Infos

Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie Oui je crie fort.

septembre 2010
L Ma Me J V S D
« août    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Archive de la catégorie Oui je crie fort

Auto-sabordage

Hier, une nouvelle fois, alors que le moral de l’équipe est au plus bas, que j’ai l’impression de devoir prendre un treuil chaque matin pour les hisser, leur arracher un sourire (tout ne dépend pas de ma petite personne bien sûr, mais j’ai une très nette préférence à voir sourire les collègues que j’apprécie, et mon moral dépend un peu du leur, il faut bien l’avouer), notre bien-aimé Yaka (ne cherchez pas c’est ironique) a encore sorti une belle pépite.

Une pépite en or, une pépite même en diamant, une phrase tellement énorme, tellement sortie du fin fond de sa conscience vraiment de plus en plus sale qu’on a d’abord tous regretté de ne pas avoir, quelque part caché, un dictaphone qui tournait, et surtout lorsqu’il a tourné les talons, on s’est regardés pour s’assurer qu’on avait tous bien compris la même chose. Et pire même, qu’il ne plaisantait pas, le doute ne laissait pas de place.

Il a peut-être des circonstances atténuantes, moi qui suis assez prompte à chercher des explications je pourrais en trouver, mais il n’en a clairement pas plus que nous. Loin de là. L’agence ressemble à une cocotte minute sous pression et vraiment prête à exploser, je suppose que nous ne sommes pas une petite exception loin retranchée au Sud-Ouest, et si le siège est à notre image, il y a de quoi se faire un réel souci. A tous les étages.
Alors la moindre des choses que l’on peut attendre d’un dirigeant, d’un responsable qui a une vingtaine d’années de boîte, c’est de sortir un discours diplomatique, compréhensif et de soutien. Les 3 essentiels qu’il n’a pas, ne me demandez donc pas pourquoi il est à ce poste, j’ai classé ça depuis quelques temps dans les grands mystères de l’univers de l’entreprise à résoudre. Faites-moi signe si vous avez l’illumination.

Hier, donc, après s’être retiré avec le plus de panache possible (il a bien senti la tension monter de quelques crans avant cela) et semé la consternation la plus absolue sur les quelques membres de l’équipe qui avaient eu la chance d’assister à la naissance de ce diamant (les autres l’ont appris dans la foulée, imaginez une traînée de poudre, la phrase s’est répétée aussi vite), j’ai senti une chape de plomb s’abattre, et je me suis dit qu’en matière de sourires, il allait falloir sortir la très grosse artillerie pour les récupérer.

C’est dans ces moments que je bénis ma mémoire photographique. Ou ma capacité à visualiser les choses (qui peut desservir dans d’autres situations, je l’admets volontiers). J’ai dû réussir à prendre malgré moi suffisamment de distance, et d’un coup cette image s’est imposée à moi:

sictransit.jpg (copyright à Goscinny et Uderzo bien sûr)

A vrai dire, ce n’était pas exactement celle-là, mais ça donne une idée: vous savez, ces pirates qui nous font hurler de rire dans les albums, parce qu’ils en viennent à attraper la hache, et saborder leur propre bateau pour éviter les Gaulois qu’ils sont sur le point de croiser?

Nous, c’est ça. Mon grand Yaka était le pirate avec sa hache. Et avec sa petite phrase sortie du coeur, il a donné quelques sacrés coups de hache dans le ponton. On a d’un coup basculé et pris quelques voies d’eau bien salées.
J’ai partagé ma trouvaille avec mes collègues. Ca les a fait sourire, quelques secondes.

Je ne suis pas trop exigeante, ces temps, ça m’a suffi à alléger un tout petit peu ma journée. Un tout petit peu…

Et non, je vous confirme, ces lieux ne seront pas le bureau des pleurs, mais de temps en temps ça soulage, et puis quand l’inspiration vient, on ne va pas s’en priver quand même…

Comme dans une mauvaise série B

Non non, je n’avais pas délaissé mes pages, vous allez comprendre…

Vous savez, dans les romans ou les feuilletons, ou les films, on voit ces gens qui vont partir en vacances et qui courent partout, 4 dossiers à la main, 2 téléphones scotchés à l’oreille. Et lorsqu’ils reviennent de congé, détendus, souriants, bronzés (optionnel…), tout leur retombe dessus à peine le temps de s’asseoir sur la chaise. A la réflexion, on peut également lire ça dans les BD.

