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mai 2012
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Archive de la catégorie Petits plaisirs & petits bonheurs

4 & 5 Janvier

4 Janvier: le plus petit des petits riens…

Mais je n’aime pas ces intitulés! Comment puis-je parler de “plus petits de petits riens”, qui ont forcément de l’importance pour que je vienne à écrire à leur sujet?

Le petit cadeau que j’ai reçu pour Noël, de ma belle soeur, qui m’a infiniment touchée, sans même qu’elle ne s’en doute tout à fait. Un ravissant mobile de petites fées, qui tournent grâce à  la chaleur d’une bougie. Peut-être en avez-vous vu, vous aussi, dans votre enfance? J’ai le vague souvenir que nous en avions un bien plus massif et moins ciselé, avec de petits anges, et que j’adorais le regarder tourner.

Aussitôt reçu, je l’ai déballé, monté et allumé et aujourd’hui chaque soir, je le fais marcher un petit moment, comme pour me calmer, comme une berceuse qui m’apaise.

Ce petit rien-là qui est tellement plus, et qui résume à lui tout seul Noël, l’hiver et l’intérieur douillet, la chaleur humaine, le plaisir familial, les traditions que nous avons su conserver, celles que nous innovons….

mobile.jpg

5 Janvier: acheté….

Acheté pour me faire plaisir, et comme cadeau, une paire de bottes de marque sur lesquelles je lorgnais depuis longtemps, et que j’avais demandé en cadeau parce que c’est totalement au-delà de mon budget normal, surtout pour une paire de chaussures. Reçues il y a peu, et que j’arbore avec bonheur, elles sont confortables et chaudes, et me permettent enfin de marcher sans talon, reposer mon dos et mes lombaires.

Acheté aussi, traditionnellement, mon petit agenda de nouvelle année. Je ne me résous toujours pas à passer à l’électronique que je trouve si peu fiable, et puis j’aime le syndrome nouveau cahier, celui où l’on s’applique les 10 premiers jours sans rature et pour faire joli, et qui se termine quelques mois plus tard par des pages déchirées parce qu’on cherche frénétiquement un bout de papier brouillon, ou de gribouillage pour expliquer à la va vite comment atteindre un lieu. C’est aussi ça qui rend mon carnet vivant, même si je l’entretiens bien moins qu’à une certaine période.
Et incroyablement, je crois que cette année, j’ai battu tous les records quant au choix d’habitude si réfléchi de ce petit agenda qui sera mon fidèle compagnon d’une année entière. Premier magasin, il n’avait pas la marque que j’espérais, mais je tombe tout à fait par hasard sur un modèle qui me séduit, je l’embarque et je le paye. Et pour l’instant, aucun grief à relever…il faut juste que je m’attelle à y recopier (en rouge!!?) les dates d’anniversaire de ceux qui me sont chers.

Quelques achats début d’année donc, pour fêter un 13ème mois payé en retard, pour me faire un peu plaisir, mais quand j’ai vu hier le prix du plein que j’ai dû faire, j’ai remisé ma carte bleue très loin au fond de mon sac, en m’interdisant de la ressortir avant un petit moment. Ca, c’est un cadeau dont je me serais volontiers passée….

Intermède

Les bonnes résolutions, ce n’est vraiment pas mon truc.
Je suis partie une bonne semaine, en me disant que je m’octroierais chaque jour une petite fenêtre d’écriture, pas forcément directement sur mon blog, histoire de continuer mes 365. J’avais consciencieusement embarqué dans mon sac à main le petit carnet et les intitulés. Je les ai promenés aux 3 destinations, sous le soleil, la neige et la pluie, par -8 et +5, dans 2 pays différents, et je n’ai rien ouvert. Et je n’ai pas écrit une ligne.
Je vais donc zapper ces quelques journées, et recommencer à aujourd’hui. Avec un point d’interrogation sur la fin de la semaine, où je ne serai à nouveau plus à la maison. Mais le rythme devrait être moins effréné, ce serait bien de finir l’année en respectant un minimum d’engagement, non?

Sinon, eh bien…Quelques repas (la majorité!) ultra caloriques, 6 kilos de plus (au moins, j’ai boudé ma balance de référence que je ne croise que 2 ou 3 fois par an), des réunions et des centaines de kilomètres plus tard, nous rentrons d’un marathon familial et amical. C’est l’inconvénient de vivre à peu près à l’autre bout de là où habitent nos proches: pour les fêtes, ça complique quelque peu l’organisation et la logistique.
Certes, on pourrait jouer aux gentils sauvages et envoyer tout le monde balader, mais ce n’est pas franchement notre style. Et on avait épuisé l’année dernière la carte “venez à nous, on ne bouge pas”. On pourra peut-être repasser par cette case l’année prochaine, qui sait, je pense que c’est ponctuellement renouvelable.

C’était chouette, mais épuisant. Et me revoilà à mon bureau, morose et contemplant l’écran avec plus d’intérêt à remettre à jour ma bloglist et la centaine de billets en attente de lecture que pour les rares mails pros et les quelques vagues tâches professionnelles qui m’attendent. Nous flottons dans un no man’s land juridiquement improbable et inconnu en ce qui concerne notre statut et notre devenir, qui ne sera finalement statué qu’en début 2011, joyeuse année. Autant dire que l’once de motivation qui pouvait encore briller en nous s’étouffe sous le manque de travail et les interrogations qui ponctuent de longues, très longues journées silencieuses. Nous devons être l’une des rares entreprises qui n’a pas fermé ses portes en cette trève hivernale, et je contemple avec dépit le soleil resplendissant derrière les fenêtres. Au moins je suis au chaud, mais c’est une bien maigre consolation.

