribuer. Elle s’est fait avoir. Ce qu’elle n’admet pas, c’est que moi aussi, je suis victime. Je n’avais pas prévu qu’elle serait traitée ainsi. Je ne l’ai pas prévenue, parce que dans mon ignorance, dans mon envie de vouloir faire les choses vite, et d’en finir une bonne fois pour toutes, je n’avais pas envisagé que ce n’était pas le souhait de tout le monde. Et que bloquer pour le plaisir était préférable à solutionner pour sainement tourner la page. Ca n’a jamais été sa façon de faire.
J’ai essayé de la joindre. Mail, téléphone. Barrages. J’ai compris que je n’aurais plus rien. Et que peut-on faire, lorsqu’on s’embarque dans un litige contre une personne qui connaît la loi comme sa poche? Je ne comprends pas le premier mot de son jargon, elle se régale à l’étaler pour me noyer.
Ce qu’elle n’a probablement pas prévu, c’est que tel un diesel, j’accepte longtemps les compromis, mais lorsqu’une limite est dépassée, je me transforme en cocotte minute. Je pioche dans ma rage de désespoir hargne une énergie insoupçonnée, qui me ferait soulever des montagnes. Je me transforme en Pitt Bull, je n’ai plus d’états d’âme. J’oublie que j’ai peur, je fonce, tête baissée. Enfin.
Puisque personne ne pouvait m’aider, j’ai empoigné mon téléphone. J’ai appelé, 5 personnes, 10. Je me suis baladée d’un palais à l’autre, d’un service à un autre. J’ai appris par coeur les musiques d’attente, j’ai répété mon laïus, encore et encore. J’ai atterri à Paris. On m’a expédiée en 10 secondes. Avec demande d’un courrier. J’ai pensé un instant “ça ne marchera jamais, ça va se perdre”. Je l’ai fait quand même, j’aurais dû y monter moi-même, je pense que j’y aurais sérieusement réfléchi. Moins de 2 semaines plus tard, j’obtenais le papier que je voyais comme mon sésame.
A cet instant, j’ai vu le bout du tunnel. J’ai contacté l’administration finale, celle qui devait enfin m’offrir le réel Graal. J’ai fait mon courrier, tout expliqué. Pour retomber une fois de plus le bec dans l’eau. Retour à la case de départ, l’ordre officiel ne pouvait provenir que de mon avocate, qui refusait toujours de me parler.
A la différence près que je suis tombée ce jour-là sur la responsable du service. Un ange, un cadeau du ciel. J’ignore si elle a vécu la même chose que moi, ou si mon histoire l’a particulièrement touchée, ni pour quelle raison. Elle fait pour moi depuis un mois des choses qui dépassent de loin ses compétences. Elle m’a tendu la main, m’a appuyée dans mon combat. Elle fait pression de son côté, m’a confortée dans mes convictions: je n’ai pas à payer au sens propre du terme pour des démarches qui me sont dues. Je n’ai pas à payer au sens figuré du terme pour un litige qui ne me concerne pas. Ca n’a que trop duré, mon avocate outrepasse ses droits, et surtout ses devoirs.
Si vous saviez (mais vous savez, qui n’a pas vécu ce genre de parcours ubuesque?) comme ça fait du bien. D’enfin être 2, savoir que l’énergie est partagée. J’ignore quel est le but de ma sauveuse. Si ce n’est de me donner satisfaction, alors qu’il n’y aura même pas de rémunération. De faire son travail bien, au-delà du bien, mieux que bien.
Elle m’a appelée ce matin, après ma dernière colère, où j’en suis arrivée à mettre en demeure un avocat. Sans gêne, mais avec une pointe d’appréhension quand même, je suis forcée de l’admettre.
Elle m’a offert un peu de légèreté, en m’annonçant qu’elle m’appuyait une nouvelle fois. Et que jusqu’à la date butoir que j’avais fixée, elle allait de son côté harceler le cabinet. Et leur faire comprendre qu’il allait falloir accélérer les démarches, et zapper quelques obligations intermédiaires qui n’avaient plus lieu d’être, 2 ans après (!!)