Et moi, ben j’expérimente le fait qu’il ne s’agit pas que de romans, feuilletons, films, BD….Et je n’ai pas pour autant l’impression de me prendre pour une héroïne.
J’ai toujours été relativement philosophe quant à mes départs en vacances. Ma conscience personnelle, et mon organisation parfois un peu aléatoire, font que la journée, voire les 2 jours qui précèdent mon départ sont toujours surchargés. Parce que j’ai à coeur de laisser les dossiers les plus clairs possibles, mes collègues les mieux informés, et un minimum de coquilles derrière moi. J’assume donc le fait de faire quelques heures sup, ça n’en rend que plus délicieux le véritable départ, ce moment où je me pose dans la voiture, où je mets la radio et soupire littéralement d’aise en me disant “ok, c’est bon pour quelques jours”.

Le retour, c’est moins contrôlable. Et lorsqu’il se passe de façon délicate, j’ai tendance à me dire “pas de chance”.
Depuis hier, je me mets à penser que c’est un peu plus que du manque de chance. Déjà, mon idée de raccourcir la semaine d’un jour supplémentaire (gourmande qui en veut toujours plus) n’était peut-être pas si bonne que ça: ça ne réduit pas le nombre de galères, mais ça les concentre sur un temps plus court. Moins gérable pour les nerfs.
Avoir décroché le téléphone à la première sonnerie et m’entendre sonner les cloches pour un dossier dont je ne connais pas la première lettre a également passablement refroidi des ardeurs déjà peu présentes. Et ça n’a été qu’un enchaînement de récriminations et de plaintes, clients ou collègues, depuis le moment où j’ai reposé le combiné.

Pas contre moi, je le sais bien. Et en permanence, j’essaye de me persuader de cela. De respirer, de prendre de la distance. De me dire que je ne fais que mon boulot, de centre névralgique de l’information, positive ou négative. Avec une forte tendance vers le négatif néanmoins ces temps. J’y arrive plus ou moins bien, heureusement que je me suis reposée mais ça risque de ne pas durer très longtemps si on continue à ce rythme.

Le week-end, c’est demain! Heureusement. Mais il va falloir faire un peu de stock de vitamines pour aborder la semaine complète dès lundi prochain…

rose-bruniquel.jpg

Un peu de douceur odorante dans ce monde de brutes….

Le bonheur salarial

Hier, j’ai reçu la première newsletter de Luc, qui s’interrogeait (et nous interrogeait en même temps) notamment sur le moral ambiant dans les entreprises, autres que petites pme familiales et solidaires.

Est-ce que la morosité ambiante est vraiment aussi répandue qu’il y paraît, est-ce qu’on n’a pas tendance à se laisser envahir par des images négatives et les filtres qu’on nous offre, au risque de noircir tout le tableau sans laisser de place à un minimum d’optimisme?

Je vais lui répondre, et puis j’en profite ici, non pas pour pleurnicher une énième fois sur mon sort, qui n’est pas plus déplorable que bien d’autres salariés à l’heure actuelle. Simplement parce que j’ai reçu ce matin, en écho à ces interrogations, une petite image qui m’a beaucoup faire rire et que je voulais vous offrir. Et comme un hasard n’en est jamais vraiment un, je me suis dit que c’était à point nommé, et que j’allais partager.
Je pense que tous ceux qui travaillent dans des sociétés de service sauront s’y retrouver. En l’occurrence, j’ai l’impression que le dessinateur (dont j’ignore tout, ce qui m’empêche d’indiquer les crédits) est venu faire une immersion de 24 heures dans nos locaux (il n’en faut pas plus pour saisir la panique et la désorganisation générales) avant de réaliser un compte rendu qui vaut mieux qu’un document de 100 pages.

inwi.jpg

Le jeu actuel, dans notre entreprise (et, je le crains, un peu partout), c’est celui de la patate chaude. On récolte inévitablement des ennuis, dûs à notre désorganisation, manque de motivation, manque de main d’oeuvre, et ensuite, la chaîne s’enclenche: le technicien refile le bébé au chargé de projet, qui le refile au commercial, qui évite que ça tombe dans les mains du directeur, mais quand ça lui arrive inévitablement dessus, ça redescend chaînon après chaînon, passe par le sous-traitant, revient sur les administratifs et fournisseurs, et recommence en cercles infinis. Ca se solde soit par une solution bancale qui tiendra le temps qu’on range le dossier, mais pas qu’il prenne la poussière, ou par la perte du client.