J’ai passé mon premier Noël blanc (vraiment vraiment très blanc) depuis de très longues années, je me suis réchauffée et régalée de tous ceux qui nous ont entourés, je n’attends que le week-end prolongé à venir, et je reprends timidement l’antenne…Dites, vous me tiendrez compagnie pour essayer de faire passer le temps plus vite?

14 & 15 Décembre

14 Décembre: gens sans importance…

J’ai beau chercher, il n’y a pas eu dans cette journée de gens sans importance autour de moi. Peut-être certains dont j’aimerais pouvoir réduire l’importance, et prendre plus de recul, mais être dans cette démarche, n’est-ce pas justement admettre qu’ils ont du poids?

Il y a tous ceux que j’ai croisés sans vraiment faire attention, mais que je peux citer…Cette caissière de grande surface, qui est gentiment venue m’aider pendant la frénésie des achats à cette période. J’étais dans la foule, pendant mon heure de pause, mais je n’ai regardé aucun visage, volontairement enfermée dans ma bulle, à agencer mes pensées, réfléchir à mon organisation, au déroulement de la semaine, tout ce qu’il reste à faire avant le départ. Et à essayer de canaliser mes réflexions, ne pas les laisser trop dériver.

Cette autre caissière tout à l’heure, alors que mue par une illumination soudaine, je me suis engouffrée dans le magasin avant sa fermeture, j’ai grimpé les 3 étages, trouvé précisément ce que je cherchais et je suis redescendue payer au moment où l’annonce de la fermeture sonnait. Elle avait un visage très doux, elle paraissait épuisée, il y a comme ça des personnes que l’on croise et qui retiennent notre attention, notre regard….comment dire que c’est sans importance?

Et enfin le serveur au restaurant, chaleureux et cordial, sourires et plaisanteries alors que nous étions en train de payer. Il nous a accordé un peu plus de son temps et nous étions les dernières, il n’avait peut-être qu’une envie, celle d’aller se coucher, clôturer cette journée, se reposer, mais il n’a rien fait machinalement et a su nous offrir une fin de soirée aussi douce que le reste.

Il n’y a pas de gens sans importance, parce que dès lors qu’ils prennent place dans ces lignes, c’est qu’ils ont suffisamment retenu mon attention pour exister et y figurer. Comment, dans ce cas, écrire sur les autres?

15 Décembre: il faudrait crier….

Ah ça oui, il aurait fallu que je crie hier soir en rentrant, peut-être que ça aurait évacué une partie de la douleur.
Retour tardif après cette soirée délicieuse entre amies, mon homme est couché et pour éviter de le réveiller alors que j’allume et que la chambre est ouverte, les bras encore à moitié chargés, je décide de fermer la porte.
Je tire, plutôt vigoureusement, je suis dans une position acrobatique, je me retiens au chambranle et….je place consciencieusement le pouce gauche précisément au milieu de la charnière.
Doigts gourds du froid piquant de l’extérieur, la douleur fuse, mais plus tard, bien plus tard que d’habitude. Porte pratiquement fermée.
Je hoquète, fais des bonds de kangourous et souffle, souffle, souffle (j’ai autant d’air que ça dans les poumons?). Je retiens une plainte, ne pas réveiller mon cher et tendre, mais ça gargouille dans le ventre, ça aurait fait du bien “aïe, aïe, mais aïeuhhhhhhhhhhhhhhhhhh”, il faut le retenir. La tête qui tourne, le sang qui bat dans tout le corps, et j’ai perdu le demi-neurone restant dans l’accident, c’est tellement douloureux que je ne peux pas envisager d’aller le mettre sous l’eau froide, grave erreur. A la place je….nourris le chat, qui lui crie de famine et ne se retient pas, je range mes affaires, je prépare celles du lendemain, je me douche rapidement en gémissant parce que le contact d’une simple goutte d’eau sur le doigt est de l’ordre d’un coup de marteau.
Ca pulse jusqu’au bout de l’ongle, ça ne loupe pas, ça commence à bleuir, je suis résignée, je me retiens encore de crier, de contrariété également parce que nous n’avons rien dans la pharmacie pour parer au problème, pas d’arnica, ni crème ni gellules, et je ne veux pas me précipiter sur un médicament quelconque, tant pis on verra.

La nuit s’est passée éveillée, avec l’impression que quelqu’un jouait avec des lames de couteau, à me piquer le pouce encore et encore. Dès que la torpeur m’emportait, la douleur se réveillait de plus belle…et me réveillait.

Je n’ai pas crié de la journée, pas même contre mes collègues qui fatalement me contrariaient, après une nuit de 2 heures de sommeil en fractionné, comment cela pouvait-il être autrement?
Je n’ai pas crié, mais j’aurais dû juste au début, histoire de, peut-être, laisser s’évacuer la flambée, et ne pas la payer encore quasi 24 heures plus tard….