Alors oui, le soulagement ressenti lorsque j’ai entendu cette jeune femme qui a décidé de m’aider méritait bien une note. Parce que c’est ma première façon de lui rendre hommage, de la remercier, même si elle ne la lira probablement jamais. De me convaincre qu’on peut traverser beaucoup d’épreuves, mais qu’elles ne prennent réellement de sens que le jour où ces expériences nous permettent, à notre tour, de tendre la main.
Ce qu’elle ignore, c’est que même si l’issue de ces démarches m’importe, même si néanmoins ce que je tente, en dernier lieu, échoue, je lui serai éternellement redevable. Parce qu’elle a été là, elle m’a entendue, elle m’a épaulée. Et là, c’est sûr, la boîte de chocolats sera sur son bureau pour les fêtes de fin d’année.
Si je le pouvais, j’irais l’embrasser. Mais elle est un peu loin….
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29.9.2009 par Flo.
Ca fait maintenant 2 ou 3 fois qu’au détour d’une télévision mise en bruit de fond, je lève la tête au moment d’un spot, entre le journal télévisé et une cinquantième pub, qui nous explique comment nous soigner pour un rhume, une tendinite à l’épaule, ou que sais-je encore.
La première fois, je me suis demandée ce que ça pouvait bien faire là: pas vraiment une pub mais pas un reportage médical non plus, les conseils tombent généralement sous le sens et se terminent tous de la même manière: n’hésitez pas à aller consulter votre médecin généraliste.
Je ne comprends pas.
Entre ces nouveautés, les spots ciblés sur la méchante-grippe, et les conseils incessants aux enfants, version Bisounours ou dessins animés (ne pas manger trop salé, trop sucré, trop gras, trop, pas assez, trop liquide et entre les repas), on se retrouve devant le parfait exemple du trop d’information tue l’information.
On trie comment?
Que l’on profite de certaines occasions, un virus un peu insistant notamment, pour rappeler des bases d’hygiènes à tout un chacun, soit.
Qu’on essaye d’expliquer à nos enfants que tous les repas ne se composent pas de clown au nez rouge et de fraises roses, passe encore. Soit dit en passant, pour l’application sur le terrain, Miss Blondinette sait très très bien réciter la phrase qui passe à la télé, mais continue à expliquer que son repas préféré, c’est des frites et un steak haché, et qu’elle aimerait bien manger des bonbons à tous les goûters. Entre la théorie et l’application, il doit manquer une case dans leur communication, m’enfin, c’est déjà tout à leur honneur d’essayer.
Mais pourquoi en rajouter?? En quoi est-ce pertinent de nous expliquer tout soudain le lundi entre la poire et le dessert ce qu’il faut faire lors d’une douleur à l’épaule, le mardi à propos d’une fracture, le mercredi pour une angine.
Quelle est la pertinence, là, maintenant? Pas assez de parano ambiante? Pas assez d’hypocondriaques?
Et puis leurs schémas sont très mignons, mais j’ai vraiment l’impression d’être prise pour une gamine. Oui, je me doute qu’il faut que j’appelle mon médecin. Que je ne me fasse pas d’auto prescription. Que je ne joue pas avec le feu. Ils veulent me le faire en version dessin animé aussi?
Et pour terminer en beauté cette note un peu décousue, il n’y a pas que la télé pour nous prendre pour des gamins:
Aujourd’hui, roulement de tambours, nous avons reçu au boulot les petites fioles de gel hydro-alcoolique supposées éloigner les grands méchants microbes et qui vont nous permettre de garder toute entreprise rentable (surtout rentable!)
Et pour être sûr qu’on va bien les distribuer, et ne pas les oublier dans un coin du stock, ce que nous serions tous ici fortement tentés de faire, on nous fait à chacun signer une attestation en bonne et due forme de remise en main propre (sale au demeurant, vu que nous signons avant même d’avoir reçu les fioles).