Voilà dans quoi je me débats (moi, et toute l’équipe, et tous les autres qui ont ma compassion la plus totale) depuis de nombreux mois. Autant en rire.
Alors oui, Luc, je pense que malheureusement tu as raison: le gouffre entre les valeurs humaines, les obligations financières, de rentabilité et de rendement, la perte de satisfaction de son propre rôle, est devenu tel que la morosité ne peut que se transformer en dépression profonde. Et si j’avais la solution pour sortir de ce genre de schéma, je serais probablement déjà ailleurs, et je n’aurais probablement pas le temps de bloguer.

Pour moi, ma propre réponse est trouvée, et clairement: je passe ici le temps qu’il faut pour renflouer les caisses, me former en parallèle, m’assurer au maximum de la solidité de mes idées, et dans un avenir que je souhaite pas trop lointain mais que je suis encore incapable d’évaluer (raison pour laquelle je ne parviens pas toujours à cultiver le détachement et l’humour que je souhaiterais avoir face aux multiples rebonds et problèmes professionnels), je partirai, le moins mal possible, pour enfin m’investir dans une tâche qui répond à mes valeurs, où je serai quasi seule juge ou presque. Je prendrai d’autres risques, j’aurai d’autres stress à surmonter, mais après un certain nombre d’années passées dans le salariat, je constate que ce n’est résolument pas fait pour moi.

Mais les autres? Je souhaite à chacun de trouver son chemin. Sa soupape de sécurité. Sa petite BD qui le fera sourire, son projet, qu’il soit professionnel ou personnel, afin de tenir. Sans se laisser dévorer. Ou alors, d’avoir suffisamment de force, d’énergie et de persuasion pour faire changer les choses.
J’ai envie d’y croire, parce que je suis optimiste. Si, je vous l’assure, par 4° et une pluie continue depuis maintenant 3 jours un 6 Mai, je suis optimiste. Folle et acharnée, mais tant pis!

Petits cailloux (grincheux!)

*Finalement, je ne sais pas quelle semaine je préfèrais: la dernière, avec son lot d’emm…à chaque sonnerie de téléphone, chaque intervention, semaine où je luttais à la fois contre les virus et contre l’invasion de clients casse bonbons (mais personne à l’agence, le calme quand même puisque tout le monde était en vacances), ou alors celle-ci, avec le grand retour du Yaka qui a révisé sa formule favorite (yaka, et puis yaka, et puis vous n’avez pas fait ça, ni ça non plus tiens), et mon collègue qui fait la tronche parce qu’on n’a pas daigné le remercier de s’être dérangé pendant ses vacances. Sauf qu’il oublie qu’ensuite, il a raccroché au nez de ses collègues. Et qu’il m’a laissée seule avec ses emm… à gérer. Et moi, on ne remercie pas non plus pour ça.

Quoi, ça se voit que je suis en colère?

*Le délicieux week-end vient de passer aussi vite qu’un souffle de vent. A peine posés les pieds au bureau, c’est comme si toute la détente et le repos accumulés avaient fondu comme neige au soleil. Pourtant, j’ai de jolies photos, et si je me forçais un peu, j’arriverais à faire un peu plus d’un billet par semaine sur ces pages. Ce serait peut-être une bonne idée, non?

*Une semaine de rendez-vous médicaux dont j’attends beaucoup. Je devrais éviter, ces derniers temps les attentes ont été plutôt déçues, et plus le temps passe, plus j’ai la sensation de ne pouvoir compter que sur moi-même. Quitte à jouer l’apprenti sorcier, au moins si j’ai encore mal, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi-même!