11, 12 & 13 Décembre

11 Décembre: reproches…

Mon homme et moi avons respectivement vécu par le passé une expérience de couple plutôt foireuse. Dans laquelle, principalement, la communication était un vrai talon d’Achille, pour parler en euphémisme.
C’est l’un des nombreux points communs que nous partageons, et l’une des raisons pour lesquelles nous tentons de nous parler sans reproche, dans l’écoute et la compréhension de l’autre.
Jusqu’ici, sans orgueil, on y parvient plutôt bien. Sauf sur un seul sujet, tigré, 4 pattes, 2 oreilles, beaucoup de poils (qu’il perd) et des cordes vocales aiguës, qu’il utilise un peu trop souvent.
Mon chat est le seul élément de friction de notre couple. Une bonne chose au regard de tout le reste, mais un petit caillou dans la chaussure un peu gênant.

Oui, mon matou est un râleur invétéré, surtout depuis qu’il est dans un appartement sans possibilité de sortie, surtout depuis que le combat du mâle alpha se joue entre mon homme et lui (ils sont mus par je ne sais quelle loi de la nature idiote), surtout depuis que la soeur a disparu avant le déménagement, et qu’il se retrouve donc à vieillir en solitaire aigri.
De façon fluctuante, je dois ainsi m’interposer entre eux, l’un réclamant à sortir sur le balcon, rentrer 1 minute plus tard, manger, dormir ou simplement de l’attention, l’autre ne voulant ni être dérangé, ni couvert de poils (je ne peux pas le blâmer), ni entendre miauler. Et lorsque nous discutons du chat, c’est difficilement “dans le respect de la communication sans reproche”, et difficilement sans animosité.
Il faut se résigner, mon matou sera notre seul point de friction à tous les deux. Je ne désespère pas, à force de persuasion, nouveau déménagement potentiel espéré, médicaments contre la chute des poils (plus efficace que celui que j’ai actuellement…quelqu’un a une suggestion?) de parvenir à une solution, mais elle se situera dans un temps. Plus ou moins lointain.

Et je sais, oui, les reproches s’adressent au chat, pas à moi…

12 Décembre: un conte de fées…

Eh bien oui, Raiponce aujourd’hui avec Miss Blondinette. La séance de cinéma du dimanche matin, et nous avons eu la même idée qu’à peu près toute la banlieue sud de la ville, ce qui m’a fait craindre une annulation pour cause de manque de place. Mais pour la première fois, mon homme m’avait convaincue de tenter la 3D, et c’est peut-être ce qui nous a permis de rentrer juste à temps dans la salle avant la grande marée des désespérés refoulés de la séance normale et qui se sont rabattus sur la même que nous.
Je me suis laissée emporter par ce Disney annuel, qui a su allier les grands ingrédients de romantisme et d’humour. Je me suis laissée convaincre par la féérie des bougies, l’amour des personnages et la cupidité de la méchante sorcière. Moi qui suis d’ordinaire si imperméable à ces belles histoires à l’eau de rose, j’ai peut-être réussi à recontacter l’enfant qui était en moi, au point de désirer à tout prix entendre la phrase finale “ils vécurent heureux et longtemps”. On ne nous parle pas du nombre d’enfants qu’ils eurent, mais ça m’a suffi.

Féérie cet après-midi aussi, avec la représentation de 2 équilibristes talentueux et danseurs, lors d’une manifestation non loin de chez nous. Nous avons également écouté des contes, chanté, tapé des mains. Le tout, avant de décorer le sapin, symbolique cette année où nous ne fêterons pas ici, mais afin d’apporter une touche finale de magie à tout ce que nous avons vu et reçu.
S’achève ainsi un week-end rempli de jolies activités, et j’ai fait la bise à Miss Blondinette, le coeur serré de penser que je ne la reverrai désormais qu’après Noël…

13 Décembre: irréel…

Irréel d’imaginer que dans quelques jours, nous ne serons peut-être plus la même équipe au boulot. Plus dans les locaux. Plus ensemble et plus sous le même nom. Irréel, pour les quelques uns qui se sont déjà absentés, de se dire qu’ils ne reviendront plus dans la même entreprise…s’ils reviennent. Et impensable de réaliser la saignée sociale qui s’annonce et qui nous touchera inévitablement, reste à savoir dans quelles proportions…
Irréel d’arriver le matin à son poste et se demander ce qu’on va faire, comment on va tuer le temps qui passe pour avancer jusqu’à la date fatidique. Situation irréelle, exceptionnelle, où ce n’est pas nous qui sommes en cause, mais nous qui en subissons les conséquences.
Irréel parce qu’imaginer le futur, s’y projeter, même à 2 semaines, est totalement impossible. Je reste, mais sous une autre entité professionnelle, je pars, que vais-je faire, quelles vont être les échéances.
Irréel enfin, parce que tout cela correspond avec les fêtes de fin d’année, dont on dit qu’elles sont une fin, un tournant, un nouveau départ, et que jamais ça n’aura été plus vrai.
Reste à trouver sous quel signe placer 2011…

9 & 10 Décembre

9 Décembre: j’écris en capitales un projet minuscule…

Non. Pas de projet minuscule. Je suis dans une phase de ma vie où je n’ai guère de projets minuscules, et où chaque nouvelle étape est un moment important et charnière.
J’ai des envies, des projets, beaucoup, parfois contradictoires. Qui mériteraient d’être tous écrits en capitales, mais dans ma culture geekette depuis quelques années, écrire en capitales, c’est crier. Or je n’ai pas envie de crier ces projets. Tout juste les chuchoter, les apprivoiser, trouver les mots qui leur conviennent, pour leur permettre de prendre forme.