Y’a des jours, je me dis que non seulement on a du temps à perdre au boulot, mais que résolument, il faut que je débranche la télé….
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16.9.2009 par Flo.
J’étais partie pour me plaindre de petits soucis de greluche, quand mon Grand Yaka m’a coupé la chique, là comme ça.
Et l’ambiance ici au boulot est franchement descendue d’un ou deux crans, sans qu’on l’ait senti venir.
On va dire que ça faisait un moment que ça commençait à puer. Là en haut à Paris, entre leurs tableaux Excel et leurs moquettes grand luxe, il semblerait qu’ils nous font une petite crise d’autorité. Les chiffres sont mauvais. Les prévisions encore plus. Quel scoop! On peut toujours crier que c’est la crise, ils nous répondent qu’elle commence à en avoir plein le dos, la crise.
On rétorque qu’à force d’avoir des problèmes de rentrées d’argent, on ne paye plus les fournisseurs, on se fait une mauvaise pub, et que les affaires deviennent encore plus dures à rentrer.
On s’entend dire que non, il faut faire du volume, il y a toujours moyen, des gens qui habiteraient sur la planète Mars peut-être, encore que celle-ci devienne un peu trop proche. Qu’à cela ne tienne, partez donc à la conquête de l’univers, c’est assez grand quand même!
N’empêche. On les laissait parler. On se disait que voilà, il fallait bien qu’ils jouent aux chefs. On faisait un peu semblant d’avoir peur de temps en temps, on criait fort aussi. Ca bougeait là haut, quelques séismes, pas forcément négatifs, d’autres plus énervants. On s’étonnait de ne pas trop sentir les répliques en province, mais sans se faire d’illusion, ça allait bien arriver.
C’est arrivé. Sous forme de lettre d’avertissement. Ah, je n’en suis pas passée loin, c’est sûr. Elle est tombée à 20 cm sur ma droite, sur mon collègue. Que j’apprécie, qui est quelqu’un d’ultra consciencieux, attentif, impliqué.
Parce qu’il n’a pas rempli les cases comme il faut. Lui dit-on. A croire qu’à lui seul, il bloque les rentrées d’argent de la société. Lui explique-t-on. Une belle missive d’une page A4, illisible, incompréhensible, charabia. Que j’ai eu la chance de lire, parce que j’ai été mise dans la confidence.
J’ai crié, fort (ils commencent à avoir l’habitude ici). Avant d’envoyer des menaces de cet ordre, on se renseigne sur le qui fait quoi en région. Si les moquetteux de tout en haut avaient fait leur job et regardé les bonnes lignes du tableau Excel adéquat, moi aussi j’aurais eu droit à cette jolie lettre. Alors quoi? Ils ont tiré à la courte paille, pile ou face? Elle ou lui, lui ou elle? Ne pas me faire ce sale coup pour mon premier anniversaire dans la boîte (la bougie est un peu saumâtre à souffler pour le coup).
Le Grand Yaka essaye de s’impliquer, maladroitement “ils veulent faire passer des messages, faire comprendre que lorsqu’ils donnent des ordres, ils attendent que ce soit suivi à la lettre (en l’occurrence au chiffre, mébon)”.
Moi j’ai des doutes, j’ai la sensation qu’on constitue des dossiers. En cas d’écrèmage, ce sera plus facile, on ouvrira les tiroirs, on regardera qui a été dans le colimateur, on tirera à vue.
Je suis sortie du bureau furax. Mon collègue a la colère rentrée, la mienne est expressive, ça compense. Ils attendent des résultats, mais à ce compte-là, ils n’auront sûrement pas ce qu’ils veulent.
Je sais, c’est David et Goliath. Et dans le monde cruel de l’entreprise, ce n’est généralement pas David qui gagne. Mais au moins, qu’il s’exprime et ne se laisse pas faire.
Sensation d’être des enfants qu’on frappe avant de leur parler, parce qu’on est persuadé qu’ils ne peuvent pas comprendre autrement…
Hauts le coeur. Au pluriel.
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