*Il fait une chaleur de plein été! Jamais je n’ai vu un mois d’Avril pareil ici (ok, ça fait peu de temps que j’y vis mais n’empêche), ce qui me fait craindre le pire pour le mois de mai. Mois de mes vacances, vous ne voudriez pas non?

*Je viens de réaliser que ces 2 prochains samedi sont des jours fériés! Alors déjà, on se fait sucrer des week-ends prolongés, ce que je trouve totalement inadmissibles, mais c’est en plus légèrement contrariant pour les petites choses que j’avais prévues (achat de tenue, rendez-vous coiffeur) avant un mariage à l’Ascension! Et ce ne sont pas tout à fait les choses que je peux glisser incidemment dans mon planing surchargé de semaine! Résultat, RTT en vue pour prendre des vacances un jour plus tôt. Je ne vais pas me plaindre de ça, mais par contre mon capital RTT va vite faire la tête si ça continue comme ça. Rendez-nous nos week-ends prolongés du mois de mai!! (oui, pour ça je suis devenue une vraie Française!)

*Mon collègue est déjà en train de me parler de ses vacances d’été alors que je ne sais pas au monde ce que je vais faire pendant celles qui arrivent (ou du moins pas tout à fait). Je sais, je suis un peu décalée, mais il y a quelque chose en moi qui déteste devoir décider de dates de congé de façon aléatoire comme ça, bien trop à l’avance, alors que rien n’est prévu ou arrêté.

*Dernière ligne droite de mes cours du soir d’ici Juin. Mes neurones explosent devant le nombre de protocoles à retenir, je n’ai pas pu m’entraîner depuis une éternité et demi pour cause de dos / épaule récalcitrants et je confesse que depuis quelques temps, je dois me forcer à y aller tant l’envie d’aller m’affaler à la maison est la plus forte.

*J’ai beau chercher un point positif pour clôturer cette liste, je peine. Non pas qu’ils n’existent pas, mais là  j’ai franchement le verre à moitié vide.

Finalement, c’est peut-être mieux quand je n’écris pas, hein?

Humeur du jour

stroumpf-grognon.jpg

Voilà.
La “bonne” nouvelle, c’est que c’est le week-end, et que ça ne pourra donc qu’être mieux!

Quand j’aurai dormi!

Médias psychose

Je n’aime pas trop aller dans le sens des idées générales, de ces grandes remarques qu’on lance avec emphase devant la machine à café ou à la caisse du supermarché: “non mais vous vous rendez compte? A force d’en parler, voilà tout ce qu’ils gagnent, des gens qui font des réserves de guerre, c’est une honte ma bonne dame”, mais de temps en temps, enfoncer une porte ouverte, c’est quasi inévitable, n’en déplaise à M. de la Palisse.

Donc oui, un peu trop souvent à mon goût, nos chers médias supposément informatifs décident de faire la pluie et le beau temps, et parviennent à créer des psychoses qui dépassent le bon sens. On a eu droit à un joli entraînement avant les fêtes, avec un bon tour de chauffe des politiciens qui avaient passé des contrats juteux avec de grands groupes pharmaceutiques. Aujourd’hui, ce sont les groupes pétroliers qui sonnent à nos portes.

Je n’entrerai pas dans la polémique de base, du pourquoi, du comment, de la validation ou non des comportements des salariés de la rafinerie de Dunkerque. Je n’ai pas les tenants et les aboutissants de l’affaire, je constate simplement que comme tout pékin moyen habitant l’hexagone, je subis de plein fouet le battement d’aile du papillon.

Donc, vendredi dernier, quand ma radio du matin a commencé à expliquer que ça chauffait là-bas dans le Nord, que ça concernait la pompe à essence et que ça risquait de tourner au vinaigre, j’ai tendu l’oreille. Pas franchement parce que je me sentais très en phase avec les revendications (ni que je les rejetais, encore une fois, je ne connais pas assez bien l’affaire), mais parce que j’ai réagi comme toute bipède égocentrée: je voyais ma jauge à essence descendre, on arrivait en fin de mois, j’avais à peu près épuisé ma réserve de kilomètres, à quelques tours de roues près, et il allait falloir de toute façon que je passe bientôt à la pompe.
Sauf que pour des raisons de budget personnel et de fierté parfois mal placée, il me paraît totalement hallucinant de me précipiter dans une station quand j’entends que potentiellement-éventuellement-peut-être on serait supposément-susceptibles d’arriver à un tout petit manque de carburant d’ici un bon nombre de jours.
Donc, j’ai laissé passer le week-end, pendant lequel j’ai totalement déconnecté des infos. Pas trop de radio, pas du tout de télé, un petit tour de temps en temps sur la toile, rien de plus.