Je fais la rebelle, finalement, en ne suivant aucune instruction de ce qui m’est demandé aujourd’hui. Et avec mon syndrome de bonne élève stressée, je me demande qui va me mettre une mauvaise note?

10 Décembre: de l’eau…

J’ai longtemps cru que je serais incapable de vivre ailleurs qu’au bord de l’eau. Née au bord du lac, où j’ai passé toute mon enfance, mon adolescence, je ne me lassais pas de la vision de cette immense étendue liquide, changeante, vivante, qui accompagnait mon quotidien de ses couleurs et de son humeur.
Puis vint Paris, ma tristesse à n’avoir que la Seine, ou la Marne, et mon manque aquatique accentué par la récurrence du béton.
Ensuite, la Méditerranée. Enchanteresse hors saison dont je me régalais, et que je fuyais en été, prise d’assaut par des hordes de touristes. J’en profitais tôt le matin, tard le soir, mais jamais en journée.
Et curieusement, avoir vécu plusieurs années à son contact m’a permis de me rassasier. Je retrouve l’eau avec un immense bonheur, mais je peux désormais envisager de rester dans ma nouvelle ville, sans avoir de lac ou d’océan à proximité.

De l’eau également pour me réveiller le matin, en buvant frais, pour m’endormir le soir, en me douchant chaud. De l’eau comme élément principal, celui dans lequel je suis le plus à l’aise, celui dans lequel je me réfugie lorsque les tensions se font trop intenses.
Ce week-end justement, projet de piscine avec Miss Blondinette. Pas pour faire des longueurs, ça fait longtemps que je ne m’y suis pas astreinte et à moins de ne pas avoir le choix, ce n’est toujours pas mon activité préférée. Mais le plaisir de m’immerger, de sentir les muscles se relâcher, et de retrouver le cocon, le liquide qui me régénère.

De l’eau ce soir enfin pour un dernier thé, avant d’aller me coucher, le temps de relire ce billet…

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Flux et reflux cristallin…Je vous devais bien une photo pour habiller ce billet…

Héritages

Il y a quelques temps, Zelda nous écrivait un ravissant billet sur la transmission familiale.
Que reçoit-on de ses parents, grands parents?
Et elle nous interrogeait sur ce que nous, nous pensions garder, et transmettre par la suite.
J’avais fait une petite liste dans les commentaires en réponse, avec l’envie de développer un peu plus. Je suis dans une période où ma fois, malgré moi, des souvenirs d’enfance assaisonnés d’un peu de nostalgie ponctuelle surviennent. Syndrome de fin d’année, fin de cycle, ou qu’en sais-je…

De ma grand mère maternelle, disais-je donc, j’ai le goût de l’Allemand bien parlé et chantant (si c’est possible!), celui du Nutella dans lequel je piochais à la petite cuillère (2 mais pas plus, et avec quelle impatience j’attendais qu’elle ouvre son placard de cuisine et me descende le pot), de la purée de pomme de terres maison. Celui des comptines chantées sur les genoux, de l’odeur poudrée qui appartient à toutes les grands mamans, les bras qui se serrent fort pour les câlins, les regards malicieux et l’impression d’être la princesse dans les yeux de cette femme si chaleureuse et agréable.
D’elle, j’ai le regret de son départ si tôt dans mon adolescence, elle me manque encore aujourd’hui, adulte où je rêverais d’aller me réfugier et lui parler de la vie, de ce qui nous rassemble, et ce qui nous différencie. Elle est encore dans mon coeur et mes pensées, comme une confidente. Je lui parle, comme j’aurais eu envie de lui parler toute ma vie.
D’elle, j’ai hérité de la fascination de l’histoire de la seconde guerre, l’intuition profonde qu’il n’y a rien de tout blanc ou de tout noir dans cette période. Et une histoire familiale trouble et sombre, si méconnue malgré le nombre incalculable de photos dont nous avons hérité, et dont nous ignorons parfois qui elles représentent…

De mon grand père maternel, son mari, l’odeur du fer à souder qui le suivait à la trace, une chambre sombre et des appareils électroniques partout. Un sale caractère sans aucun doute, la capacité d’être taciturne et de rabrouer. Une forme de froideur et faire comprendre à l’autre qu’il n’est pas le bienvenu,  mais la capacité de se laisser amadouer malgré tout à force d’insister.
Le souvenir d’une vieille DS je crois, je ne sais même plus si je suis montée dedans. Je ne me souviens pas vraiment l’avoir vu sourire non plus. De lui, j’ai hérité cette impatience poignante envers les enfants, cette obstination à les considérer comme de petits adultes et à ne pas vouloir entrer dans leur monde. De lui, j’ai reçu ces travers dont j’essaye aujourd’hui de me libérer, alors que pourtant j’en ai souffert petite.
Mais n’allez pas croire que je ne l’aimais pas. Il était jute un étranger, nous n’avons pas eu le temps de nous connaître lui et moi, malgré le temps que nous avons eu ensemble et sa présence géographique proche. Il est parti alors que je n’étais pas encore assez grande pour lui…

De ma grand mère paternelle, le caractère italien par excellence et la confirmation de la force des femmes, qui portent leur couple et leur famille. Même si elle ne me l’a pas appris personnellement, il ne me viendrait pas à l’idée de faire les pâtes autrement qu’à l’italienne, et j’ai réussi à manger des oeufs grâce à sa frittata, omelette avec de la farine et du lait pour la rendre plus légère. Elle aurait voulu, je crois, me rendre pieuse et fidèle croyante, et j’ai résisté malgré nos visites annuelles dans cette maison où elle vivait, tenue par de chaleureuses soeurs.
Résisté aussi bêtement à la langue italienne, dont je n’ai jamais sorti un mot alors que j’étais capable de suivre une conversation entière, si elle était bien parlée. Aujourd’hui encore, il me paraît impossible d’utiliser ce dialecte alors qu’en quelques semaines, j’en suis sûre, je pourrais le maîtriser avec un minimum de vocabulaire.
Nous ne nous sommes jamais comprises pour toutes ces raisons mais aussi pour tout ce qui nous séparait. Nous ne nous sommes pas assez connues, et je n’ai d’elle que le souvenir d’une toute petite femme recroquevillée, habillée en noir, à l’apparence si frêle et au caractère si bien trempé.

Enfin de mon grand père paternel, qu’en sais-je? Il est parti si tôt, quand j’avais 3 ans, et je le regrette si profondément. J’ai hérité sans doute de son sourire et, quand je le veux bien, de sa chaleur humaine, de son immense bienveillance envers ses semblables, de sa foi en la nature humaine, qu’il a également léguée à mon père. Lorsque je le regarde sur les photos, je vois tout ce qu’il aurait pu m’apprendre et m’offrir, des courses dans la campagne italienne, les oeufs qu’on allait déjà chercher auprès des poules, et puis la balançoire là-bas près du poulailler, les bouquets de fleurs sauvages. Les histoires sur ses genoux et les chansons qu’il m’aurait apprises, avec l’amour de l’italien.
Il m’a offert sa forme de visage, son nom de famille; je sais qu’il n’est jamais très loin et ma fois, j’espère qu’il est fier de celle que j’ai pu devenir, même sans qu’il ait pu m’accompagner.

De mes parents…j’en parle suffisamment tout au long de mes billets pour ne pas le reprendre ici. Et ce serait un roman à part entière.

Merci Zelda!

2, 3, 4 & 5 Décembre

2 Décembre: la beauté à cet endroit précis

L’autre jour, mon cher et tendre a eu un flair d’enfer (avec la rime!). Rentrée à la maison plus tôt que lui, lassée et fatiguée de ma énième journée catastrophique de travail, j’ai ronchonné ferme en voyant l’état de l’appartement. Vaisselle en vrac dans l’évier (et quand on me connaît, on sait que sur l’échelle de la crispation, c’est idiot mais ça tient la barre très haute, alors que pourtant je ne pense pas être du genre stressée du ménage), rien de rangé, un canard n’y retrouverait pas ses canetons. Et dans ces cas, j’ai besoin d’évacuer la contrariété le plus rapidement possible; il est hors de question pour moi de me poser d’abord, puis me relever pour ranger.
J’ai donc à peine enlevé mes chaussures, retroussé mes manches et commencé la vaisselle, non sans râler contre l’absent, me disant que certes, on travaillait tous les deux, mais que là j’avais besoin de refaire le point sur certains incontournables, à mon sens.

Et puis 45 minutes plus tard, clé qui tourne et me déride à peine (c’est rare), et je vois poindre mon amoureux, avec devant lui une splendide orchidée blanche. Sachez que depuis que nous sommes ensemble, il a dû m’offrir des fleurs au bas mot 3 fois, et c’est un maximum. Je ne suis pas une acharnée non plus, mais j’aime de plus en plus les plantes, et de temps en temps, je ne me prive pas de lui faire remarquer qu’un petit geste me ferait plaisir. C’en est devenu un jeu entre nous.
Je le regarde interloquée, sentant déjà fondre les quelques remarques préparées avec soin dans le but “ne pas se prendre la tête mais bel et bien faire passer un message”, et devant mon air ahuri, il me dit d’une petite voix “J’avais le choix entre rentrer à l’heure ou alors un peu plus tard avec une plante, parce que je sais, j’ai pas fait la vaisselle”. J’ai éclaté de rire, me suis jetée à son cou, et bien entendu oublié toute velléité de discussion.

On en rigole encore. Et aujourd’hui, journée un peu grisaille et assez peu enthousiasmante, où je n’ai pas eu droit à la beauté d’un rayon de soleil ou de couleurs de la nature, ou qu’en sais-je, j’ai devant les yeux cette plante d’une perfection incroyable, qui s’étire devant ma baie vitrée, et glisse ses pétales nacrés et soyeux tout près de moi. Et je trouve que c’est une fort belle définition de la beauté, à cet endroit précis. Pour ce qu’elle est, et pour ce qu’elle symbolise…

Et oui, il faudrait que j’essaye d’en faire une photo, aussi….