Hier, reprise de la semaine, radio allumée de bon matin, chaîne d’info. Rebelotte, avec un discours un peu plus catastrophiste. Plus que tendre l’oreille, là je fronce les sourcils. Parce que j’ai une relative confiance en ma radio, et je me dis que si eux commencent à insister sur le sujet, je n’ose imaginer les images et les discours de la télévision à heure de grande écoute: “bientôt la ville et le pays seront paralysés, bientôt on sera tous obligés de prendre le vélo, c’est la catastrophe, l’économie qui (re)vacille. ”
(Je vous en prie, dites-moi que j’ai tort, parce que je n’ai pas du tout envie d’allumer le poste pour vérifier moi-même.)

Bon, là, ça commençait à chauffer. Mon voyant de jauge est depuis longtemps décédé de sa belle mort, mais je sais combien de kilomètres je peux me permettre de faire sans trop chatouiller la panne d’essence. Et je m’en rapprochais. Sauf que pas moyen dans la journée d’aller faire le plein. Qu’à cela ne tienne, j’avais de quoi tenir jusqu’au soir. Ce que j’ai fait, en conduisant cool, en passant les vitesses en douceur (qui dans la salle ose dire que ce n’est pas toujours le cas?).
Hier soir, donc, 21H30, heure de retour au foyer. Je passe devant une station sur le chemin. Je vérifie toujours les prix au passage, et ceux-là me convenaient, tant mieux. Hâte d’être rentrée, mais je prends le temps de m’arrêter. Armée de ma carte bleue, je sors de la voiture, constate que l’appareil est désespérément éteint, capte le regard d’un pauvre automobiliste un peu perdu devant sa propre pompe, et je n’ai pas besoin qu’on me fasse un dessin: il n’y a pas eu de livraison, c’est à sec.

Là, ça commence à me chauffer. Je rentre de fort mauvaise humeur, parce que j’ai la vague sensation de commencer à jouer le dindon de la farce, et qu’en plus le lendemain, je suis bonne pour partir plus tôt, faire un beau détour et prier pour ne pas partir à la chasse à l’essence, vu que j’ai un peu autre chose à faire de ma matinée.

Ce matin, donc, je passe sans illusion devant la station en bas de chez moi: toujours en rade et à sec, sauf que je vois du coin de l’oeil qu’en plus, les prix ont augmenté, et pas qu’un peu (qui d’ailleurs peut m’expliquer l’intérêt d’afficher des prix sur un article qui n’est pas en rayon? M’enfin bon). Quelques kilomètres plus loin, devant un grand centre commercial, c’est un peu la cohue: sur les 10 pompes, 5 sont fermées. Et tout le monde semble avoir décidé qu’il fallait faire la queue…Moi aussi, d’ailleurs, parce que là je n’ai plus le choix. Même pas sûre d’arriver au travail sans être en rade!
C’est ainsi qu’il m’a fallu une bonne demi-heure pour faire le plein de ma pépette! D’un carburant que j’ai payé les yeux de la tête (encore plus cher que les prix affichés dans l’autre station)! Ironie de la chose, c’était au moment où à la radio passaient quelques témoignages sur le même sujet “ooooh non, moi je ne suis à la pompe que parce que je pars en vacances et qu’il faut que je fasse le plein ” “sisi, ben oui j’ai bien entendu ce qu’on disait aux infos, alors je suis venue, par précaution, parce que j’ai encore de l’essence hein, mais j’ai peur”.
Oui madame, bravo. C’est comme ça qu’on fait flamber les prix. Comme ça que les personnes qui ont vraiment besoin d’essence (vous avez le droit de dire “qui sont assez stupides pour attendre d’être au bout de leur réserve pour se décider à faire le plein”, j’assume à 100%), se retrouvent à arriver au boulot avec une demi-heure de retard, parce que ce matin à la station, sans doute la moitié des automobilistes se servaient pour de mauvaises raisons (quand on voit un Espace faire un plein pour 20 €, on se doute que sa jauge n’était pas vide), et que d’autres étaient un peu pris en otage par la psychose engendrée par des médias qui ont parfaitement réussi leur coup!