3 Décembre: une coupe franche

Quand j’étais toute jeune ado, je ne voulais pas être une fille.
Quand j’étais toute jeune ado, mon idéal absolu, celle à laquelle je voulais ressembler, était Claude dans “Le Club des Cinq”. J’adorais son caractère et son courage, j’aimais sa sauvagerie et sa façon de s’imposer, et surtout, surtout, j’adorais l’idée qu’elle laisse planer le doute entre l’identité de fille ou de garçon. Prénom et apparence le lui permettaient sans hésitation, et ça marchait dans chacun des livres.

Moi, je n’avais pas le prénom adéquat, et il me manquait Dagobert aussi. Mais un jour, j’ai décidé de pousser un peu plus loin la ressemblance en demandant à me couper les cheveux. Très court.
Ma mère a accepté, et à mon retour, ce fut le drame à la maison: mon père consterné, mon frère horripilé, j’ai eu droit à toutes les remarques acerbes de leur part.
J’ai tenu bon. Et gardé mes cheveux courts des années durant, avec quelques assouplissements de temps à autres, mais il m’a fallu beaucoup de temps pour renoncer à cette identité-carapace (on y revient..) que je m’étais créée. Et accepter que j’étais une femme à part entière, et que je pouvais être bien dans ma peau ainsi.

4 Décembre: jeu de société partant d’une case départ

Chez nous, à l’époque, les jeux de société étaient plutôt des cartes. Cartes italiennes notamment, et engueulades familiales mémorables. 1000 bornes. Trivial Poursuit dépassé 2 ans après sa sortie, comme toujours.
J’ai beaucoup joué avec ma marraine aussi. Qui a désespérément tenté d’intégrer quelques jeux de logique dans mes préférences, mais en vain. Dès qu’il fallait faire de la déduction, ça bloquait, je sentais les neurones se mettre en grève.

Avec mon père, j’ai appris les dames. Et quelle ne fut pas ma fierté lorsque j’ai gagné enfin des parties contre lui. On aimait bien jouer l’un contre l’autre. Le dimanche après le repas. Il fumait sa pipe, je sentais l’odeur parfumée du tabac, il ouvrait la fenêtre derrière pour aérer. Et on se concentrait. J’adorais ces pions tout doux qu’il fallait faire glisser sur un beau damier en bois.

Guère de jeux avec une case départ, donc. Je n’ai jamais aimé le Monopoly, qui me crispait et m’ennuyait. Nous étions assez peu férus de petits chevaux. Plus jeunes, on avait des jeux de l’oie, assez basics et qui ne m’ont pas marquées plus que ça.

C’est amusant que cette suggestion tombe aujourd’hui. Hier, dans un brainstorming cadeaux par mails interposés avec Super Frérot, j’en suis venue à lui faire une suggestion pour nous: un jeu fabriqué par sa douce, et qu’elle nous avait appris l’année dernière, à Noël justement. 2 dés, quelques pions, des cases de toutes les couleurs sur un bout de tissu. Nous y avions passé 2 heures en rigolant comme des fous. Et nous nous étions promis de le refaire chez nous. Sauf que depuis, nous avons oublié les règles, passablement complexes, et jamais pris le temps de mettre notre projet à exécution.
Un joli cadeau donc: un jeu fait maison, et les règles écrites, afin que nous puissions transmettre plus loin cette tradition. Ce sera le bonheur de mon homme qui aime tant jouer, et moi, j’aime l’idée de recevoir ce genre de cadeau de la part de mon frère et de sa chérie.
Mais par contre, je ne me souviens pas s’il y a une case départ….

5 Décembre: masques et attitudes

Ce matin, à moto, en revenant du cinéma, mes yeux tombent sur l’affiche de “Cyrano de Bergerac” qui doit passer prochainement dans notre ville. Pincement au coeur. Je rêverais d’aller voir cette pièce sur scène. En fait, je rêverais de retourner au théâtre.
Mais l’agenda commence à se charger: 2 concerts prévus (l’un de façon certaine, l’autre en attente encore) au 1er trimestres 2011. Un ballet que je ne voudrais manquer pour rien au monde, mais vais-je avoir les moyens de me l’offrir, alors que les finances commencent à fondre sous le soleil?
Alors rajouter une pièce de théâtre, ça fait un peu trop.

Et puis c’est de ma faute aussi. Je n’ai qu’à chercher les bons plans, rebondir sur des idées, et surtout aller jusqu’au bout des envies, plutôt que de me dire sans cesse “ah si je…” et continuer à me lamenter.

J’ai peur des vrais masques, aussi beaux puissent-ils être. Ils m’ont toujours mis profondément mal à l’aise. Lorsque je faisais du théâtre, il y a fort longtemps, nous avons eu quelques cours avec masques. Et même en étant derrière, je ne pouvais pas. Notre prof nous expliquait à quel point il était important d’insister sur l’attitude corporelle pour compenser la rigidité du visage, mais ça ne passait pas. J’avais l’impression d’étouffer, derrière ce bout de carton ou de bois. Je ne me sentais pas à l’aise, avec un champs visuel aussi réduit.

Je préfère les masques réels. Ceux que chacun se compose au quotidien. Ceux que je parviens à dépasser, ou non. Ceux qui me parlent ou me repoussent. Mais qui sont de chair, qui sont vivants. Et qui changent à chaque seconde qui passe…

17, 18 et 19 Novembre

17 Novembre: des hauts et des bas

Voui. Eh bien les montagnes russes, c’est un peu ma vie du moment. Des hauts et des bas émotionnels. Des hauts et des bas professionnels. Un écartèlement entre les envies, les projets, les désirs qui me mordent le coeur et l’esprit, et la réalité du quotidien, celle pour laquelle on doit se lever, s’habiller, s’envoyer les bouchons, raler, et dérouler la journée.

Des hauts et des bas parce que je suis incapable de projeter ce que je serai dans 1 mois. Tout est en attente. Nous vivons les plus dures heures (journées, semaines…) d’une vie d’entreprise. Celle où l’on doit assimiler, digérer l’idée que nos efforts et nos investissements n’ont servi à rien. Accepter que l’un de ces nombreux patrons, le nôtre, avec sa folie des grandeurs, a réécrit avec notre participation involontaire la fable de la grenouille qui se prenait pour un boeuf.
Aujourd’hui, nous sommes en train d’éclater.

Et éclatent en même temps mes peurs, mes craintes, mes résistances, mes doutes. Ce que je dois combattre chaque jour pour concrètement, enfin, vivre ce que j’ai à vivre. Prendre le chemin qui clignote depuis si longtemps. Et avancer, au lieu de réfléchir à l’hypothèse de mettre le pied droit avant le pied gauche.

18 Novembre: c’est parfois si simple de….

J’ai passé la journée à trouver ce qui pourrait être si simple. Dans ma journée, ou dans la période actuelle. Mille et une choses tout à fait personnelles que je ne vais pas forcément étaler là, mais je suis aussi dans un état d’esprit alourdi par bien des complications autour de moi.
La simplicité n’est pas une évidence sur tous les sujets en ce qui me concerne. Elle l’est pour les petits bonheurs quotidiens. Les pointes de saveur délicieuses, un café au bord de la mer, un rayon de soleil hivernal sur le visage, regarder Miss Blondinette et son père rire ensemble et jouer, découvrir le bonheur de vivre à 2 ou 3 de façon sereine, ce qui, il y a quelques années encore, me paraissait impossible.
Mais ces temps, je suis alourdie par tout ce qui me bouffe 8 heures par jour et que je n’arrive pas à distance.
Aujourd’hui, il aurait été simple (ou pas) de faire demi-tour dans les bouchons d’1h20 qui m’ont fait arriver à une heure totalement indécente à l’agence. J’aurais dû, finalement, mais si l’acte est simple, les conséquences ne l’étaient clairement pas.

Il est parfois si simple de respirer un grand coup et amener de la légèreté dans notre vie. En théorie. En pratique, quand l’état d’esprit n’y est pas, la simplicité ne suit pas non plus…

Et je ne suis clairement pas satisfaite de ce billet-là, que j’ai mis un temps fou à trouver, non pas à écrire, mais qui veut tout dire et rien à la fois. Et d’autant moins satisfaite de savoir que ça se manifeste sur un sujet pareil, qui me tient à coeur. Révélateur avez-vous dit, mon cher Watson?

19 Novembre: une lumière…

Comment parler d’autre chose que de la lumière de ce matin, au moment de partir bosser? Soleil levant, ciel embrasé et au loin, le sommet enneigé des Pyrénées, tout au long de la route des images qu’on rêve de figer en photo mais qui ne rendraient rien, frustration intense.
La lumière d’un arbre encore enflammé de ses couleurs automnales, un rayon de soleil qui le caresse.
La lumière rougeoyante du soleil couchant dans le rétroviseur au moment du retour. Je suis dans une période où mes horaires de travail correspondent au lever et coucher du soleil, j’en profite au maximum.
Je suis une fille qui aime la lumière, bien plus que l’obscurité. Je me sens bien lorsque je suis dans un lieu vitré, lumineux, rempli de soleil, la baie chez nous m’enchante tout particulièrement et même si j’apprécie les ambiances feutrées, je ne pourrais pas envisager de vivre dans un lieu qui ne soit pas illuminé de toutes parts.

Aujourd’hui, la lumière était douce au matin et au soir, plus grise en journée mais qu’importe. C’était vendredi….

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Soleil levant depuis chez nous, un matin comme aujourd’hui…

12, 13 et 14 Novembre

12 Novembre: derrière la porte…

Derrière la porte ce matin, alors que je me reposais chez le médecin, des aiguilles plein les jambes et que j’essayais de me relaxer, j’entendais un remake des V@mps, 2 vieilles femmes dans la salle d’attente qui parlaient de la pluie et du beau temps, un vrai scénario des sketches, je n’ai rien retenu de ce qui a été dit, mais j’oscillais entre rire et un peu de consternation, aussi j’avoue.

Derrière la porte ce soir, ce sera ma belle-soeur, et son fils qui viendront pour le week-end, profiter de deux jours tous ensemble, Miss Blondinette verra son cousin tant adoré, nous rirons entre adultes, c’est toujours un vrai bonheur de les voir.

Derrière la porte, à l’instant, un petit chaton perdu qui miaulait de désespoir, il s’est engouffré dans l’appartement, petite chose un peu tremblante qui a soufflé dès qu’il s’est retrouvé face à mon gros matou. J’ai été bonne pour faire le tour de l’immeuble en sonnant aux portes, personne n’avait perdu son chat, et au moment où je me résignais à le ramener, à convaincre mon homme qu’on allait le garder le temps de lui trouver un foyer, sonnerie d’un couple affolé qui faisait la résidence pour trouver son petit chaton échappé. Tout est bien qui finit bien, même si je l’avoue, je l’aurais bien gardé, tant il était mignon et à croquer!