Franchement: a-t-on vraiment besoin à ce point-là de toujours se torturer l’esprit et de s’inventer des catastrophes à venir? Que faut-il pour faire appel au minimum de sens commun de tout un chacun??

Petite et grande consternation

*Mon grand yaka n’a pas une once de fierté. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais quand on y réfléchit un peu plus longuement, on réalise à quel point déjà c’est rare, mais surtout c’est handicapant.
Bien souvent, on réagit par excès de fierté, on se met dans des situations délicates parce qu’on ne fait pas assez preuve d’humilité. Mais ne pas en avoir?

Ne pas en avoir, c’est accepter de se contredire, de façon littérale et évidente devant ses collaborateurs. De dire blanc à 10H05, et noir à 10H30, aux mêmes personnes. Le tout, sans sourciller, en regardant droit dans les yeux, et en se demandant pourquoi les autres les font si gros, ces yeux.
Ne pas en avoir, c’est prendre un rendez-vous avec un client difficile, reposer le téléphone en fanfaronnant “je ne céderai pas d’un pouce, il n’y a pas moyen, ce type se fout de nous, il ne se rend pas compte de l’énormité de ce qu’il nous demande”.
C’est revenir du rendez-vous en disant “on va faire un avoir, on va écrire tel courrier et comprendre ce qui ne fonctionne pas”. Précision étant que le rendez-vous n’a pas du tout permis de clarifier une situation (ou révéler une erreur de notre part), mais simplement pour notre grand yaka de retourner sa veste, parce que la confrontation frontale n’est jamais à son avantage, puisqu’il se fiche de l’issue. Et au passage, donc, il désavoue publiquement un collègue, le ridiculise devant son propre client, le foule aux pieds des principes les plus élémentaires d’une relation commerciale.
Ne pas avoir de fierté, c’est laisser toute son équipe partir en vrille tant qu’il sauve sa peau, c’est accepter devant une assemblée entière d’être moqué, c’est ne pas réaliser qu’il est traité de façon méprisante alors que bon dieu, il est directeur d’agence.
Ceci n’étant qu’un exemple flagrant de nombreuses autres petites ou grandes actions qui surviennent quotidiennement. Et qui hurlent toutes ce même message: comment travailler avec quelqu’un, quand sa façon de faire, d’être, est aussi loin de nos propres fondamentaux, de nos essentiels? Et pire encore, quand en plus il est supposé être un responsable??

*Au-delà de ma petite personne, j’assiste, consternée, à l’esprit contestataire généralisé qui se manifeste dans une région que je ne peux pas prétendre bien connaître, mais dans laquelle j’ai habité pendant 4 ans.
Je parle de ce sujet d’actualité .
Que, là aussi, la provocation publique fasse partie de l’esprit de la région, que ce soit un moyen pour les habitants de faire passer un message qui soit en substance “fichez-nous la paix et mêlez-vous de vos oignons”, c’est déjà pour moi contestable (dans sa façon de faire), mais soit. Que cet homme ait fait de grandes choses pour Montpellier et la région, je ne le nierai pas, je les ai vues de mes yeux, appréciées pendant de longs mois, comprises brièvement au cours de mon passage là-bas.
Mais lui offrir une telle impunité, faire fi de telles déclarations, pousser la provocation jusqu’à laisser se représenter cet homme public supposément donc responsable de ses actes et ses dires, et qui plus est le plebisciter, non, je ne peux pas comprendre.
Je ne peux que déplorer l’image que la région offre aux regards extérieurs, mais aussi la généralisation que beaucoup doivent faire (et que je combats moi-même difficilement) en parlant de l’état d’esprit qui y règne. Non vraiment, si un montpellierain pur souche passe par ici, qu’il n’hésite pas à expliquer, à justifier, à m’offrir des arguments qui me permettraient de défendre une prise de position que je ne peux actuellement cautionner dans aucun cas de figure, malgré ma meilleure volonté. Et j’ai beau savoir qu’il ne faut pas se fier aux sondages, ces résultats doivent quand même vouloir dire quelque chose, non?

Et de ces 2 sujets, je ne préciserai pas lequel est une petite consternation, et l’autre la grande. Je ne saurais le trancher moi-même à vrai dire…

Petits cailloux, encore, encore…

-J’avais écrit un long billet pour me plaindre, et je ne suis pas certaine de le publier, parce que malgré tout je me sens honteuse et que ce serait à nouveau voir le verre à moitié vide.

-N’empêche, j’ai quand même une dent certaine contre ma banque et celle de mon homme, qui sont en train de nous expliquer que les 2 petits jours dont on rêvait au ski, au soleil, dans la neige, loin de tout et juste pour se ressourcer, ça risque de devenir impossible. On ne demande pas la montagne, juste de pouvoir y aller, pourtant!!

-J’ai beau essayer d’être sage et obéissante, y’a des fois où j’ai très envie de me révolter. J’ai beau penser que je n’ai vraiment pas à me plaindre et que j’ai plein de belles opportunités, là c’est une goutte d’eau qui fait déborder le vase, un renoncement de trop en trop peu de temps. Ca passera, ou pas.

-Je vis depuis quelques séances des cours assez impressionants d’intensité. Sur un protocole qui, au départ, ne m’enthousiasmait pas plus que ça. Mais soit j’arrive à me sentir suffisamment à l’aise pour vraiment rentrer pleinement dans l’action, soit c’est ma fois une technique qui me convient bien. Envolées les appréhensions du premier cours, et même, en sortant de là, j’ai parfois un sentiment de frustration tant j’aimerais rentrer encore plus au coeur du sujet et ne pas m’arrêter qu’à l’aspect bien être.

-A ce sujet, j’ai justement servi de cobaye hier pour l’une des démonstrations. Ca ne m’arrive pas souvent, par choix personnel, mais hier, j’ai compris le bonheur de se faire masser par un professionnel qui a ce qu’on appelle une “vraie main”. Ca appuye juste là où il faut avec la bonne énergie, et précisément comme on l’espère. Je rêverais d’avoir son toucher, je rêverais d’avoir son instinct, je rêverais d’en savoir plus…

-Je suis contrariée, raison pour laquelle je n’arrive pas à rédiger un véritable billet du début à la fin. Ca fait partie des phrases récurrentes que je pourrais garder dans un coin pour les recoller régulièrement ici.

-Quoi qu’il arrive, ici ou ailleurs, chez nous ou à la montagne, la semaine de vacances avec mon amoureux sera merveilleuse, je le sais et j’en suis persuadée. J’ai encore une montagne de boulot à faire (à laquelle je ferais mieux de m’atteler plutôt que de blogger), et le vendredi risque d’être très long, mais que c’est bon de se dire “demain je suis en vacances”!

C’est tout pour aujourd’hui, et déjà bien suffisant!

Un peu spéciale

Depuis un peu moins d’une vingtaine d’années (quand même), je bataille contre quelques contrariétés physiologiques qui n’ont rien d’exceptionnel mais qui pourrissent quand même facilement le moral.
Je ne suis pas en grave danger, je n’ai aucun diagnostic alarmant, je ne suis “qu’une parmi d’autres”, mais qui, pas de chance, présente quand même, avec le temps, un petit casse-tête pour le corps médical.

Je sors ce jour-même d’une consultation de routine, d’un rendez-vous de contrôle. Après un énième choix arrêté, assumé, et une nouvelle tentative lancée, je me rends au cabinet, plutôt sereine (de façade cependant), et à la classique question du “comment allez-vous”, je ne réponds pas dans un élan enthousiaste, mais je ne m’effondre pas non plus dans mon fauteuil. Ca va, mais c’est pas top. Comme depuis 20 ans. En gros, quand on arrive à faire tenir les murs, le toit se fissure, quand le toit est réparé, on découvre des fuites dans la plomberie, et une fois que ces fuites sont colmatées, nous voilà avec des problèmes de fondation.