13 Novembre: pas de place pour….

Pas de place pour une seule personne de plus dans notre petit 65m2 qui paraît pourtant si spacieux! 3 adultes, 2 enfants, et voilà la pagaille au rendez-vous! Les affaires de miss Blondinette qui traînent inévitablement partout, les chaussures qui s’empilent à l’entrée. Le chat là au milieu y erre comme une âme en peine, n’y retrouvant plus le bout de ses moustaches.

Une journée somptueuse néanmoins, en douceur et en soleil, nous donnant un dernier petit goût d’automne tardif, alors que les arbres se déplument à la vitesse éclair. Plus de place dans les rues pour des feuilles supplémentaires, elles sont toutes tombées tellement vite cette année, à ma grande tristesse, que les tas s’amoncellent sur le bord des routes et trottoirs. Ca devient glissant et presque délicat selon les endroits, on n’y voit même plus les quelques marrons qui pourraient traîner.

Plus de place dans la chambre de Miss Blondinette, pas très grande et déjà si remplie de jouets, malgré les tris répétitifs, permettant d’éliminer ceux qu’elle oublie au fond des caisses. Et voilà  qu’arrivent les cortèges de listes au Père Noël (auquel elle croit encore, au CP, reste à voir si à l’approche de la date fatidique, ses petits copains de classe lui permettront de passer une année de plus dans cette magie-là), et forcément sur ces listes, il n’y pas de tout petits bibelots, mais bien de grosses envies. Il va falloir temporiser et choisir. Et je ne parle même pas du mois de Février qui sera là après-demain, avec son anniversaire et des souhaits renouvelés.

Mais de la place pour les sourires, les fou rires, les plaisirs partagés, les discussions et les petits bonheurs quotidiens, ça oui!

14 Novembre: un engagement…

J’ai un rapport vraiment très particulier à l’engagement, et très loin d’être serein aussi. J’y attache une immense importance, et surtout, je m’en détache avec une difficulté qui m’a joué bien des tours, dans ma jeunesse et plus tard.
L’un des engagements les plus importants d’une vie, qui est le mariage, fut le fruit d’une période totalement catastrophique de mon parcours. J’en garde un souvenir brumeux, une immense leçon apprise, une douleur intense, des plaies qui se referment peu à peu, et une reconstruction progressive.

J’essaye désormais d’offrir sa juste valeur à chaque engagement que je prends, qu’il soit petit ou plus important. Mais surtout, à me laisser la liberté de m’en détacher, sans culpabilité et si je l’estime juste. Je dis bien que j’essaye d’apprendre. Quelque chose au fond de moi continue à penser qu’une promesse donnée est une parole à tenir, et qu’il est particulièrement grave de s’en dédire. Et si je n’ai pas envie de perdre l’importance que j’y accorde, y rajouter un soupçon de légèreté me ferait sans aucun doute le plus grand bien!

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Et retrouver la sérénité et l’équilibre pour démarrer la semaine….

Brève de l’été indien - comme un goût de chocolat dans l’air

Aujourd’hui, j’ai amené un gateau au chocolat au boulot (qui ne se réchauffe même pas au micro ondes, et qui plus est, que je n’ai même pas confectionné, honte à moi et merci mon cher et tendre d’avoir assuré et joué le parfait cuisinier unanimement salué).
Aujourd’hui, ça fait 2 ans pile poil que je suis dans cette boîte, ce qui en soit est un record personnel (et méritait un geste, ce n’était pas qu’un prétexte pour s’en mettre plein la panse). Non que je papillonne volontiers professionnellement, mais les circonstances de vie ont fait que j’ai dû bien souvent changer. Je crois qu’il n’y a que dans ma première entreprise que je suis restée aussi longtemps (et encore, il faudrait que je reprenne mon CV pour être sûre).

Aujourd’hui, malgré la présence dans les lieux de GrandDuconYaka, qui a osé me demander “en quel honneur” le gateau et à qui j’ai balancé une réponse dont, je l’avoue, je pourrais rougir (mais en fait j’en suis très fière), il régnait une ambiance bon enfant, rires et blagues qui fusaient. Ce n’était pas (que) à cause du chocolat du petit déjeûner. Peut-être l’été qui joue les prolongations, le déjeuner en terrasse, l’envie d’arrêter de se prendre la tête au moins une fois par semaine.

Aujourd’hui, alors que je suis plongée dans d’intenses réflexions sur ma réorientation professionnelle, mes envies de me tailler fissa de là où je suis et d’enfin m’envoler, prendre mon indépendance, oser, courir et foncer, je me dis qu’il me manquera peut-être une chose qu’il faudra que je recrée d’une façon ou d’une autre: cette ambiance d’équipe, ces partages de blagues vaseuses ou de réflexions un poil plus profondes (ou pas, mais peu importe), la bise qu’on fait le matin en arrivant, le coup de main qu’on se refile, les infos qu’on s’échange. Je ne suis pas une travailleuse solitaire, et j’ai intérêt à ne pas l’oublier, ça pourrait vite peser.

Aujourd’hui, il y avait un petit air de légèreté malgré une atmosphère toujours alourdie de questionnements….

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Toute la symbolique d’un pont entre deux rivages….