Mon toubib ne se départit ni de son calme, ni de son assurance. Procède à l’examen de contrôle, dans lequel je plaçais le très vague espoir de découvrir un petit problème, qui aurait pu être solutionné et qui aurait donné l’explication des inconvénients.
Que nenni. Patiente répondant parfaitement au protocole.

Soit, n’empêche. J’ai quand même des soucis, j’ai beau chercher, je ne trouve pas de solution. Je ne suis pas trop du genre à attendre qu’on me tende le repas sur un plateau, mais en matière de médecine, même avec la meilleure volonté et beaucoup d’auto-information, je peine quand même à tout solutionner par moi-même.
Le doc me tend une ordonnance. Me donne une ou deux suggestion. Me recommande la patience. N’y croit guère, mais ne peut pas mieux faire.
Pendant qu’il rédige, je prends mon courage:
“Mais quand même, rassurez-moi, je ne suis pas si exceptionnelle que ça, je ne dois quand même pas être un cas isolé”.
Petit silence.
“Non, il y a d’autres patients dans votre cas. Mais je dois reconnaître que vu que vous ne supportez quasi rien, vous êtes quand même un peu spéciale….”
Rire gêné. Echange de plaisanteries. Je ne perds pas la façade, mais derrière, une petite partie de moi s’effondre. Je ne lui en veux pas à lui, mais je sens bien que je mets le doigt sur une énigme, que je touche à la sacro-sainte partie de la médecine étiquetée “sans solution” et que tout médecin évite soigneusement.

Deux minutes chrono plus tard, je suis dehors après une franche poignée de mains “Essayez ce qu’on a décidé, patientez, et sauf si ça va vraiment mal, on se revoit dans 6 mois pour faire le point”.
Je me retrouve sous le soleil, désemparée. Alors, c’est ça la médecine moderne? Quand il n’y a rien de grave, quand rien de vital n’est engagé, c’est ainsi qu’on répond aux patientes perdues, parce qu’elles ont l’impression d’avoir à systématiquement choisir entre la peste et le choléra: “vous êtes un peu spéciale”?

Ca fait des années que je cherche une solution. Que je fais des infidélités à tous mes médecins, pour désespérément tenter de trouver la bonne explication. Je cherche la cause, le terrain, et j’essaye de traiter les symptômes. Mais jamais, depuis bien longtemps, je n’ai eu à ce point l’impression d’être totalement incomprise, et surtout, laissée à moi-même…Rien de grave, donc pas de quoi se creuser la tête et discuter plus longtemps…

Too much

Ca monte, je le sens, dans le dos, dans le ventre, ça me tord les boyaux, ça me serre la gorge.
Ca fait beaucoup, il y a des jours comme ça, où on est trop perméable, trop éponge, la distance à garder nous paraît impossible à établir, tout est pris comme un coup dans le plexus, une forme d’étouffement brusque, soudain.

Ce sont des petits riens cumulés, qui font un trop plein. Un ras le bol, un raz de marée.
Hier, pelotonnée dans les bras de mon homme, je lui disais que ça y était, j’en avais assez, je sentais mes limites arriver. Aujourd’hui, en écho à mes doléances, rien de plus que d’habitude, juste l’incapacité à garder le sourire, à gérer. L’humeur à l’image de la pluie de ce matin, mais les rayons de cet après-midi ne parviennent que difficilement à me redonner le sourire.

Ce n’est pas si grave, ça passera, comment, quand, je l’ignore. Cette envie qui me grignote, qui me ronge depuis quelques temps, de toute envoyer balader, cette recherche en moi, introspection plus douloureuse que constructive. Il y a des bases solides, et au-dessus des murs en papier mâché, si fragiles, que je peine tant à consolider.

La perspective des vacances assez soudaines, rapprochées, apporte du baume sur la blessure. Besoin de prendre l’air, de respirer à plein poumon, de refermer une porte et de me consacrer à mes essentiels.

Je grince, je ronchonne, je gromelle. Je n’écrirais que pour en rajouter, alors même ici je me tais, ici où pourtant ce serait, peut-être, un soulagement de m’exprimer…